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  • il y a 6 semaines
Depuis le 1er septembre, la réforme de la facturation électronique entre progressivement en application. Toutes les entreprises doivent désormais pouvoir recevoir des factures électroniques, tandis que l’obligation d’émission s’étendra progressivement d’ici septembre 2027. Cette réforme va-t-elle réellement simplifier la gestion des entreprises ou ajouter une nouvelle couche administrative ? Avec François Hurel, président de l'Union des Auto-entrepreneurs et Thomas Le Boucher, avocat associé chez Cyplom, nous décryptons les changements à venir et leurs conséquences pour les TPE, PME et micro-entrepreneurs.

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Transcription
00:04Et c'est le débat éco, on vient de le voir, les micro-entrepreneurs occupent une place de plus en
00:08plus importante dans l'économie française.
00:10Mais toutes les entreprises aujourd'hui sont confrontées à une autre transformation, la facturation électronique.
00:16La première étape de cette réforme a commencé mardi 1er septembre.
00:20Alors qu'est-ce qui change concrètement pour les entreprises et sont-elles prêtes ?
00:24Je suis ravie d'accueillir pour cet échange Thomas Le Boucher. Bonjour.
00:27Bonjour. Vous êtes avocat associé au cabinet CIPLOM.
00:31Et François Hurel, vous êtes toujours avec nous en visio, vous êtes président de l'Union des auto-entrepreneurs.
00:36Merci de rester avec nous.
00:38Je me tourne vers vous Thomas.
00:40Tout d'abord, un petit point pédagogique.
00:42Depuis le 1er septembre, la réforme de la facturation électronique a commencé.
00:46Qu'est-ce qui change concrètement aujourd'hui pour une grande partie des entreprises ?
00:50Alors c'est un peu une révolution.
00:52La réforme de la facturation électronique, on l'attend depuis plusieurs années.
00:55Il y a eu des reports. Ce qui change au 1er septembre, c'est que toutes les entreprises françaises,
01:00quelques exceptions mais je simplifie, toutes les entreprises françaises doivent avoir nommé une plateforme
01:07qui sera en charge notamment de la réception de leurs factures des fournisseurs français.
01:12C'est-à-dire que dorénavant, chaque entreprise doit nommer cette plateforme et pourra recevoir les factures sur cette plateforme.
01:18Donc là, c'est un calendrier aussi en deux temps. Il y a 2026, 2027.
01:23Pourquoi ces deux temps ? Qu'est-ce qui change entre les deux ?
01:26Alors, cette première phase du calendrier, donc la facturation électronique, il y a deux aspects.
01:31Il y a l'émission et la réception. Chaque entreprise émet et reçoit des factures.
01:34La volonté du gouvernement, ça a été de mettre en place un calendrier progressif.
01:38calendrier qui a été repoussé à plusieurs reprises, mais calendrier progressif en disant
01:42au 1er septembre 2026, les grandes entreprises vont avoir l'obligation d'émettre leurs factures dans un format électronique
01:51et toutes les entreprises, par définition, vont devoir être en mesure de recevoir ces factures.
01:58Et pour justement alléger la charge sur les plus petites entreprises, on a dit
02:01cette obligation d'émission vous incombera uniquement au 1er septembre 2027.
02:07Donc, la réception commence pour tout le monde, mais l'émission, pour beaucoup, est encore dans un an.
02:13C'est ça, les micro-entrepreneurs ont encore un an pour se préparer à cette émission.
02:20M. Jurel, comment est-ce que vous voyez les choses ? Est-ce qu'ils sont bien préparés ?
02:23Est-ce qu'ils sont déjà bien préparés à ce 1er septembre, à pouvoir les recevoir ?
02:27Et dans un an, comment est-ce que vous voyez ça auprès des auto-entrepreneurs avec qui vous travaillez ?
02:32Alors, je vais répondre en vous disant d'abord, premier temps, sur les 3 millions,
02:38on va mettre 3,5 millions d'auto-entrepreneurs inscrits, à mon avis, à cet instant,
02:44il y en a 1,1 million, 1,2 million grand maximum qui ont désigné une plateforme,
02:50qui se sont inscrits sur une plateforme.
02:53Le pourquoi, c'est parce que cette réforme, quand bien même a-t-elle été reportée d'année en année,
02:58je suis parfaitement ce qui a été dit, et puis j'ai souscrit,
03:03finalement, c'est une réforme qui a été atrocement mal préparée.
