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Le député PS, Jérôme Guedj, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Jérôme Gatch.
00:05Bonjour à vous, bienvenue.
00:05Bonjour Laurenti-Marie.
00:06Député socialiste de l'Essonne.
00:08Les blocages des lycées reprennent ce matin dans la capitale et sans doute dans d'autres villes.
00:12On en est au troisième week-end de mobilisation aussi.
00:15Il y a 320 000 personnes qui ont manifesté avant que la rue nous soit livrée à nouveau au casseur.
00:19On va parler des lycéens dans un instant, mais il y a eu des scènes terribles comme ce gendarme mobile
00:24qui a été blessé, visé par un cocktail Molotov, sa jambe a pris feu.
00:27« Catastrophe évité de peu » nous a-t-il dit après coup ?
00:31Pourquoi la gauche est silencieuse depuis samedi soir ?
00:33Pourquoi ne vous a-t-on pas entendu dénoncer ces violences contre les forces de l'ordre ?
00:37Laurent Serrari, moi je n'ai pas le sentiment d'être silencieux depuis le 17 octobre.
00:42Il y a deux sujets qui sont distincts et merci à vous, vous le faites à l'instant.
00:46C'est bien de le faire systématiquement, ce n'est pas toujours le cas,
00:49de distinguer les casseurs, les pilleurs pour lesquels il n'y a absolument aucune sympathie.
00:54Ces gens-là abîment la revendication que les lycéens souhaitent porter
00:57ou que le mouvement social souhaite porter.
00:59Donc moi les choses sont claires, je n'ai aucune sympathie, je condamne, je méprise,
01:03je déteste ceux qui viennent casser du flic, casser des vitrines, piller et voler.
01:08Ça, ce n'est pas la concorde, ce n'est pas la capacité de vivre ensemble.
01:12Donc, totale solidarité à chaque fois qu'un policier est pris à partie,
01:17totale condamnation à chaque fois qu'un policier ne fait pas bien son boulot,
01:20et on a aussi parfois des images de coups de matraque à droite à gauche
01:24qui ne sont pas sympathiques.
01:252200 policiers blessés depuis le début du mouvement.
01:26Mais totale sympathie pour les policiers.
01:282200 policiers.
01:29Je le dis, voilà, à chaque fois qu'un policier se fait rouer de coups
01:32ou se prend un engin incendiaire,
01:36c'est la même sympathie que j'ai pour tout défenseur du service public.
01:39Quand un agent de mairie se fait tabasser dans le hall d'accueil,
01:43quand une infirmière se fait insulter aux urgences,
01:45et un policier, je vais vous dire encore plus,
01:47parce qu'on a besoin de l'ordre républicain
01:50pour pouvoir avoir la dispute apaisée et le débat démocratique.
01:54Donc, je distingue bien les deux.
01:55Voilà, aucune sympathie.
01:57Encore une fois, condamnation totale.
02:00Ces gens-là sont des débiles.
02:01Voilà, ce sont des casseurs, des pilleurs, des délinquants,
02:04parce que c'est comme ça que ça s'appelle.
02:05Et donc, je n'ai pas d'état d'âme.
02:07Donc, ne venez pas chercher le fait que la gauche
02:10serait hésitante sur la condamnation des violences
02:12parce que l'ordre républicain...
02:14Par peur peut-être de la France insoumise,
02:15qui est le martèle tous les jours par tous ses représentants.
02:18La police-tu, Jérôme Gage ?
02:19Écoutez, moi, d'abord, deux choses.
02:20Je n'ai pas peur de la France insoumise
02:22et je condamne l'expression « la police tue »
02:24parce que je condamne tous les amalgames dans le débat public.
02:27Et surtout, je condamne la stigmatisation.
02:30On ne peut pas être, et c'est mon cas,
02:32un défenseur du service public
02:33et dire que, de manière systémique,
02:36de manière structurelle,
02:38les policiers seraient un problème.
02:40Non, on a besoin de police dans ce pays
02:42et on a besoin d'une police républicaine.
02:44C'est pour ça que...
02:45Et ce n'est pas pour édulcorer.
02:46C'est pour ça que, de la même manière,
02:48il faut être totalement intransigeant
02:50à chaque fois qu'il y a un policier
02:53ou des policiers qui ne font pas bien leur métier
02:55parce qu'ils abîment la noblesse de ce métier.
02:58Il y a aussi des violences contre les commerçants.
