- il y a 11 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de Raphaël, gérant de "DealBike", pillé le 17 octobre, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:01R.M.C. Face aux grandes gueules
00:05C'est Raphaël qui est avec nous, gérant d'une concession de deux roues dans le 11e arrondissement parisien.
00:10Bonjour Raphaël.
00:11Bonjour.
00:12Merci d'être là.
00:14Votre magasin, là, aujourd'hui, il est complètement à terre ?
00:17Il est complètement pillé, vidé, détruit. Ils ont tout pris.
00:23C'est-à-dire, ça s'est passé comment alors ?
00:24C'est très simple. Ce magasin est fermé le samedi.
00:30On a décidé de fermer nos boutiques du boulevard Pau Marché le samedi après les manifs des Gilets jaunes
00:37parce qu'on se rendait compte que le fait d'avoir autant de manifestations le samedi impactait l'économie.
00:44Donc, on a décidé de fermer.
00:45Donc, on m'a téléphoné à un...
00:46Vous êtes dans un magasin de scooters, de motos ?
00:48De motos, scooters et motos.
00:49Avec casques, les accessoires, les blouses.
00:52Total, absolument.
00:54En occasion...
00:55En location.
00:56En location, oui, on fait aussi de location.
00:58Avec une grille métallique devant ?
01:00Avec un rideau métallique, des vitrines avec un verre feuilleté.
01:06Enfin, voilà, un minimum de protection.
01:09Et donc, ce magasin était fermé.
01:11On m'a téléphoné samedi soir pour m'avertir que le magasin venait d'être pillé.
01:18On a commencé à m'envoyer des vidéos, des réseaux sociaux.
01:21Donc, j'ai dû prendre mon véhicule pour me rendre sur place et constater l'ampleur des dégâts.
01:26Moi, je pensais y aller pour simplement voir ce qui se passait, prendre des photos, contacter l'assurance, appeler la
01:30police.
01:31Et je suis arrivé dans une zone de chaos sur place.
01:36Le magasin complètement détruit.
01:37Ils ont arraché le rideau métallique qui fait quand même 6 mètres de large.
01:42Ça pèse des centaines de kilos.
01:44Ils ont réussi à l'arracher, à le sortir de ces rails, à casser les vitres.
01:50Et ils ont cassé toutes les vitres.
01:54Prendre tout ce qu'il y avait dans le magasin, les motos, les casques, les équipements.
01:59Comment ils ont fait à prendre les motos, les scooters ?
02:01Parce qu'il y a des antigos, j'imagine, on ne peut pas les démarrer.
02:03Il y a des blocages de direction.
02:05Il y a des Neyman.
02:06Sauf que quand on trouve les clés et qu'on casse le coffre à clés et qu'on part avec
02:10les clés,
02:10c'est très facile de repartir avec des motos dans un boulevard qui était totalement vide de policiers à ce
02:17moment-là.
02:18Donc, du coup, ils ont pu faire ce qu'ils voulaient.
02:21Et ça a pris le temps qu'il fallait que ça prenne.
02:23Combien il y avait de personnes ?
02:24Parce qu'on voit les images, pour ceux qui sont devant RMC Story.
02:27« Oui, on voit votre magasin. Donc, on voit le rideau métallique. »
02:30Voilà, c'est le moment où ils sont en train de le casser.
02:32« C'est un rideau ajouré, comme on dit. C'est un rideau en anneau. »
02:35« C'est ça. Ils ont réussi à le tomber complètement. »
02:38Alors, voilà, ils l'ont complètement arraché, comme on peut le voir sur les images.
02:43Et ensuite, ils se sont fait plaisir. Vous regardez, vous voyez.
02:46Moi, ça me fait très mal de voir ces images.
02:48Parce que c'est des années de travail et je suis très en colère de voir ça.
02:53Est-ce qu'il y a de rien, s'il faut le dire, pour dire, parce que tous ceux qui
02:55ne connaissent pas,
02:56mais moi, je connais très bien le magasin de Raphaël, parce que moi, je passe devant régulièrement,
02:59t'es à quelques centaines de mètres de République et de Bastille.
03:02Où étaient concentrés les forces de police.
03:03Voilà, et donc, c'est ça qui est assez extraordinaire.
03:04C'est que les forces de police, et moi, je ne suis pas là pour les allumer,
03:07mais ils étaient capables de gazer un orchestre à 13h.
03:10Par contre, à 15h-16h, ils n'étaient plus là.
03:12Alors que s'ils avaient gazé ces mecs-là qui étaient en train de s'attaquer à la vitrine de
03:15Raphaël,
03:15ils s'étaient finis. Ça s'arrêtait. Le mec se barre à rien.
03:17Parce que le gars se fait fuir.
03:18Donc, c'est la question aujourd'hui que peut se poser Raphaël,
03:20c'est pourquoi on a abandonné tous les commerces autour de la place de la République ?
03:24C'est plus la place de la République où il y avait un tas de flics qui étaient au départ.
03:27Il a dit qu'ils ont pu faire ce qu'ils voulaient,
03:29ou peut-être qu'on les a laissés faire ce qu'ils voulaient.
03:30Alors, est-ce que vous avez une idée pour ça, Raphaël ?
03:33Moi, je pense qu'ils ont été complètement dépassés,
03:35que l'État l'a reconnu, a sous-estimé complètement la manifestation,
03:41les dégâts qui pouvaient être engendrés par des casseurs ce samedi.
03:46mais il n'y a pas que ça.
03:49On parle beaucoup sur les plateaux de la réaction de l'État,
03:52du manque de moyens, de la difficulté de l'État.
