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##LA_FRANCE_DANS_TOUS_SES_ETATS-2026-10-22##

Catégorie

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News
Transcription
00:00:00La France dans tous ses états, Érico Légas.
00:00:04Bonjour, bienvenue sur Sud Radio en ce jeudi 22 octobre 2026 et merci pour votre fidélité.
00:00:12Anissa et moi continuons en édition spéciale parce que l'actualité reste riche et forte
00:00:18et que nous avons besoin de partager avec vous qui nous écoutez ces humeurs, ces émotions, ces interrogations
00:00:24qui taraudent nos consciences parce que ce pays perd mal et que nous partageons cette inquiétude avec vous
00:00:32y compris avec ceux que nous allons recevoir.
00:00:34Anissa Arfawit avec Ostez, nous avons, je vous le dis à chaque fois, préparé cette émission avec une conscience.
00:00:40Beaucoup de temps consacré, beaucoup de concentration.
00:00:42Il y a des choix à faire et nous n'avons pas toujours des informations heureuses
00:00:46mais il faut savoir choisir dans la vie pour avoir la possibilité d'être pertinent et convaincant
00:00:54Julien Delmas est là à la réalisation de cette émission qui est toujours techniquement impeccable.
00:01:01Zacharias Abrus est au 0826 300 300. 0826 300 300.
00:01:08C'est votre outil de démocratie ce numéro de téléphone parce qu'il vous permet de vous exprimer,
00:01:13de dire ce que vous pensez, de participer avec nous à ces échanges et à ces débats
00:01:17que je qualifie de passionnants quelquefois sur l'actualité française
00:01:20et puis Elvin est là pour que vous retrouviez sur le site internet de Sud Radio, sur le web,
00:01:26tout ce qui a été dit pendant ces échanges, de façon à ce que vous ayez cette information continue et
00:01:31permanente sur vos écrans.
00:01:35Nous allons aujourd'hui nous reposer deux questions, une à midi, une à 13h, celle de midi.
00:01:41Pourquoi la colère ne retombe-t-elle pas ? Pourquoi ce gouvernement semble incapable,
00:01:47incapable de rétablir l'ordre social et l'ordre public ?
00:01:51Et nous aurons pour ça le témoignage du sociologue Michel Maffezoli,
00:01:56auteur de l'ère des soulèvements prémoniteurs.
00:02:01Et je demanderai à Michel Maffezoli, pourquoi est-ce que les gens qui préviennent,
00:02:06sur tous les sujets, que ce soit l'environnement, que ce soit l'économie, que ce soit la politique,
00:02:10pourquoi les gens qui préviennent avec précision ne sont jamais écoutés ?
00:02:14Et ensuite la facture évidemment est très lourde à payer.
00:02:16Et puis nous aurons juste après l'avocat David Libeskind,
00:02:20avocat au barreau de Paris, docteur en droit privé et cofondateur de Robes Noires et Gilets Jaunes.
00:02:25Donc c'est un avocat impliqué dans la cause des Gilets Jaunes.
00:02:28Et puis à Nice, il y aura encore des choses.
00:02:29Évidemment, après en deuxième partie d'émission, nous allons nous poser cette question un peu dérangeante.
00:02:34Est-il encore possible de vivre en paix en France ?
00:02:37Nous en débattrons avec Amine Alcatmi, essayiste, auteur d'Avons-nous encore envie de vivre en France ?
00:02:42Aux éditions Fayard.
00:02:44Et puis nous recevrons également Gérald Andrieux, journaliste,
00:02:47et co-auteur de Nous, les Français, aux éditions Robert Laffont.
00:02:51Sud Radio, la France dans tous ses états, l'humeur de Perico.
00:02:56Le 17 octobre 2026 laissera une cicatrice sur le visage de Marianne.
00:03:02J'avais écrit une cicatrice éternelle, c'est un pléonasme.
00:03:04Une cicatrice par principe est toujours éternelle.
00:03:08Alors non, la République n'a pas été renversée.
00:03:10Non, des troupes d'occupation n'ont pas défilé sur les Champs-Élysées.
00:03:13Non, l'armée n'a pas tiré sur le peuple dans les rues de Marseille ou de Toulouse.
00:03:17Laissons à la tragédie du 17 octobre, malgré l'effroi légitime qu'elle suscite, sa juste proportion.
00:03:23Il s'est pourtant produit quelque chose de plus grave encore que l'embrasement d'une société
00:03:27avec disparition dure quelques heures du chef de l'État, réfugié à Baden-Baden en Allemagne,
00:03:32le temps de reprendre ses esprits et la situation en main en mai 1968.
00:03:36Il s'est pourtant produit quelque chose de plus douloureux encore
00:03:39que le saccage de l'Arc de Triomphe le 1er décembre 2018,
00:03:42en marge d'erreur de la juste colère des Gilets jaunes.
00:03:45Oui, le samedi 17 octobre, on a vu une partie, heureusement minoritaire,
00:03:49de la jeunesse française, censée avoir appris à lire et à écrire sur les bancs de l'école de la
00:03:54République,
00:03:55sans prendre à son propre pays, sans prendre à la France et à ses symboles.
00:03:59Pas qu'à ses institutions, bâtiments ou forces de l'ordre,
00:04:02mais à son peuple, à la société française, à la vie française dont cette jeunesse est aussi la composante.
00:04:08Saccagé et pillé un commerce de proximité, tenu par un artisan indépendant
00:04:12qui trime souvent pour vivre de son travail, incendie à lycée, une salle de sport,
00:04:16une voiture de pompier, bientôt une ambulance.
00:04:19Enflammer une mairie qui est la maison du peuple, avec une haine et une rage déchaînée,
00:04:23ces images relèveront à tout jamais du documentaire historique
00:04:26que l'on diffusera encore dans 10 ans, dans 30 ans, dans 50 ans, voire plus,
00:04:30prouve qu'une profonde fêlure, une fracture bien plus que sociale, fracasse ce pays.
00:04:36Même si elle est localisée, et il va sans dire que nos gouvernants doivent tout faire
00:04:40pour que cette proportion déjà traumatisante en demeure là,
00:04:44et n'en constitue pas moins une plaie nationale béante.
00:04:47Les crimes de Mohamed Béra, notamment l'assassinat de petits-enfants abattus comme des chiens à bout portant,
00:04:53« J'affirme que cet épouvantable épisode n'a pas été traité à sa juste gravité.
00:04:58Ceux des frères Kouachi à Charlie, de Mohamed Koulibaly à l'Hypercacher,
00:05:02ceux du 14 juillet 2016 à Nice, mais aussi la décapitation de Samuel Paty
00:05:06et l'égorgement de Dominique Bernard, il est important d'user des bons termes,
00:05:10cela évite de regarder à côté, relève d'une folie idéologique meurtrière
00:05:13que l'État aurait dû prévoir à défaut d'éviter s'il avait fait son boulot.
00:05:18Mais ce qui s'est passé le 17 octobre, situé sur une toute autre échelle,
00:05:22sans commune mesure en termes de terrorisme, a quand même quelque chose de terrifiant
00:05:26parce que cela touche à la société de tous les jours, à notre vie ordinaire,
00:05:30au tissu social de la quotidienneté.
00:05:31C'est le vivre-ensemble qui a été saccagé, c'est mon voisin qui a été pillé,
00:05:35c'est la maison commune qui a été incendiée.
00:05:37Et ce sont malgré tout nos enfants, les enfants de France pour donner,
00:05:42dans l'image d'Épinal, qui ont perpétré ce crime.
00:05:45Et l'autre versant tout aussi terrifiant de ce drame
00:05:47est que l'autorité protectrice, que j'appelle ici la sécurité sociale,
00:05:51citoyenne, au sens politique, celle du citoyen français persuadé
00:05:55que la République est un rempart contre le barbare, n'était pas là.
00:05:59Comme si l'on nous disait un jour qu'il n'y a plus de médecins pour vous soigner
00:06:02car l'hôpital est en feu et que les médicaments ont été volés.
00:06:05Le pont-levis de l'État s'est affaissé et les Vikings se sont engouffrés dans le château.
00:06:09À un moment donné, une partie du peuple français n'était plus en France.
00:06:13Moins douloureux à formuler toutefois qu'à un moment donné,
00:06:17la France a cessé d'être la France.
00:06:19C'est pourtant ce qui s'est passé le 17 octobre.
00:06:22Cette fêlure dans l'icône de Marianne, elle, ne s'effacera jamais.
00:06:26Dans un climat social de plus en plus tendu,
00:06:28on va se demander pourquoi la colère ne retombe pas.
00:06:31Dans un instant, nous en parlerons avec Michel Maffessoli,
00:06:34sociologue, auteur de l'ère des soulèvements.
00:06:36Et puis nous recevrons également David Lipskin,
00:06:39d'avocat et cofondateur de Robes Noires et Gilets Jaunes.
00:06:42Et puis vous d'ailleurs, est-ce que vous êtes aussi en colère ?
00:06:44Est-ce que vous vous sentez en inadéquation avec ce qui se passe
00:06:47ou peut-être plus encore avec nos porte-voix ?
00:06:49Appelez-nous dès maintenant au 0826 300 300.
00:07:03Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 12h14,
00:07:06et je reçois Michel Maffessoli.
00:07:08Bonjour Michel Maffessoli.
00:07:10Merci d'être avec nous en visio si je puis dire,
00:07:14mais c'est comme si vous étiez là parce que votre présence est réelle.
00:07:17Vous êtes déjà venu sur cette antenne et vos propos sont toujours écoutés
00:07:21avec beaucoup de considération.
00:07:22Vous êtes un sage, voilà.
00:07:23Je me permets de vous faire ce compliment
00:07:24parce qu'aujourd'hui dans cette situation de tension, c'est très important.
00:07:28Avant de rentrer dans le vif du sujet,
00:07:29et Dieu sait si le sujet est vif,
00:07:31Michel Maffessoli,
00:07:32vous êtes l'auteur de l'ère des soulèvements aux éditions du CERF,
00:07:35je voudrais vous poser une question globale.
00:07:37Pourquoi dans ce pays qui est la France,
00:07:39ce pays avec des esprits, avec des consciences,
00:07:42un pays intellectuel, avec une classe politique qui est quand même assez émancipée,
00:07:45pourquoi à chaque fois, lorsque l'on prévient,
00:07:48non pas juste un petit avertissement,
00:07:49on prévient avec un ouvrage, un travail sociologique, un travail littéraire,
00:07:53que ce soit sur l'environnement, sur la société, sur l'économie, sur la politique,
00:07:57pourquoi on n'est pas écouté ?
00:07:59Vous l'avez un peu annoncé ce malaise, vous n'êtes pas le seul à l'avoir fait.
00:08:02Pourquoi est-ce que nos autorités, notre classe politique,
00:08:04si brillante, si cultivée, si courageuse,
00:08:07n'écoute rien et ne prend aucune conclusion de rien ?
00:08:13C'est difficile à dire, mais de mon point de vue,
00:08:16vous avez compris, je l'ai essayé de l'analyser depuis longtemps,
00:08:19avec d'autres en effet, on est dans une crise civilisationnelle
00:08:22qui est en jeu actuellement,
00:08:25pour parler d'un terme qui est connu, un changement de paradigme.
00:08:29Et dans ces moments, justement, les élites,
00:08:33comment dire, sont totalement déconnectées.
00:08:36Quand je dis élites, dans le sens simple du terme,
00:08:39tel que le sociologue Pareto l'a analysé,
00:08:41ceux qui ont le pouvoir de dire,
00:08:43ceux qui ont le pouvoir de faire,
00:08:44politiques, journalistes, experts de tous ordres,
00:08:47restent sur des valeurs qui sont défasées,
00:08:49je les dirai si vous le désirez.
00:08:51Oui, oui, bien sûr.
00:08:53On phase avec ce qui est en jeu actuellement,
00:08:56avec véritablement, il y a une déconnexion.
00:09:00Voilà, donc, ils ne trouvent pas les mots, vous voyez,
00:09:02ils ne trouvent plus les mots,
00:09:04on continue, si je puis le dire ainsi,
00:09:07des incantations.
00:09:08Des incantations, c'est quand on dit quelque chose
00:09:10dont on n'est plus convaincu.
00:09:13Valeurs républicaines, démocratie,
00:09:16contrat social, ça ne marche plus.
00:09:18Voilà, ce sont des grandes valeurs.
00:09:20Il ne faut pas cracher dans la soupe.
00:09:21Ce sont des grandes valeurs qui ont marqué la modernité.
00:09:24Et nous vivons actuellement une décennie
00:09:26où sont en train de cesser ces valeurs.
00:09:29Les élites continuent à rester sur l'individualisme,
00:09:33le rationalisme, le progressisme,
00:09:35la république une et indivisible.
00:09:36C'est fini, ça.
00:09:37C'est saturé.
00:09:38Voilà, excusez-moi de vous dire un peu brutalement.
00:09:41Non, mais convenons Michel Maffézoli
00:09:43que le terme élite, étymologiquement,
00:09:46qui en général est une désignation qualitative,
00:09:49a pris du plomb dans l'aile.
00:09:50Parce que si c'est ça l'élite,
00:09:52qu'est-ce que ça doit être si ce n'est plus l'élite ?
00:09:57Pardon.
00:09:58J'en viens à ma question.
00:10:00On poursuit cet échange.
00:10:01J'en viens à ma question,
00:10:03le sujet du jour,
00:10:04qui est celle de cette émission
00:10:06pour laquelle je vous ai invité.
00:10:08Pourquoi la colère des Français ne retombe-t-elle pas ?
00:10:10Pourquoi ce gouvernement
00:10:12semble incapable de la faire retomber,
00:10:14tant sur le volet social
00:10:16que sur le volet de l'ordre public ?
00:10:18Une déconnexion énorme, si vous voulez.
00:10:21Là, entre une fois,
00:10:23ce qui sont des institutions politiques,
00:10:27qui nous sont, comment dire cela,
00:10:29cette grande dame de la pensée
00:10:31qui s'appelait Anna Arendt,
00:10:33cette grande philosophe,
00:10:34quand elle parle de l'idéal démocratique,
00:10:37elle montre que c'est difficile à faire,
00:10:39on y arrive au XIXe siècle,
00:10:41elle explique qu'il y a une représentation politique,
00:10:44un ensemble d'idées,
00:10:45on va vous convaincre,
00:10:47vous me donnez votre voix,
00:10:48c'est la représentation politique.
00:10:50Il y a des moments
00:10:50où cette représentation ne fonctionne plus,
00:10:53ces élites, ces politiques,
00:10:54n'ont plus de représentation,
00:10:56n'ont plus d'idées.
00:10:57Ils se contentent,
00:10:58le mot que j'ai employé, je le redis,
00:11:00ils se contentent des incantations.
00:11:01Et donc, du coup,
00:11:02ils sont déphasés,
00:11:04totalement déconnectés.
00:11:05Mais ce n'est pas la première fois,
00:11:06vous voyez,
00:11:07chaque fois qu'une époque s'agissait,
00:11:09je me viens à l'esprit,
00:11:10les jacqueries,
00:11:12tout d'un coup,
00:11:13le peuple ne se reconnaît plus
00:11:14dans ce que représente le Seigneur,
00:11:17ils se révoltent.
00:11:17C'est ce que nous vivons actuellement.
00:11:19En gros, voilà,
00:11:20ma réponse, elle est simple.
00:11:22Ces élites,
00:11:23ces politiques en particulier,
00:11:25soyons clairs,
00:11:26gauche et droite confondues,
00:11:27de mon point de vue,
00:11:29restent sur des valeurs
00:11:30qui ne sont plus en phase.
00:11:31Et donc, du coup,
00:11:32ces jeunes générations
00:11:33ne se reconnaissent pas.
00:11:35Michel Miffel m'a fait Zoli.
00:11:38Est-ce que cette classe politique
00:11:39n'est pas le reflet
00:11:40de l'effondrement scolaire
00:11:42sur 30 ou 40 ans ?
00:11:44Est-ce qu'ils sont
00:11:46moins cultivés,
00:11:47moins compétents,
00:11:49moins formés,
00:11:50moins conscients,
00:11:51moins impliqués ?
00:11:52Est-ce qu'il y a
00:11:52un individualisme
00:11:54qui fait que
00:11:54ma carrière politique
00:11:55compte avec mon siège,
00:11:57mon poste,
00:11:58voilà,
00:11:59mon intérêt personnel,
00:12:00que si l'on pouvait dire
00:12:01du général de Gaulle,
00:12:02de Georges Pompidou,
00:12:04voire de Giscard d'Estaing,
00:12:05de Mitterrand,
00:12:06ils sont habités
00:12:07par leur mission,
00:12:08par leur fonction,
00:12:09ils sont habités
00:12:10par la France.
00:12:10On n'a aujourd'hui
00:12:11que des aventuriers
00:12:13qui relèvent de défis
00:12:15avec plus ou moins de panache
00:12:16et qui,
00:12:16à l'heure de la vérité,
00:12:17montrent le vide,
00:12:19le vide énorme,
00:12:21béant,
00:12:21de leur incapacité,
00:12:22de leur inconscience
00:12:23et de leur manque de courage.
00:12:26Vous venez de vous dire,
00:12:26ça n'a pas la peine
00:12:27que je vous réponds.
00:12:30Ils n'ont plus
00:12:31de représentation,
00:12:32dans le sens
00:12:33de cette dame
00:12:34à Arendt,
00:12:35ils n'ont plus d'idées.
00:12:36Alors,
00:12:36à l'intérieur,
00:12:38c'est quelque chose
00:12:39qui fait qu'on veut
00:12:40préserver,
00:12:41si je puis dire,
00:12:41son métier,
00:12:42ses avantages,
00:12:43etc.
00:12:44Et ça,
00:12:45le peuple le sent.
00:12:45Pour tout vous avouer,
00:12:46je suis dans mon petit village
00:12:47de Seven Hall actuellement
00:12:48et je discute,
00:12:49bien sûr,
00:12:50avec ma parentèle,
00:12:51mes amis,
00:12:51mes voisins,
00:12:52et c'est frappant
00:12:53ce que j'entends.
00:12:55Ils ne se reconnaissent plus,
00:12:58ils ne se sentent plus
00:12:59représentés.
00:13:00Vous avez compris,
00:13:00cette idée de représentation.
00:13:02Donc,
00:13:02du coup,
00:13:03alors ça s'exprime
00:13:04par l'abstentionnisme,
00:13:06par les non-inscrits
00:13:07sur les listes électorales,
00:13:09enfin,
00:13:09toute chose qui fait
00:13:10que d'une certaine manière,
00:13:12encore une fois,
00:13:13ces politiques,
00:13:13j'ai dit élite,
00:13:15ces politiques ne sont plus
00:13:16en phase,
00:13:17ils sont déconnectés.
00:13:17Donc,
00:13:18du coup,
00:13:18il n'est pas étonnant
00:13:20dès le moment
00:13:20où je ne me reconnais plus
00:13:22dans une classe
00:13:22qui est censée représenter
00:13:24le peuple,
00:13:25eh bien,
00:13:25qu'il y ait ces révoltes
00:13:26sur l'action.