03:00Ils n'ont pas de leurs yeux pour périr.
03:0220 commerces pillés ce week-end.
03:04Et alors, tout irait bien ?
03:05On dit que c'est mieux que le 17 octobre ?
03:07Vous vous en contentez, Jérôme Gage ?
03:09Encore une fois, je ne me contente jamais du moindre mal.
03:14Et des violences de cette nature n'ont pas leur place dans la société,
03:18mais comme toutes les violences.
03:19Donc, c'est pour ça que vous ne viendrez pas me chercher
03:21sur le fait qu'il y aurait une forme de complaisance.
03:23Je n'ai pas de questions, je ne viens pas de me chercher.
03:25Oui, mais vous voyez bien.
03:26Il n'y a pas de sens.
03:27Non, mais on est dans une interview.
03:30Je viens ici, vous savez, Laurence Ferrari.
03:32Je sais, en venant ici, dans la période encore plus,
03:35que ce n'est pas le plus simple.
03:36Parce qu'il y a beaucoup de gens qui vous reprochent.
03:38Et je trouve que c'est un débat qui doit avoir lieu.
03:40Et chacun va se poser la question.
03:41Je suis sûr que vous avez écouté, sur un autre sujet,
03:45le très poignant discours du maire de Trappes,
03:48vendredi soir, Ali Rabé,
03:50qui demande à chacun de faire son examen de conscience.
03:53élus locaux, citoyens,
03:56à propos de l'attentat raciste qui a eu lieu là-bas.
03:58Non, mais je trouve que c'est intéressant
04:00parce que ça pose la question dans la perception qu'on a.
04:03Et il s'est adressé à votre chaîne de télévision.
04:05Bien sûr.
04:06On est déjà exclu de sa conférence de presse.
04:08C'est une façon de célébrer la liberté d'expression.
04:12Vous voyez bien, moi je suis ici avec vous.
04:14Moi je m'adresse à vous et je m'adresse à vos téléspectateurs
04:17parce que par principe...
04:18Mais n'est-ce pas normal dans une démocratie ?
04:19Je m'adresse à tous les Français.
04:22Donc chacun apprécie.
04:23Mais par contre, il faut entendre le message qui est posé,
04:26qui est de dire, est-ce que chacun ne doit pas balayer devant sa porte
04:28et se poser la question de savoir la manière dont on décrit la société,
04:32la manière dont on participe à la polarisation,
04:35est-ce qu'elle ne contribue pas aussi
04:37à une forme de conflictualisation qui existe dans le débat ?
04:40Vous, j'entends souvent, vous dites,
04:42je ne veux pas la conflictualisation que certains mettent dans le débat public.
04:45Il faut se poser la question.
04:47Je le dis et c'est pour ça que je tenais à venir ce matin.
04:49Et je me suis posé la question.
04:51Parce que beaucoup dans ma famille politique vont me dire,
04:53mais pourquoi aller parler avec ceux qui...
04:57Encore une fois, moi je m'adresse à ceux qui vous regardent
04:59et qui eux-mêmes doivent se poser la question de savoir
05:01est-ce qu'on a besoin de cette conflictualisation ?
05:03Et donc, je trouve intéressant...
05:05La conflictualisation, c'est quoi ?
05:06C'est dire ce qui se passe sur le terrain ?
05:08Oui, mais il y a des manières de dire les choses.
05:10C'est dire qu'il y a des manifestations qui se passent bien.
05:12Et il y a des casseurs après.
05:13Oui, mais vous voyez, regardez, on parle.
05:15On a commencé par parler des casseurs.
05:17Parlons du mouvement social.
05:19Parlons de la revendication.
05:20Mais parlons des violences contre les mondiales sociaux.
05:21Parlons de la dispute apaisée que doit être le débat politique.
05:25Et sur ces plateaux, il faut que ça se passe de cette manière aussi.
05:28Parce que vous avez un rôle éminent.
05:30Vous avez une orientation politique ou éditoriale.
05:32et c'est respectable.
05:34Mais vous voyez bien qu'on met des mots sur des mots.
05:39Des mots M-O-S-T-S et M-A-U-X.
05:41Et ça participe d'une certaine violence,
05:45d'une libération de la parole raciste dans le pays
05:47qui peut déboucher sur des attentats de cette nature.
05:49Et chacun doit se poser la question de savoir
05:51est-ce que c'est ça la France que j'aime ?
