- il y a 7 minutes
Aujourd'hui, c'est au tour de Françoise Degois, journaliste, auteur de "Vous êtes tous trop durs avec moi", de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:04On avait commencé à parler du livre en début de semaine, c'est le livre polémique,
00:08mais elle a trahi le Président de la République, elle a publié des SMS sans son autorisation.
00:13SMS dont le fameux « Vous êtes tous trop durs avec moi ».
00:17Conversation libre avec le Président de la République aux éditions Robert Laffont,
00:20Françoise Degoy, bonjour !
00:22Bonjour les GG !
00:23Alors tout d'abord, on est ravis Françoise de te retrouver,
00:26tu fais partie des légendes des grandes gueules.
00:28Bah oui !
00:29Vous êtes the best ever, donc ne soyez pas trop méchants avec moi, je vous ai couvert de compliments.
00:33Alors, avant de parler du fond, c'est-à-dire des SMS du Président pendant deux ans,
00:38déjà la méthode, parce qu'il y a quand même un débat sur la méthode.
00:40Tu m'étonnes !
00:41Est-ce que tu as trahi la confiance du Président en publiant des messages à caractère privé sans son autorisation
00:48?
00:48Non, je ne pense pas, d'abord parce que qu'est-ce que c'est qu'un message à caractère
00:51privé ?
00:51Je ne dis pas ça parce que j'ai envie de me faire, comment dirais-je, une bonne conscience, etc.
00:56Je pense que qu'est-ce que c'est des messages à caractère privé ?
00:58C'est des messages qui parleraient, à mon avis, de sa vie privée, de son épouse, de ses états d
01:04'âme.
01:04Je n'ai pas publié, tiens, demain, je ne vais pas en week-end.
01:08Donc, c'est des messages à caractère politique.
01:12Et à partir du moment où, d'abord, Emmanuel Macron n'est pas un idiot, ce n'est pas un
01:17débile.
01:18Il sait qu'il converse avec une journaliste politique.
01:19Il converse avec une journaliste, et en plus, une journaliste qui est très engagée à gauche,
01:23qui est surtout très liée avec le Parti Socialiste, et avec François Hollande, Olivier Faure,
01:29des gens dont il a besoin dans la dissolution.
01:32Il en a besoin après la dissolution.
01:34Donc, imaginez Emmanuel Macron en pauvres petites choses qui seraient trahiées,
01:38qui ne comprendraient pas à un moment donné que la confrontation, parce qu'on s'engueule beaucoup.
01:44Dans le livre, on s'engueule, vraiment.
01:45Vous n'êtes pas d'accord.
01:46Non, mais non, on se frite, on se confronte.
01:48Est-ce qu'il s'est servi un peu de toi ?
01:49Oui, bien sûr, comme moi, probablement un peu de vie.
01:51C'était joli.
01:53Oui, mais...
01:53Il avait besoin d'avoir une interlocutrice classée à gauche pour faire passer des messages ?
01:58Ce n'est pas pour faire des messages, c'est parce que je pense que depuis 2022,
02:01depuis sa réélection, Emmanuel Macron a perdu toutes ses moustaches à gauche.
02:05C'est-à-dire qu'il n'y a plus Ferrand, il n'y a plus Castaner, il n'y
02:09a plus de prise de terre.
02:10Alors qu'au départ, il a été élu par la gauche, rappelons-le, en 2017 quand même.
02:12Il a été élu par la gauche, en partie.
02:15Et donc, je pense que oui, il se dit, bon, Françoise Degoy, je la connais, enfin je la connais, voilà.
02:21En tant que journaliste.
02:22En tant que journaliste, on sait où aller.
02:24Moi, je n'ai jamais triché, jamais ici, jamais nulle part.
02:26Maintenant, quel est le SMS ?
02:28Alors, c'était sur Telegram, c'est ça ?
02:30Telegram, oui.
02:31Quel est le message le plus emblématique que tu retiens de ces deux ans d'échange ?
02:36Je dirais quand même, soit je dirais le message le plus emblématique probablement, c'est je démissionnerai jamais, j'avance.
02:45Je pense qu'il y a plusieurs messages dans lesquels Macron me dit j'avance.