00:13:28Nous ne sommes qu'au début,
00:13:29vous voyez,
00:13:29dans mon livre que vous avez cité,
00:13:30l'ère des soulèvements,
00:13:32je considère que les Gilets jaunes
00:13:33ont commencé,
00:13:34puis il y en a des quantités
00:13:35d'autres petites révoltes
00:13:36comme cela,
00:13:37celle qui s'est passée
00:13:38le 17 octobre,
00:13:40celle qui peut se représenter,
00:13:41se refaire dans les semaines à venir,
00:13:45ne font qu'exprimer,
00:13:46vous voyez,
00:13:47comme se dit exprimer,
00:13:48c'est-à-dire,
00:13:48comme on exprime
00:13:49le jus d'une rose,
00:13:50ne sont qu'exprimés
00:13:51cette insurrection,
00:13:52cette révolte,
00:13:54cette colère
00:13:55qui fait que je ne me sens
00:13:56plus représenté,
00:13:56voilà,
00:13:57donc,
00:13:57du coup,
00:13:57oui,
00:13:57vous avez raison,
00:13:58vous disiez,
00:13:59ces politiques ne sont plus en phase,
00:14:01eh bien,
00:14:01on en a des expressions,
00:14:03et excusez-moi,
00:14:04chère Mise,
00:14:04je suis confus de le dire,
00:14:06mais à mon avis,
00:14:07ces soulèvements,
00:14:07ça va se renouveler,
00:14:09malheureusement,
00:14:09ou c'est ainsi.
00:14:11Vous pensez donc,
00:14:12effectivement,
00:14:12que,
00:14:13comme nous le disons,
00:14:13cette colère ne va pas s'épaiser,
00:14:15qu'il n'y a aucune raison
00:14:16qu'elle s'apaise,
00:14:17que l'offre politique
00:14:18ne permet pas de penser
00:14:20qu'il va y avoir
00:14:21une solution rapide,
00:14:23déjà,
00:14:24parce que financièrement,
00:14:24la République est à l'os,
00:14:26s'il n'y a plus d'argent,
00:14:27vous dites,
00:14:29ils manifestent
00:14:29leur désintérêt
00:14:30et leur rupture
00:14:31en s'abstenant
00:14:32ou en ne votant plus,
00:14:33ou en votant,
00:14:34je pense aussi,
00:14:35les votes extrêmes
00:14:36sont aussi l'expression
00:14:37d'un rejet du système,
00:14:39d'un rejet de la classe politique,
00:14:40et même si on sait
00:14:41qu'on prend un risque,
00:14:42eh bien,
00:14:42après tout,
00:14:43pour dégager les gens
00:14:44qui sont au pouvoir
00:14:45et qui ont montré
00:14:46leur incapacité
00:14:47et leur incompétence,
00:14:48nous allons prendre le risque
00:14:49de voter pour des partis
00:14:50qui nous proposent autre chose.
00:14:51Il y a aussi
00:14:52ce phénomène-là
00:14:52qui se produit.
00:14:54Par exemple,
00:14:55c'est-à-dire que
00:14:55dès le moment
00:14:56où je reviens
00:14:57sur cette idée,
00:14:58moi qui est mon obsession,
00:14:58dès le moment
00:14:59où il n'y a plus
00:14:59de représentation,
00:15:01eh bien,
00:15:01la violence va...
00:15:03Vous voyez ?
00:15:03En gros,
00:15:04soyons clairs,
00:15:05l'animal humain
00:15:06est un animal,
00:15:07il y a de l'agressivité,
00:15:08et donc tout l'art
00:15:09des sociétés équilibrées,
00:15:11c'est de savoir,
00:15:12je dis,
00:15:13ritualiser la violence,
00:15:14l'homéopathiser,
00:15:15et que si on ne sait pas
00:15:17ritualiser la violence,
00:15:18elle devient perverse,
00:15:20en latin pervir,
00:15:21ça prend des voies détournées,
00:15:22et les pires,
00:15:23asia,
00:15:24que l'on a vu
00:15:24ces derniers temps,
00:15:25ne sont que
00:15:26l'expression perverse.
00:15:27Mais pourquoi cela ?
00:15:28C'est parce que,
00:15:29dans le fond,
00:15:30cette élite,
00:15:31ces politiques
00:15:31qui ne sont plus en phase,
00:15:33comment dire,
00:15:34ils vont légitimer
00:15:35la guerre,
00:15:36l'Ukraine,
00:15:37il faut entendre
00:15:38les discours politiques
00:15:39des présidents
00:15:40ou autres en particulier,
00:15:42ou des tels ou des ministres,
00:15:43qui vont justifier
00:15:44des guerres
00:15:45ici ou là,
00:15:46et en même temps,
00:15:49pour la France,
00:15:50on parle d'un risque zéro,
00:15:51le confinement,
00:15:52on fait un truc comme ça,
00:15:53donc dès le moment
00:15:54où ils ne savaient plus
00:15:54ritualiser la violence,
00:15:56vous avez compris
00:15:56ce que je dis,
00:15:57cette violence ?
00:15:58Tout à fait,
00:16:00justement,
00:16:00Michel Maffesoli,
00:16:02autre aspect
00:16:02de cette tragédie,
00:16:04vous avez contrôlé
00:16:05la jeunesse,
00:16:06vous avez été enseignant,
00:16:06vous êtes sociologue,
00:16:07vous connaissez
00:16:07le monde universitaire,
00:16:09comment expliquez-vous
00:16:10que cette jeunesse,
00:16:10jusqu'à présent,
00:16:11on était dans des jacqueries,
00:16:12les gilets jaunes,
00:16:1368,
00:16:14on manifeste
00:16:14contre l'autorité,
00:16:16on manifeste
00:16:16contre une puissance,
00:16:17vous avez vu cette jeunesse,
00:16:18là,
00:16:18dans ces images
00:16:19du 17 et du 8 octobre,
00:16:20elle s'attaque
00:16:21au pays lui-même,
00:16:22elle s'attaque
00:16:22au tissu social,
00:16:23elle s'attaque
00:16:24au petit commerce,
00:16:25elle s'attaque
00:16:25à notre quotidienneté,
00:16:27comment pouvez-vous
00:16:28expliquer que cette sauvagerie
00:16:29se soit emparée
00:16:30d'une jeunesse
00:16:30qui pourtant
00:16:31a été éduquée
00:16:32sur les bancs de l'école ?
00:16:33Alors, soyons clairs,
00:16:35pour moi,
00:16:35il se trouve que je continue
00:16:37à voir des quantités
00:16:38de jeunes qui viennent,
00:16:38qui ont lu tel ou tel
00:16:39de mes livres,
00:16:40qui viennent discuter avec moi,
00:16:41et je reste en phase
00:16:42avec cette jeunesse
00:16:43que je trouve généreuse.
00:16:44Mais cette jeunesse
00:16:46n'est plus en phase,
00:16:47encore une fois,
00:16:48avec la valeur travail.
00:16:51Pour moi, c'est fini,
00:16:52ils n'ont plus envie
00:16:53de perdre leur rôle
00:16:54à gagner.
00:16:56Ils ont envie
00:16:57d'être ensemble
00:16:58pour être ensemble.
00:16:59J'ai dit tout à l'heure,
00:17:00c'est quelque chose
00:17:00qui est difficile
00:17:01et qui est pour moi
00:17:02le fil rouge de mon travail.
00:17:04Ce n'est plus
00:17:04l'individualisme
00:17:05qui prévaut actuellement,
00:17:07c'est ce que j'appelle
00:17:08l'idéal communautaire.
00:17:09Bien entendu.
00:17:10Michel Maffezoli,
00:17:11je voudrais avoir tout de suite
00:17:12le témoignage
00:17:12de David Libevski,
00:17:13donc avocat au Barreau de Paris,
00:17:16cofondateur de Rome Noire
00:17:16et Gilets Jaunes.
00:17:20David Libevski,
00:17:21vous voyez cette situation,
00:17:23ça n'a rien à voir
00:17:24avec le mouvement
00:17:25des Gilets Jaunes.
00:17:25Pourtant,
00:17:26vous voyez une indignation
00:17:26dans la jeunesse
00:17:27et une violence inédite.
00:17:29Vous l'expliquez par quoi ?
00:17:30Un déracinement,
00:17:31une déconnexion
00:17:32de la réalité ?
00:17:34Il y a quand même,
00:17:35je tiens à souligner
00:17:36au préalable,
00:17:38il y a quand même
00:17:39une convergence
00:17:41des jeunes,
00:17:42des lycéens,
00:17:43de la génération Z
00:17:44avec le mouvement
00:17:45des Gilets Jaunes.
00:17:47Je rappelle que l'appel
00:17:48du 17 octobre
00:17:48vient d'un jeune
00:17:50à un gilet jaune.
00:17:52Alors,
00:17:54notre jeunesse,
00:17:55ce n'est pas qu'elle
00:17:55est plus en phase
00:17:56en fait
00:17:57avec les valeurs actuelles,
00:17:59les valeurs
00:17:59de notre République,
00:18:01égalité,
00:18:02liberté,
00:18:04fraternité,
00:18:04c'est que les gouvernants
00:18:06ne respectent plus
00:18:07ces valeurs eux-mêmes.
00:18:09Donc,
00:18:10les libertés
00:18:11et les fraternités,
00:18:12j'aime bien la répéter,
00:18:13parce que justement,
00:18:14la jeune ex actuelle
00:18:15est en phase
00:18:15avec ces valeurs
00:18:16de la République.
00:18:18La difficulté,
00:18:19c'est que
00:18:19les réformes successives
00:18:22ne leur permettent pas
00:18:23d'entrevoir
00:18:24un avenir serein.
00:18:25Je parle notamment
00:18:26de Parcoursup,
00:18:28je fais référence également
00:18:29à mon Master 1
00:18:31qui va
00:18:32ces réformes
00:18:33pour la continuité
00:18:34de la crise Covid.
00:18:35On sait que
00:18:36les jeunes ont été
00:18:37très impactés
00:18:38par la crise Covid.
00:18:39Donc,
00:18:40ils ne voient pas
00:18:41en fait
00:18:41leur imposer
00:18:42la compétition
00:18:43des lycées
00:18:45pour être animés
00:18:45à l'université,
00:18:46ce qui n'existait pas
00:18:47en montant
00:18:48et en bout de temps.
00:18:50Donc,
00:18:51ça leur donne
00:18:52un effet de stress
00:18:54puisque
00:18:55des lycéens,
00:18:56il y a beaucoup
00:18:57de lycéens
00:18:57qui sont admis
00:18:57du part
00:18:58une fois le bac en poche
00:18:59parce qu'ils n'ont
00:19:00pas la bonne moyenne.
00:19:01Donc,
00:19:01beaucoup,
00:19:02ceux qui ont les moyens,
00:19:03qui ont les parents
00:19:03les moyens,
00:19:04ils vont se tourner
00:19:05vers le privé,
00:19:06pour faire des écoles,
00:19:07les écoles,
00:19:07etc.
00:19:08Et pareil,
00:19:09ça concerne
00:19:10mon Master 1.
00:19:11Donc,
00:19:11on a une jeunesse
00:19:12qui est consciente
00:19:13de ses problèmes,
00:19:14qui est intelligente,
00:19:15ça faut le dire en fait,
00:19:16qui est éveillée
00:19:17et qui s'est radicalisée
00:19:19malheureusement
00:19:20parce qu'elle
00:19:22imagine très mal
00:19:23son avenir
00:19:24dans la société actuelle.
00:19:25ce qui explique
00:19:27également
00:19:27que beaucoup
00:19:28de jeunes
00:19:28aujourd'hui
00:19:29ne s'épatrient
00:19:29à l'étranger.
00:19:30David Libeskine,
00:19:31la préfecture de Lyon
00:19:33a signalé
00:19:33qu'elle interdisait
00:19:34toute forme
00:19:34de manifestation.
00:19:36Celle de Paris
00:19:37impose
00:19:38une canalisation
00:19:39de nations
00:19:40à Bastille.
00:19:42Est-ce que vous pensez
00:19:43que ces restrictions
00:19:44et ces interdictions
00:19:45peuvent ou
00:19:46canaliser la colère
00:19:47ou au contraire
00:19:48la provoquer
00:19:49et l'augmenter ?
00:19:52Alors ça va canaliser
00:19:55la colère
00:19:56et ça va l'aggraver
00:19:57parce que
00:19:58pour moi
00:19:59je fais partie
00:20:00des négociateurs
00:20:02qui seront à la préfecture
00:20:03pour négocier
00:20:04les parcours
00:20:05tous les samedis
00:20:06j'avais négocié
00:20:07le parcours
00:20:07du 7 octobre
00:20:08et il est avéré
00:20:10que l'ensemble
00:20:11des étudiants
00:20:14souhaitent en fait
00:20:14un parcours
00:20:15vers l'ouest de Paris
00:20:16vers les lieux de pouvoir
00:20:17ce qui n'est pas
00:20:18proposé aujourd'hui
00:20:19par la préfecture
00:20:20donc ça va canaliser
00:20:22la colère
00:20:22ça va aggraver la colère
00:20:23et ça va donner lieu
00:20:25comme on l'a vu
00:20:26le 7 octobre
00:20:27malheureusement
00:20:27à des manifs
00:20:29spontanés
00:20:29ou sauvages
00:20:30selon les termes
00:20:31du gouvernement
00:20:31et malheureusement
00:20:32à la caisse
00:20:33sur des viceroux.
00:20:34Donc vous vous attendez
00:20:34un samedi 24 octobre
00:20:36encore plus tendu
00:20:37peut-être encore plus violent
00:20:38il y a un risque ?
00:20:40Alors je ne pense pas
00:20:41qu'il sera plus violent
00:20:43puisque le gouvernement
00:20:44va échouer
00:20:46quant à la gestion
00:20:47du matériel de l'ordre
00:20:48pour la manifestation
00:20:49du 16 octobre
00:20:50donc je pense que là
00:20:51il va mettre
00:20:51chez Paquet
00:20:52il va améliorer ça
00:20:53mais en tout cas
00:20:54on ne peut pas
00:20:54comme ça
00:20:55imposer à des lycéens
00:20:56et des étudiants
00:20:57des parcours
00:20:59de bassination
00:20:59nous nous avions demandé
00:21:00à bassiner
00:21:01pour le départ
00:21:02et nous nous avions demandé
00:21:05également
00:21:05Opéra
00:21:06comme point d'arrivée
00:21:07et ça
00:21:08c'est encore refusé
00:21:09donc à partir de ce moment-là
00:21:12on considère
00:21:12en tout cas
00:21:13les lycéens
00:21:14les étudiants
00:21:15on considère
00:21:15que c'est une atteinte
00:21:16pour leur liberté
00:21:16de manifester
00:21:17je ne vois pas
00:21:18pourquoi en fait
00:21:19le gouvernement
00:21:20ne les autoriserait pas
00:21:23à manifester
00:21:24jusqu'à Opéra
00:21:24qui n'est pas
00:21:25je rappelle
00:21:26se rendre à l'Elysée
00:21:28donc ça attise la colère
00:21:30en fait les jeunes
00:21:31ils ont l'impression
00:21:31qu'on leur impose tout
00:21:33qu'on ne les écoute pas
00:21:34qu'on ne leur donne pas
00:21:35leur avis
00:21:35et que ces décisions
00:21:36sont prises
00:21:37à leur détriment
00:21:38vous les dissociez bien
00:21:39bien entendu
00:21:40les manifestants
00:21:41avec leur juste revendication
00:21:42voilà
00:21:43des barbares
00:21:43qui sont venus piller
00:21:44et saccager
00:21:45certaines rues de France
00:21:46je pense que vous faites
00:21:47une grosse différence
00:21:48où vous expliquez
00:21:49il faut quand même
00:21:49comprendre
00:21:50ceux qui ont cassé
00:21:51et une exaspération
00:21:52exactement
00:21:53d'accord
00:21:53oui
00:21:54vous faites une
00:21:54il faut comprendre
00:21:55il faut comprendre
00:21:56ces causes
00:21:57de la violence
00:21:59en fait on est
00:22:00un régime en crise
00:22:00et votre invité
00:22:01l'a parfaitement évoqué
00:22:02on est
00:22:03voilà
00:22:04on est dans
00:22:05une crise
00:22:06depuis des décennies
00:22:07maintenant
00:22:07et donc on arrive
00:22:08je pense qu'on est
00:22:10dans un fin de cycle
00:22:11comme
00:22:12l'a été en fait
00:22:14la monarchie
00:22:15qui a basculé ensuite
00:22:16vers une révolution
00:22:18là c'est une fin de cycle
00:22:19et je pense qu'on arrive
00:22:20vers une fin de cycle
00:22:21et on est une classe politique
00:22:23en fait qui résiste
00:22:24voilà
00:22:24donc elle résistera
00:22:25partout au moyen
00:22:26en utilisant
00:22:27la police
00:22:28en utilisant d'autres moyens
00:22:29merci David Libenskine
00:22:31pour votre témoignage
00:22:32je rappelle que vous êtes
00:22:32avocat de Barreau de Paris
00:22:34confondateur de Rome Noire
00:22:35et Gilets Jaunes
00:22:36fin de cycle
00:22:37c'est ce que vient de dire
00:22:39l'avocat David Libenski
00:22:41pardon
00:22:42alors 5 jours après
00:22:43les manifestations
00:22:43du 17 octobre
00:22:44et les violences
00:22:45qui les ont accompagnées
00:22:46qu'est-ce qui peut
00:22:47encore apaiser le pays
00:22:49le pouvoir d'achat
00:22:50la vie chère
00:22:50l'avenir des jeunes
00:22:51on ne sait pas
00:22:52les revendications sont nombreuses
00:22:53la colère est là
00:22:54forte puissante
00:22:54et elle ne retombe pas
00:22:55on va continuer
00:22:56d'en discuter avec
00:22:57Michel Maffezoli
00:22:58sociologue
00:22:59mais vous dites nous aussi
00:23:00est-ce que vous la comprenez
00:23:01cette colère
00:23:02est-ce que vous la ressentez
00:23:03appelez-nous
00:23:33et dites-nous comment vous vous sentez
00:23:34c'était j'allais dire
00:23:36à la fois inquiétante
00:23:37et prenante
00:23:38puisqu'il y a encore un épisode
00:23:40le samedi 24 octobre
00:23:41des manifestations
00:23:42on voit bien
00:23:42que les pouvoirs publics
00:23:44essaient de prendre des dispositions
00:23:45interdictions
00:23:45de toute manifestation
00:23:47à Lyon
00:23:48et à Paris
00:23:49la préfecture a décidé
00:23:50d'imposer un parcours
00:23:51très précis de Bastille
00:23:53de nation à Bastille
00:23:55à Nissan
00:23:55cette colère
00:23:56ne date pas d'hier
00:23:57ça fait un paquet d'années
00:23:59qu'elle gronde en effet
00:24:00et on peut même en suivre
00:24:01la trace dans les enquêtes
00:24:02d'opinion
00:24:03et vous allez voir
00:24:03que nos responsables politiques
00:24:05n'y sont pas vraiment étrangers
00:24:06on va déjà remonter
00:24:07à la première grosse colère
00:24:09celle de décembre 2018
00:24:10au moment des gilets jaunes
00:24:12dans le baromètre du sévipof
00:24:1485% des personnes interrogées
00:24:16estiment déjà
00:24:17que les responsables politiques
00:24:18se préoccupent peu ou pas
00:24:20du tout
00:24:20de leurs avis
00:24:21près de 9 sur 10
00:24:23quelques mois plus tard
00:24:24une analyse des labs
00:24:25montre que parmi les personnes
00:24:26qui se déclarent
00:24:27gilets jaunes encore
00:24:2880% ne font pas confiance
00:24:30au président de la république
00:24:31et 75% ne font pas confiance
00:24:33du tout
00:24:34au parti politique
00:24:35et depuis Perico
00:24:36ce sentiment
