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- #guerremoderne
Dans le cadre d’un partenariat, TVLibertés a le plaisir de vous proposer quelques programmes d’OPEN Box TV, la chaîne d’Alain Juillet, ancien patron du renseignement à la DGSE.
Dans cette nouvelle émission, Alain, Juillet et Claude Medori reçoivent le général Gomart, ancien directeur de la direction du renseignement militaire et député européen. Nous abordons avec lui les différents enjeux stratégiques de l’armée française, face aux évolutions technologiques, tactiques et hybrides que les conflits en cours ont mis en lumière. La France est-elle prête pour ce nouveau type de guerre ?
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#arméefrançaise #guerre #guerremoderne
Dans cette nouvelle émission, Alain, Juillet et Claude Medori reçoivent le général Gomart, ancien directeur de la direction du renseignement militaire et député européen. Nous abordons avec lui les différents enjeux stratégiques de l’armée française, face aux évolutions technologiques, tactiques et hybrides que les conflits en cours ont mis en lumière. La France est-elle prête pour ce nouveau type de guerre ?
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NewsTranscription
00:07Bonjour, bienvenue sur Openbox TV, l'émission de Géopolitique d'Alain Juillet.
00:10Et merci de nous soutenir sur Tipeee pour maintenir cette ligne éditoriale indépendante.
00:15Vous pouvez aussi devenir membre de notre chaîne et avoir accès du contenu exclusif,
00:20tout en évitant les coupures publicitaires de YouTube.
00:23Alain Juillet, bonjour.
00:24Bonjour Claude.
00:24On a déjà fait un certain nombre d'émissions sur la problématique de la défense nationale,
00:29de la puissance de l'armée française et de la défense élargie à l'Europe.
00:34Bien évidemment avec le général Christophe Gomart, eurodéputé, donc double casquette,
00:40et il fait un travail remarquable, je ne sais pas parce qu'il est là, mais un travail remarquable à
00:45Bruxelles,
00:46dans la commission de défense européenne.
00:49Et je crois qu'il est important aujourd'hui de faire un point très précis avec M. Christophe Gomart,
00:55sur la loi de programmation militaire française, qu'est-ce qu'on peut en penser, qu'est-ce qu'on
00:59peut en dire,
01:00et se projeter dans un certain nombre de missions qui pourraient être les missions futures de l'armée française.
01:06Merci Christophe d'être avec nous aujourd'hui.
01:08Je vous en prie.
01:08Il y a de vraies questions qui se posent et je pense que tu es un des rares qui peut
01:11en parler,
01:12parce que tu as l'expérience militaire, tu as l'expérience française, tu as l'expérience européenne.
01:16Parce qu'on a effectivement, aujourd'hui, la France marche sur la LPM 24-30, de 2024 à 2030,
01:25qui a été conçue avant, bien entendu, par une grande réflexion, par un livre blanc.
01:30Mais entre la France analysée dans le cadre du livre blanc et la France d'aujourd'hui,
01:35il y a quand même pas mal de différences.
01:37Et puis surtout, il y a des différences à l'extérieur.
01:40Parce que la guerre en Ukraine, on nous a quand même appris que notre concept,
01:45notre mode de guerre traditionnel, il est sacrément battu en brèche quand même.
01:49C'est le moins qu'on puisse dire, mais tu pourras en parler mieux que nous.
01:52La guerre en Iran nous montre aussi d'autres aspects.
01:55Donc ça, c'est le premier point.
01:56Le deuxième, c'est que tu vois la Pologne et l'Allemagne qui disent,
01:59nous, alors la Pologne, c'est une politique de développement militaire très forte.
02:03Mais l'Allemagne, qui nous annonce qu'elle va être la grande puissance militaire,
02:07et c'est intéressant de jeter un oeil là-dessus, et tu peux nous en parler.
02:11Quand on regarde par rapport aux autres pays d'Europe,
02:14quel est ce qui nous fait la différence ?
02:16On est la puissance nucléaire, on le veuille ou qu'on ne le veuille pas.
02:20Et puis nous sommes la deuxième puissance maritime du monde.
02:23Mais est-ce qu'on est capable aujourd'hui de défendre les territoires en dehors de l'Hexagone,
02:27avec notre marine et autres ?
02:28Donc tu vois, il y a plein de questions.
02:30Le meilleur moyen, c'est de les poser à celui qui sait.
02:33– Je vais tenter d'y répondre.
02:35– Voilà, mais au moins avoir ta vision des choses.
02:38Et peut-être que la première, c'est peut-être faire un tour d'horizon
02:41au niveau de l'Europe, en définitive, sous la pression américaine et autres.
02:47Certains pays d'Europe se réarment.
02:48Mais qu'est-ce qui est sérieux ? Qu'est-ce qui n'est pas sérieux ?
02:51Parce qu'autant la Pologne, je pense que c'est vraiment sérieux,
02:54autant sur l'Allemagne, on a quelques doutes.
02:56– Face aux menaces, aux différentes menaces, mais que tu décris très bien,
02:59et qu'on peut écouter régulièrement sur Openbox TV, il y a un réveil certain de l'Union européenne
03:05et des pays de l'Union européenne.
03:06Je vais vous donner deux chiffres.
03:08En 2024, si on additionnait les budgets de la défense de l'Union européenne,
03:13on arrivait à 345 milliards d'euros.
03:16En 2026, on sera à 454 milliards d'euros.
03:19Donc il y a une augmentation de 30%.
03:21Ce qui veut dire que ça a été pris en compte.
03:25Ça, c'est la première réalité.
03:27La deuxième réalité, c'est que tous les pays européens,
03:29enfin les pays européens qui appartiennent à l'OTAN,
03:31se sont tous engagés vis-à-vis de Donald Trump et des États-Unis
03:35à monter leur budget de la défense à 3,5% de leur PIB.
03:39Et certains, voire à 5%.
03:42Alors sur ces 5%, il y a 3,5% pour les équipants
03:45et 1,5% pour l'infrastructure.
03:48La réalité est un peu autre.
03:49C'est-à-dire que de mon point de vue, le seul qui a dit qu'il ne le ferait
03:52pas,
03:53c'est le Premier ministre espagnol, disant qu'il resterait à 2%.
03:58Quelle est la réalité ?
03:59La Pologne est à plus de 4,5%.
04:03Je crois qu'il y a 4 ou 5 pays qui sont au-delà de 3,5%.
04:08Je crois qu'il y a les pays baltes, il y a le Danemark, la Pologne
04:12et il me semble qu'il y a aussi la Suède.
04:14Les autres, on est tous entre 2 et 3,5%.
04:18Et la France est à peine à 2% en réalité.
04:21– Oui, nous on est très bas, on est très bas, contrairement à ce qu'on nous raconte.
04:24– Alors, maintenant, on est très bas.
04:25Si je regarde le budget, les 4,5% du PIB polonais, par exemple, c'est 40 milliards d'euros.
04:33C'est moins que notre propre budget de la défense français.
04:36C'est pour ça que quand on regarde les chiffres, il faut toujours faire attention.
04:39– Il faut faire attention, bien sûr.
04:39– On peut en tirer les conclusions que l'on veut.
04:41Mais c'est pour vous donner des ordres de grandeur.
04:43La France, elle, dispose, tu l'as souligné, de l'arme nucléaire, ce qui coûte cher.
04:48Parce que cette arme nucléaire, il est nécessaire de toujours la faire évoluer,
04:51de la maintenir au bon niveau.
04:53Notre missile M51 qui est tiré depuis le sous-marin nucléaire d'un sort d'engin,
04:58on en est à la troisième version.
05:00On a en France différents systèmes qui permettent de faire des essais,
05:06j'allais dire, fictifs ou virtuels.
05:08Tout ça coûte très cher.
05:10Maintenant, la réalité française, c'est qu'à la fin de la loi de programmation militaire
05:14qui se termine en 2030, on aura moins de charleclerc,
05:18moins de canons, moins d'avions de combat que nous n'avons aujourd'hui.
05:21Pourquoi cela ? Pour trois raisons.
05:23La première, c'est que l'inflation fait que,
05:26et sa tendance a augmenté en plus avec la dette monstrueuse,
05:30qui est la dette française, à 3600 milliards d'euros,
05:34l'inflation ne permet pas, on a un budget,
05:37mais avec l'inflation, on a moins d'euros sonnants et trébuchants à la fin.
05:40La deuxième chose, c'est que la maintenance et la maintien en condition opérationnelle
05:42coûtent de plus en plus cher parce que les matériels sont vieillissants.
05:45Les charles clercs utilisés à la armée française,
05:47la dernière construction, la fin de la ligne de production en 2008.
05:52Nous sommes en 2026.
05:54Et puis, le troisième élément, c'est que cette loi de programmation militaire
05:57intègre les pensions des militaires.
05:59Et la population militaire vit de manière aussi âgée que la population civile.
06:05Donc, tout ça fait que, malgré l'augmentation réelle du budget de la défense,
06:11en réalité, on n'aura pas plus d'équipement à la fin.
06:14C'est bien pour ça que moi, je milite aujourd'hui
06:17pour non pas avoir une loi de programmation de réparation,
06:20mais une loi de programmation de restructuration.
