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  • il y a 2 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0113h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Et à 13h19 avec vous, Kelly Mathias, vous accueillez vos deux chroniqueurs du jour dans Europe 1 Info.
00:06Aujourd'hui, le journaliste Ivario Folle et le chroniqueur politique et communiquant Jean-Michel Salvatore.
00:11Et bonjour, bienvenue à tous les deux.
00:13Bonjour.
00:14On va revenir sur ces deux samedis consécutifs et le samedi à venir, évidemment on va de samedi en samedi.
00:20Écoutez déjà Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement, ministre déléguée à l'énergie,
00:23qui a estimé que l'État avait pris le dessus lors des manifestations de ce week-end.
00:27Elle était sur RTL ce matin.
00:29L'État a eu le dessus ce week-end, l'État a été fort, parce que l'État et le
00:33gouvernement,
00:34le ministre de l'Intérieur, ont anticipé ces manifestations, ont anticipé d'éventuelles violences.
00:41Et on a réussi à autoriser et encadrer des manifestations, ce qui doit être le cas dans toute grande démocratie.
00:49Il y a des revendications qui sont légitimes, on en parlera tout à l'heure.
00:52Et puis il y a des violences urbaines, qu'on avait notamment vues samedi 17 octobre,
00:56qui sont absolument incompréhensibles et intolérables.
00:59Et donc avec cette anticipation, avec la mobilisation de 70 000 forces de l'ordre partout en France,
01:05l'État a eu le dessus.
01:07Satisfait aussi de la part de Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, sur BFM TV ce matin.
01:11La situation a été maîtrisée, il n'empêche qu'on a constaté un très haut niveau de violence contre les
01:16forces de sécurité intérieure,
01:18le même que le 17, mais ils ont pu répondre parce que...
01:23Parce qu'ils étaient plus nombreux, parce qu'ils avaient anticipé ?
01:25Il y a trois raisons essentielles.
01:27Déjà des contrôles de flux, on a renforcé en volume les effectifs en faisant des rappels sur les congés,
01:32j'en remercie les gendarmes et les policiers évidemment.
01:34Et puis ensuite, troisièmement, il y avait un pré-positionnement de l'ensemble des effectifs qui étaient mobilisés,
01:40qui permettaient de mieux sécuriser, de mieux encadrer ces cortèges.
01:43Et puis quatrièmement, c'est évidemment les mesures de police administrative qui ont été prises.
01:46Et encore une fois, j'incite le fait que les manifestations ne se soient pas tenues dans les centres-villes.
01:51Jean-Michel Salvatore, il semble que là, le gouvernement ait trouvé une solution, on va dire,
01:56pour cadrer un petit peu la violence qu'on a pu voir samedi d'avant, le 17 octobre.
02:01Et toutefois, Emmanuel Macron a reconnu un manque d'anticipation pour le 17 octobre.
02:06On sait bien de le reconnaître, mais c'est grave quand même.
02:08Bien sûr que c'est grave.
02:09Et le problème, c'est que ce n'est pas uniquement un problème d'anticipation.
02:13Puisque lorsqu'il a fait son allocution télévisée dimanche soir,
02:18il y avait encore des heures dans Paris.
02:20Donc le dimanche 18.
02:21Le dimanche 18, dans les grandes villes.
02:23Et que ça ne l'a pas empêché de prendre son avion pour aller faire sa tournée des monarchies du
02:30Golfe.
02:30Donc il n'y a pas eu uniquement un problème d'anticipation.
02:34Déjà, le problème d'anticipation était absolument considérable et gravissime.
02:37Mais il y a eu un problème ensuite de réaction.
02:41Et je pense qu'il ne s'est pas rendu compte de la gravité de ce qui se passait.
02:47Puisque, souvenez-vous que la semaine dernière, au Conseil des ministres,
02:50il avait dit que la République avait été menacée.
02:53Et malgré le fait que la République ait été menacée,
02:55il avait quand même fait son voyage.
02:57Donc il a mal évalué ce qui s'est passé, ce qui pose un énorme problème.
03:02Et c'est vrai que quand on l'entend dire qu'on n'avait pas du tout anticipé le 17
03:07octobre,
03:08c'est vrai que ça ne lui ressemble pas.
03:09Et ça donne une idée de la gravité, finalement, des erreurs qui ont été commises.
03:14Et bon, il est folle. Votre analyse.
03:15Oui, je la partage.
03:18C'est en effet que le 17 octobre, on a vu ce que pouvait être l'effondrement d'un État.
03:22L'effondrement d'un État dans son autorité régalienne.
03:25C'est-à-dire que l'État a été incapable, en effet, de prévoir et incapable de garder le contrôle
03:30d'une insurrection urbaine
03:32qui, effectivement, a mis à mal tous les commerces et a suscité un réflexe d'autodéfense.
03:38Donc on se félicite aujourd'hui que l'État ait tenu bon pour ce deuxième round.
03:42C'est quand même bien l'élémentaire solution qui était à attendre, tout de même, de cet État-là,
03:50qui veut un État fort.
03:53Simplement, toute la question maintenant est de savoir si nous allons devoir, tous les samedis ou tous les week-ends,
03:58vivre avec cette sorte de confinement sécuritaire.
04:01Parce qu'hier, les rues de Paris, en tout cas de Paris, peut-être pas dans les...
04:04En tout cas, les rues de Paris étaient vides.
04:07Pareil, de la même manière qu'elles avaient pu l'être lors du confinement sanitaire pendant la crise du Covid.
