00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02La suite d'Europe 1 Info, c'est avec Lélie Mathias sur Europe 1 et ses deux chroniqueurs du jour.
00:07Le journaliste politique au journal du dimanche et rédacteur en chef de l'infiltré, Jules Torres,
00:12le chroniqueur politique et communicant, Jean-Michel Salvatore.
00:15Soyez les bienvenus tous les deux.
00:17Bonjour.
00:18La précision est très appréciée.
00:20Vous faites référence aux infiltrés ?
00:21Absolument.
00:2229 septembre, 20h.
00:23C'est bon, comment on a la plume, Jules ?
00:27On va commencer par cette intervention du chef de l'État ce soir sur TF1 et France 2.
00:32Jules Torres, je ne commence pas avec vous, vous m'avez dit que vous n'allez pas regarder.
00:35En tout cas, il y a plusieurs sujets qui vont être abordés.
00:43Le premier d'entre eux, c'est le pouvoir d'achat des Français sur fond de crise des carburants.
00:48Écoutez Patrick Martin, le patron du MEDEF, qui a critiqué le relèvement du plafond de la prime carburant versée par
00:53les entreprises.
00:54C'est ce qui est demandé par le gouvernement.
00:56Il était sur France Info ce matin.
00:57L'activité ralentit vraiment.
00:59Oui, c'est ça.
01:00Les marges des entreprises se dégradent.
01:01Elles supportent notamment l'augmentation du prix du carburant, le carburant lui-même et tous les produits dérivés du carburant.
01:08Et puis, on a une augmentation du coût du travail.
01:10Enfin, je ne veux pas noircir le tableau, mais refiler la patate chaude aux entreprises, c'est un peu gonflé.
01:15C'est un peu excessif de ma part.
01:16Mais ce qu'il ne peut pas faire, lui, et réellement il ne peut pas le faire, il aimerait bien
01:20que les entreprises le fassent.
01:21On le fera dans la limite de ce qui est possible.
01:23Jean-Michel Salvatore, si on résume les choses, vous allez me dire si c'est possible de les résumer de
01:28cette manière-là.
01:29On pourrait dire qu'il y a des aides déjà budgétées, car elles n'ont pas été demandées.
01:34Donc, on se retrouve avec une petite manne.
01:36Une partie qui est refilée aux entreprises, pour reprendre ce que disait Patrick Martin.
01:41En fait, c'est comment montrer qu'on aide sans sortir un sou de la poche ?
01:44Oui, mais moi, je pense que c'est plus grave que ça, en fait.
01:47Je pense que là, la situation, elle est véritablement catastrophique.
01:51C'est-à-dire que là, Emmanuel Macron, il vient à la télévision ce soir pour dire qu'il est
01:56inquiet,
01:57parce qu'il voit bien que la colère monte chez les Français.
01:59On le voit, on le sent.
02:01Il vient parce qu'il voit bien que les aides qui vont être accordées sont insuffisantes
02:05et qu'il n'y a plus un sou en caisse pour faire plus.
02:09Il vient aussi, pour dire son inquiétude, parce que c'est vrai que la crise, elle peut durer.
02:14Et surtout, surtout, la crise, elle peut s'aggraver.
02:17Et notamment sur le fond du diesel.
02:19C'est vrai qu'on consomme énormément de diesel en France.
02:24Le diesel vient essentiellement de l'étranger.
02:27Il y a certains pays qui n'exportent plus de diesel, comme les Russes,
02:31qui en exportent de moins en moins.
02:32L'Arabie Saoudite, évidemment.
02:33Et il y a une information qui est très importante qui est tombée hier.
02:36Le président américain a annoncé qu'il allait sans doute soit réduire,
02:40soit annuler toutes les exportations de diesel en Europe.
02:44Ce qui serait vraiment une catastrophe pour les Européens et pour les Français.
02:48Parce que ça voudrait dire une augmentation des prix et peut-être même des pénuries.
02:52Donc là, si vous voulez, on est quand même dans une situation extrêmement préoccupante.
02:56Et là, le président, il vient dire, ah bah, c'est pas de ma faute.
03:00Parce que c'est quand même principalement ce qu'il va dire.
03:02Et je fais ce que je peux.
03:04Mais je pense que c'est un discours qui est inaudible.
03:06Mais justement, inaudible, on est à huit mois d'une présidentielle
03:08où on sait qu'il ne peut pas se représenter.
03:11Est-ce que c'est lui qu'on attend ce soir à 20h ?
03:14Non, moi je pense que les Français n'attendent pas la parole d'Emmanuel Macron,
03:17quand bien même il est président de la République.