06:22Oui, c'est ça.
06:23Ou de recomposition.
06:24Parce que, si on ne met pas un minimum de 100 milliards d'euros
06:27dans notre prochaine loi de programmation militaire par an,
06:31eh bien, on n'y ira pas.
06:32En termes de chiffres, c'est toujours intéressant de regarder.
06:34Les Américains dépensent plus de 1 000 milliards de dollars par an pour leur défense.
06:38Si on additionne les budgets européens, on va arriver à 454 milliards par an.
06:45Mais on est encore loin, même si l'Europe ne prétend pas être les gendarmes du monde.
06:49Tu parlais de la marine française.
06:51Nous sommes, en effet, nous avons la deuxième zone économique exclusive au monde.
06:55Oui, exactement.
06:56Avec des tas de territoires de mer.
06:57Nous n'avons pas assez de frégates de surveillance ou de frégates
07:00pour, j'allais dire, être suffisamment présents dans ces eaux internationales.
07:04D'autant qu'aujourd'hui, on voit une Chine qui construit tous les 2 ou 4 ans
07:09le tonnage de la marine nationale française,
07:13qui en est à son quatrième porte-avions,
07:16qui a des sous-marins nucléaires d'ascendants, des sous-marins nucléaires d'attaques,
07:20qui fait des circumnavigations, qui a acheté des ports dans le monde entier.
07:24C'est là où une Chine qui regarde de très près, par exemple, la Nouvelle-Calédonie,
07:27qui regarde de très près un certain nombre de terres françaises actuelles,
07:32la Polynésie, et c'est là où notre marine doit être présente
07:36pour bien montrer la présence française,
07:38que ce soit dans les terres australes, que ce soit en Antarctique.
07:43Bref, il y a besoin, on a besoin d'une marine beaucoup plus puissante qu'elle n'est,
07:46et c'est pour ça qu'il faut beaucoup plus investir dans notre défense actuelle.
07:51Et d'autant que si on investit dans notre défense,
07:54ce n'est pas pour faire la guerre, c'est pour être craint et être dissuasif.
07:57C'est ça le but.
07:58Il faut qu'on fasse un nouveau Livre blanc.
08:01Non, parce que le système français, si on fait un livre, j'ai bien compris,
08:05on fait un Livre blanc, et du seul Livre blanc après, on en sort le plan,
08:09la loi de programmation militaire.
08:11Donc toi, tu donnes des pistes et des objectifs,
08:14mais au départ, est-ce qu'il ne faut pas qu'on repense tout ?
08:17Parce que, comme tu viens de dire, si je prends la marine, par exemple,
08:21si on veut avoir suffisamment de bateaux pour pouvoir répondre aux menaces
08:25dans tous les coins du monde où nous avons des territoires,
08:31il faudra qu'on regarde sérieusement comment on fait,
08:32parce que là, on n'y arrivera pas avec ce qu'on a.
08:35Non, je pense que... Tu as raison.
08:36Il faut un Livre blanc.
08:38C'est évident, parce qu'on a fait des revues stratégiques
08:42dont on n'a pas tiré grand-chose.
08:43Un Livre blanc, ça veut dire quoi ?
08:44Ça veut dire qu'on envisage, j'allais dire, sur les 10 ans à venir,
08:49quelle armée veut-on ?
08:50Exactement.
08:51Quelle défense veut-on ?
08:53Quel est l'objectif ?
08:53Quelle est la vision française ?
08:55On se rend bien compte aujourd'hui avec les deux conflits
08:57que tu as soulignés à l'introduction,
08:59entre le conflit en Ukraine et le conflit en Iran,
09:02les évolutions indispensables pour nos propres armées.
09:06Et ce n'est pas uniquement des chars et des canons,
09:08ni des avions de combat.
09:09C'est aussi du numérique.
09:11C'est aussi du drone ou du robot.
09:14Or, aujourd'hui, la France, comme l'Europe,
09:17ne dispose pas d'un cloud souverain ou autonome.
09:19On ne dispose pas de réseaux sociaux.
09:21L'accès à l'espace, qui va être extrêmement utile,
09:25est très limité.
09:26Quand on sait qu'Elon Musk est propriétaire
09:29de 12 000 satellites opérationnels qui tournent à la Terre
09:31sur les 15 000.
09:33Sur ces 15 000, il y en a aussi plus de 1 000 qui appartiennent à la Chine.
09:36Et la Chine, qui est une puissance montante en termes de spatial.
09:41Et où est l'Europe ?
09:42Où est la France ?
09:43Nous, on lance une Ariane 6 une fois tous les 2 à 3 mois.
09:47Et Elon Musk lance une fusée tous les 2 jours et demi.
09:51C'est dire que nous ne sommes pas suffisamment présents.
09:54Donc, accès à l'espace.
09:56Ensuite, la présence dans l'espace,
09:57nous n'avons pas de capacité à remplacer très vite nos satellites.
10:00Pourquoi ? Parce que d'abord, nous n'avons pas de fusée récupérable, réutilisable.
10:04Même s'il y a des tentatives comme Maya Space, par exemple, en termes d'entreprises françaises.
10:11Ensuite, dans l'espace, il faut être capable de protéger nos propres satellites.
10:15Parce que demain, on cherchera à les détruire.
10:16Maintenant, on a des satellites, ce tueur de satellites.
10:19On a des satellites, et je l'ai vu, moi, comme directeur du renseignement militaire,
10:23avec des petits satellites qui se mettent à côté des nôtres.
10:26Ce n'était pas pour...
10:28Ce n'était pas pour enfiler des perles.
10:30Comme l'on dit, c'était certainement pour récupérer des données incluses dans ces satellites.
10:35Donc, oui, espace numérique.
10:37Aujourd'hui, si on va avoir une autonomie, j'allais dire, de pensée,
10:42une autonomie d'anticipation, il faut avoir notre propre intelligence artificielle.
10:47Ah oui, exactement.
10:48Donc, si on n'a pas investi dans ça, c'est pour ça que je dis que c'est une
10:52loi,
10:53une loi de programmation militaire, non pas de réparation, mais de reconstruction.
10:56Il faut repenser notre défense, et dans le cadre d'un livre blanc,
11:01et le prochain président de la République devra le faire le plus vite possible,
11:04parce qu'un livre blanc, ça ne se fait pas en trois jours.
11:07Un jour, c'est du fabriquer travail.
11:08C'est du travail, c'est une réunion d'experts,
11:10c'est une réunion pour définir ce que l'on veut,
11:13et le décider, et ensuite mettre l'argent sur la table pour, en effet, le réaliser.
11:17Le livre blanc, c'est vrai, c'est une nécessité,
11:20parce qu'il y a aussi, je crois qu'il faut faire un constat,
11:22c'est que, comme tu l'as évoqué,
11:25quand on regarde pendant la guerre en Ukraine,
11:27je viens dire avec Elon Musk,
11:30les Russes, au départ, ils avaient démoli tous les centres de télécommunication de l'armée,
11:35ils disaient, on va avoir un billard,
11:37parce que les autres en face ne peuvent pas communiquer,
11:39et puis, huit jours après,
11:40Elon Musk leur donne à chacun un petit appareil qui marche par satellite,
11:44et puis c'est fini, on ne peut plus couper les communications des Ukrainiens.
11:48Nous, qu'est-ce qui se passe, nous ?
11:50– Nous, on utilise Starlink.
11:52– Eh oui, là, on n'existe pas, nous.
11:56– Oui, alors, il y a…
11:57– On a encore une compagnie de colombophiles.
11:59– Oui, ça, c'est toujours utile.
12:02– Je pense qu'il est toujours utile pour des militaires,
12:04donc ça va utiliser une carte et une boussole,
12:06ou pour des marins, ça va utiliser un sextant.
12:09Parce que, autrement, on risque d'avoir des surprises
12:12le jour où tout est…
12:14– Tout est numérisé et que ça s'arrête.
12:16– Tout est numérisé et que ça s'arrête.
12:17– Comme j'ai pu le voir en Espagne, lorsqu'il y a eu cette coupure générale d'électricité,
12:23à Valence, l'avion s'est posé, mais après, on n'a plus accès à rien.
12:26Plus accès dans la chambre d'hôtel, puisque tout est numérisé.
12:29Sur l'ordinateur, il n'avait plus accès à l'ordinateur.
12:31On ne pouvait plus tirer d'argent pour aller se déjeuner.
12:35Dans les restaurants, ils ne vous servaient pas à déjeuner
12:36si vous n'avez pas d'argent liquide,
12:37parce que tous les systèmes numériques de paiement ne fonctionnaient pas.
12:42Bref, on se rend bien compte que si on ne garde pas ces capacités,
12:47certes anciennes, mais qui fonctionnent même quand tout est coupé,
12:50qu'il n'y a plus de l'électricité, c'est absolument indispensable.
12:53Mais néanmoins, il faut donc avoir notre propre capacité énergétique.
12:57C'est-à-dire que l'énergie, on n'y pense pas souvent,
13:01mais c'est absolument indispensable.
13:03On a de plus en plus besoin d'énergie.
13:04Et c'est là où la France est assez leader.
13:06Sur les 98 réacteurs nucléaires qui sont en Europe, 57 sont français.
