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Le maire divers droite d'Orléans, Serge Grouard était l’invité de #LaGrandeInterview de Romain Desarbres dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:008h13, bienvenue dans la grande interview CNews Europe 1 et je reçois ce matin Serge Groire.
00:06Bonjour Monsieur le Maire, bonjour Serge Groire.
00:08Bonjour à tous.
00:09Merci d'être avec nous, Maire d'Hiverdroite d'Orléans et Président d'Orléans Métropole.
00:13On va balayer toute l'actualité, on va balayer également votre appel que vous allez lancer ce matin sur CNews
00:19et sur Europe 1
00:20à tous les Français qui en ont marre.
00:22Je voulais vous entendre tout d'abord sur ce qui s'est passé hier dans quasiment tout le pays.
00:27Grosse journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat.
00:30600 000 personnes ont défilé dans les rues, 70 000 policiers et gendarmes mobilisés en France.
00:35On va parler de la situation sociale mais déjà en termes sécuritaires.
00:39Quelle est votre vision de ce qui s'est passé, du bilan ?
00:42Et est-ce que vous diriez que l'État et la police ont repris le contrôle de la rue ?
00:47Je dirais d'abord que c'est un jour sans fin, vous savez le film, le jour sans fin.
00:53Donc toutes les semaines ça recommence avec plus ou moins de violence.
00:57Est-ce que l'État a repris la main ?
00:59Non, je ne crois pas qu'on peut dire ça.
01:02Je pense que le ministère de l'Intérieur fait tout son possible,
01:05que l'on a des forces de l'ordre que je salue,
01:08parce qu'ils se sont quand même cassés la gueule toutes les semaines.
01:11Et pour l'instant on n'a pas eu de drame, c'est un miracle qu'il n'y ait
01:14pas de drame.
01:15Voilà, et puis on a, pardonnez-moi de le dire,
01:19mais un président de la République qui est aux abonnés absents.
01:21Donc dans des situations de crise comme celle-ci,
01:25quand vous n'avez pas le pilote,
01:28les autres font ce qu'ils peuvent.
01:30Voilà, et ce n'est pas glorieux.
01:32Vous vous rendez compte de l'image que la France donne ?
01:35De tous les Français, comme je le dis,
01:37qui en ont par-dessus la tête.
01:39En tant que maire, je l'entends tous les jours.
01:41Et des appels au secours.
01:43Mais évidemment, ça, ça passe un peu en dessous des radars.
01:48Et voilà, le nombre de commerçants qui en ont par-dessus la tête.
01:53Les entreprises, on est en limite.
01:55En fait, on est en train de danser au bord du gouffre.
01:59Voilà, on est totalement irresponsable et la France se casse la gueule.
02:04Et moi, en tant que, j'allais dire, en tant que gaulliste viscéral,
02:08je ne supporte plus cela, de voir la France qui se casse la gueule.
02:12Vous lancez un appel à tous les Français qui, comme vous, en ont marre.
02:16Marre de voir nos rues devenir des champs de bataille.
02:19Marre de voir des policiers se faire frapper.
02:21Marre de la France insoumise qui attise les tensions.
02:24On voit votre appel que vous avez lancé sur les réseaux sociaux.
02:27Et il y a cette affiche également.
02:28Stop, ça suffit.
02:29Et vous invitez tous les Français qui le souhaitent
02:32à se rendre aujourd'hui devant la mairie d'Orléans à 18h.
02:36Exactement, parce qu'il y a une immense majorité silencieuse
02:41qui est silencieuse et, j'allais dire, il y a une ultra-minorité aboyeuse.
02:46Alors, il faut remettre les pendules à l'heure.
02:49Et donc, je dis à celles et ceux qui veulent venir, bienvenue.
02:55Dites, vous en avez assez, ça suffit.
02:57Stop, stop.
03:00Dites-le dans la dignité, dans le calme, dans le respect des autres,
03:05dans le respect de ceux qui bossent.
03:07C'est pour ça que je le fais notamment devant la mairie,
03:09pour éviter d'aller emmerder encore les commerçants.
