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  • il y a 12 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On va passer évidemment à l'autre événement majeur de cette journée, cet attentat terroriste, raciste à Trappes.
00:09On va donner la parole au maire de Trappes qui est avec nous, qui attend depuis quelques instants.
00:13Il faut rappeler ce qui s'est passé avec vous, Hélène, en quelques mots, s'il vous plaît, pour ceux
00:17qui nous rejoignent.
00:18Et ensuite, je vous ferai réagir, monsieur le maire.
00:20Alors, au milieu de matinée, il faut imaginer un homme à bord d'une voiture qui s'engage sur la
00:24Nationale 10.
00:25Il prend la direction de Trappes et il va se rendre dans plusieurs endroits, et peut-être que vous prendrez
00:31le temps de les détailler pour vous laisser le temps de parler,
00:34à Trappes, puis à la verrière, et il sera ensuite interpellé encore un tout petit peu plus loin, dans les
00:40Yvelines, sur ce parcours criminel.
00:42Six personnes vont être touchées.
00:44Alors, il tire aussi sur des façades, par ailleurs, sur des voitures.
00:47Six personnes sont touchées, une mortellement, parmi ses premières victimes.
00:51Et puis, parmi ses blessés, ses blessés graves, il y a cette jeune fille de 12 ans qui a 8
00:56impacts dans le corps.
00:58On a trouvé dans sa voiture une arme, c'est un stem, c'est une espèce de mitraillette d'avant
01:03-guerre.
01:03Et c'est vraisemblablement cette arme qui a servi pour l'accompagner dans ce parcours criminel.
01:09Et l'homme a été interpellé ?
01:10Il a été interpellé très rapidement, très rapidement, parce qu'il commence cette course folle vers 10 heures,
01:18et il est interpellé moins de 20 minutes après.
01:21Alors, les lieux sont assez proches les uns des autres.
01:23Monsieur le maire, tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous donner des nouvelles des victimes,
01:28et de cette fillette de 12 ans notamment ?
01:31J'ai eu sa mère.
01:33Avant de rentrer dans votre plateau, elle est sortie du bloc opératoire, elle est en réanimation.
01:37On espère que ses jours ne seront plus comptés dans les heures qui viennent.
01:40Mais elle sera irrémédiablement marquée, puisque les blessures sont profondes,
01:45et qu'il n'est pas assuré au moment où on se parle qu'elle puisse totalement cicatriser.
01:52Et les autres victimes ?
01:54Je n'ai pas de nouvelles des autres victimes.
01:58Lorsque le président de la République a évoqué le sort de cette fillette de 12 ans,
02:03il a parlé de cette fillette de 12 ans qui était avec sa maman dans leur voiture,
02:08qui a été criblée de balles.
02:10Ce n'est pas la même fillette de 12 ans, voyez-vous,
02:13parce qu'on parle du mort et des cinq blessés,
02:16mais d'autres personnes ont été ciblées, d'autres véhicules ont été criblés de balles,
02:20notamment une jeune femme et sa fille qui ont témoigné devant le président de la République,
02:24et qui ont dû leur saluer à un miracle, il n'y a pas d'autre mot.
02:28Cette même maman transportait toutes ses filles, trois filles dans son véhicule,
02:32et si elle avait croisé le véhicule du tireur deux minutes plus tôt,
02:36avant d'avoir déposé ses premiers enfants,
02:38au moins l'une d'entre elles serait probablement décédée.
02:41Donc voilà, cette femme, il se trouve qu'elle est noire,
02:43qu'elle porte un voile sur la tête, un turban même.
02:47Et c'est pour cette raison qu'elle a été ciblée par le tueur,
02:49ainsi que tous les autres qui ont été ciblés.
02:51Très vite, le président de la République a parlé d'un attentat terroriste, raciste,
02:57pour de bonnes raisons, c'est ce que vous êtes en train de nous expliquer.
03:00Il manque peut-être un mot, c'est islamophobe.