13:11Donc là, on a un avantage.
13:12On a un vrai avantage.
13:14Et c'est pour ça qu'il faut développer des petites centrales.
13:20Et on sait le faire en France, puisqu'on a ça sur nos sous-marins,
13:22on a ça sur nos porte-avions.
13:24Donc oui, il y a ça.
13:25Mais pour moi, il y a un élément également indispensable,
13:27c'est le réarmement moral.
13:29C'est-à-dire qu'on peut avoir des chars, on peut avoir des cadons,
13:32mais si on n'a pas cette volonté de se battre, cette capacité de se battre,
13:34ça ne fonctionnera pas.
13:36Or, ce réarmement moral, c'est quoi ?
13:37C'est apprendre à notre jeunesse ce qu'est la défense,
13:41mais même pas qu'à notre jeunesse, aux personnes plus âgées,
13:44parce qu'on vit en paix, on a la chance de vivre en paix en Europe et en France depuis
13:4780 ans,
13:48apprendre ce que c'est que la guerre.
13:50On vit dans un monde de plus en plus risqué.
13:51Des États-Unis qui étaient des partenaires qui risquent d'obtenir ses adversaires,
13:55une Russie qui a attaqué l'Ukraine,
13:57une Chine qui est de plus en plus impérialiste,
14:00une Turquie qui retrouve les limites de l'Empire Ottoman,
14:04un Iran dont on voit bien les capacités qui sont les siennes
14:07contre toutes les attentes américaines.
14:11Le monde est en parfaite ébullition et l'Europe serait protégée par ça.
14:15Mais on est protégé que si on est fort,
14:17et que si on est craint, et que si on est dissuasif.
14:19Mais également sur le plan moral.
14:22Donc je pense, moi, qu'il faut pousser des classes de défense,
14:25il faut en effet instruire notre jeunesse,
14:28instruire les gens plus âgés,
14:29et puis on a un problème à la fin démographique.
14:32C'est qu'en Europe, pour qui va armer nos chars,
14:35qui va armer nos équipages,
14:36qui va piloter nos avions,
14:38s'il reste encore des avions à piloter ?
14:40Il faut des gens, il faut des soldats, des marins, des aviateurs.
14:44Et or, quand on pense que 11 États de l'Union européenne
14:48ont une population qui baisse aujourd'hui.
14:51Et on parlait tout à l'heure de la Pologne et de l'Allemagne.
14:53Ce sont deux pays qui, certes, se réarment militairement,
14:55mais qui ont une population qui baisse.
14:57La Pologne perd 400 000 actifs par an.
14:59Et l'Allemagne, je pense que c'est quelque chose d'assez similaire.
15:03C'est-à-dire qu'on a un vrai problème démographique
15:05dont il faut oser parler.
15:08Parce qu'à la fin des fins,
15:09qui nous défendra ?
15:12S'il n'y a plus personne à qui on fait tenir un fusil,
15:15on risque de devenir, j'allais dire,
15:16une cible assez facile pour tous les prédateurs.
15:19Or, nous sommes dans un monde de prédateurs.
15:22Oui, mais alors, justement, quand tu parles de ça,
15:23moi, je pensais, en t'écoutant,
15:27aux sondages qui ont été réalisés récemment
15:29sur les jeunes en Europe.
15:30Est-ce qu'ils sont prêts à faire la guerre ou pas ?
15:32Au moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas l'enthousiasme.
15:35Alors, ça dépend.
15:36C'est vraiment culturel.
15:38Et ça vraiment dépend des pays.
15:40Le sondage, en tous les cas, celui que j'ai lu,
15:43donnait 80% des jeunes entre 18 et 25 ans scandinaves
15:48sont prêts à prendre les armes pour défendre leur pays.
15:50En France, ça serait 57%.
15:52Ce qui n'est pas mal.
15:53Et ce qui est beaucoup plus que les Espagnols, l'Italien,
15:56ou les Allemands, qui sont plus entre 20 et 30%.
16:00C'est dire que, oui, il y a une réalité.
16:05Cette réalité, je pense qu'il faut en profiter en France
16:07pour créer un service militaire volontaire.
16:09Aujourd'hui, on parle de service national.
16:11C'est un service militaire volontaire
16:13de durée de 10 à 12 mois
16:15qui permettent, un, de former une partie de notre jeunesse,
16:18les volontaires,
16:18qui permettent ensuite d'alimenter une réserve
16:20pour avoir une capacité de défense territoriale.
16:23Parce qu'on se rend bien compte en France, d'abord,
16:24que les brigades de gendarmerie territoriale
16:26ont un peu disparu.
16:28Les gendarmes sont beaucoup moins présents.
16:29Qui tient le territoire ?
16:31Qui est prêt à protéger nos infrastructures critiques ?
16:37Et ça, nos infrastructures, nos vitales ?
16:40C'est là où je pense qu'il y a une vraie réflexion.
16:44Et dans le cadre d'un livre blanc,
16:45ça me pourrait absolument indispensable
16:47pour avoir au moins, à la fin des fins,
16:48150 000 réservistes
16:50qui permettent d'avoir un peu de masse.
16:51Il faut les former.
16:53Pour les former, il faut des lieux pour les former,
16:56des casernes, des centres d'entraînement.
16:58Or, tu sais mieux que mieux,
17:00au moins, au-dessus, bien que moi,
17:01c'est pas beaucoup mieux
17:02qu'on a vendu nos casernes
17:03pour faire un peu d'argent
17:04pour financer notre matériel.
17:07Donc aujourd'hui,
17:08où on les met, ces braves gens, pour les former ?
17:10On les met sous la tente ?
17:12Moi, ça me dérange pas.
17:13C'est une possibilité.
17:14On a tous été formés d'abord sous la tente.
17:16Exactement.
17:17On l'a connu.
17:18On a connu la formation sous la tente initiale.
17:20Bon, ça, c'est une possibilité, bien sûr.
17:23Mais je pense qu'il existe encore des bâtiments
17:24pour former au moins 10 000 réservistes par an,
17:28voire un peu plus.
17:29On a encore des toits, des gymnases,
17:32ou des camps dans lesquels...
17:34Mais il faut qu'on décide.
17:35Il faut qu'on le dise.
17:36Mais ça doit être décidé.
17:38Et je pense qu'on attirera...
17:39Alors, les armées françaises disent aujourd'hui,
17:41oui, on veut des réservistes
17:41dans les métiers que nous n'avons pas dans les armées.
17:44Moi, c'est pas ça, le sujet.
17:45Le sujet, c'est qu'on doit avoir, j'allais dire,
17:47des soldats prêts à enlever le feu.
17:49Donc formés à se déplacer, à tirer, à se battre.
17:55Quand tu définis, tu donnes une définition
17:57de la réserve citoyenne nationale,
18:01qui est celle de la garde nationale américaine,
18:03où ils sont opérationnels, les gens.
18:04Absolument.
18:05Parce qu'ils prennent les avions de chasse
18:07et puis ils vont faire la guerre.
18:08Même les chars, etc.
18:09Les chars et tout.
18:10C'est pour ça qu'on dit, aujourd'hui,
18:11on dit, oui, c'est pour machin,
18:12on n'ose pas trop dire qu'on peut les engager.
18:14Si on ne veut pas les engager,
18:15c'est un intérêt d'opération.
18:16À ce moment-là, on leur fait signer un contrat.
18:17Ce qu'on appelait à l'époque
18:18du service militaire obligatoire,
18:21on appelait ça les volontaires services longs.
18:23Donc les gens signaient un VSL
18:25d'une année ou deux ans.
18:27Ceux qui signaient un volontaire service long,
18:29en général, souvent, une partie d'entre eux
18:31serait engagée pour devenir des soldats d'actifs.
18:35C'est ce à quoi il faut penser.
18:37Mais je pense qu'il faut aller vraiment dans ce sens-là.
18:39Les Allemands y pensent aussi.
18:41Tous les pays pensent, en effet,
18:43à relancer un service militaire volontaire ou non
18:45face aux menaces.
18:46Parce qu'à la fin des fins,
18:48qui tient le terrain ?
18:49Si ce n'est le soldat, le fantassin
18:50dans sa tranchée ou dans son trou.
18:52Si on peut avoir des robots,
18:54certes, on a vu des exemples en Ukraine
18:56où, j'allais dire,
18:57des robots permettaient de capturer
18:58même des soldats russes.
18:59C'est très bien.
19:00Mais c'est un épiphénomène
19:03au sens où ce n'est pas général.
19:05Mais il faut des soldats sur le terrain
19:07parce que qui manie ses drones
19:09et ses robots,
19:09ce sont toujours des soldats.
19:12Il y a toujours quelqu'un
19:13qui est derrière,
19:13avec le boîtier.
19:15Il y a toujours quelqu'un qui est derrière.
19:15Que ce soit le drone ou ce qu'on voudra,
19:17il faut quelqu'un avec le boîtier.
19:19Exactement.
19:20Justement,
19:20mais pour aller...
19:21Tu parlais de la France,
19:23des Français.
19:25On a notre voisin,
19:27notre grand voisin,
19:28qui nous dit que lui,
19:29il va avoir la première armée d'Europe.