00:24:37de ne pas être entendu
00:24:38reste massif
00:24:39à la même question
00:24:40du sévipof
00:24:41les réponses négatives
00:24:42atteignent 80%
00:24:4483%
00:24:45en janvier 2025
00:24:46puis 87%
00:24:47en janvier 2026
00:24:49donc plus récemment
00:24:51alors évidemment
00:24:51je ne vais pas vous faire
00:24:52toutes les enquêtes
00:24:53de manière exhaustive
00:24:54sinon on y est encore
00:24:56demain
00:24:56on va s'intéresser
00:24:57en tout cas
00:24:58aux résultats
00:24:58les plus récents
00:25:00et on voit
00:25:00qu'il y a encore
00:25:01une enquête
00:25:01Elab
00:25:02qui a été publiée
00:25:03le 16 octobre
00:25:04donc il y a
00:25:04quelques jours seulement
00:25:05qui apporte
00:25:07un élément
00:25:07très actuel
00:25:08la colère
00:25:09la colère
00:25:09porte sur le pouvoir
00:25:09d'achat
00:25:1065% des français
00:25:11pensent qu'il faut
00:25:12manifester maintenant
00:25:13aussi
00:25:13plutôt que d'attendre
00:25:14la prochaine présidentielle
00:25:15en fait ce que dessinent
00:25:17ces enquêtes
00:25:17c'est une défiance
00:25:18politique
00:25:19qui dure
00:25:20le sentiment
00:25:21que la voix
00:25:21du citoyen
00:25:22ne compte pas
00:25:23et l'urgence
00:25:24d'obtenir des réponses
00:25:26des réponses
00:25:26qu'ils n'obtiennent
00:25:27toujours pas
00:25:27cette impression persistante
00:25:29de ne pas être entendue
00:25:30constitue donc
00:25:31une véritable piste
00:25:32aujourd'hui
00:25:32pour comprendre
00:25:33pourquoi la colère
00:25:34est toujours là
00:25:35et toujours là
00:25:35parce qu'en fait
00:25:36elle remonte à il y a bien longtemps
00:25:37oui et on comprend
00:25:39qu'elle n'est pas prête
00:25:39de retomber
00:25:40si j'allais dire
00:25:41des dispositions courageuses
00:25:43et un peu audacieuses
00:25:44ne sont pas prises
00:25:44nous avons Pierre
00:25:45qui nous appelle de Toulouse
00:25:47bonjour Pierre
00:25:48vous aussi vous considérez
00:25:49que la colère
00:25:50va avoir du mal à retomber
00:25:51bah oui
00:25:52parce que comme vous l'avez
00:25:53très bien expliqué
00:25:54le pouvoir d'achat
00:25:54c'est essentiel
00:25:55et depuis à peu près
00:25:5740 ans
00:25:58on le sait
00:25:58nous avons des gens
00:25:59qui nous gouvernent
00:26:00qui n'ont jamais su
00:26:01ce que c'était
00:26:02que de produire
00:26:03c'est à dire que
00:26:04vous avez des gens
00:26:04qui sont
00:26:05des administratifs
00:26:06des gens
00:26:07donc du coup
00:26:07qui n'ont pas
00:26:08cette notion là
00:26:09de produire du nouveau
00:26:11et donc forcément
00:26:13eux ont l'habitude
00:26:15de dépenser
00:26:16donc jusqu'à maintenant
00:26:17on a eu la chance
00:26:18d'avoir des banques
00:26:19qui ont suivi
00:26:19systématiquement
00:26:20chaque fois que l'état
00:26:21ait besoin d'argent
00:26:22bon on disait
00:26:23ben voilà
00:26:23pour régler ce problème
00:26:25on va balancer
00:26:26du fric
00:26:27de l'argent
00:26:27pour ces gens mécontents
00:26:29donc ça a fonctionné
00:26:30ça a fonctionné
00:26:31pendant des années
00:26:31jusqu'à
00:26:33d'ailleurs
00:26:33je le précise
00:26:342004
00:26:35on a commencé
00:26:36par créer
00:26:36les intercommunalités
00:26:37puisque déjà
00:26:38au départ
00:26:39les communautés
00:26:40ont été
00:26:40donc pour agrandir
00:26:42le pouvoir
00:26:44de dépenser
00:26:46parce qu'en fait
00:26:47je ne vais pas expliquer
00:26:48ici comment fonctionnent
00:26:49les crédits
00:26:50auprès des collectivités
00:26:52locales
00:26:52mais elles sont
00:26:53essentiellement liées
00:26:54au nombre d'habitants
00:26:55donc on a créé
00:26:56les intercommunalités
00:26:57pour permettre aux banques
00:26:58de financer
00:26:59ensuite
00:27:00on a supprimé
00:27:01les 22 régions
00:27:02on est passé à 13 régions
00:27:03parce qu'il y avait
00:27:03des régions
00:27:04qui étaient totalement endettées
00:27:05et qui ne pouvaient plus
00:27:06subvenir toutes seules
00:27:07donc évidemment
00:27:07ça a permis
00:27:08encore de maintenir
00:27:13la dépense
00:27:13et ensuite
00:27:14lorsque tout ça
00:27:16a été mis en place
00:27:16et lorsque tout ça
00:27:17a été atteint
00:27:18un niveau tel
00:27:19on a commencé
00:27:20par augmenter l'essence
00:27:21augmenter
00:27:22l'EDF
00:27:23augmenter donc bien sûr
00:27:25tout ce qui est
00:27:26obligatoire
00:27:27comme je le dis
00:27:28le gaz
00:27:29l'EDF
00:27:30et l'essence
00:27:31et aujourd'hui
00:27:33on se retrouve devant
00:27:34une impasse
00:27:34puisque forcément
00:27:35on n'a plus les moyens
00:27:36de continuer
00:27:37à trouver des solutions
00:27:39pour combler
00:27:40ces manques d'argent
00:27:41qu'il y a
00:27:42donc évidemment
00:27:42nous sommes dans une période
00:27:44de faillite
00:27:45et ça
00:27:45c'est facile à comprendre
00:27:47la seule chose
00:27:47c'est que bien entendu
00:27:48les marchés le voient
00:27:49et donc
00:27:51évidemment
00:27:51les gens sont dans la rue
00:27:52parce qu'ils ne comprennent pas
00:27:53parce que tout ça
00:27:54bien sûr
00:27:54ça s'explique
00:27:56mais comme les gens
00:27:57n'ont aucune notion
00:27:58économique en France
00:27:58très très peu
00:27:59ont des notions économiques
00:28:00et certainement pas
00:28:01ceux qui nous gouvernent
00:28:02évidemment
00:28:02eux ont laissé filer
00:28:04tout ce qui s'est passé
00:28:05parce qu'ils ont écouté
00:28:06les hauts fonctionnaires
00:28:07de Bercy
00:28:08qui leur ont expliqué
00:28:08comment il fallait
00:28:09que ça fonctionne
00:28:09mais aujourd'hui
00:28:10ces hauts fonctionnaires
00:28:11de Bercy
00:28:12n'ont plus de solution
00:28:13il faut savoir
00:28:14qu'il y a une vingtaine d'années
00:28:15j'avais rencontré
00:28:16un haut fonctionnaire
00:28:17de Bercy
00:28:17qui m'avait dit
00:28:18simplement les choses
00:28:19vous savez
00:28:20en France
00:28:21les hommes politiques
00:28:22ont 5%
00:28:23du budget
00:28:24national
00:28:25annuel
00:28:25pour pouvoir
00:28:26créer leur projet
00:28:275%
00:28:28ça c'était il y a 20 ans
00:28:29aujourd'hui ils ont 0
00:28:30c'est à dire que l'homme politique
00:28:31qui arrive lui
00:28:32il n'a pas de marge de manœuvre
00:28:33pour pouvoir proposer quelque chose
00:28:35donc on est dans une faillite
00:28:36merci Pierre pour cette explication
00:28:38très précise
00:28:40très claire
00:28:40vous feriez un excellent chroniqueur radio
00:28:42parce que vous avez une façon
00:28:43de synthétiser
00:28:44les enjeux
00:28:45avec beaucoup de
00:28:46avec beaucoup de sa compte
00:28:47merci merci Pierre
00:28:47Michel Maffezoli
00:28:49vous avez entendu ce témoignage
00:28:50est-ce qu'on peut vous poser
00:28:52la question
00:28:53voire la chose suivante
00:28:54est-ce qu'une
00:28:54une fracture sociale
00:28:56peut être dissociée
00:28:57d'une fracture démocratique
00:28:59c'est-à-dire
00:28:59des citoyens
00:29:00et des citoyennes
00:29:01qui ne se sentent plus
00:29:01représentés
00:29:02ou en démocratie
00:29:03ou est-ce que
00:29:04la fracture sociale
00:29:05elle-même
00:29:06peut participer
00:29:07à cette confusion
00:29:08en disant
00:29:08puisque aujourd'hui
00:29:09on n'a pas assez de quoi vivre
00:29:10on ne se reconnait plus
00:29:11dans les institutions
00:29:12de ce pays
00:29:12et que finalement
00:29:13c'est ça
00:29:14plus que la fracture démocratique
00:29:15la fracture sociale
00:29:16engendre plus de colère
00:29:17et peut-être plus de violence
00:29:21l'entendre de votre auditeur
00:29:23me convient tout à fait
00:29:24pour partie
00:29:25disons que je pense
00:29:26que la classe
00:29:28et les fonctionnaires
00:29:30les hauts fonctionnaires
00:29:31cette verticalité
00:29:32de l'énergie
00:29:34est de plus en plus
00:29:35dévoisée
00:29:35voilà
00:29:36donc du coup
00:29:37je reviens sur mon idée
00:29:39ma seule idée obsédante
00:29:42la représentation
00:29:42n'existe plus
00:29:44on ne se sent plus représenté
00:29:45et donc à partir de là
00:29:47si vous voulez
00:29:47et bien n'importe quel prétexte
00:29:49est bon
00:29:49pour tout vous avouer
00:29:51moi je ne suis pas sûr
00:29:51soit le pouvoir d'achat
00:29:52tout le monde parle
00:29:53du pouvoir d'achat
00:29:54qui soit important
00:29:56mais par contre
00:29:57on prend ce prétexte là
00:29:58pour manifester le fait
00:29:59qu'on ne se reconnait plus
00:30:01dans les syndicats
00:30:02dans les partis politiques
00:30:04et bien sûr
00:30:05dans la hiérarchie
00:30:06des hauts fonctionnaires
00:30:07en France
00:30:07le jacobinisme français
00:30:09est une vieille histoire
00:30:10si vous voulez
00:30:11et donc on est dans ce moment
00:30:13si vous voulez
00:30:13d'un décalage
00:30:16si important
00:30:17je maintiens
00:30:18que tout sera bon
00:30:20pour qu'il y ait
00:30:20de la révolte
00:30:21de l'insurrection
00:30:22etc.
00:30:22avec des formes paroxystiques
00:30:24ce qu'on a vu
00:30:25le 17 décembre
00:30:26et sous les risques
00:30:28représentés encore
00:30:29dans les jours à venir
00:30:31mais les formes paroxystiques
00:30:33ne sont que
00:30:33dans le sens simple
00:30:35du terme
00:30:35que la caricature
00:30:37c'est-à-dire
00:30:37on charge le trait
00:30:38de quelque chose
00:30:40qui est là
00:30:40et je maintiens
00:30:41le vrai problème
00:30:43c'est l'absence
00:30:43de représentation
00:30:44voilà
00:30:45et quand une société
00:30:46n'est plus
00:30:47quand dans une société
00:30:48le peuple
00:30:49on a peur du mot peuple
00:30:50non il faut être clair
00:30:52le peuple
00:30:52est le fondement même
00:30:53de toute vie en société
00:30:54quand le peuple
00:30:55n'est plus
00:30:57ou ne se sent plus
00:30:58représenté
00:30:59par la classe politique
00:31:01ou même syndicale
00:31:02soyons clairs
00:31:02ben voilà
00:31:03il y a des insurrections
00:31:05excusez-moi chers amis
00:31:06mais je pense que
00:31:07ce genre de révolte
00:31:09va se développer
00:31:10tant que
00:31:10voilà
00:31:13une nouvelle élite
00:31:14puisse remplacer
00:31:16celle qui est là
00:31:17actuellement
00:31:17et qui est défaillante
00:31:18justement
00:31:19Michel Pézoli
00:31:20vous êtes dans les Cévennes
00:31:21vous êtes en ruralité
00:31:23est-ce que
00:31:24le fait que le président
00:31:26de la république
00:31:26ait longtemps
00:31:27ignoré les corps
00:31:29intermédiaires
00:31:29je pense que
00:31:30l'échelon municipal
00:31:31est un corps
00:31:32intermédiaire
00:31:33est-ce qu'on pourrait
00:31:34trouver une solution
00:31:35dans une très forte
00:31:36décentralisation
00:31:37qui fait que
00:31:38si on donnait
00:31:39des pouvoirs aux régions
00:31:40si les municipalités
00:31:42si les maires
00:31:42avaient un peu plus
00:31:43de pouvoir
00:31:44un peu plus
00:31:44de possibilité
00:31:45d'agir sur le quotidien
00:31:47les citoyens
00:31:48par cette proximité
00:31:49institutionnelle
00:31:50se sentiraient mieux
00:31:51représentés
00:31:52que par des représentants
00:31:53qui vont à Paris
00:31:54les sénateurs
00:31:54les députés
00:31:55et ensuite les ministres
00:31:56est-ce qu'il n'y a pas
00:31:57une rupture de distance
00:31:58et est-ce qu'un pouvoir local
00:32:00renforcé par la régionalisation
00:32:01ou par la décentralisation
00:32:03permettrait de soigner
00:32:04cet écart démocratique
00:32:06et de donner conscience
00:32:07aux citoyens
00:32:07et aux citoyens
00:32:08qu'ils ont près d'eux
00:32:09des gens qu'ils peuvent interpeller
00:32:10et avec lesquels
00:32:10ils peuvent parler
00:32:12bien sûr
00:32:13ça fait un accord avec vous
00:32:14si vous voulez
00:32:15étymologiquement
00:32:16politique
00:32:16police
00:32:17c'est la ville
00:32:18tout simplement
00:32:18et donc
00:32:19de plus en plus
00:32:21cette politique
00:32:22s'est déconnectée
00:32:23de la base
00:32:23et ce qui peut être
00:32:25à mon avis
00:32:26ce qui va se développer
00:32:27on peut l'espérer
00:32:27qu'il y ait repos
00:32:29on n'a pas ce concept
00:32:30en français
00:32:30mais il y a un concept
00:32:31de l'école de Palo Alto
00:32:32en Californie
00:32:33proxémie
00:32:33ce qui est proche
00:32:35moi j'ai souvent analysé
00:32:36cette idée
00:32:37le lieu fait lien
00:32:38et le lien social
00:32:40repose sur l'espace
00:32:41sur le lieu
00:32:42que je partage avec d'autres
00:32:43moi dans mon village
00:32:44quand on dit en patois
00:32:45le pays
00:32:45le pays
00:32:46c'est le canton
00:32:48les 4 ou 5 villages autour
00:32:49etc
00:32:49donc ce qui peut être
00:32:51par opposition
00:32:53à la décentralisation
00:32:54par opposition au fait
00:32:55qu'il y a actuellement
00:32:57en France
00:32:57une verticalité
00:32:58un président
00:32:59totalement déconnecté
00:33:00des députés
00:33:01qui sont
00:33:02déconnectés
00:33:03il faut revenir
00:33:04en étymologie
00:33:04excusez-moi
00:33:05c'est la commune
00:33:08c'est la ville
00:33:09c'est la région
00:33:12encore une fois
00:33:13ce que je partage
00:33:13avec d'autres
00:33:14retenez cette idée
00:33:15proxémie
00:33:16pour moi c'est la piste
00:33:17actuellement
00:33:18proxémie
00:33:19si je comprends bien
00:33:20pour vous Michel Maffesoli
00:33:21c'est une des définitions
00:33:22de la démocratie
00:33:23et du sentiment
00:33:24pour le peuple
00:33:25d'être écouté
00:33:26représenté
00:33:26merci Michel Maffesoli
00:33:28d'avoir été avec nous
00:33:29à l'antenne
00:33:29pour votre témoignage
00:33:30et toujours
00:33:30vos analyses
00:33:32qui sont toujours
00:33:33pleines de sagesse
00:33:34à très bientôt
00:33:35sur Sud Radio
00:33:36on continue
00:33:37évidemment à parler
00:33:38de la colère
00:33:39des français
00:33:39il faut savoir
00:33:40qu'Emmanuel Macron
00:33:41s'est exprimé
00:33:42il annonce
00:33:42que seules les manifestations
00:33:44organisées à la demande
00:33:45des syndicats
00:33:45seront autorisées
00:33:46ce samedi
00:33:47ce qui veut dire
00:33:48que toutes les autres
00:33:49seront interdites
00:33:50et dans quelques instants
00:33:51André Bercoff
00:33:51revient également
00:33:53sur Emmanuel Macron
00:33:54qui s'est exprimé
00:33:55sur les manipulations
00:33:57étrangères
00:33:57des événements
00:33:58en France
00:33:59c'est à suivre
00:33:59sur Sud Radio
00:34:00Sud Radio
00:34:04midi 14h
00:34:05Sud Radio
00:34:06la France
00:34:07dans tous ses états
00:34:08vous êtes bien sûr
00:34:09sur Sud Radio
00:34:09il est 12h48
00:34:11vous allez entendre
00:34:12André Bercoff
00:34:12qui va dénoncer
00:34:13ces pays
00:34:14qui se réjouissent
00:34:15des troubles
00:34:16qui se passent en France
00:34:17pour dénigrer
00:34:18notre pays
00:34:19écoutez-le
00:34:19ici Sud Radio
00:34:22les français
00:34:23parlent au français
00:34:25les carottes
00:34:27sont cuites
00:34:28Sud Radio
00:34:29Bercoff
00:34:29dans tous ses états
00:34:30qui en veut
00:34:32à la France
00:34:33qui parle de la France
00:34:35en mauvais terme
00:34:36qui ose dire
00:34:38que la France
00:34:39n'est pas
00:34:40ce pays
00:34:42apaisé
00:34:42cette douce France
00:34:44cher pays
00:34:45de notre enfance
00:34:46qui ose
00:34:47dire le contraire
00:34:48en tout cas
00:34:49heureusement
00:34:50nous avons
00:34:51un président
00:34:52qui rétablit
00:34:53la vérité
00:34:54qui
00:34:54entre
00:34:55une visite
00:34:56à Céline Dion
00:34:57et une autre visite
00:34:59au Qatar
00:34:59pour notre diesel
00:35:01n'hésite pas
00:35:03à rétablir les choses
00:35:04et à remettre
00:35:05l'église
00:35:05au milieu
00:35:06du village
00:35:07écoutez
00:35:08Emmanuel Macron
00:35:09je vais vous dire
00:35:10à date
00:35:10ce que j'ai
00:35:10pour moi
00:35:11il n'y a pas
00:35:12d'ingérence étrangère
00:35:13visible
00:35:14dans les événements
00:35:15qui se sont passés
00:35:16par contre
00:35:17il y a une manipulation
00:35:19étrangère
00:35:19de l'information
00:35:20à la suite
00:35:21ça oui
00:35:21qui a donné lieu
00:35:22à des commentaires
00:35:24inacceptables
00:35:24autant que stupides
00:35:25de la part de beaucoup
00:35:26y compris
00:35:26de dirigeants étrangers
00:35:27c'est à dire
00:35:28qu'on a vu
00:35:28des images
