00:00Il est 7h13 sur Sud Radio, c'est à la une après deux semaines de vacances, c'est aujourd'hui
00:05donc l'heure de la rentrée des classes, une rentrée placée sous le signe de l'incertitude.
00:09Avec une question, les blocages vont-ils reprendre dès aujourd'hui ? Bonjour Bruno Bokievich.
00:15Bonjour.
00:16Et merci d'être avec nous sur Sud Radio ce matin, vous êtes secrétaire général du SNP2N UNSA, c'est
00:21le syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale.
00:24Vous êtes par ailleurs vous-même proviseur, proviseur du lycée Saint-Louis à Paris, dans quel état dites-nous, dans
00:30quel état d'esprit sont les proviseurs ce matin, ce jour de rentrée ?
00:34Je pense qu'on peut dire un peu inquiet et frébrile.
00:38Donc quand on a vécu des trois semaines avant les vacances, parfois dans des conditions extrêmement difficiles, avec des chefs
00:45d'établissement directement visés, voire blessés, forcément la profession est inquiète.
00:50Donc on a entendu les appels à mobilisation qui se poursuivaient de la part des représentants des lycéens, donc forcément
00:59on s'attend certainement à une semaine un peu difficile,
01:02un peu dans l'expectative, parce qu'il faut voir si les lycéens vont suivre ou pas, il y a
01:07des annonces qui ont été faites, certains vont considérer que c'est satisfaisant, d'autres pas,
01:10donc c'est compliqué de se projeter, mais en tout cas on est dans l'attente et un peu inquiet
01:15de revivre malheureusement ce qu'on a vécu, parce qu'il y a eu des moments difficiles.
01:19On a déjà un syndicat lycéen qui appelle en tout cas à de nouveaux blocages dès aujourd'hui, vous avez
01:26des informations à ce sujet,
01:27est-ce que vous savez s'il y aura effectivement des blocus de nouveau dès aujourd'hui ?
01:32Oui, il y en aura certainement, la question c'est la volumétrie.
01:36Donc on a déjà des retours sur quelques établissements bloqués là ce matin, je n'ai pas le nombre, mais
01:43je sais qu'il y en a, j'ai quelques retours là-dessus,
01:47donc c'est une question de nombre d'établissements, et encore une fois d'inquiétude sur la façon dont les
01:53choses se passent.
01:55Quand c'est un blocage respectueux, bon enfant, ou d'ailleurs on laisse entrer ceux qui veulent entrer,
02:01parce que démocratiquement normalement celui qui veut pouvoir aller en cours doit pouvoir le faire,
02:06et bien il n'y a pas de difficulté, si ce n'est la tension que ça génère et les
02:13inquiétudes de dérapage potentiel dans le courant de la journée.
02:17Mais c'est compliqué de savoir si ça va prendre de l'ampleur ou pas, il est probable que demain
02:22et jeudi soient des journées peut-être un peu plus marquées.
02:24Quelles consignes vous donnez justement à vos collègues chefs d'établissement en cas de blocage ou de tentative de blocage
02:31?
02:32Vu ce qu'on a vécu les jours avant les vacances, la consigne c'est être attentif à sa propre
02:38sécurité.
02:39Donc je pense qu'il faut aussi être veillé à ça, un chef d'établissement est responsable de la sécurité,
02:46mais il est aussi responsable de sa propre sécurité.
02:49Donc les collègues ont terminé la période épuisée, parce qu'on a vécu pour certains des blocages tous les jours,
02:55pendant de nombreux jours.
02:58C'est très fatigant et certains ont d'ailleurs été blessés.
03:01Donc je rappelle qu'il y a une cinquantaine de chefs d'établissement qui l'ont été.
03:05Donc la consigne là, c'est d'être très attentif à sa propre sécurité, ne pas se mettre en danger.
03:12Traditionnellement, un chef d'établissement va dehors aux côtés des élèves pour surveiller un peu ce qui se passe.
03:17Si les conditions ne sont pas réunies, il ne faut peut-être pas le faire.
03:21Vous avez dit une cinquantaine de chefs d'établissement qui ont été blessés.
03:25Est-ce que vous avez aujourd'hui des collègues, proviseurs, qui vous disent qu'ils pensent à démissionner ?
03:28Est-ce qu'on en est là aujourd'hui ?
03:30Oui, on en est là.
03:31On en est là, ça a laissé beaucoup de traces.
03:35C'est extrêmement traumatisant pour certains d'entre eux,
03:37qui ont été attaqués pour certains d'ailleurs par leurs propres élèves.
03:41Certains ont été coursés dans l'établissement, d'autres ont reçu des tirs de mortier,
03:48d'autres ont vu leur logement personnel saccagé, voire brûlé.
03:56Il y a vraiment des choses...
03:58C'est allé très très loin.
04:00Oui, c'est allé très très loin.
04:01Alors ça reste à la marge, mais c'est pour autant pas du tout acceptable
04:06qu'on puisse avoir ce type de situation qui se produise dans un établissement scolaire.
04:12Est-ce que vous avez un message à faire passer ce matin, ce jour de rentrée scolaire,
04:15donc placé sous le signe de l'inquiétude, de l'incertitude ?
04:18Est-ce que vous avez un message à faire passer aux élèves et à leurs parents peut-être aussi ?
04:24Respect des institutions, des personnels, attention au dérapage.
04:30On a toujours...
04:31Enfin, j'en ai vécu beaucoup des blocages des jeunes qui...
04:34Des lycéens qui, devant leur établissement, n'ont pas envie de faire de mal,
04:38n'ont pas envie que les choses dérapent,
04:40et puis ils se font parfois rattraper par des éléments extérieurs
04:43qui n'ont pas forcément les mêmes intentions.
04:45Donc attention !
04:46Donc il y a une capacité à manifester, à exprimer des revendications.
04:53Ok, c'est tout à fait respectable.
04:55Attention aux conditions dans lesquelles ça se fait.
04:57Et puis attention à ce qui est légal et ce qui ne l'est pas.
05:00Je rappelle que bloquer un établissement sans garantir l'accès de ceux qui le souhaitent,
05:04c'est interdit par la loi.
05:05Donc il faut quand même le rappeler.
05:06Merci beaucoup Bruno Bobkiewicz d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio,
05:10secrétaire général du SNP2N,
05:12une seule syndicat national des personnels,
05:14direction de l'éducation nationale.
05:16Merci et bon courage à vous et à l'ensemble de vos collègues proviseurs
05:19pour cette journée de rentrée.
05:217h18, on passe au rappel des titres.