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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.
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00:00Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:03Bonjour Michel, ravi de vous retrouver aujourd'hui.
00:07Les émeutes et les pillages des derniers jours sont-ils pour vous le symptôme de l'effondrement de l'autorité
00:12de l'État dans notre pays ?
00:13La réponse du gouvernement avec le renforcement du nombre des forces de l'ordre présentes sur le terrain en ce
00:18samedi ?
00:19La mise en place de couvre-feu dans certaines villes est-elle adaptée à la situation ?
00:24Y en a-t-il d'autres selon vous ?
00:25On évoquera aussi Michel Onfray la réponse de la justice face aux casseurs.
00:29Comment est-ce que vous jugez ce qui s'est passé dans les rues de nombreuses villes de France ?
00:34Peut-on parler à la fois d'un climat de sédition et de défi lancé à l'autorité républicaine
00:38et de l'autre de radia menée par des pilleurs guidés par l'appât du gain
00:43ou au contraire de bandes ayant la haine de notre société ?
00:46Votre réponse dans un instant.
00:48L'engrenage de la violence est-il inéluctable dans une société où le pouvoir semble impuissant ?
00:53Comment ramener le calme et la paix alors que certains responsables politiques parlent d'un climat de guerre civile ?
00:59On évoquera aussi la France insoumise parce que vous avez été surpris d'entendre Jean-Luc Mélenchon
01:04à l'aune de ses discours nombreux évoquer le philosophe démocrite
01:09pour expliquer que la violence dans les rues a toujours existé.
01:12Vous allez lui répondre.
01:13Le leader de la France insoumise se défend de son côté de tout appel à la violence.
01:17Il demande même pourquoi on l'accuse de cela.
01:19Pour vous, il lui semble qu'il est dépassé par les ultras de gauche.
01:24C'est peut-être ce que vous allez nous démontrer.
01:26Le point philo, Michel, aujourd'hui ce sera Freud, l'inventeur de la psychanalyse, bien sûr.
01:31Il fut aussi un penseur des civilisations, selon vous.
01:34Le livre « Le moi et le ça » permet de comprendre ce qui se joue actuellement dans la rue.
01:39On a hâte de vous entendre à ce sujet-là.
01:42On commence par les violences et les pillages, Michel,
01:44parce qu'évidemment ce sont des symboles quand même de ce qui se passe mal dans notre pays
01:48et d'une forme d'effondrement de l'autorité de l'État.
01:51Et il y en a qui vraiment personnalisent cet effondrement.
01:55Ce sont les commerçants qui ont vu leurs magasins ravagés, pillés,
01:59plus de 3 000 dans les chiffres dont nous disposons.
02:03Écoutez leur détresse et on va voir ce que vous en pensez.
02:06Tout est foutu, tout est souillé, tout est défoncé.
02:09Là-haut, il y a encore, vous n'avez pas vu là-haut, là-haut tout est brûlé.
02:12Comment vous voulez courager ?
02:14J'ai un patient qui a un traitement à 13 000 balles qui était dans mon frigo.
02:18Celui qu'ils ont brûlé, qui est cassé, qui est ventré.
02:23Je ne sais pas, il attendait son médicament, il y a des gens derrière.
02:26C'est un directeur dans le magasin, regardez comment il pleure.
02:28Regardez là, bravo à vous, regardez.
02:32C'est honteux.
02:34Putain, c'est honteux.
02:35Hier, on a fermé la boutique à 15h30,
02:38suite aux émeutes à côté de la manifestation du 17 octobre.
02:43Et à 17h, on s'est fait forcer la boutique par la vitrine.
02:49Ils ont tous saccagé.
02:51Ils ont tous saccagé, dit cette commerçante.
02:54Qu'est-ce que ça symbolise pour vous, ces pillages, ces saccages en règle, Michel ?
02:59Il y a des raisons diverses et multiples.
03:00Il y a d'abord le triomphe de la pulsion de mort.
03:02C'est détruire, c'est casser, c'est massacrer, c'est incendier, c'est brûler,
03:06c'est détruire des écoles, incendier des lycées, c'est mettre le feu à l'université de Rouen,
03:11c'est attaquer des symboles.
03:13On n'a pas beaucoup dit, mais moi j'ai quelques amis qui m'ont envoyé des images.
03:17Ici, c'est une synagogue, on ne le dit pas.
03:19Là, c'est un temple de francs-maçons, on ne le dit pas non plus.
03:22Parce qu'ils sont discrets, parce qu'ils ne veulent pas attirer l'attention sur eux.
03:25Mais ce sont des amis qui m'ont envoyé des photos, qui attestent.
03:28Et ce sont des amis dont je suis sûr.
03:30Donc il y a tout ça.
03:31Ils sont pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour.
03:34Donc tout ce qui n'est pas eux est contre eux, et tout ce qui est contre eux doit être
03:38détruit.
03:38Et comme de toute façon, il y a eu, c'est mon ami Didier Pleux qui avait pas mal théorisé
03:42ces choses-là,
03:43une intolérance à la frustration.
03:45C'est-à-dire qu'on n'a jamais dit non.
03:46Les fameuses éducations positives, les enfants ne veulent pas dire bonjour,
03:49ne veulent pas dire au revoir, ne veulent pas dire merci.
03:51Donc on n'apprend pas la politesse.
03:52Ne pas apprendre la politesse, c'est ne pas apprendre l'existence d'autrui.
03:55Et puis autrui, c'est quelqu'un qui me gêne.
03:56Je veux tous les bonbons du magasin.
03:58Et puis si je n'ai pas tous les bonbons du magasin, je détruis tout le magasin.
04:02Et puis je fais exactement la même chose quand j'ai 17 ans, 18 ans, 19 ans, etc.
04:07Moi je veux bien qu'on attaque la phallocratie.
04:08Je suis contre le fait que l'homme puisse avoir un pouvoir parce qu'il est homme.
04:11Et on doit pouvoir partager tous ces pouvoirs-là.
04:14Donc je défends cette théorie-là.
04:15Mais c'est quand même étonnant.
04:16Il y a des bonnes phallocraties et des mauvaises phallocraties.
04:18C'est-à-dire qu'il n'y a plus de possibilité entre son désir et la réalité de dire
04:22non, je me retiens.
04:23Le fameux un homme ça s'empêche d'Albert Camus.
04:25Puis là un homme ça ne s'empêche plus, ça se permet tout.
04:26Et ça détruit tout.
04:27Je veux dire cette dame qui nous parle probablement d'une chimiothérapie à 13 000 euros.
04:31Ça veut dire quoi ?
04:32Qu'on envoie à la mort probablement quelqu'un ?
04:34Ou qu'on prend le risque de l'envoyer à la mort ?
04:37Et puis détruire le travail de ces gens-là ?
04:40On ne devient pas pharmacien par hasard.
04:41On a fait des études.
04:42On a beaucoup travaillé.
04:44On a sacrifié des week-ends, des vacances, des fêtes quand on était étudiant pour pouvoir disposer d'un diplôme.
04:49On s'est peut-être enrichi parce qu'on s'est endetté.
04:53Et puis on a acheté une pharmacie sauf dans le cas des héritages etc.
04:56Il y a une destruction de ceux qui ont réussi aussi.
04:59C'est-à-dire tous ceux qui disent moi je ne suis rien.
05:02Socialement on voit bien d'ailleurs pour les quelques-uns qui ont été prélevés et qui sont allés au tribunal.
05:05Les situations sociales ne sont pas mirifiques, ce n'est pas très mirobolant.
05:08Donc il y a du ressentiment chez des gens.
05:11Et moi je pense beaucoup...
05:12Il y a des fils de bourgeois aussi dans ceux qui ont été défaits.
05:14Oui mais après vous avez votre famille mais vous avez aussi des études que vous avez pu faire et qui
05:18ne vous ont pas permis d'être à la hauteur du père ou de la mère ou de la famille.
05:22C'est-à-dire si vous êtes fils de pharmacien, vous avez intérêt à être vous aussi pharmacien.
05:26Et si vous ne l'êtes pas, qu'est-ce que vous faites ?
05:27Donc moi j'ai beaucoup aimé et j'aime toujours, d'ailleurs je fais une lecture intégrale là actuellement, il
05:31y a 11 volumes, mais des origines de la France contemporaine de Thènes.
