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  • il y a 2 jours
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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Transcription
00:00Notre invité Thierry Breton, bonsoir.
00:02Bonsoir.
00:03Bienvenue, merci d'être avec nous, ancien commissaire européen, ancien ministre et auteur du livre
00:07« Les dix renoncements qui ont fait la France », un titre qui entre en résonance avec ce que l
00:13'on vit.
00:14Avant d'évoquer notre image à l'international, Thierry Breton, comment vous réagissez ?
00:19Nous avions là, il y a quelques instants, une commerçante qui a dit son désespoir.
00:23Son désespoir de voir le fruit de son travail partir en quelques minutes.
00:26Quand vous, vous avez vu cela, ce samedi de chaos, de désolation, qu'est-ce que vous avez ressenti ?
00:32Je l'ai dit à ce moment-là, comme beaucoup d'entre nous, Mme Habouk.
00:35D'abord, un ressenti très fort pour toutes celles et tous ceux qui ont, comme cette dame, cette pharmacienne,
00:42à laquelle vous venez de faire allusion, tout perdu, en l'espace de quelques minutes, complètement saccagé.
00:50C'est une vie de travail.
00:52Donc évidemment, on est tous choqués, très choqués.
00:57Un sentiment de honte aussi, un peu, parce que c'est notre pays.
01:02Et je vais vous le dire aussi, je sais qu'en ce moment, on est en train d'essayer de
01:06chercher les responsabilités.
01:08Un sentiment aussi d'immense gratitude pour nos forces de police et nos forces de gendarmerie,
01:12qui étaient en première ligne, qui visiblement n'ont pas été aiguillonnées là où il fallait,
01:18parce que beaucoup se passent désormais sur les réseaux sociaux et en temps réel,
01:22et on aura peut-être l'occasion d'en reparler, parce que c'est ça aussi ce qui se passe.
01:28Et puis je voudrais dire aussi que ça a une résonance toute particulière pour nous, Français.
01:34Et on va s'en souvenir, et il y aura sans doute un avant et un après,
01:37quels que soient du reste les évolutions, on souhaite qu'elles ne connaissent pas les...
01:41Oui, il ne faut pas qu'il y ait un après qui se ressemble à l'avant.
01:43Qu'elles ne connaissent pas les aspects normatiques que nous avons connus.
01:46Mais bien sûr, on est à six mois d'un choix dont j'estime qu'il est le plus important,
01:51peut-être même existentiel.
01:52Pour le destin du pays.
01:53Pour le destin de notre pays.
01:54Donc évidemment, tout ce qui précède, tout ce qui précède, va marquer notre mémoire collective.
02:01Et vous faisiez allusion à l'instant de la façon dont nous sommes perçus à l'étranger.
02:07Bien sûr, à l'étranger, tous celles ou tous ceux qui nous regardent,
02:11en premier, du reste, les marchés financiers.
02:13On va en parler.
02:14On va en parler.
02:15Évidemment, on regarde ce qui se passe.
02:19Certains ricanent.
02:20Oui, d'autres se frottent les mains.
02:22D'autres se frottent les mains.
02:23D'autres compatissent.
02:25Ce n'est pas ça, l'image que nous souhaitons pour notre pays.
02:28Mais il y a une réaction.
02:29Une réaction qui a déclenché un tsunami, justement, d'autres réactions.
02:34C'est celle du président américain.
02:36Peut-être fait-il partie du camp de celui qui se frotte les mains.
02:39Écoutons Donald Trump et dites-nous, qu'est-ce que vous en pensez ?
02:42Est-ce que, d'abord, est-ce que c'est une forme d'ingérence ?
02:45Et surtout, est-ce que ce qu'il dit est vrai ?
02:50Écoutez, Emmanuel Macron est un ami.
02:51Je lui ai dit, il y a longtemps, tu fais une grosse erreur en France.
02:55Tu laisses entrer tout le monde, des gens du monde entier.
02:58Le monde entier arrive.
03:00Et vous savez, Paris va très bientôt devenir une ville musulmane.
03:04Et ce n'était pas ce qui était prévu.
03:06Ça fait probablement huit ou neuf ans que je le connais.
03:09Dès que je l'ai rencontré, je lui ai dit, tu fais une grosse erreur.
03:12Nous avons fermé nos frontières.
03:14Lui, non.
03:14Il aurait dû fermer ses frontières, il y a longtemps.
03:17Je lui avais dit de le faire.
03:20Pour Donald Trump, c'est la faute aux politiques migratoires de la France.
03:23Il a tort, Thierry Breton.
03:26Avec Donald Trump, on est, j'allais dire, jamais déçu.
03:29Et lorsqu'il commence par dire, c'est un ami, généralement, il faut se méfier de ce qui va suivre.
03:34On est habitué désormais.
03:37Donc, je dirais que les remarques, conseils de Donald Trump, c'est un langage que lui, évidemment.
03:46Mais ce qu'il dit figure déjà dans la doctrine américaine, qui figure, elle, noir sur blanc, dans le document
03:53de sécurité nationale qui a été divulgué, émis, le 5 décembre 2025.
03:59C'est le département d'État, c'est-à-dire le ministère des Affaires étrangères américain, qui a indiqué très
04:04précisément que, pour l'intérêt des États-Unis d'Amérique, il fallait maintenant affaiblir au maximum l'ensemble des pays
04:11européens, dont la France, et en particulier les institutions européennes, les États-Unis, tout ce que j'entends à...
04:16Sur le Donald Trump, vous ne nous voyez pas du bien, c'est une chose.
04:19Mais est-ce que l'examen de conscience qu'il semble appeler, ou en tous les cas qu'il évoque
04:23sur les politiques migratoires, est à côté de la plaque ou pertinent, selon vous ?
04:27Vous avez vu Jérôme Fourquet, vous avez vu un certain nombre de spécialistes.
04:29Mais j'ai Thierry Breton là.
04:30Tous vous disent, ce que je vais vous dire, c'est évidemment pas aussi simple que ça, bien entendu.
04:36Ce qu'on a vu, c'est une mixité évidemment d'éléments.
04:41On a vu effectivement des éléments incontrôlés, on a vu des éléments qui étaient extraordinairement politisés à l'ultra-gauche.