02:50Alors, c'est toujours des moments très durs parce que je pense qu'il s'est lui-même, comment dirais
02:55-je,
02:56il s'est lui-même autodissou d'une certaine manière quand il fait la dissolution.
03:00Il dissout l'Assemblée, il dissout Gabriel Attal et il se dissout lui-même, il dissout en fait le macronisme.
03:05Et donc, il y a beaucoup de moments où cette phrase revient, j'avance, j'avance.
03:11On sent quand même quelqu'un qui essaie de sortir des solutions.
03:15Il y en a plein, moi, qui me font beaucoup rire.
03:16Je sais que la presse reprend tous ceux où il tape un peu, où il s'inquiète de Le Pen,
03:22etc.
03:23Il tape sur Gabriel Attal.
03:24Il y a celui qui me fait rire, c'est au moment de l'élection du pape, en fait.
03:28Parce que comme tout politique, Emmanuel Macron s'est mêlé de l'élection du pape.
03:32Mais comme Giorgia Meloni s'est mêlé de l'élection du pape.
03:36Comme les extrémistes radicaux.
03:38Alors, il dit quoi, à ce moment-là ?
03:39Et il dit, pape, c'est un vrai métier, en fait.
03:41J'aimerais bien être pape, en fait.
03:43Et c'est le tout petit passage, personne ne l'a retenu.
03:45Mais ça s'appelle Abémousse Macron.
03:47Et je me suis régalé à faire ça, parce que j'adore l'histoire des papes.
03:52Parce que j'adore la politique.
03:53Et quand il y a une élection de pape, c'est hyper politique.
03:56Parce que voilà, c'est comme ça.
03:57Mais c'est quand même quelqu'un.
03:58Parce que ce qui est intéressant, c'est aussi derrière les messages.
04:00C'est comment il apparaît.
04:01Lui, ça confirme quand même beaucoup le côté narcissique du personnage.
04:06Et à la fois, narcissique et isolé, en fait.
04:08Moi, j'ai trouvé très seul.
04:09Comme souvent.
04:10Ouais, alors, j'ai trouvé...
04:11Il est effectivement très seul.
04:13Comme beaucoup de présidents...
04:14Vous avez raison de le dire.
04:15Comme beaucoup de présidents de la République, il est très seul.
04:17Est-ce qu'il est narcissique ?
04:18Oui, bien sûr.
04:18Mais comme tous ceux qui ont passé la porte, qui ont franchi la dernière marche du Perron, je pense.
04:24Moi, j'ai trouvé...
04:25Il en faut sans doute, peut-être, pour devenir président, d'ailleurs.
04:27Oui, il faut être un peu...
04:28Il ne faut pas être normal.
04:29Même si François Hollande a réussi à être élu avec sa présidence normale.
04:32Mais j'ai trouvé quand même qu'il y a des choses qui m'ont attaché chez lui.
04:35Voilà.
04:35Il y a des choses que j'ai trouvées...
04:38Moi, Emmanuel Macron, pendant...
04:40Justement, qu'est-ce qui est...
04:41Qu'est-ce qui est attaché ?
04:42Alors, nous avons une origine commune.
04:45C'est-à-dire que moi, je suis d'une vallée.
04:47Et il est de la vallée d'à côté.
04:48Moi, je suis de la vallée d'Argelès et de Lourdes.
04:50Et lui, il est de la vallée de Bagnères.
04:51Et donc, j'ai quand même retrouvé, dans les discussions, cet entêtement montagnard.
04:57Et d'ailleurs, à un moment donné, quand il nomme François Bayrou, je me moque de lui en lui disant
05:01« Ah ben, c'est la bonne année. »
05:03Voilà.
05:04Et « Joyeux Noël et bonne année. »
05:05C'est le 23 décembre.
05:06Et il me répond cette phrase que j'ai laissée, parce que j'aurais très bien pu l'enlever pour
05:10me donner le beau rôle.
05:11Il me dit « Je suis très heureux d'avoir rencontré quelqu'un d'aussi de mauvaise foi et têtu
05:15que moi. »
05:15C'est vous.
05:16Voilà.
05:19Ça dit quelque chose de son caractère.
05:21Oui, il est quand même capable, il est président de la République, il est quand même capable d'encaisser des
05:25secousses.
05:26Parce que c'est les grandes gueules, souvent.