05:34Et sur le rôle du ressentiment dans l'émergence des révolutions, c'est majeur.
05:39Donc il y a plein de ressentimenteux, il y a plein de gens haineux, il y a plein de gens
05:42qui détruisent, qui cassent, qui retournent des voitures, qui mettent le feu à tout.
05:46Ils détruisent les pompiers, enfin ils attaquent les pompiers, ils attaquent les policiers, ils attaquent la gendarmerie.
05:50Mais ils attaquent aussi une dame qui provient, elle aussi probablement de l'immigration, pour ce qu'on peut en
05:55voir à la télévision, qui dit mais arrêtez, mais ne faites pas ça, mais pourquoi vous faites ça ?
06:00Vous détruisez un abribus ?
06:01La jeune femme qui a pris un lance-flamme, quasiment un lance-flamme dans le visage, qui m'a dit
06:07je te détruis, je te détruis.
06:09Mais c'est aussi le symbole de ces commerçants, la France qui travaille, qui paye, et la France qui casse.
06:15Et c'est ces deux Frances-là qui doivent coexister.
06:17– Oui, et puis il y a aussi, je veux dire, vous allez dire que je radote, mais il y
06:22a aussi le produit de l'Europe de Maastricht depuis des années.
06:25C'est-à-dire, on nous a dit le marché doit faire la loi, on va faire rentrer autant d
06:28'immigrés que possible.
06:30Le MEDEF et M. Mélenchon pensent très exactement la même chose, vive l'immigration.
06:33M. Attali, M. Minck, M. Bernard-Rilévy, qui nous ont tous dit que la mondialisation serait heureuse.
06:38Tous ceux qui nous ont vendu l'Europe de Maastricht en nous disant, fin de la misère, du chômage, de
06:41la pauvreté, de l'antisémitisme, du racisme, de l'homophobie, fin de tout ça.
06:45– D'accord, 30 ans plus tard, on dit, qu'est-ce que vous avez ? Le contraire, chômage, misère,
06:49pas de plein emploi du tout, du racisme décomplexé,
06:53de la xénophobie décomplexée, c'était pour le coup à l'endroit des Blancs, de l'antisémitisme, mais là il
06:57est de gauche, donc c'est défendable,
06:59de la phallocratie, mais là il est de gauche, donc c'est défendable, de la misogynie, il est de gauche,
07:03tout ça est défendable, etc.
07:04– Et puis l'école qui n'a pas osé dire, non, non, on va vous apprendre un certain nombre
07:09de choses,
07:09les profs d'histoire n'enseignent plus la Shoah, les profs de sciences naturelles, comme on disait jadis de SVT,
07:14n'enseignent plus Darwin,
07:15les profs de philo n'enseignent pas les critiques des religions, enfin bon, voilà, plein de gens, j'ai donné
07:20les noms tout à l'heure,
07:21nous disent la France est détestable, la France est la colonisation, la France est Vichy, la France c'est Pétain,
07:25détestez-moi tout ça.
07:26Dans l'idéologie française, Bernard Rélevé nous dit que la France a inventé la Shoah, et la France a inventé
07:32la Shoah,
07:32nous avons inventé, nous les Français, la chambre à gaz, la déportation, la destruction de 6 millions de Juifs
07:38à cause de philosophes français du XIXe siècle, etc. Et puis là vous avez des jeunes qui disent, on vous
07:43croit,
07:44on vous prend au mot, vous avez raison, la France est détestable, on ne l'aime pas, on n'en
07:47veut pas,
07:48et je veux dire, il est fréquemment dit que la France est détestable parce qu'elle a été ceci, parce
07:52qu'elle a été cela, etc.
07:53On ne fait plus d'histoire, l'histoire de la guerre d'Algérie n'est pas écrite, du moins si
07:59elle est écrite,
07:59elle n'est pas enseignée, celle qui est enseignée n'est pas l'histoire que nous devrions enseigner.
08:03Il faut faire la paix avec l'Algérie, il faut arrêter cette guerre avec l'Algérie,
08:06mais on n'arrêtera pas une guerre comme on pense le faire aujourd'hui, on arrête la guerre avec des
08:11historiens
08:12qui nous disent, bon allez, on va vraiment faire de l'histoire, et puis voilà, et on va enseigner ça
08:15aux enfants.
08:16Est-ce que vous pensez qu'on peut enseigner la guerre d'Algérie aux enfants à l'école ? Pas
08:19du tout.
08:19Pas simple.
08:20Non, ce n'est pas que ce n'est pas simple, c'est que ce n'est pas quasiment interdit,
08:22ou alors vous avez une version officielle qui est celle de Benjamin Stora,
08:24et qui nous dit, moi j'ai la version, et on le voit bien aux côtés de François Hollande et
08:28de quelques autres,
08:29toujours du côté du pouvoir, du manche, etc., pour nous dire, voilà ma version, c'est sa version.
08:33Et il a bien raison d'avoir sa version, mais ce n'est pas la seule.
08:36On ne peut pas avoir des versions officielles, on ne peut pas avoir des versions d'État.
08:39Quand Nicolas Sarkozy voulait faire une espèce de maison de l'histoire de France,
08:43vous vous souvenez des insultes qu'il a reçues, parce qu'il ne fallait pas proposer un récit.
08:47Après tout, on propose un récit, puis les autres proposent un contre-récit.
08:50Mais là, il y a un récit sans contre-récit, et un récit national qui permettrait d'expliquer
08:54un certain nombre de choses, sur le rôle du PC dans la collaboration avec le pacte germano-soviétique,
09:02etc., etc., enfin, de faire véritablement une histoire.
09:04Allez, Michel Monfré, on est dans votre émission sur CNews et sur Europe 1.
09:07On va juste revenir un instant sur le profil des émeutiers qui ont sévi dans ces violences.
09:12Jérôme Fourquet a été notre invité cette semaine, analyste politique.
09:16Il examine ce profil des émeutiers et il voit différentes catégories parmi eux.
09:20Écoutons-le et je vous passe la parole ensuite.
09:22La pointe avancée et la plus professionnelle dans l'émeute était composée par les militants
09:28de l'ultra-gouche, les fameux black blocs ou autres.
09:31Alliance de circonstances avec des délinquants chevronnés qui, pour certains, avaient fait
09:36des repérages, s'étaient organisés pour savoir à quelle heure on faisait telle boutique
09:41et comment on passerait ensuite à telle autre.
09:44Et puis, la masse de manœuvres, si l'on peut dire, ceux qui ont fourni le gros des troupes
09:49qui sont constitués de jeunes individus.
09:52Alors, tous ces publics-là, manifestement à 90%, ce sont des hommes assez jeunes, entre
09:59une quinzaine et 15 et 30 ans.
10:01Et le dernier groupe, le plus nombreux, va être sur des individus qui viennent régler
10:08des comptes avec la police, pratiquer la délinquance d'opportunité, mais aussi vivre
10:15le grand frisson, éprouver le sentiment de toute puissance.
10:18Ce que dit Jérôme Fourquet, qu'est-ce que ça recouvre pour vous ces pillages ? Parce
10:22que même au sens historique du terme, ça a toujours existé les pillages.
10:27Quelles étaient les motivations de ces pillages, Michel ?
10:30D'abord, c'était les tribus qui s'opposaient, qui se battaient, et c'était une façon
10:35de dire, ce qui t'appartenait m'appartient, c'est ma façon de prendre le territoire.
10:39Je sais qu'aujourd'hui, on n'a plus la possibilité de parler d'éthologie.
10:42On se fait tout de suite traiter de raciste, juste quand on dit, c'est étonnant d'ailleurs,
10:45dans une période qui se veut antispéciste, c'est très à la mode et c'est très dans
10:49l'air du temps d'être antispéciste et de dire qu'il n'y a pas de différence
10:51entre les hommes et les animaux.
10:52D'accord, très bien.
10:53Ça justifie des gens comme Paul Pressiado dans Libération, ou Peter Singer, un philosophe
10:58qui enseigne l'éthique aux Etats-Unis.
11:00C'est ce qui leur permet de dire qu'on a le droit à avoir des relations sexuelles
11:03avec les animaux.
11:04C'est les mêmes qui nous disent ça, sérieusement.