04:48On a vu des jeunes qui revendiquaient légitimement parce qu'ils sont préoccupés pour leur avenir, parce que Parcoursup, ça
04:55répond pas à leurs...
04:56Mais c'est pas ceux qu'on a vu casser ni piller.
04:58C'est pas ceux, vous avez bien raison.
04:59Et on a vu effectivement ces casseurs, on a vu des casseurs, des petits casseurs de banlieue, d'autres pas
05:05de banlieue.
05:06Donc je pense qu'évidemment...
05:08Est-ce qu'il faut commencer à interroger notre...
05:10Est-ce que pour vous, certaines élites ont failli sur ce plan-là, Thierry Breton ?
05:14Ce qui est certain, c'est qu'on a failli, on a failli collectivement, à intégrer notre jeunesse, globalement.
05:21C'est une réalité.
05:22Et vraiment, je voudrais le dire avec mes mots, parce que notre jeunesse, elle est ce qu'elle est.
05:28Elle est aujourd'hui...
05:29Il faut vraiment aussi comprendre ça.
05:31Je vais vous donner un autre éclairage ce soir.
05:34Je suis parfaitement conscient de ce que vous dites, et de ce qu'on entend évidemment sur ce que vous
05:40avez en tête.
05:40Oui, mais évidemment, cette question, elle est légitime, à partir du moment où on voit effectivement ceux qui sont des
05:46casseurs, bien souvent du reste, à visage découvert.
05:49Mais vous savez, cette jeunesse, elle vit la moitié du temps.
05:53Est-ce que je vais vous dire, je n'excuse rien, mais il faut qu'on en tire les conséquences,
05:57et on ne les a pas tirées.
05:58La moitié du temps dans les rues, la moitié du temps sur les réseaux sociaux.
06:03Souvent du reste, plus sur les réseaux sociaux.
06:05Et vous savez, sur les réseaux sociaux...
06:06Ce n'est pas l'arbre qui cache la forêt des faillites ?
06:07Non, là, sur les réseaux sociaux, on fait n'importe quoi, ce qu'on veut.
06:12Je suis bien placé pour le savoir, puisque je suis celui qui a organisé et régulé cet espace informationnel, en
06:18notre nom à tous, à la Commission européenne.
06:21C'est du reste ce qui me vaut d'être aujourd'hui interdit de séjour aux Etats-Unis.
06:24Parce que précisément, on a voulu dire que je faisais ça contre les Etats-Unis.
06:28Non, je faisais ça pour éviter, précisément, ce que l'on voit.
06:30Donc là, pardonnez-moi, vous, au gouvernement, parce que c'est une proposition qui a été émise, par exemple, hier,
06:35par le candidat Gabriel Attal, qui était ici même à votre place, lui, il dit, il faut, temporairement, même dans
06:41une démocratie comme la France, couper certains réseaux, peut-être un réseau social, pour empêcher certains, justement, de se regrouper
06:48et de se...
06:48Madame Mabouk, avant de couper, parce qu'on a une zone de non-droit, on n'arrive pas à y
06:54faire respecter l'ordre, alors on l'interdit ? Non.
06:57On fait appliquer la loi.
06:59Et voyez-vous, nous sommes la seule démocratie au monde, la grande démocratie, je parle de la démocratie européenne, à
07:04avoir désormais une loi qui est très contraignante.
07:06Ça s'appelle le DSA, je le dis pour les parents.
07:09Non, mais c'est très sérieux.
07:12C'est une loi qui a été votée par nos députés européens et par l'ensemble des États.
07:16Elle est très contraignante pour les plateformes, comme celles, par exemple, qui ont véhiculé ces messages.
07:22On a entendu parler de TikTok, on a entendu parler de WhatsApp, on a entendu parler de X.
07:26Toutes ces plateformes sont régulées.
07:28Elles ont des obligations, précisément, y compris dans des moments comme celui-ci.
07:31Ça n'a pas été appliqué.
07:32Et vous savez pourquoi ça n'a pas...
07:34C'est important, c'est aux plateformes elles-mêmes, de régler, de vérifier, de suivre ceux qui donnent des rendez
07:40-vous.
07:40En grande partie, oui, mais si jamais elles ne le font pas, et en particulier qu'elles ont des algorithmes
07:47qui vont pousser tel ou tel type de message, d'appel à ce que l'on voit.
07:53À la haine, oui.
07:53Certains vont même pouvoir dire jusqu'à l'insurrection.
07:56Plus que la haine, du reste, quand on voit tout ça.
07:58La haine est déjà, évidemment, très condamnable.
08:00Mais plus que ça, quand on voit effectivement ce qui se passe.
08:03Alors, la Commission européenne a l'obligation d'intervenir tout de suite.
08:07Et ce que je dis et redis, et ce n'est pas uniquement aujourd'hui que je le dis,
08:12c'est que la Commission européenne a reçu ce mandat, elle doit l'appliquer tout de suite avec la plus
08:15grande fermeté.
08:16Tout existe, Mme Mabrouk.
08:17– Et pourquoi ?
08:18– Encore faut-il.
08:19Et bien pourquoi, voilà.
08:20– Vous voulez dire que même la Commission européenne ne veut pas du bien à la France ?
08:24– Non, la Commission européenne aujourd'hui, je le dis, tarde trop à appliquer ces lois.
08:29Mais vous savez…
08:30– Mais vous vous rendez compte, M. Bouteau, qu'on en est à demander à la Commission européenne
08:33de régler ce qui se passe en partie dans notre pays ?
08:35– Non, Mme Mabrouk, l'espace informationnel, il n'a pas de frontières en Europe.
08:38Donc c'est vrai dans tous les États.
08:39Il s'est passé aussi des petites choses, il me semble-t-il, en Italie, n'est-ce pas ?
08:43Donc c'est partout.
08:44Il s'est passé des choses l'autre jour à Ceuta.
08:48C'est partout.
08:49– Donc vous appelez la Commission européenne ?
08:50À faire respecter la loi, madame, parce que cette loi, elle est là.
08:54Et si on ne l'a pas fait respecter, certains le disent, je ne suis pas de la Commission,
08:57mais j'entends, que c'est parce qu'on a peur de faire de la peine aux États-Unis
09:01et à M. Trump, allons donc.