03:03Et il faut à un moment donné dire les choses,
03:05essayer de faire comme si ces réalités n'existaient pas,
03:07et pérorer sur les mots, pinailler sur les mots,
03:09pour ne pas dire la réalité telle qu'elle est.
03:11Ce monsieur voulait assassiner des personnes noires, arabes et musulmanes.
03:16Voilà.
03:16Il a dans son parcours meurtrier,
03:18longé la mosquée de Trappes,
03:19et ciblé la mosquée de Laverrière.
03:22Donc il n'y a pas de coïncidence.
03:23Les faits matériels, qui ont été confirmés très vite, très tôt,
03:26ont permis effectivement au président de la République d'acquérir sa conviction,
03:30au parquet national antiterroriste, de s'autosaisir,
03:33et de qualifier les faits très clairement d'actes terroristes, racistes,
03:37et j'ajoute islamophobes.
03:39Et j'aimerais que dans notre débat politique et médiatique,
03:41qu'on soit capable d'utiliser des bons termes.
03:43Parce qu'aujourd'hui, après des années de propagande islamophobe, raciste,
03:48eh bien il y a des esprits qui se sentent armés, idéologiquement,
03:51pour passer à l'acte et assassiner des personnes
03:54en raison de leur confession présumée.
03:56Donc il les a visés pour cela, il a épargné d'autres personnes
04:01qui étaient sur son parcours qui ne l'étaient pas.
04:03Exactement.
04:04En leur disant qu'ils avaient de la chance d'être blancs,
04:06et donc de ne pas mériter ses balles.
04:08Donc voilà ce que cette ville a vécu,
04:09mais ce n'est pas la ville de Trappes aujourd'hui qui a vécu ce brame.
04:11Vous êtes dans quel état d'esprit ?
04:12Je vous sens évidemment marqué, mais très en colère aussi.
04:16Vous avez tout à fait raison.
04:17Ça dépend des minutes.
04:19Et là, tout de suite, maintenant, en colère,
04:20parce qu'effectivement, depuis 20 minutes,
04:22vous avez une discussion qui s'éternise sur des sujets
04:24qui ne sont pas dans mon spectre aujourd'hui.
04:28Et c'est aussi dans ces plateaux que se forge.
04:31Alors, pardonnez-moi.
04:33Vous m'autorisez à terminer ?
04:34Oui, mais la journée que vous avez vécu...
04:35Vous m'autorisez à terminer ?
04:36Mais ce qui se passe demain est important.
04:38Je ne dis pas le contraire.
04:39Est-ce que vous m'autorisez à terminer ?
04:40Allez-y.
04:42Sinon, vous me le dites, je ne suis pas obligé de rester.
04:44Je vous laisse terminer.
04:44Merci.
04:45C'est aussi sur ces plateaux que se fabrique
04:49le discours idéologique
04:50qui permet à des personnes,
04:52comme ce monsieur,
04:54d'organiser, de planifier leurs attentats
04:55en considérant qu'ils doivent faire la guerre
04:57contre un ennemi de l'intérieur.
04:59Ici, sur ces plateaux d'ailleurs,
05:00et j'ai porté plainte contre cela,
05:03des élus de la République,
05:05des élus du Rassemblement national,
05:06expliquent que Trappes, c'est Kaboul.
05:08Et vous savez,
05:09quand vous avez l'impression
05:10que votre pays est envahi,
05:11qu'à côté de votre ville,
05:13à Trappes,
05:13il y aurait des républiques islamistes
05:15en miniature,
05:16pour reprendre les termes exacts,
05:17des l'URN,
05:19qui n'ont malheureusement pas été condamnés
05:20pour la justice,
05:21eh bien, à un moment donné,
05:22vous avez le droit de vous sentir
05:24autorisés,
05:25d'aller en croisade,
05:25faire la guerre
05:26à ces mini-républiques islamistes
05:28qui existeraient sur notre territoire.
05:29Il n'y a que des citoyens français
05:32à Trappes
05:32et des gens qui aiment la France
05:34et les laisser ainsi stigmatiser
05:36dans le débat politique,
05:37médiatique,
05:38les éditorialistes
05:39qui tranquillement débattent,
05:42débattent parfois
05:42sur les plateaux de télé.