11:06C'est les mêmes qui nous disent ça et qui nous interdisent de dire, alors si nous
11:09sommes des animaux, peut-être pourrions-nous parler des hordes primitives chez Darwin,
11:13comme elle se comporte, comme il raconte qu'elle se comporte, Darwin.
11:16Et même Freud, dont nous avons parlé tout à l'heure, je renvoie les gens à Totem
11:20et Tabou par exemple, moi je veux bien que justement Freud soit un totem, mais alors
11:25qu'on le prenne pour voir comment ça fonctionne.
11:28Et prenez la mythologie, c'est-à-dire l'enlèvement des Sabines, etc.
11:31À chaque fois que vous avez des guerriers qui sont plus puissants que les autres, ils
11:35prennent les femmes, ce sont des butins, ils violent les femmes, ils embarquent des objets
11:38et puis évidemment tous les beaux objets, ils les emmènent et puis ils les emportent
11:43et puis ils mettent le feu.
11:44Donc ça a toujours existé.
11:45Mais ça a toujours existé et ça existera toujours, tant qu'il y aura des hommes
11:49et que le cerveau reptilien dominera le cerveau du néocortex, le cerveau de l'association
11:55de la culture, de l'intelligence, etc.
11:56Vous aurez ça et vous aurez des marquages de territoire.
12:00Donc ça se fait avec, on a vu ces images-là, avec des extincteurs, donc vous marquez.
12:06Ou des tags.
12:06Ça se fait avec de la peinture, avec des tags, ça se fait avec des destructions, vous avez
12:11cassé, vous avez cogné, vous avez laissé des reliefs.
12:14Vous avez, moi je suis passé tout à l'heure devant des vitrines cassées, devant des...
12:17Il y a des traces de feu sur certains endroits.
12:20Donc c'est extrêmement primitif.
12:22C'est aussi vieux que le monde.
12:24Simplement, je ne fais pas de la sociologie du genre, il y a les bons, il y a les gentils,
12:28il y a les méchants, il y a les sympathiques, il y a les manifestants, et puis après il y
12:31a
12:31les black blocs.
12:32C'est le même monde globalement.
12:33On découvre ça.
12:34C'est-à-dire que quand on nous dit, voilà qui a fait quoi, qu'est-ce qu'on découvre
12:37?
12:37Un type qui passe par là et qui dit, ouais je manifestais, je manifestais.
12:40Il avait des produits chimiques dans son sac à dos.
12:43Il avait de quoi faire un cocktail molotov.
12:45Mais il dit non, je ne sais pas pourquoi c'était là.
12:48Enfin, je n'ai rien fait, etc.
12:49Il était un quart d'heure plus tôt dans la manifestation, prétendument bien gentil, etc.
12:54Juste un tout petit mot.
12:54Est-ce qu'on peut parler d'un climat de sédition ?
12:56Parce que vous aimez que les mots soient employés à bon escient.
13:00Est-ce qu'on peut parler de guerre civile, de situation de pré-guerre civile, Michel-Enfray ?
13:03Écoutez, moi j'en parle depuis des années.
13:05J'ai regardé l'autre jour parce que des gens m'ont dit, oui vous dites ça depuis longtemps, etc.
13:09Et donc, oui je le dis depuis longtemps, mais il y a simplement l'impossibilité pour moi d'en faire
13:13la preuve
13:14autrement qu'en disant je l'ai écrit.
13:16Je l'ai écrit en 2018, très précisément, et je parle de guerre civile à bas bruit.
13:20Et j'ai dit un peu plus tard, je pense que c'était avec vous d'ailleurs sur ce plateau,
13:24que j'enlevais le à bas bruit et que nous étions en guerre civile.
13:27Et j'entends des gens aujourd'hui qui nous disent, mais non, c'est pré-guerre civile,
13:30ils n'utilisaient pas ce mot là, c'est pas ça la guerre civile.
13:32C'est quoi ?
13:33Je pense que si vous prenez, il y a un site qui s'appelle Français de Souches
13:37qui nous raconte tous les jours, c'est une revue de presse, une revue de presse.
13:40Tel jour, telle date, telle heure, il s'est passé ceci.
13:44Il n'y a pas de justification, de commentaire moral, de lecture politique, je ne sais quoi.
13:50Machin a fait telle chose à tel endroit, dans tel endroit, etc.
13:53Combien de coups de couteau ? On nous dit une centaine de coups de couteau tous les jours.
13:56100 coups de couteau par jour, une centaine de coups de couteau par jour,
13:59multipliés par 365 jours, ça fait combien de coups de couteau dans une année ?
14:02Et à partir de combien de coups de couteau, on en arrive à parler de guerre civile ?
14:06Je ne parle pas du reste.
14:07Donc c'est plus à bas bruit.
14:08Non, ce n'est pas à bas bruit, il faut utiliser le mot.
14:11Donc on est dans un début de guerre civile, mais le mot est là.
14:14Le début, c'est que vous avez aujourd'hui des gens qui pillent,
14:17vous avez des gens qui rentrent dans des magasins, qui violent des propriétés privées,
14:19puis vous avez maintenant des gens qui, quand on dit,
14:21oui, mais la prochaine étape, c'est de rentrer chez des gens.
14:27Mais c'est déjà fait.
14:27Il y a des vidéos qui tournent, où des gens se sont grimpés sur les fenêtres,
14:30en disant, on est là, on a cambriolé, etc.
14:32C'est déjà fait.
14:34Donc les gens qui nous disent, il y aura une guerre civile, c'est quand ?
14:38Parce qu'il y a une guerre civile avec des gens qui en tuent d'autres,
14:40pendant que les autres ne répondent pas.
14:42Alors on a déjà un début de réponse avec des commerçants qui disent,
14:45ben oui, mais nous, on ne va pas se laisser faire.
14:47Ça va bien.
14:47Et puis qui sont les délinquants aujourd'hui, par exemple,
14:49les petits épiciers qui bossent jusqu'à 11h du soir,
14:52qui se font voler régulièrement,
14:54et qui disent, je suis allé à la police dix fois,
14:56on m'a dit, on ne peut rien faire.
14:57Et qui disent, ben on va juste mettre la photo du personnage.
15:00Et là, ce sont ces gens-là, d'un seconde, on la voit arriver, la police.
15:02Sur ordre.
15:03Parce que la police, elle obéit.
15:05C'est immense.
15:05Et sur ordre.
15:06Et là, on lui dit, ben là, ça, ce monsieur-là, c'est un délinquant.
15:08Ce monsieur-là qui, il peut être d'ailleurs un petit épicier arabe à 11h le soir,
15:12qui dit, moi, j'en peux plus de me faire voler, j'ai juste mis la photo.
15:15On dit, c'est vous le délinquant.
15:16Donc il y a un moment donné où on ne peut pas accepter ça.
15:19Donc oui, c'est de l'insurrection.
15:21Mais le problème, c'est que jadis, quand il y avait des insurrections,
15:23il y avait un plan B.
15:24C'est-à-dire que si vous prenez, je ne sais pas, les jacqueries, 1789, 1830, 1848, 1871,
15:34mais il y avait des propositions derrière.
15:37On voulait faire tomber la monarchie, on voulait installer la République,
15:41on voulait faire tomber un autre roi, on voulait une République sociale, etc.
15:45Que veulent-ils, ces jeunes ?
15:48On les voit, ils veulent des marques, ils veulent voler des chaussures,
15:52ils veulent voler des pulls.
15:53On voit après sur Internet, ils vendent des pulls à 650 euros.
15:56Peut-être, y a-t-il autre chose ?
15:58En tout cas, dans leurs revendications, il y a sans doute autre chose que juste ça.
16:01Non, parce qu'on les aurait entendues, ces revendications.
16:05On les a entendues avant, celles des lycéens.
16:07Ce n'est pas la même chose.
16:08Ce n'est pas la même chose.
16:08Non, mais c'est important de le dire.
16:09Oui, les revendications des lycéens, c'est assez singulier.
16:11Parce que j'ai écouté le point de Mélenchon, qui nous expliquait que ça avait démarré à Mayotte,
16:16que ça avait continué en Guyane, que ça s'était poursuivi en Guadeloupe, etc.
16:19Et en Martinique, etc.
16:20Et puis après, ils arrivent tous.
16:22Ce sont des opportunistes, des animaux stercorères.
16:24Les gens peuvent aller jeter un coup d'œil sur le dictionnaire pour voir.