03:12Vous voyez ?
03:16Donc, mobilisons-nous quelque part.
03:18J'en ai appelé également aux élus de la République
03:21pour qu'ils se manifestent.
03:23Et je peux vous dire que j'ai beaucoup de messages.
03:25Alors, vous allez nous le dire.
03:27Je vais décrire l'affiche pour les auditeurs d'Europe 1.
03:30Appel au rassemblement.
03:31En très gros, il y en a marre.
03:33Et on voit une photo du gendarme mobile
03:37qui a eu la jambe brûlée
03:39parce qu'un manifestant violent a lancé un cocktail Molotov.
03:44Et puis ensuite, vous en avez marre.
03:45J'en ai marre.
03:45Nous en avons tous marre, peut-on lire sur votre appel.
03:48Vous dites, il y en a marre des policiers qui sont agressés,
03:51de LFI qui soufflent sur les braises.
03:54Et vous dites, stop, ça suffit, la réforme.
03:55Oui, la chienlit, non.
03:58Est-ce que vous pensez que c'est le début d'un grand mouvement de reprise en main ?
04:01Vous lancez un appel à la France qui bosse,
04:03à la France qui se lève tôt, comme disait Nicolas Sarkozy,
04:06à la France qui tient ses gamins, j'allais dire,
04:09à la France qui paye ses impôts,
04:10à la France qui ne casse pas, qui s'arrête au feu rouge.
04:13Vous avez tout dit.
04:14C'est exactement cela.
04:15Et moi, je souhaite être relayé par tous les maires de France,
04:19en tout cas, tous ceux qui le veulent.
04:21Vous imaginez si chaque maire de France
04:24prend la même initiative que moi ?
04:27Eh bien, le mouvement, tout ce que l'on voit,
04:30cette bordélisation que l'on voit actuellement,
04:32ça va s'arrêter.
04:33Et il faut que ça s'arrête,
04:34parce que qu'est-ce qui va se passer la semaine d'après,
04:36la semaine d'après, la semaine d'après ?
04:38On va continuer jusqu'à l'élection présidentielle ?
04:41Et derrière tout cela, moi, je vois une stratégie.
04:43Je vois une stratégie de l'ultra-gauche,
04:46aidée en cela par la France insoumise
04:48et quelques autres dans ce périmètre-là,
04:50d'empêcher la campagne électorale.
04:53Parce que quand il y a cette bordélisation,
04:56vous ne pouvez pas faire campagne,
04:57donc vous ne pouvez pas poser les vrais sujets.
05:00La France est confrontée à des défis immenses.
05:03On peut les relever.
05:04Sauf qu'il faut déjà les poser sur la table.
05:07Il faut entendre les candidats
05:09pour savoir ce qu'ils en pensent,
05:11ce qu'ils proposent.
05:12Ça, aujourd'hui, c'est de fait interdit.
05:13Vous ne pouvez pas le faire.
05:15Et donc, on va être encore privés
05:16de cette élection présidentielle,
05:18comme de la précédente, d'ailleurs.
05:20Donc, la démarche de la France insoumise,
05:22si je vous suis bien,
05:23est clairement antidémocratique.
05:25Elle est pour empêcher,
05:29si ce n'est empêcher, en tout cas,
05:30l'organisation de la présidentielle,
05:32sérieusement la perturber.
05:33La perturber et détourner le regard
05:36et détourner la pensée.
05:38Parce que quand vous détournez
05:39et que vous mettez le projecteur sur autre chose,
05:42eh bien, ceux qui sont dans une posture
05:45républicaine et démocratique,
05:46qu'est-ce qu'ils font ?
05:47Ils s'expriment comment ?
05:49Eh bien, ils ne s'expriment pas.
05:50D'ailleurs, c'est ce qui se passe.
05:52Je défie quiconque de me dire
05:54le projet électoral de tel ou tel candidat.
05:57On n'en parle pas.
05:57On n'en parle pas et on ne peut pas en parler.
06:01Donc, je pense qu'il y a une véritable stratégie
06:04derrière tout cela.
