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00:00De nouveau, bienvenue Jean-Michel Blanquer. Nous allons évoquer, merci à vous, également votre livre, La démocratie et la fureur,
00:06aux éditions Plon.
00:07Enfin, je m'en parlais. Permettez qu'on reçoive votre débatteur, Riyad Rani. Bonsoir. Merci d'être avec nous.
00:14Président de l'Union syndicale ici. Vous avez eu deux anciens ministres de l'Éducation.
00:19On est servi.
00:20Et bien servi. Bon, écoutez, merci en tous les cas, M. le ministre, d'avoir accepté le débat,
00:26parce qu'il est vrai que souvent, les figures des organisations syndicales débattent avec des responsables politiques,
00:32mais pas avec ceux qui ont porté, justement, les réformes. Donc déjà, merci pour ce débat de fond.
00:37Peut-être une première question sur le regard que vous portez sur cette partie de la jeunesse,
00:42cette partie, M. Blanquer, qui manifeste, qui se mobilise, dont fait partie Riyad Rani.
00:47Je pense que la vitalité de la jeunesse, c'est essentiel pour une société.
00:50Donc qu'il y ait de la vitalité, de l'envie de définir son avenir, c'est absolument essentiel.
00:55On parle souvent d'anomie, de désespoir.
00:58Ce qui est très important aujourd'hui, c'est de créer de l'espoir et d'avoir un projet de
01:02société pour la jeunesse.
01:03Donc j'ai surtout un regard de bienveillance.
01:06Vous savez, j'ai consacré l'essentiel de ma vie à l'éducation, aux élèves, aux étudiants.
01:10Tout ce dont on va parler, c'est-à-dire par exemple la conception de parcours suple,
01:14la réforme du lycée, les perspectives d'études et d'emploi, tous ces sujets,
01:18nous les avons toujours travaillés en voulant que les enfants et les adolescents aient un avenir, tout simplement.
01:22Donc après, c'est la question du comment, bien entendu.
01:25Mais évidemment que j'ai un regard de pure bienveillance, je suis un père de famille,
01:29j'aime mon pays et les enfants de ce pays.
01:32Et on va rentrer dans le détail, Réad Rani.
01:35Peut-être commencer par ce que vous assumez, Jean-Michel Blanquer,
01:38la question que vous est souvent posée sur certaines de vos réformes.
01:41Est-ce que d'abord, avant d'entrer dans le détail, vous dites, oui, j'assume tout.
01:43J'assume la suppression des filières S, ESL, parce que ça a été fait au service des lycéens.
01:48Est-ce que vous estimez que toutes ces réformes ont été faites vraiment au service des lycéens ?
01:52Complètement.
01:53À l'époque, il ne faut pas oublier d'ailleurs qu'elles étaient conçues avec les lycéens.
01:5780 000 lycéens avaient été consultés.
01:59Tout le monde disait qu'il fallait en finir avec S, ESL,
02:02que la filière S était dans une sorte de supériorité implicite vis-à-vis des autres,
02:07que les lycéens s'ennuyaient avec les combinaisons qui existaient peu nombreuses.
02:13Il n'y en avait que trois.
02:14Nous ne parlons que du bac général.
02:15Il faudrait parler aussi du bac technologique et professionnel.
02:19Tout ça était dans la consultation.
02:20On peut le retrouver.
02:21Et à l'époque, vous aviez, je me souviens, à la fin d'une émission,
02:2472 % d'approbation autour de cette présentation du baccalauréat.
02:29Donc n'oublions pas que tout ça avait un sens.
02:31Ce n'était pas la réforme pour la réforme.
02:32C'était parce que ce que l'on visait, c'était plus de liberté pour les lycéens,
02:36de choix pour plus approfondir.
02:39C'est un point qu'on ne rappelle trop peu souvent.
02:41Cette réforme s'est accompagnée d'une plus grande exigence,
02:44c'est-à-dire la révision des programmes dans un sens plus approfondi,
02:47avec un message à chaque lycéen qui est
02:49tu choisis ce qui te plaît et donc tu vas pouvoir approfondir davantage.
02:53Et donc tu vas te préparer davantage à la suite.
02:56Et je cite toujours un chiffre qui est quand même le résultat de toute cette politique.
03:00Il n'y a pas tant de politiques que ça qui ont des indicateurs positifs.
03:03Vous aviez 60 % d'échecs en fin de première année d'enseignement supérieur.
03:07C'est un chiffre désastreux.
03:08C'est un chiffre totalement désastreux et qui est le grand échec français.
03:11Exactement, la sélection par l'échec qu'il y avait.
03:13Ce chiffre est descendu à près de 50 %.
03:15Donc on a gagné 10 points en quelques années.
03:18C'est énorme.
03:19J'ai calculé que ça faisait plus de 500 000 élèves qu'on a en quelque sorte sauvé de l
03:23'échec.
03:23Ça ne veut pas dire que la situation n'est pas faite.
03:25C'est une évolution positive.
03:27Non mais M. Blanquer, déjà merci d'avoir eu le courage d'accepter le débat par rapport à d'autres.
03:32Mais c'est avec plaisir.
03:33Voilà.
03:34Oui, merci de le dire par rapport à d'autres parce que...
03:36Oui, oui, je le sais, on en a déjà discuté.
03:38Beaucoup ont refusé.
03:40Il faut savoir déjà que votre loi à l'époque, la loi Blanquer, quand vous l'avez proposée,
03:44c'était sous l'effigie de dire que les lycéens et les lycéennes auraient le choix de choisir leurs enseignements
03:49et leurs spécialités.
03:51Tenez-moi à vous le dire, monsieur, au nom des milliers de lycéens et lycéennes qui sont dans la rue,
03:54c'est totalement faux.
03:55Moi, je vais vous expliquer un cas pratique de milliers de lycéens et lycéennes qui nous interpellent en nous disant,
04:01dans mon lycée, j'ai voulu faire deux spécialités, AMC, HGGSP.
04:06Alors, AMC, c'est Anglais, Monde Contemporain et HGGSP, Histoire, Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques.
04:11Et on leur a dit, non, ce n'est pas possible parce qu'on n'a pas assez de moyens.