16:27Mais ils sont intéressés par les matières fécales.
16:29Et qui vont derrière, comme ça, les déjections de la société libérale et capitaliste,
16:35avec la misère, avec la pauvreté, qui sont indéniables.
16:39Et qui arrivent là et qui prospèrent sur la misère des gens.
16:42Et ils prospèrent sur la misère des gens en disant, on y va.
16:44Ils font leur boulot.
16:45Il fait très bien son boulot, Mélenchon.
16:46Un boulot de militant en disant, feuille de route, on va vous expliquer comment récupérer.
16:50Il a déjà récupéré les gilets jaunes.
16:52Les premiers gilets jaunes, il les avait méprisés.
16:54C'était des fachos, etc.
16:56M. Coquerel, dans la salle des 4 colonnes, s'en venait nous expliquer que ces gens-là étaient détestables, minables,
17:00etc.
17:01Eux avaient des revendications.
17:02Souvenez-vous de Jacqueline Moureau.
17:03Des choses très dans l'esprit de la commune, très concrètes.
17:07Il ne s'agissait pas d'instaurer la République ou une nouvelle République.
17:10On veut de l'essence, on veut manger, on veut pouvoir faire des cadeaux à nos enfants parce que Noël,
17:15c'est pas loin, etc.
17:16Il y avait vraiment des propositions.
17:18Là, les lycéens, d'un seul coup, nous ont tous parlé des mêmes propositions.
17:22Dans tous les lycées, il y avait les mêmes problèmes.
17:24Y compris dans les lycées tout neufs qui avaient été fabriqués par des écolos, des machins éco-responsables, avec des
17:30ventilations, ceci, des ventilations de cela,
17:32qui devaient permettre la chaleur quand il y avait du froid, le froid quand il y avait de la chaleur,
17:36etc.
17:36Y compris ces choses-là ont été détruites.
17:38Et après, à chaque fois, c'était oui, les horaires, on travaille trop tôt, on travaille trop tard, et puis
17:42après, il y a des rats dans les toilettes, et puis après, etc.
17:45C'est drôle.
17:46Dans tous les lycées.
17:47C'est vrai que c'était les mêmes éléments de langage, vous avez raison.
17:50C'était des éléments de langage qui avaient été donnés.
17:52Moi, j'entends bien qu'il y a des occasions d'être mécontents.
17:55Je le suis aussi pour nombre de gens, je ne plains pas pour ma vie, mais je vois bien autour
17:59de moi les gens qui sont misérables et miséreux.
18:01Simplement, ils se font récupérer régulièrement.
18:03On va écouter, Michel Onfray, si vous voulez bien, ce que vous avez évoqué, c'est-à-dire Mathilde Panneau,
18:08qui refuse de condamner l'incendie de la mairie de Limoges,
18:10qui est vraiment une image qui a fait mal au cœur à tout le monde, comme les saccages et les
18:14pillages.
18:14On va écouter cet échange entre le Premier ministre Sébastien Lecornu et elle, à l'Assemblée nationale, cette semaine.
18:19Écoutez.
18:20Vous osez prétendre que vous n'êtes jamais responsable de rien.
18:24Votre incapacité à garantir le droit de manifester, c'est la faute de la France insoumise.
18:28Votre incompétence totale qui a provoqué le désastre, encore la France insoumise.
18:33Madame la présidente Panneau, il vous reste deux secondes.
18:36Condamnez-vous l'incendie de la mairie de Limoges,
18:41dont ce matin, un premier suspect a été interpellé et appartenant à l'ultra-gauche.
18:49Vous n'avez pas eu un mot pour le jeune qui a perdu une main à Saint-Etienne, pas un
18:54mot pour la jeune qui a perdu un oeil à Moulouse, pas un !
18:58Toujours la même rhétorique, celle qui consiste à semer le chaos et ensuite à se victimiser par le mensonge ou
19:07l'anathème.
19:07Très intéressante cette séquence à l'Assemblée nationale, Michel Onfray.
19:11La rhétorique de la France insoumise, elle est extrêmement claire.
19:14C'est une sophistique, toujours.
19:15On vous pose une question, pour ne pas y répondre, vous changez la question.
19:19Et vous dites, mais et les violences des gens qui mettent le feu à l'université ?
19:24Violence policière, je ne dis pas la violence policière, je vous parle de ça.
19:27Et l'incendie de cette mairie ?
19:30Moi, je vais vous parler de cette main arrachée, etc.
19:32Mais parlons éventuellement de cette main arrachée, on les voit les photos des gamins qui récupèrent les bombes lacrymogènes qui
19:39sont envoyées,
19:40ou les bombes de désencerclement, qui les prennent à la main et qui les balancent.
19:43Évidemment, quand ça explose et que vous avez ça dans la main, ça vous arrache la main, etc.
19:48Ça s'appelle du combat.
19:49Ce sont des gens qui veulent des combats de rue et puis après ils disent, mais il m'a fait
19:51du mal et ce n'est pas bien, etc.
19:54Oui, mais bon, il n'y a pas de violence structurelle a priori.
19:57Moi, je ne me suis jamais pris de coups sur la figure, parce que je ne me suis jamais mis
20:01dans les situations d'avoir à me prendre des coups sur la figure de la part des forces de police.
20:05Quand on m'arrête en voiture et même si j'ai bu un coup, je n'accélère pas pour foncer
20:09sur le policier.
20:10Et puis j'obtempère et puis je ne vais pas avoir de problème.
20:13Il y a simplement une règle du jeu que ces gens-là ne veulent pas respecter.
20:16C'est quand même étonnant que le régime iranien, qui se comporte comme il se comporte...
20:20Le régime iranien trouve que nous maltraitons nos manifestants.
20:24Lui-même a massacré des dizaines de milliers de jeunes.
20:27Voilà, effectivement, que nous devrions nous comporter autrement.
20:31Autrement que quoi ?
20:32Je veux dire, expliquez-vous, quoi.
20:33Et puis d'autres qui ont intérêt, je veux dire, on a toujours le drapeau palestinien.
20:36Il n'y a pas un plan sans qu'il y ait le drapeau palestinien.
20:39Il y a un moment donné où on voit d'ailleurs un gamin qui a un drapeau bleu-blanc-rouge
20:42et puis il est coursé par les jets d'eau.
20:45Je rappelle d'ailleurs que les jets d'eau ont des puissances tout à fait particulières.
20:48Moi, j'ai vu des gens qui valent dinguer 10 mètres plus loin avec les canons lanceurs d'eau.
20:53Là, simplement, on les arrose légèrement, quoi.
20:55Ça les nettoie.
20:56Et donc...
20:57N'exagérons pas.
20:58Non.
20:58Ça ne s'est pas fait pour faire une douche.
21:00C'est une plaisanterie.
21:01Oui, oui.
21:02Il faut tout préciser, vous savez.
21:04Il sautait quand il se prenait des...
21:05Là, on voit bien que non.
21:06Ça avance doucement, etc.
21:08Évidemment.
21:08Et la police n'est pas la police de l'Iran, c'est pas la police de Cuba, c'est
21:13pas la police du Hamas,
21:15enfin de la Palestine gouvernée par le Hamas, c'est pas la police...
21:18Etc, etc.
21:19Il faut arrêter.
21:20Il y a des polices dans les démocraties, il y a des polices dans les républiques,
21:23et puis il y a des polices dans les régimes dictatoriaux.
21:25Je pense qu'en Russie ou par exemple en Chine, la police, des pays qui aiment beaucoup Mélenchon et ses
21:31copains,
21:32la police, probablement, on peut lui faire un certain nombre de reproches qu'on ne peut pas faire à la
21:36police française.
21:36On fait une petite pause, Michel Onfray, on se retrouve dans un instant dans Face à Michel Onfray.
21:40On reviendra sur le discours de Jean-Luc Mélenchon, ça vous a interpellé parce qu'il évoque démocrite,
21:45alors là, il a touché un point sensible.
21:48On parlera aussi de ce qui s'est passé en Italie, parce qu'il y a une concomitance des émeutes
21:51en Italie, très intéressant.
21:53Et puis aussi de Donald Trump qui s'est mêlé de tout ça en parlant de la France
21:56et de l'avenir sombre qu'il prévoit à la France.
22:00A tout de suite.
22:02Et on se retrouve pour la seconde partie de Face à Michel Onfray.