00:35:29d'intelligence artificielle
00:35:30qui ont montré
00:35:32des scènes
00:35:32qui ne se sont jamais
00:35:33passées en France
00:35:33on a des gens
00:35:34qui ont expliqué
00:35:35qu'on avait été envahi
00:35:36par des hordes
00:35:36de migrants
00:35:37et d'islamistes
00:35:37qui est totalement faux
00:35:38vous savez
00:35:39dans ces moments là
00:35:41on voit
00:35:41qui aime la France
00:35:42et qui ne l'aime pas
00:35:43tous les gens
00:35:44qui parlent mal
00:35:44de notre pays
00:35:45en ce moment
00:35:45ce sont des gens
00:35:46qui n'aiment pas
00:35:46notre pays
00:35:47donc ces gens
00:35:48m'indisposent
00:35:49tous les gens
00:35:52qui parlent mal
00:35:52de notre pays
00:35:53n'aiment pas
00:35:54notre pays
00:35:57intéressant ça
00:35:58vous savez
00:35:58il y a beaucoup
00:35:59de français
00:35:59monsieur le président
00:36:00qui ne parlent pas
00:36:01mal du pays
00:36:03mais qui disent
00:36:04qu'au fond
00:36:06qui pensent que
00:36:07toutes les images
00:36:08qu'on a vu
00:36:09c'est de l'intelligence
00:36:11artificielle
00:36:11c'est des images
00:36:13qui se passent ailleurs
00:36:14les commerces
00:36:15éventrés
00:36:16les mairies
00:36:17saccagées
00:36:19ou brûlées
00:36:21ou incendiées
00:36:22les scènes
00:36:24de pillage
00:36:25les scènes
00:36:26magnifiques
00:36:27où tout le monde
00:36:28allait se servir
00:36:28intelligence
00:36:29artificielle
00:36:31les bagarres
00:36:33et les drapeaux
00:36:34un peu partout
00:36:34de beaucoup
00:36:36de pays
00:36:36la France
00:36:37y compris
00:36:38la France
00:36:38y compris
00:36:39il y avait
00:36:39des drapeaux français
00:36:41bien sûr
00:36:41intelligence
00:36:43artificielle
00:36:44tout ce qui se passe
00:36:46depuis quelques jours
00:36:47et depuis d'ailleurs
00:36:48beaucoup plus longtemps
00:36:49intelligence
00:36:51artificielle
00:36:52enfin
00:36:53écoutez
00:36:54on est ravis
00:36:55que vous alliez voir
00:36:56Céline Dion
00:36:56on est ravis
00:36:58que vous alliez
00:36:58au Qatar
00:36:59ou au Koweït
00:37:01nous rapporter
00:37:02du diesel
00:37:02mais en même temps
00:37:04mais de quoi
00:37:05on parle
00:37:06de quoi
00:37:07on parle
00:37:08il paraît
00:37:09on s'est laissé dire
00:37:11que vous vouliez
00:37:12proclamer
00:37:12l'état d'urgence
00:37:13mais que vous
00:37:14la déconseiller
00:37:15eu égard
00:37:16au magnifique
00:37:19magnifique état
00:37:19de la France
00:37:20du point de vue économique
00:37:21on s'est dit
00:37:21non c'est pas le moment
00:37:22de l'état d'urgence
00:37:23mais l'urgence
00:37:25elle est
00:37:25dans la manière
00:37:27dont vous parlez
00:37:27monsieur le président
00:37:28vous savez
00:37:29la vérité
00:37:30ça existe
00:37:31le réel
00:37:32ça existe
00:37:34et aujourd'hui
00:37:35on nous vend
00:37:36du narratif
00:37:37du narratif
00:37:38à tous les étages
00:37:39les pour
00:37:40les contre
00:37:41les extrémistes
00:37:43les gens de droite
00:37:44les gens de gauche
00:37:45etc
00:37:46tout le monde
00:37:47y va son narratif
00:37:48mais on aimerait
00:37:49que vous
00:37:50vous cessiez
00:37:51le narratif
00:37:52pour nous parler
00:37:53du réel
00:37:53et le réel
00:37:55vous savez
00:37:56ce n'est pas
00:37:57l'intelligence artificielle
00:37:58et les images
00:37:59de l'IA
00:38:00le réel
00:38:01c'est se battre
00:38:02non pas
00:38:03contre l'intelligence
00:38:04artificielle
00:38:05mais contre
00:38:06la connerie naturelle
00:38:07on compte sur vous
00:38:08monsieur le président
00:38:10allez à demain
00:38:13voilà
00:38:13vous venez d'entendre
00:38:14André Bercoff
00:38:15et on se souvient
00:38:16de la réplique
00:38:16de François Mitterrand
00:38:17à Valéry Giscard d'Estaing
00:38:18lors du débat
00:38:19du deuxième tour
00:38:20de l'élection 1981
00:38:21vous êtes l'homme
00:38:22du passif
00:38:23avait dit Mitterrand
00:38:24à Giscard
00:38:25nous avons Cédric
00:38:26qui nous appelle
00:38:27de Béziers
00:38:27bonjour
00:38:29Cédric
00:38:29est-ce que
00:38:30les propos
00:38:31du président
00:38:32de la république
00:38:33qui ont un petit peu
00:38:33interpellé André Bercoff
00:38:35vous ont aussi
00:38:35chatouillé
00:38:36je trouve
00:38:38qu'on a un président
00:38:40qui est d'une indécence
00:38:41incroyable
00:38:41qui se permet
00:38:43de dire des choses
00:38:44qui ne sont pas
00:38:45en gros
00:38:46je pense avoir compris
00:38:47qu'il ciblait
00:38:48Donald Trump
00:38:49et Benjamin Netanyahou
00:38:51mais quelque part
00:38:52beaucoup de gens
00:38:53se révoltent
00:38:55et non contents
00:38:55dans les rues
00:38:56mais vont se révolter
00:38:58dans les urnes
00:38:58bientôt
00:38:59et aujourd'hui
00:39:00je dis que ce président
00:39:02il est plus que déconnecté
00:39:04c'est une personne
00:39:05qui devrait prendre
00:39:06sortir la tête haute
00:39:07mais il a un égo
00:39:11tellement surdimensionné
00:39:13qu'il voudra aller
00:39:14jusqu'au bout
00:39:15et je pense
00:39:16c'est mon avis personnel
00:39:17il faut le pousser
00:39:19par la sortie
00:39:19il y a une petite boîte
00:39:21qui est verte
00:39:22avec marqué sortie
00:39:23ou exit
00:39:24il faut qu'il parte
00:39:25parce que c'est quelqu'un
00:39:26qui dit n'importe quoi
00:39:27on l'a bien vu
00:39:28il y a eu des directs
00:39:30donc on ne peut pas dire
00:39:31qu'aujourd'hui
00:39:31il y a des images
00:39:34d'IA
00:39:35qui ont été
00:39:37manipulées
00:39:38pour dire
00:39:39que la France
00:39:40était à feu à sang
00:39:40moi je suis désolé
00:39:41j'ai vu des images
00:39:42j'ai revu des images
00:39:43de Limoges
00:39:44je suis scandalisé
00:39:45parce que
00:39:46on a pu protéger
00:39:47la chocolaterie
00:39:49à la famille Macron
00:39:50mais par contre
00:39:51on n'a pas pu protéger
00:39:51nos institutions
00:39:52je trouve ça
00:39:53d'une aberrance
00:39:54la plus totale
00:39:55et effectivement
00:39:56il y a eu des ordres
00:39:57qui ont été
00:39:58pour que l'on protège
00:40:00certains bâtiments
00:40:02privés
00:40:02de certaines personnes
00:40:04et ça
00:40:05c'est plus possible
00:40:06mais il n'en a pas parlé
00:40:07j'entendais
00:40:08qu'il y avait des personnes
00:40:08qui voulaient poser des questions
00:40:09ils ne répondaient
00:40:10qu'à certaines
00:40:11ces questions
00:40:11et hélas
00:40:12pas aux autres
00:40:13je ne comprends pas
00:40:15je ne comprends pas
00:40:16qu'on ne puisse pas
00:40:17destituer
00:40:18une personne
00:40:19qui est traître
00:40:20c'est une traîtrise
00:40:21de ne pas pouvoir
00:40:21protéger son peuple
00:40:23je vois des gens
00:40:23qui pleurent
00:40:24parce qu'ils n'ont plus
00:40:25de commerce
00:40:25nous sur Bécier
00:40:26sur Montpellier
00:40:27mais ça a été
00:40:28une catastrophe
00:40:29mais je ne comprends pas
00:40:30il est vrai que c'est étonnant
00:40:33que ce soit un président
00:40:33de la république
00:40:34qui aille chercher
00:40:35du carburant
00:40:36même s'il a du prestige
00:40:37et des relations personnelles
00:40:38avec certains chefs d'état
00:40:39en général
00:40:40le fait d'aller chercher
00:40:41de l'énergie
00:40:42est confié soit
00:40:43au chef du gouvernement
00:40:43soit aux ministres concernés
00:40:45ou des affaires étrangères
00:40:46ou de l'industrie
00:40:47là c'est lui-même
00:40:48qui prend ce dossier en main
00:40:50un peu comme s'il allait décider
00:40:52de la taille
00:40:52d'une sous-préfecture
00:40:53ou de la largeur
00:40:54d'une route départementale
00:40:56c'est vrai qu'il aime bien
00:40:57s'occuper de tout
00:40:58deuxièmement
00:40:59effectivement à l'endroit
00:41:00des chefs d'état
00:41:01qui nous ont critiqués
00:41:02si on mettait en boucle
00:41:04les images
00:41:05de ces écoles américaines
00:41:06où un forcené
00:41:07est rentré
00:41:08avec un fusil mitrailleur
00:41:09et a tué
00:41:09des dizaines d'enfants
00:41:10en boucle
00:41:11on pourrait dire
00:41:11que l'Amérique
00:41:13est renversée
00:41:13quant à Netanyahou
00:41:15je pense qu'il a
00:41:15beaucoup beaucoup à faire
00:41:16sur les images
00:41:18de la bande de Gaza
00:41:19et des territoires occupés
00:41:20pour s'occuper
00:41:21de ce qui se passe en France
00:41:22donc on s'est fait donner
00:41:22des leçons
00:41:23par des gens
00:41:23qui n'avaient pas en donné
00:41:25alors ce que dit
00:41:26André Bercoff
00:41:26c'est pour une fois
00:41:27le président de la République
00:41:28a défendu
00:41:30l'image de la France
00:41:32dont il a quand même
00:41:33participé
00:41:34j'allais dire
00:41:34à la déstabilisation
00:41:35ça je pense
00:41:36que vous êtes d'accord
00:41:37tout à fait
00:41:38et puis c'est ni plus
00:41:39ni moins
00:41:40que ce qu'on vit aujourd'hui
00:41:42et ce qu'on va vivre
00:41:42certainement
00:41:43le samedi prochain
00:41:44c'est ni plus ni moins
00:41:46le bilan
00:41:47de sa présidence
00:41:51je ne sais plus
00:41:52je crois qu'on a compté
00:41:527, 8 ou 9
00:41:54ministres
00:41:55de l'éducation nationale
00:41:56mais ce n'est pas possible
00:41:57ce n'est pas possible
00:41:58ce n'est pas visible
00:42:00chacun a voulu mettre
00:42:01sa touche
00:42:02et chacun a voulu
00:42:03faire quelque chose
00:42:03effectivement
00:42:05à un moment donné
00:42:06la mélasse
00:42:07elle est tellement prise
00:42:08que le ciment
00:42:09il a durci
00:42:09on ne peut plus rien faire
00:42:10ce qu'il faut
00:42:11c'est casser
00:42:12et recommencer
00:42:13je crois que c'est
00:42:13la meilleure solution
00:42:14qu'il faut faire aujourd'hui
00:42:15c'est casser
00:42:16les institutions
00:42:17et recommencer à zéro
00:42:19c'est peut-être
00:42:19alors c'est toujours
00:42:20mon avis personnel
00:42:21mais démarrer
00:42:22une 6ème République
00:42:23et changer tout
00:42:24parce qu'il y a des choses
00:42:25qui ne vont pas
00:42:26on ne peut pas mettre
00:42:27dans des endroits
00:42:30stratégiques
00:42:31des socialistes
00:42:32de partout
00:42:33pour bloquer
00:42:34le prochain président
00:42:35ou la prochaine présidente
00:42:36c'est pas possible
00:42:37c'est à dire
00:42:38qu'ils n'ont plus
00:42:39de main prise
00:42:39monsieur Ferrand
00:42:40n'a pas sa place
00:42:41et bien d'autres
00:42:44le président
00:42:45de la Banque de France
00:42:46et toutes ces institutions
00:42:47il a nommé des copains
00:42:49il a nommé des copains
00:42:50et c'est terminé
00:42:51puisque là
00:42:52il va y avoir
00:42:52l'école de la magistrature
00:42:54il va nommer une personne
00:42:55qui va bloquer
00:42:57le système institutionnel
00:42:59de la justice
00:43:00et il y a une phrase
00:43:01qui m'a fait plaisir
00:43:02un jour
00:43:03que j'ai entendu
00:43:03aux Etats-Unis
00:43:04c'est la bonne tenue
00:43:05de la justice
00:43:06est le pilier
00:43:07le plus solide
00:43:08pour un gouvernement
00:43:09quand on a dit ça
00:43:11je crois qu'on a tout dit
00:43:12c'est clair
00:43:12et ça va aussi
00:43:13pour la France
00:43:14merci Cédric
00:43:14pour votre témoignage
00:43:16de Béziers
00:43:17qui est une ville
00:43:18elle aussi confrontée
00:43:20aux difficultés
00:43:21mais dont on voit
00:43:22que la population
00:43:23est consciente
00:43:24et présente sur le terrain
00:43:25pour maintenir
00:43:26les valeurs sociales
00:43:27merci Cédric
00:43:27à très bientôt
00:43:28sortir sereinement
00:43:30vivre ses convictions
00:43:31sans être inquiétés
00:43:32laisser ses enfants
00:43:33grandir sans avoir peur
00:43:34est-il encore possible
00:43:35de vivre en paix
00:43:37en France
00:43:37ce sera le sujet
00:43:38de notre face à face
00:43:39avec Amine El Khatmi
00:43:41auteur du livre
00:43:42avons-nous encore envie
00:43:43de vivre en France
00:43:44aux éditions Fayard
00:43:45et puis nous recevons
00:43:46également Gérald Dondrieux
00:43:47journaliste et co-auteur
00:43:48de Nous les Français
00:43:49chez Robert Laffont
00:43:51et vous vivez-vous
00:43:52encore tranquillement
00:43:53là où vous habitez
00:43:54est-ce que vous avez
00:43:55changé vos habitudes
00:43:56envisagé de déménager
00:43:57voire de quitter la France
00:43:58et bien appelez-nous
00:44:00et dites-nous
00:44:00ce que vous pensez
00:44:01au 0826 300 300
00:44:04Sud Radio
00:44:06parlons vrai
00:44:07Sud Radio
00:44:08la France dans tous ses états
00:44:11le face à face
00:44:12vous êtes bien sur Sud Radio
00:44:14il est 13h04
00:44:15nous restons en édition spéciale
00:44:17liée à cette actualité
00:44:18avec les contre-coups
00:44:20du 17 octobre
00:44:21le traumatisme
00:44:22qui l'a engendré
00:44:23et puis faut-il craindre
00:44:24un 24 octobre
00:44:25encore plus violent
00:44:26et encore plus tendu
00:44:28voilà
00:44:29nous avons l'impression
00:44:30que les pouvoirs publics
00:44:31prennent la chose en main
00:44:32avec des interdictions
00:44:32de manifestation à Lyon
00:44:33à Paris un parcours
00:44:35qui est imposé
00:44:36et peut-être
00:44:37un déploiement de force
00:44:38de l'ordre supérieur
00:44:39et en tout cas mieux géré
00:44:40que ce que ça n'a été
00:44:41le 17 octobre
00:44:41donc nous continuons
00:44:42cette émission spéciale
00:44:44en posant la question
00:44:46fatidique
00:44:47est-il encore possible
00:44:48de vivre en paix
00:44:50en France
00:44:51ou de vivre en France
00:44:52tout simplement
00:44:53alors pour en parler
00:44:54avec nous
00:44:55deux analystes
00:44:56complémentaires
00:44:57ils ne sont pas contradictoires
00:44:58Amine El Khatimi
00:44:59avons-nous encore
00:45:00envie de vivre en France
00:45:02un traité
00:45:03bonjour
00:45:03un document
00:45:04très intéressant
00:45:05bien entendu
00:45:05qui concerne en un premier temps
00:45:07la communauté des juifs de France
00:45:08de ceux qui ont fui
00:45:09on peut dire
00:45:10en Israël
00:45:11considérant qu'aujourd'hui
00:45:12l'antisémitisme
00:45:12était suffisamment violent
00:45:14pour qu'on puisse se poser la question
00:45:15et est-ce qu'on peut
00:45:16que vivre en France
00:45:16mais vous élargissez
00:45:18le problème
00:45:19à la violence
00:45:20dans la société française
00:45:20et au fait que
00:45:22aujourd'hui même
00:45:23des français se posent
00:45:23la question
00:45:24et puis à côté
00:45:26Gérald Dandrieux
00:45:27journaliste
00:45:27et qui a édité
00:45:29et qui a réalisé
00:45:30avec un groupe
00:45:32de collègues
00:45:33Jean-Laurent Casselli
00:45:34Laure Coromine
00:45:35Franck Dedieu
00:45:36Laureline Dupont
00:45:37et Raphaël Durca
00:45:38nous les français
00:45:39qui est
00:45:40un document
00:45:41une synthèse
00:45:42j'allais dire
00:45:43une photographie
00:45:44globale
00:45:45de la situation
00:45:46de la France
00:45:46de l'économie française
00:45:47de la sociologie
00:45:48un document absolument passionnant
00:45:50et vous expliquez
00:45:51que la France
00:45:52nous les français
00:45:52ils sont là
00:45:53ils se débrouillent
00:45:54comme ils peuvent
00:45:55ils se battent
00:45:55ils résistent
00:45:56ils essaient de construire
00:45:57quelquefois ils gagnent
00:45:58quelquefois ils perdent
00:45:58mais en tout cas
00:45:59ils ont envie
00:46:00de vivre en France
00:46:01Amine El Khatmi
00:46:03les scènes que l'on a vues
00:46:04là le 17 octobre
00:46:06on sait à quel point
00:46:07l'antisémitisme
00:46:08depuis la tragédie
00:46:09du 7 octobre
00:46:10depuis la politisation
00:46:12de cet antisémitisme
00:46:13cette récupération
00:46:14par une partie
00:46:15de la gauche
00:46:16et de l'extrême-lauche française
00:46:17sur des arguments
00:46:18très idéologiques
00:46:19absolument
00:46:20noséabons
00:46:20à provoquer
00:46:21un traumatisme
00:46:22et une crainte énorme
00:46:23chez nos compatriotes
00:46:24de confession juive
00:46:25les images que vous avez vues
00:46:27le 17 octobre
00:46:28peuvent élargir la crainte
00:46:29à des gens
00:46:29qui ne sont pas juifs
00:46:30ou qui n'ont pas
00:46:31une confession particulière
00:46:32de dire que ce pays
00:46:33est devenu un pays
00:46:34où les barbares
00:46:34peuvent saccager une ville
00:46:36sans la défense
00:46:37des pouvoirs publics
00:46:38ça fait peur ?