05:43Nous donnons la parole, M. le maire,
05:44à tous les élus
05:45et à tous les avis.
05:46Eh bien, vous devriez parfois,
05:48comme c'est le cas dans d'autres pays d'ailleurs,
05:50laisser moins livre cours
05:51aux paroles décomplexées et racistes.
05:53Juste avant,
05:54on commentait
05:55la manifestation de demain.
05:57J'ai entendu sur cette même antenne d'ailleurs,
05:59Marion Maréchal Le Pen,
06:00chez votre consoeur Sonia Mabrouk de mémoire,
06:03expliquer que c'était évident,
06:05que c'est la faute des arabos musulmans
06:07si les commerces étaient saccagés partout en France.
06:09Les arabos musulmans,
06:11on se croirait
06:11autant des croisades encore une fois.
06:13Comment peut-on laisser prospérer
06:15cette parole matin, midi et soir
06:16sur tous les plateaux télé
06:17et croire qu'un jour
06:17elle n'aura pas d'effet dans la vie réelle ?
06:19Eh bien, on y est.
06:20Il y a un effet dans la vie réelle.
06:22Et je veux juste vous dire
06:23qu'on parle de cinq blessés
06:25et un mort avec une force et une acuité
06:29parfois qui laissent à désirer
06:30pour le maire de Trappes.
06:31Aujourd'hui, il vient vous le dire aussi
06:33et vous devez l'accepter.
06:34Je l'entends.
06:35Que notre société, madame,
06:37et je le dis aussi aux politiques,
06:39aux éditorialistes qui sont ici,
06:40acceptent de se mobiliser tout entière.
06:43Tout entière.
06:45Et chacun doit prendre parti.
06:47D'accord ?
06:48C'est soit le camp de la République,
06:49soit le camp des racistes
06:50qui veulent organiser la guerre civile.
06:52Et moi, je pense que la masse des Français
06:54ne la souhaitent pas, cette guerre civile.
06:56Et à Trappes, personne ne souhaite la guerre civile.
06:57Chacun veut permettre à ses enfants
06:59de grandir en toute sécurité
07:00et de faire nation collectivement, paisiblement.
07:03Et c'est à ça que j'aspire,
07:04à la concorde républicaine.
07:05Mais elle ne dépend pas
07:06que du président de la République,
07:07qui dans six mois ne sera plus là.
07:09Elle ne dépend même pas que de nous, les politiques.
07:11Personne ne souhaite la guerre civile.
07:12Elle dépend aussi de vous, les médias,
07:14qui offraient des espaces d'expression
07:15qui méritent parfois de moins laisser la place
07:18à la haine qui s'exprime très librement
07:20et de façon décomplexée.
07:21– C'est ce que vous pensez,
07:22et je suis contente.
07:25– Il y a contradiction.
07:26– Il y a contradiction ?
07:27– Oui, j'ai payé pour le savoir.
07:30– Oui, non, vous vous exagérez.
07:32– Ah oui, vous voulez dire, Laurent Joffrin,
07:34allez plus loin dans votre…
07:35il y a contradiction lorsque ces avis-là
07:37sont exprimés sur le plateau.
07:38– Sur ce plateau-même,
07:39je passe beaucoup de temps
07:41à contredire les élus du Rassemblement national
07:43qui tiennent effectivement les propos
07:45que vous citez,
07:46qui sont très dommageables.
07:47Mais il y a une contradiction.
07:48On ne peut pas dire que la chaîne…
07:49– Avec l'efficacité que l'on mesure.
07:50– Ah ben l'efficacité, c'est une autre chose.
07:51– Alors après, chacun mesure comme il veut
07:54l'efficacité, la manière dont nous voulons,
07:56notre travail.
07:56– Vous mettez en cause la chance de contradiction.
07:57– En tout cas, ce qui est important,
07:58ce que vous dites ce soir,
07:59c'est que ce qui s'est passé à Trappes,
08:01c'est la faute du Rassemblement national.