09:03Il faut maintenant du courage.
09:05Il faut maintenant du courage.
09:06Et pas réinventer la roue, là où on a déjà fait pendant cinq ans ce qu'il fallait faire.
09:11Et bien sûr, ça ne va pas régler tous les problèmes.
09:13Je ne dis absolument pas ça.
09:14Mais je dis aussi que cette jeunesse qui vit, qui vit maintenant dans cette zone de non-droit,
09:20dans laquelle nous avons mis des règles, alors il faut faire respecter la loi.
09:23– Il y a cette zone de non-droit.
09:23– Dans les deux côtés.
09:25– Monsieur Breton, il y a cette zone de non-droit digital,
09:27mais est-ce qu'il y a malheureusement aujourd'hui dans le cœur de nos métropoles
09:31des zones où on n'a pas pu se rendre nous-mêmes tous, les citoyens, j'allais dire ?
09:35– Et vous avez parfaitement raison.
09:36– Parce qu'il y a des casseurs, des pillards, ça.
09:38– Et merci de le repréciser, parce qu'évidemment, c'est pas « ou », c'est « et »,
09:42bien entendu.
09:43– Mais alors, il est où le…
09:44– Parce que, pourquoi la police n'a pas réussi aussi à aller là où ils étaient ?
09:49Vous savez, certains arrivaient, on dit, comme des volets de moineaux,
09:52tout cagoulés, de noirs, en l'espace d'une minute, déjouant la police.
09:57Parce que tout se passait sur les réseaux, madame.
09:59Et que précisément, y compris en utilisant des outils d'intelligence artificielle,
10:03ils ont réussi à déjouer la surveillance de la police.
10:06– Et donc, ça veut dire que nous aussi, il faut qu'on occupe le territoire physique,
10:10mais il faut qu'on occupe aussi le territoire numérique.
10:12Alors, bien sûr, le territoire physique, vous avez raison.
10:14– Mais comment vous enlevez ?
10:15– C'est ce qui est le plus important.
10:15– Pardonnez-moi, quand des bâtiments, des mairies ont été saccagés,
10:20quand à Limoges, le Baie-Froix, c'est un bâtiment qui date de 1876, a été saccagé.
10:25– Nous disons la même chose.
10:26Nous disons qu'on est dans une logique où il y a ce qui précède l'événement,
10:30et puis ensuite, il y a l'événement tragique.
10:32Et bien sûr, on voit l'événement tragique.
10:33– Mais il y a le média, si je puis dire, mais auparavant,
10:36comment on extirpe des têtes, cette haine, ce tsunami des notes ?
10:43– Et c'est là où on en vient effectivement, à ce que je disais tout à l'heure,
10:46ce sentiment de honte, mais pour lequel, évidemment, il faut avoir la plus grande fermeté.
10:52Et j'appelais tout à l'heure à la fermeté dans l'espace informationnel,
10:55il faut une fermeté également peut-être encore plus dure.
10:58– Vous avez écrit les 10 renoncements qui ont fait la France.
11:01Donc, est-ce que ce sont ces renoncements, ces faillites sur l'autorité,
11:05certains disent sur la sécurité, d'autres disent sur l'immigration,
11:08qui ont conduit à une telle situation ?
11:09– Mais madame, bien entendu qu'on est en situation de renoncement
11:13depuis maintenant des années.
11:15Et tout a commencé par quoi ?
11:17Tout a commencé par le fait que l'État n'a plus donné l'exemple
11:20dans ce qui est très important pour nous,
11:22qui est peut-être un peu la mère de toutes les batailles
11:25dont va découler tout le reste.
11:26les moyens pour la police, les moyens pour les gendarmes,
11:29les moyens pour l'école, c'est-à-dire la maîtrise de nos finances publiques.
11:32Or, un État qui ne tient plus depuis maintenant 2009 sa parole,
11:39c'est un État évidemment qui ne donne pas l'exemple qu'il faudrait donner.
11:42– C'est intéressant, ça on va vraiment s'insister dessus,
11:43parce que l'ordre dans les comptes, l'ordre dans les têtes,
11:46mais tout d'abord l'image.
11:48Vous voyagez beaucoup Thierry Breton, regardez ce qui est fait aujourd'hui,
11:51à l'étranger, par l'intelligence artificielle,
11:55et malheureusement, ça rejoint ce que vous dites,
11:57le sentiment de honte.
11:59De honte, c'est un clip en réalité qui tourne énormément
12:01sur les fameuses plateformes, sur les réseaux sociaux, regardez.
12:05– Bonjour !
12:06– Yes, yes, you are for the tour ?
12:08– Très bien, welcome mes amis, welcome to Paris City Tours.
12:11– Today I show you the real Paris, follow me.
12:13– Allez, allez, this way mes amis !
12:15– Here, Place de la Bastille, very important for us in France.
12:18– And this column commemorates the revolution of 1830, very important, yes ?
12:22– Oh, a little bit to the left, this way, très good, stay close.
12:25– Bon, bon, we continue, vite, vite.
12:26– Ah, very good, keep moving mes amis, perfect.
12:28– Oh, small detour, much better this side.
12:30– The fresh air, voilà, the famous Moulin Rouge,
12:34– And of course, the Eiffel Tower.
12:37– And here, voilà, hung the Mona Lisa.
12:42– Ah, a little shower, très refreshing, no ?
12:45– This neighbourhood is famous for its intellectual conversations.
12:50– Ah, the croissant, très French, our newest recipe mes amis.
12:55– Here, very good for shopping, très chic, everybody duck, vite, vite !
12:59– Très bien, everybody look happy !
13:01– Bienvenue en France.
13:02– Oui, bienvenue sur les réseaux sociaux, j'ai vu les mêmes types de vidéos faites aux Etats-Unis,
13:08j'ai vu les mêmes types de vidéos faites aussi, vous vous en souvenez,
13:11à l'occasion de la guerre en Iran, et des deux côtés.
13:13Ça c'est le monde précisément que je décrivais tout à l'heure.
13:15J'ai atteint l'importance qu'il faut y attacher, mais pas plus.
13:18En revanche, en revanche…
13:21– Mais Paris, c'est une capitale touristique.