05:54Donc ça veut dire que les violences qui ont touché
05:55nos équipes de journalistes sur le terrain
05:57pendant ce week-end et ceux d'après,
05:59elles sont légitimes ?
05:59Je l'écoute.
06:00Non, il n'y a aucune violence légitime.
06:01Et c'est une des lignes de partage
06:03qui existent à l'intérieur de la gauche.
06:05Moi, jamais je ne justifierais
06:07quelque violence que ce soit.
06:08Parce que ma conception du débat politique,
06:10ça doit être la dispute apaisée.
06:12Mais, je le dis aussi,
06:15de part et d'autre,
06:16il y a des mots qui arment.
06:18Quand on dit la police tue,
06:20pardon de le dire,
06:21ça légitime,
06:22d'ailleurs je ne m'excuse pas de le dire,
06:24ça légitime les violences
06:26qui peuvent être contre les policiers.
06:27Et quand sur vos plateaux,
06:28et quand sur des plateaux,
06:29matin, midi et soir,
06:31on dit comme des habitants de banlieue
06:32que c'est de la racaille,
06:34que c'est de l'immigration insupportable,
06:37etc.,
06:37eh bien,
06:39sur certaines personnes,
06:40ça peut justifier des passages à l'acte.
06:41Donc chacun doit avoir
06:43un enjeu de responsabilité.
06:45Et voyez bien,
06:45quand je dis chacun,
06:47j'adresse ça à l'ensemble de la société,
06:49aux responsables politiques que je suis,
06:51à ceux que je combats,
06:52notamment à la France insoumise,
06:53mais aussi à vous,
06:54sur vos plateaux de télé,
06:55avec vos éditorialistes.
06:56– Vous parlez de toutes les chaînes de télévision ?
06:58– Et je parle de toutes les chaînes de télévision.
07:00– Attaquées sur le terrain.
07:01– Je parle de toutes les chaînes de télévision,
07:03mais vous êtes une chaîne un peu singulière
07:04dans le paysage politique.
07:05– Par sa liberté de ton ?
07:06– Et dans le paysage ?
07:07– Parce qu'elle défend la liberté d'expression ?
07:08Parce qu'elle dit la réalité
07:09de ce qui se passe sur le terrain ?
07:10– Mais il y a manière
07:11de défendre la liberté d'expression,
07:13et il y a…
07:13– La bonne manière
07:14et la mauvaise manière.
07:15– Non, non,
07:15encore une fois,
07:16je ne suis pas là pour donner
07:16des bons points et des mauvais points,
07:17et j'aimerais que ce ne soit pas le cas.
07:26toute la banlieue est un problème
07:27pour ce pays.
07:28Je ne m'en reconnais pas.
07:30Et je me dis, faites gaffe.
07:30– Vous êtes caricatural, monsieur Gage.
07:32– Mais vous l'êtes souvent aussi sur le plateau.
07:33– Je ne le suis pas,
07:34et nous ne le sommes pas,
07:35et nos journalistes sur le terrain
07:36ne le font pas.
07:36– Madame Ferrari,
07:37je n'étais pas venu ici.
07:38– Si, parce que je vous parlais
07:39des commerçants,
07:40vous m'avez amené à ça.
07:41– Mais oui, mais parce que…
07:41– Donc c'est plus facile
07:42de parler de ça
07:43que de parler des commerçants.
07:44– Non, non, non,
07:44je n'ai pas de problème
07:45pour parler des commerçants.
07:45Je l'ai dit de cette manière,
07:46mais en sens inverse,
07:48en étant présent ici,
07:49alors que vous êtes interpellé.
07:51Voilà, et je trouve ça légitime.
07:52Vous savez, moi,
07:53je suis toujours venu ici,
07:53j'ai eu des débats avec…
07:54– Je sais.
07:55– Et je vous en remercie.
07:57Nous avons eu une dispute apaisée ce matin.
07:59– Ça me va bien.
07:59– Comme vous le souhaitiez.
08:00Parce que là,
08:01vous tournez autour du pot
08:02sur l'immigration.
08:03Jean-Luc Mélenchon a annoncé
08:04tout à l'heure,
08:05enfin hier soir,
08:06qu'il n'irait plus
08:06aux 20 heures de TF1.
08:08Après, dit-il,
08:09les déclarations répugnantes
08:10d'Édouard Philippe,
08:11qui était interrogé
08:12par Anne-Claire Coudray.
08:13Le maire du Havre a dit quoi ?