22:04Après Michel, on va s'intéresser à Jean-Luc Mélenchon qui a réfuté toute implication dans les violences des derniers
22:10jours.
22:10Il dit « Pourquoi est-ce que je serai accusé de ça, moi ? »
22:12Il accuse Emmanuel Macron au contraire de jouer le pourrissement de la situation.
22:16On va l'écouter.
22:17Là, il s'adresse à M. Lecornu dans une des nombreuses prises de parole qu'il a faites, M. Mélenchon.
22:22Écoutez-le et il explique pourquoi il n'a aucun intérêt à installer de désordre dans notre pays.
22:28Et vous, M. Lecornu, qui dites qu'on a un mouvement de l'ultra-gauche
22:34qui a envie d'organiser un désordre profond dans le pays jusqu'à l'élection présidentielle.
22:40Tous ceux qui disent que nous comptons tirer parti du désordre pour l'élection présidentielle.
22:44Mais comment peuvent-ils nous croire aussi stupides ?
22:49Est-ce qu'ils croient réellement qu'en attaquant des boutiques, nous pensons prendre le pouvoir ?
22:53Parce que s'il fallait attaquer quelque chose, ce n'est pas des boutiques qu'on irait chercher.
22:57Ça suffit maintenant.
22:59Retour au sérieux.
23:00Ça suffit de jouer les apprentis dictateurs qui manient les oppositions politiques
23:05qui ont des élus, des parlementaires au fouet.
23:08Et si vous dites qu'on a un mouvement de l'ultra-gauche qui a envie d'organiser,
23:12alors comment tu le sais ?
23:14Et si tu le sais, dis qui c'est ?
23:15Où ? Quand ? Comment ?
23:17Et quand il ajoute la planification, vous m'entendez ?
23:21La planification en certains endroits d'un schéma insurrectionnel
23:26mené par des groupuscules d'extrême-gauche et de l'ultra-gauche.
23:30C'est le Premier ministre qui parle.
23:32Quel groupuscule ? Où ? Quand ? Qui c'est ?
23:35Voilà pour Jean-Luc Mélenchon.
23:36Chaque mot a son importance dans ce que dit Jean-Luc Mélenchon.
23:41La jeune garde, s'il veut qu'on lui donne un nom,
23:43on lui donne un groupe, on lui donne un nom, on lui donne...
23:45Non mais il dit, ça suffit de jouer les apprentis dictateurs,
23:48ça suffit de mener les oppositions au fouet.
23:49Oui, mais si je vous dis, vous posez une question, ils n'y répondent pas,
23:54ils sont sur un autre terrain, et là ils se reviennent de nous expliquer avec beaucoup d'ironie.
23:57D'ailleurs ça marche toujours l'ironie, qui plus est, avec un public captif qui est là à BA,
24:01en train de sourire, d'applaudir, de rire.
24:03Oui, mais oui, la stratégie, je suis obligé de dire, et ça ne me gêne pas de dire des choses
24:09vraies,
24:10dont j'estime qu'elles sont vraies, mais que M. Lecornu a raison sur ce point-là.
24:13Il a raison d'expliquer comment tout ça fonctionne.
24:15Bien sûr que Mélenchon a intérêt au désordre dans la rue, il le sait très bien,
24:20et il sait très bien quelle est la stratégie.
24:21Il fonctionne avec eux, justement, avec Raphaël Arnaud, avec la jeune garde.
24:26Je rappelle que le logo de la jeune garde était tout de même sur l'affiche des législatives de M.
24:30François Hollande.
24:31Quand on dit, ah non, ce n'est pas pareil, il y a les bons, il y a les méchants,
24:33il y a les gentils.
24:34Non, il y a un ensemble, et ils s'entendent tous à peu près bien pour dire à chacun son
24:40boulot.
24:40Toi, tu mets le désordre, etc.
24:42Lui, bien sûr qu'il a intérêt au désordre. Le désordre, c'est quoi ?
24:44C'est un deuxième tour dans lequel il se trouverait en face de Marine Le Pen.
24:47C'est ça qui l'intéresse.
24:48Donc oui, il y a intérêt à détruire des commerces.
24:54Donc il dit, on prendrait quoi ?
24:56Il suffit juste aujourd'hui de créer le climat dans lequel on se trouve,
25:00et on voit très bien que ça donne une puissance incroyable à Marine Le Pen et à lui.
25:05Et lui, ce qu'il veut, c'est être présent devant Marine Le Pen,
25:08enfin, en présence de Marine Le Pen au deuxième tour.
25:10Donc oui, la stratégie, je n'aime pas ce mot, il est grossier,
25:12mais de bordélisation qui a été revendiquée par eux,
25:15c'est ce qu'ils sont en train de faire avec des gens qu'on sollicite.
25:19Une fois, on sollicite un sénateur, son beau-frère d'ailleurs,
25:22il n'y en a qu'un sénateur de la France, c'est le beau-frère de Mélenchon,
25:25le gendre de Mélenchon.
25:26Et après ça, vous allez solliciter des députés, après ça, des élus,
25:30le maire de tel endroit, le maire de tel autre endroit, je tairai les noms.
25:34Et après ça, vous allez chercher un casseur,
25:37après ça, vous allez solliciter selon les besoins.
25:39Et si le besoin consiste à dire, elle est instrumentalisation à la violence,
25:43parce que toute violence est bonne pour Marine Le Pen,
25:45et comme de toute façon, au deuxième tour, c'est moi,
25:47puisque la droite ne sait pas s'entendre,
25:49et que vous avez même des surgissements à chaque fois
25:51d'un lissnard par-ci, un bidule par-là,
25:54et puis ça multiplie les candidatures,
25:58lui, il a intérêt à ça.
26:00La bonne stratégie, il le sait, c'est de faire de telle sorte
26:02que face à une droite qui est éparpillée,
26:05face au puzzle, il y a la possibilité d'un second tour
26:08dans lequel il serait, et ensuite, de faire savoir
26:10que le résultat n'est pas légitime.
26:12Et à ce moment-là, répétition générale, effectivement,
26:15là, on a la violence dont il a besoin.
26:17Donc, il a beau manier l'ironie, la sophistique, la rhétorique,
26:21si personne ne lui répond, ça peut toujours faire illusion,
26:24mais non, c'est vraiment le plan que M. Lecornu,
26:27qui doit avoir les informations dont dispose un Premier ministre, en plus.
26:31Il parle plus informé que tout autre,
26:33autant que le Président de la République,
26:34mais ce sont les deux personnages de l'État
26:36qui en savent beaucoup sur ce qui leur permet de conclure,
26:39ce qu'il conclut.
26:39Alors, Michel, il y a aussi Démocrite,
26:42parce que Jean-Luc Mélenchon en parlait Démocrite,
26:45qui, selon lui...
26:46Alors, expliquez-nous ce qu'il a dit exactement sur Démocrite
26:48et ce qu'est en réalité Démocrite.
26:51C'est le problème de la...
26:52Le diable est dans les détails,
26:53c'est le problème de la culture de Jean-Luc Mélenchon,
26:55dont tout le monde nous dit, il est cultivé, etc.
26:57Non, c'est un bonimenteur de foire,
26:59il parle très bien,
27:00et c'est ce qu'on disait tout à l'heure,
27:01il a pour lui la rhétorique, la sophistique,
27:03et puis un vernis de culture.
27:05Mais le vernis de culture, dans un monde où il n'y a pas de culture,
27:07ça passe pour une profonde culture.
27:09Donc, il suffit qu'il parle un peu de la Révolution française,
27:11qu'il agite le nom de Robespierre,
27:13personne ne sait trop qui est Robespierre.
27:15Quand même.
27:16Non, ne sait trop.
27:17Je dis bien ne sait trop,
27:18tout le monde sait qu'il est un personnage éminent
27:20de la Révolution française.
27:22Pour d'autres, un peu plus informés,
27:23qu'il a une relation particulière avec la loi sur les suspects,
27:26avec le tribunal révolutionnaire,
27:27avec la guillotine, etc.
27:29D'autres savent qu'il y a eu Termidor,
27:31et que ça met fin au règne de Robespierre
27:32dans la Révolution française, etc.
27:34Mais je vous assure que le personnage d'ailleurs de Robespierre,
27:37quand vous dites, il était contre la peine de mort.
