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  • il y a 15 minutes
Entre inflation et baisse du pouvoir d’achat, BFMTV consacre une soirée spéciale à l’enlisement de la crise sociale en France. Confrontés à cette situation de crise, les Français sont de plus en plus nombreux à faire entendre leur voix. Ce mercredi 4 novembre, BFMTV a proposé un nouveau numéro du FORUM BFMTV : « Manifs, vie chère : la France à cran » présenté par Maxime Switek.

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Transcription
00:00C'était pas contre vous.
00:01Bonsoir Myriam.
00:02Bonsoir.
00:02Merci d'être là.
00:03Alors moi j'ai 49 ans, j'habite Strasbourg.
00:06Et les raisons de la manifestation pour moi elles sont totalement légitimes.
00:09J'avoue, je suis dans le même cas de figure que tout le monde.
00:12Vous, vous avez deux boulots.
00:12J'ai deux emplois.
00:14Je cumule un emploi d'AESH, donc assistant d'enfants en situation de handicap.
00:18Et un emploi en tant qu'hôtesse de caisse dans un supermarché.
00:22En plein centre-ville.
00:23Donc la semaine AESH.
00:24Zone touristique.
00:25Et le week-end ?
00:25Et le week-end caissière.
00:27Voilà, on va le dire comme ça.
00:28Et à la fin du mois ça fait combien sur la paie ?
00:29Et à la fin du mois, ça me fait environ 1900 euros.
00:33Donc j'ai quand même un super contrat en tant qu'AESH.
00:36Je fais 33 heures depuis l'année dernière.
00:38Et avec, je cumule un emploi de 13 heures qui me permettait jusque-là de faire 7 heures supplémentaires.
00:43Ma santé en ayant pris un coup cet été.
00:46J'ai diminué mes heures et je suis passée à 13 heures de contrat dans mon emploi secondaire.
00:52Plus mes 33 heures de hebdo en tant qu'AESH.
00:55Ça me fait 46 heures par semaine.
00:58Avec les déplacements.
01:00Pour 1900 euros.
01:02Moi aussi, je suis au maximum de ce que je pouvais tirer jusque-là.
01:06Ça fait 5 ans que je cumulais deux emplois.
01:09Au départ, le deuxième emploi, c'était juste le temps de payer l'orthodontiste pour un de mes enfants.
01:15C'est pour ça que vous avez pris ce deuxième boulot ?
01:16Parce que nos revenus à mon mari et à moi, un salaire d'AESH, à l'époque, je gagnais 875
01:24euros net en tant qu'AESH.
01:27Donc, éducation nationale, 24 heures.
01:29C'était ça, la rémunération.
01:32Et nous, on a fait des manifestations.
01:33Et j'avoue que le salaire aujourd'hui des AESH qui commencent est un peu plus élevé, bien qu'il
01:38est toujours faible.
01:39Parce que vous avez manifesté ?
01:40Mais parce qu'on a manifesté, parce qu'on a fait des grèves, parce qu'on a revendiqué les choses,
01:47nos droits, des avancées.
01:49Voilà pourquoi.
01:50Et comment ça a pu évoluer.
01:52À l'heure actuelle, oui, moi, j'ai un contrat, j'ai de la chance.
01:54J'ai un contrat de 33 heures.
01:56En même temps, je ne peux pas en faire moins parce que je suis dans une classe spécifique.
02:01Mais vous dites, demain, je ne serai pas dans la rue ?
02:04Demain, je ne pourrai pas être dans la rue parce que je tiens à mon travail d'AESH.
02:08Je tiens à mon accompagnement auprès des élèves que j'accompagne.
02:13Et je ne veux pas les laisser.
02:15Voilà, je ne peux pas me permettre de dire, demain, je fais grève.
02:19J'ai déjà fait grève il y a un mois.
02:21Je ne peux pas faire grève tout le temps, en fait.
02:24Je ne me permettrai pas de les laisser.
02:27Ils ont besoin de moi.
02:29Voilà, simplement.
02:31Et même si AESH, c'est les amener vers l'autonomie.
02:35En réalité, il n'y a déjà pas beaucoup d'heures.
02:38Parce que sur les 33 heures, c'est très élève.
02:41De niveau différent, de la sixième à la troisième.
02:44Voilà, c'est assez concret.
02:46Donc, ça fait très peu d'heures chacun.
02:47Donc, si en plus, je leur supprime le peu d'heures qu'ils ont, honnêtement, les pauvres, quoi.
02:51Non, il faut être un minimum humain.
02:54L'emploi de caissière, je vais vous dire honnêtement, j'ai découvert l'humain au sens de l'humain.
02:59J'ai l'impression qu'il y a du bon et du mauvais quand vous dites au sens de l
03:02'humain.
03:03Même pas.
03:03Même pas ?
03:04Même pas.
03:05En vrai, je vois la souffrance tous les jours des gens.