05:29Franchement, les discussions que j'ai avec lui, vraiment, on se met sur la courge.
05:32Est-ce qu'un président devrait faire ça ?
05:34Moi, alors, c'est la réserve que j'ai.
05:35Moi, je pense que quand tu deviens président de la République, tu ne t'appartiens plus.
05:39Tu appartiens au pays et tu dois changer tes habitudes.
05:42C'est-à-dire, tu peux discuter...
05:44Tes priorités, c'est la direction du pays.
05:47C'est discuter avec tes conseillers, avec les ministres.
05:50Et le reste, si tu veux rencontrer les journalistes ou avec ta famille, par SMS ou par texto, si tu
05:55veux rencontrer les journalistes, tu les fais venir un peu le soir.
05:58Mais tu n'es plus là pour papoter.
06:00Et ça, moi, c'est la limite que je pense, c'est ce qui me gêne.
06:04Alors, est-ce que tu es d'accord avec moi ou pas ?
06:05Non, alors, je ne suis pas tout à fait d'accord parce que les visiteurs du soir, bien sûr, ils
06:08ont toujours existé.
06:09Et je pense qu'il y a des visiteurs du soir chez Emmanuel Macron.
06:12Mais ça, c'est une chose.
06:12Après, c'est papoter dans la journée, tu vois, ou tchacher par Telegram ou par SMS.
06:17Je n'ai pas l'impression qu'il papote.
06:18Dans toutes les discussions qu'on a, il ne papote pas.
06:21Je pense que tous les présidents sont comme ça.
06:24Tout le monde connaît le portable de François Hollande.
06:26Enfin, tout le monde.
06:28Une personne l'a connu vachement mieux que nous.
06:30Oui, non, mais tout le monde connaît le portable.
06:32Tout le monde connaît le portable.
06:36de Nicolas Sarkozy.
06:37Moi, j'ai le souvenir de Sarko.
06:38Pas tout le monde, beaucoup de journalistes.
06:39Non, mais beaucoup de journalistes.
06:40J'ai le souvenir de Sarko qui arrive.
06:42Il vient d'être désigné.
06:44On est une dizaine de journalistes dans son bureau.
06:46Il pose les pieds sur la table comme ça.
06:47Il dit, ça y est, on y est.
06:48Voilà, comme ça.
06:50C'est vrai que les journalistes politiques nous disent qu'Emmanuel Macron, il a coupé court un peu à tout
06:53ça.
06:53Il a coupé totalement court.
06:55Moi, par exemple, je l'ai très peu vu Emmanuel Macron.
06:57J'ai dû l'apercevoir deux fois à une raison.
06:59Et ça me va très bien.
07:00Je n'ai pas du tout l'intention de dîner ou de déjeuner avec Emmanuel Macron.
07:03Je ne suis pas sa conseillère politique.
07:05Oui, mais tu vois, c'est assez bizarre.
07:06Tu ne veux pas dîner et déjeuner pour parler politique, mais tu échanges sur Telegram avec lui.
07:11Parce qu'il n'a pas le temps et moi non plus, en fait.
07:13C'est parce que c'est une nouvelle mode de publication.
07:14C'est le nouvel.
07:15Moi, j'adore Madame de Sévigné, tu vois, mais on ne s'écrit plus à la plume d'oie et
07:20à l'encre.
07:22Et il n'a absolument pas le temps.
07:25Quel temps aurait-il à perdre ?
07:26Vous auriez dit quoi s'il avait fait comme David Lhomme,
07:30reçu 60 fois par François Hollande
07:33et qui lui, eux, ils dévoilent, et c'est dans un très bon livre d'ailleurs,
07:38ils dévoilent des secrets d'État.
07:40Alors que le livre devait être publié d'ailleurs après le départ de François Hollande.
07:43Et ça plombe le quinquennat de François Hollande.
07:45Moi, je ne plombe pas le quinquennat d'Emmanuel Macron, il ne se représente pas.
07:49Il s'en va dans six mois.
07:50Alors, question de nos GG, Laura Varton-Martinez, on peut dire ce qui commence, Laura.
07:54Eh bien, écoutez, non, moi déjà, je me suis régalée.
07:57Je me suis régalée à lire ça.
08:01Juste, avant de faire mon analyse personnelle et de poser ma question,
08:06je pense qu'il va se prendre un coup de bambou.