06:05Et je dénonce cette stratégie
06:06parce que moi, je suis républicain.
06:09Je veux que tout le monde puisse s'exprimer,
06:11y compris M. Mélenchon,
06:13qu'il nous dise qu'elle est son projet.
06:14Mais je veux aussi que Mme Le Pen puisse s'exprimer.
06:17C'est ce que nous avons fait à Orléans
06:18puisque nous avions eu,
06:20le 24 et 25 octobre dernier,
06:21à la fois le congrès du RN,
06:23la contre-manifestation
06:24et un certain nombre de casseurs.
06:26Et tout s'est bien passé.
06:27Et tout s'est bien passé.
06:29Et c'est la démonstration
06:30que lorsqu'on restaure l'autorité,
06:32parce qu'avec le préfet du Loiret,
06:35et moi-même, on ne rigole pas.
06:36Oui, on ne rigole pas.
06:38Donc, on a mis le dispositif qui allait bien
06:40et on a fait en sorte que tout se passe bien.
06:42Il y a eu zéro casse.
06:43Et là, la démocratie a pu s'exprimer.
06:46Comment en est-on arrivé à cette situation ?
06:49Serge Groir, maire d'Orléans,
06:51vous qui êtes les deux pieds dans le terrain.
06:58Déjà, le fait qu'il n'y a plus de résultats
07:01au niveau politique.
07:02Les gens en ont marre
07:03parce que depuis,
07:04et ce n'est pas depuis dix ans,
07:05c'est beaucoup plus long que cela,
07:07il n'y a plus de résultats.
07:09Donc, la vie politique, elle sert à quoi ?
07:11Elle sert à rien.
07:12Elle sert à nous emmerder.
07:13L'État nous contraint.
07:14Qu'est-ce que l'État porte comme projet,
07:16comme espoir, comme perspective ?
07:18On a beaucoup parlé de la jeunesse
07:19et quelque part, c'est tant mieux
07:21parce qu'on n'en parlait jamais.
07:23Voilà.
07:23Mais quel est le grand projet
07:24pour la jeunesse aujourd'hui ?
07:25Il n'y en a pas.
07:26Il n'y en a pas ?
07:27Qu'est-ce qu'on leur dit à nos jeunes ?
07:28Rien.
07:29Rien.
07:30Absolument rien.
07:30On leur parle retraite.
07:32Exactement.
07:32On leur parle retraite et fin de vie.
07:34Je ne dis pas que ce ne sont pas
07:36des sujets importants.
07:36Ils sont importants.
07:38Mais enfin, de temps en temps,
07:39on pourrait s'adresser à nos enfants
07:41et leur dire des choses positives.
07:44C'est ce que l'on essaye.
07:45Là encore, je ramène ça à ma fonction de maire
07:48et tous les maires sont dans cette situation-là.
07:50Ce sont les mécanos de la République,
07:52comme dit Borloo.
07:54On essaye de proposer, nous,
07:55dans le quotidien, des solutions.
07:57Nous, on a tout un volet prévention,
07:59réussite éducative pour la jeunesse d'Orléans
08:02et ça marche.
08:03On a une baisse fulgurante
08:04de la délinquance des mineurs.
08:06Voilà.
08:07Bon, donc ça marche.
08:08Et il y en a d'autres
08:08qui font des trucs vachement bien.
08:11Seulement, il n'y a pas de voix
08:14au niveau central.
08:15Il n'y a pas de perspective donnée.
08:17On se démerde chacun dans notre coin.
08:20Quelle est la part de responsabilité
08:22d'Emmanuel Macron ?
08:23Vous avez dit, on ne l'entend pas.
08:25Et pourquoi on ne l'entend pas, selon vous ?
08:27Ah, ça, c'est un grand mystère.
08:29Je n'ai pas envie de tirer sur l'ambulance.
08:31C'est tellement facile.
08:32Vous connaissez la politique ?
08:34Vous connaissez le président de la République ?
08:36Très peu.
08:36Bon, vous connaissez bien la politique ?
08:38Je suis exaspéré, mais profondément exaspéré.