19:32et quand on voit effectivement
19:34les sondages sur la volonté
19:36des jeunes Allemands
19:37de faire la guerre
19:37et puis la puissance
19:40des écologistes,
19:41des pacifistes en Allemagne,
19:43on se demande vraiment
19:44s'il n'y a pas un décalage sérieux
19:46dans des pays comme l'Allemagne
19:47entre la réalité,
19:48et en plus avec la contraction démographique,
19:51entre la réalité
19:52et puis le besoin.
19:54Parce que c'est facile de dire
19:56on va faire ci,
19:57on va faire ça,
19:58on va produire des chars en quantité,
20:00mais comme je disais tout à l'heure,
20:01mais s'il n'y a personne
20:01pour me demander dedans,
20:03le char, il ne sert à rien.
20:04L'Allemagne,
20:05c'est un cas extrêmement intéressant
20:07puisque l'Allemagne,
20:08on l'a nourrie au pacifisme
20:10depuis 80 ans.
20:11L'Allemagne,
20:12on a fait en sorte
20:13qu'elle ne regrossisse pas militairement.
20:16Et donc,
20:16elle est rentrée dans l'OTAN
20:17et l'armée allemande,
20:18finalement,
20:19est configurée
20:19par et pour l'OTAN.
20:22Aujourd'hui,
20:23ils veulent se réarmer.
20:24Donc, en effet,
20:25ils vont investir beaucoup d'argent
20:26dans leur défense,
20:28plusieurs centaines de milliards d'euros
20:30pour construire des chars,
20:31pour construire des avions de combat,
20:32pour même accéder à l'espace,
20:34etc.
20:35Mais je ne suis pas certain
20:36qu'ils trouvent
20:37le nombre de soldats
20:38nécessaire.
20:39Car quand je parle
20:40à mes collègues parlementaires
20:42européens allemands,
20:43ils me disent
20:43écoute Christophe,
20:44ça va être compliqué.
20:45Déjà,
20:46de trouver des volontaires
20:47pour faire leur service militaire volontaire
20:48et d'autre part
20:49pour avoir des soldats engagés.
20:50Il n'y a pas du tout
20:51la même tradition militaire
20:52que nous avons conservé en France,
20:54dans lequel,
20:55c'est-à-dire faire carrière
20:55dans les armées,
20:57est quelque chose
20:59de plutôt très bien vu.
21:01Ce n'est pas le cas
21:01dans un certain nombre
21:02de pays européens
21:03dans lesquels l'armée,
21:05d'abord,
21:05à quoi ça sert ?
21:07Ils se sont dévolus
21:08entièrement à l'OTAN.
21:10Quand vous demandez
21:11à un citoyen allemand
21:12en cas de guerre
21:13qui va les défendre,
21:13il va vous répondre l'OTAN.
21:15Vous demandez à un citoyen français
21:16qui le défend en cas de guerre,
21:17il va vous répondre l'armée française.
21:19On n'a pas du tout
21:19ce même rapport
21:20à la défense
21:22que nous pouvons,
21:23que l'ont les Allemands
21:24ou que l'ont d'autres pays européens.
21:28Les Polonais
21:29ont une vraie volonté.
21:30Les Polonais,
21:31ils se sentent
21:32sur la frontière.
21:33Ils ont souffert
21:34de la Russie très nettement.
21:37Ils ont été occupés
21:38pendant longtemps.
21:39Et donc,
21:39eux,
21:40en effet,
21:40ils ont commandé
21:41800 chars
21:42au sud.
21:43Comment vont-ils les armées ?
21:44Parce qu'ils ont
21:45une difficulté,
21:46eux,
21:46j'allais dire,
21:47à fidéliser leurs soldats.
21:50Et c'est un des sujets
21:51de l'armée polonaise.
21:52Même si,
21:53en effet,
21:54ils investissent
21:54beaucoup d'argent.
21:55Ils en sont à 4,5%
21:56de leur PIB
21:57pour leur défense.
21:59Ils veulent créer
22:00des bataillons,
22:01ils veulent créer
22:01des brigades
22:02blindés
22:03pour être prêts
22:04le jour
22:04où les Russes
22:06attaqueraient.
22:08Et surtout,
22:08dissuader
22:09les Russes attaqués.
22:10– Bien sûr,
22:10il vaut mieux dissuader
22:11que réagir.
22:13– C'est qui veut
22:15la paix
22:15et prépare la guerre.
22:16C'est exactement
22:17l'état d'esprit polonais.
22:19C'est l'état d'esprit
22:20en Europe aujourd'hui.
22:21Même si,
22:22même si,
22:24on a un problème
22:25d'organisation.
22:26Comment se défend-on
22:27demain ?
22:27Alors les gens me disent
22:28oui, il y a l'OTAN.
22:29Très bien.
22:30L'OTAN,
22:31c'est très bien.
22:31En effet,
22:32ça fonctionne
22:32avec l'article 5.
22:34Un pays dit,
22:36moi je demande
22:37l'article 5
22:38de faire jouer
22:38l'article 5
22:39de l'Alliance.
22:40On joue l'article 5.
22:41Nous, en Europe,
22:42on a l'article 42.7
22:43qui est un article
22:45d'assistance mutuelle
22:46dans tous les domaines.
22:47Donc aussi bien
22:47le domaine de la défense.
22:48Mais qui est plus contraignant
22:51que l'article 5
22:52du traité de l'OTAN.
22:54Mais on n'a pas
22:55d'état-major
22:56capable de...
22:57On a un état-major de crise
22:58qui s'appelle
22:59l'état-major de l'Union Européenne.
23:00C'est une centaine de militaires
23:02mais qui n'est pas capable
23:03de planifier,
23:04de conduire une guerre.
23:05Et on a un euro-core.
23:07C'est environ 1 000 militaires
23:09qui est basé à Strasbourg
23:09mais qui est constitué
23:11par des soldats
23:12de 4 à 5 pays.
23:14Quand on mixerait les deux,
23:15on pourrait avoir
23:16un état-major
23:17capable de planifier,
23:18de conduire
23:19des opérations militaires
23:20dans une bataille
23:21de haute intensité
23:23avec des moyens
23:23de liaison propre,
23:25avec des moyens
23:25de renseignement propre.
23:27Oui, avec bon bouge.
23:27Ça serait un système
23:28otanien si l'on veut.
23:30Il y a un autre système,
23:30c'est d'européaniser l'OTAN.
23:33Parce que l'OTAN,
23:34c'est...
23:34Il y a les Américains,
23:35on y trouve des Turcs.
23:37Je rappelle simplement
23:37que la Turquie
23:38occupe quand même
23:39une partie
23:40d'un des pays
23:40de l'Union Européenne
23:41qui s'appelle Chypre
23:42mais que tout le monde
23:43trouve ça normal.
23:45Mais c'est la première armée
23:46d'Europe.
23:47La deuxième.
23:48Ah, la Turquie,
23:48je pense que oui.
23:50C'est une armée
23:51qui a investi
23:51énormément d'argent.
23:52Il ne faut pas sous-estimer
23:54du tout l'armée turque
23:55qui est une armée opérationnelle
23:57entraînée
23:57et aguerrie.
23:59Oui, aguerrie.
24:00C'est la première armée
24:01otanienne en Europe
24:02en tout cas.
24:03C'est la première armée
24:05otanienne en Europe.
24:06Les Américains
24:07ont encore
24:084 000 soldats
24:10sur le sol européen
24:11mais c'est plus,
24:11j'allais dire,
24:12des gens en état-major,
24:14des gens en logistique
24:14qui n'ont pas réellement
24:16de troupes combattantes
24:17au sens où on entend
24:17une unité prête
24:18à engager le combat.
24:20Les Allemands,
24:21dans le cadre
24:22de leur développement,
24:23veulent relancer
24:24l'industrie de défense
24:25en Allemagne.
24:26A notre côté,
24:27nous,
24:27on a une industrie
24:28de défense importante
24:29en France.
24:30Et,
24:31tu es au courant
24:32que nous,
24:33il se dit
24:34que le Parlement européen
24:36verrait d'un bon oeil
24:37que les exportations
24:38d'armes
24:39depuis l'Europe
24:40soient validées
24:41par le Parlement européen.
24:42C'est vrai ça ?
24:43Parce que si c'est ça,
24:44on va être pénalisés
24:45nous les Français,
24:46non ?
24:46Sachant que la majorité
24:47est allemande.
24:49Oui,
24:50alors c'est pas...
24:50Je m'excuse,
24:51je fais un peu un raccourci,
24:52mais c'est peut-être
24:52pour te faire,
24:53pour te pousser un peu.
24:54On fait réagir.
24:55La France a la chance
24:57d'avoir une base industrielle
24:58et technologique de défense
24:59avec 4500 entreprises environ
25:01qui travaillent pour la défense.
25:03Alors,
25:03elles ne sont pas que
25:04les entreprises de défense,
25:05mais en tout cas,
25:06elles travaillent pour la défense.
25:08Avec 10 gros donneurs d'ordre,
25:10on pense à Thalès,
25:11on pense à Dassault,
25:12Naval Group,
25:13MBDA,
25:15Safran et autres.