04:15Du coup, on leur propose d'aller dans un lycée à 40 kilomètres de chez eux parfois.
04:19Or, non, en fait, cette loi, ce n'est pas avoir un choix, c'est un choix imposé, tout simplement.
04:25Alors, vous voulez que je vous réponds là ?
04:28Qu'il y ait des cas comme ça, ça peut arriver.
04:30Et de toute façon, je ne prétendrai jamais que la situation est parfaite.
04:32La seule chose que je dis, c'est qu'il y a infiniment plus de choix qu'avant.
04:35Les deux matières que vous venez de citer, elles n'existaient carrément pas avant.
04:38Si vous prenez l'exemple Histoire, Géographie, Sciences Politiques, Géopolitique,
04:42demandez à un seul élève, s'il a envie qu'on supprime cette matière,
04:46demandez à un seul professeur d'Histoire, Géographie en France aujourd'hui,
04:49s'il pense que ça a été une mauvaise innovation.
04:51On a parlé tout à l'heure d'intelligence artificielle.
04:53On a créé une nouvelle matière qui s'appelle numérique et sciences informatiques.
04:56On a prévu, dès 2018, justement, d'y intégrer l'intelligence artificielle.
04:58Elle n'est pas disponible dans tous les lycées, monsieur ?
05:00Non, elle n'est pas dans tous les lycées, bien sûr.
05:02Mais d'ailleurs, comme auparavant, vous aviez les matières qui n'étaient pas...
05:04Les seuls lycées, monsieur, qui ont accès à toutes les spécialités,
05:06c'est les lycées comme Henri IV, c'est des lycées privilégiés.
05:08Les lycées en zone prioritaire de la ville, c'est monsieur Blanquer.
05:11Non, la différence, elle est entre un grand lycée et un petit...
05:15Monsieur Blanquer, je viens d'un milieu populaire.
05:17Je suis dans un lycée qui est en zone prioritaire de la ville.
05:20Vous êtes dans quelle ville ?
05:20Je suis à Wattrelo.
05:22Mais je pense que ce n'est pas forcément le sujet.
05:23Mais juste dans les lycées les plus précaires...
05:26Et vous êtes dans quelle classe, là, actuellement ?
05:27Là, j'ai eu mon bac au mois de septembre à la session de remplacement, monsieur Blanquer.
05:30Très bien.
05:30Parce que vous savez, quand on a des soucis personnels en juin,
05:34on a cette chance de pouvoir passer des épreuves de remplacement en septembre.
05:38Et ce n'est pas le sujet.
05:39Le sujet, c'est qu'aujourd'hui, vous nous dites, encore une fois,
05:43que c'est magique, c'est formidable.
05:44Les lycéens et lycéennes ont encore le choix de choisir des spécialités.
05:48Mais c'est faux.
05:49C'est faux, monsieur.
05:50Et c'est pour ça que...
05:52Factuellement, ce que vous dites, n'importe qui peut le vérifier.
05:55Il y a des combinaisons.
05:57Elles peuvent être dans des nombres variés selon les lycées.
06:00La différence n'est pas entre une zone riche ou une zone pauvre.
06:03Elle est entre un grand lycée et un petit lycée.
06:06Un petit lycée, ça peut avoir d'autres avantages.
06:07Il y aura moins de combinaisons parce qu'il y a moins d'élèves.
06:10Dans un grand lycée, par exemple, en banlieue parisienne,
06:12j'en connais beaucoup, qui peuvent aller jusqu'à 12 combinaisons,
06:15qui peuvent proposer bien des choses.
06:17Et après, il faut rappeler une autre chose,
06:20c'est que c'est aussi une réforme de l'autonomie du lycée.
06:22C'est-à-dire qu'on dit toujours qu'on veut l'autonomie des établissements.
06:25C'est une réforme d'autonomie supplémentaire des établissements.
06:28Et donc, il y a des choix à faire.
06:30Vous voyez, là, dans ce que vous avez dit,
06:32il y a le fait que vous vous plaignez d'un choix insuffisant.
06:35Et dans les protestations, j'entends aussi que certains disent
06:38qu'il y a trop de choix et que ça crée du stress le choix
06:41ou que ça crée des agendas trop compliqués.
06:43Donc, en fait, l'esprit de la réforme, c'est de dire à un établissement
06:46et à la communauté éducative de cet établissement,
06:48faites des choix.
06:49C'est-à-dire, prenez X combinaisons ou Y combinaisons,
06:53ça aura telles conséquences.
06:54Par exemple, un agenda un peu plus compliqué.
06:56Mais ce sont des choix.
06:57Et donc, c'est une réforme de liberté et pour les élèves et pour les établissements.
07:01La réforme a fait que nos emplois du temps sont des gruyères.
07:04Parce qu'il n'y a plus d'alignement.
07:05On peut critiquer le fait qu'avant, il n'y avait que trois choix,
07:09ES, L, S.
07:10Mais avant, on avait un emploi du temps qui était plutôt homogène,
07:14ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
07:15Alors d'abord, il y a toujours eu des emplois du temps complexes au lycée.
07:19Depuis que je suis dans l'éducation nationale, ce problème existe.
07:21Il a pu être, je le reconnais éventuellement dans certains cas,
07:24un peu aggravé par cela.
07:26Il faut regarder au cas par cas de l'éducation.
07:27D'ailleurs, l'échelle d'établissement, il est soumis, monsieur.
07:29Mais par exemple, une façon de diminuer le problème,
07:32c'est justement de proposer moins de choix.
07:34Mais c'est justement un arbitrage qu'on doit faire à l'échelle d'un établissement.
07:38Et par ailleurs, j'entends beaucoup ça.
07:40Et j'entends que les lycéens estiment qu'ils ont parfois trop de travail.
07:43Donc, une des choses que j'assume, c'est ce que je disais tout à l'heure,
07:46c'est-à-dire les matières sont plus approfondies.
07:48Ça, c'est un fait.
07:50Deuxièmement, la chose à assumer, c'est que, comme il y a beaucoup de combinaisons,
07:53l'emploi du temps peut être un peu plus compliqué.
