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00:00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, Érico Légas.
00:00:08Bonjour, bienvenue sur Sud Radio, ce lundi 5 octobre, toujours un peu estival, mais bon, pourvu que ça dure, mais
00:00:15ensuite qu'est-ce qu'on va avoir ? De l'eau, de la pluie ?
00:00:18Donc Rémi André n'est pas prêt de chômer par rapport à nos prédictions météorologiques.
00:00:23Bonjour Anissa Arfawi.
00:00:24Bonjour.
00:00:24Oui, Anissa a préparé cette émission avec moi, on a eu toute la fin de semaine, vous voyez, je n
00:00:29'étais pas week-end pour la préparer.
00:00:31L'émission du lundi est toujours l'objet de trois jours de préparation, pour ça qu'elle est peut-être
00:00:35toujours un petit peu plus précise que les autres qui sont plus en relation avec l'actualité.
00:00:38Julien Delmas, que j'ai eu le bonheur de retrouver, assure la bonne continuité de cette technicité devant sa console
00:00:46magique.
00:00:46Et puis Jérémy, qui fait partie du commando de 0826, il y a Jérémy, il y a Zach, il y
00:00:52a Manu, vous attend au 0826 300 300 pour accueillir vos témoignages, votre besoin de participer à cette émission et
00:01:03de donner votre opinion.
00:01:04Parce que les sujets du jour sont évidemment des sujets qui vous interpellent, il n'y a aucun doute.
00:01:07Et puis Elvin est là, il est comme le penseur de Rodin, il se gratte la tête et qu'est
00:01:12-ce qu'il a bien encore raconté ?
00:01:13L'important pour lui, c'est de pouvoir retranscrire sur le site web de Sud Radio la totalité de ce
00:01:19qui se passe sur cette antenne.
00:01:21C'est un boulot gigantesque, parce que nous on est là en direct, on produit, quelquefois dans l'improvisation, dans
00:01:26la spontanéité,
00:01:27et lui est obligé de retranscrire tout ça dans des cases.
00:01:31J'allais dire que c'est un imprimeur, il imprime sur le web les propos qui sont tenus sur cette
00:01:36antenne,
00:01:36c'est un métier absolument...
00:01:38Nous allons parler de jeunesse irréconciliable.
00:01:42Oui, on voit bien que la jeunesse est un petit peu aujourd'hui perturbée, elle est un petit peu agitée,
00:01:46elle est un petit peu nerveuse, quelquefois violente.
00:01:49Nous retrouvons dans la jeunesse aujourd'hui les mêmes clivages, les mêmes fractures qu'il y a dans le monde
00:01:56politique,
00:01:57et nous aurons pour en parler Baptiste Gilly, qui représente l'Uni, le syndicat uni des lycéens,
00:02:01et puis Bastien Bonargent, secrétaire général des jeunesses communistes.
00:02:06Voilà, ils discuteront de façon très républicaine, ils ne seront peut-être pas forcément d'accord.
00:02:09Voilà, mais est-ce qu'on peut réconcilier la jeunesse ?
00:02:12Je pense que ce pays en a besoin, nous verrons si c'est possible.
00:02:16Et puis ensuite, à 13h, on va faire un peu de cinéma, ce qui est inhabituel dans la France en
00:02:21tous ses états,
00:02:22mais c'est un sujet cinématographique qui est un sujet de société,
00:02:25c'est la réinsertion des criminels.
00:02:27Peut-on réinsérer les criminels ?
00:02:28Et nous recevrons Florian Essic, qui est à la voie le réalisateur et l'acteur principal du film Face à
00:02:34Face.
00:02:35C'est un film extraordinaire, c'est donc un prisonnier criminel condamné pour le meurtre de sa femme,
00:02:41face à une représentante de l'administration pénitentiaire, une psychologue,
00:02:45jouée par Valérie Mérez, qu'on connaît plus tôt dans des rôles comiques.
00:02:48Et ce duo qui dure une heure est passionnant et saisissant.
00:02:51Voilà, on a l'homme qui a tué, est-ce qu'on peut le réinsérer, pas le réinsérer ?
00:02:55Et c'est Valérie Mérez qui évalue la capacité de réinsertion.
00:03:00Et ça ouvre évidemment, ça ouvre les portes à toutes les considérations,
00:03:03toutes les réflexions qu'on peut avoir dans ce monde de prison,
00:03:05cet univers de prison qui est un sujet de profonde actualité.
00:03:08Et puis moi, dans quelques instants, je vous dirai une humeur sur ces sauvageons
00:03:12qui conviennent à ceux qui haïssent la démocratie et la République.
00:03:23Oui, je vous le disais, la dictature des sauvageons convient à ceux qui haïssent la démocratie.
00:03:28On se souvient d'une police acclamée par la foule au lendemain des massacres de Charlie et du Bataclan
00:03:33et de ce rapprochement spontané entre les forces de l'ordre et la population.
00:03:37On vivait à un âge d'or, on se disait, bon, ça y est, c'est fini, on aime les
00:03:41flics.
00:03:41Et puis l'histoire a basculé quand certains discours politiques ont décidé de saper l'autorité de l'État
00:03:45par pure stratégie électorale.
00:03:47Quand on veut déconstruire l'ordre républicain, quoi de plus facile que de salir les flics,
00:03:51gardiens de cette paix républicaine.
00:03:53A force d'insultes et d'amalgame prémédités,
00:03:56la France insoumise a érigé la police française en bras armés répressifs
00:03:59de la fracture sociale et du rasmis.
00:04:02Rien que ça, et je peux vous dire qu'ils ne baissent pas la garde.
00:04:04A une époque où l'école ne fabriquait pas des crétins,
00:04:07où les réseaux asociaux, je dis bien réseaux asociaux,
00:04:10ne corrompaient pas les esprits,
00:04:12où le respect de l'autorité était tout simplement un paramètre légitime du vivre ensemble,
00:04:16ce discours aurait fait long feu.
00:04:18Mais aujourd'hui, dispensé par une mouvance politique installée dans nos institutions,
00:04:24il enflamme les inconsciences.
00:04:26La décérébration programmée de notre jeunesse par la mauvaise éducation nationale,
00:04:31aboutie à l'affligeant spectacle auquel assiste une démocratie française trahie,
00:04:35abandonnée et compromise par ses élites.
00:04:37C'est la lâcheté d'une partie de notre classe politique
00:04:40qui fait jette au sol la jeune policière rouée de coups dans les rues de Paris.
00:04:44C'est la veulerie de nos gouvernants qui lynchent le commandant de police à Belfort.
00:04:47Et ce sont 40 années de démission du pouvoir exécutif
00:04:50face aux oucasses dogmatiques d'un gauchisme viral
00:04:53dans ses versions diverses et variées,
00:04:56pédagogisme scolaire ici,
00:04:57walkisme sociétal là,
00:04:59qui incendie le Nice et Nelson Mandela à Nantes.
00:05:02Et ce n'est qu'un début,
00:05:03puisque la République n'a plus les moyens humains et financiers de faire face.
00:05:07On ne compte plus les préfets,
00:05:08avant la rage au cœur,
00:05:10devoir se conformer aux consignes du ministre de l'Intérieur,
00:05:13d'éviter à tout prix de franchir certains seuils dans le rétablissement de l'ordre.
00:05:17Cela fait bien longtemps que les gouvernements préfèrent s'essuyer les pieds sur l'état de droit,
00:05:21car c'est bien d'une dislocation de l'état de droit qu'il s'agit,
00:05:25plutôt que de faire triompher la justice et la loi.
00:05:28Le camp de la haine et le camp de la sédition,
00:05:30fort de quelques succès électoraux médiatisés,
00:05:33l'a bien compris,
00:05:34et ce sont aujourd'hui les policières et les policiers français
00:05:37qui se cachent pour échapper au lynchage de ceux qui prient
00:05:40pour que la République française, laïque et sociale,
00:05:43rejoigne les poubelles de l'histoire.
00:05:44Que n'avions-nous pas entendu lorsque Jean-Pierre Chavènement,
00:05:48ministre de l'Intérieur du gouvernement du Nion de la Gauve de Lionel Jospin,
00:05:51avait parlé de sauvageons à propos de mineurs délinquants multirécidivistes.
00:05:55C'était en 1998.
00:05:57Tout le monde lui était tombé dessus.
00:05:58On sait aujourd'hui que la formule était bonne, précise et visionnaire.
00:06:02Sauvageons est le terme qui désigne des petits arbres
00:06:04qui poussent sans tuteur, donc de travers.
00:06:07Eh bien, écoutez, ce que je peux vous dire,
00:06:10c'est qu'aujourd'hui, ils se sont mués en commandos barbares, sans limites,
00:06:14gavés de concepts nauséabonds, mais faciles à ingurgiter.
00:06:17Concepts qu'on leur a plantés dans le crâne sans difficulté,
00:06:20puisque leur capacité de discernement a été dissoute
00:06:22en même temps que les fondements de l'école républicaine.
00:06:25Le seul problème, ma chère Anissa, ô combien douloureux,
00:06:28car sans solution immédiate, est qu'ils sont devenus le visage de la France.
00:06:33On parle de la jeunesse comme si elle pensait d'une seule voix,
00:06:36mais entre l'Uni et les jeunes communistes,
00:06:38peut-on encore trouver quelque chose en commun ?
00:06:41Les jeunesses sont-elles irréconciliables ?
00:06:43On en discute dans quelques instants avec Baptiste Gilly,
00:06:46porte-parole et délégué national de l'Uni,
00:06:48ainsi que Bastien Bonargent, secrétaire général des jeunes communistes.
00:06:54Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:06:59Ce mouvement est parti d'un cri légitime des classes surchargées,
00:07:04des professeurs absents, des jeunes qui vont mal et qu'on n'écoute pas.
00:07:08Mais aujourd'hui, on parle de mortiers d'artifices, d'incendies, de blessés.
00:07:13On n'en parle plus de leurs revendications.
00:07:16Des lycées bloqués, des cours suspendus,
00:07:18des violences qui inquiètent cette mobilisation.
00:07:20Mais l'école est l'avenir des jeunes au premier plan.
00:07:22Elle révèle aussi des désaccords sur les façons de protester
00:07:25et les réponses à apporter.
00:07:26Les jeunesses irréconciliables, c'est notre fait du jour.
00:07:29Pour en parler, nous recevons Baptiste Gilly,
00:07:31porte-parole et délégué national de l'Uni,
00:07:33et Bastien Bonargent, secrétaire général des jeunes communistes.
00:07:35Bonjour à vous deux.
00:07:36Bonjour messieurs, merci d'être en direct.
00:07:39Et ensemble, en même temps, sur le plateau de Sud Radio,
00:07:42nous sommes évidemment à l'écoute de cette colère lycéenne et estudiantine bientôt.
00:07:47Et nous avons besoin d'avoir la vie des deux sensibilités.
00:07:50Il y en a d'autres, je suppose.
00:07:51Mais enfin, vous êtes deux institutions qui représentaient la jeunesse aujourd'hui,
00:07:56qui est mobilisée.
00:07:56On étendait tout à l'heure le témoignage d'une enseignante qui dit
00:07:59voilà, la colère est légitime, la revendication est nécessaire,
00:08:04la forme que ça prend peut être ensuite plus ou moins contestable
00:08:07selon le taux de violence.
00:08:10Alors, par lequel je vais commencer ?
00:08:11J'en ai un qui est à droite, j'en ai un qui est à gauche,
00:08:13mais ça dépend dans quel écran.
00:08:16Je vais commencer par l'Uni.
00:08:18Parfait.
00:08:19Voilà, je sais que vous êtes plus inquiet que M. Bollargent
00:08:23sur l'issue de ce mouvement lycéen.
00:08:28Il est spontané, malgré tout il a été spontané ou il n'a pas été spontané ?
00:08:32C'est la question qu'on se pose.
00:08:33Il n'est absolument pas spontané, et encore ses revendications,
00:08:35bien qu'elles soient légitimes,
00:08:36elles servent de prétexte, en réalité, à toute une tambouille politique derrière
00:08:39et surtout à commettre des violences, à préparer un soulèvement,
00:08:43notamment orchestré par la France Insoumise et ses proxys.
00:08:46Et donc, on voit effectivement que si on peut avoir des revendications qui sont légitimes,
00:08:50avoir plus de profs à certains endroits, restaurer certains bâtiments légitimes,
00:08:55en fait, c'est se tromper de débat que se focaliser sur ça, malheureusement,
00:08:58puisque ce qui est derrière, c'est que, effectivement,
00:09:00la France Insoumise, ses proxys et toute une myriade d'associations d'extrême-gauche
00:09:03ont préparé ces blocages, les ont poussés, les ont organisés,
00:09:07et en réalité, et c'est malheureux,
00:09:08utilisent les lycéens comme de la chair à canon politique
00:09:10pour servir leur dessin politique.
00:09:12Ce n'est pas la première fois que des mouvances politiques
00:09:15essaient de récupérer une colère sociale,
00:09:17qu'elles soient lycéennes, étudiantes ou ouvrières.
00:09:20Disons que là, la forme de violence auxquelles on assiste
00:09:22va un petit peu plus loin que ce qu'on a pu assister jusqu'à présent.
00:09:25Et surtout, la différence, nous, ce qu'on voit,
00:09:26c'est que là où avant ça pouvait être récupéré,
00:09:28là, on voit vraiment que ces mouvances sont à l'origine de ces soulèvements,
00:09:32et comme je l'ai dit, servent de ces prétextes, entre guillemets,
00:09:34et de ces revendications, pour pouvoir casser,
00:09:37pour pouvoir agréger à ce mouvement des personnes extérieures,
00:09:40et surtout les organiser, des casseurs professionnels,
00:09:43des bloqueurs professionnels, donc voilà.
00:09:47Bastien Bonargent, pardon, vous êtes secrétaire général des Jeunesses Communistes,
00:09:51vous, vous êtes pour une politisation du mouvement,
00:09:55vous estimez qu'il n'y a pas récupération,
00:09:57ou que s'il y a tentative, vous arrivez à la juguler ?
00:09:59Alors, déjà, je ne dirais pas que je suis pour une politisation du mouvement,
00:10:03parce que, vous savez, nous, on est présent justement sur le terrain
00:10:06avec les Jeunes Communistes, auprès des lycéens et des lycéennes
00:10:09qui sont mobilisés, et je crois que ce mouvement, en fait,
00:10:12il est déjà de fait politisé, moi, je ne suis pas d'accord pour dire
00:10:14que c'est un mouvement qui a été lancé par la France Insoumise,
00:10:17ses proxys d'extrême-gauche, ou que les lycéens sont récupérés.
00:10:20À défaut des Français, il peut être entretenu, stimulé, amplifié.
00:10:23Entretenu, stimulé, je pense que c'est le rôle des élus,
00:10:24mais vous savez, nous, avec les Jeunes Communistes,
00:10:26on est présent sur le terrain pour écouter les lycéennes et les lycéens,
00:10:29qu'on a lancé, donc, toute la semaine dernière, une opération de cahier de doléances
00:10:32pour écouter un peu les revendications des lycéennes et des lycéens,
00:10:34parce qu'on les traite de casseurs, de bloqueurs fous, etc.
00:10:39Mais on n'entend peut-être pas assez leurs revendications,
00:10:40donc j'en ai ramené même, je pourrais vous en lire quelques-uns,
00:10:43mais la situation, elle est, je pense, très dure aujourd'hui dans les lycées,
00:10:47un peu partout dans le pays,
00:10:48et je pense que ces lycéens, ils ont beaucoup de revendications politiques
00:10:51et qu'il faut les écouter.
00:10:52Et là-dessus, on parle de jeunesse irréconciliable.
00:10:55Moi, je suis persuadé que ces propositions-là,
00:10:57l'abrogation de Parcoursup, plus de moyens pour les lycées,
00:11:00des lycées qui soient salubres,
00:11:02finis les cours dans les préfabriqués,
00:11:05je suis sûr qu'il y a un consensus national sur ces questions,
00:11:07donc je pense qu'il faudrait qu'on en parle un peu plus.
00:11:09Personne ne conteste, je pense, ici,
00:11:12les causes de cette colère, cette exaspération,
00:11:14cette indignation qui a été soulignée depuis si longtemps,
00:11:17y compris par des partis politiques,
00:11:19qui disent l'école va dans le mur,
00:11:20on a des résultats catastrophiques,
00:11:23certains profs ont écrit des livres
00:11:24qu'ils appellent La Fabrique du Crétin,
00:11:26et on sait aujourd'hui que par manque de moyens,
00:11:28l'éducation nationale, qui devrait être le sanctuaire sacré
00:11:30de la République, lequel on donne tous les efforts,
00:11:32est aujourd'hui dans un État aussi épouvantable
00:11:34que peut être l'hôpital ou d'autres administrations.
00:11:37Pour autant, Bastien Bonsergent,
00:11:40est-ce que...
00:11:41Bon argent !
00:11:42Jacques Bonsergent, c'était un résistant communiste.
00:11:46Bastien Bonsergent,
00:11:47pour autant, est-ce que
00:11:50les extrêmes que l'on voit,
00:11:52est-ce que
00:11:52la pire des situations,
00:11:54la plus noble des colères,
00:11:56la plus justifiée des indignations,
00:11:59peut expliquer que l'on passe à des actes de barbarie,
00:12:03là je pense qu'on peut utiliser le mot barbarie,
00:12:05je ne dis pas que vous les soutenez,
00:12:06mais j'ai entendu beaucoup de responsables politiques dire
00:12:08« Oui, d'accord, c'est très mal,
00:12:10mais vu la situation,
00:12:11on comprend que
00:12:12les jeunes en est ras-le-bol,
00:12:14et qu'ils en arrivent à de tels extrêmes. »
00:12:16Je ne pense pas que ça serve la cause étudiante et lycéenne
00:12:19que de cogner sur des flics à terre
00:12:22et de mettre le feu.
00:12:24Alors, taper sur la police,
00:12:25c'est une vieille rengaine étudiante,
00:12:28CRSSS, moi j'ai grandi là-dedans,
00:12:30mais brûler, brûler l'édifice,
00:12:32brûler sa propre maison,
00:12:35brûler l'outil de travail,
00:12:37brûler le sanctuaire du savoir
00:12:39et la transmission de la connaissance
00:12:40qui vous est destinée,
00:12:41est-ce que pour un jeune,
00:12:43ce n'est pas faire une grande erreur
00:12:45psychologique et philosophique ?
00:12:46Non, mais vous savez,
00:12:48au Parti communiste,
00:12:49comme au jeune communiste,
00:12:49on a toujours été très clair,
00:12:50je pense qu'aujourd'hui,
00:12:52il faut que ces mobilisations
00:12:52se tiennent le plus sereinement possible.
00:12:54Après, moi j'interroge,
00:12:55à qui la responsabilité ?
00:12:56On voit aujourd'hui la doctrine
00:12:57de maintien de l'ordre
00:12:58qui est celle du gouvernement,
00:12:59qui je pense met aujourd'hui
00:13:00beaucoup de jeunes en danger.
00:13:02On parle beaucoup des violences
00:13:03et des dégradations,
00:13:03et bien sûr, évidemment,
00:13:04qu'on est toutes et tous atterrés
00:13:06et inquiets
00:13:07quand on voit des lycées qui brûlent,
00:13:08quand on voit les violences
00:13:09qui peuvent être faites ou commises.
00:13:11Mais est-ce qu'on peut aussi parler
00:13:13des images de ces lycéens et lycéennes
00:13:15qui ont été bloquées
00:13:16sur des mobilisations ?
00:13:17On a vu un lycéen
00:13:18qui a perdu un oeil à tour
00:13:19la semaine dernière.
00:13:20On a vu des lycéens
00:13:21qui ont été éborgnés,
00:13:22qui ont perdu des dents.
00:13:24Vous savez,
00:13:24chez les jeunes communistes,
00:13:25on a trois lycéens mineurs
00:13:26et pour le coup,
00:13:26je peux en attester
00:13:27parce qu'on est présents
00:13:29au quotidien sur le terrain
00:13:30qui ont été mis en garde à vue
00:13:31et leur seul fait commis,
00:13:34c'est d'avoir protesté
00:13:35pour demander plus de moyens
00:13:35dans l'éducation nationale.
00:13:37Moi, j'interroge aujourd'hui
00:13:38la doctrine de maintien de l'ordre.