13:23– Oui, bien sûr, alors vous avez raison, parce que maintenant, il faut voir aussi ce qu'on paye.
13:27Or, je voudrais le dire aussi à votre antenne ce soir, qui paye pour tout ça ?
13:31– Nous tous ?
13:31– Nous tous. C'est notre argent.
13:33C'est notre argent qui va être utilisé désormais, y compris par parenthèse, pour essayer,
13:38et je souhaite moi, que l'Etat rembourse les assurances qui vont se retourner contre l'Etat,
13:43– Vous y payez, Thierry Breton ?
13:44– C'est l'article L211-10 du Code de sécurité civile.
13:49– Oui, il y a une obligation, effectivement, lorsqu'il y a des manifestations,
13:54lorsqu'il y a des incendies qui sont causés sur la voie publique,
13:56et notamment à l'occasion de la manifestation, il y a une obligation,
14:00en tout cas une possibilité, et il faut vraiment la saisir,
14:03de la part des compagnies d'assurance de se retourner vers l'Etat.
14:05Mais si elles le font, et elles vont le faire, ça veut dire que derrière c'est nous qui payons.
14:08Mais Mme Mabrouk, on le paye…
14:09– C'est ce qui s'est passé après les émeutes, après la mort de Naël ?
14:11– Bien sûr, on les paye aussi, et ça c'est encore une fois,
14:14on les paye aussi parce qu'il y a des bâtiments publics qui ont été détruits.
14:17L'Etat étant son propre assureur, c'est donc nous qui allons payer.
14:20Le tourisme, on sait que la France est un pays, c'est le pays qu'on visite le plus au
14:24monde.
14:25Alors évidemment, là ça va peut-être freiner un tout petit peu,
14:29on a malheureusement déjà vu ça par le passé,
14:32là encore, ça va faire évidemment un manque à gagner.
14:35Et puis le dernier point que je voudrais signaler,
14:37c'est que comme on est regardé, on est regardé par ceux qui nous prêtent aujourd'hui.
14:42– Mais justement, est-ce que la France est à un point de bascule ?
14:44On est dépendant de nos créanciers qui ne sont pas français ?
14:47– Alors vous avez raison, 56% de nos créanciers sont aujourd'hui étrangers.
14:51– Et qu'est-ce qu'ils se disent aujourd'hui, M. Breton ?
14:52– Et qu'est-ce qu'ils disent ?
14:52– Que la France n'est pas gouvernée ?
14:54– Ils mettent aujourd'hui une prime de risque sur la France.
14:57Cette prime de risque, ça s'appelle les taux d'intérêt.
14:59Les taux d'intérêt aujourd'hui que nous avons sur la dette française
15:02sont les plus élevés d'Europe.
15:04On est aujourd'hui à 4,94.
15:06On a un écart à peu près de 150 points de base avec l'Allemagne.
15:10Il y a 4 mois, on était uniquement à 70 points de base.
15:12Je voudrais le dire aussi, ce soir,
15:1515 points de base que nous avons pris précisément
15:17à cause de ces manifestations, à cause de ces destructions.
15:20Les taux d'intérêt ont monté.
15:22Ils ont monté pourquoi ?
15:23Parce que le risque effectivement sur la France augmente.
15:2515 points de base, madame, ça veut dire que l'année prochaine,
15:28on va devoir payer 500 millions d'euros de plus pour la dette.
15:30Et l'année d'après, si jamais ça reste, ce sera 1,5 milliard de plus.
15:33– Donc s'il y a d'autres mobilisations,
15:35si samedi, il y a la même chose ?
15:38– C'est notre argent, madame.
15:39C'est notre argent.
15:41Ce n'est pas, encore une fois, l'argent qui va tomber du ciel.
15:44L'État, c'est notre argent.
15:46Ça veut dire que quand on additionne tout ça,
15:48ce n'est pas des centaines de millions,
15:50c'est plutôt des milliards.
15:52Déjà avec ce qui s'est passé.
15:53Je le dis, bien entendu,
15:55ça ne retire en rien l'assistance impérative
15:58qu'il faut donner à ceux qui ont été les victimes
16:00de ces exactions.
16:02Et je le redis, le soutien absolu à nos forces de police.
16:06J'entendais tout à l'heure sur votre plateau
16:07quelqu'un qui disait, on n'est pas aimé, etc.
16:09Je voudrais juste rectifier une chose.
16:11– Rocaille Adialo qui a affirmé
16:12qu'elle n'a pas la France telle qu'elle est aujourd'hui.
16:14– Je voudrais juste dire une chose, madame.
16:17La planète, elle est compliquée.
16:20Nous sommes 8,5 milliards d'habitants.
16:22Nous avons une chance incroyable
16:25de vivre en France et en Europe.
16:28Quand on regarde effectivement la façon,
16:31comparaison n'est pas raison,
16:33mais un peu quand même,
16:34la façon dont on gère ce type de maintien de l'ordre.
16:4186% des pays de la planète
16:44ont des applications extraordinairement plus dures,
16:48voire meurtrières, les forces de police.
16:50On a la chance de vivre, nous.
16:52C'est un petit milliard d'habitants.
16:54– Mais vous comparez avec des pays qui ne sont pas des…
16:56– Ça s'appelle la planète, madame.
16:58– Oui, par exemple les États-Unis.
17:00Je compare par rapport aux États-Unis.
17:02Là, on pourrait le retourner à M. Trump.
17:03– Oui, mais là, c'est…
17:04– C'est une catastrophe.
17:05– C'est notre pays.
17:06– C'est notre pays.
17:07Mais bien sûr, c'est notre pays.
17:09Mais je voudrais juste dire…
17:11– Oui, mais vous voyez, on peut dire aussi, peut-être,
17:13que nos forces de l'ordre sont aujourd'hui celles qui sont…
17:18Ce n'est pas parfait.
17:19– Mais qui ne le dit pas alors, Thierry Proton ?
17:20– Eh bien, je le dis moi.
17:21– Qui ne le dit pas ?
17:21– Je le dis.
17:22– Là, vous êtes en train de pointer la France insoumise ?
17:24– Je le dis précisément parce qu'il faut aussi reconnaître que…
17:28Et je voudrais le dire aussi,
17:29que nous avons une chance formidable de vivre en France.