00:46:39Oui bien sûr
00:46:40et c'est vrai que
00:46:42une question
00:46:43qui était
00:46:44une question communautaire
00:46:46au sens où
00:46:47elle concernait
00:46:47une partie
00:46:48de la population française
00:46:49et effectivement
00:46:50les français
00:46:51de confession juive
00:46:52qui ces dernières années
00:46:54et singulièrement
00:46:55depuis le 7 octobre
00:46:562023
00:46:57depuis le pogrom
00:46:58en Israël
00:46:59ont vu
00:47:00disons
00:47:01un vieil antisémitisme
00:47:03historique
00:47:04d'extrême-droite
00:47:05qu'on connaît
00:47:07qui s'exprimait
00:47:07dans un certain nombre
00:47:08de torchons
00:47:09comme Rivarol
00:47:10ou via des groupuscules
00:47:13de l'extrême-droite
00:47:13française
00:47:14et qui est passé
00:47:16à un nouvel antisémitisme
00:47:17alimenté
00:47:18par
00:47:18essentiellement
00:47:20la France insoumise
00:47:21si bien que
00:47:22nous assistons
00:47:23à un retournement
00:47:24assez spectaculaire
00:47:25d'une communauté juive
00:47:26qui considère désormais
00:47:27un parti de gauche
00:47:28ou d'extrême-gauche
00:47:29plus dangereux
00:47:30que le Rassemblement National
00:47:32qui est pourtant
00:47:32historiquement
00:47:33un parti
00:47:34qui était
00:47:34et notamment
00:47:35par la voix
00:47:36de Jean-Marie Le Pen
00:47:36antisémite
00:47:37et ce retournement
00:47:38il a notamment été incarné
00:47:40par les Klarsfeld
00:47:41qui ne sont quand même
00:47:42pas soupçonnables
00:47:43d'être d'accointance
00:47:44d'extrême-droite
00:47:45leur vie par le pour eux
00:47:46ni Serge
00:47:46ni Arnaud
00:47:47et qui ont expliqué
00:47:51depuis le 7 octobre
00:47:52que désormais
00:47:53entre Le Pen
00:47:54et Mélenchon
00:47:55ils voteraient Le Pen
00:47:56et qu'ils considéraient
00:47:57que Le Pen
00:47:57les protégerait plus
00:47:59et donc cette question
00:48:00du départ
00:48:00qui n'est pas qu'une question
00:48:01qui est une réalité
00:48:02on a eu un salon de l'Alias
00:48:03il y a une semaine
00:48:04qui a battu des records
00:48:05de fréquentation
00:48:06l'Alias est un rituel
00:48:07qui convient
00:48:08aux valeurs de la Torah
00:48:09on va vers Arez
00:48:10vers le pays
00:48:11là c'est plus de l'Alias
00:48:12c'est de la fuite
00:48:14c'est une fuite
00:48:14et le paradoxe
00:48:15absolument saisissant
00:48:16c'est que des gens
00:48:17considèrent
00:48:18que dans un pays
00:48:19qui est sous une pluie
00:48:20de drones et de missiles
00:48:21en guerre
00:48:22avec des voisins
00:48:23qui veulent sa perte
00:48:23ils seront quand même
00:48:24plus en sécurité
00:48:25que dans un pays
00:48:26qui est supposé être en paix
00:48:27la France
00:48:28c'est un paradoxe
00:48:31totalement fou
00:48:32et donc cette question
00:48:33elle déborde désormais
00:48:35la communauté juive
00:48:36avec effectivement
00:48:37des gens
00:48:37et notamment
00:48:38la jeune génération
00:48:39on a 8 jeunes français
00:48:41sur 10
00:48:42qui envisage
00:48:44un possible départ
00:48:45alors évidemment
00:48:45tous ne partiront pas
00:48:46tous
00:48:48ne sont pas
00:48:49au même niveau
00:48:50de réflexion
00:48:51mais le fait
00:48:52que la génération
00:48:53sur laquelle
00:48:54doit reposer l'avenir
00:48:55soit aussi massivement
00:48:56persuadée
00:48:57que précisément
00:48:57son avenir est ailleurs
00:48:58est un motif d'inquiétude
00:48:59pour le pays
00:49:00je connais des français
00:49:01des religions juives
00:49:02qui ont dit
00:49:03en voyant les images
00:49:04du 17 octobre
00:49:05c'est la même violence
00:49:07que c'est moins les morts
00:49:08évidemment moins les atrocités
00:49:09mais la violence
00:49:09et la haine
00:49:10qui était
00:49:11nous a fait penser
00:49:12à un moment donné
00:49:12que même dans ce pays
00:49:13on pouvait
00:49:14subir ce genre
00:49:16de...
00:49:16Bien sûr
00:49:16quand vous avez des gens
00:49:18qui rentrent
00:49:18dans les halls d'immeubles
00:49:20on a eu des témoignages
00:49:21où des appartements
00:49:22ont été visités
00:49:23on se dit
00:49:24que la première étape
00:49:25ça peut être
00:49:25effectivement
00:49:26un mini 7 octobre
00:49:27et c'est d'ailleurs
00:49:28un scénario
00:49:28qui est envisagé
00:49:30par les services
00:49:31de renseignement
00:49:32de manière assez sérieuse
00:49:33effectivement
00:49:33une attaque
00:49:34qui pourrait viser
00:49:35un quartier communautaire
00:49:36enfin un quartier
00:49:37où on sait
00:49:38par exemple
00:49:38dans le 17ème arrondissement
00:49:39la communauté juive
00:49:40est très présente
00:49:41on peut imaginer
00:49:42que des gens
00:49:43alors pas des pilleurs
00:49:44ou des manifestants
00:49:45mais des gens
00:49:45des terroristes
00:49:46puissent aller
00:49:47chez des gens
00:49:48de confession juive
00:49:50pour s'en prendre à eux
00:49:51Gérald Landrieu
00:49:52vous avez traversé
00:49:53la France à pied
00:49:54vous en avez fait
00:49:55un très bel ouvrage
00:49:57très belle photographie
00:49:59une très belle sociologie
00:50:00de la France
00:50:00donc vous la connaissez bien
00:50:01là avec nous les français
00:50:03vous l'avez étudié
00:50:04sous ses aspects
00:50:04sociologiques
00:50:05économiques
00:50:06voilà
00:50:06vous avez vu
00:50:07les images
00:50:08du 17 octobre
00:50:08c'est quand même
00:50:09quelque chose d'inédit
00:50:10la tension sociale
00:50:11vous la connaissez
00:50:12la fracture sociale
00:50:13vous l'avez mesurée
00:50:14les confrontations politiques
00:50:15y compris dans la violence
00:50:16verbale et idéologique
00:50:18vous la connaissez
00:50:18là ce que vous avez vu
00:50:20c'est un seuil de franchie
00:50:21moi il y a plusieurs choses
00:50:23qui à mon avis
00:50:25resteront dans les mémoires
00:50:26d'abord les images
00:50:27de la mairie de Limoges
00:50:29sous les flammes
00:50:30avec le beffroi
00:50:31qui s'effondre
00:50:32et qui n'est pas sans rappeler
00:50:33l'effondrement
00:50:34suite au feu
00:50:36à l'incendie
00:50:36qui lui n'avait rien de criminel
00:50:37visiblement
00:50:38de Notre-Dame
00:50:39et ces images heurtent
00:50:41parce que ça veut dire
00:50:42que quelque part
00:50:43la France
00:50:44et la République
00:50:45pour moi ce sont
00:50:46deux choses intimement liées
00:50:48se sont effondrées
00:50:49en partie
00:50:50le 17 octobre
00:50:51alors pas totalement
00:50:52mais quand même
00:50:54ça veut dire
00:50:54que l'État
00:50:55n'a pas été en mesure
00:50:56déjà de se protéger
00:50:57lui-même
00:50:57on a appris par la suite
00:50:59qu'il y avait
00:50:59des défauts de munitions
00:51:00que les forces de l'ordre
00:51:02à Limoges
00:51:03en ont manqué
00:51:04et ça veut aussi dire
00:51:05que l'État
00:51:06n'est pas en capacité
00:51:07de protéger les Français
00:51:08puisqu'on a vu
00:51:08effectivement
00:51:09des gens
00:51:10devoir protéger
00:51:11leurs biens
00:51:11leur appartement
00:51:12et aussi
00:51:13leur commerce
00:51:14faire barrage
00:51:14de leur corps
00:51:15ça c'est très inquiétant
00:51:16ça veut dire aussi
00:51:17que les Français
00:51:18c'est documenté
00:51:19dans notre livre
00:51:19depuis quelques années
00:51:20se replient sur
00:51:22une pratique
00:51:23qui est
00:51:23l'autodéfense
00:51:24quand vous voyez
00:51:25depuis 2014
00:51:26vous avez plus de 70%
00:51:27d'adhérents
00:51:28à la Fédération Française
00:51:29de tir
00:51:30alors évidemment
00:51:31les attentats
00:51:32islamistes
00:51:33sont passés par là
00:51:34mais ça veut dire
00:51:34que les Français
00:51:35n'ont plus confiance
00:51:36dans les forces de l'ordre
00:51:37et l'État
00:51:37pour se protéger
00:51:38il y a aussi
00:51:39une augmentation
00:51:40de la pratique
00:51:41de cours d'autodéfense
00:51:42comme le Krav Maga
00:51:43il y a un million
00:51:44les ventes d'armes
00:51:45qui sont en train
00:51:45d'exploser
00:51:46évidemment
00:51:46mais c'est un mécanisme
00:51:47en fait
00:51:48on a l'impression
00:51:48que le 17 octobre
00:51:49fait JIR ça
00:51:50en fait
00:51:50c'est très présent
00:51:51en France
00:51:51depuis longtemps
00:51:52et ça devrait
00:51:53nous inquiéter
00:51:54nous républicains
00:51:54de se dire
00:51:55en fait
00:51:55les gens n'ont plus
00:51:56confiance
00:51:56dans ce système
00:51:57et dans cet État français
00:51:58pour les protéger
00:52:02Amine El Khatmi
00:52:03il y a quand même
00:52:04de bonnes raisons
00:52:04de rester en France
00:52:05quand même
00:52:05pour ceux qui croient
00:52:06cette république
00:52:07oui mais encore faut-il
00:52:08que le pays
00:52:09enfin en tout cas
00:52:10ceux qui sont
00:52:10à la tête du pays
00:52:12arrivent à convaincre
00:52:13les citoyens
00:52:14qu'il y a de bonnes raisons
00:52:16de rester en France
00:52:16et force est de constater
00:52:18que pour l'instant
00:52:19le message qui est envoyé
00:52:20n'est pas sûr
00:52:20cette faille
00:52:21elle peut se résorber
00:52:22les juifs peuvent
00:52:23à un moment donné
00:52:24les juifs français
00:52:24se sentir protégés
00:52:25si la classe politique
00:52:26et les gouvernants
00:52:27prennent une disposition
00:52:28adéquate
00:52:28on est d'accord
00:52:29c'est pas impossible
00:52:30bien sûr
00:52:31encore faut-il
00:52:31qu'ils le fassent
00:52:32et là
00:52:36la faiblesse
00:52:38d'abord
00:52:38le sentiment
00:52:39chez les français
00:52:40que l'État
00:52:40est incapable
00:52:41l'impuissance
00:52:43de l'État
00:52:43à régler
00:52:45ses problèmes
00:52:46l'idée
00:52:47qui n'est pas seulement
00:52:48une idée
00:52:49populiste
00:52:49ou de je ne sais
00:52:52quel démagogue
00:52:52que la justice
00:52:53ne juge pas sévèrement
00:52:54donc on est dans un pays
00:52:55où il y a un sentiment
00:52:57d'impunité
00:52:57qui fait que
00:52:58effectivement
00:52:59l'absence
00:52:59de décision
00:53:01stricte
00:53:01et donc dissuasive
00:53:03incite à recommencer
00:53:04je cite souvent
00:53:05cet exemple
00:53:06d'un pays
00:53:07que j'aime beaucoup
00:53:07en l'occurrence
00:53:08que je cite dans le livre
00:53:09le Maroc
00:53:10où l'été dernier
00:53:12un jeune français
00:53:13franco-marocain
00:53:14qui était en vacances
00:53:15à Marrakech
00:53:15qui commet un refus
00:53:17d'obtempérer
00:53:17et condamné
00:53:18à 4 ans
00:53:18de prison ferme
00:53:19alors oui
00:53:20on peut trouver
00:53:20que c'est peut-être
00:53:21excessif
00:53:22beaucoup 4 ans
00:53:22en prison
00:53:23pour un refus
00:53:23d'obtempérer
00:53:24mais en l'occurrence
00:53:25cette décision
00:53:25a un caractère
00:53:26dissuasif
00:53:27parce qu'elle envoie
00:53:27un message aux autres
00:53:28en leur disant
00:53:29si toi tu fais ça
00:53:30tu vas aussi
00:53:30prendre 4 ans ferme
00:53:31et donc ça n'incite pas
00:53:32à faire ça
00:53:33lorsque ce matin
00:53:35le préfet de police
00:53:37Patrice Fort
00:53:38dit que les commerçants
00:53:39doivent prendre
00:53:40leur propre disposition
00:53:41pour assurer leur sécurité
00:53:44France très dangereuse
00:53:45France très dangereuse
00:53:46comment on l'interprète ?
00:53:47à la fois dangereuse
00:53:48et à la fois terrible
00:53:49parce que
00:53:50il y a un pacte de confiance
00:53:51entre les citoyens
00:53:52et l'Etat
00:53:53l'Etat
00:53:54le citoyen fait confiance
00:53:56à l'Etat
00:53:56pour le protéger
00:53:57l'Etat
00:53:57est exclusivement titulaire
00:54:00de la force légitime
00:54:01donc c'est à lui
00:54:02qu'on reconnaît
00:54:02le droit d'utiliser la force
00:54:04et là le représentant
00:54:05d'un Etat
00:54:05et qui plus est
00:54:06par excellence
00:54:07un préfet
00:54:08qui représente
00:54:09l'autorité de l'Etat
00:54:10dit
00:54:10bah écoutez
00:54:11c'est à vous aussi
00:54:12de prendre vos dispositions
00:54:13c'est une faillite majeure
00:54:14Gérald Landrieu
00:54:15vous sentez qu'il y a
00:54:16aujourd'hui
00:54:16des commerçants
00:54:17des français
00:54:18qui se disent
00:54:19devant la défaillance
00:54:21de la République
00:54:22je vais assurer
00:54:23ma propre défense
00:54:24alors
00:54:25on a vu les images
00:54:26on a vu les témoignages
00:54:27c'est évident
00:54:28mais je ne vais pas être
00:54:29l'angélique de service
00:54:30et celui qui va essayer
00:54:31de positif
00:54:31et à tout prix
00:54:32mais on a vu quand même
00:54:33une sorte de contre-mouvement
00:54:35le commerçant est devenu
00:54:36une figure d'empathie
00:54:37dans le pays
00:54:38puisqu'ils ont été attaqués
00:54:39on sent quand même
00:54:40il y a des collectes
00:54:41qui ont été mises en place
00:54:42on voit que des gens
00:54:43sont allés aider
00:54:44d'eux-mêmes
00:54:44à réparer certains commerces
00:54:46les vitrines etc
00:54:46et quelque part
00:54:48c'est une sorte de sursaut
00:54:49de la France
00:54:50celle qu'on appelait
00:54:51la France qui se lève
00:54:52de même que des policiers
00:54:53ont été soutenus
00:54:53par des pétitions
00:54:55et des collectes
00:54:56donc ça veut quand même dire
00:54:57que ce qui nous lie
00:54:59n'est pas totalement déchiré
00:55:00pas encore
00:55:01alors c'est les prémices
00:55:02de quelque chose
00:55:02qui est vraiment redoutable
00:55:04pas du tout enviable
00:55:04ce qu'on a vu le 17 octobre
00:55:06mais ce pays
00:55:07est encore solide
00:55:08sur d'autres choses
00:55:09l'état lui
00:55:10n'a pas été très solide
00:55:11mais on voit bien
00:55:11que les français
00:55:12n'ont pas envie
00:55:13que tout parte à volo
00:55:15vous restez avec nous
00:55:16bien sûr
00:55:17alors est-il encore possible
00:55:18de vivre en paix en France
00:55:20et vous
00:55:20qu'est-ce que vous en pensez
00:55:21dites-le nous
00:55:22en nous appelant
00:55:23au 0826 300 300
00:55:24nous en discutons
00:55:25avec Amine Elketmi
00:55:26essayiste et auteur
00:55:27de avons-nous encore
00:55:28envie de vivre en France
00:55:30et Gérald Dandrieux
00:55:31journaliste
00:55:32et auteur de
00:55:32nous les français
00:55:33aux éditions Robert Leff
00:55:45Vous êtes bien sûr
00:55:46Sud Radio
00:55:47il est 13h18
00:55:47nous sommes toujours
00:55:48en édition spéciale
00:55:49bien entendu
00:55:50appelez-nous au 0126 300 300
00:55:52Manuel Galasso est là
00:55:53et je sais que vous avez
00:55:54besoin de réagir
00:55:55et de participer
00:55:56à ce débat
00:55:57nous recevons Amine Elketmi
00:55:58avons-nous encore
00:55:59envie de vivre en France
00:56:00dit-il
00:56:00dans un livre
00:56:01édité chez Fayard
00:56:02et Gérald Dandrieux
00:56:03nous les français
00:56:03racontez la France
00:56:04comme les politiques
00:56:05ne le feront jamais
00:56:06en infographie
00:56:07et en images
00:56:07nous débattons
00:56:08sur le fait de savoir
00:56:09est-ce qu'on peut
00:56:10il est encore possible
00:56:11de vivre en paix en France
00:56:12Anissa
00:56:13il y a des gens
00:56:13qui ont déjà décidé
00:56:15de partir dans l'histoire
00:56:16et sous des formes différentes
00:56:18alors sous des formes différentes
00:56:20effectivement
00:56:20posons-nous la question
00:56:21quitter la France au quai
00:56:22mais combien sont-ils
00:56:23ou vont-ils
00:56:23et surtout pourquoi
00:56:24alors on compte
00:56:25environ 2 millions et demi
00:56:26de français
00:56:26qui vivent à l'étranger
00:56:27selon les sources
00:56:29du ministère
00:56:31des affaires étrangères
00:56:32parmi eux
00:56:32vous avez
00:56:331 800 000 inscrits
00:56:36auprès des consulats
00:56:36fin 2025
00:56:37il faut savoir
00:56:38que l'inscription
00:56:38est facultative
00:56:39ce qui vous permet
00:56:40d'avoir cet écart là
00:56:41alors maintenant
00:56:42où vivent-ils
00:56:42dans le classement consulaire
00:56:44publié pour 2024
00:56:455 pays arrivent en tête
00:56:47la Suisse
00:56:48les Etats-Unis
00:56:48le Royaume-Uni
00:56:49la Belgique
00:56:50et le Canada
00:56:50et près de la moitié
00:56:52des inscrits
00:56:52résident en Europe
00:56:53alors pourquoi part-on
00:56:55voilà
00:56:55le coeur du sujet
00:56:57les raisons sont multiples
00:56:58dans une consultation
00:56:59menée en 2020
00:57:00par la banque transatlantique
00:57:01Opinionway
00:57:02et l'union des français
00:57:03de l'étranger
00:57:0439% des répondants
00:57:06évoquaient une opportunité
00:57:07professionnelle
00:57:0825% l'amour
00:57:09et 23%
00:57:10la découverte
00:57:11d'une autre culture
00:57:12c'est une photographie
00:57:14des personnes interrogées
00:57:15à l'époque
00:57:15qui montre la diversité
00:57:16des parcours
00:57:17donc ça c'est pour ceux
00:57:17qui quittent la France