08:44Quand on a l'honneur de diriger un pays comme la France,
08:50on écoute.
08:52On est au service des Français.
08:55À un modeste niveau, le maire que je suis,
08:57comme les autres, on est au service de nos concitoyens.
09:01Et je pense que ça s'est oublié depuis trop longtemps,
09:04depuis très longtemps.
09:05Et je pense que c'est la clé des choses.
09:09Moi, vous voyez, je vais vous dire un truc.
09:12Sur Orléans, je fais régulièrement le tour des bistrots.
09:16Je vais voir les gens dans la rue.
09:17J'entends plein de choses.
09:20Mais neuf fois sur dix, ils ont raison.
09:23Je leur dis, je ne peux pas le dire mieux que vous,
09:25ce que vous êtes en train de me dire.
09:26Mais encore faut-il les écouter et ne pas faire semblant.
09:31Ne pas faire semblant.
09:32Et je pense que le président et l'Élysée sont complètement hors sol.
09:38Depuis le début ?
09:41J'aurais tendance à le penser personnellement.
09:43C'est une intuition.
09:47Voilà.
09:48Et que voulez-vous ?
09:49Et vous êtes entouré d'une cour qui vous flatte.
09:54C'est le premier cercle.
09:56Moi, je me souviens de Jacques Chirac.
10:00Jacques Chirac, il m'appelait de temps en temps.
10:03Bon, moi, j'avais une infection pour Jacques Chirac.
10:06Il m'appelait.
10:07Alors, il me disait, Serge, là, tu sens quoi, là ?
10:11Et je me souviens qu'une fois, je lui avais répondu,
10:14Monsieur le Président, je sens qu'on est aux fraises.
10:16Ah, pourquoi tu dis ça ?
10:18Voilà.
10:18Et puis, de temps en temps, quelques-uns, pas que moi,
10:23mais il m'arrivait d'aller le voir à l'Élysée.
10:25Et il posait des questions.
10:27Il avait un petit bloc papier et puis il notait.
10:31Et il l'intégrait.
10:33Ça l'intéressait.
10:35Vous voyez ?
10:37Et c'est ça la clé de la vie politique.
10:39Je pense qu'on a perdu ça.
10:40Puis ensuite, on a une technostructure qui a pris le pouvoir.
10:43Parce que comme le politique est totalement défaillant,
10:46mais que fait la technostructure ?
10:49Elle prend le pouvoir et elle cherche à le conserver.
10:52Et pardon de le dire, elle aussi,
10:53même s'il y a des gens très brillants,
10:55elle est totalement déconnectée des réalités.
10:57Et vous avez un État qui devient un État qui paralyse
11:01au lieu d'inciter, d'encourager, d'aider, de porter,
11:05de donner une vision.
11:06Il vous emmerde tous les jours.
11:07Je peux en témoigner comme maire.
11:09Et toute la journée, je n'entends que cela.
11:13Quels sont vos premiers retours
11:15depuis que vous avez lancé votre appel ?
11:17Il y en a marre à vous retrouver ce soir à 18h
11:20devant la mairie d'Orléans.
11:21Alors, énormément de soutien sur les réseaux.
11:25Énormément de maires qui m'appellent en me disant
11:28« Je suis avec toi.
11:29Ah, merde, je ne vais pas pouvoir ce soir être là.
11:32Mais je vais envoyer des élus de mon conseil
11:34si tu le veux bien. »
11:35Voilà, beaucoup, beaucoup de soutien.
11:37Quelques critiques, mais comme toujours.
11:39Mais beaucoup, beaucoup de soutien.
11:41Est-ce que vous attendez des hommes et des femmes politiques
11:44de niveau national, j'allais dire,
11:47et des candidats à la présidentielle ?
11:49Je vais vous faire un aveu.
11:52C'est que je n'attends plus rien.
11:54Et c'est dramatique.
11:56Mais j'attends que la France,
11:58le peuple français,
12:00se lève et se réveille.
12:01J'attends là aussi,
12:03comme le dit Jean-Louis Borloo,
12:05que les mécanos de la République,
12:08les mécanos se lèvent.