27:39Non, il n'était pas contre la peine de mort.
27:41Il estime en 1983 qu'il faut perfectionner la guillotine
27:45et que d'une certaine manière,
27:46la guillotine, ça aristocratise ceux qui se font guillotiner.
27:49Et démocrite.
27:50De revenons à démocrite.
27:52Là, c'est pareil.
27:52Une espèce de vernis de culture.
27:53Démocrite.
27:54Les gens disent, qui est démocrite ?
27:55Ils ne savent pas qui est démocrite.
27:56Philosophe.
27:57C'est l'un des philosophes les plus importants
27:59de ceux qu'on appelle les présocratiques
28:00et qui est un penseur matérialiste
28:02qui pense que tout est fabriqué à partir des atomes.
28:05Il voit dans un ray de lumière des poussières
28:07et il dit, le monde, c'est ça, finalement.
28:09Il y a des atomes qui s'associent
28:11et qui vont rendre possible la matière,
28:13la construction du monde, etc.
28:14Ça donnera par la suite les matérialistes
28:16que sont Épicure pour les Grecs
28:19ou Lucrèce pour les Romains.
28:21Il n'y a pas de philosophie politique chez Démocrite
28:23qui lui permettrait de dire ce qu'il dit.
28:25Il n'y a pas.
28:26Il y a en revanche ce qu'on appelle des doxographies,
28:29c'est-à-dire des gens qui ont dit
28:30que Démocrite aurait dit qui, etc.
28:32Donc des pseudo-Démocrite.
28:33Moi, j'ai juste pris une phrase de Démocrite
28:38qui nous permet de savoir ce qu'est sa pensée politique.
28:42Démocrite dit
28:43« La pauvreté en régime démocratique
28:46est préférable au prétendu bonheur
28:48en régime tyrannique
28:50que la liberté l'est à la servitude. »
28:53Ça veut dire qu'il vaut mieux des pauvres
28:54dans un régime démocratique
28:55qu'un prétendu bonheur dans un régime tyrannique.
28:58C'est ça, le maître à penser de M. Mélenchon.
29:00Démocrite, aujourd'hui, nous dirait
29:02qu'il vaut mieux la pauvreté sous Macron
29:03que le prétendu bonheur
29:05chez Mélenchon lui-même.
29:07Donc il faut vraiment faire semblant
29:09de croire ou de connaître
29:10pour dire des choses pareilles.
29:11Démocrite dit très exactement le contraire.
29:12Peut-être a-t-il confondu avec démocrate,
29:14mais c'est Démocrite, le philosophe.
29:16Pas de chance.
29:17Non, c'est une plaisanterie.
29:18Mais je veux dire qu'on ne peut pas, comme ça,
29:20prendre de temps en temps,
29:21faire du name-dropping
29:22en disant « je prends un... »
29:23Enfin, de citer des noms
29:25plutôt que d'utiliser une formule anglaise.
29:28Mais juste de dire,
29:29je parle de Démocrite.
29:30Oh, il est cultivé,
29:31il connaît bien les philosophes présocratiques.
29:33D'ailleurs, il était tellement important
29:35comme philosophe
29:36que Platon était tellement jaloux,
29:38c'est très exactement l'inverse,
29:39Platon, c'est l'antidémocrite,
29:40et que Platon en était tellement jaloux
29:42qu'il a voulu détruire
29:43les 300 livres écrits par Démocrite.
29:45Et qui sont aujourd'hui
29:46les défenseurs de Platon ?
29:48C'est Alain Badiou, par exemple,
29:49un des derniers maoïstes français.
29:51Donc, si vraiment il veut chercher
29:52un ancêtre,
29:54Mélenchon, qu'il aille le chercher
29:55chez Platon,
29:56qui invente le communisme,
29:57mais pas chez Démocrite,
29:58qui est justement un aristocrate
29:59qui déteste
30:00ceux qui prétendent
30:01qu'on pourrait être heureux
30:02avec un régime politique
30:03différent et nouveau.
30:04Michel Onfray,
30:05on est sur CNews et sur Europe 1,
30:07dans votre émission.
30:08On va évoquer maintenant
30:08l'impact à l'international
30:10qu'ont eu ces images de violence
30:12dans notre pays,
30:13pays à feu et à sang.
30:15Certains pays recommandent
30:16aujourd'hui à leur touriste
30:17d'être prudents.
30:18On commence à avoir
30:18les premières annulations
30:19de réservations touristiques,
30:20évidemment,
30:21parce que quand ils voient
30:22ce qui s'est passé
30:23le week-end dernier,
30:24évidemment, ça les inquiète.
30:26Et puis Donald Trump,
30:27le président américain,
30:27d'autres dirigeants aussi
30:29se sont exprimés là-dessus,
30:30mais Donald Trump
30:31s'en est pris assez clairement
30:32à la France,
30:33à l'immigration
30:34qui l'accuse.
30:36Et Emmanuel Macron
30:37lui a répondu.
30:38Écoutez cet échange
30:38entre Donald Trump
30:39et Emmanuel Macron,
30:40à distance.
30:42Je l'ai dit au président Macron,
30:43qui est un ami,
30:44je le connais depuis le tout début.
30:45Je l'ai rencontré
30:46juste après ma première élection
30:47et il m'a plu.
30:48Il m'appelait toujours.
30:50Mais je lui ai dit,
30:51si vous ne résolvez pas
30:52le problème de l'immigration,
30:53il ne restera plus rien
30:54de votre pays.
30:57s'ils ne mettent pas un terme
30:58à tout cela
30:59et ne renvoient pas ces personnes,
31:01je ne parle pas seulement
31:01d'arrêter les arrivées.
31:02Il faut faire partir les gens,
31:04les virer purement et simplement.
31:05Alors,
31:06il ne restera plus rien,
31:07plus d'Union européenne,
31:08plus rien du tout.
31:09Tous les gens
31:10qui parlent mal de notre pays
31:11en ce moment,
31:12ce sont des gens
31:12qui n'aiment pas notre pays.
31:13Donc ces gens
31:15m'indisposent.
31:16Moi, j'aime mon pays.
31:18Donc,
31:18on va corriger
31:19ce qui s'est passé.
31:20Mais il y a beaucoup
31:21de gens qui ont voulu,
31:22il y a des gens
31:22qui font campagne
31:23sur le dos de la France.
31:23Quand je vois des dirigeants
31:24qui sont dans des situations
31:25de campagne
31:26dans la région
31:27ou de l'autre côté
31:27de l'Atlantique
31:29qui, parfois,
31:30avec crédulité,
31:31reprennent ce qu'il y a
31:32dans l'intelligence artificielle
31:33ou qui relaient
31:35ce qu'évidemment,
31:36des sphères
31:38veulent faire croire
31:39de ce qui s'est passé
31:39en France.
31:40Mais ils font campagne
31:41sur notre dos.
31:42Voilà.
31:43Alors, très intéressant
31:43ce qu'a dit Emmanuel Macron.
31:44Des sphères
31:45qui veulent faire croire
31:46ce qui s'est passé
31:47dans notre pays.
31:48C'est une façon de dire
31:49ne croyez pas
31:50ce que vous avez vu.
31:51Il ne faut pas voir
31:51ce qu'on a vu, en fait.
31:52C'est ça.
31:53C'est les gens
31:53qui crient au complotisme.
31:55Ils sont dans des logiques
31:55complotistes.
31:57C'est-à-dire qu'il n'y a pas
31:58de réel
31:59sauf ce que dit
32:00de Macron
32:01comme étant le réel.
32:02C'est lui qui dit
32:02ce qu'est le réel.
32:03C'est quel réel ?
32:04N'écoutez pas ces news.
32:05Ces news font du brainwashing,
32:07comme il nous dit,
32:07c'est-à-dire,
32:08ou européen,
32:09parce qu'il ne parle pas
32:10du réel.
32:11D'abord, il nous dit
32:12moi j'aime la France.
32:13Ça reste à prouver.
32:14Depuis 10 ans,
32:14je pense que ce qui est montré
32:16c'est plutôt le contraire.
32:17C'est plutôt l'inverse.
32:18Et là même,
32:18très précisément
32:19avec ce qui advient tout de suite,
32:21est-ce que c'est aimer la France
32:22que de passer à côté
32:23d'autant d'occasion
32:25de montrer qu'on aime la France ?