07:55Après, il faut regarder de quoi on parle au quotidien.
07:57Par exemple, si on a deux heures de permanence,
07:59ce n'est pas forcément quelque chose d'aussi atroce que ça.
08:01C'est-à-dire que c'est un moment de lecture, de travail.
08:04Tout dépend comment les choses sont organisées dans le lycée.
08:05Sans compter le temps de venir au lycée, sans compter le temps des devoirs, etc.
08:08C'est pour ça que je dis...
08:09Mais les lycéens et lycéennes ont le droit d'avoir une vie sociale, monsieur Blanquer, quand même.
08:14Mais oui, en tout cas, la loi Blanquer, aujourd'hui, elle n'est plus adaptée.
08:18Et il faut la supprimer et la changer.
08:20Alors, ce n'est pas par une loi qu'on a fait.
08:22Ce n'est pas une loi, de toute façon.
08:23Mais vous pouvez...
08:24En tout cas, si demain, vous voulez...
08:27Enfin, si quelqu'un voulait changer ça,
08:30vous verrez que vous auriez des protestations
08:32si on se mettait à supprimer ces matières qui sont très populaires aujourd'hui.
08:36Moi, je suis étonné, quand même.
08:37Est-ce que vous dites, Réad Rani, qu'il y aurait, en tous les cas, une majorité qui serait véritablement
08:41contre ?
08:42C'est ce qu'on vous rapporte.
08:43Et vous nous dites, monsieur Blanquer, que ça provoquerait des crispations et des contestations
08:47si on revenait sur un tel système.
08:49On va lancer des sondages au BFM TV sur, par exemple, poser la question aux lycéens.
08:53Est-ce que vous voulez qu'on supprime les matières qui ont été créées par la réforme du lycée
08:56et qu'on revienne au système antérieur ?
08:57Mais ce n'est pas question de les supprimer, monsieur Blanquer.
08:59C'est question d'avoir une sorte de bouquet déjà fait.
09:02Et on leur dit, vous avez droit à ça, ça, ça, ça ou ça.
09:06Et pas qu'on leur mente en leur disant, oui, vous pouvez choisir ça, ça, ça, ça, ça.
09:10Et à la fin, on vous dit non.
09:11Voilà, j'espère que vous comprenez un petit peu ça.
09:13Le problème des débats qu'il y a actuellement, c'est qu'il y a une énorme contradiction dans les
09:16reproches qui sont faits.
09:17Il y a d'un côté le type de reproche que vous venez de faire.
09:20C'est-à-dire, vous dites, au fond, on vend, soi-disant, un grand choix de possibilités.
09:26Et dans la réalité, ces possibilités ne sont pas si grandes.
09:28Mais dans le même temps, on entend comme critique, il y a trop de choix.
09:31Et à cause de ça, d'ailleurs, vous-même, vous avez exprimé ça il y a un instant.
09:34Et donc, il y a trop de complexité.
09:36Donc, en fait, c'est tout le problème de la cohérence dans notre société.
09:39C'est-à-dire, c'est une réforme de l'autonomie du lycée qui permet de faire des choix à
09:43l'échelle du lycée et à l'échelle de chaque élève.
09:45Donc, on ne peut pas se plaindre d'une chose et de son contraire.
09:49Ce que j'assume, je ne peux pas assumer moi non plus une chose et son contraire.
09:51Ce que j'assume pleinement, c'est que c'est une réforme de liberté et que c'est une réforme
09:55d'exigence.
09:56C'est une réforme qui fait travailler.
09:57– Vous n'êtes pas d'accord. Est-ce qu'on peut aller sur Parcoursup, quand même ?
10:00– Oui, on peut y aller.
10:00– Parce que là, véritablement, je crois que là encore, vous êtes satisfait et vous assumez.
10:05C'est important de partir du constat.
10:06– Satisfait, le mot n'est pas le bon mot parce qu'on n'est jamais satisfait.
10:08– Vous êtes fier ou n'est pas fier ?
10:10– Je suis fier de l'amélioration que ça a apporté, pour les raisons que je vous disais tout à
10:14l'heure.
10:14Puisque quand je vous dis qu'on est passé de 60% d'échecs à 50%,
10:18je ne suis pas satisfait parce que je voudrais qu'on passe à 40, puis 30%.
10:21– Est-ce que vous pouvez nous dire ce soir ?
10:23– J'ai calculé que ça faisait 500, je vous le disais tout à l'heure,
10:26500 000 personnes qui n'ont été en quelque sorte sauvé de l'échec.
10:30– Est-ce que vous direz Parcoursup a sauvé des milliers ?
10:33– Parcoursup a combiné aux autres éléments.
10:35– Je ne vous dis pas que la situation est idéale.
10:37– Je parle en tendance.
10:37– 40 000 lycéens et lycéennes qui n'ont rien trouvé comme formation et qui se sont retrouvés sur le
10:40carreau.
10:41D'ailleurs, je vous cite, s'il vous plaît, M. Blanquer,
10:43en 2020, vous déclarez au micro de BFM TV,
10:45ce qui est très important, je le répète, c'est qu'aucun enfant ne soit au bord du chemin.
10:50Et aujourd'hui, vous avez 40 000 lycéens et lycéennes
10:52qui se sont retrouvés sans aucune formation et qui se sont retrouvés au bord du chemin.
10:56– On est le pays au monde qui permet le plus d'accéder à une L1.
11:01– Non, vous avez d'abord près de 70% des élèves qui ont moins de 15 jours
11:07ont une réponse correspondant à ce qu'ils souhaitaient.
11:10C'est déjà la première chose à dire.
11:12Vous parlez de 40 000 personnes, mais il y a un million de demandes à chaque fois.
11:15Donc, qu'il y ait une difficulté pour 40 000, en général, ces 40 000 sont ceux
11:19pour qui il n'y a pas eu d'acceptation, précisément parce qu'ils ont un profil
11:22qui ne correspond pas à la réussite dans le vœu qu'ils souhaitaient.
11:26Et ces 40 000, en plus, sont traités par des commissions
11:28qui, à la fin, proposent une affectation à ces élèves.
11:31Est-ce que tout ça est parfait ? Certainement pas.