08:14Il a dit,
08:15dans les images
08:16que nous avons vues
08:16des pillages,
08:17il y avait de fait
08:18un certain nombre
08:19et un nombre important
08:20de jeunes Français,
08:21sans doute que je considère
08:22comme des Français
08:23issus de l'immigration.
08:24Ce cri traduit un sujet
08:26qu'on doit regarder
08:26les yeux dans les yeux.
08:28Qu'est-ce que vous en dites ?
08:29– De quoi ?
08:30– Jérôme Guel.
08:30– Du fait que Jean-Luc Mélenchon
08:33boycotte TF1,
08:34c'est là où il a annoncé
08:35sa candidature,
08:36je crois, en mai dernier.
08:36C'est là où il a fait,
08:38encore la semaine dernière
08:39ou les 15 derniers jours,
08:41sur LCI,
08:42en tous les cas,
08:42beaucoup de débats
08:44ou de podcasts.
08:45Bon, après,
08:45c'est son choix.
08:46Moi, je n'élude aucun sujet
08:47dans le débat public.
08:48Donc, tous les sujets
08:49peuvent être abordés.
08:51Simplement,
08:51il y a manière et manière
08:52de les aborder.
08:53Ceux qui vont stigmatiser
08:55Édouard Philippe,
08:56il fait le choix
08:56très droitier
08:58de considérer
08:59qu'il faut aller
09:00braconner sur les terres
09:01du Rassemblement national
09:02et utiliser les mots
09:03que ceux-ci utilisent.
09:05Faire de la comptabilisation
09:07et dire,
09:08ben voilà,
09:08j'ai l'impression que...
09:09Mais pour autant,
09:10il y a une chose
09:11que je lui reconnais.
09:12Oui, il y a un échec
09:13de la politique d'intégration
09:14dans ce pays.
09:14C'est ça qu'a dit
09:15Édouard Philippe.
09:16Et moi,
09:16comme républicain,
09:17j'ai les yeux rivés
09:19sur cet échec-là.
09:20Je le vis.
09:21Quand il y a
09:22des ghettos
09:24sociaux et ethniques
09:25qui s'organisent
09:26dans notre pays,
09:27j'ai la lucidité
09:28et l'honnêteté
09:29de dire que cela existe
09:30et que c'est un échec
09:31des politiques publiques
09:31d'intégration.
09:32Qu'est-ce qu'il faut proposer
09:32comme solution ?
09:33Il faut casser les ghettos.
09:35Ça fait 40 ans
09:36qu'on nous l'a dit.
09:36Oui, mais parce que
09:37ça n'a pas été fait
09:37à cette mesure.
09:38Il faut introduire...
09:39Alors, on a fait l'ANRU
09:40à l'époque de Jean-Louis Borloo.
09:42De M. Borloo.
09:42On a en effet fait
09:44de la rénovation urbaine.
09:45Et moi, je suis élu
09:46d'une ville qui a bénéficié
09:47de ces efforts
09:48de rénovation urbaine.
09:49Mais si on continue
09:50à mettre les gens
09:52qui concentrent
09:52des difficultés sociales
09:53ou qui sont des primo-arrivants
09:55dans notre pays
09:57aux mêmes endroits,
09:58alors on n'aura pas
09:58de mixité sociale à l'école.
10:00Si on n'introduit pas
10:01de la mixité sociale,
10:02notamment en mettant
10:03en contribution
10:03tous les acteurs
10:04du système éducatif
10:05pour faire vivre
10:05cette mixité,
10:06si on ne soutient pas
10:07l'éducation populaire
10:08et les services publics
10:09dans ces territoires,
10:10alors on fabrique
10:11de l'entre-soi
10:12et d'une forme de...
10:15Et pour permettre ça,
10:15Jérôme Gage,
10:16est-ce qu'il faut réguler
10:16les flux d'immigration ?
10:17Bien sûr qu'il faut réguler
10:18les flux d'immigration.
10:19Vous savez, moi,
10:20j'étais candidat
10:21à la primaire de la gauche
10:22et dans le livre
10:23que j'ai publié
10:24à cette occasion,
10:25j'assumais un principe.
10:27Il faut planifier
10:28l'immigration
10:29pour réussir l'intégration.
10:30On a besoin...
10:31C'est une politique publique
10:32comme une autre
10:33et pour moi,
10:33planifier,
10:34ce n'est pas un gros mot.