08:10Mon boulot, c'est d'analyser un minima les gens.
08:12Je pense qu'il n'a absolument pas conscience que vous étiez capable de le trahir
08:16et que lui va prendre ça comme une énorme trahison.
08:18C'est mon avis et le temps ne nous a pas raison, soit à l'une, soit à l'autre.
08:23Je n'ai pas été surprise, moi, du comportement de notre président.
08:26Je le trouve complètement, parfois, dogmatique, mégalomane.
08:31Dans le livre, pour moi, ça l'a transpiré,
08:33cette manière de tout envoyer balser, d'être persuadé d'avoir tout bien fait.
08:37Il a tellement tout bien fait, il a tellement créé un eldonarado économique pour les entreprises
08:40qui dit lui-même que s'il monte un business, ce ne sera pas en France.
08:43Ça, c'est quand même, je trouve, le pompono de la pomponnette.
08:46Maintenant, ma question, une fois que tout ça t'est dit,
08:49parce qu'au final, l'analyse, je l'avais quasiment déjà faite du personnage,
08:53je vous trouve quand même gentille avec lui.
08:57Je vous trouve tendre.
08:59Elle a été séduite.
09:00Non, mais tu vois une tendresse, mais presque affective,
09:03dans le sens, t'y biquet, avec tout ce qui s'est passé.
09:06Non, mais moi, c'est quand, à ma lecture...
09:08T'y biquet, c'est mignon.
09:10À ma lecture, c'est comme ça que je l'ai ressenti.
09:11Et ma question, c'est, est-ce qu'au fur et à mesure des conversations que vous avez eues avec
09:15lui,
09:16est-ce que vous avez senti votre objectivité journalistique vous échappée au détriment de l'affection que vous avez pu
09:21portée ?
09:22C'est trop mignon, petit biquet.
09:24D'abord, l'objectivité dans le journalisme, ça n'existe pas.
09:27C'est une sorte de grand fantasme général.
09:31Votre postulat ?
09:32Non, mais la tradition française de la presse depuis la Révolution,
09:35ce n'est vraiment pas l'objectivité.
09:36Tous les journalistes sont des éditorialistes.
09:38Alors, il y a ces deux-là qui arrivent à se tenir, parce que c'est the best ever.
09:41Non, mais on peut être honnête, voilà.
09:43On demande à un journaliste d'être honnête.
09:44Honnêtement, on peut demander à un journaliste d'être honnête.
09:46C'est vrai qu'il y a parfois des moments où je le sens quand même très en dessous de
09:52la main.
09:54Et moi, c'est mon tempérament, mais je ne serai jamais macroniste.
09:57J'ai voté pourtant deux fois pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen,
10:00mais je ne suis pas devenue macroniste et je ne suis pas l'ami d'Emmanuel Macron.
10:04Mais n'empêche que dans les conversations, dans les échanges,
10:07il y a effectivement des moments.
10:09Je pense que ce moment très dur, quand il est dans l'océan Indien,
10:12et où ça va très très mal,
10:15il y a le monde qui s'apprête à sortir un certain nombre de papiers.
10:17Il est très brassé par ça, et puis il est brassé par la situation.
10:21Il vient de se faire engueuler à Mayotte.
10:23Il vient de se prendre des brassés d'injures, pour des bonnes raisons d'ailleurs,
10:26par les habitants de Mayotte.
10:28On est en décembre, là, je sens quand même,
10:30et c'est la seule chose que j'ai publiée qui sort un peu du...
10:33qui est out of the box de la politique.
10:35On sent qu'il est...
10:37Voilà, qu'il est dâne.
10:38Et là, ça me touche.
10:39Ça me touche parce que je ne discute pas avec Pol Pot ou Mobutu.
10:42Je sais bien que...
10:43Non, mais on les connaît, c'est pas Bismillah.
10:45Enfin, je veux dire, je ne discute pas avec un dictateur, en fait.
10:49Ou je ne discute pas avec Chavez.
10:52Je ne discute pas...
10:54Je discute avec, quand même, un progressiste Bontemps...
10:57Que tu as connu quand il était sous François Hollande.
10:59Que j'ai connu, exactement.
11:01Ministre de l'Homme.
11:02Tu vois, je discute...