03:07Lorsque je vois l'énergie qu'a mis Bercy, la qualité de la communication qu'a mis Bercy
03:12lorsqu'il s'est agi de faire le prélèvement à la source, à l'impôt sur le revenu,
03:16deux ans de travail, deux ans de spot télé, deux ans d'accompagnement,
03:21deux ans d'énormément de messages, là, je dis bravo.
03:26Lorsque je vois ce qui a été fait sur la facturation électronique,
03:29j'ai envie de dire, c'est absolument, totalement, mais à regrousse-poil,
03:34et ça, quand bien même on en a beaucoup parlé, ça n'a absolument pas été bien fait.
03:41C'est-à-dire beaucoup de vent, mais finalement pas beaucoup d'applications ?
03:44C'est même pas beaucoup de vent, mais c'est un truc qui est diabolique.
03:47Moi, j'ai reçu, il y a deux choses qui m'ont, alors vraiment, là pour le co-crisper,
03:53j'ai reçu au mois de juillet, un dimanche matin,
03:57parce que j'avais le numéro SIRET, vous devez vous inscrire sur une plateforme avant le, etc.
04:03Un dimanche matin, on n'envoie pas un message,
04:07comme ça, un dimanche matin, à toutes les entreprises.
04:09Ça, c'est le premier élément.
04:11Et deuxième élément, lorsque j'ai reçu le 20 août,
04:14le guide pratique de la facturation électronique publié par Bercy,
04:20il fait juste 36 pages, dont 10 pages sont des sanctions.
04:25Moi, je regarde ce qui s'est passé ailleurs en Europe.
04:29La Belgique a fait un guide pratique, deux pages.
04:34L'Espagne a fait un guide pratique parce qu'ils sont passés avant nous, une page et demie.
04:40Donc, on a quand même un vrai sujet,
04:42c'est qu'on ne sait pas expliquer clairement et simplement
04:44ce qui doit être quelque chose de simple.
04:46Et alors, surtout, il y a quelque chose qui, moi, me choque,
04:50c'est que ça devait être une réforme où tout le monde avait dit,
04:53mais jusqu'à 2024, mais ça ne coûtera rien aux entreprises.
04:57Ça ne coûtera rien du tout.
04:59Ne vous inquiétez pas, l'État fera, l'État, etc.
05:01L'État se chargera d'avoir une plateforme formidable, etc.
05:04Bon, finalement, à partir de 2024,
05:07devant l'incapacité à fabriquer une plateforme,
05:10l'État a dit, je transfère ça au secteur privé.
05:13Pourquoi pas ? Je n'ai pas l'État à l'âme.
05:15Oui, mais il a juste oublié de dire
05:17que ce qui devait être sans frais pour les entreprises
05:20est devenu coûteux pour les entreprises.
05:22Et coûteux pour une petite entreprise.
05:25J'étais ce matin dans une banque
05:26où j'accompagnais un auto-entrepreneur,
05:2915 euros par mois pour 10 factures,
05:31émises ou reçues.
05:33Ça veut dire que c'est quoi qu'il arrive,
05:35ça va lui coûter 25 euros par mois.
05:38Ce n'est pas négligeable.
05:40Ce n'est pas grand-chose, mais ce n'est pas négligeable.
05:42Donc, en réalité, cette réforme, à mon avis,
05:48aurait dû être un peu mieux concertée
05:51et un peu mieux fabriquée.
05:52Thomas, du côté des grandes entreprises,
05:55déjà, est-ce que c'est bien implémenté,
05:57là, depuis quelques jours ?
05:58Ils ont pris la réforme au bras-le-corps ?
06:00Je pense qu'en effet, qu'on peut faire une différence
06:02entre les grandes entreprises
06:03qui se préparent depuis des années,
06:06qu'on accompagne depuis des années
06:08dans cette mutation,
06:08qui sont des mutations extrêmement lourdes
06:10en termes de système d'information,
06:11de collecte, d'émission des factures,
06:13puisque, au sein d'une grande entreprise,
06:14on va avoir divers systèmes qui vont cohabiter.
06:16Et depuis des années,
06:18enfin, maintenant des années,
06:19les équipes essayent, tant bien que mal,
06:22de se mettre à jour
06:24pour être prêts à émettre
06:26et recevoir des factures
06:28depuis le début de semaine.