08:04– C'est ça que vous dites ?
08:05– Voilà.
08:06– C'est…
08:08– Enfin, franchement, je…
08:10– Quoi ?
08:11– C'est de la caricature ?
08:12– C'est quoi, monsieur le maire ?
08:13– On peut simplifier et synthétiser.
08:14– Mais non, mais…
08:14– C'est pour ça que j'hésite beaucoup
08:16avant d'accepter de participer à ce type de débat.
08:19– Mais il n'y a pas de débat, arrêtez-toi.
08:20– Il n'y a pas de débat, on se reparle.
08:22– Vous savez pourquoi je voulais vous recevoir ?
08:23Parce que je vous ai entendu tout à l'heure
08:25et que je vous ai trouvé…
08:26J'ai trouvé ça extrêmement fort,
08:27ce que vous disiez
08:28et la manière dont vous le disiez.
08:29donc je trouve important de vous recevoir ce soir.
08:32J'essaie de comprendre là où vous voulez en venir,
08:33tout simplement, tout simplement.
08:35Et je vous donne la parole pour ça.
08:38– Ok ?
08:38– Donc il n'y a pas de débat.
08:39– Donc on va essayer d'éviter,
08:41en tout cas moi je ne l'accepterai pas,
08:42de simplifier des propos qui se veulent complexes
08:45en résumant mon propos,
08:47en indiquant que, pour moi,
08:48la tuerie de ce matin dans ma ville
08:50est la responsabilité du Rassemblement national.
08:52– Non, c'est pas aussi.
08:53– Ce serait facile si c'était le cas.
08:54Les autorités de ce pays pourraient se contenter
08:56d'interdire le Rassemblement national,
08:57il n'y aurait plus de tuerie,
08:58il n'y aurait plus de haine,
08:59il n'y aurait plus le sentiment
09:00qu'on prépare et on organise une guerre civile.
09:02Donc voilà, c'est un peu plus complexe ce que j'explique
09:04et je crois que vous avez l'intelligence de le comprendre.
09:06– Et qu'est-ce qu'il faut faire alors ?
09:08– Alors ce qu'il faut faire,
09:10c'est déjà tout s'appeler à la concorde civile
09:12et par exemple interdire, interdire,
09:15pas la loi peut-être demain d'ailleurs,
09:16mais vous au moins sur vos plateaux,
09:18que quiconque puisse continuer
09:19très tranquillement et paisiblement
09:21à diffuser l'idéologie du grand remplacement,
09:25de la théorie du grand remplacement.
09:26Il y a une ministre de la République
09:27qui a indiqué que la théorie du grand remplacement,
09:29n'était pas une théorie raciste.
09:31Comment on peut laisser libre cours
09:33à ce genre de discours ?
09:34– Vous faites référence à Laurent Berger.
09:37– Exactement.
09:37Ceux qui s'en font sur tous les plateaux,
09:39mais tous les week-ends, toute la semaine,
09:41qui expliquent matin, midi et soir
09:42que tous les problèmes de cette société
09:44sont liés à l'immigration.
09:46Seule cause unique de tous les maux
09:48de la société française.
09:49Les lycéens qui n'ont pas de prof face à eux,
09:50depuis des semaines parfois dans ma ville,
09:53dans des enseignements de spécialité déterminants
09:54pour leur bac, c'est la faute des immigrés.
09:58Les vitrines des commerçants qui sont brisées,
09:59ce sont les arabo-musulmans qui se déchaînent dans les rues.
10:02On les reconnaît, a dit le ministre Madame Bréjon,
10:04il y a encore quelques jours,
10:06sur je ne sais plus quel plateau télé.
10:08Et tous ces propos qui sont diffusés tranquillement,
10:10leur condamnation n'est pas claire,
10:12elle n'est pas ferme.
10:12Peut-être que parfois, on leur oppose
10:14une contradiction polie, feutrée.
10:16Mais il y a un moment où il faut se positionner.