11:33Est-ce qu'on peut l'améliorer ? Certainement.
11:35– Non, mais là, il est question de le supprimer.
11:37Là, ce qui est sur la table, ce n'est pas l'amélioration.
11:39– Alors, vous savez, j'ai écrit un article, ce que j'ai appelé
11:42« Parcoursup est mort, vive Parcoursup ».
11:44– Vous pensez qu'il n'y aura pas de système ?
11:46– Je vous donne rendez-vous dans un an ou deux, non,
11:47mais il y aura quelque chose de différent, et c'est très bien.
11:48– Non, mais la vérité, c'est que quand on pose la question aux politiques,
11:51il ne faut pas d'alternative.
11:54– Le seul argument que vous avez, c'est que Parcoursup est mieux qu'APB.
11:58– Ce n'est pas mon seul argument, mais ça l'est.
11:59– Mais avant APB, il y avait un autre système.
12:02Oui, certes, il y avait des gens qui dormaient devant les universités.
12:04Je ne dis pas qu'il faut retourner un système, là, je tiens à le préciser.
12:07Mais les gens dormaient devant les universités, etc.
12:09– Ça a été mon cas.
12:10– Oui, mais ils avaient au moins une place à la fac qui était garantie.
12:15Même si ce n'était pas dans celle où ils voulaient,
12:16mais ils avaient une place à la fac.
12:18Aujourd'hui, ce n'est pas le cas, M. Blanquer.
12:20Il y a 40 000 lycéens et lycéennes qui sont mis sur le carreau
12:22et qui sont éloignés, et c'est des décrochés de la République.
12:25C'est ces décrochés de la République parce que la République
12:28ne garantit pas sa promesse de pouvoir avoir le bac.
12:30– Les vrais décrochés de la République, c'est les 60%
12:32dont je parlais tout à l'heure, qui sont sélectionnés par l'échec
12:34parce qu'ils ont été affectés n'importe comment,
12:36par exemple au hasard, dans les systèmes précédents.
12:38– La sélection, c'est un gros mot pour vous ?
12:40La sélection, c'est un gros mot, c'est tabou ?
12:42– Mais non, il faut le dire.
12:44On sait comment on est sélectionné sans le leçon.
12:45On n'a pas besoin qu'on nous le dise.
12:47Mais juste, en fait, aujourd'hui, vous avez vu en face,
12:49aujourd'hui, ce qui se passe, c'est qu'on n'assume pas
12:51ce système de sélection qui est opaque.
12:53Parce que, ok, certes, les algorithmes sont très locaux,
12:56très localisés, etc., mais ils sont opaques.
12:58On ne sait pas sur quels critères on est sélectionnés,
13:02mais on ne nous le dit pas clairement.
13:04– Ça peut être un progrès que d'arriver à le dire plus clairement,
13:06mais rappelons sur ce point-là que c'est chaque établissement
13:08qui a ces critères de sélection.
13:10Donc, on peut tout à fait demander la transparence aux établissements,
13:14c'est une possibilité.
13:15Il faut demander aux présidents d'universités, aujourd'hui,
13:16s'ils sont d'accord avec cette idée-là.
13:19Mais c'est tout à fait possible.
13:20Mais en tout cas, c'est bien, dans ce que vous dites,
13:21de reconnaître qu'il faut, à un moment donné, une forme de sélection,
13:24quel que soit le nom.
13:24– Non, je n'ai pas dit qu'il fallait une forme de sélection.
13:26– Vous avez dit qu'il fallait la transparence des critères de sélection.
13:28– Oui, mais dans le public, moi, je suis pour que dans le public,
13:31il n'y ait pas de sélection.
13:32Parce que, comme je vous l'ai dit, M. Blanquer,
13:34c'est la promesse républicaine…
13:35– Oui, mais ça ne veut pas dire grand-chose.
13:35– En fait, c'est une question de mots, là,
13:37parce que, si vous voulez, la sélection, elle arrive à un moment donné.
13:39C'est-à-dire que, d'abord, un, vous ne pouvez pas admettre
13:40tout le monde au même endroit,
13:41vous avez certains établissements qui sont plus prestigieux que d'autres.
13:44Vous avez, par exemple, 50 000 demandes pour un établissement
13:46qui a 10 000 places.
13:47Imaginons même que, sur le plan pratique,
13:49vous réussissiez à inscrire les 50 000.
13:51De toute façon, d'abord, vous allez assécher
13:53plein d'universités en France,
13:55donc vous aurez tout le monde à Paris et dans quelques grandes villes.
13:57Et deuxièmement, ce sera, de toute façon, impossible.
14:01– Il faut un nouveau guichet.
14:01– Comment ?
14:01– Il faut un nouveau guichet, il faut un nouveau système.
14:03– J'ai compris que vous étiez pour le système de ma jeunesse,
14:07c'est-à-dire où on dort à l'université,
14:09où en plus, l'université aurait une baguette magique
14:13pour créer autant de places que de candidats.
14:15En réalité, ça n'est pas possible
14:16et ce n'est certainement pas le vrai bienveillance vis-à-vis des jeunes.
14:20C'est pour ça, d'ailleurs, qu'une mesure,
14:21je voudrais saluer quand même dans les progrès qui ont été faits,
14:24ça a été la création de places en BUT et en BTS
14:29à la faveur des discussions qui ont eu lieu.
14:31Je pense que c'est une bonne chose
14:31parce que c'est des places dans des endroits qui ont un avenir
14:34et c'est cela que l'on doit souhaiter pour l'avenir de la jeunesse.
14:37– Moi, si vous entendez bien, je comprends que Parcoursup,
14:39même s'il change, il va devenir Parcoursup transformé,
14:42donc en réalité…
14:43– Parce que regardez les autres pays du monde,
14:45de toute façon, ce qui est intéressant dans ces cas-là,
14:47c'est de faire une comparaison internationale.
14:48– Oui, du coup, il faut se contenter,
14:49alors vu que dans les autres pays, c'est moins bien,
14:51du coup, il faut se contenter de la médiocrité.