17:32– Mais vous rendez compte que vous voulez dire
17:33qu'on a de la chance de vivre en France
17:34après être sorti d'un chaos, de scène de désolation, d'un fiasco ?
17:38– C'est bien pour ça qu'il faut le rappeler,
17:40pour que tous ceux qui cassent…
17:43Je le disais tout à l'heure, il va falloir que l'État rembourse.
17:46C'est l'État qui va devoir rembourser ce qu'on voit là à l'image à l'instant.
17:49Bien sûr que je suis moi pour que ce soit eux qui remboursent.
17:52Bien sûr qu'il va falloir créer sans doute un fond.
17:54Et alors, qui va abonder ce fond ?
17:56Les contribuables que nous sommes,
17:58dont par parenthèse la totalité de l'impôt sert aujourd'hui à payer la dette ?
18:01Ou alors, ça veut dire que s'il n'y a plus l'argent, c'est nos enfants ?
18:04Ou alors, c'est ceux qui ont cassé ?
18:06Eh bien oui, je suis pour que, vraiment,
18:09on remette de la discipline et de l'ordre dans notre pays,
18:11et dans les têtes, et dans les têtes.
18:14Et qu'on voit ces…
18:15Il y a évidemment des casseurs professionnels.
18:18Il y a évidemment…
18:19– Mais il faudrait un choc d'autorité, Thierry Bourdon.
18:21D'ailleurs, comme pour la situation financière,
18:24comme pour la situation sécuritaire,
18:26comme choc d'autorité.
18:27Est-ce qu'aujourd'hui, en parlant d'autorité,
18:29est-ce que la parole de la France…
18:30On va venir, on oublie presque qu'il y a un budget qui doit être discuté,
18:34vous allez parler de la règle d'or budgétaire qui est nécessaire.
18:36Est-ce que la parole de la France avec une telle situation est encore respectée ?
18:41– Vous posez la question, vous avez la réponse.
18:42Bien entendu que non.
18:43Bien entendu que non, et bien sûr,
18:47il faut être évidemment très prudent dans ce que l'on dit,
18:51dans des moments comme cela.
18:52Et il faut d'abord régler, évidemment, la situation,
18:55et faire en sorte que l'ordre public revienne,
18:57et que ce qui s'est produit ne se reproduise plus.
19:00Mais derrière, et je veux vraiment le dire,
19:02puisque vous posez la question,
19:03et finalement, dans votre question, vous avez les deux aspects.
19:08Tant que la France n'aura pas réappris
19:11à tenir sa parole sur ses comptes publics,
19:15et bien ce sera extrêmement difficile
19:17de lui faire tenir la parole ailleurs.
19:19Et c'est la raison, puisque vous m'avez tendu la perche,
19:21que je la saisis,
19:22pour laquelle j'ai proposé depuis plus d'un an et demi
19:25à tous les chefs de parti,
19:28un mode de fonctionnement ensemble.
19:30– On va s'y arrêter.
19:31La règle d'or budgétaire que vous voulez constitutionnaliser.
19:34Mais je vais vous montrer un échange.
19:36Aujourd'hui, dans l'hémicycle,
19:39et vous allez me dire si avec cette foire d'empoigne,
19:43ce chaudron qui est devenu l'Assemblée,
19:45ce serait possible que les parlementaires le votent ?
19:47– Avant de le montrer, madame,
19:48si jamais l'échange se fait entre un membre du gouvernement
19:53et un membre de LFI,
19:55je tiens à dire que LFI,
19:57ce sont par hasard les seuls qui n'ont pas voulu me voir.
20:00Peut-être ce sera un membre de LFI,
20:02vous aurez la réponse à votre question,
20:03mais on va le voir.
20:04– C'est un membre de LFI, regardez.
20:07– Monsieur le Premier ministre,
20:09vous êtes dangereux pour la démocratie.
20:11Vous ne gouvernez pas,
20:13vous vous contentez de durer.
20:15Quand on n'a plus rien à dire au pays,
20:16quand il ne vous reste que la répression,
20:19c'est le signe qu'il faut partir.
20:20– Madame la présidente Pannot,
20:21je ne cherche pas à vous interdire.
20:25Personnellement, je veux vous combattre politiquement,
20:28dans les urnes,
20:29dans le cadre d'un exercice démocratique,
20:31comme je le fais à chaque fois avec vous.
20:33Je ne m'abrite pas derrière les services de l'État.
20:36Je vous réponds à chaque fois,
20:38droit dans les yeux,
20:39pour une simple et bonne raison,
20:40c'est que nous n'avons pas peur.
20:42Vous ne nous faites pas peur.
20:44– Bon, vous voyez,
20:46on va parler ensuite d'une possibilité
20:48qu'une grande partie du Parlement
20:50puisse voter une règle budgétaire.
20:52Mais un mot,
20:52si vous deviez caractériser la situation,
20:54je ne vous ai pas posé la question.
20:56Vous dites émeute,
20:57vous dites insurrection,
20:58vous dites même comme certains,
21:00j'ai entendu, pré-guerre civile.
21:02– Non, c'est certainement pas une guerre civile.
21:08Émeute, il y a eu effectivement,
21:10de façon sporadique,
21:11mais enfin de façon très violente,
21:13ces hordes qui se sont attaquées
21:15à des biens et à des personnes,
21:17y compris à des bâtiments publics, bien sûr.
21:19Est-ce qu'il faut mettre un mot ?
21:20Les mots, évidemment,
21:22sont dans ces moments éruptifs.
21:23– Généralement, pour un diagnostic, c'est mieux.
21:25– C'est une situation qui est une situation
21:28où la France, dans ce domaine,
21:30a perdu le contrôle
21:32dans l'espace territorial, physique
21:34et dans l'espace informationnel.
21:36Et donc la France doit le retrouver très vite.
21:38– Et est-ce que dans l'espace électoral,
21:40est-ce que vous estimez que ce qu'on voit là,
21:42c'est peut-être le troisième tour,
21:45Thierry Banton, de l'élection présidentielle,
21:46si Marine Le Pen gagne,
21:48c'est un galop d'essai pour dire regarder ce qui va se passer ?