06:30La réponse, c'est qu'on a encore
06:34beaucoup d'entreprises,
06:35y compris des grandes entreprises
06:36qui ne sont pas prêtes,
06:38qui n'étaient pas prêtes au 31 août
06:40et qui vont se mettre en marche
06:43pour, au fil des semaines,
06:45au fil des mois...
06:46Heureusement, il y a un peu de marge, quand même.
06:48Le mot d'ordre,
06:49et c'est pour ça qu'il faut aussi
06:49un peu rassurer les entreprises,
06:51c'est tolérance.
06:52En tout cas, c'est ce qui a été annoncé...
06:53Pendant les prochains mois.
06:54Exactement.
06:55Il faut avoir initié une volonté,
06:57il faut avoir nommé,
06:58enfin, un peu le B.A.B.A.,
06:59avoir nommé une plateforme,
07:01commencer à émettre,
07:02être en situation de recevoir.
07:04Et l'administration, voilà,
07:06veut faire preuve de tolérance
07:07dans ces premières semaines,
07:09premiers mois,
07:10mais on ne peut pas,
07:11au 3 septembre,
07:13se dire, j'ai rien fait,
07:14il faut que je m'y mette.
07:14C'est des chantiers
07:15pour des grosses entreprises,
07:16même des belles PME,
07:18qui prennent des mois
07:19avant de pouvoir s'assurer
07:21d'être en ligne avec la réforme.
07:23Est-ce que vous avez déjà
07:25identifié des difficultés ?
07:27Est-ce qu'il y a des choses
07:28qui sont remontées
07:28depuis ces trois derniers jours
07:30ou qui travaillez quand même
07:32à accompagner les entreprises
07:33dans cette transformation-là ?
07:35Est-ce qu'il y a des dysfonctionnements ?
07:36Oui, oui, on a des clients
07:38qui sont à des niveaux de maturité
07:41qui sont déjà différents
07:41en fonction d'eux.
07:42Et on a surtout des clients
07:43qui n'ont reçu aucune facture
07:47au 1er ou 2 septembre
07:48alors qu'ils reçoivent des factures
07:50par importante quantité
07:51tous les jours.
07:52Donc, il y a potentiellement
07:53des problèmes à la réception.
07:54Il y a des clients
07:55qui émettent également
07:57beaucoup de factures
07:58et qui constatent
08:00que leurs factures
08:01sont rejetées
08:02pour des sujets de format
08:03parce qu'il y a aussi
08:04un sujet d'interopérabilité
08:06entre les plateformes
08:07puisque votre plateforme
08:07va émettre selon
08:09les critères
08:10que vous aurez paramétrés.
08:12Il faut que la plateforme
08:13de votre contrepartie,
08:14si elle existe,
08:15puisse recevoir la facture.
08:16Sinon, vous allez avoir
08:17des factures qui vont être rejetées.
08:19Donc, on est encore
08:20dans la phase
08:20des premiers jours
08:21pour se mettre en conformité.
08:23Mais ça, ça incombe
08:23aux plateformes privées.
08:26Est-ce que c'est
08:27un dysfonctionnement
08:28parce qu'ils n'avaient pas pensé
08:30qu'il y aurait autant
08:30de flux, etc.
08:32Parce que ça,
08:32c'est le métier
08:33derrière les entreprises
08:35qui sont destinées
08:36à cette facturation.
08:37Tout à fait.
08:38Alors, là aussi,
08:39il faut être lucide
08:40par rapport à l'état du marché.
08:41On a une très grande
08:42diversité de plateformes,
08:44près de 150,
08:45qui ont été agréées
08:47par l'état.
08:49On a des plateformes
08:50qui ne sont aujourd'hui
08:51pas encore en mesure
08:52de traiter tous les cas
08:54ou tous les flux
08:55qui sont prévus
08:55dans les spécifications externes
08:57qui ont été publiées.
08:59Et donc,
09:01on a aussi
09:02des distinctions
09:04entre les plateformes,
09:05entre celles
09:05qui sont plus prêtes
09:06ou prêtes à traiter
09:07un plus grand nombre
09:08de cas que d'autres.
09:09On a des clients
09:10avec des activités
09:10qui peuvent être très complexes
09:12avec des flux très complexes
09:14où on sait d'ores et déjà
09:15que certaines plateformes
09:16à la réception
09:17ne seront pas en mesure
09:19de recevoir
09:19certaines factures
09:20que nos clients souhaiteraient
09:21émettre en fonction
09:22de certains flux
09:23parce qu'elles n'ont pas développé
09:25ce type de fonctionnalité.