03:18C'est pour ça qu'avant la publicité, j'ai fait une petite boutade.
03:21Et finalement, je pense que les Français vont faire ce que je voulais faire.
03:24C'est-à-dire regarder autre chose.
03:25Parce que d'abord, ils n'ont pas envie de voir Emmanuel Macron.
03:28Quand on regarde les baromètres d'opinion sur le président de la République
03:30et même sur le couple exécutif, on voit qu'il y a un rejet.
03:33Et pas seulement un rejet, mais un rejet qui est massif.
03:34Il y a aujourd'hui 80% des Français qui rejettent Emmanuel Macron.
03:38Quand on regarde les dernières prises de position d'Emmanuel Macron,
03:40en tout cas les dernières 20h qu'il a fait, les dernières prises de parole,
03:43on voit qu'elles ont été de moins en moins suivies par les Français.
03:47Donc évidemment qu'Emmanuel Macron veut se remettre au centre de l'attention.
03:50Évidemment qu'il va aller sur deux fronts qu'il considère comme importants
03:53la crise des carburants et ce qu'il considère comme une guerre hybride
03:57qu'on pourrait avoir avec la Russie.
03:59Mais toute la question est de savoir qu'est-ce qu'Emmanuel Macron va dire ce soir
04:02devant Gilles Boulot et Caroline Roux,
04:04qu'il n'a pas déjà dit vendredi dernier,
04:07quand il a réuni les candidats putatifs à l'élection présidentielle
04:10et les présidents de partis,
04:11ou ce que ces six ministres qu'il a envoyés,
04:13après le Conseil des ministres mardi,
04:15n'ont pas dit toute la question et de savoir sur la crise des carburants,
04:18parce que c'est quand même ce qui concerne directement les Français.
04:21Emmanuel Macron se refuse à baisser les taxes.
04:23Il y a une aide au gros rouleur qui a été élargie
04:26pour le mois d'octobre, novembre et décembre
04:28à 5,5 millions de Français contre 3 millions auparavant.
04:31Ça représente pour un ménage 33 euros si on est seul,
04:3566 euros par mois si on est un couple.
04:38Donc évidemment, ce n'est pas grand-chose.
04:40Et donc je ne vois pas la colère redescendre avec ces annonces.
04:43Ça veut dire quoi ?
04:44Ça veut dire qu'il y a deux options.
04:45Soit Emmanuel Macron continue dans ce qu'il fait depuis plusieurs mois,
04:48c'est-à-dire occuper l'espace, attirer l'attention et mettre de l'attention,
04:53ou au contraire, est-ce qu'il lâche du lait sur la question notamment de la baisse des taxes,
04:58ou est-ce qu'au contraire, il continue et il poursuit ce que veut faire le gouvernement,
05:01c'est-à-dire faire des aides ciblées,
05:03qui ne sont d'ailleurs pas toujours demandées par les Français.
05:06Est-ce qu'on ne peut pas voir plutôt cette intervention comme un symbole ?
05:08Un symbole de on vous entend, on sait que la colère monte, on est là, il reste 8 mois.
05:13Et puis il peut aussi peut-être se poser, vous évoquiez les menaces d'ingérence,
05:17notamment en russe, comme garant, aussi garant sur le scrutin.
05:22Oui, d'une stabilité, d'une protection, bien sûr.
05:24Oui, mais ce que dit Jules, ce qui écrase tout, c'est la question des carburants.
05:29Et c'est vrai que depuis la dissolution, la stratégie de Macron, c'était de dire,
05:33bon, ça durera bien encore jusqu'en 2027 pour que je termine mon mandat.
05:37Et donc, tout était fait pour qu'à coup de demi-décision et de mauvais choix,
05:44on arrive tranquillement en 2027.
05:46Donc, on a usé trois premiers ministres.
05:48Bon, c'était quand même la stratégie.
05:49Et là, Emmanuel Macron se rend compte que tout peut lui exploser à la figure, à tout moment.
05:53Et je crois que c'est ça le sujet.
05:55On continue en politique, la primaire socialiste avec ce premier débat,
05:58vous avez suivi hier ?
05:59Bien sûr.
06:00Vous avez regardé Taxi 3.
06:00Bien sûr.
06:01Taxi 3 et 2, j'ai pu le faire en même temps.
06:03Oui, c'est vrai que c'était assez long.
06:06Jean-Michel Salvatore, vous avez suivi ?
06:08De loin.
06:09Mais un peu pour vous quand même.
06:10Merci, parce qu'on en parle juste après le journal permanent sur Europe 1.
06:13Europe 1, il est 13h27.