00:13:39Et voilà,
00:13:39et je le dis très sincèrement
00:13:40pour terminer là-dessus,
00:13:41je pense qu'aujourd'hui,
00:13:43il ne faut pas parler simplement
00:13:44de ces questions
00:13:46violences, répression
00:13:47parce que c'est un écran de fumée.
00:13:48C'est ce que veut le gouvernement.
00:13:49Nous, on est là
00:13:50et moi, si je suis ici aujourd'hui,
00:13:51c'est pour parler
00:13:52des revendications
00:13:52des lycéennes et des lycéens,
00:13:54de l'état de l'école publique,
00:13:55de l'état de l'orientation
00:13:57aujourd'hui dans ce pays,
00:13:58du manque de professeurs,
00:13:58des lycées dégradés.
00:13:59Et je pense que
00:14:00le gouvernement est bien content
00:14:02quand on évite ces questions-là
00:14:03et qu'on se contente
00:14:08la consigne de casser du fric
00:14:10est une consigne
00:14:10qui a été donnée volontairement
00:14:12et de brûler les...
00:14:13Moi, je n'ai jamais entendu
00:14:14cette consigne.
00:14:15Même l'extrême-gauche
00:14:15le dit très souvent.
00:14:16Là, on a vraiment
00:14:17l'inversion accusatoire totale.
00:14:18Donc, s'il y a des violences,
00:14:19s'il y a des dégradations,
00:14:21c'est la faute de la police
00:14:23du maintien de l'ordre.
00:14:23Moi, je suis allé sur le terrain
00:14:24du maintien de l'ordre.
00:14:25Il n'y en a pas du tout,
00:14:26voire très très peu
00:14:27parce qu'il y a la consigne
00:14:28de laisser faire.
00:14:29Et oui, encore une fois,
00:14:30s'il y a des personnes
00:14:30qui se retrouvent en garde à vue
00:14:31pour bloquer,
00:14:31je rappelle que les blocages
00:14:33sont illégaux aux lycées
00:14:34comme dans les universités.
00:14:35Donc oui,
00:14:35quand on contrevient
00:14:36à l'ordre public,
00:14:37c'est normal qu'on finisse
00:14:37en garde à vue.
00:14:38Et là, en l'occurrence,
00:14:39le fait est que,
00:14:40à part pour des faits de violence,
00:14:42les gardes à vue
00:14:42ne sont très peu mis en oeuvre
00:14:44pour des lycéens
00:14:44qui iraient bloquer.
00:14:45Et encore une fois,
00:14:46les jeunes du Parti communiste
00:14:48mettent en avant
00:14:49ces revendications à l'ICN.
00:14:50Très bien,
00:14:51c'est justement ce qu'il faudrait,
00:14:52c'est légitime.
00:14:53Mais le fait est que,
00:14:54même les communistes
00:14:55sont vraiment utilisés
00:14:57comme les idiots utiles
00:15:01que vous ne condamnez
00:15:03ni les violences,
00:15:03vous les créez même
00:15:05puisqu'en réalité,
00:15:05quand vous appelez à bloquer,
00:15:06quand vous engrainez un mouvement,
00:15:07vous servez la France insoumise là-dedans.
00:15:10Quelle violence ?
00:15:10Je reprends quand même,
00:15:11il faut aller voir
00:15:12ce qui se passe sur le terrain.
00:15:13Je vous donne une image
00:15:14que quand il y a des policiers
00:15:15qui sont frappés au sol,
00:15:16quand il y a des lycées
00:15:18qui sont brûlés,
00:15:18ce sont des violences.
00:15:19Alors, tu ne les condamnes pas,
00:15:20c'est ton droit.
00:15:21J'ai dit juste avant
00:15:23que toutes les violences
00:15:23étaient dommages.
00:15:23Pourtant, on est à l'origine
00:15:24parce que quand tu appelles à bloquer,
00:15:26il est vrai qu'on aimerait
00:15:28des positions claires.
00:15:29Ah, mais des positions très claires.
00:15:31On ne sollicite aucune vie.
00:15:32C'est trop facile
00:15:33d'engrainer le mouvement
00:15:34et puis sur un coin de table
00:15:35de prendre avis.
00:15:36Du côté de l'Uni,
00:15:37évidemment,
00:15:38on soutient la revendication
00:15:40parce qu'elle est légitime
00:15:41sans basculer dans ce truc.
00:15:42Peut-être juste sur l'Uni.
00:15:44Vous avez raison tous les deux,
00:15:45c'est un peu la forme
00:15:47dont on approche
00:15:49la violence.
00:15:50Plus loin que ça.
00:15:51Il faut la comprendre
00:15:52et à l'Uni,
00:15:53on dit non.
00:15:54Pour rebondir,
00:15:54parce qu'on dit beaucoup
00:15:56l'Uni,
00:15:56tout le monde soutient
00:15:56la revendication,
00:15:57vous êtes pour
00:15:58l'abrogation de Parcoursup ?
00:15:59Ça dépend, non, en soi.
00:16:00Vous êtes pour un plan d'urgence
00:16:01aujourd'hui
00:16:02pour plus de moyens
00:16:03dans l'école publique ?
00:16:04Oui, il faut plus de moyens
00:16:05dans certains endroits
00:16:06dans l'école publique.
00:16:07Ça, c'est clair et net
00:16:07et ça crève les yeux
00:16:08pour absolument tout le monde
00:16:09qu'on soit de droite, de gauche.
00:16:10Et sur l'abrogation de Parcoursup ?
00:16:12Ça, je vous l'ai dit,
00:16:13nous, on pense que Parcoursup,
00:16:14en partie, ça peut être
00:16:14un vrai plus.
00:16:15Après, je ne crois pas
00:16:16que ce soit le sujet
00:16:16mais je serai prêt
00:16:17d'avoir un débat.
00:16:18Ah si, si, si,
00:16:18c'est le sujet, regardez juste toi.
00:16:19Mais justement, regardez
00:16:19ce qu'on fait.
00:16:21L'un après l'autre,
00:16:22l'un après l'autre,
00:16:23sinon on n'entend personne.
00:16:24Justement, on nous rabâche
00:16:25les oreilles
00:16:26avec ces revendications
00:16:27qui, pour la majorité,
00:16:28sont légitimes.
00:16:29Sauf que, encore une fois,
00:16:30et je le répète ici
00:16:31comme de partout
00:16:31sur le terrain aussi,
00:16:32c'est se tromper de débat.
00:16:34Ce mouvement n'a plus rien
00:16:35de lycéen.
00:16:36C'est un mouvement politique
00:16:37à sa racine
00:16:38jusqu'à maintenant
00:16:39qui mène à des violences
00:16:40et qui sert,
00:16:41et les communistes servent,
00:16:46des mois.
00:16:47Et les renseignements,
00:16:48d'ailleurs, tu as dit
00:16:49que tu n'étais pas d'accord
00:16:50avec mes affirmations.
00:16:51Les renseignements
00:16:52ont fait un papier
00:16:53qui est sidérant
00:16:53sur ce sujet-là.
00:16:54Et nous, on le voit
00:16:55sur le terrain,
00:16:56les proxys de la France insoumise
00:16:57mènent, attisent les flammes,
00:16:59embrasent le tout
00:17:00et ça donne ces violences-là.
00:17:02Je constate que le sujet
00:17:02de ce débat est tout à fait pertinent.
00:17:04Les réconsciabilités
00:17:06des deux parties
00:17:07et on voit bien
00:17:08qu'il y a un clivage politique.
00:17:09Anissa, est-ce qu'il y a
00:17:09une tentative, malgré tout,
00:17:11de récupération ?
00:17:12En fait, je vous écoute
00:17:13effectivement tous les deux
00:17:14et chacun défend
00:17:16l'un dit oui
00:17:16récupération politique
00:17:18et puis l'autre dit non.
00:17:20En fait, en réalité,
00:17:20la question qu'on peut se poser,
00:17:21c'est est-ce qu'il est possible
00:17:22d'échapper
00:17:23à la récupération politique ?
00:17:25Parce que l'histoire,
00:17:26jusqu'à présent,
00:17:27nous a quand même montré
00:17:28que les mouvements de jeunes
00:17:29ont toujours été récupérés
00:17:31politiquement.
00:17:32On fait un petit récap.
00:17:33Je vous laisserai parler après.
00:17:36Mais en mai 68,
00:17:37la contestation étudiante
00:17:38devient une crise nationale.
00:17:39Le 28 mai,
00:17:40François Mitterrand
00:17:40annonce sa candidature
00:17:42à la présidence
00:17:42et récupère un peu
00:17:43la crise sociale
00:17:44à son avantage.
00:17:45La marche pour l'égalité,
00:17:461983,
00:17:47dite marche des beurres,
00:17:48elle part de Marseille
00:17:49le 15 octobre,
00:17:50elle arrive à Paris
00:17:50le 3 décembre.
00:17:51En 84,
00:17:52donc dans la foulée,
00:17:53création de SOS Racisme,
00:17:54filiale du Parti Socialiste
00:17:56à l'époque,
00:17:57qui suscite des divisions
00:17:58mais qui porte désormais
00:17:59la parole d'un groupe
00:18:01qui a vu le jour
00:18:02à ce moment-là.
00:18:03Ce n'est pas terminé.
00:18:05En 86,
00:18:05et là,
00:18:06ce n'est pas non plus
00:18:06une liste exhaustive
00:18:07contre le projet de vac
00:18:08à Isabelle Thomas,
00:18:09figurée étudiante,
00:18:10déjà militante socialiste,
00:18:11voit sa carrière politique
00:18:12décollée.
00:18:13Ce n'était pas volontaire
00:18:14de ne prendre que
00:18:14des exemples de gauche,
00:18:16ce sont ceux qui sont
00:18:16les plus connus.
00:18:18Même chose pour les intérêts
00:18:20politiques autour du CPE
00:18:21en 2026.
00:18:22Donc là,
00:18:23on n'est plus sur la gauche.
00:18:24Voilà.
00:18:24Nicolas Sarkozy
00:18:25profite de l'affaiblissement
00:18:26de son rival Dominique
00:18:27de Villepin
00:18:28et les manifestants
00:18:29obtiennent eux
00:18:30l'abandon du contrat
00:18:31le 10 avril.
00:18:33Tout ça pour vous dire quoi ?
00:18:34Tout ça pour dire que
00:18:34finalement,
00:18:35des récupérations politiques
00:18:36ont toujours existé
00:18:37et finalement des deux côtés.
00:18:38C'est-à-dire que
00:18:40c'est un jeu social
00:18:41et politique
00:18:42auquel on assiste
00:18:43depuis un paquet d'années.
00:18:44Est-ce que finalement
00:18:45c'est si difficile aussi
00:18:46pour vous
00:18:46de reconnaître
00:18:47que malgré tout,
00:18:49peut-être qu'il y a
00:18:49récupération politique
00:18:50pour chacun des partis ?
00:18:51Je donne d'abord la parole
00:18:52à Baptiste Gilly
00:18:54et après à Bastien Monarch.
00:18:56Effectivement,
00:18:56sauf que la différence
00:18:57entre les mouvements
00:18:58dont vous avez parlé
00:18:59et à juste titre,
00:19:00c'est que là,
00:19:01les instigateurs
00:19:02en sont les proxys
00:19:03de la France insoumise
00:19:04et l'extrême gauche.
00:19:05C'est ça la différence,
00:19:05ce n'est pas une récupération
00:19:06après,
00:19:07c'est une récupération
00:19:08avant
00:19:09et une instigation.
00:19:10Et elle est là
00:19:11la différence fondamentale
00:19:11et c'est pour ça
00:19:12que je le répète tout le temps
00:19:13mais j'ai l'impression
00:19:13d'être un peu
00:19:14dans une marge
00:19:14des somnambules,
00:19:15c'est-à-dire qu'on pose
00:19:16les termes du débat
00:19:18mais ce sont les mauvais
00:19:18termes qui sont posés.
00:19:19On n'est pas face
00:19:20à une récupération
00:19:21a posteriori
00:19:22avec une désolidarisation
00:19:23des violences,
00:19:24tout ça.
00:19:24Non,
00:19:25c'est la France insoumise
00:19:26et ses proxys
00:19:27qui ont posé
00:19:27les bombes
00:19:28de cette instigation.
00:19:29Vous parlez d'instigation.
00:19:30Oui,
00:19:31et ça n'est pas un avis,
00:19:32ça a été prouvé
00:19:33par les renseignements,
00:19:34on le voit sur le terrain,
00:19:35tout ça est montré,
00:19:36on l'a devant les yeux
00:19:37et pourtant on continue
00:19:38à définir les termes
00:19:39du débat
00:19:40de manière faussée.
00:19:41Alors, peut-être pas tous,
00:19:42vous vous admettez
00:19:42qu'il y a peut-être
00:19:43des lycéens sincèrement
00:19:44qui sont dans la mobilisation.
00:19:45Mais parce que ça passe aussi
00:19:46par les réseaux sociaux.
00:19:47Oui, effectivement,
00:19:47que les lycéens,
00:19:48encore une fois,
00:19:48je le dis,
00:19:48ça n'est pas en soi
00:19:49pour tous leur faute.
00:19:51Ils sont en soi,
00:19:52et ce n'est pas du tout infantilisant,
00:19:53pour une grande partie d'entre eux,
00:19:55manipulés par certains groupuscules
00:19:56de manière insidieuse,
00:19:58pas forcément avec une étiquette.
00:19:59Et ça ne retire rien
00:20:00à leur colère.
00:20:00Comment ?
00:20:01Et ça ne retire rien
00:20:02à la justification de leur colère.
00:20:03Mais oui,
00:20:03mais justement,
00:20:04c'est parce que la France Insoumise
00:20:05a senti ce terreau fertile
00:20:06pour pouvoir faire exploser la chose.
00:20:08Baptiste Bonin,
00:20:09bastez-moi l'argent.
00:20:10Ne prétendons pas
00:20:12plus de place
00:20:13qu'ils n'en ont aujourd'hui
00:20:14à la France Insoumise.
00:20:14Encore là,
00:20:15vous êtes dans le même écueil
00:20:16que les mêmes choses.
00:20:17Laissez-moi terminer,
00:20:17si vous pouvez,
00:20:18je vous ai laissé parler.
00:20:19Moi,
00:20:20je suis atterré
00:20:20d'entendre quand même
00:20:21de tel propos.
00:20:21On a plus de 1000 lycées
00:20:23qui ont été mobilisés
00:20:24la semaine dernière.
00:20:25Il y en a plus de 400 ce matin.
00:20:26C'est quand même
00:20:27prêter beaucoup d'intention
00:20:28à la France Insoumise
00:20:28que d'essayer de dire ça.
00:20:29Puis d'ailleurs,
00:20:30il n'y a pas que la France Insoumise
00:20:30qui est présente
00:20:31sur les mobilisations lycéennes.
00:20:33J'ai entendu Fabien Roussel
00:20:34se dérir le moment.
00:20:37Ce matin,
00:20:38peut-être une image
00:20:39que j'ai trouvée magnifique,
00:20:40c'est les lycées immobilisés
00:20:41sur le parvis de la mairie de Vitry
00:20:42avec le maire Pierre Belloc.
00:20:43Et peut-être pour terminer là-dessus
00:20:45parce que je pense que c'est important.
00:20:46Moi, vous savez,
00:20:46je ne suis pas là
00:20:47pour parler de récupération politique.
00:20:49Laissons de côté
00:20:49la France Insoumise.
00:20:50Laissons de côté
00:20:51même les communistes.
00:20:52Lisons les témoignages
00:20:53des lycéennes et des lycéens
00:20:54et ce qu'ils nous disent sur le terrain.
00:20:5539 élèves par classe.
00:20:56Pas de prof d'histoire,
00:20:57pas de prof de français.
00:20:59Pas de prof de LV2.
00:21:01Des classes surchargées,
00:21:02lycées insalubres,
00:21:03des cours dans les préfabriqués,
00:21:04des toilettes de sang.
00:21:05Nous sommes d'accord.
00:21:06Nous sommes en précaus.
00:21:07C'est ça qu'il y a aussi.
00:21:08La séquence est terminée, messieurs.
00:21:10Donc, je vais vous réinviter
00:21:11parce que je pense
00:21:12que l'affaire n'est pas terminée.
00:21:14Vous n'avez pas tout dit.
00:21:15Je constate que nous,
00:21:16à Nessai,
00:21:16nous n'avons pas du tout réconcilié,
00:21:18que vous comptez sur vos positions
00:21:19avec beaucoup de ferveur
00:21:20et de détermination
00:21:21et que pour autant,
00:21:22on va voir la suite des événements
00:21:24et si vous voulez bien,
00:21:25vous reviendrez pour suivre
00:21:26ce passionnant échange
00:21:27sur Sud Radio
00:21:28qui vous remercie infiniment
00:21:29d'avoir été disponible.
00:21:31A très bientôt.
00:21:31Merci, messieurs.
00:21:32Entre profs manquants et violences,
00:21:33la crise étudiante
00:21:34n'a pas fini de susciter le débat.
00:21:36Nous verrons aussi dans quelques instants
00:21:38que la diffusion d'un film
00:21:39très attendu
00:21:40consacré à Samuel Paty
00:21:42est reporté.
00:21:43Nous reviendrons également
00:21:44sur un sujet capital,
00:21:45celui de l'hôpital public
00:21:47où des gens continuent
00:21:47à être abandonnés
00:21:49sur des brancards
00:21:50pendant des heures,
00:21:51faute de personnel et de moyens.
00:21:52Enfin, nous verrons
00:21:53que l'Iran nous donne des leçons.
00:21:55Les Etats,
00:21:56les perles du jour.
00:21:58Anissa ?
00:21:59Mais oui.
00:22:00On va parler.
00:22:02Encore des lycéens.
00:22:03Les lycéens privés de cours,
00:22:03voilà.
00:22:04Bien sûr,
00:22:04on prolonge le débat.
00:22:05Ne sont pas contents.
00:22:06Alors,
00:22:07ils ne sont pas contents.
00:22:08Alors,
00:22:08effectivement,
00:22:08on peut soutenir
00:22:09les revendications
00:22:10des lycéens
00:22:11et vouloir retourner en cours.
00:22:13C'est le cas
00:22:13de plusieurs jeunes
00:22:14et ce matin,
00:22:15c'est ce qu'on découvre
00:22:16dans les colonnes du Parisien
00:22:17qui raconte
00:22:18que des jeunes
00:22:18sont choqués
00:22:19par les violences
00:22:20mais s'inquiètent
00:22:20tout de même
00:22:21pour leur avenir.
00:22:22On parle par exemple
00:22:23d'Alicia.
00:22:24Alors,
00:22:24ce n'est pas son vrai prénom.
00:22:25Elle est en Terminal Pro
00:22:26en Seine-et-Marne
00:22:27et puis,
00:22:27il lui manque des profs.
00:22:28Ok,
00:22:28bah oui.
00:22:29Alors,
00:22:29la semaine dernière,
00:22:30elle écrit au ministre,
00:22:30son cabinet lui répond
00:22:31qu'il travaille durement
00:22:32au recrutement
00:22:33mais ce lundi,
00:22:34elle attend encore
00:22:35et aujourd'hui,
00:22:36c'est le feu.
00:22:36Selon le ministre,
00:22:37les cours devraient être
00:22:38totalement ou partiellement
00:22:39suspendus
00:22:39dans 400 à 500 établissements
00:22:41aujourd'hui.
00:22:42Seulement,
00:22:42les cours qui sautent,
00:22:43ça n'a pas commencé
00:22:44avec les blocus.
00:22:46Dès le 4 septembre,
00:22:48selon la SNES-FSU,
00:22:4953% des collèges
00:22:51et lycées publics
00:22:52manquaient d'au moins
00:22:53un prof,
00:22:54des postes vacants
00:22:55ou des remplacements
00:22:56non assurés.
00:22:57Et dans ce contexte,
00:22:58le gouvernement
00:22:59a tout de même acté,
00:23:00il faut le préciser
00:23:02pour cette rentrée 2026,
00:23:054018 suppressions
00:23:06d'emplois d'enseignants
00:23:07pour cette rentrée.
00:23:09Donc,
00:23:101891 dans les écoles publiques,
00:23:121365 dans les collèges
00:23:13et lycées publics
00:23:14et 762 dans le privé
00:23:15sous contrat.