14:54– Non, non, non, mais moi aussi, c'est la mienne,
14:57c'est justement…
14:57– Ça n'a pas l'air, je suis bancaire.
14:58– Je suis conséquent et sérieux, c'est-à-dire,
15:02moi, je plaide au fond pour qu'on passe des slogans aux arguments.
15:05Il y a des tables rondes qui durent autant d'heures
15:07et de jours que nécessaire,
15:09et qu'on ne se paye pas de mots et qu'on fasse, par exemple…
15:12Oui, il y en a, il y en aura encore,
15:13puisque le…
15:14– Oui, mais cette discussion,
15:15le gouvernement dans lequel vous êtes appartenu
15:17et dans lequel vous soutenez aujourd'hui
15:19a procédé à de l'enfumage sur tous les sujets.
15:22Vous pourrez quand même l'admettre
15:23que quand ils annoncent de plafonner les classes
15:25à 28 élèves en seconde,
15:28vous pourrez admettre que, quand même,
15:30ça s'en prouve déjà que ce n'est pas suffisant
15:31pour que ça soit garanti sur tout le territoire national
15:34et de plus que s'il y a des classes à 28,
15:37ça veut dire qu'il y aura des ouvertures en seconde.
15:38– On est d'accord, deux classes,
15:39pour que ça soit à 28.
15:40Du coup, in fine, si on n'en ouvre pas,
15:42si on ne plafonne pas en première et en terminale,
15:44on reporte juste le problème
15:45et on se retrouvera avec des classes
15:46encore plus surchargées en première et terminale.
15:48– Non, mais je parle, pour le coup,
15:49c'est un objectif qui, je pense,
15:50peut faire consensus
15:51que d'arriver progressivement
15:52à baisser le nombre d'élèves par classe.
15:54C'est très souhaitable.
15:55– Mais c'est possible, là, très honnêtement.
15:57– Il y a des choses qui sont possibles
15:58à court terme
15:58et puis d'autres à moyen terme.
16:00Donc, que le gouvernement,
16:01dont je ne soutiens pas tout ce qu'il fait,
16:03ça ne vous a sans doute pas échappé.
16:06Mais par contre, je sais saluer
16:07quand je vois des bonnes choses.
16:08– Vous êtes ministre de l'éducation nationale
16:10qui est resté le plus longtemps, quand même.
16:11– Justement, non, mais ça, par contre…
16:12– Et après, c'est vrai qu'il y en a d'autres
16:13qui sont partis très vite.
16:14– Ça, je vous le…
16:16On va être d'accord sur ce point.
16:17– Et juste avant moi,
16:17celui qui est à ma place,
16:18c'est un candidat aujourd'hui à la présidentielle
16:20qui a été ministre,
16:21qui a fait le tri social
16:22avec le choc des savoirs
16:24et qui a, en plus, fait,
16:25avec la circulaire de 2004,
16:27en français, l'islamo-cobie.
16:28– Il n'est pas là pour se défendre
16:29et surtout, il n'est pas resté assez longtemps
16:30pour qu'il y ait une conséquence
16:32dans un sens ou dans un autre.
16:33Donc, de toute façon, le sujet,
16:35si vous voulez aborder ce sujet-là,
16:36depuis 2022,
16:37l'instabilité ministérielle
16:38a été un très grand problème.
16:40Bien sûr, je suis le premier à le dire.
16:41Moi, j'assume le premier quinquennat,
16:43je n'assume pas le deuxième.
16:44– Oui, mais…
16:45– Et j'assume qu'il y avait
16:46une très grande cohérence.
16:47– Mais qui doit assumer
16:47tout ce qui se passe dans la rue aujourd'hui,
16:48cette colère lycéenne ?
16:49– Moi, je pense que ce qu'il faut assumer
16:50maintenant, c'est ce qui se passe
16:51non pas dans la rue,
16:51mais autour de la table.
16:53C'est-à-dire qu'il y a eu une…
16:54Pour le coup, on peut saluer le fait que le…
16:56– Il redescend dans la rue, hein ?
16:57– Non, mais ça, par contre,
16:58je ne l'approuve pas.
16:58Je pense que c'est très mauvais
16:59pour les lycéens.
17:00– Et pourquoi ?
17:00– Mais parce que les lycéens
17:02ont besoin d'étudier.
17:03– Pourquoi ?
17:03Parce que moi, je vais vous expliquer pourquoi.
17:04Vous pensez que c'est avec plaisir
17:06que nous bloquons nos lycées aujourd'hui ?
17:07C'est parce que c'est devenu essentiel
17:09pour être écouté.
17:09Parce que regardez la démocratie lycéenne
17:11que vous avez laissée en partant,
17:12qui est complètement délaissée
17:14par aujourd'hui le ministère
17:15et en tout cas mal administrée
17:16par le ministère de l'Éducation nationale.
17:18– Elle avait beaucoup de vitalité.
17:19– Vous savez, quand j'ai rencontré
17:20la première fois M. Jeffrey,
17:21quand même au bout de 10 jours de mobilisation,
17:23l'année précédente,
17:24les conseils académiques de la vie lycéenne
17:26ont travaillé sur différents sujets.
17:27Les sujets pour lesquels aujourd'hui
17:29on se bat.
17:29Le temps scolaire, parcours sup
17:32et d'autres sujets,
17:33la santé mentale des jeunes.
17:34Ma première question était
17:35M. Jeffrey, où étaient ses travaux ?
17:37Il m'a répondu qu'il n'en avait
17:39même pas conscience,
17:40qu'il n'avait même pas pris connaissance.
17:41– Vous avez dit cela ?
17:41Il m'a dit cela comme cela ?
17:42– Oui, oui, oui.
17:43Alors vous imaginez ?
17:44Alors oui, je le dis,
17:46le seul moyen en fait aujourd'hui
17:47qu'on soit entendu
17:48et que les caméras soient sur nous
17:49et qu'on nous écoute,
17:50c'est de bloquer son lycée.
17:52– Non, non, ça je pense que…
17:53– Enfin, j'entends ce que vous dites.