25:17Mais au-delà de ça,
25:18il n'y a que 6 pays en Europe
25:20qui disposent d'une base
25:21industrielle et technologique
25:22de défense.
25:23L'Allemagne,
25:24la Pologne,
25:24l'Espagne,
25:25l'Italie,
25:25la Suède
25:25et sans doute un peu
25:27les Pays-Bas.
25:27Les autres,
25:28on peut avoir des industries
25:29travaillant pour la défense,
25:30mais ça ne constitue pas en soi
25:32une base industrielle
25:32et technologique.
25:34Ce que veut l'Europe,
25:34c'est qu'elle veut
25:35un marché unique de la défense,
25:36comme on a un marché unique
25:38pour un certain nombre
25:39de biens de consommation.
25:41Mais un char n'est pas
25:43un frigidaire,
25:43un char n'est pas
25:44un bien de consommation.
25:45Un char,
25:46c'est un armement.
25:47Et dès lors que
25:48le marché unique,
25:49ça veut dire plusieurs choses,
25:50c'est-à-dire
25:50liberté de circulation,
25:52ça veut dire que
25:53les inputs
25:54sont mis
25:55par la commission.
25:57C'est-à-dire
25:57qu'on laisserait
25:58la commission décider
25:59de ce que l'on peut
26:01exporter
26:01vers tel autre pays.
26:02Or,
26:03l'exportation
26:03de matériel de guerre
26:04reste une compétence
26:05totalement nationale.
26:06Je rappelle que
26:08il reste
26:08trois compétences
26:11à la main
26:11des États membres
26:12pour leur souveraineté,
26:13c'est la défense,
26:14ce sont les affaires étrangères,
26:15la diplomatie,
26:16et c'est
26:18les impôts directs.
26:20Or,
26:21de plus en plus,
26:22on voit bien
26:22que l'Europe voudrait
26:24lancer son propre impôt
26:25pour avoir
26:26ses propres ressources,
26:27voudrait
26:28en effet
26:29avoir la main
26:30sur l'industrie
26:31de défense,
26:33avoir la main
26:34sur la diplomatie
26:35à travers son service
26:38d'action extérieure.
26:38qui est très discuté
26:39actuellement.
26:40Exactement.
26:41Or,
26:42je trouve que
26:44la France en particulier
26:45est un peu absente
26:46dans ces domaines-là,
26:47par le peu.
26:48Alors,
26:48au Parlement européen
26:49avec d'autres parlementaires
26:51français,
26:52on se bat
26:53pour éviter ça,
26:55pour éviter
26:55que la commission
26:56impose
26:57à notre pays,
26:59en particulier à la France,
27:00et c'est bien tout le sens
27:01de mon engagement d'ailleurs
27:01comme parlementaire européen,
27:02c'est défendre la France
27:03et les intérêts des Français.
27:04Bien sûr.
27:05Oui,
27:05parce qu'on est sur...
27:07Il faut bien voir
27:08les choses en face.
27:09Le traité de Rome
27:10est derrière
27:11dans tous les traités européens.
27:13Il est bien dit,
27:13comme tu l'as rappelé,
27:14qu'il y a des domaines
27:15régaliens
27:15qui dépendent des États.
27:17Or,
27:17quand j'entends,
27:18quand je vois
27:19ce qui se passe
27:19avec le SEAE,
27:21comme on dit,
27:22le service européen
27:23d'étrangers,
27:26qui dit,
27:26mais non,
27:27nous,
27:27on veut remplacer,
27:28on veut mettre
27:28des ambassades partout,
27:30et ils sont en train
27:31de vouloir nous écraser,
27:32de nous supplanter.
27:34Ce n'est pas acceptable.
27:35Alors,
27:36sur le plan militaire,
27:37c'est un peu la même chose.
27:38Je ne vois pas pourquoi
27:40ce serait l'Europe
27:40qui déciderait
27:41si on peut vendre
27:42des Rafales
27:43ou des sous-marins
27:43à X ou Y.
27:45Parce que je sais très bien
27:46comment ça se terminera.
27:48Ça se terminera
27:48que les sous-marins allemands
27:51seront plus vendus
27:52que les sous-marins français.
27:53En tout cas,
27:54tant que Mme von der Leyen
27:55sera là
27:56et que la majorité
27:57de ses conseillers
27:58seront allemands.
27:59Si j'ai raconté
28:00que si j'avais fait
28:02un rapport d'étonnement
28:03en arrivant au Parlement européen,
28:05deux étonnements majeurs
28:06pour moi,
28:06c'est un,
28:07le poids de l'Allemagne.
28:08Mais le poids de l'Allemagne,
28:10il est lié
28:10non pas au nombre
28:11de députés,
28:1294 députés allemands
28:13au Parlement européen
28:14contre 81 Français.
28:16C'est le fait
28:17que ces députés allemands
28:19sont là
28:19non pas pour un mandat
28:21ni deux mandats,
28:22mais au moins trois mandats.
28:23Un mandat pour apprendre,
28:25un mandat pour être efficace
28:26et un mandat pour transmettre.
28:27Les députés français
28:28sont là,
28:29soit des jeunes premiers
28:30comme je le suis,
28:31c'est-à-dire nouveaux
28:32sur le marché,
28:33ou alors du recyclage
28:35de gens non élus
28:36sur le plan national.
28:38En tous les cas,
28:38c'est le choix des partis,
28:39c'est là pour tous
28:40les partis politiques,
28:41je n'accuse personne,
28:43c'est simplement.
28:44Et donc quand on est là
28:45pour trois mandats,
28:46on est là pour 15 ans,
28:47un mandat étant 5 ans,
28:49c'est-à-dire qu'on connaît
28:50les arcanes,
28:50on connaît les moyens
28:51de peser,
28:52on connaît la façon
28:53de faire un rapport
28:53d'initiative,
28:54on connaît la façon
28:55d'être président
28:56d'une commission,
28:57d'être rapporteur
28:58d'un texte,
28:59d'être coordonnateur
29:01pour un parti
29:02au sein d'une commission,
29:03enfin bref,
29:04donc on pèse dans le système.
29:05A tel point,
29:06c'est que la commission
29:07de sécurité et de défense
29:07à laquelle j'appartiens,
29:08c'est une Allemande
29:09qui est présidente.
29:10La commission
29:10d'affaires étrangères
29:11dans laquelle je siège aussi,
29:12c'est un Allemand.
29:14C'est dire
29:15que ces gens-là
29:17pèsent énormément.
29:18La commission y trait,
29:20donc industrie,
29:21même chose.
29:22Donc en fait,
29:22on se rend bien compte
29:24que les Allemands
29:25pèsent énormément.
29:26La deuxième,
29:27étonnement,
29:28c'est le poids
29:29des petits pays.
29:30C'est-à-dire que
29:31des pays comme,
29:32comment ça s'appelle,
29:33Malte,
29:34540 000 habitants,
29:35le Luxembourg,
29:37je crois que c'est
29:38750 000 habitants,
29:39quelque chose comme ça.
29:40Les pays baltes,
29:42les États-Unis,
29:42ça doit être 3 millions d'habitants,
29:44pèsent autant
29:44qu'un pays comme la France
29:46qui est entre 68
29:47et 69 millions d'habitants,
29:48qui a l'arme nucléaire,
29:49qui a la deuxième zone
29:52économique exclusive au monde,
29:53etc.
29:54C'est dire que,
29:56or je ne sens pas
29:57une réelle volonté
29:59de peser,
30:00c'est-à-dire que nos ministres
30:01ne vont pas forcément
30:02en réunion interministérielle
30:03à Bruxelles.
30:03On se désintéresse
30:05de l'Europe
30:06et le citoyen français
30:06se désintéresse de l'Europe.
30:08Or,
30:08beaucoup de décisions
30:09que nos pays à l'Europe
30:10ont des conséquences
30:10sur la vie des citoyens français.
30:11Et c'est là
30:12où on devrait prendre
30:13beaucoup plus en considération
30:14pour peser.
30:15La France,
30:16qui est l'un des pères
30:17ou des mères fondatrices
30:18de l'Europe,
30:20a cessé de peser.
30:21Et contributrice.
30:22Et contributrice.
30:23On est largement
30:24on est contributrice,
30:25oui,
30:25positive.
30:26Positif.
30:26Oui,
30:27c'est-à-dire qu'on retourne
30:29à moins d'argent
30:30que dans la donnée.
30:30Ça, c'est clair.
30:31Et d'ailleurs,
30:32ce qui est intéressant,
30:33c'est pourquoi l'Islande,
30:34qui a voté non
30:35pour entrer dans l'Union européenne,
30:37en tous les cas,
30:37en termes de référendum.
30:39Mais c'est un pays riche.
30:40Ils savent très bien
30:41qu'ils vont être contributeurs directs.
30:42Pourquoi la Norvège
30:43ne rentre pas dans l'Union européenne ?
30:44Mais ils ne sont pas fous.
30:45Ils savent qu'ils vont payer plus
30:47qu'ils ne recevront.
30:48Qui veut rentrer dans l'Union européenne ?
30:50Les pays pauvres,
30:51plus petits,
30:52qui savent qu'ils vont plus toucher.
30:53Ça va être Las Vegas.