00:23:16Donc,
00:23:17le gouvernement a expliqué
00:23:18et justifié
00:23:19cette suppression
00:23:20de postes d'emplois
00:23:21d'enseignants
00:23:21pour cette rentrée,
00:23:22je vous rappelle
00:23:23le contexte tout de même,
00:23:24parce que
00:23:25ce serait pour des raisons
00:23:27de cartes démographiques.
00:23:29Alors,
00:23:29ils expliquent
00:23:30qu'il y a moins d'élèves,
00:23:31soit chaque cours perdu
00:23:32ne vient pas d'un poste supprimé,
00:23:34ok,
00:23:35mais quand des jeunes
00:23:36attendent déjà leur prof,
00:23:37pourquoi supprimer
00:23:38des emplois ?
00:23:39Faire cesser les violences,
00:23:40oui,
00:23:40donner aux élèves
00:23:41les cours auxquels
00:23:42ils ont droit aussi.
00:23:43Et oui,
00:23:44et oui,
00:23:45et oui.
00:23:45Mais là,
00:23:46on voit bien,
00:23:46et on a eu la préuve
00:23:47avec ce débat
00:23:49entre l'uni et les jeunesses
00:23:51du Parti communiste
00:23:51qu'il y a des positions
00:23:52qui sont très très très clivées.
00:23:54C'est très clivant,
00:23:56bien sûr.
00:23:56Et on retrouve cette tension
00:23:58dans la rue
00:23:58et on retrouve cette tension
00:23:59dans le débat politique.
00:24:00Et on voit bien quand même
00:24:01qu'il y a des forces politiques
00:24:02qui voudraient que le mouvement
00:24:03s'étende maintenant
00:24:03aux étudiants
00:24:05et de provoquer
00:24:06un petit grand soir.
00:24:07En revanche,
00:24:07ils sont d'accord sur le fond
00:24:08quand même,
00:24:09sur le fait d'avoir plus de moyens
00:24:10au niveau de l'éducation nationale.
00:24:12L'école est dans un état
00:24:12d'élabrement total.
00:24:13L'éducation nationale
00:24:14est dans un échec
00:24:15et d'un fiasco absolument retentissant
00:24:16en responsabilité totale
00:24:17de la classe politique.
00:24:18Et pourtant,
00:24:19les jeunes sont dans la rue
00:24:20et on est arrivé quand même
00:24:21à les diviser.
00:24:22J'allais vous dire,
00:24:23s'ils étaient unis,
00:24:24le mouvement serait encore plus violent.
00:24:26Donc,
00:24:26on verra bien comment ça évolue.
00:24:29J'ai jamais rêvé d'être un héros.
00:24:31Mais que mes cours éveillent une vocation,
00:24:33ça oui,
00:24:33j'avoue que j'en ai rêvé.
00:24:36Bonjour M. Paty.
00:24:38Aujourd'hui,
00:24:39on va faire une étude de cas.
00:24:40Liberté de l'expression,
00:24:41liberté de la presse.
00:24:42Ça vous dit quelque chose ?
00:24:43C'est Charlie Hebdo ?
00:24:44Exactement.
00:24:45Voilà,
00:24:45vous avez reconnu
00:24:46une scène du film
00:24:48L'Abandon
00:24:50où la tragédie
00:24:51ayant abouti
00:24:53à la décapitation
00:24:54de Samuel Paty
00:24:55est racontée
00:24:56dans les moindres détails
00:24:58avec la vérité
00:24:59sur cette tragique affaire
00:25:02qui abîme
00:25:03qui abîme la France,
00:25:04qui abîme la République
00:25:05et qui reste aujourd'hui
00:25:07un sujet de profonde actualité.
00:25:09On sait la pudeur
00:25:10avec laquelle
00:25:10l'administration
00:25:11a abordé cette thématique
00:25:13et notamment
00:25:14dans le débat scolaire
00:25:15et donner le nom
00:25:17Samuel Paty
00:25:17à un lycée
00:25:18n'a pas été une chose évidente.
00:25:19Et là,
00:25:20il devait y avoir
00:25:21la programmation
00:25:22d'un téléfilm
00:25:23coproduit par France Télévisions
00:25:25qui s'appelle
00:25:26La Rumeur
00:25:27réalisé par Rodolphe Tissot
00:25:29qui devait être
00:25:30normalement programmé
00:25:31cet automne.
00:25:32Et on apprend
00:25:33que cette programmation
00:25:34est reportée
00:25:35à une date ultérieure.
00:25:37Donc évidemment,
00:25:38il y a une énorme déception
00:25:41chez tous les Français
00:25:42et tous les Français
00:25:43qui attendaient
00:25:44que le service public
00:25:45s'implique
00:25:46évidemment
00:25:46dans cette tragédie,
00:25:48dans cette affaire politique
00:25:50qui prend des proportions
00:25:52absolument épouvantables
00:25:53parce que
00:25:53la décapitation
00:25:54d'un professeur
00:25:55dans ces conditions
00:25:55et ensuite
00:25:56la mort de Doug Biné
00:25:57Biennard prouve
00:25:58qu'il y a
00:25:59dans ce pays
00:25:59un malaise énorme
00:26:01et on attendait
00:26:02que la télévision
00:26:03justement
00:26:03s'implique.
00:26:04Donc,
00:26:05écoutez,
00:26:05on n'a pas les raisons
00:26:07exactes,
00:26:08elles sont techniques.
00:26:08Peut-être que
00:26:09France Télévisions
00:26:10veut attendre
00:26:10que la situation
00:26:11soit un peu plus apaisée,
00:26:12que l'impact
00:26:14du film
00:26:14de l'abandon
00:26:15soit un petit peu plus
00:26:16j'allais dire
00:26:18éteint
00:26:18pour diffuser.
00:26:19Enfin,
00:26:20on attend avec impatience
00:26:21et j'espère que
00:26:22si ce n'est pas
00:26:22au mois d'octobre
00:26:24ou novembre
00:26:24cet automne
00:26:24que ce soit
00:26:25en début d'année prochaine
00:26:26que la rumeur
00:26:27qui paraît-il
00:26:27est un formidable documentaire
00:26:29sera diffusée
00:26:30sur les ondes
00:26:30de France Télévisions.
00:26:33Je me suis retrouvée
00:26:34aux urgences
00:26:34où j'ai été
00:26:36tout de suite
00:26:37bien accueillie
00:26:39gentiment
00:26:40on m'a fait enfiler
00:26:41la casa classique
00:26:42des hôpitaux
00:26:43on m'a mis
00:26:44sur un brancard
00:26:46et ce brancard
00:26:47on l'a mis
00:26:48ensuite dans un box
00:26:50en me faisant
00:26:50traverser des couloirs
00:26:53hallucinants
00:26:53c'était bondé
00:26:55de gens
00:26:55sur des brancards
00:26:56et s'ils sont là
00:26:57sur des brancards
00:26:58c'est qu'ils souffrent
00:26:59qu'ils ont besoin
00:26:59de soins
00:27:00plein, plein, plein
00:27:01à ce moment-là
00:27:02je ne savais pas
00:27:03que ce brancard
00:27:05allait devenir
00:27:06mon lieu de vie
00:27:07pendant six jours.
00:27:08Et voilà
00:27:08un brancard
00:27:09qui devient
00:27:09un lieu de vie
00:27:10pendant des jours
00:27:11c'est un témoignage
00:27:13assez difficile à écouter
00:27:14mais c'est aussi
00:27:14un témoignage
00:27:15qu'on pourrait entendre
00:27:16à peu près
00:27:17cent fois par jour
00:27:19puisque notre hôpital public
00:27:20aujourd'hui
00:27:21ne sait plus
00:27:21recevoir ces malades
00:27:23dans une enquête
00:27:24qui a été publiée
00:27:25dans le journal
00:27:25Le Parisien
00:27:26il y a quelques jours
00:27:27mais qui est passée
00:27:28un peu inaperçue
00:27:29en raison de l'actualité
00:27:30bouillante
00:27:30que l'on traverse
00:27:31et bien on découvre
00:27:33on découvre un peu
00:27:34la situation
00:27:34de la PHP
00:27:35et des efforts de guerre
00:27:36qu'ils tentent
00:27:37de mettre en place
00:27:38pour améliorer
00:27:39la situation
00:27:40dans leur couloir
00:27:41remplie donc
00:27:41de ce qu'on appelle
00:27:42les patients brancards
00:27:43c'est un peu le témoignage
00:27:44que vous venez d'écouter
00:27:45vous savez donc
00:27:46ces personnes
00:27:46qui se retrouvent
00:27:47à patienter
00:27:47des heures
00:27:48leur prise en charge
00:27:49on rappelle
00:27:50que s'ils sont
00:27:50sur un brancard
00:27:51c'est pas par hasard
00:27:52en général
00:27:53si on va à l'hôpital
00:27:53c'est pas pour le plaisir
00:27:54c'est qu'on ne se sent
00:27:55vraiment pas bien
00:27:55les chiffres évoqués
00:27:57par l'enquête
00:27:57du journal
00:27:58révèlent que
00:27:59ces fameux patients brancards
00:28:00ont été en moyenne
00:28:01118 chaque jour
00:28:02en 2025
00:28:03contre 109
00:28:03en 2024
00:28:05donc il y a une augmentation
00:28:06avec une attente
00:28:07en moyenne
00:28:07de 19h
00:28:08on apprend que ce décompte
00:28:10est suivi de très près
00:28:11et que les hôpitaux
00:28:12remontent
00:28:13les chiffres
00:28:14au siège
00:28:14trois fois par jour
00:28:15donc il y a une attention
00:28:16toute particulière
00:28:17soit
00:28:1819h
00:28:19quand on est malade
00:28:19âgé
00:28:20épuisé
00:28:20c'est une épreuve douloureuse
00:28:21traumatique
00:28:22et le sujet dépasse
00:28:23finalement de loin
00:28:24celui du simple confort
00:28:25pour sortir de cette situation
00:28:28la PHP travaille
00:28:29depuis plusieurs années
00:28:30sur l'organisation
00:28:31pour mieux
00:28:32repérer les lits
00:28:33faciliter les transferts
00:28:34coordonner les urgences
00:28:35avec les services
00:28:36qui peuvent accueillir les malades
00:28:37alors évidemment bravo
00:28:37à la PHP
00:28:38qui fait de son mieux
00:28:39pour améliorer la situation
00:28:40alors ils font de leur mieux
00:28:41ça c'est sûr
00:28:41mais rappelons tout de même
00:28:43les responsabilités politiques
00:28:44qui se cachent derrière
00:28:45cette situation
00:28:46et rendons à César
00:28:47ce qui appartient à César
00:28:48ces objectifs budgétaires
00:28:50de suppression
00:28:51de personnel
00:28:52ils ont été encouragés
00:28:54et je dis encouragés
00:28:55même si je pense au fond
00:28:56ordonnés
00:28:57par l'Union Européenne
00:28:58en 2015
00:28:58le conseil de l'Union Européenne
00:28:59relevait les 11 milliards
00:29:01d'économies sur la santé
00:29:02déjà prévues par la France
00:29:03pour 2015-2017
00:29:05ils demandaient des efforts
00:29:06supplémentaires
00:29:06notamment sur les dépenses
00:29:08hospitalières
00:29:08c'est écrit dans sa recommandation
00:29:10j'en profiterai également
00:29:11pour rappeler que
00:29:12Jean Castex
00:29:13Premier ministre
00:29:13lors de la crise Covid
00:29:14a participé au pilotage
00:29:16des réformes hospitalières
00:29:17en 2006
00:29:18directeur de l'hospitalisation
00:29:19et de l'organisation
00:29:20des soins au ministère
00:29:21il défendait devant les députés
00:29:22la tarification à l'activité
00:29:24instaurée en 2004
00:29:25il lui reconnaissait lui-même
00:29:26un effet restructurant
00:29:27donc ces décisions
00:29:28ont été prises
00:29:29par les autorités françaises
00:29:30l'organisation de l'hôpital
00:29:31et l'allocation de ces ressources
00:29:32restent de leur responsabilité
00:29:34et aujourd'hui
00:29:34on demande à la PHP
00:29:35de trouver des solutions
00:29:36donc des solutions
00:29:38à des problèmes
00:29:38qui ont été créés
00:29:40et pas par la PHP
00:29:41voilà
00:29:41d'autant à Nyssa
00:29:42qu'on sait que
00:29:4360% du personnel hospitalier
00:29:45aujourd'hui
00:29:46est dans la partie administrative
00:29:47donc on serait dire
00:29:48que puisque ce sont des génies
00:29:49qui sont à l'organisation
00:29:51de l'hôpital
00:29:51il ne devrait y avoir
00:29:52pas ce genre de problème
00:29:53et là
00:29:54quand on voit ces images
00:29:55mais ce sont des images
00:29:56de documentaires
00:29:56des années 70-80
00:29:58quand on est allé voir
00:29:59les pays du quart monde
00:30:00voilà
00:30:01en Asie ou en Afrique
00:30:02on voyait des situations
00:30:02et bien la France
00:30:03aujourd'hui
00:30:04est dans la même situation
00:30:05que ces pays désastreux
00:30:07il y a quand même
00:30:07une responsabilité des politiques
00:30:09majeures
00:30:10un aveuglement
00:30:10un foutage de gueule
00:30:11de la lâcheté
00:30:12de la démission
00:30:12on peut tous les passer en vue
00:30:14c'est toujours le même résultat
00:30:17alors il semblerait que l'Iran
00:30:19nous donne des leçons de gestion
00:30:21alors on a cru à une blague
00:30:22on s'est dit
00:30:23c'est pas le 1er avril
00:30:24c'est pas une fake news
00:30:25il y a quelqu'un
00:30:27qui a mal compris
00:30:28non le porte-parole
00:30:29du gouvernement iranien
00:30:30s'inquiète
00:30:31mais alors
00:30:32avec une voix
00:30:33tout à fait compassée
00:30:34du traitement disproportionné
00:30:37c'est la formule
00:30:38en iranien
00:30:39en farsi
00:30:41qui est celle
00:30:42qu'il reproche
00:30:43au gouvernement français
00:30:43de la part d'un gouvernement
00:30:45je vais même pas citer les chiffres
00:30:46voilà
00:30:47qui a massacré sa population
00:30:48qui a fusillé sa jeunesse
00:30:51qui a continué à la pendre
00:30:53enfin
00:30:53l'Iran a donné l'image
00:30:55d'une des plus violentes répression
00:30:57du 20ème siècle
00:30:58du 21ème siècle
00:30:59en tout cas
00:30:59ces derniers temps
00:31:00et dire que la France
00:31:02aujourd'hui
00:31:03traite mal ses lycéens
00:31:04alors je pense
00:31:05qu'ils ont dû être informés
00:31:06par un certain parti politique
00:31:09peut-être à France Insoumise
00:31:10je ne sais pas
00:31:11mais en tout cas
00:31:12les condamnations de l'Iran
00:31:13on ressemble mot à mot
00:31:14aux dénonciations
00:31:15que certains partis politiques
00:31:17font de la situation
00:31:18en France
00:31:18alors
00:31:19on dit aux imams
00:31:20et aux mollahs
00:31:21écoutez
00:31:21occupez-vous
00:31:22de votre population
00:31:24qui est déjà
00:31:25bien mal traitée
00:31:26nous occupons
00:31:27de notre jeunesse
00:31:27et les vaches
00:31:28alors est-ce qu'on peut dire
00:31:29les vaches
00:31:29ou les brebis
00:31:30ou ce que l'on veut
00:31:31voilà
00:31:31en tout cas
00:31:32les lois de l'humanité
00:31:33seront bien gardées
00:31:34mais recevoir
00:31:34des leçons de morale
00:31:35et d'éthique politique
00:31:36de la part de ces monstres
00:31:38et de ces barbares
00:31:39ça fait quand même
00:31:40ça fait pas chaud au coeur
00:31:41mais voilà
00:31:41c'est quand même
00:31:42source d'une profonde colère
00:31:44et j'espère que le président
00:31:45de la république
00:31:46ou le premier ministre
00:31:46sauront leur trouver
00:31:47une réponse adéquate
00:31:48à cette incroyable insolence
00:31:50dans quelques instants
00:31:51on retrouve André Bercoff
00:31:52évidemment
00:31:53qui sera dans tous ses états
00:31:54et ce qu'il met
00:31:55dans tous ses états
00:31:56aujourd'hui
00:31:56ce sont les lycées en feu
00:31:57à suivre sur Sud Radio
00:31:59évidemment
00:31:59si vous souhaitez réagir
00:32:01au débat du jour
00:32:02entre l'Uni
00:32:03et la jeunesse communiste
00:32:05n'hésitez pas
00:32:05à nous faire part
00:32:06de vos ressentis
00:32:08vous allez entendre
00:32:18André Bercoff
00:32:18qui va vous faire
00:32:20état de son indignation
00:32:21de ce qui se passe
00:32:22dans les lycées français
00:32:23nous en parlons
00:32:24depuis ce matin
00:32:25que ce soit
00:32:26dans mon humeur
00:32:27ou dans la confrontation
00:32:28entre les deux
00:32:29représentants de la jeunesse
00:32:30et là c'est André Bercoff
00:32:31qui s'indigne
00:32:32des proportions
00:32:33que prennent
00:32:34cette émeute
00:32:35lycéenne et étudiante
00:32:36ici Sud Radio
00:32:39les français
00:32:40parlent au français
00:32:42les carottes
00:32:43sont cuites
00:32:45Sud Radio Bercoff
00:32:46dans tous ses états
00:33:02c'est devenu un bruit familier
00:33:04un bruit familier
00:33:06la semaine dernière
00:33:07pratiquement tous les jours
00:33:08un bruit familier
00:33:10mais ça s'est arrêté
00:33:11le week-end
00:33:12et oui
00:33:12le week-end
00:33:13on se repose quand même
00:33:15mais on recommence aujourd'hui
00:33:17il n'y a aucun problème
00:33:19alors de quoi s'agit-il
00:33:20et bien écoutez
00:33:21vous savez
00:33:22sur le Moyen-Orient
00:33:23sur la Palestine
00:33:25Israël
00:33:25Gaza
00:33:26on se dit
00:33:27est-ce qu'il y aura
00:33:29une solution
00:33:30à deux états
00:33:30est-ce que la solution
00:33:31à deux états
00:33:32est encore possible
00:33:33et bien la question
00:33:35qu'on peut se poser
00:33:36est-ce qu'on va
00:33:37en France
00:33:38dans notre douce France
00:33:40cher pays
00:33:41de notre enfance
00:33:42est-ce qu'on va
00:33:43avoir une solution
00:33:43à deux états
00:33:45provocation
00:33:46vous allez me dire
00:33:46que j'exagère
00:33:48peut-être
00:33:48mais
00:33:50quand même
00:33:51on voit
00:33:51qu'est-ce qu'on voit
00:33:52on voit
00:33:53c'est très très bien
00:33:53oui les étudiants
00:33:55ou les élèves
00:33:56ou les lycéens
00:33:57évidemment
00:33:58on a le droit
00:33:58de manifester
00:33:59on a évidemment
00:34:00le droit
00:34:01de se révolter
00:34:02on a tous les droits
00:34:04tous les droits
00:34:04mais quand même
00:34:05quand on en arrive
00:34:06et on a tous vu
00:34:08les images
00:34:08que ce soit
00:34:09la télévision
00:34:10sur les réseaux
00:34:12on a entendu
00:34:13dans les radios
00:34:14Sud Radio
00:34:14notamment
00:34:15alors
00:34:16un professeur
00:34:17lâché
00:34:18mais littéralement
00:34:19lâché
00:34:19quand il a essayé
00:34:20d'empêcher
00:34:21les poubelles
00:34:22de voler
00:34:23un policier
00:34:26allez
00:34:26à coups de pied
00:34:27dans la tête
00:34:28là
00:34:28des policiers
00:34:29des policiers
00:34:30en train de fuir
00:34:31en train de fuir
00:34:31parce qu'il y avait
00:34:32un millier de personnes
00:34:33et puis ils étaient
00:34:34cinq
00:34:35une surveillante
00:34:36de lycée
00:34:37carrément
00:34:37tabassée
00:34:38un enseignant
00:34:40aspergé d'essence
00:34:42des pompiers
00:34:44des pompiers
00:34:44des camions
00:34:45de pompiers incendiés
00:34:46les pompiers
00:34:48évidemment
00:34:48qui sont armés
00:34:49jusqu'aux dents
00:34:50et qui viennent
00:34:50pour tuer
00:34:51les pompiers
00:34:52ben oui
00:34:52les lycées
00:34:53les lycées
00:34:54incendiés
00:34:55alors
00:34:55combien de lycées
00:34:56on va peut-être
00:34:58compter les lycées
00:34:59qui n'ont pas été incendiés
00:35:00les bus
00:35:02évidemment
00:35:02les magasins
00:35:04les pillages
00:35:05etc
00:35:05alors on va me dire
00:35:06mais c'est pas nouveau
00:35:072005
00:35:08on l'avait vu
00:35:08avec Naël
00:35:10et le refus
00:35:10d'obtempérer
00:35:11on l'avait vu
00:35:11et puis
00:35:13quand même
00:35:13quelque chose
00:35:14d'assez spécial
00:35:15on a vu quand même
00:35:17dans pratiquement
00:35:18toutes ces manifestations
00:35:18on a vu des drapeaux
00:35:20on a vu des drapeaux
00:35:21mais des drapeaux français
00:35:22pas tellement
00:35:24franchement
00:35:25pas tellement
00:35:25des drapeaux
00:35:26alors un peu partout
00:35:28des drapeaux étrangers
00:35:30oui alors ça
00:35:31il y en avait pas mal
00:35:32d'ailleurs ça posait
00:35:34etc
00:35:34etc
00:35:34alors quand je dis
00:35:36deux états
00:35:37évidemment je provoque
00:35:38mais en même temps
00:35:40qu'est-ce que ça veut dire
00:35:41il y a quelque chose
00:35:41qui se passe
00:35:42alors est-ce que nous allons
00:35:44être habitués
00:35:45à des cocktails Molotov
00:35:46à des feux de poubelle
00:35:48à effectivement
00:35:50milliers d'écoles fermées
00:35:52etc
00:35:53est-ce une révolte ?