17:54– Vous vous rendez compte
17:55à quel point on a dur…
17:56– J'entends ce que vous dites,
17:57je pense que justement,
17:59enfin de mon vécu, si vous voulez,
18:00le Conseil national de la vie lycéenne,
18:01je l'ai fait beaucoup vivre,
18:03notamment pendant la crise sanitaire.
18:05C'est comme ça qu'en consultant
18:06les lycéens,
18:07et avec qui ça se passait très bien.
18:08On a pu être le pays
18:09qui a un des deux ou trois pays
18:10qui ont le moins fermé
18:11les écoles pendant la crise sanitaire,
18:13ce qui est un point, là aussi,
18:14que j'assume pleinement
18:15et dont je suis fier.
18:16– Vous avez eu la meilleure gestion
18:17pendant le Covid.
18:18– Faites de la comparaison internationale,
18:20vous verrez.
18:2112 semaines de fermeture en France…
18:22– Et aucun ministre de l'Education
18:23qui est parti à Ibiza
18:24pendant la crise sanitaire ?
18:26– Vous devenez…
18:27Alors là, vous…
18:27– Ah non, mais c'est bon.
18:28– Vous avez eu de registre,
18:29mais on a eu 12 semaines
18:31de fermeture de l'école
18:33pendant la crise sanitaire,
18:34c'est 38 chez les Allemands
18:35ou 38 chez les Italiens.
18:37– Si tout a été fait si bien,
18:38moi je me demande
18:39pourquoi il y a telle colère
18:40aujourd'hui dans l'Europe ?
18:41– Non, mais sur le gouvernement
18:42c'est la politique de l'autruche.
18:44– Je n'ai pas dit
18:45que tout se passe si bien,
18:45je vous dis justement
18:46qu'il y a des grands…
18:48Non, parce que dès qu'on dit…
18:50Au fond, il faudrait toujours
18:51tout jeter par-dessus bord
18:52au nom du fait
18:54que faire l'inverse
18:55voudrait dire qu'on pense
18:56que tout va bien.
18:56Non, tout ne va pas bien,
18:57il y a énormément de problèmes.
18:58Mais je pense que le temps
18:59est venu des arguments,
19:01le temps est venu des progrès
19:02qui sont permis par la discussion
19:03et ce n'est pas les blocages
19:04qui permettent la discussion,
19:06c'est tout simplement
19:07la table ronde.
19:07– Vous voulez te laisser
19:08un stade au blocage ?
19:10– Si aujourd'hui
19:11les lycées n'étaient pas bloqués,
19:12est-ce qu'ils auraient
19:13ouvert des discussions ?
19:14Non, et vous le savez
19:15autant que moi.
19:16Il suffirait de l'assumer
19:17un petit peu.
19:18– Non, mais là,
19:18je ne suis pas là
19:19pour défendre le gouvernement.
19:20– Vous faites un petit peu quand même ?
19:22– Non, non, pas du tout.
19:23– Si vous le faites,
19:23je défends des réformes
19:25qui ont pris naissance.
19:27– Vous avez été ministre
19:28de l'Éducation nationale
19:32et mille choses.
19:33– Maintenant,
19:33l'Éducation nationale
19:34est un service public.
19:34– Si vous voulez
19:35que je résume ma position,
19:36c'est que je pense
19:37que des réformes importantes
19:38ont été enclenchées
19:39pendant le premier quinquennat,
19:41qu'elles méritaient
19:41un sillon long,
19:42que certains points
19:43ont été perdus
19:43dans l'intervalle,
19:44qu'il y a nécessité
19:46de moyens supplémentaires
19:47au lycée
19:48et dans les premiers cycles
19:49universitaires
19:49pour améliorer
19:50la réussite des élèves
19:52et des étudiants.
19:53Après, je ne suis pas comptable
19:54d'un certain nombre
19:55de problèmes.
19:56Je suis moi-même
19:56critique sur un certain nombre
19:57de choses
19:57qui ont été faites
19:58depuis 2022.
19:58– Écoutez,
19:59vous êtes le seul
20:00qui a pu amener des projets
20:01parce qu'après,
20:02on a eu le défilé
20:03des ministres.
20:03Alors oui,
20:04bien évidemment que,
20:05et moi,
20:05je vous le dis
20:06de redire dans les yeux,
20:06M. Blanquer,
20:07vous avez la responsabilité
20:08aujourd'hui
20:09qu'il y ait 40 000 lycéens
20:10et lycéennes
20:11qui se sont retrouvés
20:12sans formation,
20:13sur le carreau.
20:13Qu'est-ce qu'on fait ?
20:14Qu'est-ce que la République
20:15propose à ces 40 000
20:16lycéens et lycéennes ?
20:16– Il y a des commissions
20:17pour affecter chaque étudiant.
20:19– Oui, moi,
20:19je vais vous expliquer
20:20c'est quoi ces commissions.
20:21– Il n'y a jamais eu
20:21autant de réorientation réussie
20:23grâce à Parcours Sud ?
20:23– Je vais vous expliquer
20:24c'est quoi ces commissions.
20:25Alors vous,
20:26vous avez fait des choix,
20:27on vous appelle
20:27et on vous propose
20:30une formation professionnelle
20:31complètement éloignée
20:32de vos demandes
20:32et on vous dit
20:33vous l'acceptez
20:33ou vous ne l'acceptez pas ?
20:34Ben non,
20:35je ne l'accepte pas
20:35parce que ce n'est pas
20:35ce que je voulais faire.
20:36Et du coup,
20:37on vous compte dans les chiffres
20:37que aujourd'hui vous avancez.
20:39Mais je ne sais pas
20:40si vous vous rendez compte,
20:41il y a quand même
20:41des lycéens et lycéennes
20:42qui sont en train
20:42de nous écouter.
20:43Et pour certains,
20:44moi je vous le dis,
20:45vous avez brisé une génération.
20:46– Non,
20:46je pense que,
20:47encore une fois,
20:48500 000 jeunes
20:49ont eu un.