00:57:18et puis il y a ceux
00:57:19qui la fuient
00:57:20et là c'est le deuxième volet
00:57:21qui est lui
00:57:22plutôt sécuritaire
00:57:23on retrouve par exemple
00:57:24des français à Dubaï
00:57:25on les entend beaucoup
00:57:27par ailleurs
00:57:27qui racontent apprécier
00:57:29de pouvoir sortir
00:57:29plus sereinement
00:57:30de moins craindre le vol
00:57:32ou le harcèlement
00:57:33et puis il y avait
00:57:34des témoignages par exemple
00:57:35que j'ai retrouvé
00:57:35dans un reportage
00:57:36du journal du dimanche
00:57:37publié déjà
00:57:38en novembre 2024
00:57:39et qui évoquaient
00:57:40ce sentiment
00:57:41de se retrouver
00:57:42aussi en sécurité
00:57:43et une opinion
00:57:45d'ailleurs partagée
00:57:46dans une autre enquête
00:57:47internationale
00:57:48Expat Insider
00:57:49qui parlait
00:57:50en 2025
00:57:51qui parlait
00:57:52des Émirats Arabes Unis
00:57:53et de ce sentiment
00:57:53de sécurité
00:57:54qu'ils apportaient
00:57:54en l'occurrence
00:57:55en trop trop français
00:57:56donc ça c'est l'appréciation
00:57:58des expatriés
00:57:59ceci étant dit
00:58:00il faut également
00:58:00et vraiment souligner
00:58:02l'antisémitisme
00:58:04qui peut aussi peser
00:58:05dans la décision de partir
00:58:06une enquête européenne
00:58:08menée avant
00:58:09avant le 7 octobre
00:58:10je précise
00:58:112023 montrait
00:58:12que 44%
00:58:12des répondants
00:58:13juifs
00:58:14en France
00:58:15avaient envisagé
00:58:16d'émigrer
00:58:16par crainte
00:58:17pour leur sécurité
00:58:18en 2025
00:58:19environ 3300 personnes
00:58:21sont effectivement
00:58:22parties de France
00:58:23pour Israël
00:58:24alors même si on ne peut
00:58:25pas affirmer absolument
00:58:26que tous ces départs
00:58:27ne sont motivés
00:58:27que par l'antisémitisme
00:58:29l'antisémitisme
00:58:30en fait quand même partie
00:58:31merci Anissa
00:58:32Gérald Andrieu
00:58:33il y a plusieurs raisons
00:58:34de partir de France
00:58:35soit qu'on a peur
00:58:36qu'on soit en sécurité
00:58:37mais il y a aussi
00:58:37des entrepreneurs
00:58:39ou des jeunes
00:58:39qui se disent
00:58:40l'herbe est un peu
00:58:41plus verte ailleurs
00:58:42les contraintes fiscales
00:58:43les contraintes administratives
00:58:45fait qu'on peut aller
00:58:47voir ailleurs
00:58:47est-ce que la France
00:58:48a perdu de son attractivité
00:58:50malgré le fait
00:58:51qu'on a aussi
00:58:52des médecins
00:58:52dont on dit
00:58:53il serait mieux
00:58:53en Tunisie
00:58:54et dans certains pays
00:58:55alors qu'on dépeuple
00:58:56justement des étudiants
00:58:57qui viennent en France
00:58:58mais il y a des français
00:58:59qui disent
00:59:00moi la France
00:59:00je ne vois plus
00:59:01l'intérêt d'y aller
00:59:02écoutez c'est la fameuse
00:59:03figure de
00:59:04c'est Nicolas Kippé
00:59:06on l'étudie dans le livre
00:59:08il y a ce qu'on appelle
00:59:09le ras-le-bol fiscal
00:59:09on peut y adhérer
00:59:10à cette idée ou pas
00:59:11mais il se trouve
00:59:12que c'est quand même
00:59:12assez répandu
00:59:13chez les français
00:59:14et ça revient en fait
00:59:15au début
00:59:16de notre conversation
00:59:17sur les capacités
00:59:18de l'état
00:59:19là on le voit
00:59:20le 17 octobre
00:59:20l'état s'est effondré
00:59:21mais les gens
00:59:22ont le sentiment
00:59:22de donner beaucoup
00:59:23beaucoup d'argent
00:59:24pour un état
00:59:24qui est peu efficace
00:59:26et en l'occurrence là
00:59:26l'efficacité première
00:59:28d'un état
00:59:28ça consisterait
00:59:29à offrir la sécurité
00:59:30à ses concitoyens
00:59:32ça n'a pas été le cas
00:59:33le 17 octobre
00:59:34mais j'écoutais là
00:59:35les raisons de partir
00:59:36effectivement
00:59:37certains veulent
00:59:37retrouver l'amour
00:59:39voyager
00:59:39un peu d'exotisme
00:59:40et la question sécuritaire
00:59:41entre en ligne de compte
00:59:42on étudie un autre sujet
00:59:44dans le livre
00:59:44c'est pourquoi les français
00:59:45désormais se replient
00:59:45sur l'école privée aussi
00:59:47pourquoi ils abandonnent
00:59:48l'école publique
00:59:48et là aussi
00:59:49c'est une défaillance
00:59:50de l'état
00:59:50parce qu'en tête de classement
00:59:52des raisons
00:59:53d'aller à l'école privée
00:59:54alors évidemment
00:59:55il y a l'enseignement
00:59:56les compétences
00:59:57le savoir
00:59:58les connaissances
01:00:00mais en fait
01:00:01le fait religieux
01:00:01arrive en neuvième position
01:00:02désormais
01:00:03c'est plus le fait
01:00:04simplement des CSP plus
01:00:05et la question
01:00:06de la sécurité
01:00:07de l'ordre
01:00:08de l'autorité
01:00:08qui est exercée
01:00:09dans les établissements privés
01:00:10à contrario
01:00:11de ce qu'il serait pratiqué
01:00:12dans les établissements
01:00:14publics
01:00:14ça fait partie
01:00:15des raisons
01:00:16pour lesquelles
01:00:16les parents vont choisir
01:00:17ce genre d'établissement
01:00:19ne serait-ce que la transmission
01:00:20des valeurs
01:00:20on considère qu'elles sont
01:00:21mieux transmises
01:00:22dans les établissements privés
01:00:23les valeurs civiques
01:00:24de la république
01:00:25que dans certains lycées
01:00:26potentiellement
01:00:27il y a des parents
01:00:27qui font ce choix
01:00:28donc première étape
01:00:29on va dans l'école privée
01:00:30deuxième étape
01:00:31on quitte le pays
01:00:33c'est très juste
01:00:34on s'assemble
01:00:36d'un processus tragique
01:00:36Amin El Khatmi
01:00:37pourtant vous connaissez aussi
01:00:38des gens qui sont confrontés
01:00:40à l'angoisse
01:00:41à la terreur
01:00:41et qui décident
01:00:42de rester en France
01:00:45et d'autres
01:00:45qui ne sont pas
01:00:46juifs
01:00:47ou qui ne sont pas concernés
01:00:48et qui disent
01:00:49si vous vous partez
01:00:50moi je m'en vais aussi
01:00:51vous citez la phrase
01:00:53d'Emmanuel Valls
01:00:53qui dit
01:00:54les juifs de France
01:00:55sans les juifs de France
01:00:56la France ne serait plus
01:00:57la France
01:00:57c'est le discours prononcé
01:00:58après les attentats
01:00:59de 2015
01:00:59mais il y a des gens
01:01:00malgré tout
01:01:01il y a des français malheureux
01:01:02juifs ou pas juifs
01:01:03qui se disent
01:01:04je reste
01:01:05parce que c'est mon pays
01:01:05c'est un sentiment patriotique
01:01:07louable
01:01:07oui
01:01:08oui alors il y a aussi
01:01:09ceux qui ne peuvent pas partir
01:01:10parce que partir
01:01:11c'est quand même pas
01:01:12on ne peut pas quitter
01:01:13un pays comme ça
01:01:13du jour au lendemain
01:01:15y compris des français juifs
01:01:17qui disent
01:01:19mais moi je n'ai pas de lien
01:01:19avec Israël
01:01:20je n'y connais personne
01:01:23j'ai mes enfants ici
01:01:25j'aime ce pays
01:01:26et donc
01:01:28même si c'est difficile
01:01:29je ne peux pas matériellement
01:01:31quitter la France
01:01:32donc il y a aussi
01:01:32ce phénomène là
01:01:34et donc
01:01:35quand on ne peut pas
01:01:36partir à l'étranger
01:01:37on se replie
01:01:38c'est un phénomène
01:01:39qu'on a vu
01:01:39de manière très précise
01:01:41des français juifs
01:01:43ont quitté massivement
01:01:44des villes de banlieue
01:01:44pour aller se regrouper
01:01:46dans un certain nombre
01:01:47de communes
01:01:48alors soit
01:01:49dans Paris
01:01:50j'ai cité tout à l'heure
01:01:51le 17ème
01:01:52soit autour de Paris
01:01:53Saint-Mandé
01:01:54Vincennes
01:01:54le Valois-Péret
01:01:55pour espérer
01:01:56à défaut de partir
01:01:58à l'étranger
01:01:58en se regroupant
01:02:00dans les mêmes zones
01:02:00pouvoir assurer
01:02:02une forme
01:02:02de sécurité
01:02:03donc oui
01:02:04c'est ce que j'appelle
01:02:05l'allia intérieur
01:02:06et qui ne concerne pas
01:02:07que les juifs
01:02:09par ailleurs
01:02:10Amine El Khatmi
01:02:11je vais vous prendre
01:02:11un contre-pied
01:02:12est-ce que vous pourriez
01:02:13me donner
01:02:14quelques raisons
01:02:15quelques arguments
01:02:16suffisants
01:02:17pour expliquer
01:02:17qu'il y a quand même
01:02:19des espoirs
01:02:20de rester
01:02:20alors des espoirs
01:02:21des raisons
01:02:21il faut quand même
01:02:22rester en France
01:02:23chacun fait son choix
01:02:24est-ce que vous voyez
01:02:26encore dans la France
01:02:28alors vous allez me dire
01:02:28si elle est correctement gérée
01:02:30et d'administrée
01:02:30voilà
01:02:31est-ce que la France
01:02:32reste encore un pays
01:02:33où on peut considérer
01:02:35qu'à défaut
01:02:36il fait bon vivre
01:02:37on peut
01:02:38on peut vivre
01:02:39oui bien sûr
01:02:40on peut devenir un citoyen
01:02:42on peut devenir
01:02:42bien sûr
01:02:43j'aurais pas écrit ce livre
01:02:44si j'étais vraiment désespéré
01:02:46au point
01:02:47de ne plus y croire du tout
01:02:48c'est quand même
01:02:49un grand et beau pays
01:02:50malgré tout
01:02:51je vais enfoncer
01:02:52des portes ouvertes
01:02:52mais c'est un
01:02:53la France est un beau pays
01:02:54ça lui fait du bien
01:02:54oui c'est un beau pays
01:02:56vous savez
01:02:56moi j'ai beaucoup aimé
01:02:57le message du président
01:02:58du Salvador
01:03:00Boukele
01:03:00qui a fait un tweet
01:03:01en disant
01:03:02oui mais son message
01:03:04était magnifique
01:03:05il a dit
01:03:06on a réussi
01:03:07à nous en sortir
01:03:09en ayant beaucoup moins
01:03:10de ressources
01:03:10que la France
01:03:11on l'a fait
01:03:12en peu de temps
01:03:13et donc vous
01:03:14avec ce qu'est la France
01:03:17ce qu'elle a de ressources
01:03:18ce qu'elle a de moyens
01:03:19vous pouvez vous en sortir
01:03:20beaucoup plus rapidement
01:03:21que nous
01:03:21mais ça suppose
01:03:22de prendre des décisions
01:03:23des décisions
01:03:25importantes
01:03:26radicales
01:03:27ça suppose
01:03:28pardon
01:03:28parce que l'éléphant
01:03:29dans la pièce
01:03:30depuis le 17 octobre
01:03:32l'éléphant
01:03:33autour duquel
01:03:34tout le monde tourne
01:03:35sans forcément
01:03:36se jeter dessus
01:03:37c'est quand même
01:03:37le débat
01:03:38sur la jeunesse
01:03:39issue de l'immigration
01:03:39parce que pardon
01:03:41alors on peut après
01:03:42dire
01:03:42on va y venir
01:03:44moi c'est un débat
01:03:45que j'ai posé
01:03:48voilà c'est un débat
01:03:49que j'ai posé
01:03:50pourquoi est-ce que
01:03:51aujourd'hui
01:03:52on a de jeunes gens
01:03:53qui sont nés en France
01:03:54qui ont grandi en France
01:03:56et qui ont un tel
01:03:57ressentiment
01:03:58à l'égard du pays
01:03:59sur lequel ils sont nés
01:04:00les frères Kouachi
01:04:01et Mohamed Mérin
01:04:01ont été élevés
01:04:02sur les grandes écoles
01:04:03françaises
01:04:03bien sûr
01:04:03et donc
01:04:04c'est raté
01:04:05voilà
01:04:05donc ça nous pose
01:04:07un petit sujet
01:04:08pour l'avenir
01:04:09quand même
01:04:09Gérald Andrieux
01:04:11nous les français
01:04:12racontez la France
01:04:12comme les politiques
01:04:13ne le feront jamais
01:04:14vous n'y racontez pas
01:04:15que des choses heureuses
01:04:16vous racontez
01:04:18la réalité du pays
01:04:19il y a quand même
01:04:20une énergie
01:04:21il y a quand même
01:04:22une envie de travailler
01:04:23ici
01:04:23de s'en sortir
01:04:24et avec des ressources
01:04:26prodigieuses
01:04:26oui c'est évident
01:04:28il se trouve
01:04:29qu'une France
01:04:30qui n'a pas été montrée
01:04:31sur les écrans
01:04:33depuis le 17 octobre
01:04:35c'est la France
01:04:36qui a envie
01:04:36de vivre paisiblement
01:04:37et qui souhaite
01:04:38un avenir
01:04:39serein et réjouissant
01:04:40elle est majoritaire
01:04:41c'est pour ça
01:04:43que le pays
01:04:43tient encore
01:04:44mais je voudrais revenir
01:04:45sur cette idée
01:04:46d'exil intérieur
01:04:47vous avez raison
01:04:48plusieurs concitoyens
01:04:49de confession juive
01:04:50ont trouvé des quartiers
01:04:51où se replier
01:04:52mais en fait
01:04:52dans le livre
01:04:53on évoque
01:04:53un phénomène
01:04:54que moi j'ai baptisé
01:04:55le supracommunautarisme
01:04:56le communautarisme classique
01:04:58c'est le regroupement
01:04:59par quartier
01:05:00à peine pensé
01:05:01ou un peu pensé
01:05:02mais désormais
01:05:03il y a des gens
01:05:03qui ne veulent plus
01:05:04du tout croiser
01:05:05leurs prochains
01:05:05et le supracommunautarisme
01:05:07c'est par exemple
01:05:08des français blancs
01:05:09qui veulent vivre
01:05:10entre blancs
01:05:10et qui avant la guerre
01:05:11en Ukraine
01:05:12avaient trouvé
01:05:12des refuges
01:05:13en Hongrie
01:05:14en Ukraine
01:05:15justement
01:05:15en Bulgarie
01:05:16en Roumanie
01:05:17ce sont des gens
01:05:20de confession catholique
01:05:21qui veulent vivre
01:05:22dans des lotissements
01:05:23chrétiens
01:05:23il y a eu des tentatives
01:05:24en Indre-et-Loire
01:05:25ce sont des militants
01:05:28ou sympathisants
01:05:29de la cause antivax
01:05:30qui ont essayé
01:05:30d'acheter des terrains
01:05:31pour vivre
01:05:32et créer des communautés
01:05:33et ne vivre qu'entre eux
01:05:34et donc moi
01:05:35ça me ramène
01:05:35à la fameuse phrase
01:05:36de Gérard Collomb
01:05:37feu le ministre
01:05:38de l'intérieur
01:05:38qui disait
01:05:39nous vivons
01:05:40côte à côte
01:05:41bientôt face à face
01:05:42en fait il y a peut-être
01:05:43une autre étape
01:05:44qui est le dos à dos
01:05:44et la indifférence à l'autre
01:05:45et ne plus vouloir
01:05:46jamais croiser l'autre
01:05:47vous voulez dire
01:05:48Gérard Landrieu
01:05:49qu'on est peut-être
01:05:49en train d'insister
01:05:50à l'apparition
01:05:51d'une ghettoïsation positive
01:05:52on s'isolise soi-même
01:05:54voilà
01:05:55pour être à l'abri
01:05:56et vivre entre soi
01:05:56alors aux Etats-Unis
01:05:57on a le concept
01:05:58des gated communities
01:05:59qui sont des sociétés fermées
01:06:01des lotissements fermés
01:06:02bien sûr
01:06:02et en fait
01:06:03c'est complètement
01:06:04contraire
01:06:05au projet républicain
01:06:06qui est un projet
01:06:07de brassage
01:06:08quelle que soit
01:06:09votre identité
01:06:10quelle que soit
01:06:10votre classe sociale
01:06:11quel que soit
01:06:11votre capital économique
01:06:13culturel ou éducatif
01:06:14et là en fait
01:06:15on voit que ce fractionnement
01:06:17se radicalise
01:06:18en quelque sorte
01:06:18et au Portugal
01:06:19dans l'Algal
01:06:19vous avez des cités touristiques
01:06:21réservées à une classe privilégiée
01:06:23avec Barbelet
01:06:25Mirador
01:06:26Contre-Oterro
01:06:26alors on se dit
01:06:27mais c'est la guerre
01:06:28non non non
01:06:28ces gens-là
01:06:28ne veulent pas être sujet
01:06:30à la moindre visite extérieure
01:06:32ou à un cambrioleur
01:06:33et on a une protection
01:06:34qui est militaire
01:06:35effectivement
01:06:35vous restez sur Sud Radio
01:06:37sur cette émission
01:06:38il est 13h29
01:06:39vous nous appelez
01:06:40au 0826
01:06:41300 300
01:06:42parce que je pense
01:06:43et vous êtes déjà nombreux
01:06:45à vous manifester
01:06:46et vous avez envie
01:06:47de participer à ce débat
01:06:48est-il encore possible
01:06:50de vivre heureux
01:06:50en paix
01:06:51en France
01:06:52et voilà
01:06:53discussion entre Amine El Khatmi
01:06:55et Gérald André
01:06:56ils ne sont pas du tout
01:06:57au désaccord
01:06:57mais ils donnent
01:06:58des arguments différents
01:06:59vous restez avec nous
01:07:00à tout de suite
01:07:01sur Sud Radio
01:07:25Vous êtes bien sûr
01:07:27Sud Radio
01:07:27il est 13h32
01:07:28je reçois Amine El Khatmi
01:07:30avons-nous encore envie
01:07:31de vivre en France
01:07:31c'est dit chez Fayard
01:07:33et Gérald Andrieux
01:07:34co-auteur de
01:07:35Nous les Français
01:07:35racontez la France
01:07:36comme les politiques
01:07:37ne le feront jamais
01:07:38en infographie
01:07:39en images
01:07:40chez Robert Laffont
01:07:41nous débattons
01:07:42du sujet crucial
01:07:44douloureux
01:07:44prégnant
01:07:45est-il encore possible
01:07:46de vivre en paix
01:07:47en France
01:07:48de vivre tranquille
01:07:49et d'avoir envie
01:07:49de rester en France
01:07:50même si ça va mal
01:07:51Anissa Arf
01:07:52oui j'aimerais bien
01:07:52avoir votre avis
01:07:53vous êtes une citoyenne
01:07:54vous qui vivez la quotidienneté
01:07:56vous êtes une maman
01:07:57est-ce que vous avez
01:07:58depuis le 17 octobre
01:07:59ou même avant
01:07:59déjà rencontré des gens
01:08:00qui vous disent
01:08:01c'est plus possible
01:08:02j'ai envie de partir
01:08:02j'en ai connu
01:08:04effectivement par le passé