00:35:55non
00:35:55est-ce qu'il y a
00:35:55d'une révolution ?
00:35:56encore moins
00:35:57alors c'est quoi ?
00:35:58c'est quelque chose
00:35:59qui se passe
00:36:00à un niveau
00:36:01de effectivement
00:36:02de ce que
00:36:03ce cher François Hollande
00:36:04appelait
00:36:05la partition
00:36:05on n'y est pas
00:36:07on n'y est pas encore
00:36:07j'espère qu'on n'y sera jamais
00:36:09mais vous savez
00:36:10c'est très intéressant
00:36:12de voir
00:36:12des gens
00:36:13qui sont
00:36:14devraient être la voix
00:36:16à l'aide de la démodération
00:36:17de la voix
00:36:18de la sagesse
00:36:19de la voix
00:36:20effectivement
00:36:20d'un certain équilibre
00:36:21le syndicat
00:36:22de la magistrature
00:36:23qui dit
00:36:24dans un communiqué
00:36:26cessons de réprimer
00:36:27la jeunesse
00:36:27pour la faire taire
00:36:29le syndicat
00:36:30de la magistrature
00:36:31bon
00:36:31je ne sais pas
00:36:32quel rôle doivent jouer
00:36:33les magistrats
00:36:34mais peut-être
00:36:35qu'ils doivent jouer
00:36:35plutôt le mot
00:36:36de la modération
00:36:37et les sociologues
00:36:39merveilleux
00:36:39pas tous
00:36:40on ne va pas les mettre
00:36:41dans le même sac
00:36:41Vincent Thiberge
00:36:42sociologue
00:36:43à Sciences Po
00:36:44Bordeaux
00:36:45on est devant
00:36:46des jeunes
00:36:47qui décident
00:36:48d'être citoyens
00:36:49avant même
00:36:50de devenir
00:36:50des électeurs
00:36:51peser cette phrase
00:36:52et oui
00:36:53c'est citoyen
00:36:54aller jeter
00:36:55les poubelles
00:36:56aller asperger
00:36:57d'essence
00:36:58aller
00:36:59tabasser
00:37:00ça c'est citoyen
00:37:02effectivement
00:37:02le devoir du citoyen
00:37:04est d'aller casser
00:37:05c'est le premier
00:37:07des devoirs
00:37:08en république
00:37:08apaisée
00:37:09et où sont nos politiques
00:37:10alors nos politiques
00:37:11c'est n'importe quoi
00:37:12un peu partout
00:37:13que l'on soit
00:37:14côté LFI
00:37:15allez-y les gars
00:37:16allez-y
00:37:17que soit
00:37:17côté de la droite
00:37:18oui mais attendez
00:37:20on ne peut pas
00:37:20aller si loin
00:37:21etc
00:37:21on a l'impression
00:37:23de tranquillement
00:37:24quelque chose
00:37:25est en train
00:37:26de se défaire
00:37:27est en train
00:37:28vraiment
00:37:29de se désosser
00:37:30et bien
00:37:31sans que personne
00:37:32ne voit
00:37:33comment on peut
00:37:34ou freiner
00:37:35ou surtout
00:37:36changer ça
00:37:36et je ne rappellerai pas
00:37:38non non je ne rappellerai pas
00:37:39pourquoi je parle
00:37:40de deux états
00:37:41et peut-être de France
00:37:42je ne rappellerai pas
00:37:44ce qui s'est passé
00:37:45lors de la venue
00:37:46du pape en France
00:37:48que ce soit
00:37:48place de la concorde
00:37:49que ce soit
00:37:51à Lourdes
00:37:52ou que ce soit
00:37:53au stade de France
00:37:54ah là là
00:37:56alors vous rappelez
00:37:57les casses
00:37:58vous rappelez
00:37:59les tabassages
00:38:00vous rappelez la violence
00:38:01c'est terrible
00:38:02terrible
00:38:03oui
00:38:03je plaisante
00:38:05mais franchement
00:38:06on n'a pas d'humeur
00:38:07à plaisanter
00:38:07le problème
00:38:09il est là
00:38:09qu'est-ce qu'on fait
00:38:10aujourd'hui
00:38:11face à ça
00:38:12est-ce qu'on tente
00:38:13de regarder
00:38:14est-ce qu'on se contente
00:38:15de commenter
00:38:16et on se veut savoir
00:38:18si les colonnes vertébrales
00:38:20si le courage
00:38:21si la vision
00:38:22si ceux qui sont payés
00:38:24pour gouverner
00:38:25pour prendre
00:38:26pour faire
00:38:26un peu d'autorité
00:38:28pour rétablir
00:38:29un tout petit peu
00:38:30un certain équilibre
00:38:31sont-ils partis
00:38:33sans laisser d'adresse
00:38:35on vous tiendra au courant
00:38:36merci
00:38:37à demain
00:38:41et bien vous venez d'entendre
00:38:42André Bercoff
00:38:43qui effectivement
00:38:43soulève très
00:38:45très pertinemment
00:38:47cette hypothèse
00:38:48que
00:38:48à la fracture sociale
00:38:50qui était une réalité
00:38:50dans ce pays
00:38:52survienne un jour
00:38:53peut-être
00:38:54une forme de fracture nationale
00:38:55entre ceux
00:38:56qui ont une vision
00:38:57de la France
00:38:57et ceux qui en ont
00:38:58une autre
00:38:59Jean-Luc Mélenchon
00:39:00parlait de créolisation
00:39:02et la créolisation
00:39:03c'est ce qu'est la France
00:39:04depuis le début
00:39:04la civilisation gallo-romaine
00:39:06c'était bien la créolisation
00:39:08et là
00:39:09André Bercoff
00:39:10lui s'inquiète
00:39:11du fait que
00:39:11l'école
00:39:12n'étant plus
00:39:13une machine à intégrer
00:39:14que l'école
00:39:15n'étant plus
00:39:16un instrument
00:39:17d'instruction civique
00:39:19et bien qu'on ait
00:39:20une césure
00:39:20très violente
00:39:21dans la jeune génération
00:39:22mais aussi
00:39:23dans le reste du pays
00:39:23et qu'on finisse
00:39:25par se détester
00:39:25par être
00:39:26non pas comme avait dit
00:39:27et Gérard Collomb
00:39:28l'a dit
00:39:29en quittant
00:39:30l'hôtel
00:39:31du ministère de l'Intérieur
00:39:33Place Beauvau
00:39:33c'était son discours
00:39:34il attendait Edouard Philippe
00:39:35qui l'a remplacé
00:39:35quelques semaines
00:39:37le problème
00:39:38c'est que
00:39:38nous étions
00:39:39aujourd'hui
00:39:40côte à côte
00:39:41et le risque
00:39:42c'est que nous soyons
00:39:43face à face
00:39:43et là
00:39:44on commence à avoir
00:39:45les symptômes
00:39:45d'un face à face
00:39:46plutôt inquiétant
00:39:48nous avons Lionel
00:39:49qui nous appelle
00:39:50de Paris
00:39:51bonjour Lionel
00:39:53oui bonjour
00:39:54bonjour Lionel
00:39:54cette grève des lycéens
00:39:56ces mouvements
00:39:56vous inquiètent je pense
00:39:59c'est à dire
00:39:59ce qui est un peu inquiétant
00:40:00c'est justement
00:40:01toute la violence
00:40:02qui va autour
00:40:03de ces manifestations
00:40:05parce que
00:40:06comme je le disais
00:40:06à votre collègue
00:40:07au téléphone
00:40:07effectivement
00:40:08on peut comprendre
00:40:09les revendications
00:40:10mais après
00:40:10il faudrait que ça soit
00:40:11fait de manière cohérente
00:40:12c'est à dire
00:40:13qu'il y ait à la limite
00:40:14les associations
00:40:15de parents d'élèves
00:40:16qui se mettent
00:40:16en liaison
00:40:17avec les étudiants
00:40:19qu'il y ait une sorte
00:40:20de l'écrit
00:40:21qui soit fait
00:40:21que l'écrit
00:40:22soit transmis éventuellement
00:40:23à la direction
00:40:23du lycée
00:40:24et qu'après
00:40:25il y ait
00:40:26politiquement
00:40:27des liens
00:40:29entre les revendications
00:40:31et puis
00:40:31les politiques
00:40:32pour qu'on puisse
00:40:34y avoir une avancée
00:40:34alors en l'occurrence
00:40:36jusqu'à maintenant
00:40:36tout ce qu'on voit
00:40:37à la télévision
00:40:37c'est la violence
00:40:39les lycéens
00:40:40incendiés
00:40:41les lycéens
00:40:42qui sont
00:40:44qui ont peut-être
00:40:45des soucis
00:40:45avec la police
00:40:46qui vont perdre un oeil
00:40:48parce que ça part
00:40:49dans la violence
00:40:49mais je pense
00:40:50que c'est contre-productif
00:40:51il faudrait vraiment
00:40:52qu'il y ait
00:40:53un
00:40:54ça soit un peu plus
00:40:56organisé
00:40:56et je regrette
00:40:57d'ailleurs
00:40:57que ça soit pas
00:40:58assez encadré
00:40:59par la police
00:41:00parce que
00:41:00comment on peut
00:41:01attendre
00:41:02que les lycéens
00:41:03mettent des poubelles
00:41:04devant un lycée
00:41:04et qu'il y a prennent feu
00:41:05sans qu'il n'y ait
00:41:06aucune réaction
00:41:06des forces de l'ordre
00:41:07normalement il y a
00:41:08des caméras partout
00:41:09donc j'y crois
00:41:10qu'il devrait anticiper
00:41:11justement ces mouvements
00:41:12de foule
00:41:12et les problématiques
00:41:13qu'il peut y avoir
00:41:14avec certains éléments
00:41:16violents
00:41:16qui se mêlent
00:41:18aux manifestations
00:41:18pour justement
00:41:19décrédibiliser
00:41:20la revendication
00:41:21des lycéens
00:41:22Il est vrai Lionel
00:41:23qu'il y a un paradoxe
00:41:24dans ce que vous soulignez
00:41:25et vous le faites
00:41:26avec beaucoup de précision
00:41:27on pense
00:41:29qu'au départ
00:41:30le gouvernement
00:41:30a décidé
00:41:31bien au-delà
00:41:32du ministère
00:41:33de l'éducation nationale
00:41:34ça serait passé
00:41:34à Matignon
00:41:35M. Lecornu a considéré
00:41:37qu'il valait mieux
00:41:37éteindre la sédition
00:41:38dans l'oeuf
00:41:39tout de suite
00:41:39et empêcher
00:41:41des mouvements
00:41:41d'humeur
00:41:42des lycéens
00:41:43et finalement
00:41:44tout ça a viré au vinaigre
00:41:45parce que
00:41:45cette incapacité
00:41:48à les écouter
00:41:48au lieu de recevoir
00:41:49tout de suite
00:41:50les délégations
00:41:50de lycéens
00:41:51faire une négociation
00:41:52ouvrir une table ronde
00:41:53entre parties concernées
00:41:55et d'ouvrir le dialogue
00:41:56le gouvernement
00:41:57au début
00:41:57a voulu fermer la porte
00:41:58maintenant
00:41:59il est totalement dépassé
00:42:00et alors on est confronté
00:42:01au phénomène inverse
00:42:02on sait aujourd'hui
00:42:03que la grande crainte
00:42:05d'un gouvernement
00:42:05c'est d'avoir un débordement
00:42:06voire un blessé
00:42:07voire un mort
00:42:08donc par conséquent
00:42:09on envoie les forces
00:42:10de l'ordre
00:42:11j'allais dire
00:42:11en première ligne
00:42:12au casse-pipe
00:42:12et elles se font taper dessus
00:42:13elles ne peuvent pas
00:42:14aller au-delà
00:42:15et on voit bien
00:42:16que les situations
00:42:16de violence
00:42:17font que les manifestants
00:42:19sont prêts à tout
00:42:19quelquefois
00:42:20et là effectivement
00:42:21on a un gouvernement
00:42:22qui est coincé
00:42:22qui a réagi trop tard
00:42:23maladroitement
00:42:24et qui maintenant
00:42:25est débordé
00:42:26par la situation
00:42:26et n'ose pas
00:42:27pour des raisons
00:42:28sur lesquelles on peut revenir
00:42:29n'ose pas aller plus loin
00:42:30et n'ose pas rétablir l'ordre
00:42:31avec une récupération massive
00:42:33pas générale
00:42:33pas générale
00:42:34une récupération massive
00:42:36par des partis politiques
00:42:37de cette colère lycéenne
00:42:38qui est totalement légitime
00:42:39qui est totalement fondée
00:42:40voilà
00:42:41et là Lionel
00:42:41vous avez raison de dire
00:42:42qu'aujourd'hui
00:42:43on est confronté
00:42:44à une situation de violence
00:42:45à laquelle on n'arrive pas à répondre
00:42:47c'est bien ça que vous
00:42:47c'est bien ça que vous voulez dire
00:42:48tout à fait
00:42:49après ce que je veux dire également
00:42:50c'est qu'on s'étonne aussi
00:42:52quelquefois
00:42:53de la réactivité
00:42:53peut-être quelquefois
00:42:55les policiers ont des ordres
00:42:56de ne pas agir
00:42:57justement parce qu'ils ont peut-être peur
00:42:59que ça se passe mal
00:43:00etc
00:43:00mais on devrait
00:43:01encore mieux s'encadrer
00:43:03je pense
00:43:04les policiers
00:43:05déjà mettre des efforts de l'ordre
00:43:06aux abords des policiers
00:43:07essayer de canaliser
00:43:07de regarder
00:43:08qui sont les meneurs
00:43:10ceux qui veulent venir
00:43:12uniquement pour casser
00:43:13et qui n'ont pas forcément
00:43:14l'idée de parler
00:43:16de revendication
00:43:17il y a une personne
00:43:18qui avait été montrée
00:43:19un peu en avant
00:43:20pour reparler
00:43:21qui devait être reçu
00:43:22par le ministre
00:43:23et puis au final
00:43:24on s'est aperçu
00:43:24que c'était quelqu'un
00:43:25qui faisait partie
00:43:26du parti de Gabriel Attal
00:43:28vous savez Lionel
00:43:31les forces de l'ordre
00:43:32font vraiment ce qu'elles peuvent
00:43:34dans la marge de pouvoir
00:43:35qui est la leur
00:43:36mais ils appartiennent
00:43:37ils obéissent au pouvoir politique
00:43:38voilà
00:43:39ils sont obligés
00:43:40d'appliquer des consignes
00:43:41et on voit bien
00:43:41qu'au sommet de l'état
00:43:42là aujourd'hui
00:43:43on est dans l'hésitation
00:43:44la plus totale
00:43:44l'incertitude
00:43:46et un manque évident
00:43:47de maîtrise de la situation
00:43:48bon l'actualité suivra
00:43:49voilà
00:43:49n'hésitez pas à nous rappeler
00:43:51au vu de l'évolution
00:43:52si les étudiants
00:43:53s'y mettent aussi
00:43:54vous imaginez bien
00:43:54que la situation
00:43:56sera encore plus tendue
00:43:57Annie Sam
00:43:58peut-on réinsérer
00:43:59les criminels
00:44:00préparer leur retour
00:44:01dans la société
00:44:01éviter la récidive
00:44:03comment savoir
00:44:03qu'un détenu
00:44:04est prêt à sortir
00:44:04on en discute
00:44:05dans quelques instants
00:44:06avec Florian Essic
00:44:07réalisateur du film
00:44:08Face à Face
00:44:09une oeuvre qui met
00:44:10justement en scène
00:44:11un homme détenu
00:44:12pour le maître
00:44:13de sa femme
00:44:13à suivre sur Sud Radio
00:44:15le Face à Face
00:44:16vous êtes bien sur Sud Radio
00:44:18il est 13h04
00:44:19très inhabituellement
00:44:20la France dans tous ses états
00:44:21va parler cinéma
00:44:22mais c'est un cinéma
00:44:23qui nous parle
00:44:24parce qu'il rejoint
00:44:24une grande partie
00:44:26de l'actualité
00:44:26qui est le monde bénitentiaire
00:44:28qui est la prison
00:44:28qui est la réinsertion
00:44:30voilà
00:44:30et là il s'agit
00:44:31d'un film
00:44:32qui s'appelle
00:44:32Face à Face
00:44:33alors un Face à Face
00:44:33qui est consacré
00:44:34au film Face à Face
00:44:35je trouve ça absolument
00:44:36formidable
00:44:36et j'ai le bonheur
00:44:38de recevoir
00:44:39Florian Essic
00:44:40qui est à la fois
00:44:41le héros
00:44:42l'acteur principal
00:44:43voilà
00:44:44il a à peu près
00:44:44le même look
00:44:45que dans le film
00:44:46et le réalisateur
00:44:48de ce film
00:44:48Face à Face
00:44:50c'est l'histoire
00:44:50d'un homme
00:44:52qui a tué sa femme
00:44:53dans des conditions
00:44:54tragiques
00:44:55mais on découvre
00:44:55au fur et à mesure
00:44:56parce qu'on dit style
00:44:57c'est comme
00:44:58Mediapart
00:44:58c'est un feuilleton
00:44:59on donne les éléments
00:45:00les uns après les autres
00:45:01et cet homme
00:45:02qui pour autant
00:45:04féminicide
00:45:04et c'est grave
00:45:05de tuer sa femme
00:45:07pour autant
00:45:07il bénéficie
00:45:08de ce que l'état de droit
00:45:09de la république française
00:45:10prévoit
00:45:10c'est à dire
00:45:11une possibilité
00:45:11de réinsertion
00:45:12et la personne
00:45:13qui justement
00:45:14s'occupe de lui
00:45:15de son cas
00:45:16cette conseillère
00:45:17du centre national
00:45:18d'évaluation
00:45:18n'est autre
00:45:19que Valérie Mérès
00:45:21que l'on connait
00:45:22dans des rôles
00:45:22un peu plus comiques
00:45:23un peu plus secondaires
00:45:24et qui là
00:45:24ça se révèle être
00:45:25une
00:45:26voilà
00:45:26du
00:45:29dimension
00:45:29de Isabelle Huppert
00:45:30ou de Sandrine Bonner
00:45:31comme quoi
00:45:32il y a des acteurs
00:45:32qui restent comme ça
00:45:33un petit peu dans l'ombre
00:45:33voilà
00:45:34et quant à Fleurien Lessig
00:45:35il joue le rôle
00:45:36d'Antoine Martineau
00:45:38qui est
00:45:38il est condamné
00:45:39il est coupable
00:45:40il n'y a pas de problème
00:45:41et Valérie Mérès
00:45:42voilà
00:45:42donc
00:45:44son nom
00:45:45à l'image
00:45:46c'est Fabienne Langlois
00:45:48elle est d'une pugnacité
00:45:50on se dit
00:45:50mais qu'elle le lâche
00:45:51il est épouvantable
00:45:52ce type
00:45:53et je ne vais pas tout raconter
00:45:54parce qu'il faut aller voir
00:45:55le film qui sort le 11 novembre
00:45:57voilà
00:45:57on est dans une partie de yo-yo
00:45:58ça va ça vient
00:45:59et on sent l'abnégation
00:46:00de la conseillère
00:46:01qui est portée par sa mission
00:46:04profondément humaniste
00:46:04et qui veut aller jusqu'au bout
00:46:05est-ce que cet homme
00:46:06oui ou non
00:46:08peut être réinséré
00:46:09malgré la gravité de son crime
00:46:10est-ce qu'il y a au fond de lui
00:46:11une humanité
00:46:11qui justifierait
00:46:13qu'il ne finisse pas
00:46:14ses jours en prison
00:46:15et qu'il puisse réinsérer
00:46:16la société
00:46:17voilà tel est le sujet
00:46:19Florian Essig
00:46:19merci d'abord d'être là
00:46:21en studio
00:46:22en direct
00:46:23Anissa et moi
00:46:24on se réjouit de vous recevoir
00:46:26merci à vous
00:46:26j'ai visionné ce film
00:46:27avec attention
00:46:28je n'ai pas dit
00:46:29que je l'ai revu deux fois
00:46:30mais il y a peut-être
00:46:30des scènes
00:46:31qu'on aimerait bien
00:46:32recomprendre
00:46:33ce sujet
00:46:34qui est aujourd'hui
00:46:35prégnant
00:46:35et aujourd'hui au coeur
00:46:37du débat
00:46:37de la prison pénitentiaire
00:46:39vous l'avez
00:46:39vous avez fait ce film
00:46:40c'est une situation
00:46:41que vous avez connue
00:46:42vous avez été témoin
00:46:43on dirait que vous êtes impliqué
00:46:45quand même
00:46:45c'est quelque chose
00:46:46qui vous bouleverse
00:46:46pourquoi ?