03:55Mais en réalité, ce n'est pas l'État qui m'a cassé la boutique.
03:58C'est ces gens-là, ces casseurs, ces pilleurs.
04:00Comment ils étaient ? Une vingtaine, une trentaine ?
04:01Et eux, si on avait peut-être une justice peut-être plus dure,
04:06ou des peines planchées, comme j'ai pu l'entendre,
04:08je vois que ça se fait dans d'autres pays, notamment en Italie,
04:11j'ai pu entendre ça,
04:13peut-être qu'ils auraient peur, simplement, de tout casser, de tout voler comme ça.
04:18Et je me dis, s'ils se sont permis de faire ça chez moi,
04:21mais chez d'autres aussi, on est des milliers de commerçants à s'être fait piller,
04:25peut-être qu'on n'aurait pas tout ça non plus.
04:28Vous pensez qu'on va les retrouver ?
04:31Non, je ne pense pas qu'on va retrouver autant de personnes.
04:34On va retrouver sûrement quelques-uns.
04:36Les miens, je ne sais pas, j'ose espérer, avec la vidéosurveillance.
04:39Vous avez la police scientifique qui est venue relever des empreintes ?
04:43Non, pas encore, pas encore.
04:44Mais il y a tellement de commerces,
04:46et je pense qu'ils sont aussi tellement occupés,
04:48que ça va prendre du temps.
04:49C'est-à-dire, pour être précis,
04:51il y avait combien de motos ou d'engins dans votre...
04:54On avait une vingtaine de machines.
04:58Ça allait du scooter à la grosse moto ?
04:59Oui, du scooter à la grosse moto.
05:00Ils sont sortis avec une quinzaine.
05:02Ah oui, ils ont réussi quasiment à toutes les piquer, quoi.
05:04J'en ai retrouvé une au bout de la rue.
05:06Les autres, je ne les ai pas retrouvées.
05:08Ils ont laissé deux ou trois motos, je crois, dans le magasin.
05:14Mais ils sont partis avec les clés.
05:15Voilà, mais les clés, elles étaient dans un coffre.
05:17Dans un coffre à clés, bien sûr, sécurisé.
05:19Et ils ont réussi à...
05:21Ils ont cassé, ils ont tout cassé.
05:22Même les ordinateurs, ils les ont pris, ils ont cassé les comptoirs.
05:25Les papiers, pardon, tous les papiers étaient par terre déchirés.
05:30Quel est l'intérêt ?
05:31Enfin, voilà, c'est de la pure destruction.
05:33Toute la déco murale, l'agencement du magasin a été détruit.
05:39Pour quelles raisons ?
05:40Pareil, j'en sais rien.
05:41Les télés, je les ai retrouvées détruites par terre.
05:44Donc, ce n'est pas du vol.
05:45C'est de la destruction.
05:47Ce qui est fou, c'est qu'on a cette image, on a l'intérieur de votre magasin que l
05:52'on voit, effectivement, où tout est retourné, tout est à terre.
05:56Les scooters, etc.
05:57Et puis, à un moment, on voit des jeunes, parce que je pense que ce sont des jeunes.
06:00Moi, je pense aussi, oui.
06:02Ils montent sur le scooter et puis les autres, ils le met en route.
06:05Puis, allez, vas-y gros, vas-y, allez, pars.
06:08Et puis, ils sont contents d'eux.
06:10Ils s'en vont, quoi.
06:11Absolument.
06:12En fait, c'est l'effet de foule.
06:14Chacun se galvanise et c'est comme ça qu'on arrive à créer des drames et de piller en nombre
06:20des boutiques.
06:21Parce que si vous les prenez individuellement, je pense qu'il n'y en a pas un qui a le
06:25courage de rentrer dans une boutique comme ça tout seul.
06:28Ils étaient tous en verre.
06:29C'est un effet de bande.
06:30Et aujourd'hui, quel est le parcours du combattant que vous allez devoir subir pour essayer d'être un minima
06:40?
06:40Vous ne serez pas indemnisé à 100% n'auriez-vous pas ?
06:42Non, je ne serais pas indemnisé à 100%.
06:44Limiter les dégâts.
06:45Déjà, le parcours du combattant, il commence dès samedi soir lors de l'arrivée sur place et de la constatation
06:52des dégâts.
06:54Ensuite, il faut trouver une entreprise qui vienne sécuriser les lieux.
06:57Ensuite, il faut appeler son assureur.
06:59Ensuite, il faut commencer à évaluer les pertes, les vols, ressortir les inventaires.
07:04Ensuite, il faut donc déclarer le sinistre.
07:06Il faut attendre l'expertise.
07:07Il faut déposer plainte.
07:08Il faut appeler le comptable pour pouvoir évaluer le préjudice sur la perte.
07:16Vous étiez assuré contre les émeutes et contre la casse ?
07:19Je suis assuré, bien sûr.
07:20Depuis les gilets jaunes.
07:21D'ailleurs, avant que vous ne répondiez, prenez la parole avec nous au 32-16.
07:26Parce que j'imagine que bon nombre de commerçants ou de ceux qui ont subi ça, ou même sans avoir
07:31été saccagés, vous vous identifiez à ce que dit Raphaël.
07:33Au moment où on annonce d'autres rassemblements, en plus, qui vont arriver.
07:37Mais ça, c'est une autre question qu'on vous posera.
07:38Donc, vous prenez la parole au 32-16 avec Raphaël, commerçant à Paris.
07:42Donc, vous étiez assuré contre les émeutes, contre la casse ?
07:44Absolument.
07:45On est assuré, sauf que je pense que tout le monde le sait ici.
