00:01Une, vous êtes dans BFM, grand soir.
00:04A la une, évidemment, ce soir, cette question,
00:06quel bilan tout d'abord peut-on dresser de cette nouvelle journée de mobilisation
00:09des étudiants, des lycéens marqués par des violences extrêmes
00:13contre des représentants de l'État, des policiers, des professeurs ?
00:17Et quelle suite aussi, on peut se poser la question,
00:20après leur rencontre à ces syndicats de lycéens
00:24avec le ministre de l'Éducation nationale,
00:26puisqu'ils ont appelé à poursuivre le mouvement,
00:28même s'ils saluent le début de la reprise d'un dialogue,
00:32ils continueront le mouvement, notamment le 6 octobre.
00:35Je voudrais qu'on écoute le ministre de l'Intérieur
00:37qui s'est exprimé, Laurent Nunez,
00:39avant de revenir sur les derniers chiffres avec vous, Boris Karlamov.
00:43Il s'est exprimé et il a lui-même tout d'abord reconnu
00:45que l'ampleur de cette mobilisation était surprenante, importante,
00:51et il a aussi donné des précisions sur les profils
00:53de ceux qui ont été interpellés depuis le début de la semaine.
00:57Plus de 5000 interpellations depuis lundi, 85% sont des mineurs,
01:01une grande partie d'entre eux sont des lycéens,
01:03mais ça ne veut pas dire forcément que ce sont des lycéens
01:05qui étudient dans les établissements aux abords desquels
01:09il y a ces violences urbaines, ces scènes d'émeute, pas forcément.
01:12En tout cas, ce sont des individus qui se comportent
01:14comme des casseurs, comme des voyous.
01:15– Nous avons un autre représentant du gouvernement ce soir sur ce plateau,
01:19Philippe Baptiste, bonsoir.
01:20– Bonsoir.
01:21– Ministre de l'enseignement supérieur, alors qu'on parle d'un risque de contagion
01:26si les étudiants venaient à se joindre à la mobilisation des lycéens.
01:29Nous avons un lycéen avec nous, bonsoir Nathanael Combary,
01:32président du conseil d'administration de Renouveau Lycéen.
01:35Vous avez été reçu, vous cet après-midi, par le ministre de l'Éducation nationale.
01:40Vous nous direz ce que vous en avez pensé, ce que vous retenez de cette rencontre.
01:44Les derniers chiffres, tout d'abord, Boris Karlamov,
01:47sur la mobilisation, les perturbations, on en est où ce soir ?
01:51– Alors aujourd'hui, nous avions 735 lycées
01:54qui étaient concernés par cette mobilisation lycéenne
01:57et 158 établissements français qui ont été concernés
02:01par des violences urbaines, des violences urbaines
02:04qui ont obligé, forcé les forces de l'ordre à intervenir
02:07de manière systématique pour mettre un terme à ces violences.
02:11Ce sont les mots du ministre de l'Intérieur.
02:13Il y a eu des enseignants ainsi que des passants
02:15qui ont été une nouvelle fois pris à partie à l'occasion de ces mobilisations.
02:19Une ampleur importante de cette mobilisation.
02:22Voilà comment Laurent Nignès décrit ce phénomène depuis quelques jours.
02:26A noter qu'il y a eu 5 saisines de la part de l'IGPN,
02:30l'inspection générale de la police nationale,
02:32pour des policiers qui font aujourd'hui l'objet d'enquêtes
02:35pour dire si leurs gestes étaient proportionnés ou pas.
02:391 747 personnes interpellées, c'était 1954 personnes interpellées
02:44pour la journée d'hier.
02:45On est donc sur ces derniers chiffres,
02:48moins d'établissements perturbés,
02:50mais je le disais, des scènes d'une extrême violence.
02:54Notamment l'agression d'un policier à Belfort,
02:56les images ont marqué les esprits.
02:59Et la dernière information ce soir,
03:02c'est qu'il y a des versions contradictoires
03:03concernant ce qui s'est passé avant cette agression.
03:07Alors voilà, vous voyez les images sur BFM TV.
03:09Il s'agit là du chef du service départemental
03:10du renseignement territorial de Belfort.
03:13Pas n'importe qui.
03:14Pas n'importe qui.
03:15Un policier qui a été mobilisé en civil aujourd'hui,
03:18puisque de nombreux policiers et gendarmes,
03:19ils étaient positionnés aux alentours du lycée Courbet,
03:23où près de 200 individus habillés de manière sombre,
03:25visage dissimulé, étaient rassemblés.
03:27Des individus qui ont tiré des projectiles
03:30sur ces forces de l'ordre.
03:32Il y a donc ce policier qui a procédé
03:34à l'interpellation d'un individu,
03:36puis qui a été roué de coups par plusieurs individus
03:39dans une scène dite « sauvage ».