09:26Donc,
09:27ce nombre de plateformes
09:28très important
09:28ne contribue pas
09:29à faciliter
09:30la mise en place
09:31de la réforme.
09:32Notre journaliste
09:33Alexis Mathieu
09:34a rencontré
09:34à la REF
09:36les universités d'été
09:37du MEDEF.
09:38Sébastien Rabineau,
09:39directeur du projet
09:40facturation électronique
09:42au sein de la Direction Générale
09:43des Finances Publiques.
09:44On l'a interviewé
09:45et on va tout de suite
09:45entendre un court extrait
09:47de ce qu'il nous a dit.
09:50La facture électronique,
09:51évidemment,
09:51ça peut apparaître
09:52sur le moment
09:52comme une contrainte,
09:53mais c'est surtout
09:55la logique
09:56de facturation électronique
09:56qui progresse partout
09:57dans le monde,
09:58qu'il faut y passer
09:59et que surtout,
09:59il faut se poser la question
10:00de comment en tirer
10:01des bénéfices.
10:02Donc voilà,
10:03la facture électronique,
10:04c'est quelque chose
10:05qui peut rapporter
10:06beaucoup de temps,
10:07qui peut rapporter
10:07beaucoup de données
10:09et de simplifier
10:10son fonctionnement
10:11à condition de le faire
10:12dans de bonnes conditions
10:12et en pensant vraiment
10:13à ce qu'on peut y gagner.
10:15François Hurel,
10:16on a parlé beaucoup
10:17de complexité,
10:18mais est-ce que justement
10:19cette facturation électronique,
10:21est-ce que ce n'est pas
10:21une manière
10:22de simplifier tout simplement
10:24les choses ?
10:24Est-ce qu'il y a des bénéfices,
10:25des opportunités à tirer ?
10:27Alors, la réforme,
10:29elle est logique
10:31et il faut la faire.
10:32C'est indiscutable.
10:34D'abord parce que c'est
10:35un outil contre effectivement
10:36la fraude
10:37et donc c'est parfaitement
10:38indiscutable,
10:39il faut le faire.
10:40Deuxièmement,
10:41je pense que ça peut être
10:42quelque chose
10:43qui est bénéfique
10:45dans le temps
10:46pour les entreprises.
10:48Je ne conteste
10:49absolument pas ça.
10:50Moi, ce que je me dis,
10:52c'est aujourd'hui
10:52deux choses.
10:54Premièrement,
10:55le départ est un peu
10:56cafouilleux,
10:57notamment pour les plus petites
10:58et elles vont avoir du mal.
11:00Ça va leur coûter cher.
11:01Est-ce que c'était bien malin
11:03de faire ça tout de suite ?
11:05Je pense qu'on pouvait
11:07leur laisser un peu de temps,
11:08encore davantage,
11:09effectivement,
11:10de temps.
11:11Une fois encore,
11:12on n'est pas le dernier
11:13de l'Europe,
11:14on n'est pas le dernier
11:15du monde
11:15et je considère
11:17qu'une très petite entreprise
11:19pourrait avoir davantage
11:21effectivement de temps
11:23pour le faire.
11:24Un peu de pédagogie,
11:25ça ne coûte rien.
11:27Là où il y a,
11:28par contre,
11:29moi, j'attire le sujet
11:30sur deux points.
11:32Premier sujet,
11:33ça veut dire que
11:34toutes les entreprises
11:35de France
11:36vont mettre demain matin
11:37sur le marché
11:38du hacking
11:40leurs clients,
11:41leurs fournisseurs
11:42et leurs prix.
11:44Inutile de vous dire
11:45que tout ça a une valeur
11:46qui est colossale.
11:47Et surtout au regard
11:47de l'actualité
11:48du fisc
11:50il y a deux semaines.
11:52J'adore Bercy
11:53mais Bercy
11:55n'est même pas capable
11:55de protéger
11:56nos propres déclarations
11:57d'impôts.
11:58Alors je pense
11:59qu'il faudrait,
12:00il y a peut-être
12:02quelque chose
12:02dont il faut s'assurer
12:03que ça fonctionne
12:04vraiment bien
12:05et que c'est vraiment assuré.
12:08Ça, c'est un premier sujet.