07:50Les assureurs ont des conditions générales et des conditions particulières.
07:54Et je pense qu'on ne fait pas tous attention à chaque détail, chaque ligne sur les capitaux qui sont
08:02assurés.
08:03Il est passé l'expert déjà ou pas ?
08:04Non, pas encore.
08:05Vous l'avez vu en ligne ?
08:06Oui, on les a eus.
08:08Qu'est-ce qu'ils vous ont dit ?
08:08Ils sont désolés pour nous.
08:10J'ai reçu un mail.
08:11Ils vous ont dit, on sera à vos côtés.
08:13Ne vous inquiétez pas, monsieur.
08:14On sera à vos côtés, je ne sais pas.
08:15Mais en tout cas, ils étaient vraiment désolés pour moi.
08:19Ils me l'écrivent par mail.
08:20Ils commencent par ça.
08:21Donc, ça aussi, ça apaise un petit peu parce qu'on a forcément l'angoisse de comment va se dérouler
08:27cette expertise.
08:28C'est une assurance d'État qu'on devrait y avoir.
08:30C'est à l'État de vous assurer ?
08:31C'est l'État qui a failli, qui n'a pas assuré ces mesures régaliennes ?
08:34C'est à mon assureur de se retourner contre l'État derrière.
08:37La mesure simplifiée est beaucoup plus rapide et beaucoup moins contrainte.
08:40Vous avez déjà subi une violence.
08:41Une vraie violence.
08:42Vous n'allez pas subir une violence administrative derrière.
08:44Je n'espère pas, non.
08:46Vous n'êtes pas éligible au fond de garantie.
08:47Il ne devrait y avoir une assurance de l'État pour couvrir tout ça.
08:49C'est le rôle de l'État.
08:50Vous n'êtes pas éligible au fond de garantie dans ce cas-là.
08:52Parce que le fond de garantie, normalement, c'est pour tout ce qui est un peu extraordinaire.
08:55Moi, j'ai été indemnisé via le fond de garantie après les attentats.
08:57Donc, en fait...
08:58J'en ai aucune idée.
08:59Vous avez chiffré le préjudice.
09:02Il est toujours en cours de chiffrage.
09:04C'est plusieurs centaines de milliers d'euros.
09:07Et vous avez, j'imagine, des crédits sur le dos ?
09:10Absolument, oui.
09:10On a des crédits.
09:11On est engagé.
09:12On a du personnel.
09:13Là, c'est une économie qui est en train de se casser la figure.
09:18Et moi, c'est très dur pour moi.
09:20Puisque c'est un magasin que j'ai monté il y a plusieurs années.
09:22Une activité que je fais depuis tout petit.
09:24C'est mon...
09:25C'est votre passion.
09:26La moto.
09:27Exactement.
09:27Je suis mécanicien de formation.
09:30J'étais à l'école de mécanique à 15 ans.
09:33Et de voir aujourd'hui ce qui m'arrive.
09:36Pourtant, je ne suis pas une entreprise du CAC 40, même si je légitime absolument pas.
09:39Mais je ne représente pas l'État.
09:40Je ne représente pas les difficultés que les gens peuvent rencontrer en ce moment.
09:43Je ne représente rien de tout ça.
09:44Je suis simplement commerçant.
09:46Comme n'importe quel autre commerçant.
09:47J'ai vu des pharmacies, des Franprix.
09:49Enfin, pardon de les citer, mais des supermarchés.
09:52Ou d'autres commerces.
09:54Des magasins de basket.
09:55Se faire vider.
09:56C'est simplement la volonté de prendre ce qui n'est pas à soi.
09:59Oui, mais pour secrétaire, vous représentez...
10:01Vous êtes quelque part...
10:02Vous êtes la représentation de la société consumeriste auxquelles ils n'ont pas accès.
10:06Oui, mais moi, j'aimerais bien que Raphaël...
10:07Mais je légitime rien du tout.
10:09Je trouve ça d'une violence extrême.
10:11Et là où je suis d'accord avec vous, c'est qu'il faut des pleines planchées.
10:13Et la seule chose, c'est qu'il faut des places en prison aussi.
10:16Oui, mais...
10:17Avant de venir sur la peine, parce que...
10:21Mourad dit la société consumériste auxquelles ils n'ont pas accès.
10:24Tu crois que c'est parce qu'ils n'ont pas d'argent qu'ils viennent piquer ?
10:27Mais non.
10:28Entre autres, oui.
10:29Oui, parce qu'ils ne pas se payer.
10:30Mais attends, je ne légitime pas du tout.
10:32Mourad, je peux me permettre.
10:34Tu n'avais pas un rond, tu ne l'as toujours dit.
10:36Oui, mais j'aurais fait ça, bien sûr.
10:38Tu n'as jamais cassé.
10:39Je ne pense pas que ce soit la misère.
10:40Mourad, il est volé du pain.
10:43Moi, j'entends ce que tu dis, Mourad.
10:44Mais là, sur ce coup-là, moi, je peine à les défendre.
10:45Non, parce que si tu as faim, tu vas chercher du pain.
10:47Mais non, mais je ne les défends pas.
10:48Non, mais attends, il n'y a pas de quiproquo.
10:50Je ne les défends absolument pas.
10:51C'est ça qui me paraît.
10:52C'est ça que moi qui me dérange.
10:53Bien sûr que non.
10:54Dans ces cas-là, la pharmacie, elle ne fait pas partie d'une société consumériste.
10:58Il y a des coûts qui peuvent les intéresser.
10:59Qu'est-ce que je veux rembourser par l'État ?