20:50– Non,
20:51je pense que
20:51tous ceux
20:52qui se sont épanouis davantage
20:53grâce à la réforme du lycée,
20:55grâce à des matières
20:56qui n'existaient pas auparavant,
20:57qui se sont mieux préparées
20:58à leur avenir,
20:59tous ceux qui n'ont pas eu
21:00un échec en fin de première année
21:01parce qu'ils ont été
21:02mieux orientés que précédemment,
21:04tous ceux à qui on a évité
21:05de s'inscrire dans quelque chose
21:06où l'échec était prévisible
21:07puisque c'est quelque chose
21:08qu'on ne faisait pas avant
21:09et qu'on voit
21:09qui existe maintenant.
21:10– Parce que maintenant,
21:11l'échec est prévisible
21:11plus qu'avant.
21:12– Ah bah oui,
21:12vous pouvez dire
21:12en fonction du profil de quelqu'un,
21:15sur Parcoursup d'ailleurs,
21:16on vous dit…
21:16– Vous pensez
21:17que le système d'orientation
21:17est mieux aujourd'hui ?
21:18– Oui,
21:19il peut être encore bien meilleur
21:19dans le futur,
21:20mais il est bien meilleur.
21:21– Oui,
21:21c'est bien de faire des stages
21:23en seconde pour éviter
21:24d'aller au SNU
21:24et qu'on ait six morts
21:25en un an et demi,
21:26vous trouvez ça bien ?
21:27– Je vous mélangeais
21:28tellement de sujets.
21:28– Non,
21:28je ne mélange pas.
21:29Vous êtes en train de parler
21:30du système d'orientation.
21:31Les stages font partie
21:31du système d'orientation.
21:32– Moi,
21:32en vous écoutant,
21:33je me demande
21:34quel peut-être,
21:34parce que c'est tellement
21:36protéiforme,
21:36quelle peut-être la solution
21:37qui peut être apportée ?
21:38– C'est possible,
21:39il suffit d'être calme
21:40et de regarder argument par argument.
21:42Il suffit d'être rationnel
21:43sur ces sujets-là,
21:44ne pas se lancer
21:45des slogans au visage,
21:46mais de regarder
21:46comment on fait réellement
21:47progresser le pays.
21:49Et ça passe par mieux…
21:51– Donc c'est possible ?
21:51– Oui,
21:51– Ce gouvernement pourrait le faire ?
21:53– Ah oui,
21:53c'est possible.
21:53– Vous le rencontrez de nouveau
21:55le Premier ministre ?
21:56– Oui,
21:56on le rencontre
21:57dans les prochains jours
21:59et encore une fois,
22:00on lui répétera
22:01parce que la répétition
22:02fixe la notion
22:03et on ne répète jamais assez.
22:04Du coup,
22:04on répétera encore
22:05à ce gouvernement
22:06nos 10 revendications
22:07qui sont accessibles
22:07sur 10mesures.fr
22:08et j'invite celles et ceux
22:09qui nous écoutent
22:09à les signer.
22:10– Et les 10 milliards
22:11dont vous savez malheureusement
22:12que vous ne les aurez pas
22:13à moins que vous croyez.
22:14– Écoutez,
22:14Madame Mabrouk,
22:15on a un gouvernement
22:16qui…
22:16mais vraiment,
22:17il faut s'en rendre compte,
22:18procède à de l'enfumage.
22:20Il nous parle de 4 milliards
22:21pour le bâti scolaire.
22:21Déjà,
22:22c'est un prêt
22:22fait par la Caisse des dépôts
22:23avec un taux d'intérêt
22:24à prix préférentiel
22:25qui va démarrer
22:27à la rentrée prochaine
22:28jusqu'en 2031.
22:29Alors,
22:29si vous divisez par année,
22:30ça fait coquic.
22:31Et de plus,
22:33excusez-moi,
22:33mais on a eu une réunion
22:34avec Mme Gattel
22:35et M. Jeffrey
22:35où des présidents de région
22:36ont dit eux-mêmes
22:37qu'ils ne pourraient pas
22:39accéder à ce prêt
22:39parce qu'ils sont déjà pris
22:40à la gorge.
22:41En fait,
22:41ce gouvernement
22:42renvoie la balle
22:43à des régions
22:43sauf que ce n'est pas
22:44ce qu'on demande.
22:51responsabilité
22:51pour le bâti scolaire.
22:52C'est leur responsabilité
22:54depuis deux décennies.
22:54Vous allez leur demander
22:55de faire un prêt
22:55et de s'endetter.
22:56Non,
22:56mais si on veut être
22:58dans une démocratie saine,
22:59il faut que les compétences
23:00soient respectées.
23:00C'est les régions
23:01qui sont compétentes
23:02pour les lycées.
23:03Donc,
23:03il est tout à fait normal
23:04de ne pas à chaque fois
23:04vouloir que tout remonte
23:05vers l'État.
23:06C'est aux régions de le faire
23:07et éventuellement à l'État
23:08qui est dans une situation
23:10financière extrêmement difficile,
23:11mais de les aider
23:11au travers de dispositifs
23:13comme celui-là.
23:14Et il faut souligner au passage
23:15que les régions ont fait
23:15un très grand travail
23:16depuis plusieurs années.
23:17Donc,
23:18la situation,
23:18c'est toujours pareil.
23:19Allez dire ça aux élèves
23:20qui vivent en Internet
23:21et qui ont de la moisissure
23:21dans leur...
23:23Je vais prendre l'exemple
23:24de la région Bretagne,
23:25par exemple.
23:26Il y a environ 120 lycées
23:28en Bretagne.
23:29Le président de la région
23:30Bretagne me disait
23:30que pour une centaine
23:31d'entre eux,
23:32les travaux avaient été faits,
23:32les réhabilitations faites.
23:33Et pour 20,
23:34il n'est pas satisfait,
23:34il y a encore des choses à faire.
23:36Donc,
23:36vous pourrez effectivement
23:37prendre l'exemple
23:37dans ces 20-là.
23:38Et pour le lycéen concerné,
23:39je suis d'accord avec vous,
23:40c'est extrêmement pénible.
23:41Moi-même,
23:42j'ai fait cours
23:42dans des salles surchauffées.
23:44C'est insupportable.
23:45Donc ça,
23:45on peut le comprendre.
23:46L'expérience
23:47de ceux qui vivent
23:47cette expérience...