03:08Enfin, je travaille en plein centre-ville.
03:09Il faut vraiment mettre le choix.
03:10À Strasbourg.
03:10À Strasbourg.
03:12Et donc, notre supermarché, il est situé en pleine zone centre, pur centre.
03:18On a la micro-société qui se retrouve.
03:20En fait, c'est la société en miniature.
03:23On a du SDF.
03:25On a la banlieue.
03:27On a la partie aisée.
03:29Peut-être Mathieu Vallée, comme député européen, qui vient de temps en temps.
03:32Non, peut-être ?
03:34Je ne l'ai pas vu.
03:36Je tentais ma chance.
03:37Non, je pense qu'il ne vient pas chez nous.
03:39Mais ce n'est pas ce qui perd.
03:42On a les personnes âgées au-dessus, parce qu'on a une maison de retraite, une centre de soins pour
03:48personnes âgées.
03:48Et pardon, mais vous dites, j'ai une mini-société devant moi.
03:51Oui.
03:52Qu'est-ce que vous y voyez dans cette mini-société ?
03:54Au secours.
03:55Au secours.
03:56On a un côté humain où on est soudé.
03:59Parfois, je vois des clients, ils n'ont pas assez de monnaie.
04:01C'est le client d'après qui va dire, je paye pour la dame.
04:05Les personnes âgées qui vont prendre...
04:07Vous savez, en fait, ce que j'ai remarqué, c'est qu'avec l'inflation, les plats individuels deviennent de
04:11plus en plus petits.
04:12Oui.
04:12Et en fait, c'est pour maintenir le prix.
04:14Mais en réalité, je vous invite vraiment à prendre une portion individuelle.
04:18Il n'y a trois fois rien dedans.
04:20Moi, c'est un goûter.
04:22Et Dieu sait que je me sacrifie jour après jour sur les quantités alimentaires.
04:28Moi-même, je n'achète plus de viande.
04:30Quand j'en achète, c'est en promo.
04:31Sinon, je ne peux pas.
04:34Les cours, c'est pareil.
04:35On voit des paniers.
04:36C'est vrai qu'il y a toujours autant de clients, mais les paniers sont de plus en plus vides.
04:39Les fruits et légumes, c'est un luxe.
04:43La base de l'alimentation, à l'heure actuelle, les familles, c'est les pâtes.
04:47C'est quand même dingue.
04:48Et là, on nous parle en plus d'augmenter les taxes sur le sucre.
04:51J'ai envie de dire le petit plaisir, laissez-nous tranquille.
04:54Franchement, on paye assez.
04:56Enfin, je pense, j'ai vraiment l'impression et cette sensation de payer suffisamment.
05:00En plus, je paye mon parking pour aller travailler.
05:03C'est pareil en Strasbourg.
05:05On a une mairie qui nous a bien rincé au passage pendant son mandat.
05:11Merci.
05:1118 euros la journée, ça calme.
05:14Ça, c'est pour les écologistes.
05:15Ça, c'est pour les écologistes.
05:16Je suis désolée, mais voilà, c'est la réalité.
05:20Il n'y a pas que ça.
05:21En gros, oui, la micro-société, c'est vraiment ça.
05:23On a des personnes âgées, aisées, pauvres, des retraités qui ont travaillé,
05:29qui n'arrivent plus à payer les courses correctement, à remplir un panier, un chariot.
05:33En fait, les chariots sont de plus en plus petits.
05:36Voilà.
05:37Et les classes modestes, oui, c'est vrai, elles vont faire les courses.
05:41On les voit le 30, le 6 pour ceux qui n'ont que les allocations.
05:48Et ensuite, on les revoit entre le 10 et le 15 pour ceux qui sont au chômage.
05:54Et moi, j'ai noté ça.
05:56Et c'est flagrant, en fait.
05:57Mais même à ces dates-là, les chariots sont vides.
06:00De plus en plus, les gens payent en chèque.
06:01Ça ne se faisait quasiment plus.
06:04Pour avoir un répit au cas où il y a encore une facture qui tombe.
06:09Et oui, ça fait peur.
06:10Donc oui, là, demain, j'aurais bien manifesté.
06:12Franchement, mon cœur, il y est.
06:13J'encourage tout le monde à aller manifester, pas casser.
06:16Mais manifester, ça sert à être visible.
06:18Si on ne manifeste pas, on ne nous entend pas rien que là, avec ce qu'il y a eu.
06:22J'ai l'impression que notre président, qui nous a bien fait marcher,
06:26qui a démarré en marche, mais c'est vrai qu'il a fait marcher beaucoup de gens.
06:30En attendant, il ne nous entend pas.
06:32Il n'apparaît même pas.
06:33Il ne donne pas de réponse.
06:34Quand il donne un discours, je suis désolée, mais j'entends blabla.
06:38On reparlera de lui dans la vidéo.

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