12:10Et puis deuxièmement,
12:11moi,
12:11j'attire quand même l'attention,
12:13c'est quand même
12:14un outil
12:15qui est un formidable
12:18outil
12:20liberticide.
12:21Si vous utilisez
12:23et si des gens
12:26mal intentionnés
12:29utilisent
12:29la facture électronique
12:31que vous particuliers,
12:34vous et moi
12:35allez recevoir
12:36ou allez donner
12:38en fait à votre fournisseur,
12:40ça veut dire
12:41qu'on va savoir
12:41exactement
12:42ce que vous consommez,
12:44en combien de temps,
12:45tout ce que vous faites,
12:46quel est votre train de vie
12:47et quelle est votre vie.
12:48C'est incroyable.
12:50Ça permettra
12:51effectivement
12:52un extraordinaire
12:53flicage
12:55de tout
12:56et de tout le monde.
12:57Alors,
12:58je ne suis pas contre.
12:59Je suis juste
13:01attentif
13:02à deux choses.
13:03Attention,
13:04effectivement,
13:05walking,
13:05parce que ça,
13:06ce serait catastrophique.
13:07La première
13:08qui va se faire
13:09effectivement hacker,
13:10ça va être
13:10un grand coup d'arrêt
13:11à la réforme.
13:13Premièrement
13:13et deuxièmement,
13:15attention à la liberté publique.
13:16Thomas Le Boucher,
13:17c'est ce que les dirigeants
13:19avec lesquels vous travaillez
13:20vous disent,
13:21c'est leurs inquiétudes.
13:21Comment est-ce que vous voyez
13:22ces deux aspects
13:23liberticides,
13:24risques cyber ?
13:25Alors,
13:26moi,
13:27j'ai des clients
13:27qui sont plutôt
13:28grandes entreprises
13:29et c'est vrai que
13:31nous,
13:32ce qui préoccupe
13:32nos clients,
13:33mais qui sont
13:34dans une logique
13:35de conformité
13:36quoi qu'il arrive,
13:36c'est juste que
13:37ça va avoir tendance
13:38à un peu inverser
13:39la charge de la preuve
13:40et notamment
13:40qu'on va passer
13:41d'une phase
13:43où aujourd'hui
13:43on remplit
13:44ces déclarations
13:45où demain
13:46l'administration
13:47aura en amont
13:48collecté la donnée
13:49et on devra
13:50justifier
13:51la nature
13:52des flux
13:52qui auront été collectés
13:53par l'administration fiscale
13:54où l'administration
13:55pourra faire
13:56des requêtes
13:57sur la base
13:57d'échantillonnage
13:59ou d'anomalies
14:00qui auront été relevées
14:01dans le flux de données.
14:02Donc évidemment,
14:03ça vient un peu
14:03inverser le rapport de force
14:05entre les entreprises
14:06et l'administration fiscale.
14:07Après,
14:08les problématiques
14:09de hacking
14:10sont évidemment
14:11au centre
14:11des entreprises.
14:13Quand on connaît
14:14les conséquences
14:15que ça peut avoir
14:16en termes de demandes
14:16de rançon,
14:17en termes d'espionnage
14:18industriel,
14:19évidemment,
14:19c'est des sujets
14:20au centre
14:20de leur politique
14:22de préservation
14:22de leurs données.
14:23Et donc,
14:24on s'imagine bien
14:24que cette réforme
14:25est liée aussi
14:26à une manière
14:27de lutter
14:28contre la fraude
14:28à la TVA.
14:29Est-ce que
14:30c'est un terrain de jeu
14:32qui était encore
14:33assez peu protégé ?
14:34Comment est-ce qu'on peut voir
14:36ce manque à gagner ?
14:37On parle de combien ?
14:38C'est difficile à chiffrer.
14:41On parle de plusieurs
14:41dizaines de milliards
14:42de luttes
14:43contre la fraude.
14:44C'est ce que
14:45semblent dessiner
14:46les chiffres,
14:46notamment en Italie,
14:49qui est un pays
14:50qui a une historique
14:51un peu différente
14:51que la nôtre
14:52en termes de fraude,
14:53notamment à la TVA.
14:56Il est évident
14:57que cette automatisation
15:00du flux de facturation
15:01va avoir une tendance
15:03bénéfique
15:04dans la lutte
15:04contre la fraude.