30:54On va plus toucher
30:56de l'Union européenne
30:57qu'on nous donnera.
30:58C'est là où le bas blesse
30:59sans doute un peu.
31:00Et c'est là où,
31:00de mon point de vue,
31:01il faut réorganiser l'Europe
31:02pour avoir une Europe
31:03sans doute plus cohérente
31:05dans lesquelles les grands pays
31:06ont plus de poids
31:07que les petits
31:08parce qu'on est 27.
31:10C'est certain.
31:10Je ne dis pas que les grands
31:12doivent donner des ordres aux petits.
31:13En tous les cas,
31:14c'est un des grands pays
31:15de l'Union européenne
31:16et la société électorale
31:16doit beaucoup plus se poser
31:17qu'elle ne le fait.
31:18Il faut bien se rendre compte
31:19qu'on a un commissaire par pays.
31:21Au départ,
31:22on en avait deux.
31:22Emmanuel Macron voulait même
31:23supprimer le commissaire
31:24en disant
31:24oui, il faut fluidifier,
31:26faciliter,
31:27rendre plus agile
31:28le fonctionnement de l'Europe.
31:29Donc la France propose
31:30de retirer son propre commissaire.
31:32Mais au départ,
31:33on en avait deux.
31:34Résultat,
31:34résultat.
31:35C'est en ça
31:37où on a
31:39un manque de volonté,
31:40je pense,
31:41pour peser
31:42au sein de cette Europe.
31:43Et la volonté,
31:44c'est essentiel
31:45pour défendre son pays.
31:46Je vous ai raconté,
31:48j'étais à la Munich Security Conference
31:49en février à Munich,
31:51comme son nom l'indique.
31:51La Conférence de sécurité.
31:52Oui.
31:53Et j'ai écouté
31:54le chancelier Merz
31:55et le président
31:55de la République française.
31:57Le chancelier Merz
31:58a parlé en premier,
31:59il s'est exprimé en allemand,
32:00il a parlé de l'Allemagne,
32:01de l'industrie allemande,
32:02du réarmement militaire allemand.
32:05Très bien.
32:07Il avait raison,
32:08c'était le chancelier allemand,
32:08donc il défendait son pays.
32:09Le président français
32:10prend la parole,
32:11il a parlé en anglais,
32:13et il a cité une seule fois
32:15le mot France,
32:15c'est pour dire
32:16l'Allemagne et la France.
32:19On voit bien,
32:19on voit bien
32:20qu'on n'a pas
32:21les mêmes objectifs.
32:23De mon point de vue,
32:24une Europe peut être forte,
32:25enfin peut être unie
32:26avec une France forte,
32:27et la France peut,
32:29j'allais dire,
32:29donner des orientations
32:30à l'Europe,
32:31non pas en faisant
32:31cocorico sur notre tas
32:32de fumiers,
32:33mais en étant plus fort.
32:35Effectivement,
32:35il faudra réduire notre dette,
32:36mais en tout cas,
32:37montrer que l'on est présent,
32:39montrer que l'on veut
32:40faire fonctionner
32:41cette Europe
32:42de façon,
32:42en effet,
32:43à ce que l'on ne soit pas
32:44demain une cible.
32:47avec cette expérience
32:48dont tu parles,
32:48qui est très intéressante,
32:51l'Europe,
32:52on est tous d'accord,
32:53il faut que l'Europe continue,
32:54ça,
32:54on est tous là-dessus d'accord,
32:55mais il faut la repenser,
32:57la reconstruire,
32:58non ?
32:58Je pense qu'il est nécessaire
32:59de revoir son mode
33:00de fonctionnement.
33:02Aujourd'hui,
33:02on a une...
33:02C'est ce que tu dis,
33:03c'est ce que tu laisses entendre,
33:04en tout cas.
33:04On a une Ursula von der Leyen,
33:06une présidente de la Commission
33:06qui prend de plus en plus
33:08de poids,
33:09qui est de plus en plus présente
33:11sur les domaines régaliens
33:12que sont la diplomatie,
33:15que sont la défense,
33:17que sont les impôts,
33:20même,
33:20parce qu'elle voudrait bien
33:20avoir un impôt propre,
33:22de façon à avoir des revenus
33:23en propre,
33:24ça sera un nouvel impôt
33:26pour les citoyens
33:27des États membres
33:28de l'Union européenne.
33:30le président du Conseil,
33:32lui,
33:32finalement,
33:33a peu de poids.
33:35Les...
33:35Et le Parlement
33:36cherchent à...
33:39Pèsent,
33:39pèsent,
33:41mais est souvent divisé,
33:42évidemment.
33:42C'est 720 députés
33:43qui appartiennent
33:45à différents groupes politiques
33:46avec aucun pays
33:48n'a la majorité absolue.
33:50Donc,
33:50c'est obligé.
33:51On fonctionne par consensus.
33:54Donc,
33:54de mon point de vue,
33:55oui,
33:55face au monde actuel,
33:56face à des États-Unis
33:57qui,
33:58de partenaires
33:59s'en sont en adversaires,
34:00face à une Chine
34:01de plus en plus conquérante,
34:02à une Russie
34:04qui est,
34:05j'allais dire,
34:06qui veut
34:07repousser les limites
34:08de son propre empire,
34:10il est impératif
34:12qu'entre États européens,
34:13on se pose des questions
34:14et qu'on ait une vision.
34:15C'est pour ça que,
34:16je reviens sur mon idée
34:17d'État-major,
34:18je verrais bien
34:18un Conseil de sécurité européen
34:20qui pourrait fonctionner
34:22à la manière
34:22du Conseil de sécurité
34:23de l'ONU,
34:24qui permettent
34:25de décider rapidement
34:26et à partir duquel,
34:27en effet,
34:28on a un État-major
34:29de guerre
34:30qui permet de planifier
34:31le continu de guerre.
34:31Aujourd'hui,
34:32l'État-major,
34:33il dépend plus ou moins
34:33du SEAE
34:34et de...
34:35Oui, ça ne peut pas marcher.
34:36Ça ne peut pas fonctionner.
34:38La Kaya Kalas,
34:39qui est de la haute représentante
34:41et donc,
34:41en fait,
34:42globalement,
34:43j'ose le titre
34:43ministre des Affaires étrangères
34:44de l'Europe
34:46est bypassée systématiquement
34:47par Ursula von der Leyen.
34:48C'est-à-dire qu'en fait...
34:48Mais ça, c'est clair,
34:49elles ne s'entendent pas du tout.
34:50Ces deux femmes
34:51ne s'entendent pas.
34:51Elles font tout
34:52pour se massacrer
34:54l'une et l'autre, oui.
34:55Et on ne va pas faire laisser
34:56la politique étrangère
34:57de l'Europe.
34:59Elle représente
34:59un petit pays.
35:00Donc, c'est-à-dire
35:01c'est là où la France
35:03doit chercher
35:04à plus se poser.
35:04Mais évidemment,
35:06tout le monde
35:06a sa part.
35:08Chypre,
35:09bien évidemment,
35:11Malte,
35:12le Luxembourg,
35:12la Belgique...
35:13Oui, mais tu as raison.
35:14C'est vrai qu'une espèce
35:16de conseil de sécurité
35:17des grands pays européens,
35:18ça permettrait déjà
35:20de contrebalancer
35:20un petit peu d'équilibré
35:21comme ça se passe
35:22à l'ONU.
35:23Qui permet de décider vite
35:25et ensuite,
35:26eh bien si on doit
35:27mener une opération,
35:29cet État-major
35:29est là pour ça
35:32et peut planifier.
35:33Et ensuite,
35:33on y met les contingents
35:34des pays qui acceptent
35:35que d'envoyer leurs soldats.
35:37C'est le fonctionnement
35:38de l'OTAN actuel.
35:40Donc, soit on arrive
35:41à europaiser l'OTAN,
35:42ce qui va me sembler compliqué
35:43parce que les Turcs,
35:44les Américains,
35:45les Canadiens,
35:46enfin, vrai,
35:46j'en passe,
35:47c'est des meilleurs.
35:47Soit on crée
35:48un véritable État-major,
35:49une deuxième ligne de défense
35:51si la première
35:52n'existe plus.
35:54Parce que quand on écoute
35:55les Américains,
35:56ils trouvent qu'ils payent
35:57trop pour l'OTAN.
35:59Certains disent
35:59mais ça sert à quoi
36:00ce machin.
36:01Bref.
36:02Donc, on ne sent pas
36:03une vraie volonté américaine
36:05de maintenir l'OTAN.
36:07Même si l'OTAN
36:08est intéressant pour eux
36:09parce que finalement,
36:10ils gardent l'Europe
36:11à la main.
36:12l'Europe est une marketplace.
36:13Oui, ça leur permet de contrôler
36:13et puis ils vendent le matériel.
36:15L'Europe est une marketplace.
36:15Et puis, en travers ça,
36:16ils vendent tout leur matériel
36:17de guerre quand même
36:18parce que là,
36:18ça marche pas mal.
36:19Je voulais te poser une question
36:22indirecte,
36:22mais par rapport
36:22à une chose
36:23que tu viens de dire.
36:25La Russie.