12:11J'attends qu'il y ait une équipe de France.
12:13J'attends qu'il y ait le 15 de France
12:16qui se lèvent, qui se manifestent
12:17et qui disent « Voilà le projet de redressement
12:20de la France. »
12:21Et qui ait le courage de le dire.
12:24Qui fasse passer ses tripes.
12:26Qu'il n'y ait pas les petits égaux
12:27qui soient là en permanence,
12:29dont on n'a que faire.
12:30On s'en fout.
12:30On est sur le Titanic.
12:32On est sur le Titanic.
12:33L'équipage s'engueule.
12:36L'équipage s'engueule.
12:38Et le bateau coule.
12:40Et les Français assistent impuissants
12:42à ce spectacle.
12:44Voilà.
12:44Donc non, ça c'est pas la France.
12:46C'est pas le Titanic la France.
12:48La France c'est le France.
12:49Voilà.
12:50Et le France et la France
12:52doivent se réveiller.
12:53Je pense qu'aujourd'hui,
12:54il faut refaire France.
12:56Il faut retrouver les voies et moyens.
12:58Mais pour cela,
12:58il faut qu'il y ait un projet.
13:00Un vrai projet porteur.
13:01en mettant en avant tout ce que nous avons
13:03de richesse dans ce pays.
13:05Parce que ce pays a des talents partout.
13:09Vous voyez ce que je veux dire ?
13:09Et puis après,
13:10ça se décline par des mesures
13:11très très concrètes et précises.
13:13Serge Groir,
13:14maire d'hiver droite d'Orléans,
13:17est avec nous ce matin
13:18sur CNews et sur Europe.
13:20Je voudrais revenir un instant
13:21sur le profil des casseurs.
13:22Parmi les mises en cause,
13:2395% d'hommes,
13:25deux tiers de 18-25 ans,
13:2770% de Français,
13:2830% d'étrangers,
13:29la moitié sans aucun antécédent.
13:32Ce sont des faits
13:33qui ont engendré une polémique
13:34qui ne vous aura pas échappé.
13:36Le candidat
13:36à la présidentielle Horizon,
13:39Édouard Philippe,
13:40parle d'une surreprésentation
13:41des jeunes issus de l'immigration.
13:43Jean-Luc Mélenchon
13:44l'accuse de calomnie raciste.
13:46Qu'est-ce que vous en pensez ?
13:47Je pense que tout ça,
13:49on n'en a rien à faire
13:50parce qu'une fois de plus,
13:52ce sont des mots
13:53et qui demain ne changeront rien
13:55alors que ces messieurs
13:56s'invectifs,
13:57s'engueulent.
13:58Pendant ce temps-là,
13:59encore une fois,
13:59c'est le bateau qui coule.
14:01Ce que je pense là-dedans,
14:02c'est qu'il y a
14:03beaucoup d'amalgames.
14:04Mais qu'est-ce que ça dit
14:05de la société française
14:06au-delà de la polémique ?
14:06Ça dit que la société française
14:08est fracturée.
14:09Et ça dit qu'il faut
14:11faire le maximum
14:12pour la réunir.
14:13On est tous français,
14:14bon sang.
14:14Je me fous de savoir
14:16si tel jeune
14:17est issu
14:18de l'immigration,
14:21pas de l'immigration.
14:22Je m'en fous.
14:23Moi, je travaille sur Orléans
14:25avec des gens bien partout.
14:27Sauf que certains
14:28soufflent sur les braises
14:29et rappellent toujours
14:31l'origine des personnes
14:32et les victimisent.
14:33Mais bien sûr.
14:34Pour bien les maintenir
14:35sous cloche.
14:36Mais parce que derrière,
14:36il y a une stratégie électorale.
14:38Ça n'a échappé à personne.
14:39Si ça échappe à quelqu'un,
14:40je vais prendre rendez-vous
14:41avec lui
14:42puis je vais essayer
14:42d'expliquer.
14:44Il y a une stratégie électorale
14:45là-dedans,
14:45c'est de récupérer
14:46certains votes.