04:13Moi, j'ai fait tout de suite ce parallèle en me baladant dans ces rues-là.
04:17J'ai vu des commerces qui étaient claquemurés avec des planches en contreplaqué, etc.
04:21J'ai vu des commerçants qui ne pouvaient pas travailler.
04:22Et l'on se dit que si on doit tenir ainsi jusqu'à l'échéance d'avril prochain, c'est
04:27-à-dire dans six mois,
04:29toute une partie d'une économie va s'effondrer.
04:31Et donc, vient à l'esprit, alors que je ne partageais pas cette solution au tout début,
04:35mais vient à l'esprit, effectivement, cette urgence qui est maintenant de sommer le chef de l'État à partir.
04:41Parce que le chef de l'État, aujourd'hui, est le frein, précisément, à cette crise sociale, culturelle, civilisationnelle,
04:50à cet échec, non seulement d'un État, mais à cet échec d'un modèle de société qui s'effondre
04:54et qui ne tient plus que par sa seule présence.
04:57Et c'est une présence qui devient de plus en plus embarrassante.
04:58Alors, avant même la démission du chef de l'État,
05:00est-ce que les annonces qui pourraient être annoncées et être faites là,
05:02notamment cet après-midi, auprès des lycéens et des étudiants ?
05:05Est-ce que ça pourrait calmer ce côté-ci, en tout cas, de la colère ?
05:09Là, en fait, ce que le gouvernement va essayer de faire cette semaine,
05:13c'est d'essayer de trouver une solution sur les lycéens.
05:16Parce qu'en fait, le gouvernement a très peur d'une autre échéance,
05:21qui sera la semaine prochaine, qui est l'appel à la grève générale de la CGT.
05:25Et là, ils se disent, oh là là, mais c'est mai 68 qui va recommencer,
05:28puisqu'on se souvient qu'en mai 68, on avait eu la jonction
05:31entre les étudiants d'un côté et les salariés de l'autre.
05:33Et il y avait eu, c'était une crise encore plus grave peut-être,
05:37il y avait eu 10 millions de grévistes en mai 68.
05:40Mais là, le gouvernement, en fait, il veut absolument régler le problème des lycéens
05:43dès cette semaine.
05:45D'abord parce qu'il va y avoir la rentrée lundi prochain
05:47et qu'il préférerait que les lycéens ne recommencent pas les blocages
05:52à partir de lundi prochain.
05:53Et deuxièmement, parce que le gouvernement a véritablement peur
05:57d'une conjonction, d'une convergence
05:59entre les manifestants lycéens et les manifestants de salariés.
06:04Qu'on a déjà vu le samedi 24 et le samedi 17 aussi.
06:07Dans les manifestations, il y avait un peu des deux.
06:09Bien sûr, mais là, vous avez un appel à la grève générale.
06:12De la part de la CGT, on verra ce que ça donne.
06:16Peut-être que ça ne sera pas grand-chose.
06:18Peut-être qu'il n'y aura que des grévistes dans les entreprises publiques le 5
06:21et que tout le monde retournera au travail le 6.
06:24Mais en fait, on n'en sait rien.
06:26On n'en sait rien.
06:26Et c'est vrai que quand on voit le nombre de manifestants
06:29qu'on a comptés à Paris samedi dernier,
06:32c'est vrai qu'on peut être inquiet
06:34parce qu'il y a quand même un mécontentement
06:35qui reste très important,
06:37qui est masqué par les violences,
06:39mais qui reste là et bien là.
06:40Oui, il y a de très nombreux manifestants.
06:41Yvan Riaufol.
06:43Oui, sur le mouvement lycéen,
06:45il est difficile à analyser
06:46parce que d'abord,
06:47de répondre à la colère lycéenne,
06:50ça veut dire d'abord répondre
06:51à 10 ans d'inefficacité politique de la Macronie.
06:54Parce qu'en fait, il y a eu 9 ministres de l'Éducation nationale
06:57et donc on demande à Emmanuel Macron,
06:59à ses gouvernements,
07:01de faire une autocritique
07:03sur des mauvaises mesures qui ont été prises.
07:04Je ne suis pas sûr que le gouvernement soit prêt à cela.
07:07Et pour répondre dans l'immédiat aux lycéens,
07:10on connaît tous naturellement les contraintes budgétaires
07:12et je trouve que les revendications lycéennes
07:14ne sont pas aussi claires qu'on voudrait le faire penser.
07:17D'abord, les revendications lycéennes
07:18ne sont pas les revendications lycéennes de tous les lycéens.
07:21Nous avons vu à travers l'apparition de la jeune Louise
07:24qu'il y a des lycéens ou des étudiants
07:26qui ne partagent pas ces revendications.
07:28Et puis d'autre part,
07:29il me semble qu'il y a une sorte d'amalgame
07:32qui est fait entre les exigences de la vie chère,
07:35les exigences d'avoir davantage de surveillants,
07:37les exigences d'avoir davantage de prise sur le palestinisme.
07:41On a vu tout ça se mêler
07:42et je ne suis pas sûr que la cause soit très défendable.
07:45Évan Riaufol, Jean-Michel Salvatore,
07:47on continue notre débat dans Europe 1 Info.
07:48On viendra sur le premier mythique de campagne de Marine Le Pen
07:50qui s'est tenu hier à Orléans.
07:52Ce sera juste après.
07:53Le journal permanent d'une heure et demie sur Europe 1.
07:55Europe 1, il est 13h27.
07:5813h, 14h, Europe 1 Info.

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