11:01Il y a des coûts qui peuvent les intéresser pour oublier qu'ils n'en font pas partie.
11:04Les motivations ?
11:05Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord.
11:07Je pense que c'est vraiment la volonté de prendre, de se faire plaisir à prendre des motos.
11:11De dire qu'ils n'ont pas accès.
11:13Ils n'ont peut-être remordent d'ailleurs.
11:14Je pense que ce n'est pas vrai parce que j'ai tous les profils de clients dans mon magasin.
11:19Mais pour que je sois clair, s'ils n'ont pas accès, c'est leur problème.
11:21Oui, c'est une chose.
11:23Mais parfois même, les plus démunis ont besoin de solutions de mobilité qu'on distribue.
11:29Et on a plein de solutions pour les accompagner.
11:32On passe par des financements.
11:33Donc même les plus démunis, on essaie de les accompagner pour pouvoir leur proposer des motos ou des scooters d
11:37'occasion avec des prix maîtrisés.
11:40Et donc non, je ne suis pas d'accord.
11:41J'ai vraiment de tous les profils au sein de mon commerce.
11:45C'est simplement la volonté de piller, casser.
11:48Parce que même quand je vois des magasins de basket, on est parti prendre des baskets, des paires de baskets
11:51à 90 euros.
11:52On en voit plein dans tous les lycées.
11:54Ils ont les mêmes paires de baskets.
11:55Non, c'est simplement qu'ils veulent les prendre.
11:56qu'ils veulent le prendre gratuitement, revendre et faire un peu d'argent.
12:00Finalement, c'est des petits capitalistes voleurs au départ, mais des petits capitalistes derrière.
12:03J'ai l'impression, visiblement.
12:05Parce que derrière, on vole et ensuite on revend.
12:06Non, mais c'est ça que les gens n'ont pas compris depuis des années.
12:08En fait, les gens pensent que les gamins des quartiers ou autres, ou les de ceux qui...
12:12En fait, ça serait des communistes.
12:14Je ne crois pas, moi, en fait.
12:15Quand je parle avec eux, les gamins...
12:16Ce seraient des communistes, ils partageraient tout de suite derrière.
12:17Oui, leur envie, c'est plutôt d'être Scarface.
12:19La droite pour l'un et la gauche pour l'un.
12:20Oui, c'est plutôt Scarface, à mon avis.
12:22Oui, leur modèle, ce n'est pas Karl Marx.
12:24Le pire, c'est que comment dans un pays qui se veut la septième puissance mondiale,
12:29comment dans un pays qui était à la limite de faire la guerre à la Russie,
12:31on n'est pas capable de mettre hors d'état de nuire et d'empêcher ça ?
12:34C'est une vraie question.
12:35C'est une vraie question.
12:36Surtout au niveau de fiscalité où on est, on peut quand même attendre un peu de services
12:39et de prestations et de protections.
12:41Moi, la vraie question est là.
12:42Parce que si on était capable de les en empêcher, ils ne recommenceraient pas.
12:45Laura ?
12:46Moi, Raphaël, je n'ai pas de questions à vous poser.
12:48Hormis celle-ci.
12:49Si vous aviez 10 jeunes sur tous ceux qui vous ont pris, tout ce que vous aviez,
12:54en face de vous, vous leur diriez quoi ?
12:56Parce que je pense qu'en fait, ils n'ont absolument pas conscience,
12:59parce qu'ils n'ont pas été élevés correctement,
13:01mais je pense qu'ils n'ont absolument pas conscience de ce qu'ils font humainement à quelqu'un.
13:04Je pense qu'ils s'en foutent, moi.
13:06Je pense réellement qu'ils s'en foutent.
13:08J'ai vu le procureur de Marseille, je crois, ce matin dire
13:13qu'aucun des casseurs n'a présenté d'excuses.
13:15Donc moi, je leur dirais, en face, que j'espère qu'ils prendront les peines les plus lourdes possibles.
13:20Prisons fermes.
13:20Et à prison ferme, qu'ils me remboursent.
13:22C'est bien sûr, si.
13:23Et peut-être que toutes ces années derrière les barreaux, ça leur fera comprendre ce qu'ils ont fait aux
13:27autres.
13:28Voilà ce que je leur dirais.
13:30Qui vous rembourse, vous pensez qu'ils seront solvables ?
13:33Pas 100%.
13:34Dans ces cas-là, qu'est-ce qu'on fait ?
13:36Non, ils ne seront pas solvables.
13:37Qu'est-ce qu'on fait ?
13:37On a un problème, puisque c'est peut-être le fonds de garantie de l'État qui paiera.
13:42Et au final, en réalité...
13:43Donc c'est nous ?
13:43C'est nous.
13:44Donc on va avoir des augmentations d'impôts, on va avoir de l'augmentation de fiscalité.
13:48Et pourtant, c'est les problèmes du pays actuel.
13:49Dans un instant, il y a la question vérité aussi que je vous poserai.
13:52C'est l'après.
13:53C'est-à-dire que vous êtes dans un endroit sensible aussi, boulevard Beaumarchais, pas très loin de République.
13:57Est-ce que vous allez rester ?
13:58Autre question, c'est est-ce que vous allez prendre de la sécurité privée ou éventuellement vous armer ?
14:03Et puis ensuite, il y a est-ce que vous avez envie de continuer de bosser ?
14:06Ça, c'est les questions qu'on va continuer de bosser.
14:07Est-ce que vous seriez capable d'en prendre un avec vous ?
14:10Attends, mais justement, il va répondre dans un instant.
14:13Raphaël est avec nous.