14:47Et ça,
14:49c'est très communautariste.
14:51Et ça,
14:51notamment,
14:52c'est toute la logique
14:53de LFI
14:53qui met en permanence
14:55du feu,
14:56qui attise le feu
14:57pour arriver à cette fracture.
14:59Et malheureusement,
15:00aujourd'hui,
15:01ça fonctionne bien.
15:02Mais ce que je veux dire,
15:03c'est que sur le terrain,
15:04vous avez beaucoup de gens,
15:06beaucoup de jeunes,
15:06d'où qu'ils viennent,
15:07qui ne sont pas du tout
15:08dans ces registres-là.
15:10Je pense à certains,
15:11je pourrais vous donner
15:12des noms ou des prénoms,
15:13qui se battent,
15:14par exemple,
15:15pour les couleurs d'Orléans.
15:16Voilà.
15:17Je me souviens
15:18dans des matchs...
15:20Des jeunes gens
15:20issus de familles
15:22et issus de l'immigration.
15:24issus de l'immigration.
15:25Mais moi,
15:25je m'en fous.
15:27Moi,
15:29Imad,
15:29c'est un mec super bien.
15:32Et lui,
15:33je l'ai vu pleurer
15:34parce qu'on perdait.
15:36D'accord ?
15:37Donc,
15:37il n'a pas de leçons
15:38à recevoir de quiconque.
15:40Vous voyez ?
15:40Et puis,
15:41mais qu'est-ce qu'on veut
15:42pour la France de demain ?
15:43On veut continuer à...
15:45Mais ça ne veut pas dire
15:46non plus
15:47que l'on accepte.
15:48C'est là où
15:48les choses sont complexes.
15:49Moi,
15:50je n'accepte pas
15:51cette immigration
15:53ouverte
15:54dans une sorte
15:55de moulin
15:55où tout le monde vient.
15:56Romain Bénard
15:56que vous connaissez,
15:57qui est maire d'Hiverdroite
15:58et aussi de Béziers,
15:59il dit,
15:59on intègre...
16:00Qui était invité
16:00de Laurence Ferrari
16:01hier à votre place.
16:03On n'intègre pas
16:04quand on reçoit
16:04400 000 à 500 000 personnes par an.
16:07Vous pourriez dire la même chose ?
16:08Je souscris.
16:09Moi,
16:09j'ai même dit à un moment
16:10immigration zéro.
16:12Alors,
16:12je vais très loin.
16:13Donc,
16:13la France reprenne son souffle
16:15en matière d'immigration ?
16:15Exactement.
16:16Et puis,
16:17enfin,
16:17tout le monde...
16:18Enfin,
16:18on n'est pas un moulin,
16:19quoi.
16:20Ça va,
16:20il y en a marre.
16:21Moi,
16:22j'ai aussi...
16:23C'est là où il y a la complexité.
16:25Je vois des jeunes
16:26super formidables.
16:28Je vois des gens
16:30qui débarquent à Orléans.
16:32J'ai dit qu'Orléans
16:33ne serait pas Calais.
16:34Parce que j'ai été confronté
16:36avec...
16:36Vous vous souvenez ?
16:37L'arrivée de migrants
16:38pendant les Jeux Olympiques.
16:39Mettez la poussière
16:40sous le tapis.
16:41Ça,
16:41c'est encore une méthode
16:42de l'État central.
16:44Voilà.
16:44Recevez dans les provinces.
16:45On nous a invité
16:46d'inventer des trucs
16:47qui n'avaient des capacités
16:49d'accueil.
16:49Mais rien du tout.
16:50Que dalle !
16:51Moi,
16:51j'étais obligé
16:52de me fâcher.
16:53J'étais obligé
16:53de dire,
16:53écoutez,
16:54vous continuez
16:54à m'envoyer des migrants.
16:56Il n'y a pas de logement.
16:57Il n'y a rien.
16:58Même pas de logement d'urgence.
16:59Moi,
16:59je vais mettre
17:00un autre quart à disposition.
17:01Je vais vous les renvoyer
17:02dans la foulée.