03:41Ce sont les mots du procureur de la République de Belfort.
03:43Il a été frappé à plusieurs reprises à coups de pied,
03:45à coups de poing, principalement dirigé vers sa tête.
03:48Et puis, vous l'avez dit Alice, ce soir,
03:49il y a donc une nouvelle vidéo qui circule sur les réseaux sociaux.
03:53Il s'agit là de la scène qui précède le passage à tabac
03:56de ce policier.
03:57On y voit deux hommes.
03:58Dans ce petit russo,
03:59il s'agit du policier victime de cette agression
04:02et puis de la personne qu'il a tenté d'interpeller
04:06et qu'il a réussi par interpeller.
04:08Sur les réseaux sociaux,
04:09des éléments qui ont été notamment repris
04:11par la France Insoumise,
04:13affirment que le policier est en train
04:14de noyer la tête de cette personne.
04:17Nous avons pu confondre le procureur de la République de Belfort
04:21à ses images et puis l'avoir au téléphone tout à l'heure.
04:24Lui, il est affirmatif, me dit-il.
04:26L'individu n'a pas été malmené par les policiers.
04:29Il a essayé de se soustraire à l'interpellation
04:30et a participé au lynchage du commandant de police.
04:33Ce qu'on nous explique ce soir,
04:34c'est que ce policier, il a tenté de l'interpeller.
04:38Il a réussi à l'appréhender.
04:39Il l'a mis dans une zone sécurisée,
04:41à l'abri des heures sur ce terrain.
04:45Puis, tous les deux sont descendus
04:47dans un petit ruisseau
04:48puisqu'en fait, en réalité,
04:49la personne interpellée, selon le procureur,
04:51selon sa version,
04:51a tenté de résister, de se débattre.
04:55Tous les deux sont tombés dans un ruisseau.
04:57Ils ont glissé.
04:59La personne interpellée s'est retrouvée dans l'eau.
05:02Il a essayé de lui mettre une menotte.
05:03Puis, le policier a relevé la personne
05:05pour le ramener sur le terre-plein,
05:08sur le talus.
05:09Et au moment où il retourne sur terre,
05:11là, il y a le lynchage du policier.
05:14La personne interpellée a réussi à prendre la fuite
05:16à noter qu'elle a pris la fuite
05:17avec une menotte à son poignet.
05:19Si la menotte est retrouvée,
05:20ça fera forcément un élément à charge
05:22dans cette enquête judiciaire.
05:23Monsieur le ministre,
05:24vous entendez réagir
05:26en écoutant ce récit de Boris Karim.
05:28D'abord, les images sont abominables.
05:29Évidemment, celles-ci,
05:31mais comme les autres,
05:32je pense à tous les personnels
05:33qui ont été blessés,
05:34les forces de l'ordre, évidemment,
05:35mais aussi des enseignants,
05:37des profs, des lycéens.
05:40Toutes ces violences doivent cesser.
05:42Et puis, c'est la réaction aussi,
05:44je comprends qu'il y a eu une réaction
05:45de la France Insoumise
05:46qui a relayé cette vidéo.
05:48Qui relaie la vidéo
05:49et qui trouve des justifications.
05:51C'est pour ça que vous disiez scandaleux.
05:53Mais il n'y a aucune justification
05:54à la violence.
05:55On est dans un état de droit.
05:57Et dans un état de droit,
05:58la violence n'est pas un moyen
06:00d'exprimer ses revendications.
06:02Les revendications, les exprimer,
06:04les mettre sur la table
06:06avec vigueur, avec force,
06:08c'est normal, ça fait partie du débat.
06:10Et que les lycéens, que les étudiants
06:12ne soient pas d'accord avec le gouvernement,
06:13je ne vais pas vous dire que c'est normal,
06:15mais je vais vous dire que ça fait partie
06:16quelque part de la vie,
06:18de la vie démocratique aussi du pays.
06:20Mais la violence, elle n'est pas tolérable.
06:22Et ces images, elles sont horribles.
06:24Et quelque part, venir justifier derrière,
06:27presque justifier de ce que j'entends,
06:28quelque part,
06:29les images qu'on a vues,
06:30c'est scandaleux.
06:31Et le jeu que joue la France Insoumise
06:35à travers ça,
06:36à travers la justification de la violence,
06:38qu'on a entendu aussi,
06:39il faut arrêter.
06:40Je veux dire, il faut juste arrêter.
06:41On va avoir un drame,
06:42il faut arrêter.
06:44Il y a des revendications.
06:45C'est ce que vous redoutez ?
06:46Mais comme tout le monde, évidemment,
06:48on voit bien l'ampleur de la violence.