00:46:47oui parce que
00:46:48comme beaucoup de gens
00:46:49en fait
00:46:49le métier de conseiller pénitentiaire
00:46:51d'insertion et de probation
00:46:52j'en avais jamais entendu parler
00:46:53jusqu'à il y a un peu plus
00:46:54d'une dizaine d'années
00:46:55où j'ai rencontré
00:46:56une personne
00:46:56qui faisait ce métier
00:46:58et qui
00:46:58la brancheuse
00:46:59qu'elle m'a dit
00:47:00quand je lui ai dit
00:47:00qu'est-ce que tu fais dans la vie
00:47:01elle m'a dit
00:47:02je suis Cépip
00:47:03j'ai dit super
00:47:04c'est quoi ?
00:47:05et
00:47:06elle m'expliquait un peu
00:47:07le travail
00:47:09et ce qui m'a
00:47:10fasciné
00:47:10dès le départ
00:47:11c'est le décalage
00:47:12qu'il peut y avoir
00:47:14entre l'importance
00:47:15la mission
00:47:17de service public
00:47:18et les responsabilités
00:47:20qui pèsent
00:47:20sur ces professionnels
00:47:21et la méconnaissance
00:47:23de ce métier
00:47:24auprès du grand public
00:47:24je me suis dit
00:47:25c'est quand même fou
00:47:27d'avoir
00:47:28des
00:47:29des missions
00:47:30aussi importantes
00:47:31et que finalement
00:47:32personne n'en ait
00:47:33conscience
00:47:34au niveau
00:47:35de la société
00:47:36du grand public
00:47:36donc c'est ce qui m'a
00:47:37vraiment donné envie
00:47:38de creuser
00:47:39ce métier
00:47:40et puis j'ai eu la chance
00:47:41quand j'ai décidé
00:47:42vraiment de vouloir
00:47:43faire ce film
00:47:43ce film il a mis longtemps
00:47:44à se monter
00:47:44parce qu'on a commencé
00:47:46à travailler dessus
00:47:47j'ai commencé à travailler dessus
00:47:47en 2018
00:47:48en effet
00:47:49donc ça met un petit peu de temps
00:47:50ah oui
00:47:51c'est une longue réflexion
00:47:52c'est une longue réflexion
00:47:53mais c'est pour ça
00:47:54qu'il est précis
00:47:54et concis
00:47:55c'est que vous avez eu
00:47:56le temps de travailler
00:47:57ben c'est ça
00:47:57en fait ce que je voulais
00:47:59vraiment
00:48:00c'est être au plus près
00:48:01possible de la réalité
00:48:03c'est une fiction
00:48:04mais
00:48:06je me suis dit
00:48:06j'avais envie
00:48:07de mettre en lumière
00:48:07ce métier
00:48:09de voir comment
00:48:10ces professionnels
00:48:11qui oeuvrent tous les jours
00:48:12là vraiment dans l'ombre
00:48:14puisque j'ai eu l'occasion
00:48:15de visiter
00:48:16la prison de Freyne
00:48:18les bureaux
00:48:19qu'on a reconstitués
00:48:20dans le film
00:48:20sont vraiment plus beaux
00:48:21que les bureaux
00:48:22de la prison de Freyne
00:48:23oui ça on s'en doute
00:48:24voilà
00:48:24c'est vraiment des cas
00:48:25vous auriez pu montrer
00:48:27la sinistrose
00:48:28qui est les locaux
00:48:29dans lesquels
00:48:30l'administration pénitrantiaire
00:48:31agit
00:48:31bon mais
00:48:32c'était pas le message
00:48:34du film
00:48:34non l'idée c'était vraiment
00:48:35de voir comment ces professionnels
00:48:37vont mener des entretiens
00:48:38avec des profils
00:48:40totalement différents
00:48:40avec des gens
00:48:41qui peuvent être mutiques
00:48:42violents
00:48:44faussement repentis
00:48:45comment on analyse ça
00:48:48il y a d'ailleurs
00:48:49des scènes
00:48:50où c'est limite
00:48:50le gardien
00:48:52intervient
00:48:52Valérie Mérez
00:48:54donc Fabienne Langlois
00:48:54fait signe
00:48:55tout va bien
00:48:55elle maîtrise
00:48:56elle est quand même
00:48:57exposée en première ligne
00:48:58parce qu'elle pousse
00:48:59quelque part
00:49:00l'homme dans ses retranchements
00:49:01elle pousse le condamné
00:49:02dans ses retranchements
00:49:03elle lui dit
00:49:04je ne suis pas le juge
00:49:06c'est pas moi
00:49:06qui vais décider
00:49:06c'est un magistrat
00:49:07juge d'application des peines
00:49:08moi je suis là
00:49:09c'est en fait
00:49:10c'est un complément
00:49:11de l'instruction
00:49:12c'est une nouvelle instruction
00:49:13une fois que l'homme est condamné
00:49:14est-ce qu'on peut instruire
00:49:15une forme de réinsertion
00:49:17et elle va jusqu'au bout
00:49:18de sa mission
00:49:19c'est quand même
00:49:20une démarche
00:49:20profondément humaniste
00:49:21je suppose qu'il doit y avoir
00:49:22des conseillers
00:49:23plus sympathiques que d'autres
00:49:24plus affectueux
00:49:26toujours
00:49:26dans tous les domaines
00:49:27il y a des gens
00:49:28plus sympathiques que d'autres
00:49:28et qu'il doit y avoir
00:49:29des condamnés
00:49:29et des prisonniers
00:49:30plus approchables
00:49:32plus acceptables
00:49:33vous avez voulu
00:49:34camper ce personnage
00:49:35d'Antoine Martineau
00:49:38donc il tue sa femme
00:49:39dont on peut penser
00:49:40une jeune femme belle
00:49:42dans des conditions
00:49:44tragiques
00:49:45est-ce qu'il faut voir
00:49:47dans cette
00:49:47dans cette tragédie humaine
00:49:49un problème
00:49:50est-ce que
00:49:52le sujet
00:49:52que vous voulez soulever
00:49:53c'est
00:49:54il y a des réinsertions
00:49:55qu'on peut envisager
00:49:56il y en a d'autres
00:49:56qui sont impossibles
00:49:57vous partez de ce principe
00:49:59ou vous pensez
00:50:00vous personnellement
00:50:00que la réinsertion
00:50:02est toujours
00:50:02une chance
00:50:03qu'il faut donner
00:50:04aux condamnés
00:50:05ou en tout cas
00:50:05qu'il faut la tenter
00:50:07moi j'ai du mal
00:50:08avec les généralités
00:50:09donc j'ai plutôt
00:50:10tendance à dire
00:50:10qu'il faudrait
00:50:12peut-être individualiser
00:50:13un peu plus
00:50:13et faire du cas par cas
00:50:15maintenant le constat
00:50:16c'est qu'en France
00:50:17à une ou deux
00:50:19très rares exceptions près
00:50:20on finit par ressortir
00:50:21et à partir de ce moment là
00:50:24sans donner mon point de vue personnel
00:50:26je pense qu'il est très important
00:50:28de préparer cette réinsertion
00:50:30dès le début de la peine
00:50:32mon seul problème
00:50:33ce que j'ai pu constater
00:50:34c'est qu'il y a des gens
00:50:36qui ne sont pas
00:50:37en mesure
00:50:38de comprendre cette peine
00:50:40par rapport à des troubles
00:50:42psychiatriques
00:50:42psychologiques
00:50:43évidemment
00:50:44et finalement
00:50:45le sens de la peine
00:50:47est complètement dévalué
00:50:48parce que
00:50:49quand on voit
00:50:50ces profils là
00:50:51on se dit
00:50:52d'accord
00:50:52il va passer
00:50:5310, 20, 30 ans
00:50:55mais
00:50:56il ne peut pas avoir
00:50:57de recul
00:50:57sur ce qui s'est passé
00:50:58et j'ai peur
00:50:59qu'il ressorte
00:51:00pire qu'avant
00:51:01en revanche
00:51:01il y a des cas
00:51:02pour lesquels
00:51:02ça se passe très bien
00:51:03et d'ailleurs
00:51:04ça je crois que c'est important
00:51:05de le souligner
00:51:06c'est que
00:51:07sur les détenus
00:51:08à gros profils
00:51:09contrairement à
00:51:10l'idée reçue
00:51:11qu'on en a
00:51:12la récidive
00:51:13est vraiment minime
00:51:14on a beaucoup de récidives
00:51:15sur les petites et moyennes peines
00:51:17sur des stupéfiants
00:51:18sur des choses comme ça
00:51:19en revanche
00:51:20sur des crimes
00:51:21très très importants
00:51:24avec des grosses peines
00:51:24il y a très peu de récidives
00:51:25alors expliquez-nous
00:51:27Valérie Mérès
00:51:28roule-voule
00:51:29de Famille Langlois
00:51:30elle va faire un rapport
00:51:32ce rapport sera destiné
00:51:33à un magistrat
00:51:34qui lui
00:51:34n'a pas participé
00:51:35à ces échanges
00:51:36donc c'est elle
00:51:37qui fait sa thérapie
00:51:38elle est un petit peu
00:51:39psychiatre
00:51:39et psychanalyste aussi
00:51:40elle est tout
00:51:41elle est sociologue
00:51:41enfin voilà
00:51:42et quelque part
00:51:43elle est confidente
00:51:44parce qu'on voit bien
00:51:45qu'à un moment donné
00:51:45il y a un climat de confiance
00:51:46de complicité
00:51:48qui se stale entre les deux
00:51:49on se demande
00:51:50est-ce qu'ils vont finir
00:51:50par se marier
00:51:51à un moment donné
00:51:51parce que
00:51:52et les deux acteurs
00:51:53vous êtes absolument
00:51:54je disais hors antenne
00:51:56on dirait que vous avez
00:51:56tué votre femme
00:51:57tellement vous jouez votre rôle
00:51:58avec précision et franchise
00:52:00je ne sais pas si c'est un compliment
00:52:01non non
00:52:02en tant qu'acteur
00:52:03oui
00:52:03parce que vous êtes
00:52:04quand vous êtes en colère
00:52:05vous voyez
00:52:05on sent votre indignation
00:52:07elle est fan
00:52:07puisque vous jouez la comédie
00:52:08on a l'impression
00:52:09que vous la vivez
00:52:10cette indignation
00:52:12est-ce que c'est frustrant
00:52:14pour la conseillère
00:52:14de savoir qu'elle n'aura pas
00:52:15le dernier mot
00:52:16c'est quand même
00:52:16c'est quand même malgré tout
00:52:17un magistrat qui décidera
00:52:19à savoir que son travail
00:52:20ne peut pas aboutir
00:52:21ou être mal interprété
00:52:22oui je pense que c'est toujours
00:52:26un sentiment
00:52:26une sensation
00:52:27qu'on peut ressentir
00:52:28à partir du moment
00:52:28où on n'a pas
00:52:29comme on dit dans le cinéma
00:52:30le final cut
00:52:33alors évidemment
00:52:33le juge d'application des peines
00:52:35va fortement se baser
00:52:36sur son rapport
00:52:37donc s'il est favorable
00:52:38on a quand même plus de chance
00:52:40que le juge aille dans le sens
00:52:42de la conseillère pénitentiaire
00:52:43d'insertion et de probation
00:52:44il faut savoir
00:52:45qu'il y a deux autres
00:52:47corps de métier
00:52:48qui rendent un rapport
00:52:49complémentaire
00:52:50une psychologue
00:52:51ou un psychologue
00:52:52et
00:52:54des surveillants pénitentiaires
00:52:56voilà
00:52:57sur le comportement
00:52:57l'attitude
00:52:58etc
00:52:58donc c'est ces trois dossiers
00:52:59tout est noté
00:53:00voilà tout est noté
00:53:01tout est consigné
00:53:02mais après
00:53:03ça reste de l'humain
00:53:03et c'est vrai que
00:53:05chaque professionnel
00:53:06a un petit peu
00:53:07sa méthodologie
00:53:09pour faire évoluer
00:53:10les entretiens
00:53:11pour aller un peu
00:53:12là où ils veulent
00:53:13mais
00:53:15mais en fait
00:53:16parfois
00:53:17l'avis reste
00:53:18assez subjectif
00:53:19parce que
00:53:19c'est difficile
00:53:20en plus
00:53:20ils ont très peu de temps
00:53:21là on est sur une série
00:53:22où il y a
00:53:23six ou sept entretiens
00:53:24sur un cycle de six semaines
00:53:26parfois
00:53:27il y a tellement de dossiers
00:53:28qu'ils peuvent voir
00:53:29le détenu une fois
00:53:30deux fois
00:53:30et il faut se faire
00:53:31un avis là-dessus
00:53:33donc le traitement
00:53:34n'est pas toujours le même
00:53:35pour des raisons
00:53:36de moyens
00:53:36et de temps disponibles
00:53:37c'est ce que je dis
00:53:38d'ailleurs dans le film
00:53:38travailler sur l'humain
00:53:39ça demande du temps
00:53:41et de l'argent
00:53:41et il n'y a ni l'un
00:53:43ni l'autre
00:53:43dans l'administration pénitentiaire
00:53:45le but c'est quand même
00:53:46d'expliquer
00:53:47qu'à une situation
00:53:48pour monstrueuse
00:53:50qu'elle soit
00:53:51violente
00:53:51terrible
00:53:52tragique
00:53:53la justice
00:53:54en l'occurrence
00:53:55la justice française
00:53:56doit de s'assurer
00:53:58jusqu'au bout
00:53:58que cet individu
00:53:59que cette femme
00:53:59que cet homme
00:54:00ont peut-être droit
00:54:01à une chance
00:54:01de se remettre
00:54:02mais attention
00:54:02il ne faut pas se tromper
00:54:03il faut vraiment
00:54:04que cette personne
00:54:05que la réinsertion
00:54:05aboutisse
00:54:06on est compte
00:54:07à responsabilité
00:54:07et on connaît
00:54:08les cas de réinsertion ratée
00:54:10avec récidive tragique
00:54:11voilà
00:54:11c'est pour ça
00:54:12qu'aujourd'hui
00:54:12il y a des gens
00:54:13qui disent
00:54:13c'est fini la réinsertion
00:54:15Dieu reconnaîtra les siens
00:54:16ils restent tous en taux
00:54:16et puis tant pis
00:54:17pour ceux
00:54:18qu'on aurait pu réinsérer
00:54:19c'est un vrai débat
00:54:20d'actualité
00:54:21vous le portez comme tel
00:54:22c'est un vrai débat
00:54:23c'est d'ailleurs
00:54:23ce que je rencontre
00:54:24là on est sur une tournée
00:54:25d'avant-première
00:54:25et c'est les échanges
00:54:27qu'on a
00:54:27il y a évidemment
00:54:28des pro-réinsertion
00:54:30et des gens
00:54:31complètement fermés
00:54:31ce que je peux comprendre
00:54:33parce qu'on n'a
00:54:34pas tous le même vécu
00:54:35il y a des gens
00:54:37qui ont de près
00:54:38ou de loin
00:54:39connu
00:54:39ce genre de tragédie
00:54:40donc qui évidemment
00:54:41de prime abord
00:54:42vont être contre
00:54:44mais j'ai toujours tendance
00:54:45ils me disent
00:54:46mais vous
00:54:46si vous aviez vécu ça
00:54:47parce qu'évidemment
00:54:48par chance
00:54:48je touche du bois
00:54:49je n'ai pas vécu
00:54:50ni de près
00:54:51ni de loin
00:54:51ce genre de situation
00:54:52ils me disent
00:54:53mais vous
00:54:53si vous le viviez
00:54:54est-ce que vous voudriez
00:54:55que le meurtrier
00:54:56de votre femme
00:54:57de votre père
00:54:57de votre mère
00:54:58ressorte
00:54:59et je dis
00:55:00ce que je pense
00:55:02que je ressens
00:55:02c'est que mon avis
00:55:03ne compte pas
00:55:04ce qui est important
00:55:04c'est l'intérêt général
00:55:05si chacun
00:55:07prend son exemple
00:55:09pour en faire une généralité
00:55:10ça ne marche pas
00:55:11donc oui
00:55:12ça suscite le débat
00:55:14je dois vous avouer
00:55:15que sur certains cas
00:55:16que j'ai pu rencontrer
00:55:17je ne peux même pas vous dire
00:55:18si d'une manière générale
00:55:19je suis pour
00:55:20ou je suis contre
00:55:21je voulais juste
00:55:22montrer comment ça se passe
00:55:24et surtout
00:55:25vraiment le travail
00:55:26extrêmement important
00:55:28que mènent ces professionnels
00:55:29au quotidien
00:55:29et qui sont
00:55:32clairement méconnus
00:55:32vous soulevez le problème
00:55:33qu'avait été
00:55:34j'allais dire
00:55:35traité par
00:55:36Robert Badinter
00:55:37lorsqu'il fait abolir
00:55:38la loi pour la peine de mort
00:55:39il dit
00:55:40je me battrai
00:55:41pour abolir la loi
00:55:41pour la peine de mort
00:55:43de la peine de mort
00:55:44qui est absolument
00:55:46incompatible
00:55:46avec la manière de la République
00:55:47pour autant
00:55:47si on tue mon enfant
00:55:48je serai évidemment
00:55:49pour l'exécution immédiate
00:55:50de l'assassin de mon enfant
00:55:51mais en tant que magistrat
00:55:53nous sommes avec
00:55:54avec Florian Essick
00:55:55à Nice
00:55:55on va continuer ce débat
00:55:56mais évidemment
00:55:57on peut-on réinsérer
00:55:58les criminels
00:55:58on en parle donc
00:55:59avec Florian Essick
00:56:00réalisateur du film
00:56:01face à face
00:56:02qui traite de ce sujet
00:56:03maintenant
00:56:04comment ça se passe
00:56:05derrière les murs
00:56:06d'une prison
00:56:06concrètement
00:56:07nous entendrons
00:56:08Bruno
00:56:08gardien de prison
00:56:09à Béziers
00:56:10qui nous apportera
00:56:11son expérience de terrain
00:56:12à suivre sur Sud Radio
00:56:14midi 14h
00:56:15Sud Radio
00:56:16la France dans tous ses états
00:56:18Péricault-Légas
00:56:19vous êtes bien sur Sud Radio
00:56:21il est 13h19
00:56:23en ce lundi 5 octobre 2026
00:56:25et nous recevons
00:56:29pas Valérie Mérès
00:56:30ça viendra peut-être
00:56:31mais bien sûr
00:56:32elle a changé
00:56:34parce que je suis fasciné
00:56:36par Valérie Mérès
00:56:37dans ce film
00:56:37donc on reçoit Florian Essick
00:56:38qui est à la fois
00:56:40le réalisateur
00:56:40et l'acteur principal
00:56:41du film face à face
00:56:43qui a été réalisé
00:56:44en partenariat
00:56:45avec Sud Radio
00:56:46on ne fait pas que du cinéma
00:56:47à l'antenne
00:56:47on en fait aussi
00:56:48en direct
00:56:49et c'est l'histoire
00:56:50d'une conseillère
00:56:52une CEPIP
00:56:53je découvre
00:56:54le nom
00:56:54conseillère
00:56:55du Centre National
00:56:56d'Evaluation
00:56:56qui est là
00:56:57pour savoir
00:56:57si l'assassin
00:56:59de son épouse
00:57:00peut ou pas
00:57:01être réinséré
00:57:02dans la société
00:57:03et bénéficier
00:57:04à un moment donné
00:57:05d'une libération
00:57:08provisoire
00:57:08ce film
00:57:09prenant
00:57:10il vous prend
00:57:11au trip
00:57:121h24
00:57:13d'un face à face
00:57:14on se dit
00:57:14mais il va y avoir
00:57:15des longueurs
00:57:15il n'y a aucune longueur
00:57:17on est dans le film
00:57:18alors
00:57:19de temps en temps
00:57:19on prend parti
00:57:20pour le condamner
00:57:21de temps en temps
00:57:21on comprend
00:57:22la patience
00:57:22de Fabienne Langlois
00:57:24Valérie Mérès
00:57:25en tout cas
00:57:25c'est captivant
00:57:27on va évidemment avoir
00:57:29parce que
00:57:30Florian Essick
00:57:31vous avez soulevé
00:57:31quand même
00:57:32un sujet
00:57:33qui aujourd'hui
00:57:33anime beaucoup
00:57:34l'actualité
00:57:35est-ce qu'il faut réinsérer
00:57:36on a eu tellement
00:57:37cas de réinsertion ratée
00:57:39si je puis dire
00:57:39voilà
00:57:40et on a Bruno
00:57:41qui nous appelle
00:57:42de Béziers
00:57:44et Bruno
00:57:45représente aujourd'hui
00:57:46là dans cette séquence
00:57:47l'administration pénitentiaire
00:57:49bonjour Bruno
00:57:50bonjour Péricault
00:57:51bonjour Bruno
00:57:52ce sont des situations
00:57:53que vous avez vécues
00:57:54vous Bruno
00:57:55je pense
00:57:55dans vos différentes missions
00:57:57vous avez côtoyé
00:57:59des gens
00:57:59qui ont commis
00:58:00des homicides graves
00:58:00et vous avez donc
00:58:02évidemment assisté
00:58:03à des opérations
00:58:04de réinsertion
00:58:05qu'est-ce que vous en pensez ?