23:48Et des milliers d'élèves
23:49vont passer leur baccalauréat
23:50dans des salles chauffées
23:51à 42 degrés.
23:51Une fois qu'on a dit ça,
23:53c'est est-ce que la tendance
23:55est plutôt aller dans le bon sens
23:56depuis une vingtaine d'années ?
23:57Je ne parle même pas
23:57du gouvernement actuel.
23:58Mais sur 20 ans,
23:59est-ce que les régions
24:00ont fait du bon travail ?
24:00Oui.
24:01Est-ce que c'est suffisant ?
24:03Non.
24:04Et comment peut-on arriver
24:10on peut apporter des réponses
24:11aussi rationnelles ?
24:12Pourquoi avoir attendu
24:14un mois des blessés
24:16chez les forces de l'ordre,
24:17chez les pompiers,
24:18chez les manifestants,
24:19en particulier les lycéens ?
24:21Pourquoi vous,
24:21qui avez été à l'intérieur
24:22de la machine,
24:23pourquoi tout ce temps
24:23avant de se mettre
24:24autour d'une table ?
24:25Alors là,
24:26encore une fois,
24:26je ne suis pas comptable
24:27de ce qu'a fait le gouvernement-là.
24:28Je pense que,
24:29oui, sans doute,
24:30il aurait été souhaitable
24:32que le gouvernement
24:33puisse déceler
24:34les premiers problèmes
24:36mentionnés à la rentrée.
24:37Et effectivement,
24:38il y a sûrement eu
24:39des erreurs de ce côté-là.
24:39Je vais vous expliquer
24:40qu'il n'ait pas anticipé
24:41une telle crise.
24:42Parce qu'ils sont irresponsables.
24:43En fait,
24:44mon but n'est pas
24:45d'aller rajouter des reproches
24:47dans un monde
24:47qui est déjà assez conflituel.
24:48Il y a sûrement eu
24:49des insuffisances de ce côté-là.
24:51Oui, vous avez raison,
24:52bien sûr.
24:52Vous allez continuer
24:53de votre côté
24:53les blocus,
24:55les blocages ?
24:56Demain, vous serez également ?
24:57Demain, nous serons derrière
24:58les travailleurs et travailleuses
24:59qui seront en grève
25:00parce qu'il y aura
25:01des enseignants et des enseignantes.
25:03Vous parlez comme un futur député
25:04et vous avez d'ailleurs dit
25:06que vous étiez un ex-lycéen
25:07et s'asseoir.
25:09Vous avez salué tout à l'heure
25:10une jeunesse qui s'engage
25:11ou c'est une jeunesse qui est liquisée ?
25:12Oui, mais en tout cas,
25:13j'observe que les leaders lycéens
25:14ne sont plus lycéens.
25:15C'est ça le...
25:16Excusez-moi,
25:17mais vous savez,
25:17normalement,
25:18nos élections ont lieu
25:18en septembre et octobre.
25:20Il n'y a jamais eu
25:20de mouvement social
25:21lancé par les lycéens aussitôt.
25:23Or oui, excusez-moi
25:23qu'en période de mobilisation,
25:24nous ne changeons pas notre bureau.
25:26Et vous savez,
25:26au moins, moi,
25:26j'ai une légitimité.
25:27Je suis élu par mes adhérents.
25:29Contrairement à vous
25:30qui est ministre
25:30et nommé par je ne sais qui.
25:32Par contre,
25:32je tiens à dire,
25:33pour celles et ceux
25:34qui nous écoutent...
25:35Non, mais laissez-moi
25:36quand même conclure.
25:38En tout cas,
25:38les téléspectateurs
25:39ont bien vu
25:40que nous avons deux visions
25:41différentes de l'école publique.
25:42Pendant que nous,
25:43nous prenons la solidarité,
25:44vous, c'est la compétitivité.
25:45Pendant que vous,
25:46vous prenez l'algorithme,
25:47nous, nous prenons l'humanisme.
25:48Voilà la différence
25:49qu'il y a entre vous
25:50et moi, monsieur Blanquer.
25:51Vous parlez déjà
25:52comme un futur député
25:53et comme quelqu'un
25:54qui va s'engager en politique.
25:55C'est votre choix.
25:56Moi, ce qui m'intéresse,
25:57c'est l'intérêt des enfants.
25:58C'est la vraie bienveillance
25:59vis-à-vis des jeunes.
26:01Oui, mais moi aussi,
26:01la bienveillance
26:02vis-à-vis des jeunes,
26:03c'est de bien les préparer
26:04à leur avenir
26:05et pas de les alimenter
26:06en discours démagogique
26:07ni d'avoir des arrière-pensées politiques
26:08comme vous en avez.
26:10Voilà, c'est facile avec vous.
26:11Vos discours simplistes.
26:12Et vous savez,
26:13vous savez, monsieur Blanquer,
26:15vous avez un discours
26:16qui est horrible
26:17parce que vous êtes en train
26:18de justifier...
26:20Oui, parce que vous êtes en train
26:21de justifier
26:21tout ce que vous avez fait
26:22et pour vous,
26:23c'est complètement normal.
26:24Non, mais là,
26:24ça m'échange quand même
26:25sur le fond.
26:26Oui, mais pour lui,
26:27il assume ce qu'il a fait aujourd'hui.
26:29Vous pensez qu'il allait venir
26:31vous dire
26:32« je n'assume pas,
26:33il a gouverné ».
26:34Non, mais moi,
26:34je m'attendais un peu plus
26:35d'intelligence
26:35de la part de monsieur Blanquer.
26:37Fort bien, écoutez.
26:39Ainsi soit-il.
26:40Vous avez vu
26:41comment ça se conclut,
26:41ça se défile.
26:42La suite pour vous,
26:43donc, c'est les mobilisations,
26:44c'est une rencontre
26:45avec le Premier ministre
26:46et c'est les 10 points.
26:47Rien ne change.
26:48Il y a des groupes de travail
26:49sur la démocratie lycéenne,
26:50sur le temps scolaire,
26:51mais bon,
26:51pour l'instant,
26:52on a des ministres
26:52qui fuient en pleine réunion,
26:53alors compliqué de discuter.
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