36:26On dit que la Russie
36:27est agressive actuellement
36:29et qu'elle veut,
36:30comme tu l'as très justement dit,
36:31elle veut tenir son périmètre,
36:33elle veut même l'élargir
36:34si c'est possible.
36:35Face à l'Europe,
36:36à l'Europe la nôtre,
36:38est-ce qu'en définitive,
36:40elle peut gagner
36:41parce que nous sommes
36:42trop faibles
36:42ou elle peut gagner
36:43parce que nous ne voulons pas
36:45faire face ?
36:46Parce que,
36:47tu l'as dit,
36:48nos armées européennes
36:49sont en définitive,
36:51on est plus nombreux
36:52que l'armée russe.
36:53On consacre trois fois
36:55le budget,
36:56trois, quatre fois,
36:56même quatre fois
36:57le budget de l'armée russe.
36:59Ça, c'est avant-guerre.
37:00Avant-guerre, c'est sûr.
37:01Avant-guerre,
37:01ça a monté un peu,
37:02mais ils sont à combien maintenant ?
37:04Avant-guerre,
37:05ils étaient à 80.
37:06Oui, c'est ça,
37:0780-100.
37:08Aujourd'hui,
37:09ils sont en économie de guerre.
37:11Donc, en fait,
37:12une grande partie
37:12de leurs ressources
37:13part dans l'ordre de la France.
37:15Mais ils sont quand même
37:16moins,
37:16même en économie de guerre,
37:18c'est quand même moins
37:18que ce que représentent
37:19les investissements de l'Europe.
37:21Aujourd'hui,
37:21ils ont une armée
37:21beaucoup plus opérationnelle,
37:22je pense,
37:23que les armées européennes.
37:24Alors, c'est ça,
37:24le problème.
37:25C'est ça,
37:25c'est qu'ils sont moins forts
37:27en puissance,
37:28mais ils sont plus forts
37:30par la capacité d'agression
37:31qu'ils ont
37:32et par l'efficacité.
37:33C'est ça.
37:34Ils ont des stocks
37:36de missiles considérables,
37:38en réalité.
37:39En termes de drones,
37:40on vous a bien vu
37:40la façon dont ils ont évolué.
37:42Aujourd'hui,
37:42ils ont des drones à réaction.
37:43Aujourd'hui,
37:43ils sont redoutables
37:44sur les drones.
37:45Ils sont aussi performants
37:46que les Ukrainiens,
37:47pratiquement.
37:47Et c'est en ça
37:48où l'Europe doit montrer les dents,
37:50je vais dire,
37:50et se réarmer,
37:51pour bien dire aux Russes,
37:52attention,
37:53ce sont ce qu'on fait quand même.
37:55Nous, on est quand même
37:56capable de se défendre
37:56et on ne se laissera pas faire.
37:58Ce que je pense
37:58vis-à-vis de la Russie,
38:00c'est que la Russie
38:02mène une guerre,
38:02les gens parlent de guerre hybride.
38:04Ils confondent les choses.
38:06La guerre hybride,
38:06c'est quoi ?
38:07C'est à la fois
38:08une guerre conventionnelle
38:09et à la fois
38:09une guerre non conventionnelle.
38:11C'est comme un moteur hybride.
38:12Un moteur hybride,
38:12c'est un moteur thermique
38:15et un moteur électrique.
38:17Donc, en fait,
38:17ils nous mènent
38:18une guerre non conventionnelle.
38:19À la fois,
38:21une guerre non conventionnelle,
38:22c'est l'effort spécial,
38:23c'est l'utilisation
38:24de services secrets,
38:25c'est l'utilisation
38:26de sociétés militaires privées,
38:28c'est de la cyber-influence,
38:30des attaques cybernétiques,
38:31c'est de la désinformation.
38:33Ils font ça
38:33parce qu'on peut s'interroger
38:35sur qui a fait exploser
38:38une usine de munitions d'Italie,
38:40qui a mis le feu
38:41dans une usine d'armement
38:43en Estonie ou en Bulgarie.
38:46Le drone,
38:47la EPSIC,
38:48drone armé
38:49contre un avion ukrainien.
38:52Bref,
38:52de la désinformation,
38:53des cyber-attaques,
38:55il y a eu des assassinats,
38:56il y a eu des assassinats.
38:57Mais les Ukrainiens
38:58font la même chose
38:59vis-à-vis de la Russie.
39:01C'est-à-dire qu'ils ont été assassinés
39:02des généraux russes.
39:03Oui, mais ils font la même chose
39:04de l'autre côté.
39:05Ils mènent des guerres...
39:06Bon.
39:07Donc, en fait,
39:08là, on est dans une partie
39:08non conventionnelle.
39:09Sauf qu'eux,
39:10ils mènent une guerre hybride,
39:11pour le coup,
39:12conventionnelle et non conventionnelle.
39:13Et vis-à-vis de nous,
39:14ils mènent une guerre
39:15non conventionnelle.
39:16Oui, puisque nous,
39:17on n'est pas en guerre officiellement.
39:18Non, mais on soutient l'Ukraine.
39:21Mais on est co-belligérance
39:23non déclarée.
39:24En temps européen,
39:25il nous manque des moyens,
39:26par exemple,
39:26des moyens de communication.
39:27On a parlé tout à l'heure
39:27de Starlink.
39:30Normalement, l'Europe
39:31va se doter
39:31d'une constellation
39:32qui s'appelle Iris Carrey,
39:34pour la communication
39:35militaire sécurisée.
39:36L'Europe dispose de Galiléo,
39:38qui est plus précis,
39:40même que le GPS américain.
39:41On dispose de Copernicus,
39:43qui sont les satellites
39:44d'observation de la Terre.
39:46Donc, l'Europe a des moyens.
39:48Mais, mais,
39:49elle manque d'un cloud,
39:51elle manque d'un accès
39:52à l'espace insuffisant
39:53pour remplacer rapidement
39:54des satellites
39:54qui ont été détruits.
39:56Et c'est en ça
39:57et d'une organisation
39:59de défense
40:00qui lui permettent
40:00de réagir en cas de besoin.
40:02Parce que trop de pays européens
40:03pensent encore aujourd'hui
40:05américains.
40:06Bien sûr, les Américains
40:07viendront nous défendre.
40:09Et les Américains
40:09jouent là-dessus.
40:11Ils savent très bien.
40:12Et ils jouent, ils disent,
40:13il m'a dit,
40:13la dissuasion nucléaire,
40:14c'est nous,
40:15puisqu'il y a des bombes
40:17nucléaires américaines
40:18en Belgique,
40:19aux Pays-Bas,
40:20en Italie,
40:21en Allemagne,
40:22qui font que ces pays-là
40:23achètent du F-35
40:24parce que les Américains
40:25disent, attention,
40:26si vous voulez transporter
40:26notre bombe...
40:27Il n'y a que le F-35
40:28qui peut le faire.
40:29Il n'y a que le F-35
40:30qui peut le faire.
40:31Donc, achetez américain
40:32et vous êtes sûr
40:32qu'on viendra.
40:33C'est là où on doit
40:34se poser la question
40:35sur la dissuasion nucléaire.
40:37Est-ce que la dissuasion nucléaire
40:38française
40:39doit remplacer
40:39la dissuasion nucléaire américaine
40:41pour protéger
40:42le territoire,
40:43enfin, le continent européen ?
40:45Ça reste des questions
40:46qui doivent,
40:47de mon point de vue,
40:48faire partie du prochain
40:49Livre blanc
40:49dont on parlait tout à l'heure,
40:51répondre à ces questions.
40:52En tous les cas,
40:53aborder,
40:54avoir une vision
40:55sur ces domaines-là.
40:57Mais alors,
40:57est-ce qu'on n'a pas intérêt
40:58aussi,
40:58on n'aurait pas intérêt,
40:59nous les Français,
41:00à essayer de promouvoir
41:01au niveau européen
41:02la création,
41:03la construction
41:04d'un Livre blanc européen
41:05pour réfléchir
41:06à la suite tous ensemble ?
41:07Alors, je sais que
41:07c'est quasiment impossible
41:08vu les oppositions
41:09des uns et des autres.
41:10Ça me semblera très difficile.
41:12C'est difficile.
41:12Même si...
41:14Parce que sur le fond,
41:15il y a un besoin
41:15de travail en commun.
41:16Mais encore faut-il
41:17qu'on le définisse.
41:17Il y a un besoin
41:18de coopération,
41:19c'est certain.
41:20Au moment où
41:22on sent que face
41:23aux grands défis
41:23qui sont les nôtres,
41:24je n'ai pas parlé du numérique,
41:25de l'espace,
41:26de l'énergie,
41:29des transports,
41:30on a besoin
41:31et d'industries.
41:32On a une industrie
41:33trop fragmentée.
41:34On a des trop petits contrats.
41:36Donc ça ne permet pas,
41:38j'allais dire,
41:38de développer.
41:39Donc oui,
41:40il y a une nécessité
41:42de coopérer
41:42beaucoup plus
41:43que nous le faisons
41:44aujourd'hui.
41:44Pour ça,
41:45l'Europe a mis en place
41:46des instruments financiers
41:47comme EDIP
41:48pour Européens
41:49de Défense Industrie Programme,
41:50comme SAFE
41:50pour Security Action
41:51for Europe,
41:52de façon à pousser
41:53nos industriels
41:54à travailler en commun
41:56pour avoir
41:57des projets communs.