00:58:06c'est une nécessité
00:58:07de tenter toujours
00:58:08une réinsertion
00:58:09pour un prisonnier
00:58:10quelle que soit
00:58:10la gravité du crime ?
00:58:12oui je pense
00:58:13qu'il faut la tenter
00:58:14après je suis assez d'accord
00:58:15avec Florian
00:58:17il y a des détenus
00:58:19qui peuvent se réinsérer
00:58:21et d'autres
00:58:22qui ne le peuvent pas
00:58:22mais pour être réinséré
00:58:25dans la société
00:58:25il faut d'abord
00:58:26y avoir été inséré
00:58:27c'est-à-dire que
00:58:29les détenus
00:58:30effectivement
00:58:30comme le disait Florian
00:58:31qui ont des lourdes peines
00:58:33sont des gens
00:58:35en général
00:58:35qui ont été
00:58:38insérés dans la société
00:58:39par le travail notamment
00:58:41et beaucoup de
00:58:42malheureusement
00:58:44beaucoup de détenus
00:58:45qu'on a aujourd'hui
00:58:46sont des détenus
00:58:47on voit avec
00:58:48les jeunes
00:58:49qui sont
00:58:50les cervelés
00:58:51qui sont en train
00:58:52de tout casser
00:58:54malheureusement
00:58:54les prisons français
00:58:55sont beaucoup
00:58:56remplies de ce genre
00:58:57de personnes
00:58:58on les appelle aussi
00:58:59les sauvageons Bruno
00:58:59on les appelle aussi
00:59:00les sauvageons
00:59:01voilà
00:59:01ils n'ont pas
00:59:02ils n'ont pas de repères
00:59:03ils n'ont pas de paramètres
00:59:05ils n'ont pas de valeur
00:59:06et ils sont livrés
00:59:07à eux-mêmes
00:59:07et voilà
00:59:08ils finissent un jour
00:59:10entre quatre murs
00:59:11d'une prison
00:59:12c'est le problème
00:59:13ils n'ont pas
00:59:14de repères
00:59:15parce que
00:59:15moi je le vois
00:59:16je le vois à Béziers
00:59:17depuis leur plus jeune âge
00:59:19ils se bourrent de chit
00:59:21voilà
00:59:21il faut le dire aussi
00:59:22parce que
00:59:22quand on se fait 15 ans
00:59:24on se met 10 ou 15 pétards
00:59:26par jour
00:59:27quand on arrive
00:59:28à 18-20 ans
00:59:29et vous l'avez souligné
00:59:30on est complètement schizophrène
00:59:32donc on ne comprend plus
00:59:33le bien
00:59:34le mal
00:59:34le bon
00:59:35le mauvais
00:59:35et vous pouvez toujours
00:59:36discuter
00:59:37avec des gens comme ça
00:59:39ils ne comprendront rien
00:59:40ils ne comprendront rien
00:59:42c'est malheureux à dire
00:59:44mais ces jeunes là
00:59:45sont perdus
00:59:46donc là vous partez
00:59:47du principe Bruno
00:59:47que dans ce cas de figure là
00:59:49d'un jeune
00:59:49qui a abusé de stupéfiants
00:59:51vous allez me dire
00:59:52il a le cerveau explosé
00:59:53il n'a plus de repères
00:59:54la réinsertion
00:59:55est impensable
00:59:56en revanche
00:59:57dans le cas du film
00:59:58c'est une tragédie
00:59:59c'est un homme
00:59:59qui a tué
01:00:00sa jeune femme
01:00:01en plus
01:00:01une femme
01:00:02dont on comprend
01:00:03qu'il l'aime
01:00:04qu'il l'a aimée
01:00:04pour autant
01:00:05il a commis
01:00:05cet acte tragique
01:00:06là vous admettez
01:00:07vous en tant que
01:00:08gardien de prison
01:00:09que même les cas
01:00:10les plus extrêmes
01:00:10peuvent ouvrir
01:00:11à une forme de réinsertion
01:00:13ce n'est pas perdu
01:00:14les avances
01:00:15non ce n'est pas perdu
01:00:16parce que moi
01:00:16j'ai eu la chance
01:00:17avant de travailler
01:00:18dans la maison d'arrêt
01:00:18de Bézier
01:00:19de travailler
01:00:19dans une maison centrale
01:00:20et une maison centrale
01:00:21c'est des détenus
01:00:22qui ont des lourdes peines
01:00:24et ce sont des gens
01:00:27qui étaient en fait
01:00:28quelqu'un d'eux
01:00:29qui savaient faire fonctionner
01:00:30le cerveau
01:00:31que ce soit
01:00:31des gros trafiquants
01:00:33de drogue
01:00:33des grands braqueurs
01:00:35ou moi j'ai connu
01:00:37un ancien tueur
01:00:38de Francis le Belge
01:00:39pour les plus
01:00:40voilà
01:00:42mais en fait
01:00:43moi j'ai une phrase
01:00:44que j'ai toujours retenue
01:00:46et que je ressors
01:00:46quand je discute
01:00:47de ce genre de sujet
01:00:48j'ai connu
01:00:49donc Noël Mariotti
01:00:50qui était un des tueurs
01:00:51de Francis le Belge
01:00:52et il m'a dit
01:00:53surveillant
01:00:53ce que j'ai fait avant
01:00:55aujourd'hui je ne pourrai plus
01:00:55le faire
01:00:56et je lui ai dit
01:00:56pourquoi
01:00:57il m'a dit
01:00:58parce que le minot
01:00:58de 14 ans
01:00:59il te met un coup
01:01:00de calache
01:01:01il n'a plus de respire
01:01:01pour rien
01:01:03d'accord
01:01:03oui tout est résumé
01:01:04dans ce programme
01:01:05c'est incroyable
01:01:06ce que vous dites
01:01:07c'est à dire que même
01:01:08dans la paigre
01:01:09et dans le monde du crime
01:01:10ils considèrent
01:01:11qu'il y a des valeurs
01:01:12que eux s'appliquaient
01:01:12qui ne sont plus appliquées
01:01:13aujourd'hui
01:01:14et que par conséquent
01:01:15le code d'honneur
01:01:16le code d'honneur
01:01:16oui
01:01:17alors le mot code d'honneur
01:01:18est évidemment assez insolite
01:01:19mais on sait bien
01:01:20il y a tellement de flics
01:01:21ont témoigné
01:01:22sur le fait
01:01:22que la parole était donnée
01:01:24et qu'on pouvait passer
01:01:25un accord
01:01:25et elle était respectée
01:01:26parce qu'on avait donné sa parole
01:01:27et aujourd'hui
01:01:28ça n'est plus
01:01:29ça n'est plus cas
01:01:29Florian Essick
01:01:31c'est un aspect du problème
01:01:32évidemment
01:01:33que vous avez inévitablement
01:01:34approché
01:01:35même si le cas
01:01:36le cas du film
01:01:36face à face
01:01:37est un crime
01:01:38j'allais dire
01:01:39familial
01:01:39classique
01:01:41vous pouvez considérer
01:01:42effectivement
01:01:43qu'aujourd'hui
01:01:43la société
01:01:45produit des individus
01:01:46qui hélas
01:01:46parce qu'ils sont
01:01:47corrompus
01:01:48dès le départ
01:01:48par la société
01:01:49voilà
01:01:50ils sont foutus
01:01:50et il n'y aura pas
01:01:51de réinsertion possible
01:01:52oui
01:01:53alors après
01:01:55la question
01:01:56qu'il faut se poser
01:01:57parce que là
01:01:59les médias
01:02:00la multiplication
01:02:01des médias
01:02:02fait qu'on a accès
01:02:02à toutes ces informations
01:02:04est-ce que c'est pire
01:02:05qu'avant ?
01:02:06alors effectivement
01:02:07il y a beaucoup de témoignages
01:02:08qui vont dans ce sens
01:02:10quand on parle de code d'honneur
01:02:11de choses comme ça
01:02:11effectivement
01:02:12il y a une montée
01:02:12de la violence
01:02:14maintenant moi
01:02:14je n'ai pas de chiffres
01:02:16sur lesquels m'appuyer
01:02:17là-dessus
01:02:17mais je pense qu'effectivement
01:02:19il y a des gens
01:02:19dès le départ
01:02:20en fait on parle
01:02:21des situations différentes
01:02:22c'est des situations différentes
01:02:24et je pense qu'effectivement
01:02:24il y a des gens
01:02:25qui on ne peut pas
01:02:26les réinsérer
01:02:26pour la bonne et simple raison
01:02:27qui n'ont jamais été insérés
01:02:29après
01:02:29il y a des gens
01:02:30qui n'ont jamais été insérés
01:02:31qui trouvent des valeurs
01:02:33en prison
01:02:33parce qu'on leur met des règles
01:02:35ils sont suivis
01:02:37ça peut amener à réfléchir
01:02:38mais pour ça
01:02:39effectivement
01:02:40je pense que
01:02:40il faut quand même
01:02:41avoir quelques bases
01:02:42au départ
01:02:43pour avoir du recul
01:02:44et réfléchir
01:02:46sur ce qu'on a fait
01:02:47quand l'école
01:02:47ne transmet plus
01:02:48des valeurs
01:02:48quand il n'y a plus
01:02:49d'instruction civique
01:02:50quand il n'y a plus
01:02:50la conscience du vivre ensemble
01:02:52le respect de l'autorité
01:02:53le respect
01:02:54le respect de la loi
01:02:55du système social
01:02:56dans lequel on est
01:02:56et que vous avez
01:02:57des intellectuels
01:02:58ou des élites
01:02:59qui vous disent
01:02:59sous une forme comme ça
01:03:02de liberté exacerbée
01:03:03balance tout par terre
01:03:04et fais ta vie
01:03:05comme tu veux
01:03:06tu n'es entouré
01:03:07que d'ennemis
01:03:08qui veulent t'exploiter
01:03:09et qui veulent ta mort
01:03:10c'est sûr que la réaction
01:03:11de l'adolescent
01:03:12pour peu
01:03:13en plus
01:03:13qu'il ait
01:03:14ingurgité
01:03:15des substances
01:03:16stupéfiantes
01:03:16complique la donne
01:03:18Bruno
01:03:18vous connaissez
01:03:19quand même
01:03:20quelques fois
01:03:21quelques jeunes
01:03:21qui s'en sont sortis
01:03:22dans la catégorie
01:03:23que vous définissez
01:03:25à la maison d'arrêt
01:03:26de Béziers
01:03:27franchement
01:03:28très très peu
01:03:29quand il y a eu
01:03:30l'épisode du Covid
01:03:32la prison a été
01:03:33vide d'un tiers
01:03:34parce qu'à Béziers
01:03:34nous sommes quand même
01:03:35la cinquième plus grosse
01:03:37prison de France
01:03:38la prison a été
01:03:39vidée d'un tiers
01:03:40dans les 6 mois
01:03:418 mois
01:03:41qui ont suivi
01:03:43la plupart étaient
01:03:43déjà tous rentrés
01:03:45mais après
01:03:46il y a aussi
01:03:47un élément
01:03:48Robert Bédard
01:03:49avait cité
01:03:50ce fait
01:03:51que vous dites
01:03:51qu'on en les a libérés
01:03:52et ils sont revenus
01:03:53inévitablement
01:03:55oui
01:03:55Florian a soulevé
01:03:56aussi un problème
01:03:57c'est le problème
01:03:58de moyens
01:03:59parce que là
01:04:00dans la fiction
01:04:01effectivement
01:04:01la concière
01:04:03d'insertion
01:04:04s'occupe
01:04:04de ses détenus
01:04:06mais quand vous avez
01:04:0710 dossiers
01:04:08ou quand vous en avez
01:04:0950
01:04:10vous ne pouvez pas
01:04:10vous occuper
01:04:11de la même manière
01:04:12du détenu
01:04:13donc nous
01:04:14les surveillants
01:04:15avant
01:04:15on était
01:04:16nombreux sur la course
01:04:17aujourd'hui
01:04:18on est seul
01:04:18pour gérer
01:04:19110
01:04:19120 voyous
01:04:20donc c'est ingérable
01:04:22et de la même manière
01:04:23pour les conseillers
01:04:24d'insertion de probation
01:04:25quand vous gérez
01:04:2620 dossiers
01:04:27vous en gérez
01:04:2850 ou 70
01:04:29forcément
01:04:30vous ne pouvez plus
01:04:30prendre le temps
01:04:32surtout
01:04:32comme je vous l'aurai dit
01:04:33quand vous avez affaire
01:04:34à des gens
01:04:34qui ne comprennent rien
01:04:35c'est très intéressant
01:04:37je me permets de rebondir
01:04:38ce que dit Bruno
01:04:39parce qu'il faut savoir
01:04:40là on s'intéresse vraiment
01:04:42au CNE
01:04:43mais les conseillers pénitentiaires
01:04:44à l'insertion de probation
01:04:45font aussi
01:04:46toutes les petites peines
01:04:47et normalement
01:04:48ils devraient avoir
01:04:49à gérer
01:04:49entre 40 et 60 dossiers
01:04:52sur par exemple
01:04:53sur l'exemple
01:04:54de la prison de Fresnes
01:04:55on est parfois
01:04:55à 120
01:04:56130 dossiers
01:04:58effectivement
01:04:58c'est ingérable
01:04:59il y a des détenus
01:05:00qui n'ont même pas
01:05:00le temps de voir
01:05:01donc ça manque clairement
01:05:02de moyens financiers
01:05:03et humains
01:05:04en fait ça veut dire
01:05:05que toute l'administration française
01:05:06est saturée de dossiers
01:05:08que ce soit dans la justice
01:05:09que ce soit le greffe
01:05:10que ce soit la réinsertion
01:05:11et même dans les dossiers
01:05:13de santé
01:05:13on est dépassé
01:05:14on est submergé
01:05:15par le nombre de dossiers
01:05:17qu'on n'arrive pas à traiter
01:05:18mais quand il s'agit
01:05:19de réinsertion
01:05:20c'est quand même gravissif
01:05:21ça veut dire que le conseiller
01:05:22peut être amené à bâcler
01:05:23ou à passer à côté
01:05:24d'une réalité
01:05:25parce que justement
01:05:26il n'a pas le temps
01:05:27et qu'il n'a pas les moyens
01:05:27de se poser posément
01:05:30précisément sur le choix
01:05:30oui il faut
01:05:31on leur demande
01:05:32de rendre des dossiers
01:05:33des rapports à date
01:05:34on leur donne très peu
01:05:35de marge
01:05:36ce qui est normal
01:05:37puisqu'il y a des calendriers
01:05:38à respecter
01:05:38sauf qu'on ne leur met pas
01:05:39les moyens
01:05:39moi quand je suis
01:05:40quand j'ai pu observer
01:05:44ces conseillers
01:05:44en plein travail
01:05:46on est tombé
01:05:46sur un moment
01:05:47où deux CEPIP
01:05:48étaient en arrêt
01:05:49mais les dossiers
01:05:50qu'est-ce qu'on fait
01:05:51on les répartit
01:05:52sur ceux qui restent
01:05:52et le problème
01:05:53c'est que chacun
01:05:54sur le CNE
01:05:55a six dossiers
01:05:56et comme ils sont quatre
01:05:58quatre, cinq
01:05:59forcément ça double
01:06:00la charge de travail
01:06:01pour tout le monde
01:06:02et il y en a forcément
01:06:03sur lesquels
01:06:04on va passer moins de temps
01:06:05c'est sûr que ce n'est pas
01:06:06une bonne administration
01:06:06de la justice
01:06:07avant de donner la parole
01:06:08à Gérald
01:06:09et puis on a beaucoup
01:06:10beaucoup d'appels
01:06:11qui viennent
01:06:11ce qui est normal
01:06:12à Nice
01:06:12on continue ce débat
01:06:13bien sûr
01:06:14et vous croyez-vous
01:06:15qu'un criminel
01:06:15puisse changer
01:06:16après sa peine
01:06:17seriez-vous prêt
01:06:18à lui faire
01:06:19à nouveau confiance
01:06:20est-ce que vous avez
01:06:21peut-être connu la prison
01:06:22accompagné un proche détenu
01:06:23et vous êtes victime
01:06:24d'un crime
01:06:25partagez vos expériences
01:06:26en nous appelant
01:06:27au 0826 300 300
01:06:35Vous êtes bien sûr
01:06:36Sud Radio
01:06:37il est 13h32
01:06:38nous parlons
01:06:39réinsertion
01:06:40de prisonniers
01:06:41condamnés
01:06:42à travers le film
01:06:43Face à Face
01:06:44je suis en Face à Face
01:06:45avec Florian Essic
01:06:46réalisateur et acteur
01:06:47principal
01:06:48on parle de ce film
01:06:49admirable
01:06:49qui raconte
01:06:51justement
01:06:51le drame
01:06:52d'un homme
01:06:53qui a été condamné
01:06:53pour l'assassinat
01:06:54de sa femme
01:06:54pour l'homicide
01:06:55d'un féminicide
01:06:55et il est
01:06:58confronté
01:06:58à une conseillère
01:06:59du Centre National
01:07:00d'Evaluation
01:07:00une CEPIP
01:07:02comme on dit
01:07:02qui est jouée
01:07:03par Valérie Véresse
01:07:04et qui tente
01:07:05d'aller jusqu'au fond
01:07:06de la personnalité
01:07:07de l'âme
01:07:07de cet être humain
01:07:09qui est évidemment
01:07:10qui vit une tragédie
01:07:11une déchirure
01:07:11est-ce que oui ou non
01:07:12on peut le réinsérer
01:07:13et le film montre bien
01:07:14que la partie n'est pas facile
01:07:15parce que c'est comme la météo
01:07:16à un moment donné
01:07:17il y a des éclaircies
01:07:18et ensuite c'est l'orage absolu
01:07:19et là on repart à zéro
01:07:20et pourtant
01:07:21il faut continuer cette mission
01:07:22et Florian Essic
01:07:24nous dit d'autant plus
01:07:24qu'il y a des calendriers précis
01:07:26il faut que la conseillère
01:07:27remette son rapport
01:07:28et quand elle a 30 rapports
01:07:29à faire dans le mois
01:07:30c'est pas évident
01:07:31alors on avait Bruno en ligne
01:07:32qui lui
01:07:32qui représente
01:07:33l'administration pénitentiaire
01:07:34qui était à Béziers
01:07:36on a Jean-Louis et Gérald
01:07:37mais Anissa
01:07:38je voudrais que vous nous disiez
01:07:39d'abord
01:07:40est-ce qu'il se pourrait
01:07:42que la prison arrive trop tard
01:07:43dans le parcours
01:07:45pour permettre une réinsertion
01:07:48c'est effectivement
01:07:48la question que l'on peut se poser
01:07:51qui rebondit d'ailleurs
01:07:52un peu sur le témoignage
01:07:53de Bruno
01:07:54gardien de prison à Béziers
01:07:55qui expliquait
01:07:56qu'il y avait des sorties
01:07:57et qu'en fait
01:07:58ils revenaient tout aussi vite
01:07:59pendant la Covid
01:07:59on les a libérés
01:08:00et puis comme ils n'étaient pas
01:08:02réinsérables
01:08:02ils ont refait des bêtises
01:08:03ils sont revenus à la case départ
01:08:04alors du coup
01:08:05je vais être assez rapide
01:08:07et j'irai droit au but
01:08:08en France
01:08:09environ 90 000 à 100 000 détenus
01:08:11sortent de prison chaque année
01:08:13et près de 60 à 63%
01:08:15des personnes libérées
01:08:17récidives
01:08:17dans les 5 ans
01:08:18suivant leur sortie
01:08:20la messe est dite
01:08:21donc avant d'aller en prison
01:08:23il y a un autre problème
01:08:23c'est qu'il y a un long parcours
01:08:24et parfois même très long
01:08:26c'est-à-dire qu'en raison
01:08:27de l'engorgement
01:08:28des tribunaux
01:08:29le manque de moyens
01:08:30de l'institution judiciaire
01:08:31Florian vous l'évoquiez
01:08:33Perico aussi
01:08:34et bien ce manque de moyens
01:08:37retarde le traitement
01:08:38des dossiers
01:08:38ce qui reporte
01:08:39d'autant plus
01:08:40l'application de mesures
01:08:41éducatives
01:08:42et ou restrictives
01:08:44conséquence
01:08:45il y a un effet
01:08:46d'impunité apparent
01:08:47l'accumulation
01:08:48de simples rappels
01:08:49à la loi
01:08:50ou de procédures
01:08:50classées sans suite
01:08:51au début du parcours
01:08:52peut donner l'impression
01:08:53à la personne
01:08:55que rien n'est grave
01:08:55que
01:08:56et puis
01:08:57de bénéficier
01:08:58d'un sentiment
01:08:59d'impunité
01:09:00sans conséquence réelle
01:09:01de ces actes
01:09:02et de ces faits
01:09:03résultat des courses
01:09:05des chiffres
01:09:05pas super
01:09:06puisque
01:09:07effectivement
01:09:08selon une étude
01:09:08du ministère de la justice
01:09:09publiée en avril
01:09:112026
01:09:12donc assez récente
01:09:12parmi les condamnés
01:09:13sortis de prison
01:09:14en 2021
01:09:15soit quasiment
01:09:1679%
01:09:17avaient déjà
01:09:18au moins
01:09:19une condamnation
01:09:20antérieure recensée
01:09:21ça veut dire quoi ?