01:08:05certains qui ont même
01:08:06fait le choix
01:08:07de partir
01:08:08en l'occurrence en Israël
01:08:09ce que j'évoque avec vous
01:08:11monsieur Al Khatmi
01:08:12néanmoins
01:08:13c'est des personnes
01:08:13qui sont revenues
01:08:14puisque là
01:08:15en tout cas sur le témoignage
01:08:16qui m'était revenu
01:08:17de cette famille
01:08:18très très proche
01:08:18et très intime
01:08:19bon la vie en Israël
01:08:21ne leur a pas été
01:08:22non plus très facile
01:08:23au quotidien
01:08:23d'un point de vue économique
01:08:24et puis même
01:08:25d'intégration finalement
01:08:27sociétale
01:08:28après chacun son ressenti
01:08:30voilà je veux dire
01:08:30on ne peut pas non plus
01:08:31en faire une généralité
01:08:32ça c'est le témoignage
01:08:33qui m'est propre
01:08:34après en l'occurrence
01:08:35non si vous me posez la question
01:08:37à moi personnellement
01:08:37pour rien
01:08:38au monde
01:08:38je ne quitterais la France
01:08:40et quand on traverse
01:08:41des moments
01:08:42et des mouvements
01:08:43aussi difficiles
01:08:43que celui que l'on traverse
01:08:44justement gardons la tête haute
01:08:46et battons-nous
01:08:46pour faire de ce pays
01:08:48un monde meilleur
01:08:49plutôt que de le quitter
01:08:50mais c'est personnel
01:08:50alors on raconte
01:08:52quelques cas
01:08:52d'algériens
01:08:53qui sont en France
01:08:54qui sont intégrés
01:08:55des marocains
01:08:55qui disent
01:08:56finalement
01:08:56alors ils ne sont pas
01:08:58dans une fracture
01:08:58mais ils disent
01:08:59je préfère entrer
01:08:59je préfère entrer
01:09:00dans un pays
01:09:01je ne me reconnais plus
01:09:02alors certains vous disent
01:09:03attention
01:09:04ce que la république française
01:09:06a laissé
01:09:06comme dégradation
01:09:08se faire
01:09:08dans cette société
01:09:10fait que moi
01:09:11je ne suis pas venu
01:09:11et je n'ai pas amené
01:09:12mes enfants
01:09:13mon père n'est pas venu ici
01:09:14l'immigration
01:09:15ce pays est en train
01:09:16de partir à volo
01:09:17ça c'est quand même
01:09:17le paradoxe
01:09:18et puis il y a
01:09:19et je vais là-dessus
01:09:20parce qu'il y a
01:09:21un sondage
01:09:22qui dit
01:09:22que si Marine Le Pen
01:09:24emporte l'élection présidentielle
01:09:26il y aurait
01:09:27je prends ça
01:09:27avec évidemment
01:09:28des pincettes
01:09:2840%
01:09:29des ressortissants français
01:09:31d'originaires
01:09:31de l'immigration
01:09:32qu'ils soient naturalisés
01:09:33ou pas
01:09:34qui disent
01:09:34nous on quitte le pays
01:09:35ça va devenir
01:09:37un cauchemar
01:09:37il y a un cap
01:09:39entre répondre
01:09:40à un sondage
01:09:40au téléphone
01:09:41et quitter le pays
01:09:44bien sûr
01:09:44bien sûr
01:09:46bien sûr
01:09:47et ça dit quelque chose
01:09:48mais moi je cite
01:09:49deux exemples
01:09:50dans le livre
01:09:50je rencontre une dame
01:09:53algérienne
01:09:54qui a fui l'Algérie
01:09:55pendant la décennie noire
01:09:56oui
01:09:57le démanage
01:09:58est très émouvant
01:09:59et elle me dit
01:10:01j'ai quitté l'Algérie
01:10:02avec mes filles
01:10:03parce que
01:10:04je ne voulais pas
01:10:05que mes filles
01:10:05vivent dans un
01:10:07dans un pays
01:10:08dirigé par des islamistes
01:10:09qui décapitent des gens
01:10:10à chaque coin de rue
01:10:11et donc on a considéré
01:10:12que la France
01:10:13serait un refuge
01:10:13et elle me dit
01:10:14cette phrase folle
01:10:15elle me dit
01:10:16les islamistes
01:10:17que j'ai fui à Alger
01:10:18ce sont mes voisins
01:10:19de palier aujourd'hui
01:10:19dans ma cité
01:10:20et donc elle
01:10:21elle dit
01:10:21je veux partir
01:10:22le témoignage
01:10:22est très fort
01:10:23ça veut dire
01:10:25qu'on n'a pas réussi
01:10:26à protéger
01:10:26cette femme
01:10:27qui considérait la France
01:10:28comme un phare de liberté
01:10:29pour ses enfants
01:10:3120 ans ou 25 ans plus tard
01:10:32elle dit que les barbus
01:10:33qu'elle a quittés
01:10:34c'est ses voisins
01:10:35et qu'elle va repartir
01:10:36je cite l'exemple
01:10:37de Naïman Fadel
01:10:38pareil
01:10:38qui a sorti un livre
01:10:42aussi
01:10:42très courageuse
01:10:43et qui me dit
01:10:44et c'est vrai
01:10:45c'est factuellement vrai
01:10:47elle me dit
01:10:47moi je considère
01:10:49que la France
01:10:50ne lutte pas suffisamment
01:10:51contre l'islamisme
01:10:52et par exemple
01:10:53un pays comme le Maroc
01:10:54est plus combatif
01:10:55c'est tout le problème
01:10:56pardon Péricault
01:10:57mais en fait
01:10:57c'est tout le problème
01:10:58parce qu'il me semble
01:10:59quand même
01:10:59que si on se réfère
01:11:00aux populations
01:11:01et en tout cas
01:11:02aux pays d'Afrique du Nord
01:11:03ils combattent
01:11:04l'islamisme
01:11:05sur leur territoire
01:11:06en fait
01:11:06il n'y a qu'en France
01:11:07qu'on ne combat pas
01:11:08l'islamisme
01:11:09il faut le dire
01:11:10un moment
01:11:11c'est un sujet
01:11:13d'actualité
01:11:13il est partagé
01:11:15cette interrogation
01:11:15est partagée
01:11:16par beaucoup de citoyens
01:11:18mais on en est là
01:11:19est-ce qu'on aura un jour
01:11:20un référendum
01:11:20et si Jean-Luc Mélenchon
01:11:22gagne la présidentielle
01:11:23est-ce qu'on va mesurer
01:11:24les juges
01:11:24moi je parle
01:11:27c'est soit l'avion
01:11:28soit le goulag
01:11:29donc comme je n'ai pas envie
01:11:29de finir dans une jôle
01:11:33le seul cas
01:11:34dans lequel je me poserai
01:11:35vraiment la question
01:11:36de partir
01:11:36c'est si la France Insoumise
01:11:38gagne les prochaines élections
01:11:40alors justement
01:11:41nous avons Serge
01:11:42qui nous appelle
01:11:43de Paris
01:11:45Serge
01:11:46vous êtes de
01:11:46je sais pas
01:11:48j'en ai marre
01:11:48de dire
01:11:49vous êtes un français
01:11:50c'est tout
01:11:50on prend toujours
01:11:52bien sûr
01:11:53vous êtes français
01:11:54pour moi
01:11:54vous n'êtes que français
01:11:55bon il s'avère
01:11:55que vous êtes de
01:11:56connaissance juive
01:11:56bon évidemment
01:11:58vous avez connu
01:11:59autour de gens
01:12:00des gens qui sont
01:12:00partis carrément
01:12:01ou non
01:12:02alors oui
01:12:03je vous faire part
01:12:04donc de ma
01:12:05c'est pas mon expérience
01:12:07c'est pas mon anecdote
01:12:07mais je vais vous faire part
01:12:10de cette petite histoire
01:12:11en fait dans les années 60
01:12:13il y avait 100 000 juifs
01:12:14qui habitaient en Tunisie
01:12:16ils sont autochtones
01:12:18ils sont là depuis 500 ans
01:12:201000 ans
01:12:20d'accord
01:12:21et quand Habib Bourguiba
01:12:24est passé au pouvoir
01:12:25après un putsch
01:12:26les 100 000 juifs
01:12:28ils sont pratiquement
01:12:29tous partis
01:12:30et ils sont partis
01:12:31à la fin en 1967
01:12:33ils restent aujourd'hui
01:12:34sur ces 100 000 juifs
01:12:35il doit rester 1000
01:12:35ou 2000 juifs
01:12:36en Tunisie
01:12:38parce qu'ils n'étaient pas
01:12:39protégés
01:12:39et aujourd'hui
01:12:41en France
01:12:41les juifs français
01:12:42les français juifs
01:12:43ne sont pas protégés
01:12:45on voit dans les dernières
01:12:46manifestations de samedi
01:12:47dimanche dernier
01:12:48des drapeaux palestiniens
01:12:49dans tous les sens
01:12:50une synagogue a été
01:12:52vandalisée
01:12:53dans Paris
01:12:54personne n'en parle
01:12:55c'est ça le drap
01:12:56c'est que personne n'en parle
01:12:58personne ne trouve ça bizarre
01:12:59qu'il y ait des drapeaux palestiniens
01:13:00sur une manifestation
01:13:02étudiante lycéenne
01:13:03personne n'en parle
01:13:04on a même vu des morts aux juifs
01:13:06sur certains panneaux
01:13:07il y a quelques années
01:13:07voilà
01:13:08donc il ne faut surtout pas penser
01:13:10que les juifs
01:13:13français
01:13:14français juifs
01:13:15on dit comme on veut
01:13:15n'aiment pas la France
01:13:17ils sont hyper patriotes
01:13:19mais c'est ça
01:13:20alors le monsieur parlait
01:13:21du goulag
01:13:21ou de la jôle
01:13:23pour les juifs français
01:13:24si c'est
01:13:25les filles qui passent
01:13:26on se dit ça y est
01:13:27maintenant c'est
01:13:28débridé
01:13:29on y va
01:13:30on tue les juifs
01:13:31on les
01:13:32enfin c'est
01:13:33c'est super compliqué
01:13:34voilà
01:13:34donc les gens
01:13:35ont peur
01:13:37que les filles passent
01:13:38c'est vraiment
01:13:39incroyable
01:13:40d'être dans
01:13:42cette façon
01:13:43de penser
01:13:44c'est de se dire
01:13:45pourvu qu'ils ne passent pas
01:13:46c'est infernal
01:13:48parce que
01:13:49on est débridé
01:13:50on y va
01:13:51étant donné que l'année dernière
01:13:52monsieur Macron
01:13:53a reconnu un état
01:13:54palestinien
01:13:55qui n'existe pas
01:13:56mais on le reconnait quand même
01:13:57moi j'aurais voulu
01:13:58tellement qu'il fasse
01:14:00quelque chose
01:14:00pour Chypre aussi
01:14:01qui est occupé par la Turquie
01:14:02mais il ne fait pas
01:14:03et
01:14:04il y a beaucoup de cas
01:14:05si on fait l'inventaire
01:14:06dans le monde
01:14:07des pays
01:14:07qui sont occupés
01:14:08c'est sûr qu'on pourrait
01:14:09passer un moment
01:14:10faire une belle émission
01:14:11c'est ça
01:14:12c'est ça
01:14:12voilà
01:14:13donc
01:14:14pour
01:14:15en deux mots
01:14:17oui effectivement
01:14:17les juifs de France
01:14:18ont peur
01:14:19et contrairement
01:14:21à ce que a dit
01:14:22Anissa
01:14:22en tout cas
01:14:23pour l'expérience
01:14:24qu'a vu la famille
01:14:24qu'elle connait intimement
01:14:26Israël s'attend
01:14:27à une montée
01:14:28des juifs de France
01:14:29de façon importante
01:14:29donc tout est prêt
01:14:30pour les recevoir
01:14:32bon
01:14:33c'est malheureux ça
01:14:34c'est un crève-cœur
01:14:35c'est un crève-cœur
01:14:36non non mais on a connu
01:14:37l'époque où si Marine Le Pen
01:14:39à l'époque c'était son père
01:14:40ça n'a pas été dit
01:14:41de Marine Le Pen
01:14:42aussi vertement
01:14:43mais si
01:14:44si Jean-Marie Le Pen
01:14:45gagne
01:14:46je m'en vais de ce pays
01:14:47et aujourd'hui
01:14:48au contraire
01:14:48c'est le grand leader
01:14:49de la gauche populaire
01:14:50c'est si Jean-Luc Mélenchon
01:14:52gagne
01:14:52je m'en vais de ce pays
01:14:53le paradoxe
01:14:53Gérald Andrieux
01:14:54est énorme
01:14:56est-ce que
01:14:56est-ce que
01:14:57est-ce que Gérald
01:14:58il y a
01:14:58aujourd'hui
01:14:59des Français
01:15:01qui tout simplement
01:15:03au vu de ce qui se passe
01:15:04se sentent plus Français
01:15:07et se disent
01:15:08alors
01:15:08à défaut de partir
01:15:09à l'étranger
01:15:10qu'ils ne se reconnaissent plus
01:15:12qu'ils sont en rupture totale
01:15:13avec l'identité française
01:15:15je crois que c'est en partie
01:15:16ce qu'on a vu
01:15:17à la suite
01:15:19de ces manifestations
01:15:20je parle pas des manifestations
01:15:21en tant que telles
01:15:21mais dans le sillage
01:15:22on voit bien
01:15:24que
01:15:24il faut
01:15:25c'est une question
01:15:26qui est sur la table
01:15:27il y a une question
01:15:27sur l'intégration
01:15:28alors moi ce qui m'épate
01:15:30plutôt dans le commentaire politique
01:15:31et médiatique
01:15:32c'est que tout le monde
01:15:33dispose des mêmes indices
01:15:34les images
01:15:35d'ailleurs tout le monde
01:15:36se filme
01:15:37dans ses cortèges
01:15:38on a aussi
01:15:39les profils
01:15:40des gens qui ont été arrêtés
01:15:41qui sont plus divers
01:15:41que ce qu'on nous dit
01:15:42mais néanmoins
01:15:43on a tous les mêmes indices
01:15:44et ce qui m'épate
01:15:46c'est à quel point
01:15:47les récits
01:15:48que l'on fait
01:15:48médiatiquement
01:15:49et politiquement
01:15:50sont différents
01:15:51et antagonistes
01:15:53et pareil
01:15:53dans notre livre
01:15:54on étudie
01:15:55la question
01:15:55de l'apocalypse
01:15:56avant pour les Français
01:15:57l'apocalypse
01:15:57c'était la même
01:15:58pour tout le monde
01:15:59puisque c'était
01:15:59un récit
01:16:00clé en main
01:16:01livré par la religion
01:16:02la religion s'étant effondrée
01:16:03on a des oppositions
01:16:05d'apocalypse
01:16:06alors certains vont craindre
01:16:07et les images du 17 octobre
01:16:09va leur donner raison
01:16:10vont craindre
01:16:11une guerre civile
01:16:12identitaire
01:16:13à la libanaise
01:16:14ou façon
01:16:14ex-Yougoslavie
01:16:15puis d'autres
01:16:16vont être
01:16:17sur un récit
01:16:18qui leur est propre
01:16:19et qui est totalement contraire
01:16:20non
01:16:20la vraie apocalypse
01:16:21c'est l'apocalypse climatique
01:16:23puis vous avez
01:16:23les cadres dirigeants
01:16:24qui désormais
01:16:25vont débarquer l'IA
01:16:26et qui ont l'impression
01:16:27que c'est l'apocalypse IA
01:16:28qui va signifier
01:16:29leur mort économique
01:16:30sociale
01:16:30etc
01:16:31et en fait
01:16:31on se rend compte
01:16:32qu'on est dans un pays
01:16:33républicain
01:16:33où on avait un seul
01:16:34et même récit
01:16:35celui qui avait remplacé
01:16:36le récit religieux
01:16:37et en fait
01:16:37on a une diversité
01:16:38de récits
01:16:39et on est comme si
01:16:39on était en quelque sorte
01:16:41irréconciliable
01:16:42mais il y a quand même
01:16:42des moments
01:16:43où on se retrouve
01:16:43alors c'est un peu
01:16:44gaguesque de rappeler ça
01:16:45mais cet été
01:16:46on était tous
01:16:46derrière l'équipe de France
01:16:47on a regardé
01:16:48tous plus ou moins
01:16:50ensemble
01:16:50l'éclipse solaire
01:16:52sur les bords de route
01:16:53du Tour de France
01:16:55c'était noir de monde
01:16:56alors je sais bien
01:16:57que ça a l'air
01:16:57complètement déconnecté
01:16:59de dire ça
01:16:59après les images
01:17:00du 17 octobre
01:17:01mais en fait
01:17:01nous les français
01:17:02pour reprendre le titre du livre
01:17:04on oscille en permanence
01:17:05entre des envies de collectif
01:17:06et l'envie de se taper
01:17:07sur la gueule
01:17:08en permanence
01:17:09la question c'est
01:17:10comment on se sort
01:17:11de ce tiraillement
01:17:12permanent
01:17:13est-ce qu'il n'y a pas
01:17:13un affaiblissement
01:17:14une carence
01:17:15de la prise de conscience
01:17:17d'identité française
01:17:17c'est quoi être français
01:17:19pourquoi on se sent français
01:17:20et Dieu sait si
01:17:20le français est une république
01:17:21universelle
01:17:22qui accepte
01:17:23par la laïcité
01:17:24la totalité des différences
01:17:25pour avoir un socle commun
01:17:27et aujourd'hui
01:17:28ce socle est en train
01:17:28de se déliter
01:17:29et c'est pour ça
01:17:29que les images
01:17:29pour moi
01:17:30de la mairie de Limoges
01:17:30sont importantes
01:17:31la mairie de Limoges
01:17:32j'ai retrouvé
01:17:33sa date
01:17:35d'inauguration
01:17:36c'est le 14 juillet
01:17:371883
01:17:38c'est le même jour
01:17:39où on inaugure
01:17:40la statue
01:17:40de la place de la république
01:17:42à Paris
01:17:42ce bâtiment
01:17:43c'est la troisième république
01:17:44c'est le moment
01:17:45où on fabriquait
01:17:45des citoyens
01:17:46et des français
01:17:46on avait les hussards noirs
01:17:47le défaut principal
01:17:48dans le pays
01:17:49il faut bien le dire
01:17:49c'est la question
01:17:50de l'éducation
01:17:54qu'est-ce qui vous manque
01:17:55aujourd'hui
01:17:55pour vous sentir bien
01:17:56chez vous
01:17:57de la sécurité
01:17:58du respect
01:17:59et davantage de confiance
01:18:00entre les gens
01:18:00dites-nous
01:18:01dites-nous
01:18:01ce qui vous donnerait
01:18:02envie de rester
01:18:03et vivre mieux
01:18:05plus confortablement
01:18:06en France
01:18:06témoignez au 0826 300 300
01:18:10Sud Radio
01:18:12Parlons
01:18:15Midi 14h
01:18:16Sud Radio
01:18:17La France dans tous ses états
01:18:18Péricault Légas
01:18:20Vous êtes bien sur Sud Radio
01:18:21il est 13h46
01:18:23nous sommes toujours
01:18:24dans le décryptage
01:18:25de cette actualité
01:18:26tragique
01:18:2717 octobre
01:18:27que va-t-il se passer
01:18:28le 24 octobre
01:18:29et nous nous posons la question
01:18:30est-il encore possible
01:18:31de vivre en paix
01:18:32heureux en France
01:18:33de s'y épanouir
01:18:35Amine El Khatmi
01:18:36auteur de
01:18:37Nous avons encore
01:18:37envie de vivre en France
01:18:38nous prouve
01:18:39qu'il y a des français
01:18:40qui n'ont pas voulu
01:18:41rester en France
01:18:42en l'occurrence
01:18:43la communauté juive
01:18:43y sont partis
01:18:44vivre en Israël
01:18:45et Gérald Andrieu
01:18:46de ce côté
01:18:47auteur de
01:18:47Nous les français
01:18:48raconter la France