06:49Si vous le dites ce soir,
06:50c'est que vous pensez qu'on n'en est pas loin ?
06:53Mais vous voyez bien
06:55qu'il y a des incidents
06:56qui sont quand même des incidents violents.
06:58Vous voyez les images
06:59que vous diffusez vous-même.
07:01Naturellement, même si aujourd'hui,
07:03je crois que les forces de l'ordre
07:03font preuve vraiment de retenue
07:05et de proportionnalité,
07:08évidemment, à un moment ou à un autre,
07:09il peut y avoir quelque chose
07:11de très grave qui se passe
07:12d'un côté comme de l'autre.
07:13Et ça, personne ne le veut.
07:15Moi, ce que je veux aujourd'hui,
07:16c'est qu'un dialogue s'instaure.
07:17Je salue le fait qu'aujourd'hui,
07:19effectivement,
07:20il y a eu des premiers pas,
07:21des premières étapes,
07:22une relance de la discussion
07:23et c'est très bien.
07:24Je pense que moi aussi,
07:25je porte au sein des universités,
07:27vraiment la porte est ouverte.
07:28J'ai reçu des syndicats étudiants.
07:30Mais est-ce que vous-même,
07:32comme Laurent Nunez,
07:33vous avez été surpris
07:34par l'ampleur de cette contestation ?
07:36Bien sûr, je pense que tout le monde
07:37a été...
07:38C'est inédit ?
07:39Je pense qu'en tout cas,
07:41sous cette forme-là,
07:42il y a des aspects qui sont inédits.
07:44Certains lycées qui sont touchés,
07:45qui d'habitude ne le sont pas du tout.
07:48Même nous, dans le monde universitaire,
07:49où ça bouge de manière
07:51beaucoup plus calme que dans les lycées,
07:54ce n'est pas les établissements
07:55qui habituellement sont les plus
07:58pronds justement à réagir
07:59qui aujourd'hui sont mobilisés.
08:01Donc effectivement,
08:02il y a des phénomènes
08:02qui sont des phénomènes
08:03qui sont inhabituels.
08:04Il n'y a pas eu de jonction ?
08:05Pour l'instant,
08:06on est d'accord entre
08:07les universités et les lycées ?
08:09Je ne dirais pas ça.
08:10Non, moi, je ne dirais pas ça.
08:11Je crois qu'aujourd'hui,
08:15depuis hier,
08:16depuis jeudi,
08:17il y a des universités
08:17qui se sont mobilisées.
08:19Alors, c'est rarement
08:20une université complète.
08:21C'est souvent un morceau du campus,
08:23un bâtiment, etc.
08:25Ce n'est pas sur des phénomènes de masse.
08:26On en a une quarantaine à peu près,
08:28plus d'une trentaine qui ont fermé.
08:29Donc, par rapport à l'ensemble
08:31de ce qu'est l'université,
08:32ce n'est pas gigantesque.
08:33Mais globalement,
08:34combien d'universités perturbées
08:36aujourd'hui ?
08:36Alors, ce que je peux vous dire
08:38en termes de nombre
08:39d'universités perturbées,
08:40ça n'a pas beaucoup de sens
08:41parce qu'il y en a
08:42qui sont toutes petites
08:43et toutes très grandes.
08:43Donc, c'est une quarantaine
08:44de bâtiments
08:45ou de morceaux de campus
08:46un peu partout en France
08:48qui sont aujourd'hui perturbés.
08:50Hier comme aujourd'hui,
08:51aujourd'hui un tout petit peu
08:51moins qu'hier.
08:52Donc, on est sur des chiffres
08:53qui n'ont rien à voir
08:55avec l'ampleur
08:55de ce qu'on vit aujourd'hui
08:56dans le monde lycéen.
08:57Mais par contre...
08:58Et on est sur une mobilisation
08:59de soutien
09:00ou des revendications
09:01clairement partagées ?
09:02Je pense qu'il y a un mélange.
09:03Il y a aussi des lycéens
09:04qui vont dans les universités,
09:06des jeunes aussi,
09:08des étudiants
09:09qui vont aussi
09:10dans les lycées.
09:11Il y a aussi
09:12un certain nombre
09:12d'agitateurs professionnels
09:14qui essayent
09:15de récupérer le mouvement
09:16et de canaliser aussi
09:17le mouvement
09:18pour le faire déborder.
09:20Ça, on le sait bien.
09:21Bon, on le constate.
09:22Mais voilà,
09:23moi je pense qu'aujourd'hui,
09:25les revendications,
09:25il y a des revendications
09:26qui sont spécifiques
09:27au monde universitaire,
09:28des revendications
09:29qui sont plus en solidarité
09:30entre guillemets
09:31avec le mouvement lycéen.
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