14:15J'ai rendu une concession de deux roues dans le 11e arrondissement parisien,
14:18complètement pillé le week-end dernier.
14:20Vous témoignez.
14:21Merci de témoigner en toute sincérité avec nous.
14:24Et si vous êtes commerçant, solidaire de Raphaël,
14:27ou peut-être avec des idées de ce qu'il faut faire,
14:30mais c'est au 32-16 que ça se passe.
14:31On continue les Gigi, les Grandes Gueules avec vous, bien sûr, au 32-16.
14:34Il est 10h20 avec Bruno Poncey, avec Mourad Boudjellal, avec Laura Barton-Martinez.
14:39C'est le témoignage surtout de Raphaël, gérant d'une concession de deux roues dans le 11e arrondissement à Paris,
14:43complètement pillé le week-end dernier.
14:46Je vous remercie de venir témoigner, de venir nous raconter ce qui vous est arrivé.
14:51On a des questions encore à vous poser.
14:52Et on sent qu'il est choqué, Raphaël ?
14:53Laura Barton-Martinez alors ?
14:55Oui, moi, la question aussi, ce serait, est-ce que potentiellement,
15:00parce qu'on le sait que les peines de prison vont être minimes,
15:03là on le voit, ça commence à tomber, c'est du sursis, etc.
15:06Le coût des casseurs-payeurs ne sera jamais acté pour que ce soit vous qui en bénéficiez.
15:12Donc, est-ce qu'une potentielle tige dans votre magasin,
15:16pendant, je ne sais pas, un an, deux ans,
15:18a bossé gratuitement pour vous, pour réparer un peu le préjudice qui vous a coûté ?
15:22Vous seriez prêt à le faire ?
15:24Alors, pas du tout, pas du tout.
15:28Je ne pense pas avoir la capacité à attendre l'autre joue.
15:31C'est impossible parce que je n'aurai aucune confiance.
15:33Et je peux même vous retourner la question.
15:35Vous vous faites cambrioler chez vous, on retrouve le cambrioleur.
15:38Est-ce que vous lui dites de venir faire le ménage à la maison chez vous pendant un an ?
15:41C'est impossible, c'est impossible.
15:42Il y a quelque chose qui a été brisé et ça, personne ne peut le réparer.
15:45Et au niveau des crédits, tout ça, est-ce que vous, au niveau de votre banque par exemple,
15:51est-ce qu'ils vous disent, bon, pendant un certain temps, on met en stand-by le temps ?
15:55Ou alors, ils font comme si rien ne s'était passé ?
15:57Je ne crains tout ça, pour le moment, mais d'un autre côté, ils ne sont pas, pour le moment,
16:00avisés de tout.
16:02J'ai mon conseiller qui m'a gentiment envoyé un message hier de soutien
16:05en me disant qu'il se tenait à disposition en cas de besoin et qu'il mettait en place des
16:10choses.
16:10Mais je n'ai pas envie de me ré-endetter, même à taux zéro, pour financer du stock qui m
16:15'appartient.
16:16– Au pire, il va lui faire quoi, le banquier ? Il va lui octroyer un plus gros découvert ?
16:20– Le temps que les assurances le remboursent, il peut par exemple bloquer les mensualités,
16:27en attendant que vous puissiez, parce qu'il y a un crédit.
16:29– Oui, les mensualités de crédit, bien sûr, mais les charges et les traites des fournisseurs,
16:34les fournisseurs ont besoin d'être payés également.
16:37– L'Ursage pourrait se décaler.
16:39– Là, maintenant, il y a l'après.
16:41La suite, c'est qu'à un moment, votre commerce va rouvrir, de toutes les façons.
16:44C'est ce qu'on vous souhaite, c'est ce que vous voulez, vous aussi.
16:48Recommencer à travailler, gagner votre vie, à vendre des motos, à vendre des scooters, à en louer.
16:53Mais les manifestations ne vont pas s'arrêter pour autant.
16:55Vous avez vu, il y en a trois qui sont prévues là encore, d'ailleurs, 24, 31, 5 novembre, même
17:02une grève générale.
17:03Comment vous envisagez l'avenir ?
17:05C'est-à-dire, on espère que les forces de police répondront au présent,
17:09mais vous-même, vous dites quoi ?
17:10Bon, maintenant, je prends de la sécurité privée, je mets des vigiles devant chez moi,
17:14devant mon magasin, je prends des mesures de défense.
17:18Qu'est-ce que vous allez faire, Raphaël ?
17:19– Très honnêtement, des mesures de défense.
17:21Je pense que tous les commerçants commencent à l'envisager, ça c'est une évidence.
17:25Mais en réalité, ce n'est pas notre rôle.
17:28Et j'espère juste, et je demande à l'État et à la police de mettre les moyens à disposition
17:35pour protéger tous les commerçants, tous les citoyens,
17:39et que les manifestations se déroulent normalement, sans casse, sans dégradation,
17:43sans destruction de bien d'autrui.
17:45– Bien sûr, ça c'est un souhait, seulement malheureusement, ça c'est un souhait,
17:49et l'habitude c'est que ça casse.
17:50– Qu'est-ce que vous allez faire alors ?
17:52– On va devoir barricader nos magasins, on va vider nos stocks, on va se protéger,
17:56donc on va perdre de l'argent forcément, puisque pour vider un magasin, ça prend du temps.
17:59Donc ce temps-là, c'est du temps où on ne va pas travailler non plus.
18:02Je prends l'exemple d'aujourd'hui, de demain, on est en train de vider les stocks.
18:06– Et mettre des vigiles ?