10:18On a su manifester tous ensemble,
10:19après les attentats de Charlie Hebdo,
10:21après les attentats de l'hyper-cachère.
10:23On a été des centaines de milliers de Français
10:25et j'ai été de ces manifestations à titre personnel.
10:28J'aimerais qu'il y ait aujourd'hui la même prise de conscience.
10:31Le président de la République a repris un terme
10:32que je lui ai indiqué dans notre échange.
10:34C'est un tournant historique,
10:35j'en suis convaincu de ce qui vient de se passer.
10:37C'est une tuerie de masse qui a été planifiée
10:41et qui a heureusement échoué.
10:42Et qui a échoué pourquoi ?
10:43Grâce au courage de policiers qui sont intervenus très rapidement.
10:46Et vous allez sourire.
10:48Grâce à la météo.
10:50Parce que ce matin, il n'y avait personne dans les rues de Trappes,
10:52Dieu merci.
10:52C'est important ce que vous dites.
10:53Vous dites planifié.
10:55Sans dévoiler évidemment les secrets de l'enquête,
10:57mais est-ce qu'on sait si cet homme,
10:59à ce stade, a agi seul ou s'il était entouré ?
11:02Je ne suis pas dans la capacité de vous répondre sur ce point.
11:05C'est le Parquet national antiterroriste,
11:06au terme de l'enquête qui est toujours en cours,
11:08qui saura l'indiquer.
11:09En tout cas, il a été armé idéologiquement
11:10par des discours qui se tiennent sur nos plateaux.
11:13Il a parlé après son interpellation,
11:15il a assumé les motivations.
11:16Il assume tout à fait ses motivations.
11:17Et il est lucide.
11:18C'est pour ça qu'il n'y a aucune ambiguïté.
11:19Et que le ministre de l'Intérieur,
11:20plus le président de la République,
11:21ont jugé nécessaire, à leur niveau,
11:23au niveau du président de la République,
11:25de marquer le coup.
11:25De nommer les choses et de marquer le coup.
11:27Une réaction, M. Morin,
11:29à ce que vient de dire le maire de Trappes ?
11:30Ce déchaînement de violence,
11:31qui est malheureusement le propre de notre société,
11:33aboutit à des phénomènes terribles.
11:36Il n'y a plus de limite.
11:37Mais honnêtement,
11:42on ne peut pas considérer,
11:43pour vous porter contradiction,
11:46que la solution,
11:47c'est d'interdire
11:48l'expression
11:50d'hommes et de femmes
11:52qui sont des élus,
11:54qui sont des responsables politiques.
11:56Parce que si vous les interdisez,
11:57de toute façon,
11:58ça n'empêchera pas
11:59l'expression démocratique.
12:01Ça n'a rien à voir.
12:02Je pense qu'au contraire,
12:04il faut qu'il y ait du débat
12:05et des échanges
12:05pour qu'éventuellement,
12:07les uns et les autres,
12:08on puisse contester,
12:10débattre, confondre...
12:11Hervé Morin,
12:11je peux vous poser une question ?
12:13Oui.
12:14Vous êtes prêt à débattre ici
12:15avec quelqu'un
12:16qui vous expliquerait
12:16que la Shoah n'a pas existé ?
12:18Moi, je ne suis pas prêt.
12:19Non, mais moi...
12:20Et on a légiféré pour l'intervient.
12:22Moi, je ne suis pas prêt
12:23à débattre avec quelqu'un
12:23qui théorise le grand remplacement.
12:25Moi, je suis prêt...
12:26Je ne suis pas prêt
12:27à lui porter la contradiction.
12:28Cette théorie,
12:29elle a tué l'étranger,
12:30elle a tué en France aujourd'hui.
12:31À chaque élection,
12:32vous débattez avec des femmes
12:35mais vous le faites quand même
12:37parce que vous êtes soumis
12:38à une obligation
12:38qui est celle du suffrage univers.
12:40Vraiment, vous avez été ministre,
12:41vous faites semblant de ne pas comprendre.
12:42Non, non.
12:42Non, toutes les idées
12:43ne méritent pas le débat.