15:05Je voudrais insister
15:06sur un autre point
15:08parce que
15:09la lutte contre la fraude
15:10c'est un sujet certes,
15:11mais pour des groupes
15:13d'une certaine taille
15:15en France,
15:15c'est des groupes
15:16qui sont contrôlés
15:17tous les deux ans,
15:18tous les trois ans
15:18sur leur holding,
15:19leur filiale.
15:20En fait,
15:21ils sont déjà
15:21sous l'œil du radar
15:22en termes de la mission
15:23fiscale
15:23et ils n'ont pas d'autre choix
15:24que de se mettre en conformité.
15:26La fraude
15:27pour beaucoup d'entreprises
15:28en France,
15:28ce n'est absolument pas un sujet.
15:30Ce sont des entreprises
15:30qui sont dans une quête
15:31de conformité permanente.
15:34Le vrai sujet,
15:35c'est est-ce que
15:36c'est une réforme
15:36qui va leur faire gagner
15:37du temps
15:38et qui va leur faire
15:38gagner en rapidité
15:39dans leur process ?
15:40Et la réponse,
15:41c'est vraisemblablement oui
15:42et donc on ne veut pas
15:43avoir un message
15:45trop prosélyte
15:45vis-à-vis de la réforme
15:46mais nous,
15:47c'est une réforme
15:47qu'on accueille
15:47assez positivement
15:48parce qu'il faut imaginer
15:50même pour les petites entreprises
15:52un monde merveilleux
15:53dans lequel on peut imaginer
15:54qu'une entreprise
15:55va recevoir demain
15:56toutes ses factures
15:57du moins françaises
15:58sur un canal dédié.
16:00Et ça,
16:00c'est formidable.
16:01C'est fini
16:02de devoir
16:04décacher les enveloppes,
16:05aller chercher
16:06sur les portails
16:06de tel ou tel fournisseur.
16:07Donc,
16:08le gain d'efficience,
16:09il est réel.
16:10Et pareil,
16:10fini les frais
16:11d'affranchissement
16:11pour les factures papier,
16:13ça,
16:13c'est une petite révolution
16:15qu'il faut accueillir
16:16positivement.
16:16Il ne faut pas écarter
16:17les contraintes
16:18que ça pourrait générer
16:19mais c'est une réforme
16:20qui est positive.
16:21C'est-à-dire que
16:21ce que disait
16:22Sébastien Rabineau,
16:22c'est qu'il y avait
16:23des opportunités à saisir.
16:25Vous êtes en accord
16:26avec ce constat
16:27que finalement,
16:27c'est beaucoup d'efficacité
16:28et donc du temps
16:29et donc de l'argent.
16:30Complètement.
16:31Mais complètement.
16:31Et j'irais même,
16:33M. Hurel
16:35devrait abonder
16:37en ce sens
16:38même s'il a très justement
16:39souligné
16:40les points de blocage
16:41et notamment
16:41un principal
16:42qui est le désengagement
16:43de l'État
16:43dans la promesse
16:44qui avait été faite initialement
16:45d'offrir un portail
16:46public gratuit
16:47pour tout le monde,
16:48ce qui n'a pas été le cas
16:48et qui expose
16:50les petites entreprises
16:50à des coûts.
16:51L'auto-entrepreneur
16:52demain,
16:53le luxe entre guillemets
16:54de pouvoir avoir
16:55toutes ces factures
16:56qui vont être centralisées
16:57au sein d'un même endroit
16:58va lui faire gagner
16:59du temps
17:00dans sa gestion opérationnelle
17:01et donc
17:01dans le temps
17:02qu'il va passer
17:02pour pouvoir remplir son frigo
17:03pour reprendre les termes
17:04de M. Hurel.
17:05La question,
17:06c'est pour quel coût
17:07et est-ce que ça va vraiment
17:08être bénéfique
17:08sur le long terme ?
17:09On peut l'espérer.
17:10Merci beaucoup Thomas Le Bouget.
17:11Je rappelle que vous êtes
17:12avocat associé
17:13chez CIPLOM.
17:14Merci beaucoup François Hurel.
17:16Vous êtes président
17:17de l'Union des auto-entrepreneurs.
17:18Merci à tous les deux
17:19d'avoir été avec nous
17:20pour ce débat
17:21sur la facturation électronique.
17:22Merci à vous toutes et tous
17:23de nous avoir suivis.
17:24C'était Smartéco.
17:25Sous-titrage Société Radio-Canada

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