18:08– Mettre des vigiles, ça coûte de l'argent.
18:10Ça coûte de l'argent, avec quel argent on paye ?
18:12Quand le magasin est fermé, avec quel argent on paye ?
18:14Donc ça aussi, c'est des difficultés, donc on va se ré-endetter pour protéger des magasins,
18:18ou même les magasins ouverts, qui sont également en perte de chiffre d'affaires,
18:22puisqu'on passe du temps à se protéger, à vider son stock,
18:25qu'on est censé proposer à la vente.
18:26On marche sur la tête, c'est impossible de…
18:27– Et puis pardon Alain, le vigile, c'est une utopie,
18:30parce que là, les gens ne sont pas en train de se retourner vers des vigiles.
18:33Là, tu as les ventes d'armes qui sont en train d'exploser,
18:36il y a un armurier qui a multiplié son chiffre d'affaires par cinq.
18:38Donc là, ce qu'on est en train de faire, c'est qu'on est en train de dire aux
18:41gens,
18:41faites justice vous-même, et là, ce n'est pas des vigiles qu'il va y avoir dans les magasins,
18:44il y a des commerçants qui sont en train de s'armer réellement,
18:47et pas avec une petite bombe lacrymo.
18:49Donc là, c'est ça le danger.
18:51C'est-à-dire qu'à éviter…
18:53Là, le problème, c'est qu'à éviter…
18:54Moi, j'entends tous les gens qui disent « violence policière », etc.
18:58Il y en a peut-être, il y a effectivement des images qu'on a vues qui n'étaient pas
19:01belles à voir, etc.
19:02Mais à force de taper comme ça sur la police,
19:04et de faire en sorte de l'armer de moins en moins,
19:06on est en train d'arriver à un truc dramatique,
19:08c'est que c'est les gens qui vont se mettre à faire justice eux-mêmes.
19:11Moi, là, depuis une semaine,
19:13j'entends autour de moi, et je ne dirai pas qui,
19:15j'entends des gens autour de moi qui me disent
19:17« moi, maintenant, je vais aller m'armer, je vais aller faire des cours de baltrap ».
19:20Et donc là, on va arriver à ça.
19:22C'est-à-dire qu'on va avoir drame sur drame.
19:23Vous avez des commerçants qui ont dit « on va s'armer » autour de vous ?
19:27Absolument.
19:28Quel type d'armes ?
19:29Ils vous l'ont dit ou pas ?
19:29Bah, des armes légales, de toute façon, voilà.
19:34Mais des armes à feu ?
19:35Non, pas des armes à feu.
19:37Il y en aura, il ne faut pas rêver, il y en aura.
19:38Bien sûr, là, le marché parallèle, il est florissant.
19:41Il y a des commerçants qui sont acculés,
19:42aujourd'hui, c'est ça, ou la déchéance totale.
19:45S'il faut tirer, il tirera.
19:46Le mec, il va protéger ce qu'il lui reste à protéger
19:48pour pouvoir encore vivre d'une derrière,
19:50il prendra 20 ans de prison.
19:52Malheureusement, il perdra.
19:54Oui, mais il y aura des incidents, vous verrez.
19:56Il y a un commerçant qui nous a dit,
19:58si je me souviens bien, je crois que c'était un commerçant,
20:00il nous a dit « je préfère que ma fille vienne me voir au parloir
20:03qu'elle vienne voir ma pierre tombale ».
20:05Donc, tu vois, il préfère faire de la prison
20:07plutôt que de se faire maîtriser par des casseurs.
20:10N'oublions pas que la responsabilité première, c'est l'État.
20:13Parce que ce n'est pas aux commerçants.
20:14Les commerçants, aujourd'hui, devraient être sereins,
20:16sachant qu'ils sont bien protégés.
20:18Ce n'est pas le cas.
20:19Mais justement, l'état d'esprit des commerçants,
20:22d'une manière générale, par rapport à ce qui s'est passé,
20:25il y en a qui disent « c'est fini, je mets la clé sous la porte,
20:28c'est terminé, vous avez encore la niac,
20:30vous êtes encore confiant ».
20:31L'état d'esprit général, je ne sais pas,
20:33parce que je ne représente pas les associations de commerçants.
20:35Non, non, mais c'est simplement que je parle autour de vous.
20:37Mais autour de moi, oui.
20:38Parce que le boulevard bon marché, c'est ultra commerçant.
20:40Tout le monde est très tendu, très très très tendu.
20:43Tous les commerces autour de moi, du moins de mon activité,
20:46que je connais, sont très tendus, fatigués.
20:49Ça fait des années qu'on souffre sur ce boulevard,
20:54que le marché qu'on représente, le marché de la moto,
20:57s'est effondré suite à de diverses décisions,
20:59enfin à plein de choses, de la mairie de Paris.
21:02Donc on souffre vraiment beaucoup dans cette activité.
21:05Et là, de voir qu'on est cible d'attaque de sauvages,
21:10on est vraiment lessivé.
21:12On n'en peut plus sur ce boulevard.
21:14On est là pour faire notre métier de passion
21:17et on se retrouve à devoir se protéger, à vider des stocks.
21:20Quand vous dites qu'on a déjà pris un coup sur la tête
21:22à cause de la mairie de Paris,
21:23vous avez des interlocuteurs ?
21:24Vous en parlez avec eux justement ou pas de ça ?
21:26On n'a pas d'interlocuteurs à la mairie de Paris.
21:29Ah non ? Aucun ?
21:29On nous a fait le...
21:32C'est un autre débat, mais c'est clair qu'on nous a fait nous
21:36la guerre à la mobilité à Paris.