10:35On a besoin de planification
10:36en matière économique,
10:37on a besoin de planification
10:38en matière de santé,
10:40on a besoin de planification
10:41pour la transition écologique
10:42et la question de l'immigration,
10:44elle doit éviter
10:44les deux écueils
10:45et les deux chimères,
10:47celle de l'immigration zéro
10:49qui n'est pas possible
10:49et qui n'est pas souhaitable
10:50et celle de l'ouverture
10:54des frontières.
10:55Je ne suis pas un sans-frontieriste,
10:57c'est une politique publique.
10:58On doit pouvoir planifier
11:00et organiser.
11:00On ne peut pas accueillir
11:00toute la misère du monde.
11:02Non, mais encore une fois,
11:03c'est les capacités
11:05d'intégration,
11:06c'est sans remettre en question
11:08le droit d'asile
11:08qui est un droit constitutionnel,
11:10mais la capacité
11:12de pouvoir répartir
11:13sur le territoire,
11:14de partir des besoins
11:15de main-d'oeuvre
11:17dans certains secteurs.
11:18Moi, j'assume
11:18la préférence travail
11:19plutôt que la préférence nationale.
11:21C'est-à-dire que l'intégration...
11:23Vous leur dites préférence travail ?
11:25Préférence travail,
11:26il y a des métiers en tension,
11:28il y a des besoins
11:28de main-d'oeuvre
11:30dans certains secteurs.
11:32Et vous savez,
11:33si vous lisez attentivement
11:34mon livre,
11:34j'y ajoute un élément,
11:35l'immigration doit être
11:36un facteur de pression
11:38sur les bas salaires.
11:39Et que donc,
11:40les secteurs,
11:41l'hôtellerie,
11:42la restauration,
11:43les services à la personne
11:45ou l'agriculture
11:46qui auraient des besoins
11:47d'immigration,
11:47il faut que,
11:48concomitamment,
11:48on améliore les conditions
11:50de rémunération et de travail
11:51dans ces branches-là
11:52pour que, justement,
11:53l'immigration ne soit pas
11:54une sorte de variable
11:55d'ajustement.
11:55Vous savez,
11:56c'est Jaurès lui-même
11:56qui dénonçait dans un très beau discours
11:58ce qu'on appelait,
11:59dans son discours
12:00sur le socialisme douanier,
12:01la pression que l'immigration
12:03pouvait faire sur les salaires.
12:05Revenons à la semaine qui arrive
12:06parce qu'il faut parler
12:06des revendications des lycéens.
12:07On l'a dit au début
12:08de cette interview,
12:09les lycéens recommencent
12:10à être bloqués.
12:12Il y a une journée
12:13de mobilisation le 5 novembre
12:14à l'appel des syndicats,
12:15à la fois contre la vie de chère.
12:17Les revendications des lycéens
12:18ont un petit peu évolué.
12:20On ne sait plus très très bien
12:21ce qu'ils souhaitent.
12:22Le gouvernement a annoncé
12:23un certain nombre de choses
12:24sur Parcoursup,
12:25sur le nombre d'élèves en classe.
12:28Comment est-ce que ça va aboutir ?
12:30D'abord, vous voyez une chose,
12:31les normes gâchis.
12:32Parce que les lycéens ont raison
12:34de se dire, écoutez,
12:35nous avons engagé un mouvement
12:36et obtenu des choses
12:37dont on nous disait
12:38qu'elles étaient impossibles.
12:39Quand le ministre Jeffrey
12:40a sorti de sous la table
12:443200 postes en disant
12:46qu'on va pouvoir les affecter.
12:48D'enseignants.
12:50Que des lycéens se mobilisent
12:52pour la défense
12:52du service public de l'éducation,
12:54franchement,
12:54c'est une bonne nouvelle.
12:55Que des jeunes se disent
12:57notre service public de l'éducation,
12:58les classes surchargées,
12:59les horaires problématiques.
13:02Et ceux qui veulent travailler,
13:03et ceux qui veulent aller en cours ce matin,
13:05nous leur dites quoi.
13:05Ils doivent pouvoir aller en cours.
13:07Ils doivent pouvoir aller en cours.
13:08Vous savez,
13:09les blocus,
13:10un blocus est illégal.
13:14Il fait partie,
13:15pardon de le dire,
13:16du folklore.
13:17Vous voyez,
13:17je suis un député de la République,
13:18j'ai fait des blocus
13:19dans mes jeunes années.