32:26C'est-à-dire,
32:27de laisser faire le bazar,
32:28de se tromper
32:29en prétendant
32:29que c'est la faute du renseignement,
32:31de se tromper
32:31en prétendant
32:32qu'il n'y avait pas assez
32:33d'effectifs,
32:34de se tromper en disant
32:35je vais dire à M. Nunes
32:36qui fait semblant
32:37de démissionner
32:37en disant
32:38je refuse votre démission.
32:40Tout ça peut être commenté
32:42de la part de l'étranger
32:43parce que
32:45c'est l'avenir de l'Europe
32:46qui se joue là aussi
32:46avec l'avenir de la France.
32:48Donc c'est l'avenir aussi
32:49d'une partie du monde.
32:51Ce n'est pas étonnant
32:51qu'il se passe des choses
32:52j'en ai parlé tout à l'heure
32:53mais qu'il se passe des choses
32:54en même temps à Milan,
32:55qu'il se passe des choses
32:55à Barcelone,
32:56qu'il se passe des choses
32:56en Belgique
32:57parce que là
32:58on est dans la sphère européiste
33:00du noyau dur
33:01immigrationniste
33:01qui estime que
33:02l'immigration est une chance
33:03pour la France.
33:04On a le droit de se tromper
33:04et de dire
33:05nous l'avons cru
33:06on a mésestimé
33:07la dimension civilisationnelle.
33:09Les gens qui venaient
33:10d'Afrique
33:11n'étaient pas que
33:12des forces de travail
33:13ça n'était pas que
33:13des muscles.
33:14C'était mépriser ces gens
33:16que d'imaginer
33:16qu'ils n'étaient que
33:17des rouages
33:18à mettre dans la machine
33:19productiviste
33:19et puis voilà
33:20ce sont des gens qui pensent
33:21et il y a eu
33:22nombre de musulmans
33:23qui ont été désireux
33:24de s'intégrer
33:25et qui demandaient
33:26à leurs enfants
33:27d'apprendre le français
33:28qu'ils ne leur transmettaient
33:29pas la pratique
33:30de la langue arabe
33:31qu'ils n'ont jamais
33:32mis les pieds en Algérie
33:33par exemple
33:33ou au Maroc
33:34ou dans les pays du Maghreb
33:35et puis on a changé
33:36de civilisation
33:37et ça s'est effondré
33:38la France a commencé
33:39à dire qu'elle était détestable
33:41on en a parlé
33:41et puis ces gamins
33:43ont dit
33:43oui vous avez raison
33:44vous êtes détestable
33:44et d'ailleurs
33:45la preuve
33:45on vous déteste aujourd'hui
33:46donc c'est tout ça
33:47qui se manifeste aujourd'hui
33:48c'est pas en les renvoyant
33:50chez eux
33:50qu'est-ce que ça veut dire
33:51quand Trump dit
33:52il faut les rembarrer
33:53c'est une sottise
33:55on ne va pas mettre
33:55des gens dans des avions
33:56pour les envoyer
33:57dans des pays
33:58alors qu'on est incapable
33:58de renvoyer nos OQTF
34:00algériens par exemple
34:01ou marocains
34:02et puis ça n'a aucun sens
34:03ce sont des gens
34:04qui sont venus là
34:04donc ils sont français
34:06il n'y a pas des étrangers
34:07qu'il faudrait renvoyer
34:09chez eux
34:09chez eux c'est ici
34:10donc il y a une politique
34:11à mener
34:12mais qui n'est pas
34:13une politique militaire
34:14comme ça
34:15de mettre des gens
34:16dans des wagons
34:17dans des avions
34:19dans des camions
34:21donc ça c'est pas pensable
34:22Trump dit n'importe quoi
34:23et ceux qui pensent
34:24comme ça disent n'importe quoi
34:25mais simplement
34:26il y a une politique
34:27républicaine ferme
34:28qui pourrait être menée
34:29en disant non
34:29si vous allez vous intégrer
34:31il y a une religion
34:32vous avez le droit
34:33de pratiquer la vôtre
34:33vous n'imposez pas la vôtre
34:34on n'en vous en imposera pas
34:36une autre
34:36jadis on imposait le christianisme
34:38plus personne n'impose
34:39aujourd'hui le christianisme
34:40c'est pas parce qu'il y a
34:40deux crèches par-ci
34:41ou une procession par-là
34:43que pour autant
34:43la laïcité est en danger
34:45il y a une règle du jeu
34:46républicaine
34:47à remettre en place
34:48en disant
34:48mais vous avez votre place
34:49mais c'est pas la place
34:50dominante
34:51vous avez la place
34:52que tout citoyen français
34:53a dans la république
34:54on va pas vous renvoyer
34:55chez vous
34:55chez vous c'est ici
34:56mais en même temps
34:57on a le droit
34:57de faire savoir
34:58que quiconque défend
34:59aujourd'hui sa civilisation
35:01sa culture
35:01ou sa religion
35:02n'est pas un ennemi
35:03à égorger
35:04n'est pas un ennemi
35:05à abattre
35:05n'est pas un ennemi
35:06à interdire
35:07aujourd'hui on interdit
35:08des professeurs
35:09des enseignants
35:10des enseignements
35:10des publications
35:11des livres
35:12des conférences
35:13des signatures
35:13dans des librairies
35:14etc.
35:15non une vraie république
35:16dit la liberté d'expression
35:18ça existe
35:18donc non
35:19vous n'allez pas pouvoir
35:20dire des choses comme celle-ci
35:21et quand un chef
35:22de l'état étranger
35:23fait remarquer
35:24au chef de l'état français
35:25qu'il ne fait pas son boulot
35:27de dire parce que c'est vrai
35:28Michel on ferait le point philo
35:30Freud
35:30vous nous conseillez
35:31de relire Freud
35:33de la psychanalyse
35:34je lève un peu
35:34les yeux au ciel
35:35mais bon
35:35nos auditeurs
35:36nos téléspectateurs
35:38verront cela
35:39le livre ça s'appelle
35:40le moi et le ça
35:41pourquoi ça nous permet
35:42de comprendre
35:43ce qui se passe
35:43aujourd'hui Michel ?