21:50– Lorsque l'on est un élu de la République,
21:52ceinturé de son écharpe tricolore,
21:54et que l'on dit que la violence est légitime,
21:56trois petits points, un blanc,
22:00mais si on peut l'éviter, c'est mieux.
22:02On sait très bien ce qu'il fait.
22:04Il découpe, parce que là encore,
22:05il découpe la phrase en deux.
22:07La première partie va partir sur les réseaux,
22:10va être accélérée par les algorithmes.
22:12Et le message, effectivement, qui va être véhiculé,
22:14c'est la violence est légitime.
22:15La violence est légitime,
22:17et la deuxième partie, on l'oublie.
22:18On connaît le mode opératoire,
22:20pardon de le dire,
22:21on n'est pas des naïfs.
22:22– Mode opératoire ?
22:23– Le mode opératoire de LFI, on le connaît.
22:25On n'est pas des naïfs.
22:26– C'est pas un combat politique, tout simplement ?
22:27– On connaît ce mode opératoire.
22:29À partir du moment où, madame,
22:30on fait appel à, effectivement, la violence,
22:33alors on se rapproche, oui, de l'insurrection.
22:36Donc on connaît ce mode opératoire.
22:38La Sixième République, on connaît tout ça.
22:41Derrière, on met des brassards blancs,
22:42après avoir soufflé sur le feu.
22:44Enfin, il faut…
22:45Voilà, on a effectivement des tribunaux.
22:46– Mais qu'est-ce qu'il faut alors ?
22:47– Eh bien, il faut un combat dans les urnes.
22:49– Eh bien, je vais, encore une fois,
22:51je vais vous dire,
22:52puisque vous m'avez posé la question tout à l'heure,
22:54ce que, moi-même, j'ai essayé de faire,
22:57avec toutes celles et tous ceux
22:58qui partagent des valeurs républicaines,
22:59quelles qu'elles soient.
23:02Donc, j'ai vu tout le monde,
23:04sauf à LFI, je le dis.
23:05– Le RN aussi ?
23:06– Bien entendu, le RN aussi.
23:07– Donc vous le mettez dans le champ républicain.
23:08– Mais j'ai vu tout le monde,
23:09il n'y a pas de question de champ républicain.
23:10– J'ai vu tous ceux qui voulaient me voir, madame.
23:12– Si, vous me dites que certains veulent l'insurrection,
23:13donc vous vous demandez que c'est dans le champ républicain.
23:14– J'ai vu tous ceux qui voulaient me voir,
23:16et je leur ai expliqué mon point de vue.
23:17– Mais que vous acceptez de voir aussi.
23:19– Mais bien sûr que j'acceptez de les voir.
23:20– Ce qui comprit le RN.
23:20– Mais bien entendu, je les ai vus même deux fois,
23:22pour expliquer, effectivement, la règle d'or.
23:24J'ai vu aussi, bien entendu, M. Retailleau,
23:26deux fois également.
23:26– C'est vrai qu'ils veulent inscrire désormais.
23:27– J'ai vu également M. Hollande.
23:28– Oui, non mais ça, j'ai vu également…
23:29– J'ai fait moins de doutes là-dessus.
23:30– Bon, M. Hollande, oui, j'ai vu aussi M. Glucksmann,
23:33je les ai tous vus, et j'ai essayé de leur…
23:36On a eu des discussions, en disant,
23:38mais voilà, la situation de la France est telle
23:39qu'il faut trouver un moyen de travailler ensemble.
23:41Et donc, c'est mettre finalement cette trajectoire
23:46constitutionnalisée, pour éviter précisément
23:47ce que l'on vient de voir à l'Assemblée,
23:49où on sait que finalement, on ne pourra jamais faire aboutir
23:53un budget, et je vais vous dire,
23:55si on ne fait pas ça, ni avant les élections,
23:57ni je le crains après,
23:59et finalement, je dirais,
24:02à ma surprise positive,
24:05tous m'ont dit qu'ils étaient prêts à y réfléchir.
24:07– Il y a un absent.
24:07– Oui, il y a les filles.
24:09– Non, non, non, pas les filles, il y a un absent.
24:11– Oui.
24:11– Bah, les Français.
24:12– Non, mais attendez, pardon, on va voir.
24:15– Ce serait intéressant d'avoir leur avis.
24:16– Il s'agit là, encore une fois,
24:18du Parlement qui doit travailler entre…
24:19– Non, non, attendez, madame, je voudrais juste,
24:21si vous permettez, je suis très important.
24:22– Non, mais ça peut être aussi soumis à un référendum.
24:23– Il faut les deux.
24:24Il faut d'une part, effectivement, c'est le Parlement
24:27qui va décider, c'est le Parlement qui est légitime,
24:30et c'est le seul qui est légitime,
24:31il reçoit un mandat du peuple français
24:32pour travailler sur le budget,
24:34et donc il va dire comment il travaille.
24:37Ça, c'est lui qui décide.
24:37Et c'est pour ça que c'est, effectivement,
24:39la Constitution a prévu, dans sa sagesse,
24:42d'avoir, de convoquer le Congrès,
24:43pour que le Parlement dessine entre lui
24:45comment il veut travailler,
24:46faut-il encore avoir les trois cinquièmes.
24:48Mais moi, ce que je vous dis,
24:49c'est qu'aujourd'hui, on les a, les trois cinquièmes.
24:50– Donc, avec l'ERN, le bloc central,
24:53jusqu'à la gauche, dite de gouvernement.
24:55– Aujourd'hui, on les a.
24:55– Et ensuite, après l'élection,
24:58à partir du moment où c'est adopté,
24:59après l'élection, que le peuple décide.
25:01Si on veut atterrir à moins 1%,
25:03moins 2%, moins 3%, il faut l'interroger.
25:05Vous avez raison.
25:06– Écoutez, si c'est ça,
25:07la seule prérogative qui reste,
25:09non, est-ce qu'on ne peut pas demander tout simplement…
25:11– Mais c'est énorme, c'est énorme la prérogative,
25:12c'est énorme cette prérogative, pardon.
25:14Donc, encore une fois, la Constitution prévoit
25:17qu'on peut le faire uniquement
25:19en passant par le Parlement.
25:20Moi, je pense que c'est mieux de le faire avec les deux.