41:59Malheureusement,
42:00moi je regrette
42:00qu'on n'ait pas
42:02d'avions de combat
42:03franco-allemands
42:03ou de chars de combat
42:04franco-allemands.
42:05Parce que dès lors,
42:06ce que m'ont dit encore
42:07les luxembourgeois,
42:09comme j'étais au Luxembourg
42:10ou d'autres pays,
42:11m'ont dit,
42:11mais le jour
42:12où les Français
42:13et les Allemands
42:14s'entendent
42:14sur un projet commun,
42:16les 25 autres suivront.
42:18Oui, c'est ça.
42:20Et c'est ça,
42:21c'est intéressant.
42:21Et c'est d'ailleurs,
42:23mon troisième étonnement
42:24quand je suis arrivé
42:25au Parlement européen,
42:25c'est un Portugais
42:28et puis un Balte
42:29qui m'ont dit,
42:30Christophe,
42:30l'Europe ne peut pas fonctionner
42:31si l'Allemagne
42:32et la France
42:33ne s'entendent pas.
42:34Ça, c'est la vieille
42:35théorie de De Gaulle.
42:36C'est la théorie de De Gaulle,
42:37mais qui a été répétée
42:39par des citoyens
42:42des petits pays européens
42:44qui savent très bien
42:45que si ces deux
42:46grands pays européens
42:46ne s'entendent pas,
42:47n'ont pas de projets
42:48en commun
42:49sur lesquels d'autres
42:50peuvent venir adhérer,
42:51ça ne fonctionnera pas.
42:52Je suis dit moi-même
42:53allé en Allemagne
42:53justement pour rencontrer
42:54mes homologues,
42:55enfin des parlementaires
42:57nationaux allemands
42:57rencontrer le vice-ministre
42:59de la Défense allemande
42:59justement pour essayer
43:00de comprendre
43:01pourquoi ça ne fonctionnait pas.
43:02Au-delà de nos différences
43:03de fonctionnement
43:04de notre industrie de défense
43:05entre l'industrie allemande
43:06de défense
43:07et l'industrie française,
43:09mais il y a un besoin
43:10de volonté politique
43:12et ça n'est pas parce que
43:14une Angela Merkel
43:15ne s'entendait pas
43:15avec Emmanuel Macron
43:16ou qu'un Frédéric Schmers
43:17finalement ne s'entend plus
43:18avec Emmanuel Macron.
43:19Il faut que ces deux pays,
43:20ces deux grands pays
43:21arrivent à s'entendre
43:22et qu'ils tirent des bénéfices
43:24d'une coopération commune.
43:26Et je ne suis pas du tout,
43:28moi,
43:28je n'étais pas du tout
43:29pour le couple franco-allemand,
43:30mais je me rends bien compte
43:31qu'en réalité,
43:33si on veut,
43:35en termes de défense,
43:36en tous les cas,
43:37avoir des projets communs,
43:38spatiaux,
43:39numériques,
43:40cloud,
43:40le patron de Schwarz,
43:43Schwarz c'est un cloud allemand,
43:45lorsque je suis allé voir
43:46toujours à Munich,
43:47en lui disant
43:47mais je ne comprends pas
43:48que vous n'entendez pas
43:48par exemple avec une société française
43:50qui a aussi des data-septeurs
43:52qui s'appellent OVH.
43:52Et il me dit
43:54moi,
43:55ce n'est pas ça
43:55dont j'ai besoin,
43:56c'est l'énergie nucléaire française.
43:59Vous voyez,
43:59donc on a des plus,
44:01on a des atouts,
44:02des véritables atouts en France.
44:03Pourquoi est-ce qu'on ne se sert pas
44:04de ces atouts
44:05pour justement créer
44:07des vraies coopérations
44:09ou des...
44:10qui permettent
44:11d'avancer ensemble
44:13dans un monde
44:14dans lequel
44:14si on n'est pas gros et fort,
44:16eh bien on risque
44:17de devenir rapidement
44:20racheté,
44:21diminué
44:21ou des vassaux.
44:22Moi je trouve
44:23que c'est une magnifique conclusion
44:24parce que
44:26en définitive
44:26on est parti de la LPM
44:28et on est arrivé
44:28à la conclusion
44:29qu'il fallait
44:31la refondre,
44:32la revoir
44:32et que pour ça
44:33il fallait faire un livre blanc.
44:34Mais toi tu as introduit
44:35une dimension très intéressante
44:36à côté,
44:37c'est que
44:37à côté du livre blanc
44:39ou parallèlement
44:39ou autre
44:40ou en même temps
44:41ou après
44:41mais il faut de toute manière
44:42qu'on développe aussi
44:43au niveau européen
44:44qu'on développe
44:45une vraie vision stratégique
44:46et qu'on la fasse
44:47accepter par les autres
44:48en commençant
44:50tu l'as très bien défini
44:51par les allemands
44:51parce que c'est vital
44:53pour l'ensemble.
44:54Oui,
44:55je pense qu'il faut commencer
44:57c'est...
44:58on voit bien
44:59on est à 27
44:59c'est compliqué
45:00à 27 de décider
45:01alors certains parlent
45:02de majorité qualifiée
45:03je ne suis pas
45:03pour une majorité qualifiée
45:04parce que
45:04en tant que pays France
45:05on ne peut pas se laisser imposer
45:07par des petits pays
45:09un certain nombre de choses.
45:10En revanche,
45:11en revanche
45:11il faut avoir des projets
45:12à peut-être 5, 4, 5, 6
45:14en tous les cas
45:15c'était d'ailleurs
45:16l'idée originelle
45:17au départ
45:18nous étions 6
45:20c'était la communauté européenne
45:21de l'acier du charbon
45:24dans laquelle
45:24n'a pas suivi
45:25et ça c'est le grand regret
45:27du vice-ministre
45:28vice-premier ministre
45:30du Chambourgeois
45:30que j'ai rencontré
45:31qui m'a dit
45:32mais on n'a pas eu derrière
45:33la communauté européenne de défense
45:34mais je ne suis pas tellement pour ça
45:35parce qu'en fait
45:36ça décline sur l'armée européenne
45:38je ne suis pas du tout
45:39pour une armée européenne
45:39je suis pour avoir
45:41un état-major
45:42dans lequel
45:43qui coordonne
45:44et dans lequel
45:45les nations
45:46qui le veulent
45:47mettront à disposition
45:49des contingents
45:50qui permettront
45:51de mener l'opération
45:52de faire la guerre
45:53si c'est nécessaire
45:53etc.
45:54je pense que
45:54c'est par ce biais-là
45:56qu'on peut y arriver
45:56à 4, 5, 6
45:58et puis ceux qui veulent
45:59ensuite venir
46:00on revient à ton idée
46:00de conseil de sécurité européen
46:02je pense
46:05magnifique réflexion
46:06et démonstration
46:07sur un problème essentiel
46:08celui de la défense
46:09et de cette loi
46:10de programmation militaire
46:11dont tout le monde parle
46:12et que tout le monde sent
46:13qu'il faut la revoir
46:14et là on a eu des pistes
46:16grâce à toi
46:17tu nous as revert
46:18des quantités de pistes
46:19merci
46:19je t'en prie
46:21je t'en prie
46:22oui et puis c'est toujours
46:23très clair
46:24on comprend mieux
46:25à la fois
46:27les impératifs
46:28les objectifs
46:29mais surtout
46:30comme vous êtes au coeur
46:31du dispositif européen
46:34on comprend
46:34alors parfois
46:35on n'adhère pas particulièrement
46:36on se dit
46:36ben non
46:36l'Allemagne
46:37bon
46:37il ne faut pas
46:38s'accompter d'histoire
46:38c'est comme ça
46:39que ça fonctionne
46:40et il faut aller
46:40dans ce sens-là
46:42il n'y a pas 36 solutions
46:43il faut être réaliste
46:44et regarder les choses
46:44en face
46:45je pense qu'il faut être pragmatique
46:46oui
46:46il faut être pragmatique
46:47l'idéologie
46:49nous met dans le mur
46:50c'est à dire
46:50qu'on ne peut pas être idéologue
46:52il faut avancer avec le monde
46:53tel qu'il est
46:54et en tirer parti
46:55et faire en sorte
46:56que la France soit
46:58du bon côté
46:59reste un pays leader
47:00exactement
47:00reste un pays leader
47:01en tout cas merci pour votre temps
47:04avec plaisir
47:04parce que vous êtes par mon
47:06et par vos
47:06je sais aussi qu'à une époque
47:08il y a quelques mois
47:09l'an dernier
47:09vous aviez fait le tour
47:10des industries françaises
47:12de défense
47:13mais ça donnera peut-être
47:14l'occasion d'une prochaine émission
47:15pour savoir un peu
47:17bien volentier
47:18comment elles se comportent
47:19je vous dis à bientôt
47:20sur Openbox TV
47:21tous les vendredis à 17h
47:23diffusés sur Youtube
47:24merci
47:25au revoir
47:25je vous dis à bientôt
47:45C'est parti !