35:45alors par relire
35:45vous savez il y a plein de gens
35:46qui commencent par relire
35:47puis qui ne lisent jamais
35:49commençons par lire
35:50et c'est un petit texte
35:52qu'on trouve dans les essais
35:52de psychanalyse
35:53et qui est un texte
35:54très intéressant
35:54alors j'ai écrit
35:55un très gros livre
35:55sur Freud
35:56500 pages
35:57qui s'appelait
35:57le crépuscule d'une idole
35:58parce qu'il y a des Freud
35:59et il y a des Freud
36:00dans les Freud
36:01il y a un Freud
36:02que je n'aime pas
36:02qui est le type
36:03qui prétend que
36:04quand on s'allonge
36:04sur un divan
36:05qu'on paye cher en liquide
36:06et qu'on raconte ses rêves
36:07on va résoudre le problème
36:09etc
36:09il y avait un type
36:10qui s'appelait
36:10Antiphon d'Athènes
36:11qui était un sophiste
36:14qui était contemporain de Platon
36:16au 5ème siècle
36:16avant Jésus-Christ
36:17qui déjà défendait
36:17cette idée là
36:18ça ne soigne pas
36:19je crois à la psychanalyse
36:21mais pas à celle-ci
36:21il y en a d'autres
36:22des Fromm
36:22et quelques autres
36:25peut-être qu'on pourra parler
36:25d'ailleurs un jour
36:26d'Éric Fromm
36:27et donc
36:28je mets de côté ça
36:29parce qu'il y a chez Freud
36:30un penseur de la civilisation
36:32il nous dit
36:32qu'est-ce que la civilisation
36:33qu'est-ce que la religion
36:34comment ça se constitue
36:35ça c'est le penseur
36:36de Totem et Tabou
36:37de malaise dans la civilisation
36:38ou de l'avenir d'une illusion
36:39des textes très intéressants
36:40je ne suis pas forcément d'accord
36:42non plus sur tout
36:42les concours de Gé d'Urine
36:44par exemple
36:44chez les adultes
36:45dans Totem et Tabou
36:46je ne suis pas complètement persuadé
36:47mais
36:47il prend en considération
36:50et Darwin
36:50et les comportements
36:52des hommes primitifs
36:53et quand je dis primitif
36:54ce n'est pas insultant
36:55c'est le premier
36:55il y a encore en nous
36:56de l'homme primitif
36:57de l'homme premier
36:58et dans ce texte là
36:59il nous dit
37:01je mets en place
37:02trois concepts
37:02pour raconter une tension
37:03c'est le ça
37:04le moi
37:05et le sur moi
37:06le moi
37:06c'est ce que nous sommes
37:07c'est notre identité
37:08c'est ce que nous croyons
37:09être une identité
37:10on sait que
37:11Brimbaud disait
37:12je vais être un autre
37:12c'est pas facile
37:13c'est une identité mouvante
37:15et les moi
37:15sont difficiles à saisir
37:16mais c'est un moi
37:17qui est percuté
37:19je dirais
37:20de part et d'autre
37:20par ce qu'il appelle
37:21le ça
37:22et le sur moi
37:23basse S
37:24je crois
37:25et donc
37:26le ça c'est l'inconscient
37:27ce sont donc
37:27toutes nos pulsions
37:28toutes nos passions
37:29c'est le cerveau reptilien
37:30c'est le désir
37:31de faire des choses
37:32en disant
37:32j'ai envie de voler
37:33j'ai envie de donner une gifle
37:34j'ai envie de massacrer
37:35j'ai envie d'insulter
37:35j'ai envie de piller
37:36j'ai envie de faire des radias
37:37j'ai envie de casser des vitrines
37:38j'ai envie etc
37:39c'est le ça
37:40qui est le désir primitif
37:42de l'animal
37:42qui reste en nous
37:43et puis il y a le sur moi
37:44et le sur moi
37:45c'est ce qui dit
37:45non tu le feras pas
37:47ça ne se fait pas
37:47ça ne se fait pas
37:48parce qu'il y a la morale
37:49parce qu'il y a Dieu
37:50parce qu'il y a la loi
37:51parce qu'il y a la décence
37:53parce qu'il y a la dignité
37:54ça ne se fait pas
37:55et il y a ce que
37:56Roel a appelé
38:03chez beaucoup de paysans
38:04chez beaucoup de marins pêcheurs
38:05chez beaucoup de gens
38:06extrêmement modestes
38:07et c'est ce qu'on apprend
38:08le sur moi
38:09il est constitué par l'apprentissage
38:10c'est l'école
38:11c'est la famille
38:12ce sont les parents
38:12fais pas ceci
38:13fais pas cela
38:14dis oui
38:14dis non
38:15dis merci
38:15dis bonjour
38:16dis s'il te plaît
38:17et puis après
38:18de dire non
38:18ça ça se fait pas
38:19tu voles pas
38:20tu mens pas
38:21le décalogue
38:22et il lui dit
38:23le moins est sans cesse pris
38:25dans cette dynamique
38:26des tensions en permanence
38:27comme ça
38:27entre le ça
38:28c'est vas-y
38:29fais ce que t'as envie de dire
38:29le truc un peu luciférien
38:31si vous voulez
38:33non ça ça ne se fait pas
38:34Dieu si vous voulez
38:35nous sommes pris entre Dieu et le diable
38:36si nous voulons utiliser
38:37un vocabulaire de la théologie
38:39mais si dans notre civilisation
38:40et pour parler d'aujourd'hui
38:42le sur moi n'existe plus
38:43parce qu'à l'école
38:44on ne l'enseigne plus
38:45parce que dans la famille
38:45on ne l'enseigne plus
38:46parce que l'autorité du père
38:48a disparu
38:48parce que l'autorité des parents
38:49a disparu
38:50parce que le fait
38:51qu'il y ait des couples recomposés
38:52fait qu'on dit à la belle mère
38:54ou au beau père
38:55toi t'es pas ma mère
38:55toi t'es pas mon père
38:56t'as rien à me dire
38:57etc.
38:58et la plupart du temps
38:58pour avoir la paix
38:59et on se tait
38:59et on dit rien du tout
39:00pendant que le père
39:01véritable génétique
39:02ou je ne sais quoi
39:03et la mère véritable génétique
39:04sont à l'extérieur
39:05et triomphent
39:07parce qu'évidemment
39:07quand vous ne vous occupez pas
39:08au quotidien de vos enfants
39:09c'est plus facile
39:10de les couvrir de cadeaux
39:12de bijoux
39:12de nourriture
39:13etc.
39:14et c'est ce qu'il appelle
39:16une deuxième topique
39:17la première c'est
39:17conscient-préconscient-inconscient
39:19on n'a pas le temps
39:19de parler de ça
39:20mais c'est une topique
39:21qui permet de dire
39:22regardez comment
39:23d'un point de vue métaphorique
39:24tout ça fonctionne
39:25nous sommes tiraillés
39:26nous notre moi
39:27par le ça et le sur moi
39:28dans une période
39:29où le sur moi
39:30n'existe plus
39:31c'est la pleine puissance
39:32du ça
39:32et voilà pourquoi
39:33ça pille
39:34ça massacre
39:35ça tabasse
39:36ça vole
39:36ça pille
39:37ça cambriole
39:38Michel
39:39on termine
39:40avec ce livre
39:41que j'ai reçu
39:42cette semaine
39:42qui est signé
39:43Michel Onfray
39:44tiens surprenant
39:45Une nouvelle chevalerie
39:46de Gaulle
39:47Malraux et la civilisation
39:48ça part à la semaine prochaine
39:49chez Plon
39:49on a peu de temps
39:50pour en parler
39:51mais juste pour donner envie
39:52à nos téléspectateurs
39:53nos auditeurs
39:53qu'est-ce qu'il y a dedans
39:54expliquez-nous en quelques phrases
39:56si vous pouvez montrer
39:57la photo
39:58j'ai voulu faire ce livre
39:59nous voyons Malraux
40:00et de Gaulle
40:01c'est bien ça
40:01ma question c'était
40:02les deux regards
40:03j'essaie de répondre
40:04à la question
40:05que regarde de Gaulle
40:06quand il regarde Malraux
40:07que regarde Malraux
40:09quand il ne regarde pas de Gaulle
40:10mais qu'il se trouve
40:10dans une exposition
40:11où on voit une oeuvre d'art
40:12pré-colombien
40:13juste en dessous
40:13et c'est une espèce
40:15de triangulation
40:15et puis un regard tiers
40:16qui est le mien
40:17en disant
40:17mais quel est mon regard
40:18moi
40:19sur le regard de De Gaulle
40:20sur le regard de Malraux
40:21qui eux ont un regard
40:22sur la civilisation
40:23et donc je démarre
40:24en racontant
40:25quand et comment
40:25je découvre la mort de Malraux
40:27je suis étudiant
40:28je bois un café
40:28je n'allais pas souvent
40:29au café
40:31un matin avec un copain
40:32et quelque chose se passe
40:36en moi
40:36je ne sais pas trop quoi
40:38et c'est des années après
40:38que j'essaie de comprendre
40:40ce qui s'est passé
40:40il y a chez ces deux là
40:41une réflexion
40:42et une méditation
40:43sur la civilisation
40:43très tôt
40:44le général de Gaulle
40:45a compris que ce qui se passe
40:47avec le troisième Reich
40:48c'est une question civilisationnelle
40:50et que c'est une question
40:51qui a à voir
40:51avec la mécanique
40:52avec la machine
40:53avec l'industrie
40:54avec la fin de Dieu
40:54avec la mort de la religion
40:56ou la disparition de la religion
40:57et puis Malraux
40:58qui a des intuitions géniales
40:59sur l'islam
41:00il y a une page extraordinaire
41:02qui l'a dictée
41:04comme ça
41:05de chic
41:06et quand on lit
41:08toutes les réflexions
41:09qui ont été les leurs
41:09on s'aperçoit
41:10que ce sont les réflexions
41:11qui devraient pouvoir être les nôtres
41:12Malraux dit à un moment donné
41:13à quoi ça sert
41:14d'aller sur la lune
41:15si c'est pour s'y suicider
41:16pas faux
41:17alors écoutez
41:17vous savez quoi
41:18on va le lire ce week-end
41:19et on en reparle la semaine prochaine
41:20dans Face à Michel Onfray
41:21merci beaucoup à vous
41:22bonne journée
41:23sur nos antennes
41:24c'est nous et Europe 1