25:22Mais revenons à ce que ça voudrait dire.
25:24Ça voudrait dire que la France prendrait cette fois-ci
25:26l'engagement, que quoi qu'il arrive,
25:28elle va respecter une trajectoire.
25:29Et à ce moment-là, on verra enfin
25:32la prime risque sur la France baisser.
25:35Or, le premier budget de la nation, madame,
25:38ce sont les taux d'intérêt de la France.
25:40Ça sera 91,7 milliards d'euros l'année prochaine.
25:43– Je pose une question.
25:44– Il faut donc qu'on le gère,
25:46si vous permettez, je veux juste finir.
25:47– Je vous en prie.
25:48– Il faut donc qu'on le gère,
25:49parce que c'est le premier budget de la nation.
25:50Il sera l'année d'après à 110 milliards.
25:52Et puis à la fin du quinquennat, à 180 milliards,
25:55si on ne fait rien.
25:55– On a le tournis avec ces milliards.
25:56– Oui, mais encore une fois, c'est prévu.
25:58Donc c'est la raison pour laquelle
26:00il me semble que, comme les Allemands,
26:02qui ont connu en 2009
26:04aussi une classe politique fragmentée,
26:06bien que nous fassions ceci,
26:08je tiens à dire également
26:09qu'il y a évidemment des clauses d'exception
26:10en cas de pandémie,
26:12en cas de crise énergétique, etc.
26:14Donc encore une fois,
26:15ce que d'autres ont fait,
26:17parce qu'ils avaient une classe politique éclatée,
26:19eh bien il n'y a aucune raison
26:21que la France ne soit pas capable de le faire.
26:22Et si on ne le fait pas,
26:24alors je pense qu'on peut voir
26:26les taux d'intérêt continuer à augmenter,
26:28parce que la prime de risque sur la France va augmenter.
26:30– Et vous dites que c'est une situation
26:31en fait insurrectionnelle financière que l'on vit.
26:34– Non, là c'est des mots qui ne convient.
26:35– Non mais il y a bien des prédateurs financiers
26:37qui sont en train de regarder la France en se disant…
26:39– Non, non, ne mélangeons pas tout.
26:41Ce n'est pas de la politique,
26:41c'est de l'économie, madame.
26:43Et l'économie, c'est malheureusement…
26:45– Il y a des prédateurs ou pas
26:46qui regardent la France affaiblit ?
26:47– Non, ce ne sont pas des prédateurs, madame.
26:48– Comment vous les appelez ?
26:49– Ce sont des institutions financières
26:52qui aujourd'hui…
26:53– Vous n'aimez pas que je les qualifie de prédateurs ?
26:54– Non, non, moi j'ai aucun problème avec rien,
26:56vous savez,
26:57mais sauf qu'il faut mettre les mots précisément
26:59pour ce qu'ils sont,
27:00ça s'appelle plutôt en anglais des hedge funds,
27:02ce sont des fonds qui vont jouer précisément
27:05sur la volatilité
27:06à partir du moment où il y a du risque.
27:07– Et aujourd'hui, malheureusement…
27:09– Vous n'avez pas forcément du bien.
27:10– Mais non, mais c'est certain, ça,
27:11je vais tout à fait avec vous.
27:11– Oui, donc c'est des prédateurs.
27:13– Et donc aujourd'hui,
27:14aujourd'hui, malheureusement,
27:16compte tenu de la situation
27:17et qu'on n'arrive pas à placer maintenant notre dette
27:20uniquement dans des fonds
27:21qui sont des fonds très respectables
27:23parce que l'Allemagne les place
27:24et qu'elle prend aujourd'hui,
27:26elle est beaucoup plus respectable que nous
27:27puisqu'elle est notée triple A
27:28et nous on est uniquement à plus.
27:30Donc effectivement,
27:31commence à rentrer,
27:32parce qu'on en a besoin
27:33sur l'achat de la dette de la France,
27:35des fonds qui sont des fonds spéculatifs,
27:37c'est comme ça que ça s'appelle,
27:38et qui vont jouer effectivement sur…
27:40– Et qui vont jouer sur la France.
27:42– Et donc, nous sommes à risque
27:44et donc, il faut commencer
27:46à régler le problème par nous-mêmes
27:47parce que je vais vous dire…
27:48– Comment on règle le problème
27:49dans une telle situation, Thierry Breton,
27:51ou même, expliquez-moi,
27:53vraiment à ceux qui nous regardent,
27:55un téléspectateur,
27:56parlons à tous ces téléspectateurs
27:58comme s'il y était un seul.
27:59Quand il regarde ces images,
28:00il se dit, je paye les impôts,
28:03je travaille, je suis un honnête citoyen,
28:06est-ce que je vais consentir longtemps
28:08à payer autant d'impôts
28:09quand l'État ne me protège même pas
28:10mes biens et mon intégrité physique ?
28:12Vous l'entendez aussi,
28:13ce discours au-delà
28:14de la règle d'or budgétaire,
28:15avant d'avoir un budget à l'équilibre,
28:17est-ce qu'il ne faut pas
28:17que l'État régalien
28:19d'abord respecte la première mission ?
28:21– Mais bien entendu,
28:22et c'est pour ça qu'il faut
28:23qu'il se donne des règles désormais
28:24pour respecter…
28:24– On n'est pas en train
28:25de perdre le consentement à l'impôt ?
28:26– Alors, le consentement à l'impôt,
28:27madame, l'impôt des Français,
28:29c'est à peu près 90 milliards.
28:30On lève aujourd'hui 1 700 milliards.
28:34Donc on est un pays
28:35qui lève beaucoup d'argent.
28:36On est un pays riche.
28:38Et c'est la raison pour laquelle
28:39je le dis.
28:40Parce que 1 700 milliards,
28:41c'est beaucoup d'argent.
28:42La seule question,
28:43c'est que cet argent
28:44n'est sans doute pas dépensé
28:45comme il le faudrait.
28:46Le consentement à l'impôt
28:47concerne évidemment
28:49ceux qui vont payer l'impôt
28:50sur le revenu,
28:51c'est-à-dire pas une majorité
28:52des Français.
28:53Et je rappelle
28:53que l'impôt sur le revenu,
28:55madame,
28:55c'est à peu près 90 milliards.