21:38C'est une réalité.
21:40On s'est attaqué à la voiture, on s'est attaqué aussi à la moto.
21:42Et à la moto, on souffre énormément.
21:44Les chiffres d'affaires ont été divisés.
21:46On est passé...
21:47Je vous donne un chiffre qui va être assez choquant.
21:50On est passé de 300 véhicules vendus à l'année à 110.
21:54C'est pas pareil.
21:55Ah oui, c'est 4 heures.
21:56Ah oui, il y a eu...
21:57Du coup, il y a la perte de chiffre d'affaires,
21:59la perte de rémunération,
22:02des emplois qui sont sacrifiés
22:04et des magasins qu'on essaye de tenir
22:06et qu'on essaye de maintenir malgré les difficultés.
22:08C'est le problème du stationnement des deux roues aussi
22:10qui est devenu payant, bien sûr,
22:11qui a complètement impacté notre activité.
22:15Et ça, plus maintenant les manifestations
22:16et les destructions,
22:18on va aller où comme ça ?
22:19Alors attendez, je t'ai une chose.
22:20Vas-y, on va à Marseille.
22:21Moi, je le dis gentiment aujourd'hui,
22:23si samedi, ça se passe très mal,
22:25c'est le début de la guerre civile.
22:28Je le crois.
22:28Non, mais j'espère que ça va bien se passer.
22:30Mais si samedi, ça se passe très mal,
22:32qu'on a encore des milliers de commerçants
22:33qui sont pillés, saccagés,
22:36les appartements dont on en parle,
22:38ça sera le début de la guerre civile dans ce pays.
22:41Mais c'est peut-être, attention,
22:42peut-être quelque chose qui est voulu,
22:44pour des raisons bien précises.
22:45Parce que la guerre civile,
22:46ça a des conséquences sur l'élection.
22:47Lionel m'a appelé.
22:48Oui, Lionel, c'est vous.
22:50Bonjour, Lionel.
22:51Bonjour.
22:52Bonjour, chef d'entreprise à Marseille.
22:54Vous avez entendu le témoignage de Raphaël,
22:56le commerçant à Paris.
22:58Vous voulez faire part de l'inquiétude,
23:00vous entendez autour de vous.
23:02L'inquiétude, c'est un faible mot, l'inquiétude.
23:04L'inquiétude et le désarroi.
23:07Déjà, Lionel, ce n'est pas mon prénom.
23:09Je vais vous préciser.
23:10Je vous explique clairement.
23:11Je vous explique pourquoi.
23:12Parce qu'on est dans un état de peur.
23:16Nous, on est basé sur les extérieurs de Marseille.
23:18On est sur le secteur de la Valentine.
23:20Et la semaine passée,
23:21quand il y a eu des événements le samedi,
23:25on avait arrivé trois voitures
23:27avec des mecs cagoulés,
23:29qui nous ont chauffé le magasin.
23:31Ils étaient peut-être à 30 mètres.
23:32Voiture cagoulée, fausse plaque d'immatriculation.
23:34On a fait vérifier après.
23:36Et heureusement, on avait pris cinq vigiles.
23:38Et nous, très honnêtement,
23:39quand je vous entendais parler tout à l'heure,
23:40vous vous dites, est-ce que les commerçants sont hermés ?
23:43Nous, on avait ce qu'il fallait derrière.
23:45On avait des battes de baseball,
23:46on avait des bombes incendies.
23:47Et peut-être plus si affinités.
23:49Et quand ils nous ont vus,
23:50ils sont partis.
23:52Et puis bon, derrière,
23:53j'apprécie beaucoup Mourad Boudjelal,
23:56parce qu'on a des histoires un peu communes,
23:58même si, je dirais,
24:00il a bâti le plus gros.
24:03Et bravo.
24:04Mais ce n'est pas parce qu'il a bâti le plus gros
24:06que je devrais en être jaloux.
24:07Au contraire, je respecte.
24:08C'est des marchés à suivre.
24:09Mais il y a un mai qui va arriver.
24:13Là, vous êtes beaucoup trop sympa.
24:15Il n'y a absolument pas de mai.
24:17Ah, c'est gentil.
24:18Comment dirais-je ?
24:22On a peur.
24:23On a peur pour l'OM, déjà ?
24:25Je me suis élevé.
24:26On est partis dans les quartiers.
24:28On s'est émancipés.
24:29Et donc, on a gardé nos contacts dans les quartiers.
24:31Nos amis avec lesquels on marche.
24:33Vous savez ce qu'il se dit et ce qu'il se prépare.
24:36Mourad, j'ai tout compris.
24:37On sait exactement ce qu'il se prépare.
24:38Qu'est-ce qu'il se prépare ?
24:39Les équipes qui descendent, c'est les professionnels.
24:41C'est les professionnels du vol.
24:43C'est les professionnels de l'arrachage.
24:44C'est les professionnels du braquage.
24:46Et on sait que c'est les mecs qui vont venir enfourailler.
24:48Et les commerçants, ce n'est pas des professionnels de ça.
24:51Il y a une peur qui s'installe.
24:53Mourad, quand je t'écoute parler souvent,
24:56on a des histoires parallèles à des niveaux différents.
24:59Je pense que chaque année, je dois filer à l'état
25:01entre 4 et 5 millions, entre la TVA, le SAF, la CSG,
25:05la Cour de Malon, le Patin, le Couffin.
25:07Et là, je me dis que mon pays n'est pas capable de me défendre.
25:11Quand on a tourné le soir, tous les soirs, entre 10h et 2h,
25:14on a rencontré des policiers, qui étaient adorables.