12:46Nier la Shoah,
12:47ça ne mérite pas le débat.
12:49Une loi, d'ailleurs,
12:50est venue en décider
12:52dans notre pays
12:52et elle fait l'unanimité aujourd'hui.
12:55Eh bien, la théorie du grand remplacement,
12:57c'est une théorie raciste,
12:59conspirationniste
13:00qui a fait des morts en Australie,
13:02qui fait des morts
13:03dorénavant en France
13:04et on n'en discute pas.
13:06On la condamne
13:07et on choisit son camp.
13:08Ceux qui la théorisent,
13:09qui la propagent,
13:10qui la diffusent,
13:11arment la main des criminels.
13:13Et on peut se raconter des histoires
13:15sur le fait qu'on pourrait débattre
13:16face à eux
13:17et les convaincre
13:17et leur porter la contradiction.
13:18Non, on légitime leurs idées
13:20en leur permettant de s'exprimer
13:21comme si elles méritaient
13:22d'être débattues
13:23sur la sphère publique.
13:24Ce n'est pas le cas.
13:26Merci, monsieur le maire,
13:27d'avoir été avec nous.
13:29J'étais, en tout cas,
13:30j'étais contente
13:30de pouvoir vous recevoir,
13:32d'entendre ce que vous avez à dire
13:34et je rappelle
13:35et je persiste ici,
13:36le racisme n'a pas sa place
13:38sur ce plateau
13:39et ni dans cette rédaction.
13:40Merci d'être venu sur ce plateau.
13:43Hervé Morin,
13:43quand même,
13:45un mot
13:46de la journée
13:47qu'on vient de vivre.
13:48Qu'est-ce que ça annonce
13:50de la campagne présidentielle ?
13:53Ça annonce
13:54une campagne présidentielle
13:55dont on voit que déjà,
13:56il va falloir pouvoir
13:57assurer la sécurité publique
13:59de l'ensemble
14:00des manifestations politiques.
14:02Donc, on voit
14:03qu'on est arrivé
14:03à un tel point
14:04de contestation
14:05d'opposition,
14:06de haine
14:07qui est d'ailleurs alimentée.
14:09Juste, je précise quand même
14:09que vous faites campagne
14:10aux côtés de David Lissnach,
14:12ce que je n'ai pas dit.
14:13Et donc,
14:15on a très clairement
14:17aujourd'hui
14:18une élection présidentielle
14:19qui sera dans un climat
14:20de violence
14:21absolument complet.
14:23On a le droit
14:24de manifester demain
14:25parce que le congrès
14:26du Rationement
14:26au Lomond National
14:27a lieu à Orléans.
14:28Et en même temps,
14:29c'est un parti politique
14:30démocratique,
14:30il n'a pas été interdit.
14:32Et on voit bien
14:33que chaque réunion politique
14:34va devenir
14:36une bataille rangée
14:37et un sujet.
14:39Donc,
14:39on va avoir
14:39une campagne
14:41alimentée par des réseaux sociaux,
14:43alimentée par le mensonge,
14:44alimentée par la fake news,
14:46alimentée par
14:48probablement
14:48les puissances étrangères
14:50et de l'autre
14:53des formations politiques,
14:54dont celle de M. Mélenchon
14:56qui cherche
14:56à attiser
14:57la violence
14:58et la haine
14:59à chaque instant.
15:00– Mais c'est très important
15:01quand même
15:02ce que vient de dire
15:03ce maire de...
15:04– Je peux dire à moule ?
15:04– Oui, allez-y Laurent.
15:06– Parce qu'il faut bien comprendre
15:08ce qu'il a dit,
15:08c'est qu'il n'a pas dit
15:09si c'est de la faute directe
15:10de Marine Le Pen
15:11ou je ne sais qui.
15:12mais le mécanisme
15:14qu'il a décrit
15:14est absolument réel.