13:20Parce que c'est un élément...
13:22Donc il faut que jeunesse se passe.
13:23Non, je ne dis pas
13:23qu'il faut que jeunesse se passe.
13:24Mais il faut que...
13:25Par contre,
13:26un blocus symbolique,
13:27on ne met pas le feu aux poubelles,
13:28on ne tabasse pas
13:30des enseignants,
13:31etc.
13:32Et ceux qui veulent pouvoir
13:33aller bosser,
13:34ils doivent pouvoir aller bosser.
13:35Le blocus,
13:36il a cette dimension
13:36de mobilisation.
13:37Et cette mobilisation,
13:38elle est fructueuse,
13:40encore une fois.
13:40Le problème qu'on a,
13:41c'est un gouvernement
13:42dont on sait
13:42qu'il est en fin de cycle,
13:45il est en fin de vie,
13:46d'une certaine manière.
13:47Et donc,
13:47le problème qu'on a,
13:48c'est la manière
13:49dont à partir du printemps prochain,
13:51après l'élection présidentielle,
13:53on va réellement faire
13:54de l'éducation nationale
13:55et de l'enseignement supérieur
13:56un sujet
13:57parce que c'est porteur
13:57des inquiétudes
13:58de notre jeunesse
13:59et à la raison d'être inquiète
14:00sur son insertion professionnelle,
14:02sur ses conditions d'études
14:03aujourd'hui,
14:04plus largement sur l'anxiété
14:06liée à la transition écologique,
14:07sur les mutations
14:08du monde du travail.
14:09Enfin, moi,
14:10je suis le père
14:10d'un jeune
14:11qui a presque 20 ans
14:12et on mesure
14:14les inquiétudes
14:15qu'ils doivent
14:15et qu'ils ont légitimement
14:17face à un monde
14:18dans lequel les adultes
14:19ont du mal
14:20à leur apporter
14:20des réponses construites.
14:20Donc, le 5 novembre,
14:21il y aura aussi les syndicats.
14:22Le Sudrail appelle
14:23à monter d'un cran dans la grève,
14:24à bloquer l'économie.
14:25C'est une bonne nouvelle
14:26pour un pays
14:26qui est déjà en banqueroute
14:27quasiment.
14:28Non, moi,
14:28je n'appelle pas
14:28à bloquer l'économie.
14:30J'appelle un gouvernement
14:31à entendre
14:32les revendications
14:33de nos concitoyens,
14:35du monde du travail
14:36qui se dit
14:37mais le travail ne paie pas.
14:39Je vous prends
14:39un autre exemple.
14:40Pendant des semaines,
14:41la question du prix du carburant
14:42a inquiété nos concitoyens.
14:44Elle les inquiète toujours.
14:45Elle les inquiète toujours.
14:47Bon, là,
14:47le gouvernement
14:48a libéré
14:49des stocks stratégiques
14:50de diesel
14:50qui a permis
14:51ce week-end
14:51de baisser
14:52de 15 à 20 centimes.
14:54On a une autre proposition
14:55qu'on va défendre
14:55nous, députés socialistes,
14:56dans quelques semaines
14:57dans notre niche socialiste
14:59qui est
15:00l'encadrement
15:00des marges
15:01des raffineurs.
15:02On le sait
15:03que là,
15:03il y a des marges
15:03qui ont été multipliées
15:04par 6 ou par 7.
15:06Ce n'est pas illégitime
15:07à un moment donné
15:07face à un problème concret
15:09d'essayer d'apporter
15:10des réponses
15:10et là,
15:11on a un gouvernement
15:11qui procrastine,
15:12qui essaye de repousser,
15:13qui achète du temps
15:14alors que les Français
15:15sont impatients.
15:16Il y a aussi
15:17ce droit de manifester,
15:18ce désir de détruire
15:19qu'on a beaucoup évoqué.
15:20Vous,
15:21qu'est-ce que vous dites ?
15:21Alors,
15:22ce matin aux lycéens,
15:23vous avez obtenu
15:24le gain de cause sur parcours
15:24quasiment parce que
15:25le système m'est amené
15:27à disparaître
15:27dans les deux jours.
15:29Allez,
15:29reprenez les cours.
15:30Allons-y maintenant.
15:31Les Français en ont marre.
15:3164% veulent que ça cesse
15:33sur un sondage
15:33au Doxa pour le Figaro.
15:35Moi,
15:35je vais vous dire une chose.