25:18Parce que les policiers, ils sont démunis.
25:19Ils ont peut-être la pitié et le couteau pour travailler, ces gens-là.
25:22Et puis les policiers, ils vont avoir peur aussi à un moment.
25:24Parce qu'il y a la foule.
25:25Tu sais ce qu'ils nous ont dit les policiers ?
25:27Surtout, on a compris que vous n'allez pas vous laisser faire.
25:29Surtout, si vous les bombardez, ne nous appelez pas.
25:31Parce que c'est vous qui allez être emmerdés.
25:34Tout à l'heure, vous nous avez dit, Lionel...
25:36Ça, c'est le pays, ça.
25:37Lionel, tout à l'heure...
25:38On va pratiquer l'inversion des victimes.
25:39Vous nous avez dit, dans le magasin, on a les battes de baseball et plus si affinités.
25:42Le plus si affinités, c'est quoi, Lionel ?
25:44On va te le dire.
25:45À Marseille, ils ont des gains.
25:46On a des pistolets à eau.
25:47On a des pistolets à billes.
25:51D'accord.
25:52Justement, attendez, parce que vous dites...
25:54Moi, je viens des quartiers, je les connais, j'ai encore des contacts.
25:58Mais ça veut dire que les descentes, les pilleurs, ils viennent de ces quartiers.
26:02Ils viennent de ces quartiers.
26:03C'est prévu.
26:04Ils ont monté des équipes.
26:05Ils vont venir avec des camions, avec des voitures volées.
26:09Lionel, tu ne trouves pas qu'on les laisse un peu faire, quand même ?
26:12Non, mais c'est l'histoire de la France depuis 30 ans.
26:17Là, je me demande à qui ça sert, tout ça ?
26:20Parce que forcément, il y a toujours quelqu'un qui en tire les profits.
26:23Alors, les thèses qu'on entend aujourd'hui, la morale, c'est vrai qu'on pousse dans le complotisme.
26:28C'est que si demain, ça part en saucisse, qu'il y a l'état d'urgence,
26:30les élections vont être repoussées, le président va rester encore en place.
26:35Moi, je ne pense pas à ça.
26:36Je ne pense pas à ça, Lionel.
26:38Moi, je pense simplement que...
26:39Moi, je pense qu'on a faire à des incapables.
26:40Oui, là-dessus, on est d'accord.
26:42Des gens qui sont totalement déconnectés de la réalité.
26:44Et des gens qui n'ont pas les yeux en face des trous.
26:46D'accord ?
26:47Et des gens qui ne vivent pas dans les modes que nous, simplement.
26:48Qui vivent dans un monde sur PS5.
26:51Mais moi, Lionel, je pense surtout qu'aujourd'hui, on a désigné un coupable qui est LFI
26:55parce qu'on a très peur d'un second tour Mélenchon-Le Pen.
26:57Parce qu'en cas d'un second tour Mélenchon-Le Pen, le pouvoir est perdu pour une certaine classe.
27:02Et donc, on a tenté, il y a quelques temps, de taper sur le Rennes à travers Bardella.
27:09Pour l'instant, ça ne marche pas.
27:11Et aujourd'hui, on se dit, c'est sur Mélenchon.
27:13Et il faut lui faire porter la responsabilité.
27:15Parce qu'il faut absolument qu'il y ait un candidat de la Macronie au second tour pour essayer de
27:19battre Marine Le Pen.
27:20Et je crois que c'est ça, aujourd'hui, qu'on nous fait payer.
27:22Je suis complotiste, parano, tout ce que tu veux.
27:24Mais je suis intimement convaincu que tout ça est organisé en préparation de ce second tour des élections.
27:30Je ne vais qu'une fois tous les mois.
27:31Lionel, je vous remercie d'avoir été avec nous.
27:34Lionel, d'avoir témoigné.
27:36J'espère que ça va bien se passer pour vous ce week-end.
27:38Mais un dernier mot.
27:39Là, j'imagine, parce que c'est vrai que vous entendez le gouvernement qui parle beaucoup politique,
27:43qui pointe du doigt la France insoumise, etc.
27:46Mais j'imagine, aujourd'hui, pour vous, c'est la politique, c'est le cadet de vos soucis.
27:50C'est le problème.
27:51C'est ça.
27:52Complètement, aujourd'hui, la politique.
27:53Les élections dans six mois, vous en foutez.
27:55Là, je pense que j'ai d'autres choses à penser que les élections dans six mois.
27:58Très honnêtement, j'ai d'autres choses à m'occuper de savoir qui va se présenter,
28:01qui va nous annoncer sa candidature, qui va se désister.
28:04Là, excusez-moi du terme, mais je n'en ai rien à foutre pour l'instant.
28:06Là, je veux réparer mon préjudice, continuer à travailler et retrouver une vie normale.
28:11Merci, Raphaël.
28:12On peut tous être admiratifs du calme.
28:153000 commerçants.
28:16Oui, mais on peut tous être admiratifs de son calme, parce qu'il est posé.
28:19Alors que je suis sûr qu'intérieurement, ça bout.
28:21Ça bout beaucoup.
28:22Alors, tes petits commerçants, c'est les plus maltraités de ce pays.
28:25Merci, Raphaël.
28:26Merci à vous.
28:27Merci d'être venu raconter ce qui vous est arrivé au GG, au Grande Gueule.
28:30Merci au pseudo Lionel, qui était avec nous.
28:33Oui, à mon avis, Lionel, il s'appelait Mokhtar.
28:36Dans un instant, il payait beaucoup d'impôts.
28:39J'ai retenu ça.