01:09:22ça veut dire que
01:09:23la réinsertion
01:09:23on peut effectivement
01:09:24se poser la question
01:09:25mais est-ce que
01:09:26finalement
01:09:27quand la prison
01:09:28intervient
01:09:28après plusieurs
01:09:29condamnations
01:09:30est-ce qu'elle n'arriverait
01:09:31pas trop tard
01:09:32pour se réinsérer ?
01:09:33Florian Essic
01:09:35ce film
01:09:36a été réalisé
01:09:37en partenariat
01:09:38avec Sud Radio
01:09:39nous sommes un média
01:09:40où on débat
01:09:41des réalités
01:09:42de ce pays
01:09:44face à face
01:09:44face à face
01:09:45c'est un film
01:09:47d'actualité
01:09:48il y a un message
01:09:50subliminal
01:09:51politique
01:09:51ou sociétal
01:09:52ou sociologique
01:09:53vous avez quand même
01:09:54voulu prendre possession
01:09:55vous ne faites pas que ça
01:09:56dans la vie
01:09:56vous avez été interpellé
01:09:57par ces quatre figures
01:09:59est-ce que c'est un film
01:10:00voilà
01:10:01je ne dis pas que c'est Z
01:10:02ou que c'est
01:10:03que c'est état d'urgence
01:10:04de Costa Gavras
01:10:04mais je sens quand même
01:10:05qu'il y a un message
01:10:06dans ce film
01:10:07quel est-il ?
01:10:08Alors
01:10:09je vous avoue que
01:10:10quand j'ai commencé
01:10:11à travailler sur ce film
01:10:13si je n'avais pas eu le temps
01:10:14de rencontrer
01:10:15tous ces professionnels
01:10:16d'aller visiter
01:10:18la prison de Fresnes
01:10:19de voir un petit peu
01:10:19comment tout cet univers
01:10:20parce qu'une prison
01:10:21c'est une ville dans la ville
01:10:23avec ses propres lois
01:10:24ses propres codes
01:10:26et le message
01:10:27n'aurait pas été le même
01:10:27parce que de l'extérieur
01:10:29pour moi
01:10:29j'avais ce point de vue
01:10:31de dire
01:10:31c'est bon
01:10:32qu'on les laisse en prison
01:10:33etc.
01:10:33Et puis
01:10:35en voyant un petit peu
01:10:37ce qui se passe dedans
01:10:39j'ai été interpellé
01:10:41déjà
01:10:42par ces professionnels
01:10:43qui vont chaque jour
01:10:44s'enfermer sciemment
01:10:45dans ces prisons
01:10:46qui arrivent l'hiver
01:10:47le matin à 8h
01:10:48qui repartent à 18 ou 19h
01:10:49voire plus tard
01:10:51qui ne voient jamais le jour
01:10:52ils vivent en prison
01:10:54et d'ailleurs
01:10:55il y a un ancien
01:10:56gardien de prison
01:10:57qui s'appelle
01:10:57Riyad Bax
01:10:58qui est maintenant comédien
01:11:00qui a arrêté
01:11:01ce métier
01:11:02il y a quelques années
01:11:03quand un détenu
01:11:04lui a dit
01:11:04tu sais que
01:11:06moi j'ai de la chance
01:11:07parce que
01:11:08moi je connais
01:11:09ma date de sortie
01:11:09je sortirai avant toi
01:11:10exactement
01:11:11et en fait
01:11:12c'est fou
01:11:12ça c'est classique
01:11:13c'est très très classique
01:11:14mais on a quand même
01:11:15des professionnels
01:11:16qui passent plus de temps
01:11:17en prison
01:11:17qu'avec leur famille
01:11:19leurs amis
01:11:19mais qui finissent
01:11:20leur vie en prison
01:11:21qui finissent
01:11:21leur vie
01:11:22ils peuvent mourir
01:11:23d'un infarctus
01:11:23dans l'exercice
01:11:24de leur fonction
01:11:24et ça c'est fou
01:11:26quand on arrive
01:11:27dans la prison de Frey
01:11:27il y a une chose
01:11:28qui vous saisit
01:11:29au delà de l'insalubrité
01:11:30de tout
01:11:31des bureaux
01:11:32des professionnels
01:11:32des couloirs
01:11:33des prisons
01:11:34des cellules
01:11:35enfin tout est infect
01:11:37il y a l'odeur
01:11:38il y a l'odeur
01:11:38qui est absolument abominable
01:11:39d'ailleurs les professionnels
01:11:40quand ils rentrent chez eux
01:11:41pour un chose qu'ils foncent
01:11:42c'est qu'ils balancent
01:11:43toutes leurs affaires
01:11:44à la machine
01:11:44ça ne dure pas deux jours
01:11:48et on rentre là-dedans
01:11:49et moi je mets
01:11:50la sensation que j'ai eue
01:11:52je me dis
01:11:52si moi je vais là-dedans
01:11:53à un moment donné
01:11:54si je fais quelque chose
01:11:56de suffisamment grave
01:11:57pour être incarcéré
01:11:59comment je peux sortir
01:12:00meilleur de cet endroit
01:12:01ça me paraît
01:12:02complètement impossible
01:12:03c'est l'interrogation du siècle
01:12:05je crois
01:12:05et en France
01:12:06c'est la question
01:12:07qu'on se pose
01:12:09oui
01:12:09les prisonniers
01:12:11qui vont sortir
01:12:14ils sortent
01:12:15et les matons restent
01:12:17quand on voit l'image
01:12:17que le cinéma
01:12:18vous êtes cinéaste
01:12:19les matons sont pas
01:12:21que ce soit un hautenaire
01:12:22ou autre
01:12:22le maton est pas forcément
01:12:23un mec sympa
01:12:24c'est souvent un beau
01:12:24un peu violent
01:12:26il y a même des films
01:12:26on les fait passer
01:12:27pour des tortionnaires
01:12:28quelques-uns
01:12:29où on voit le maton
01:12:30qui est humain
01:12:30qui garde même des liens
01:12:31ou alors qui devient complice
01:12:33parce qu'il peut être corrompu
01:12:34là on sait aujourd'hui
01:12:34qu'il y a eu des cas
01:12:35de corruption
01:12:37dans face à face
01:12:38alors on voit pas
01:12:39on voit pas vraiment
01:12:40le personnel pénitentiaire
01:12:41mais ça fait partie d'un tout
01:12:43la prison française
01:12:45aujourd'hui
01:12:45dans la république française
01:12:46qui était si soucieuse
01:12:47de son école
01:12:48de ses hôpitaux
01:12:49de ses chemin de fer
01:12:50les prisons auraient dû
01:12:51être quelque chose de modèle
01:12:52et aujourd'hui
01:12:52c'est un des points noirs
01:12:53de la république
01:12:54mais un des points noirs
01:12:55les plus terribles
01:12:56et les plus condamnables
01:12:57n'oublions pas que la France
01:12:58est condamnée quasiment
01:12:59chaque année par l'Europe
01:13:00pour l'état de ses prisons
01:13:01les stations population
01:13:03les chiffres sont sortis là
01:13:04je crois qu'il y a 63 000 places
01:13:06et il y a 96 000 détenus
01:13:08oui c'est
01:13:09là j'étais hier à Auxerre
01:13:12où il y a une prison là-bas
01:13:14je discutais avec les
01:13:15elle est belle de l'extérieur
01:13:16elle est très belle de l'extérieur
01:13:17mais apparemment
01:13:17elle n'est pas si mal de l'intérieur
01:13:19et à l'intérieur voilà
01:13:21mais en fait ils ont
01:13:22ils ont entre deux fois et demi
01:13:24et trois fois
01:13:25la population maximale
01:13:26à l'intérieur de leur mur
01:13:27je me souviens de témoignages
01:13:29de prisonniers politiques
01:13:30basques espagnols
01:13:31anciens militants
01:13:32d'état
01:13:33qui avaient fait la prison
01:13:34dans les deux pays
01:13:35ils préféraient la prison espagnole
01:13:37y compris avec un régime
01:13:38un peu tortionnaire
01:13:39il y avait une espèce de
01:13:41laisser aller ou autre
01:13:42que la sordidité
01:13:44des prisons françaises
01:13:45même Gradignan
01:13:45qui était des prisons modèles
01:13:46il y en avait
01:13:47voilà
01:13:48il y avait cette dichotomie
01:13:49entre les deux
01:13:49entre les deux formes de prison
01:13:51nous avons Jean-Louis
01:13:52qui nous appelle d'Arles
01:13:55bonjour Jean-Louis
01:13:57bonjour
01:13:57vous avez une maison
01:13:58vous avez une centrale à Arles
01:13:59je crois également aussi
01:14:00qui est magnifique
01:14:01magnifique
01:14:02elle est réputée
01:14:04je ne sais pas si on va mettre
01:14:05des étoiles Michelin
01:14:06je ne rigole pas
01:14:07parce que c'est un sujet tragique
01:14:09non mais je sais qu'il y a
01:14:10les prisonniers qui viennent
01:14:11voilà
01:14:12celle-là en mériterait plusieurs
01:14:14il se trouve que je suis médecin
01:14:16j'ai été amené à aller
01:14:18entre autres à la prison
01:14:19d'Aix-en-Provence
01:14:20à l'époque où j'étais médecin
01:14:22aux urgences
01:14:23bien sûr
01:14:23et c'était à l'intérieur
01:14:25véritablement une horreur
01:14:26de plus en plus
01:14:28même à Marseille
01:14:29les célèbres baumettes
01:14:30ont été refaites
01:14:32moi ce qui me dérange beaucoup
01:14:34c'est
01:14:34j'entends souvent les politiciens
01:14:36dire il faudrait construire des prisons
01:14:38il faudrait construire des prisons
01:14:39quand on voit ce que ça coûte
01:14:42je pense qu'il faudrait un peu réfléchir
01:14:44on a des tas de bases militaires
01:14:46qui ont été abandonnées
01:14:47où on pourrait mettre
01:14:49des gens sous surveillance
01:14:50alors bien entendu
01:14:51on va me dire
01:14:52que ça ressemble
01:14:53aux camps de concentration
01:14:54oui
01:14:54j'allais vous le dire
01:14:56mais pour vous soutenir
01:14:57en disant
01:14:57effectivement que c'est
01:14:58une très bonne idée
01:14:59le tout savoir
01:15:00comment c'est aménagé
01:15:02je crois que les camps de concentration
01:15:03malheureusement
01:15:04ils s'y passaient des choses
01:15:05qui étaient plus graves
01:15:06que le lieu en soi
01:15:07on parle pas de camps
01:15:08de concentration
01:15:09mais justement
01:15:10un espace
01:15:11on va prendre des mots
01:15:12mesurés
01:15:13un espace de réinsertion
01:15:15dans lequel
01:15:15au lieu d'être enfermé
01:15:16dans un univers
01:15:17justement
01:15:18pénitentiaire terrible
01:15:19il y aurait
01:15:20un peu d'humanité
01:15:21qui pourrait permettre
01:15:22peut-être
01:15:23de se dégager
01:15:24des approches
01:15:25les plus tragiques
01:15:26de la prison
01:15:26il y a peut-être
01:15:37une situation
01:15:38et si vous
01:15:39aujourd'hui
01:15:40on se plaigne
01:15:40de l'état
01:15:40des prisons
01:15:41mais si vous voyez
01:15:42certaines maisons
01:15:42de retraite
01:15:44je pense qu'il y a
01:15:45des sous à mettre
01:15:46il faudrait commencer
01:15:47par les maîtres
01:15:47chez nos vieux
01:15:48qui ont gagné
01:15:49le droit d'être
01:15:50bien traités
01:15:50oui Jean-Louis
01:15:51merci et bravo
01:15:52oui
01:15:53et certains commissariats
01:15:54et certains commissariats
01:15:56qui sont dans un état
01:15:57de vitusté
01:15:57et on a parlé
01:15:58je peux vous parler
01:16:00du commissariat
01:16:01je peux vous parler
01:16:02aussi du commissariat
01:16:03d'Arles
01:16:03que je connais
01:16:03depuis longtemps
01:16:04puisque j'ai 70 ans
01:16:06quand j'étais gamin
01:16:07les portes étaient ouvertes
01:16:08maintenant il y a des grilles
01:16:09et eux ils sont armés
01:16:11vous imaginez
01:16:12à quel point
01:16:12ils se sentent en sécurité
01:16:13les temps ont bien changé
01:16:14vous avez connu le temps
01:16:15où les gendarmes
01:16:16s'arrêtaient dans les fermes
01:16:16pour boire un coup
01:16:17et quand le gamin
01:16:18avait fait une bêtise
01:16:19il se prêlait une fessée
01:16:19du gendarme
01:16:20et c'était terminé
01:16:21le gendarme était juge de paix
01:16:22cette période est révolue
01:16:24on pouvait prendre
01:16:25un coup de pied au cul
01:16:26mérissait
01:16:27peut-être que c'était
01:16:29c'est un meilleur système
01:16:31Florian Essic
01:16:33vous pensez
01:16:34qu'on peut repenser la prison
01:16:35maintenant que vous avez été
01:16:36vous avez été dedans
01:16:37par votre rôle
01:16:38vous pensez qu'il faut
01:16:40peut-être repenser la prison
01:16:41qu'il y a d'autres formes
01:16:42de détention
01:16:44pénitentiaire
01:16:45que celles que l'on connait
01:16:46aujourd'hui
01:16:46de façon académique
01:16:48ma place est assez facile
01:16:49parce que
01:16:50j'ai pas de pouvoir
01:16:51donc ça c'est assez facile
01:16:53de dire
01:16:53on pourrait faire autrement
01:16:54on pourrait faire mieux
01:16:55ce que font très bien
01:16:56d'ailleurs les politiques
01:16:57sans appliquer
01:16:58leur propre conseil
01:16:59qu'elle soit
01:16:59de tous bords
01:17:00mais
01:17:01oui
01:17:02de toute façon
01:17:02il faut repenser
01:17:03mais pas que la prison
01:17:04je pense qu'il y a
01:17:05on a une société
01:17:06en général
01:17:07à repenser
01:17:10tout s'écroule
01:17:11le service public
01:17:12s'écroule
01:17:12dans tous les domaines
01:17:13les professionnels
01:17:15déjà la fracture sociale
01:17:17c'est elle qui envoie
01:17:17les gens en prison
01:17:18que disait Victor Hugo
01:17:19ouvrez une école
01:17:20vous fermez une prison
01:17:21cette réalité
01:17:22est toujours d'actualité
01:17:23elle est toujours d'actualité
01:17:24elle est toujours d'actualité
01:17:25malheureusement
01:17:26de plus en plus
01:17:27donc oui
01:17:28il faut repenser le système
01:17:29moi quand même
01:17:30je souligne
01:17:30ce que j'ai vu en prison
01:17:32c'est pour la grande majorité
01:17:34le caractère exceptionnel
01:17:36et exceptionnellement humain
01:17:37des professionnels
01:17:38qu'il y a dedans
01:17:39même des surveillants pénitentiaires
01:17:41qui font franchement
01:17:42un travail compliqué
01:17:44encore une fois
01:17:45absolument pas considéré
01:17:46payé au lance-pierre
01:17:48toujours en sous-effectif
01:17:50on va en manquer
01:17:52parce que c'est un métier
01:17:52qu'on ne veut plus faire
01:17:53comme d'autres métiers
01:17:54à risque
01:17:55ou avec des contrats
01:17:56épouvantables
01:17:57et un jour
01:17:57on va manquer
01:17:58de gardien de prison
01:17:58donc qu'est-ce qu'on va faire ?
01:17:59qui a envie de faire ça ?