15:37Dans la primaire
15:37à laquelle j'ai participé,
15:39au tout début du mouvement,
15:40j'ai quelque chose
15:41qui m'avait heurté,
15:41c'est le fait
15:42qu'on n'a pas organisé
15:44lycée par lycée
15:45avec l'ensemble
15:45des étudiants
15:46et des lycéens
15:47juste l'état des lieux
15:49de leurs difficultés.
15:50Partons de leurs problèmes
15:51dans chacun de leurs lycées.
15:52Ce n'est pas les mêmes
15:53d'un lycée à l'autre.
15:53Ils ont tous
15:58des fours l'été
15:59et des frigos l'hiver.
16:01Il faut les respecter.
16:02Il y a quand même
16:03des lycées
16:03où ça se passe bien.
16:04Non,
16:04mais je ne vais pas
16:05vous dire le contraire.
16:06Il y a un tiers des lycées
16:07qui ont plus de 60 ans
16:08dans ce pays
16:08et une grosse partie
16:10d'entre eux
16:10qui n'ont pas été rénovés.
16:11Donc ça,
16:12on ne peut pas se dire
16:12l'éducation est la priorité
16:14et j'ai la même chose
16:15quand on a des urgences
16:16qui sont engorgées.
16:18Nos services publics
16:18sont indispensables.
16:19L'inquiétude
16:20de nos concitoyens,
16:21c'est que trois services publics
16:22auxquels ils tiennent,
16:23l'éducation nationale,
16:27parfois des conditions
16:28de fonctionnement
16:29et d'organisation
16:30de notre système
16:32de police
16:32qui doivent être questionnés.
16:34Ces trois services publics,
16:35ils ont besoin
16:36d'être rénovés,
16:38modernisés
16:39avec des moyens
16:39et avec des conditions
16:40d'intervention.
16:41Mais avec un pays
16:42comme je le disais,
16:42endetté au dollar du réel.
16:44Ça fait 10 ans
16:45de macronisme
16:46qu'ils nous ont mis
16:46dans le mur.
16:47Vous proposez plus de dépenses
16:48en fait et jamais d'économie.
16:49Non, vous vous trompez.
16:50Moi, vous savez,
16:51je défends
16:51et je l'ai toujours dit
16:52de manière constante,
16:54la justice,
16:55ça consiste à faire
16:55des économies,
16:56là où on a des dépenses
16:57qui est inutiles,
16:58redondantes.
16:59Et ça existe.
16:59Moi, vous savez,
17:00je travaille beaucoup
17:00sur les questions de santé.
17:01On dépense presque 280 milliards
17:03de dépenses d'assurance maladie.
17:05Eh bien, je peux le dire
17:06sans fanfaronner
17:07qu'il y en a 15 à 20 milliards
17:09qui sont des dépenses redondantes.
17:10Il y a des situations de rente,
17:12il y a des situations
17:13d'abus parfois,
17:14il y a des situations
17:15surtout de gaspillage
17:16et je réutilise le terme de rente
17:18parce qu'il y a à la fois
17:19des professionnels de santé
17:20et des situations.
17:21Si j'avais le temps,
17:22je vous pourrais parler
17:22de ma priorité du moment,
17:24c'est de réformer l'articulation
17:28entre l'assurance maladie obligatoire
17:29et les complémentaires de santé.
17:30C'est un vrai sujet
17:31de préoccupation
17:32pour nos concitoyens
17:32en termes de pouvoir d'achat
17:33et de lisibilité.
17:34Donc, si on accepte
17:36de faire des économies,
17:37il faut qu'on accepte
17:38dans le même temps
17:39aussi de mettre de la justice.
17:41Les déficits de la sécurité sociale
17:42et le déficit de l'État,
17:43c'est aussi une mauvaise répartition
17:45des recettes,
17:46parfois même des insuffisances
17:47de recettes.
17:48Je vous donne juste
17:48un chiffre
17:49qui a été publié ce week-end
17:50sur l'impact
17:52de la baisse
17:53de la taxe d'habitation,
17:54de la suppression
17:55de la taxe d'habitation
17:56dont on nous dit
17:57qu'elle est responsable
17:58pour moitié
17:58du déficit,
18:00de l'augmentation
18:01du déficit
18:02et qui a bénéficié
18:03essentiellement
18:03aux ménages
18:04les plus aisés.
18:04D'accord.