11:03Vous voyez ce que je veux dire ?
11:04Il y a un moment donné, évidemment, que ça me touche.
11:07Il y a un peu humain, quoi.
11:08Non, mais on sent de l'attendre.
11:09Et moi, je le trouve très humain.
11:12Une phrase que j'adore, moi, c'est...
11:15Vous expliquez qu'Emmanuel Macron vous écrit « Donald n'y connaît pas Raoul ».
11:19Alors ça, c'est fabuleux d'imaginer Emmanuel Macron dire ça.
11:23Mais au-delà de cette phrase qui m'a marqué, qui dénote le personnage,
11:28en prenant votre livre, je me demandais ce que j'allais lire.
11:31Emmanuel Macron qui essaye d'avoir un livre testament au travers de quelqu'un,
11:35d'expliquer, ou un homme qui est complètement hors sol
11:41et qui a cru qu'il allait convaincre une journaliste de gauche.
11:43Et à la fin, je ne sais pas bien ce que j'ai lu.
11:46On a le sentiment qu'il se raccroche à vous comme sa conscience de gauche
11:50et qu'il essaye encore de convaincre qu'il est un peu de gauche.
11:55Et c'est absolument pathétique.
11:57Ça ne marche pas.
11:59Et donc, moi, la lecture de ça, c'est
12:00« Waouh ! Le bonhomme qu'on nous disait brillant, intellectuellement,
12:05le Mozart de la finance, à la fin, quand on lit ça,
12:07quand on lit ce que vous nous transmettez, ce que vous nous partagez,
12:11quand on se dit que c'est vraiment pas très haut, pas très fort, pas très bon.
12:14Vous, vous l'avez trouvé convaincant comme femme de gauche ?
12:17Alors, ce qui est intéressant, c'est de voir qu'il y a plein de gens.
12:20C'est bien parce que les gens commencent à le lire.
12:22Et à son nom pareil, il y a plein de gens qui disent
12:24« Moi, j'ai changé, je le trouve super bon, je le trouve très... »
12:27Moi, il apparaît plutôt...
12:28Ça le réhabilite, moi, j'ai trouvé.
12:30Ouais, ouais, ça le réhabilite.
12:31C'est intéressant.
12:32Donald, il connaît pas Raoul.
12:34Ça tue le personnage.
12:35Oui, mais parce qu'il aime bien faire la référence à Michel Oguin.
12:36Mais je pense que c'est des tontons-flingueurs.
12:38Je pense que vous n'avez pas capté.
12:39C'est-à-dire que...
12:40Emmanuel Macron, quand il s'emmerde,
12:42et ça, c'est un truc qui m'a vraiment...
12:43que j'ai adoré, parce que je pourrais faire ça aussi, d'ailleurs,
12:46il se récite les phrases des tontons-flingueurs.
12:50Et donc, Donald, il connaît pas Raoul,
12:52c'est vraiment la phrase,
12:54une des phrases emblématiques des tontons-flingueurs.
12:55Et il me dit ça après Davos,
12:58où, effectivement, il fait un buzz planétaire avec Forchour.
13:01Je sais pas si vous vous rendez compte
13:02ce qui s'est passé avec Forchour et les lunettes.
13:05Donc, moi, je trouve...
13:06Alors, au contraire, ça, ça m'a rendu le personnage sympathique
13:09qu'il a quand même un humour...
13:10Moi, je le trouve...
13:11Alors, moi, c'est un peu interverse.
13:13Alors, moi, qui suis un repenti,
13:15ça m'a un peu réconcilié avec Emmanuel Lacombe.
13:17Un complice, plutôt.
13:19Moi, j'ai un peu textoté avec lui à une époque aussi.
13:22Alors, par contre, mes textos s'effaçaient,
13:23donc j'ai pas pu les utiliser.
13:26Mais j'ai trouvé quelqu'un...
13:28Je pense que ces dix années sont fragilisés, quoi.
13:32Et je le pensais plus résistant au coup que ça.
13:35Et j'ai vu dans ton livre
13:37quelqu'un qui avait baissé la tête, quoi,
13:40par rapport au coup, et qui s'attendait pas.
13:42Moi, je l'ai connu avant qu'il soit président.
13:44Et il était plein d'optimisme, plein d'envie.