28:57Et qu'on enlève
28:591 720 milliards.
29:01Est-ce que les bookmakers
29:02ont intégré
29:04la victoire de Marine Le Pen ?
29:05Bien entendu.
29:06Aujourd'hui, c'est elle.
29:07Vous le dites directement,
29:07bien entendu.
29:08Oui, parce que je le regarde.
29:09C'est très important.
29:09Vous savez pourquoi je le regarde ?
29:10Parce que l'ensemble des marchés,
29:12moi je suis très attentif
29:13au marché
29:14parce que c'est eux
29:15qui peuvent peut-être,
29:16qui vont peut-être
29:18influencer l'élection,
29:19influer sur l'élection
29:20comme ils ont influé
29:21en Grande-Bretagne
29:21avec madame Listreuse,
29:22comme ils ont influé
29:23en Italie
29:23avec monsieur Mario Draghi.
29:25Il n'est pas du tout impossible
29:26que dans la situation
29:26où nous sommes,
29:28l'effectivement,
29:28les marchés
29:30décident qu'ils auront
29:30leur mot à dire.
29:31C'est ça aussi
29:32la perte de souveraineté
29:32madame où nous sommes.
29:34Et donc effectivement,
29:34qu'est-ce qu'ils regardent ?
29:35Ils regardent des instituts,
29:36ce qu'ils appellent
29:36les bookmakers
29:37comme Polymarket par exemple.
29:39Et effectivement,
29:40madame Le Pen aujourd'hui
29:40est donnée,
29:41ce sont des gens
29:42qui misent comme ça,
29:44est donnée
29:44à plus de 50%,
29:45plus de 50%
29:46comme étant,
29:47c'est-à-dire 1 sur 2
29:48comme on dit
29:48en jargon de bookmaker,
29:51comme étant potentiellement
29:52celle qui gagnera l'élection.
29:53Les autres sont très en dessous.
29:54Vous êtes dans...
29:55Si vous étiez un bookmaker,
29:56vous auriez parié sur elle ?
29:57Non, moi je ne marie pas.
29:58Je ne suis pas un bookmaker.
29:59Mais accrochez-vous
29:59à votre chaise
30:00parce que là,
30:00je vais vous poser une question
30:01mais vous allez me dire
30:01que vous allez tomber de la chaise.
30:02Je lève les mains.
30:03Non, parce que vous avez vu
30:04le Rassemblement National deux fois,
30:06donc pour la règle d'or budgétaire.
30:08Peut-être que Marine Le Pen
30:09aurait pu vous dire
30:10Thierry Breton,
30:11nous n'avons pas partagé
30:11ou nous partageons pas
30:12certaines convictions
30:13mais vous pourriez être
30:13mon ministre de l'économie
30:15et des finances
30:16pour le bien de la France,
30:17pour l'intérêt de la nation,
30:19pour l'intérêt des comptes,
30:20pour ne pas que la France
30:21subisse des crédateurs.
30:21Je vois sur tout de suite,
30:22je suis extrêmement attentif.
30:23D'abord,
30:24j'ai été ministre des Finances
30:25il y a 20 ans,
30:25ce n'est pas pour recommencer.
30:26On ne dit jamais.
30:28Non, ce n'est pas pour recommencer.
30:29Vraiment, quand on ne dit jamais.
30:30Non, mais vraiment.
30:31Mais je voudrais vraiment
30:32répondre très sérieusement
30:33à cette question.
30:34Je me suis bien gardé
30:35parce que j'essaie de créer
30:37quelque part
30:38une sorte,
30:39sur cette question
30:39de discipline en commun.
30:41D'unanimité.
30:42Non, d'union sacrée.
30:44Pour que chacun
30:46puisse ensuite,
30:47dans sa trajectoire,
30:49proposer ce qu'il voudra.
30:50Donc, je me garde bien
30:53de commenter
30:53les programmes
30:54des uns et des autres.
30:55J'ai ma réflexion.
30:56On voit du reste
30:56que c'est un peu
30:57le concours l'épine.
30:58Et il y en a un
30:58qui te met 125 milliards d'économie,
31:00l'autre qui dit
31:00140 milliards, tu es nul.
31:01Le troisième dit
31:02moi je mets 250 milliards,
31:03je suis bien meilleur
31:04que tout le monde.
31:04Ce n'est pas comme ça
31:05que ça marchera.
31:06On n'est plus, madame,
31:08dans une situation
31:09où on peut se permettre
31:10d'avoir des projets
31:11à 300 pages.
31:12Le président des Etats-Unis,
31:14Donald Trump,
31:15pour se faire rédire
31:15la deuxième fois,
31:16son programme,
31:17il faisait quatre mots.
31:18Make America Great Again.
31:20C'est ça le monde
31:22dans lequel nous sommes aujourd'hui.
31:24Vous diriez
31:24Make France Great Again,
31:25on pourrait le reprendre ?
31:26Non, je voudrais
31:27que la France
31:27soit à nouveau
31:28un pays qui compte.
31:31Dans les deux sens du terme.
31:33Merci Thierry Breton,
31:34merci pour cet entretien.
31:36Et quelle société
31:37on laisse à la jeunesse ?
31:39Voici ce rendez-vous
31:40à noter
31:41pour ceux qui apprécient
31:43tout simplement
31:43le maire de Béziers.
31:44Peut-être que vous en faites partie,
31:45Thierry Breton,
31:46Robert Ménard ?
31:47Bien sûr.
31:48Vous avez des échanges francs ?
31:50Oui, j'ai déjà débattu avec lui.
31:51Bien.
31:52Ça pourrait être l'occasion
31:53ici même,
31:54sur ce plateau,
31:54vous l'acceptez ?
31:55Bien sûr.
31:56Allez, on lui fait la proposition,
31:56mais demain soir,
31:57regardez,
31:58il débat avec deux incarnations
32:00aujourd'hui de la jeunesse,
32:01Louise Montangon
32:02et Mariusse Minil,
32:03qui sont dans des positions
32:03très différentes
32:04par rapport aux lycéens,
32:05à la vision de la France.
32:06Donc rendez-vous demain,
32:08évidemment,
32:08pour 100% en Broc.
32:09Merci encore.

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