01:18:00un intelligence artificielle
01:18:01on aura un robot
01:18:02ça se voit dans les films
01:18:03de science-fiction
01:18:03ça se voit
01:18:04formidable
01:18:06peut-être qu'on aura des robots
01:18:06et alors là
01:18:07en termes d'humanité
01:18:08parce qu'il ne faut pas oublier
01:18:09que ce qui va faire
01:18:11la réussite d'une sortie
01:18:13c'est ce lien social
01:18:14c'est l'humanité
01:18:15c'est les gens qu'on a en face
01:18:16évidemment
01:18:17si on a des gens violents
01:18:18pas sympathiques
01:18:19etc
01:18:19il y a peu de chances
01:18:20que ça marche
01:18:21par contre
01:18:21si on a des gens
01:18:22qui font un travail de fond
01:18:23avec des vraies compétences
01:18:25et une humanité
01:18:26à toute épreuve
01:18:26et bien
01:18:27on a plus de chances
01:18:28de réussir
01:18:29et je rebondis
01:18:30sur les chiffres
01:18:30que vous avez donnés
01:18:31tout à l'heure
01:18:31c'est vrai
01:18:3263% de récidive
01:18:34mais
01:18:35ce chiffre englobe tout
01:18:36et on est vraiment
01:18:37sur un chiffre
01:18:38qui se rapproche
01:18:39beaucoup plus
01:18:39de la petite
01:18:40et moyenne délinquance
01:18:41que sur des peines
01:18:42de 15 ou 20 ans
01:18:44en termes de récidive
01:18:45pour meurtre
01:18:45oui
01:18:45voilà
01:18:46vous savez
01:18:47on aura peut-être
01:18:48des directeurs de prison
01:18:48qui seront des robots
01:18:49on en aura peut-être
01:18:50un jour à l'Elysée
01:18:51c'est pas dit
01:18:51qu'on soit plus mal gouverné
01:18:53aujourd'hui
01:18:53voilà
01:18:54vous restez avec nous
01:18:54n'est-ce pas
01:18:55bien sûr
01:18:56pensez-vous
01:18:57que la prison
01:18:57on a Gérald
01:18:59qui attend le téléphone
01:18:59non non non
01:19:00mais on le prend juste après
01:19:01on le prend juste après
01:19:02alors d'abord
01:19:02on va solliciter
01:19:04les personnes qui nous écoutent
01:19:05pensez-vous
01:19:05que la prison prépare
01:19:06ses détenus
01:19:07à se réinsérer
01:19:08puisque de 60 à 63%
01:19:10des personnes libérées
01:19:11récidives dans les 5 ans
01:19:12suivant leur sortie
01:19:13pour des délits mineurs
01:19:14comme Florian
01:19:15vous venez de le dire
01:19:16à qui la faute
01:19:17appelez-nous
01:19:17pour nous le dire
01:19:18pour nous dire
01:19:18ce que vous en pensez
01:19:19au 0826 300 300
01:19:20la France dans tous ses états
01:19:23Péricault Légas
01:19:24il est 13h48
01:19:25vous êtes bien sûr
01:19:26Sud Radio
01:19:27et nous continuons
01:19:28à en parler
01:19:28avec Florian
01:19:29Florian Lessic
01:19:29réalisateur de face à face
01:19:31de ce vaste sujet
01:19:33politique et social
01:19:34qui est la réinsertion
01:19:35des prisonniers
01:19:35faut-il laisser leur chance
01:19:37y compris à des criminels
01:19:38est-ce que
01:19:39l'humanité
01:19:40de la République française
01:19:41de beaucoup de démocratie
01:19:42et qu'une fois que l'homme
01:19:43la femme
01:19:44est condamné
01:19:45est-ce qu'il a une chance
01:19:46de revenir au droit chemin
01:19:48et a-t-on mis en place
01:19:50des institutions
01:19:51des codes
01:19:52et des protocoles
01:19:53qui permettent
01:19:54de façon raisonnable
01:19:55et humaine
01:19:56de réinsérer quelqu'un
01:19:57c'est le débat
01:19:58et nous en discutons
01:19:58avec les gens
01:19:59qui nous appellent
01:20:00bien sûr qu'il faut essayer
01:20:02mais nous constatons
01:20:03aujourd'hui
01:20:03que vu la dégradation
01:20:04des relations sociales
01:20:06du niveau culturel
01:20:07de cette école
01:20:08qui ne marche plus
01:20:08voilà nous avions Bruno
01:20:10qui était un gardien de prison
01:20:11qui disait
01:20:11il y a des gens
01:20:11qui sont foutus
01:20:12dès le départ
01:20:13et quoi qu'il arrive
01:20:13on ne pourra pas
01:20:14les réinsérer
01:20:15ici c'était l'exemple
01:20:16à la prison de Béziers
01:20:17on a libéré des prisonniers
01:20:18pendant le Covid
01:20:19et 60% sont revenus
01:20:21nous avons Christine
01:20:23Florian
01:20:24je vous donne la parole
01:20:24dans une seconde
01:20:25je voudrais avoir
01:20:25le témoignage de Christine
01:20:26qui nous appelle de Lyon
01:20:27parce que Christine
01:20:28vous avez travaillé
01:20:29à Fresnes
01:20:30et à Lyon
01:20:31à la fameuse prison
01:20:32prison Saint-Paul
01:20:33aujourd'hui transformée
01:20:34en campus universitaire
01:20:35et vous avez rencontré
01:20:38pendant son incarcération
01:20:39Yvan Colonna
01:20:40oui je ne sais pas
01:20:42tout à fait
01:20:42vous m'entendez ?
01:20:44je vous entends très bien
01:20:45alors comment avez-vous vécu
01:20:46bonjour
01:20:47comment avez-vous vécu
01:20:48ce rôle d'infirmière
01:20:49à Fresnes
01:20:50et à Lyon
01:20:51au contact
01:20:52de ces détenus
01:20:53dont certains
01:20:54étaient certainement
01:20:55condamnés
01:20:55pour de lourdes peines
01:20:58alors d'abord
01:20:59je suis très émue
01:21:00de vous parler
01:21:01vraiment
01:21:01je me sens très honorée
01:21:04de pouvoir vous parler
01:21:04mais c'est moi
01:21:05qui suis honorée
01:21:05de vous écouter
01:21:06ma chère Christine
01:21:07c'est réciproque
01:21:08allez-y
01:21:08au contraire
01:21:09non non
01:21:09livrez-vous
01:21:11en fait
01:21:11je refitue
01:21:14avant de revenir
01:21:15en France
01:21:16j'avais
01:21:17pour le CICR
01:21:18j'avais travaillé
01:21:19pendant 3 ans
01:21:20j'avais fait
01:21:21le suivi
01:21:22des 25 prisons
01:21:24de Haïti
01:21:24pour la Croix-Rouge
01:21:25Haïti
01:21:26les prisons d'Haïti
01:21:27pour le comité
01:21:28pour le comité international
01:21:29de la Croix-Rouge
01:21:30ça ne devait pas être mal
01:21:31ça non plus
01:21:31les prisons d'Haïti
01:21:32vous avez dû voir
01:21:33des choses
01:21:33à mon avis
01:21:34assez différentes
01:21:35c'est là justement
01:21:36où je vais en venir
01:21:37quand je suis revenue
01:21:39en France
01:21:39ils m'ont dit
01:21:40vous étiez dans les prisons
01:21:41est-ce que vous voulez continuer
01:21:42j'ai dit
01:21:43ben oui
01:21:43pourquoi pas
01:21:44et j'arrive effectivement
01:21:46à Fresnes
01:21:46que moi
01:21:47je trouvais quand même
01:21:49comme prison
01:21:49assez agréable
01:21:50parce que
01:21:51les couloirs
01:21:53étaient très larges
01:21:54ils étaient très clairs
01:21:56c'était du plancher
01:21:57au sol
01:21:59donc un très vieux
01:22:01un très vieux bâtiment
01:22:03ce qui avait très bien
01:22:04parce que moi
01:22:05j'avais une particularité
01:22:06j'étais à ce qu'on appelait
01:22:08le CSST
01:22:09c'est-à-dire
01:22:09le centre
01:22:10de soins
01:22:11et de suivi
01:22:12des toxicomanes
01:22:13d'accord
01:22:14et la particularité
01:22:16de Fresnes
01:22:16c'est qu'il avait
01:22:17déjà à l'époque
01:22:19un hôpital psychiatrique
01:22:21à l'intérieur
01:22:22de la prison
01:22:23ce qui fait
01:22:24que les prisonniers
01:22:27avec des problèmes
01:22:28psychiatriques
01:22:29qui arrivaient
01:22:30ils étaient pris en charge
01:22:32au rez-de-chaussée
01:22:33ceux qui étaient
01:22:35stabilisés
01:22:36étaient pris en charge
01:22:37au premier étage
01:22:38et le deuxième étage
01:22:41c'était
01:22:41tous les
01:22:43les
01:22:43messieurs
01:22:45qui avaient
01:22:46accepté
01:22:47un suivi
01:22:48c'était tous
01:22:50les pédocriminels
01:22:51vous en tant que
01:22:53représentant
01:22:54du monde de la santé
01:22:55vous trouviez
01:22:56qu'il y avait
01:22:57plutôt de l'humanité
01:22:58ou que
01:22:59déjà ça commençait
01:23:00à se dégrader
01:23:01dans les relations humaines
01:23:03alors
01:23:04non
01:23:05les équipes soignantes
01:23:07et comme les surveillants
01:23:08d'abord
01:23:08d'ailleurs
01:23:09je tiens quand même
01:23:10à le dire
01:23:10moi j'étais
01:23:12en admiration
01:23:13devant certains
01:23:14surveillants
01:23:14la patience
01:23:15qu'ils avaient
01:23:17le sens
01:23:18l'intuition
01:23:20qu'ils avaient
01:23:20de détenus
01:23:21qui allait peut-être
01:23:22péter un câble
01:23:23moi j'ai vraiment appris
01:23:24de certains
01:23:26surveillants
01:23:28qui vraiment
01:23:29moi j'ai toujours
01:23:30eu une bonne
01:23:31collaboration
01:23:32avec eux
01:23:32je ne peux vraiment
01:23:33pas me plaindre
01:23:36j'y suis restée
01:23:37en tout
01:23:38j'ai dû faire
01:23:384 ans
01:23:39en tout
01:23:39dans l'une
01:23:40et dans l'autre
01:23:42voilà
01:23:45honnêtement
01:23:45je surprenne
01:23:46moi je trouvais
01:23:47que ça allait
01:23:48plutôt pas trop mal
01:23:50c'est intéressant
01:23:50ce que vous dites
01:23:51la pire
01:23:53c'était la prison
01:23:54de Lyon
01:23:54de Saint-Paul
01:23:55donc oui
01:23:56de Saint-Paul
01:23:57où on traversait
01:23:58d'une prison
01:23:59à l'autre
01:23:59parce qu'en fait
01:23:59c'est deux prisons
01:24:01différentes
01:24:01et pour rejoindre
01:24:03l'une à l'autre
01:24:04il fallait passer
01:24:05dans les sous-sols
01:24:07et quand c'était inondé
01:24:08quand le Rhône montait
01:24:10il nous installait
01:24:11des planches
01:24:12on marchait
01:24:12sur les planches
01:24:13et puis
01:24:13c'était lourd
01:24:15mais surtout
01:24:16alors ce qui m'a
01:24:17moins choquée
01:24:18à l'époque
01:24:18je vous parle
01:24:19de 2005
01:24:20ce qui m'a choquée
01:24:21à l'époque
01:24:22c'est que
01:24:24surtout à Saint-Paul
01:24:25c'était les rats
01:24:25quoi
01:24:26on avait des rats
01:24:27qui étaient gros
01:24:28comme des moitiés
01:24:29de Castor
01:24:29je suis surpris
01:24:31que vous ne les ayez
01:24:31pas vus à Freyne
01:24:32parce qu'ils sont
01:24:32quand même
01:24:33très présents
01:24:35écoutez
01:24:36moi
01:24:36je ne passais pas
01:24:38dans les
01:24:38je ne montais pas
01:24:40dans les cours
01:24:41donc on était
01:24:43en bas
01:24:43et on était
01:24:46sur l'hôpital
01:24:47psychiatrique
01:24:48donc
01:24:49bien sûr
01:24:50qu'on en a vu
01:24:51mais le pire
01:24:52pour moi
01:24:52ça a été vraiment
01:24:53Saint-Paul
01:24:55merci Christine
01:24:56pour votre témoignage
01:24:57Florian
01:24:58ici Christine
01:24:59soulève quelque chose
01:24:59d'important
01:25:00la qualité du personnel
01:25:02la compétence
01:25:03du personnel
01:25:04pénitentiaire
01:25:04participe aussi
01:25:05de la chance
01:25:05de réinsertion
01:25:07bien entendu
01:25:07je pense
01:25:08que vous avez dû
01:25:09dans le film
01:25:09vous l'évoquez peu
01:25:10on le sent quand même
01:25:11évidemment
01:25:12les conditions
01:25:12de détention
01:25:13c'est important
01:25:14les gardiens de prison
01:25:15doivent être aussi
01:25:16accompagnés
01:25:16c'est extrêmement
01:25:17c'est extrêmement important
01:25:18comme je le disais
01:25:19selon les personnes
01:25:20qu'on a en face
01:25:21on ne va pas ressortir pareil
01:25:22tout comme selon
01:25:24dans quelle famille on est
01:25:25on n'a pas la même éducation
01:25:26on n'a pas les mêmes bases sociales
01:25:28donc c'est assez évident
01:25:30après
01:25:30ce témoignage était intéressant
01:25:32parce que
01:25:32moi je n'ai pas eu la chance
01:25:34de pouvoir comparer
01:25:35les différentes prisons
01:25:36donc effectivement
01:25:37il y en a sûrement des pires
01:25:38que Fren
01:25:40mais en étant
01:25:42objectivement neutre
01:25:43et en arrivant
01:25:44à la prison de Fren
01:25:44je maintiens
01:25:46qu'il est impossible
01:25:46d'en ressortir meilleur
01:25:47que ce qu'on est entré
01:25:48elle est absolument insalubre
01:25:49il y a des rats partout
01:25:50les murs s'effritent
01:25:51l'humidité est permanente
01:25:53les professionnels
01:25:53ne voient pas le jour
01:25:56je pense
01:25:57que
01:25:57ne serait-ce que
01:25:58pour les professionnels
01:25:59ça ne me paraît pas humain
01:26:00de travailler
01:26:00dans ce genre de conditions
01:26:01il y a une anecdote
01:26:02qui dit
01:26:02qu'à un moment donné
01:26:03il y avait un bistrot
01:26:04en face de la prison de Fren
01:26:05qui s'était intitulé
01:26:06on est mieux ici qu'en face
01:26:08alors ça je confirme
01:26:09sans doute
01:26:10nous avons Sophie
01:26:11qui nous appelle de Bordeaux
01:26:13Sophie
01:26:13je suis
01:26:15très intéressé
01:26:15par votre trémagnage
01:26:17parce que
01:26:18vous avez participé
01:26:19vous aussi
01:26:19à la réinsertion
01:26:20de détenus
01:26:23Sophie
01:26:24bonjour
01:26:24bonjour Sophie
01:26:25bonjour Sophie
01:26:25vous m'entendez ?
01:26:26je vous entends très bien
01:26:27on vous en prie Sophie
01:26:29on vous écoute
01:26:29alors c'est parfait
01:26:31donc non
01:26:32moi je n'ai pas participé
01:26:33à la réinsertion
01:26:33de détenus
01:26:34j'ai eu à connaître
01:26:36le monde carcéral
01:26:37à travers mon fils
01:26:38qui a été incarcéré
01:26:39ah d'accord
01:26:40vous étiez de l'autre côté
01:26:41à contraire
01:26:41mais vous avez
01:26:42assisté à une réinsertion
01:26:43si je comprends bien
01:26:44d'accord
01:26:44donc vous témoignez
01:26:45en ce sens
01:26:45alors tout à fait
01:26:46donc bon
01:26:48alors déjà
01:26:49dans un premier temps
01:26:51je pense
01:26:52que sa place
01:26:53était plus
01:26:53en hôpital psychiatrique
01:26:55qu'en prison
01:26:56oui
01:26:56ce qui est dommage
01:26:57ça c'est déjà
01:26:58une erreur d'aiguillage
01:26:59c'est une erreur d'aiguillage
01:27:00qui arrive assez souvent
01:27:01alors disons
01:27:01que c'est un problème
01:27:02de
01:27:02oui complètement
01:27:03c'est un problème
01:27:04certainement de moyens
01:27:07donc il a fait sa peine
01:27:09en prison
01:27:11il a
01:27:12je pense qu'il a compris
01:27:13que ce n'était pas
01:27:14un endroit
01:27:16très très intéressant
01:27:17bon
01:27:18donc j'espère
01:27:19qu'il va comprendre
01:27:21qu'il va comprendre
01:27:22que l'idée
01:27:23ne va pas y retourner
01:27:24mais après
01:27:25moi ce qui m'a un peu choqué
01:27:27c'est le manque
01:27:28de
01:27:30d'humanité
01:27:30par le
01:27:31par le fait
01:27:32qu'il n'y a pas d'hygiène
01:27:33en prison
01:27:33pardon
01:27:34pour ce qui est de la réinsertion
01:27:36il a contacté
01:27:37il a côtoyé
01:27:38je veux dire
01:27:38il a été reçu
01:27:39suivi par un conseiller
01:27:40ou une conseillère
01:27:41ou non
01:27:42oui
01:27:42oui
01:27:43et là
01:27:43sur ce côté là
01:27:45qui est le sujet
01:27:45de notre émission
01:27:46là ça s'est bien passé
01:27:47là ça s'est bien passé
01:27:49tout à fait
01:27:50son conseiller
01:27:51est vraiment quelqu'un
01:27:51d'exceptionnel
01:27:52c'est les conditions
01:27:53de détention
01:27:53c'est les conditions
01:27:54de détention
01:27:54évidemment
01:27:55qui étaient épouvantables
01:27:56ça je comprends
01:27:57Florian Essic
01:27:57merci
01:27:57une dernière question
01:27:59est-ce qu'Antoine Martino
01:28:01est fou
01:28:02ou non ?
01:28:03sans tout révéler
01:28:05et bien il faudra que les gens
01:28:06c'est vous qui le jouez
01:28:07à un moment donné
01:28:07on se pose la question
01:28:08et bien c'est exactement
01:28:10ce que disait l'auditrice
01:28:12je pense que tout est là
01:28:13je pense que parfois
01:28:15c'est la limite
01:28:16la limite est très
01:28:17est très fine
01:28:19entre des gens
01:28:20qui peuvent
01:28:21comprendre l'incarcération
01:28:22et d'autres
01:28:22qui auraient plus leur place
01:28:23dans un milieu hospitalier
01:28:25et la prison peut rendre fou
01:28:26la prison peut rendre fou
01:28:27voilà
01:28:27face à face
01:28:28avec Florian Essic
01:28:30derrière la caméra
01:28:31et sur scène
01:28:32Valérie Mérès
01:28:33on a oublié de parler
01:28:34de Frédéric Diffental
01:28:35qui joue le directeur de la prison
01:28:36qui nous change du flic
01:28:37de taxi
01:28:38absolument
01:28:38extraordinaire là aussi
01:28:39allez voir absolument
01:28:40sortie du 11 novembre
01:28:41et on est en tournée
01:28:42dans toute la France
01:28:43à partir de demain
01:28:44pour les avant-premiers
01:28:45et un film en partenariat
01:28:46avec Sud Radio
01:28:47j'espère que vous en ferez d'autres
01:28:48et si vous voulez me prendre
01:28:49pour jouer un détenu
01:28:52ou un gardien de prison
01:28:53je serai des vôtres
01:28:54voilà
01:28:54et si on est tous prêts
01:28:55à collaborer avec vous
01:28:56avec plaisir
01:28:57parce qu'on aime
01:28:58justement la passion
01:28:59qui est dans ce film
01:28:59et la sensibilité
01:29:01merci Florian Essic
01:29:02merci à vous
01:29:02bien sûr
01:29:03et merci aussi
01:29:04à nos autres invités
01:29:05Baptiste Gilly
01:29:06pour l'Uni
01:29:07et Bastien Bonargent
01:29:08pour les jeunes communistes
01:29:12à suivre évidemment
01:29:12Brigitte Lay
01:29:13qui vous parlera
01:29:15qui nous parlera
01:29:15de sexualité
01:29:16après 50 ou 60 ans
01:29:18et comment la maintenir
01:29:19et là vous me libérez
01:29:20ou non je peux
01:29:20je vous libère
01:29:21et pourquoi je ne suis pas
01:29:22invité dans l'émission d'après
01:29:23mais vous pouvez
01:29:24demander lui
01:29:25au contraire
01:29:26vous aurez beaucoup
01:29:26autre chose à dire