15:17C'est-à-dire qu'effectivement,
15:18quand on met l'immigration
15:19en tête d'un programme
15:21en disant que c'est
15:21le danger principal,
15:22le problème principal
15:24qui touche le pays,
15:25et donc ça veut dire
15:26qu'on englobe
15:27dans le mot immigration
15:28tous les immigrés,
15:30dont l'immense majorité
15:31sont des gens
15:32qui ne demandent
15:33qu'à travailler
15:33et vivre tranquillement
15:34en France.
15:35Donc, des gens
15:37accusent à tort
15:38une masse de gens énormes.
15:40Et deuxièmement,
15:42on suscite une méfiance.
15:44Méfiance publique
15:45à l'égard
15:46de toute personne immigrée.
15:48Et ça se voit,
15:50croit-on en tout cas,
15:52par la couleur de la peau.
15:53Et donc,
15:53ça devient une obsession
15:55de tout le monde.
15:58Et de la méfiance,
15:59on passe à l'hostilité.
16:01Et il y a toujours,
16:01évidemment,
16:02dans la population
16:03des gens un peu dérangés
16:04ou plus fanatiques,
16:06plus exaltés,
16:07qui prennent ça au mot,
16:08qui se disent
16:10« C'est donc une invasion ? »
16:11Puisqu'on nous le dit
16:12toute la journée
16:14venant de ces parties-là.
16:15C'est une invasion,
16:16c'est dangereux pour le pays,
16:17ça met en cause
16:18l'existence même du pays,
16:19l'âme du pays,
16:20son identité.
16:21Et donc,
16:22on est fondé,
16:23dans ce cas-là,
16:24à employer des moyens illégaux.
16:25Les gens pensent ça.
16:27Ils ne sont pas nombreux,
16:28fort heureusement,
16:28mais on voit le résultat.
16:30Il suffit qu'il y en ait
16:30une dizaine
16:31et ça fait des morts partout.
16:32Hervé Morin ?
16:33Non,
16:34il y a,
16:35dans ce drame d'aujourd'hui,
16:38il y a plusieurs choses.
16:40D'abord,
16:40rappelez quand même
16:41qu'on vit sur un régime
16:42de responsabilité individuelle.
16:45Le Président de la République
16:45a employé le mot terroriste,
16:47on a entendu
16:47le parquet national terroriste
16:48s'est autosaisi
16:49puisqu'il,
16:49lui,
16:50il n'a pas à être saisi,
16:51mais il s'autosaisit.
16:52Bon,
16:53très bien,
16:53mais
16:55est-ce qu'il s'agit
16:56d'une démarche
16:57d'un dingue,
16:58raciste,
16:59ou est-ce qu'il s'agit
17:00d'une démarche organisée
17:02et d'une entreprise ?
17:03Puisque derrière
17:04la question de terrorisme,
17:05il y a une question d'entreprise.
17:06importante des prochaines heures,
17:08effectivement.
17:09Il y a besoin quand même
17:10de savoir cela.
17:12Deuxièmement,
17:13il y a malheureusement
17:14un discours,
17:15je l'entendais encore
17:16dernièrement,
17:17d'un responsable politique
17:18que j'aime bien,
17:19mais il y a des phrases zéologiques
17:24qui ne collent pas.
17:25La phrase zéologie,
17:27c'est quand on lit
17:29immigration à délinquance
17:30en disant
17:33la cause.
17:34Ce n'est pas la cause.
17:36On peut dire,
17:37il y a une corrélation,
17:38mais évoquer l'idée
17:39d'une causalité,
17:41là,
17:42il y a une erreur.
17:42Parce qu'entre...
17:43Vous faites référence à qui ?
17:44J'ai entendu ça
17:46sur une autre antenne
17:48de Bruno Rotaillot.
17:49Mais,
17:51on peut se tromper
17:52dans les mots,
17:52mais il y a
17:55l'immigration,
17:56il y a la délinquance,
17:58on peut dire
17:58qu'il y a une corrélation,
17:59mais on ne peut certainement pas dire
18:00que la cause directe
18:01de l'immigration.
18:02Ça,
18:02ça ne peut pas coller.