13:46Et je crois que, dans le livre,
13:48ce qu'on mesure, c'est qu'au fur et à mesure du livre,
13:51on réalise qu'il s'attendait pas à une telle difficulté.
13:53Que ce soit aussi dur à un tel chemin.
13:56Et la question que j'ai envie de te poser,
13:58je le connais un peu, Emmanuel Macron...
13:59Beaucoup mieux que moi, t'as dû le voir plus souvent, d'ailleurs.
14:02Est-ce que t'as pas peur de représailles ?
14:05Quel représailles ?
14:06Non, j'ai pas peur de...
14:07Il y a un côté, je veux dire...
14:08Alors, moi, je pense qu'il a fait ça,
14:09sachant très bien que ça sera utilisé.
14:11Mais je pense, vous avez demandé conseil,
14:12je pense à tes faveurs.
14:14Mais après, il peut y avoir un côté trahison.
14:16Mourad, tu sais, alors, Mourad, moi,
14:18ce que je sais pour répondre à vous tous,
14:20c'est qu'Emmanuel Macron, d'abord, c'est pas un enfant...
14:23T'as pas eu de contact depuis, t'as rien ?
14:24Aucun, rien.
14:24Alors, je l'ai fait porter le livre lundi par Coursier.
14:27À lui, à Jonathan Guémas, excusez-moi.
14:30C'est lui, c'était lui !
14:31Ah, c'est lui !
14:35Comment ça, oui ?
14:36Bon, tout ça pour dire que
14:39je pense qu'il ne...
14:42Il attend de voir de quel côté ça tombe.
14:44Je pense que c'est un homme politique, Emmanuel Macron.
14:46Il est... Il sait qu'est-ce que ça veut dire ça.
14:49Il va voir déjà, est-ce que le livre se vend ?
14:51Je pense que si le livre se vend...
14:52Non, il va se vendre.
14:53Je n'en sais rien.
14:54Emmanuel Macron, il fait vendre.
14:55Et donc, il va se dire quand même.
14:57Ça, c'est le premier point.
14:58Le deuxième point, est-ce qu'il a baissé la tête ?
15:00Je n'en suis absolument pas certaine.
15:02Mais en tout cas, c'est quelqu'un qui ne mérite pas.
15:06Il n'a pas mérité les louanges, véritablement,
15:09qu'il a reçues pour son accession au pouvoir
15:12et pour son premier quinquennat.
15:13C'était une folie.
15:14Il suscitait beaucoup d'espoir.
15:15Et c'est une folie générale,
15:17les tombereaux d'injures qu'il ramasse aujourd'hui.
15:19Alors moi, je me retrouve en position quasiment presque de défense.
15:23Mais je ne défends pas sa politique.
15:24Mais il y a un truc quand même...
15:27Irrationnel.
15:28Est-ce qu'il pourra revenir ?
15:30Parce que...
15:31Regardez, François Hollande...
15:33François Hollande qui est en train d'organiser son retour
15:36et une candidature.
15:38Est-ce que dans cinq ans, Emmanuel Macron sera dans cette position
15:40alors qu'il est aujourd'hui aussi impopulaire que l'était François Hollande
15:42à la fin de son mandat ?
15:43Il est encore moins populaire.
15:44Je suis sûr.
15:46J'ai pris le pari d'ailleurs avec notre copain de Libé,
15:48Jean-Baptiste Daoulas,
15:49qui, ça m'a fait marrer, il l'a mis dans son papier.
15:51Ce n'était pas obligé.
15:52Mais après tout, tout le monde craque les offres.
15:54Donc allez-y, craquez le mien aussi.
15:55Moi, j'ai fait le pari que dans deux, trois ans,
15:58Emmanuel Macron sera au summum de la popularité.
16:04Exactement comme François Hollande.
16:06J'étais dans ce gouvernement.
16:07À ce moment-là où je suis rentré dans les GG,
16:09c'était merveilleux.
16:10Et vous vous souvenez de comment on a fini le quinquennat de Hollande.
16:13On a regardé ensemble la cérémonie du 13 novembre
16:16dans les Invalides.
16:18En Lambeau.
16:19C'était la ridiculitude.
16:20C'était plus que crépusculaire.
16:23Et regardez aujourd'hui ce qui se passe.
16:25Tout le monde attend que François Hollande...