01:18:48comme les politiques
01:18:49ne le feront jamais
01:18:50raconte qu'il y a
01:18:51quand même aussi
01:18:52du malheur
01:18:53de la détresse
01:18:53en France
01:18:54et que certains français
01:18:54s'opposent quelquefois
01:18:56à la question
01:18:56même s'ils sont épatriotes
01:18:57de savoir où va
01:18:58leur pays
01:18:58Nous avons Bruno
01:18:59qui nous appelle
01:19:00de Paris
01:19:01Bonjour Bruno
01:19:02Oui bonjour Perico
01:19:03Je vous appelle de Paris
01:19:05j'ai 59 ans
01:19:06et voilà
01:19:07je voulais simplement
01:19:08donner mon opinion
01:19:10c'est ce que je disais
01:19:11tout à l'heure
01:19:11avec votre personne
01:19:13au téléphone
01:19:13Oui Emmanuel Galassi
01:19:15J'habite moi
01:19:16dans le 14ème arrondissement
01:19:18et ça fait plus de 20 ans
01:19:2020 ans
01:19:2024 ans
01:19:21que nous sommes dans Paris
01:19:22et bien j'ai vu Paris
01:19:23totalement changer
01:19:24et je ne reconnais plus Paris
01:19:26je ne reconnais plus la France
01:19:27toutes les grandes villes
01:19:28je reconnais seulement
01:19:29les campagnes
01:19:30voilà
01:19:30c'est dans les provinces
01:19:31quand je vais
01:19:32dans la famille
01:19:32que je reconnais la France
01:19:34que j'ai connue avant
01:19:35Et même là-bas
01:19:36elle a bien changé
01:19:37je peux vous le dire
01:19:38Oui mais quand je dis les campagnes
01:19:39c'est les petits villages
01:19:40c'est les petits villages
01:19:41parce que la moindre ville
01:19:42c'est vrai à être impactée
01:19:43c'est les petits villages
01:19:44Mais vous avez des villages
01:19:45où vous avez vendu
01:19:46avant de déserter
01:19:47plus de commerce de proximité
01:19:48elle est aussi touchée
01:19:49Oui aussi
01:19:49Mais c'est vrai qu'elle a
01:19:50de son visage d'origine
01:19:51je suis d'accord
01:19:52C'est d'autres soucis
01:19:53Non ce qu'on a
01:19:54ce qu'on a vraiment vu changer
01:19:55après c'est ce que je disais
01:19:56c'est que moi
01:19:56quand je sors dans mon quartier
01:19:58malheureusement
01:19:59je ne me sens plus en France
01:20:00voilà
01:20:00alors on me traitera
01:20:01de tout ce qu'on veut
01:20:02mais ça parle toutes les langues
01:20:03sauf le français
01:20:05je vois des jeunes femmes
01:20:06voilées de plus en plus
01:20:07de plus en plus
01:20:08dans Paris
01:20:08que je ne voyais pas avant
01:20:10donc toute cette atmosphère
01:20:11alors sans parler bien sûr
01:20:12des manifestations
01:20:13des drapeaux palestiniens
01:20:14de l'antisémitisme
01:20:16moi je fréquente
01:20:16une communauté
01:20:17je suis catholique
01:20:18mais je fréquente
01:20:18une communauté
01:20:20Loubavitch
01:20:20moi je dis que ces gens là
01:20:21ils sont ultra courageux
01:20:23mais en même temps
01:20:23très naïfs
01:20:24parce que le jour
01:20:25où ça va exploser
01:20:27c'est catastrophique pour eux
01:20:28donc moi
01:20:29mon sentiment
01:20:29et mon épouse
01:20:30on en est à un stade
01:20:32on part tous les étés
01:20:33on part en Italie
01:20:33dans la région de Liguri
01:20:34à l'Abergen
01:20:36et ben voilà
01:20:36on en est arrivé à un stade
01:20:37nous on se dit
01:20:38dans très peu d'années
01:20:40on pourra quitter la France
01:20:42et ben c'est notre choix
01:20:43vous avez des enfants
01:20:44vous avez des enfants Bruno
01:20:45j'ai un enfant
01:20:46un enfant qui est déjà majeur
01:20:48qui est déjà dans la vie
01:20:49qui est lancé
01:20:50voilà
01:20:51donc nous on est à l'abri
01:20:51à ce niveau là
01:20:52c'est pas le problème
01:20:53je l'ai mis dans le privé
01:20:54toute sa scolarité
01:20:54vous voyez
01:20:55étant à Paris
01:20:56obligé
01:20:57et tous les amis
01:20:57ont fait la même chose
01:20:58donc pour résumer
01:20:59nous en fait
01:21:00notre motivation
01:21:01c'est à la fois
01:21:02la montée d'Isla
01:21:03cette France
01:21:04qu'on ne reconnait plus
01:21:05même dans Paris
01:21:06à part les très beaux quartiers
01:21:07que je fréquente
01:21:08là tout est beau
01:21:09tout est fabuleux
01:21:10mais sinon
01:21:11le reste de la France
01:21:12vous l'avez vu comme moi
01:21:13toutes les villes
01:21:13sont gangrénées
01:21:14c'est catastrophique
01:21:15et puis là
01:21:16dernièrement
01:21:16ben bien sûr
01:21:17on a le résultat
01:21:18que moi je savais
01:21:19quand les gens nous parlent
01:21:20ben je leur dis
01:21:21mais vous inquiétez pas
01:21:22de toute façon
01:21:22ça va arriver
01:21:23c'est imminent
01:21:24c'est une question de moi
01:21:25et la preuve
01:21:26c'est pas la peine
01:21:27d'attendre les présidentielles
01:21:28c'est maintenant
01:21:29et ça sera dans les mois à venir
01:21:31et malheureusement
01:21:32ben on a un gouvernement
01:21:33qui ne réagit jamais
01:21:34c'est clair
01:21:35vous le savez comment
01:21:35la justice ne réagit pas
01:21:37et ben toute cette communauté
01:21:39cette population
01:21:39qui ne s'est pas insérée
01:21:41c'est pas tous
01:21:41parce que moi j'en connais
01:21:42qui sont très bien insérés
01:21:44et qui d'ailleurs
01:21:44on aura le bol
01:21:45mais toute cette communauté
01:21:47ces gens qui sont hors normes
01:21:48qui sont complètement hors sol
01:21:49et bien ils sont en train
01:21:51de pourrir un pays
01:21:52on est la risée du monde
01:21:54et pour résumer
01:21:56des gens comme nous
01:21:56on a travaillé toute notre vie
01:21:58en France
01:21:58moi je suis né en France
01:22:00à la campagne
01:22:01on en est arrivé au stade
01:22:02et je peux vous dire
01:22:03que ça fait mal au coeur
01:22:03on n'a qu'une idée
01:22:05on entend votre coup de gueule
01:22:08ça me fait penser
01:22:09à l'Algérie en 62
01:22:10vous saviez
01:22:11à l'Algérie en 62
01:22:12vous connaissez mieux que moi
01:22:13c'était la valise
01:22:14ou le cercueil
01:22:14oui
01:22:15et en France aujourd'hui
01:22:16je dirais que c'est la valise
01:22:18ou
01:22:18je ne dirais pas de gros mots
01:22:20mais c'est la valise
01:22:20ou la catastrophe
01:22:22il y en a certains
01:22:23qui les vivent comme ça
01:22:24merci Bruno
01:22:25pour votre témoignage poignant
01:22:27et en même temps
01:22:29courageux
01:22:29Amine Elkatmin
01:22:30je voyais l'autre jour
01:22:32Eric Zemmour
01:22:32face à Darus Rochebin
01:22:33sur LCI
01:22:35évidemment il était
01:22:36je voulais dire
01:22:36pas plein de joie
01:22:37mais il était satisfait
01:22:38de pouvoir déployer
01:22:38ce que j'ai annoncé
01:22:39c'est le grand remplacement
01:22:41constitué et violent
01:22:43il avait parlé
01:22:44de l'ibanisation de la France
01:22:45il disait on y était
01:22:46et puis Bruno Retailleau
01:22:48qui a fait allusion
01:22:48quelquefois en disant
01:22:49nous sommes en phase
01:22:50de mexicanisation
01:22:51et qui constate lui aussi
01:22:52effectivement
01:22:53qu'il n'avait pas si tort
01:22:54que ça
01:22:54quand il a parlé
01:22:54de mexicanisation
01:22:55on en est là
01:22:57oui alors
01:22:59Eric Zemmour
01:23:00est toujours dans l'outrance
01:23:02verbale
01:23:02et les mots choisis
01:23:04mais il y a le sentiment
01:23:07effectivement
01:23:08et Gérald
01:23:08en a parlé tout à l'heure
01:23:09en rappelant
01:23:09les propos de Gérard Collomb
01:23:11il y a l'idée
01:23:12qui se répand
01:23:13que quelque chose
01:23:15qui pourrait ressembler
01:23:16à une forme de guerre civile
01:23:18de tension
01:23:20et pas même
01:23:21que de tension
01:23:22mais quelque chose
01:23:22qui pourrait dégénérer
01:23:23il y a cette idée
01:23:24qui commence à s'installer
01:23:26chez les français
01:23:27et je rebondis
01:23:30sur ce que disait
01:23:31Gérald tout à l'heure
01:23:32sur ces grands moments
01:23:35disons
01:23:35de communion
01:23:36où on peut se retrouver
01:23:39même ces moments-là
01:23:40désormais
01:23:41donnent lieu
01:23:43ce que mon ami
01:23:44Laurent Bouvet
01:23:45paix à son âme
01:23:46appelait l'âge identitaire
01:23:47c'est-à-dire que
01:23:47même ces moments
01:23:48de commun
01:23:49moi je me souviens
01:23:50en 1998
01:23:50la coupe du monde
01:23:51il n'y avait pas eu
01:23:52tous les débats
01:23:53qu'on a eu
01:23:53qu'on a désormais
01:23:54après les compétitions sportives
01:23:56entre ceux qui disent
01:23:57il y a trop de noirs
01:23:58dans l'équipe
01:23:59ceux qui disent
01:24:00la cérémonie
01:24:01pour les Jeux Olympiques
01:24:03on a eu des débats
01:24:04pendant des semaines
01:24:04c'était woke
01:24:05c'était pas woke
01:24:06pourquoi on a coupé
01:24:06la tête de Marie-Antoinette
01:24:08la cérémonie pour le rugby
01:24:10pourquoi Jean Dujardin
01:24:11il porte un béret
01:24:11c'est l'extrême droite
01:24:12a dit Madame Rousseau
01:24:13même ces moments
01:24:14et on va vous dire
01:24:16oui mais il y a des moments
01:24:17oui alors
01:24:18le Tour de France
01:24:20et les férias
01:24:21ça se passe bien
01:24:22oui mais on vous dit
01:24:23c'est pas fréquenté
01:24:24par une certaine population
01:24:25donc c'est pour ça
01:24:26que ça se passe bien
01:24:26c'est la preuve que
01:24:27lorsque les jeunes de banlieue
01:24:29sont là
01:24:29ça part en brique
01:24:30c'est un constat
01:24:30que beaucoup de gens
01:24:31donc en fait
01:24:31tout est devenu
01:24:33jugé, jaugé, discuté
01:24:35à l'âge
01:24:36de prisme identitaire
01:24:38c'est une réalité
01:24:39Eric nous appelle de Toulouse
01:24:40bonjour Eric
01:24:43bonjour Eric
01:24:44alors vous
01:24:45vous avez expérimenté
01:24:46quelque chose de précis
01:24:47vous avez envoyé
01:24:48votre fille
01:24:49faire ses études
01:24:50en Irlande
01:24:51en Irlande
01:24:51tout à fait
01:24:52on a fait
01:24:52sa terminale
01:24:54en Irlande
01:24:54c'est une volonté
01:24:56pourquoi vous avez
01:24:57pris cette décision
01:24:58c'est pas rien
01:24:58ah oui c'est pas rien
01:25:00surtout de Toulouse
01:25:01voilà
01:25:02tout à fait
01:25:02de gros sacrifices
01:25:04que je fais
01:25:05et que ma père
01:25:06a pas à faire ça
01:25:06troisième année
01:25:07aussi à l'étranger
01:25:08et c'était à ce point là
01:25:09vous ne vouliez pas
01:25:10que votre fille
01:25:10soit scolarisée en France
01:25:12ah oui
01:25:12oui oui
01:25:14surtout ce que je veux
01:25:15c'est qu'elle soit bilingue
01:25:15et qu'elle puisse
01:25:16être libre
01:25:17et pouvoir partir
01:25:18et quitter ce pays
01:25:19si elle le désire
01:25:20alors que c'est un pays
01:25:21que j'aimais
01:25:22mais voilà
01:25:23je n'ai plus du tout
01:25:24confiance dans l'autorité
01:25:25et c'est surtout
01:25:25en la justice de ce pays
01:25:27qui n'existe pas
01:25:27et vous
01:25:28moi j'ai payé
01:25:29j'ai gagné plus de 10 procès
01:25:31je suis toujours pas remboursé
01:25:32ça fait 12 ans
01:25:33que ça dure
01:25:34je me suis retrouvé
01:25:35du coup
01:25:36au RSA
01:25:38la fonctionnaire
01:25:38en face
01:25:39elle a dit
01:25:39mais ça fait plus de 5 ans
01:25:40que vous êtes à votre compte
01:25:41monsieur
01:25:41vous avez droit à rien
01:25:42j'avais droit à 275 euros
01:25:44par mois
01:25:45alors que
01:25:46voilà
01:25:46donc vous
01:25:47vous avez pas entendu
01:25:49le 17 octobre
01:25:49pour comprendre que ce pays dysfonctionne
01:25:52alors je fais allusion
01:25:53avec l'affaire Liana
01:25:55l'état ne fonctionne plus
01:25:56et on a affaire
01:25:57à des situations
01:25:58d'aberrations
01:25:59de scandales
01:26:00et de colères
01:26:01évidemment
01:26:02qui sont justifiées
01:26:03par ces aberrations
01:26:04et c'est ça qui vous arrive Eric
01:26:05vous ne vous reconnaissez plus
01:26:06c'est plus un pays
01:26:07qui vous êtes
01:26:08c'est un pays
01:26:08j'allais dire
01:26:09passez mon expression
01:26:09qui vous emmerde quoi
01:26:10ah oui oui
01:26:11j'ai tout donné pour ce pays
01:26:13puisque moi
01:26:14j'ai aussi 58 ans
01:26:16j'ai été salarié
01:26:18j'étais à mon compte
01:26:19pendant les 16 ans
01:26:21que j'étais salarié
01:26:22j'ai tout payé
01:26:23quand j'étais à mon compte
01:26:25je payais des URSAF
01:26:26j'avais 10 salariés
01:26:28et au final
01:26:30on me dit
01:26:30vous avez droit
01:26:31à 275 euros par mois
01:26:32j'ai gagné des procès
01:26:33je récupère toujours pas mon argent
01:26:35c'est vraiment
01:26:37aberrant
01:26:37vous êtes
01:26:38un des
01:26:39vous êtes
01:26:40une des dizaines
01:26:41des centaines
01:26:42des milliers
01:26:42de témoignages
01:26:43qui effectivement
01:26:44nous expliquent
01:26:45le dysfonctionnement
01:26:46scandaleux
01:26:46et insupportable
01:26:47de l'état
01:26:47merci Eric
01:26:48pour votre témoignage
01:26:50Gérald Dandrieu
01:26:51la France
01:26:51ce n'est pas que ça
01:26:52dans nous les français
01:26:53vous racontez quand même
01:26:54qu'il y a du courage
01:26:56et de l'énergie
01:26:57vous pensez quand même
01:26:58que cette classe politique
01:26:59va pouvoir prendre conscience
01:27:01se donner les moyens
01:27:02ou on a passé un seuil
01:27:03où ça va être très difficile
01:27:04il n'y a plus d'argent
01:27:05il n'y a plus d'argent
01:27:06l'école est en panne
01:27:07on peut dire
01:27:08de toute façon
01:27:09que le roi est nu
01:27:09je veux dire
01:27:10il reste quelques mois
01:27:11Emmanuel Macron
01:27:11les caisses sont vides
01:27:12il n'y a plus un copec
01:27:13il n'y a plus rien
01:27:14il n'y a pas d'oseille
01:27:15on ne fera rien
01:27:18limité de chez limité
01:27:19en tout cas pour cette équipe
01:27:20je veux quand même rebondir
01:27:21sur le climat
01:27:23de l'émission en général
01:27:25le problème
01:27:26c'est que les gens
01:27:26qui disent aimer la France
01:27:27et on est nombreux
01:27:28à aimer la France
01:27:29on baisse un peu les bras
01:27:31et si les gens
01:27:32qui aiment la France
01:27:33baissent les bras
01:27:33je veux dire
01:27:34c'est foutu
01:27:35il y a des raisons
01:27:36il y a encore des raisons
01:27:37d'espérer
01:27:37il y a des dynamiques
01:27:39il y a de l'énergie
01:27:39dans ce pays
01:27:40il y a une partie
01:27:42des concitoyens
01:27:42qui refusent
01:27:43cet effondrement
01:27:44dans le livre
01:27:45on explore
01:27:46la question de la nostalgie
01:27:47alors vous allez me dire
01:27:48c'est marrant
01:27:48il parle du passé
01:27:49pour évoquer le futur
01:27:50en fait la nostalgie
01:27:52le c'était mieux avant
01:27:53n'est pas un truc de réac
01:27:54ou de conservateur
01:27:55c'est le trait le plus partagé
01:27:56quel que soit
01:27:57le penchant politique
01:27:57des français
01:27:58c'est majoritaire
01:27:59chez tout le monde
01:27:59y compris des sympathisants
01:28:00insoumis
01:28:01écolos
01:28:01ou socialistes
01:28:02c'est étonnant quand même
01:28:03et il y a sans doute
01:28:04à puiser dans notre histoire
01:28:06dans notre histoire
01:28:07y compris récente
01:28:08quand on voit le succès
01:28:08de la bataille de Gaulle
01:28:09au cinéma
01:28:10les gens à la fin de la séance
01:28:11se lèvent
01:28:11et applaudissent
01:28:12il y a quand même
01:28:13encore une envie
01:28:15de retrouver cette France
01:28:16qui allait de l'avant
01:28:16qui construisait
01:28:17qui vivait dans une
01:28:19certaine paix
01:28:20je ne vais pas idéaliser
01:28:21les trente glorieuses
01:28:21mais on a tous envie
01:28:22de retrouver ce moment là
01:28:24il est peut-être encore possible
01:28:25de revenir
01:28:26à cet état d'esprit
01:28:29quand même
01:28:29c'était mieux avant
01:28:30et en bon admirateur
01:28:32d'un tintin
01:28:32je dirais même plus
01:28:33c'était beaucoup mieux avant
01:28:35je pense qu'on sera peut-être
01:28:36un jour contraints
01:28:37de remplacer la formule
01:28:39liberté, égalité, fraternité
01:28:40par c'était mieux avant
01:28:41rendez-nous Marianne
01:28:43rendez-nous la république
01:28:44rendez-nous ce pays
01:28:45dans lequel nous avons cru
01:28:46et dans lequel nous continuons
01:28:47à rêver
01:28:48et s'il faut
01:28:49on fera de la résistance
01:28:50merci Amine Alcatmi
01:28:52merci Gérald Dandrieux
01:28:54de nous avoir accompagnés
01:28:56dans cette douloureuse réflexion
01:28:58on remercie également
01:28:59Michel Maffesoli
01:29:00sociologue
01:29:01et David Lipskind
01:29:02avocat
01:29:03qui est avec nous
01:29:04plus tôt dans l'émission
01:29:06à suivre Brigitte Laé
01:29:08avec un titre chic
01:29:09qu'est-ce-choc pour vous accueillir
01:29:10sexophile ou sexophobe
01:29:12quant à nous
01:29:12on se retrouve lundi
01:29:13vaste programme
01:29:14Sud Radio
01:29:17parlons vrai
01:29:18de l'éternité

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