18:05Qu'est-ce qu'il en pense,
18:06Raphaël Glucksmann ?
18:07Il est où,
18:07Raphaël Glucksmann ?
18:08Monsieur Gage ?
18:09Il est notre candidat
18:11désigné.
18:12Vous confondez discrétion
18:14et nuance
18:16dans cette période.
18:17Sur les questions...
18:18Discrétion,
18:18c'est présence.
18:19Qu'est-ce qu'il annonce ?
18:20Qu'est-ce qu'il dit ?
18:21Il est présent.
18:22Quand il est aux côtés
18:24de ceux
18:25qui ont été heurtés
18:26par le meurtre
18:27de ce malheureux
18:28à Trappes,
18:28il réaffirme
18:30que la question
18:32de la lutte
18:32contre le racisme
18:33est républicaine.
18:36J'ai failli dire
18:36qu'elle est identitaire
18:37de la gauche
18:37mais j'ai le secret
18:39à ce port de penser
18:39qu'elle concerne
18:40l'ensemble des Français.
18:41Et dans le même temps,
18:42quand il apporte son soutien
18:43aux revendications
18:43des lycéens,
18:44il accompagne
18:45le mouvement social
18:46à la place
18:46qu'est la sienne
18:47d'un candidat
18:48à la présidentielle
18:48qui va dégrainer
18:49ses propositions.
18:50Lui aussi a du mal
18:51à manifester.
18:52Oui, parce qu'il y en a
18:53certains qui ont introduit
18:55dans le débat politique
18:56l'idée qu'il y avait
18:57des gens qui étaient purs
18:58et des gens qui n'étaient pas purs.
19:00Et ça, vous savez,
19:00quand on commence
19:01à décerner des brevets
19:02de pureté,
19:04on a basculé
19:05dans autre chose
19:06que la dispute apaisée
19:07qu'on appelait de nos voeux
19:07parce qu'on dit
19:08celui-là est fréquentable,
19:09celui-là n'est pas fréquentable
19:10et donc on légitime aussi
19:12à leur endroit
19:12des paroles désagréables
19:13voire de la violence.
19:14Il était présent
19:15au rassemblement à Trappes,
19:16M. Gluckman.
19:16Est-ce qu'il a croisé
19:17Jean-Luc Mélenchon ?
19:18Ils se sont parlé,
19:19serré la main ?
19:19Je ne crois pas
19:20qu'il se soit parlé,
19:22qu'il soit serré la main.
19:22Il y a toujours un volume rouge
19:23que vous mettez
19:23entre vous et M. Gluckman
19:26et M. Mélenchon.
19:28Dans cette primaire,
19:28il y a eu une très bonne nouvelle.
19:30C'est que Raphaël Gluckman
19:32a fait 66 %,
19:33moi j'ai fait presque 6 %.
19:35Ça veut dire qu'il y a 72 %
19:37de ceux qui ont participé.
19:39Oui, 72 % de ceux...
19:41Vous savez, le soir des résultats,
19:42j'ai dit immédiatement
19:44que j'étais à sa disposition.
19:45Pour l'accompagner.
19:48Mais la bonne nouvelle,
19:48c'est que 72 %,
19:49on dit qu'il y a une ligne claire,
19:51qui est que le réformisme radical
19:53qu'on appelle de nos voeux,
19:55cette gauche républicaine,
19:57elle doit être parfaitement étanche
19:59avec les dirigeants
20:01de la France Insoumise
20:02qui, eux,
20:03sont sur une autre orientation.
20:04Après, on s'adresse
20:05à tous les Français,
20:06comme je le fais aujourd'hui,
20:07on s'adresse à tous les électeurs
20:08de la France Insoumise,
20:09du Parti Socialiste,
20:09de Place Publique,
20:10des écologistes
20:11et du reste de l'arc politique
20:13en leur disant
20:15évitons la polarisation
20:16et le duel annoncé
20:18qui serait un duel mortifère
20:19et regardez du côté
20:20de cette gauche républicaine,
20:21elle a des choses à vous dire.
20:22Merci Jérôme Guel.
20:23Merci à vous.
20:23Sachez que vous serez
20:24toujours le bienvenu
20:25sur Notre-Dame.
20:25Et j'y viendrai toujours
20:26avec plaisir
20:27parce que j'aime le débat.
20:29Et comme tous les responsables
20:30politiques de ce pays.
20:31Merci à vous.
20:32Vive la liberté d'expression.

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