16:27Non, non.
16:27Vous avez des gens de droite, moi, qui me disent...
16:28Moi, j'attends pas.
16:29J'ai des gens de droite qui me disent,
16:31j'attends Hollande, les mêmes,
16:32mais qui lui...
16:33Mais il crache le chien !
16:34J'ai changé d'amis, les copains.
16:36Parce que là, c'est des gens qui sont pas normaux,
16:37qui sont perturbés psychologiquement.
16:39Non, non, c'est la vie.
16:41Justement, un dernier mot, un petit échange d'SMS.
16:43Non, je t'en prie.
16:45Sur les milliardaires.
16:46Non pas à ce qu'on lui reproche avec les milliardaires,
16:48mais sur l'après, ce que veut faire France,
16:50ce que veut faire Emmanuel Macron.
16:53Et je n'irai chez personne.
16:54Je préfère un petit chez moi qu'un grand chez les autres.
16:57En tout cas, si j'en fais du business,
16:59ce sera le mien.
17:00Je pense plutôt hors de France.
17:02Bah oui, c'est ce que tu disais tout à l'heure.
17:04Je ne serai ni leur employé, ni leur obligé.
17:06Jamais, dit-il, à propos de ces fameux milliardaires.
17:08Oui, parce qu'il y a une info qui est sortie
17:10disant que Niel, Xavier Niel,
17:12préparait son attelissage, etc.
17:13Je pense qu'il n'a absolument pas supporté cela.
17:16Qu'il n'a absolument pas supporté...
17:18Je pense qu'il y a des choses qu'il insupporte.
17:20Mourad, tu le connais mieux que moi.
17:21Mais il y a des choses qu'il insupporte.
17:23C'est véritablement qu'on l'associe aux milliardaires
17:27à un mec qui aime le fric et à l'extrême droite.
17:30Je n'ai pas d'amis milliardaires.
17:31Je n'ai pas d'amis milliardaires.
17:32Arrêtez de m'emmerder avec mes amis milliardaires.
17:34Je n'ai pas d'amis milliardaires.
17:35Je n'aime pas l'extrême droite, etc.
17:37Et ça, c'est sa responsabilité.
17:39Il a tellement été ambigu dans les mots même
17:41qu'il a employés, décivilisation,
17:43tu vois, tous les mois, etc.
17:45qu'il se retrouve finalement piégé
17:48alors que c'est sa détestation.
17:50À un moment donné, il me dit
17:50il n'y a pas un mec plus libre que moi.
17:52La déchérance à dire cauchemar à Macron.
17:54Son pire cauchemar.
17:55Et il le vit en ce moment.
17:56Et moi, c'est ce qu'il m'a dit.
17:57C'est qu'après lui, ce soit à l'extrême droite.
17:59C'est ce que j'allais dire par rapport à Hollande.
18:00Et aujourd'hui, Hollande a laissé le pouvoir
18:03pour un ancien ministre.
18:05Je suis d'accord avec toi.
18:05Un de ses anciens ministres.
18:06Bon, voilà.
18:07Il y avait une sorte de continuité finalement.
18:09En revanche, si Emmanuel Macron quitte le pouvoir
18:11pour donner les clés,
18:12c'est l'effet Barack Obama
18:13pour donner les clés à Marine Le Pen
18:16comme Barack Obama après Barack Obama.
18:18Il a laissé Trump.
18:18Il le vibra comme un pardo.
18:20Ça sera la photo qui effacera
18:22sur le perron de l'Elysée.
18:25Donc, elle n'est pas lieu.
18:26Ça sera la photo qui effacera ses dix ans.
18:27Ça, c'est son conjoint.
18:28Merci, Françoise.
18:28C'est moi.
18:29C'était un bonheur.
18:29Vous êtes tous trop durs avec moi.
18:32Le livre « Conversation libre »
18:33avec le Président de la République.
18:34Ça va bien au-delà des SMS.
18:35Fais tout de suite une analyse aussi
18:36sur le paysage politique actuel.
18:38C'est aux éditions Robert Lafonche.
18:40Livre d'une ancienne GG.
18:41Elle reste gangueule.
18:42Françoise Gouin, on vous le conseille.
18:43Merci d'être passé par les GG, Françoise.
18:44GG pour toujours.