18:03Mais il y a un troisième élément
18:05qu'il faut quand même
18:05avoir en tête,
18:06c'est que nos compatriotes
18:07ont tout de même vu,
18:08lors des manifestations
18:10de samedi dernier,
18:11des pillages
18:12et des pillages
18:13qui venaient,
18:14pour l'essentiel,
18:14de jeunes des quartiers.
18:16Et ça,
18:16nos compatriotes
18:17l'ont dit
18:17et l'ont constaté.
18:19Et quand vous vous baladez
18:20dans la rue,
18:22c'est ni le Rassemblement National
18:23ni personne
18:24qui ne le dit,
18:25c'est simplement
18:25nos compatriotes
18:26qui regardent la télévision
18:27le soir.
18:28Et ça,
18:28il faut aussi le dire.
18:29Oui,
18:29mais quand on dit ça...
18:30Mais je n'ai pas...
18:31Je ne fais pas la manière
18:32complète.
18:33Oui,
18:33mais les gens comprennent
18:34que la banlieue
18:35est criminelle.
18:37Quand on dit ça comme ça,
18:38on se dit,
18:39bon,
18:39alors,
18:39tous les jeunes de banlieue
18:41sont des délinquants,
18:42tous.
18:43On sait bien que c'est faux.
18:44C'est une minorité,
18:45y compris dans les banlieues.
18:46Nous sommes d'accord.
18:46Heureusement, d'ailleurs.
18:47Mais nos compatriotes...
18:49Oui,
18:49mais les gens,
18:49je ne parle pas pour vous,
18:50mais les gens du Rassemblement National
18:52la forcierie de reconquête
18:54font systématiquement
18:55l'amalgame.
18:56C'est pour ça que j'évoquais
18:57cette histoire de causalité
18:59qui ne tient pas la route
19:00et des mots
19:01qu'on ne devrait pas employer.
19:02Mais en même temps,
19:05samedi soir dernier,
19:07moi,
19:07et dimanche,
19:07quand vous baladiez dans la rue,
19:08nos compatriotes disaient,
19:10vous avez vu
19:10qui volait dans les commerces.
19:13Tous ceux qui sont passés
19:14en comparution immédiate
19:16et tous ceux qui ont été condamnés
19:17ne sont pas que des jeunes de banlieue,
19:18Hervé Morin.
19:19Non, non,
19:19vraiment.
19:20Je sais bien.
19:21Je sais bien.
19:23Ce sont les premières remontées,
19:24ce sont les premières condamnations.
19:26Mais on ne peut pas dire
19:28qu'il y a une majorité.
19:30On ne peut pas le dire comme ça.
19:31Je sais bien.
19:32Mais moi,
19:33j'ai aussi les retours
19:33des enquêtes des policiers
19:35dans les villes
19:36que je connais bien
19:37qui démontrent tout de même
19:38qu'il y a une forte proportionnalité,
19:41il y a une forte part
19:43de personnes
19:44qui sont issues
19:46de quartiers défavorisés,
19:48on peut le dire comme ça,
19:50de personnes qui sont déscolonaires.
19:51Et on s'arrêtera là,
19:52si vous voulez.
19:52Il y a une erreur logique,
19:54c'est que,
19:55à supposer que la majorité
19:57des délinquants
19:58soit des immigrés,
19:59ça ne veut pas dire
19:59que la majorité des immigrés
20:00sont des délinquants.
20:01Ce n'est pas ce que j'ai dit.
20:02Oui, mais c'est les gens
20:02qui comprennent ça.
20:03Ils disent,
20:04vous voyez bien,
20:06puisque la majorité
20:07des délinquants
20:07sont des immigrés,
20:08la majorité des immigrés
20:09sont des délinquants.
20:10Peut-être faudra-t-il
20:10plus de jours
20:11et un peu plus de recul aussi
20:13pour savoir précisément
20:14qui se cache derrière ces actes.
20:17Merci beaucoup,
20:18en tout cas,
20:18d'avoir été avec nous,
20:20Hervé Morin.
20:20Et merci à tous les trois.
20:22Merci à tous les deux.
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