17:04Mais c'est indigne,
17:05tout cela.
17:05Ce n'est pas un grand pays
17:06qui fait ça.
17:07Donc,
17:07bien sûr qu'il faut regarder
17:08la réalité.
17:09Et nous,
17:10on met sur Orléans
17:10en place des dispositifs
17:11de réussite éducative,
17:13je le redis,
17:14qui fonctionnent.
17:15Ça marche.
17:16Sur le terrain,
17:17ça marche.
17:18Serge Groard,
17:19le maire d'Orléans.
17:20Comme vous l'aurez compris,
17:21invité de la grande interview,
17:22c'est News Europe 1.
17:24Je voulais vous entendre
17:24évidemment sur 2027.
17:26Est-ce que vous avez déjà
17:26votre candidat ?
17:28Non.
17:29Puisque je vous dis,
17:30on a des candidats déclarés.
17:32Et je ne veux pas être
17:33désobligeant
17:34avec qui que ce soit.
17:35On a suffisamment
17:36de tensions en ce moment
17:38pour ne pas en rajouter.
17:39Vous auriez envie
17:40d'être désobligeant
17:40avec qui ?
17:41Pratiquement avec tous.
17:44De leur dire,
17:44mais vous êtes
17:46l'équipage du Titanic,
17:47les amis.
17:48Vous faites quoi
17:49pour la France ?
17:50Ce que vous pouvez faire
17:51pour la France,
17:52si vous l'avez dans les tripes,
17:54c'est éventuellement
17:55de vous retirer.
17:56Vous êtes issu
17:57des LR ?
17:58Il y a un certain temps,
17:59oui.
18:00Je suis parti des LR.
18:02Je suis gaulliste.
18:03Vous êtes gaulliste.
18:04Est-ce que vous pourriez
18:05voter pour Marine Le Pen ?
18:06Dans certaines configurations,
18:08oui.
18:09Laquelle ?
18:10Une configuration,
18:11notamment avec M. Mélenchon
18:12au deuxième tour.
18:14Mais qui me met
18:15la pagaille partout
18:16dans le pays ?
18:18Moi, je peux vous le dire.
18:19Moi, je n'ai pas vu
18:20les gens du Rassemblement
18:21national mettre
18:21la pagaille à Orléans.
18:23Ils ont été agressés.
18:24À Orléans,
18:24c'est différent.
18:25Et nous,
18:25on les a protégés
18:26comme on a protégé
18:27la contre-manifestation.
18:29C'est ça,
18:30la République.
18:31C'est que chacun
18:32puisse s'exprimer.
18:33Voilà.
18:34Mais j'en ai marre
18:35des anathèmes,
18:36des trucs,
18:37et puis des procès
18:38d'intentions
18:39qui évitent
18:40d'avoir
18:41à proposer
18:42des choses aux Français.
18:43Du concret,
18:44parce que les Français,
18:45ils attendent
18:46pour demain matin.
18:47Qu'est-ce qu'on fait
18:48pour eux ?
18:49Mais il y a plein de choses
18:50qu'on peut faire
18:50pour eux.
18:51Voilà.
18:52Et commencer par
18:53complètement remettre
18:54en État,
18:55justement,
18:56l'État central,
18:57qui est dans une
18:58pagaille absolue,
18:59une réforme,
19:00comme dit
19:01Jean-Louis Borloo,
19:01le fédéralisme
19:02à la française
19:04pour que l'État central
19:05soit dépoussiéré,
19:07j'allais dire
19:07presque désaussé,
19:08que le pouvoir
19:09soit rendu
19:10sur les territoires.
19:11La France va faire
19:12des merveilles
19:13si on fait
19:14ces réformes
19:14de fond.
19:15Merci beaucoup,
19:16Serge Groir,
19:17maire d'Orléans,
19:18d'être venu ce matin
19:19sur le plateau
19:21de CNews
19:21et dans le studio
19:22d'Europe.
19:23Bonne journée à vous
19:23et à bientôt.
19:24Merci.
19:25Sous-titrage Société Radio-Canada