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Avec David Galtier, Général d’armée 2S, président de SIDEF stratégie, ancien inspecteur général des armées de gendarmerie et Président de la Maison de la gendarmerie / Sébastien Greneron, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale pour les Bouches-du-Rhône
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00:00Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:04Vous êtes bien sur Sud Radio, nous attendons la connexion avec le général David Galtier qui n'est pas dans
00:09le studio.
00:10Nous allons parler avec lui, et bien justement de savoir si la France va être livrée à elle-même.
00:16Est-ce que samedi prochain et les autres, au fur et à mesure que des manifestations seront convoquées,
00:22et bien est-ce que dans certains quartiers de France, dans certains territoires,
00:25des brigands, des voyous, des casseurs pourront s'en donner un cœur joie.
00:29Et faire ce qu'ils veulent.
00:31Il y a un manque évident de l'autorité d'état.
00:33Le ministre de l'Intérieur a reconnu lui-même, M. Alain Nunez, qu'il avait eu des défaillances.
00:37On voit bien qu'il y a eu une mauvaise préparation.
00:39On sait que les renseignements généraux, cette forme d'information qui nous permet de savoir
00:44ce qui se passe un peu dans les banlieues et dans les milieux qui sont sensibles,
00:49est en totale défaillance, est en totale démission.
00:52Et par conséquent, le gouvernement n'a pas pu prévoir, n'a pas pu faire la disposition des forces des
00:57polices,
00:57à quel endroit il fallait les mettre, la quantité qu'il fallait, est-ce qu'on mettait des CRS.
01:01Voilà, ils ont été débordés.
01:02À Paris, ça a été flagrant.
01:04Dans d'autres villes aussi.
01:06Sous-estimation, méconnaissance du terrain.
01:08Qui répond peut-être d'ailleurs, on pense à un manque de moyens énormes.
01:11Si l'État est ruiné et l'État est à l'os, il n'a pas les moyens de financer,
01:15les moyens de contrôle, les services de sécurité, les services de renseignement,
01:19tout ça, ça a un coût.
01:19Ça demande une organisation.
01:21Et on a bien vu aujourd'hui que, comme dans d'autres secteurs,
01:24que ça puisse être la santé, que ça puisse être l'hôpital, que ça puisse être l'école,
01:27et bien quand l'État est ruiné, qu'il n'a plus d'argent,
01:29et bien même la sécurité le paye très cher.
01:31Et nos citoyens et nos concitoyens et nos concitoyennes sont livrés.
01:35J'allais dire à la merci de gens qui sont là pour semer le trouble parce qu'ils détestent la
01:40France.
01:40Voilà, on est dans un état de décomposition totale.
01:43Et je pense que, bien sûr, le gouvernement a pris connaissance, a pris conscience de ce problème.
01:49Et nous allons essayer d'en traiter aujourd'hui avec deux représentants de l'autorité.
01:53Le général David Galtier, inspecteur de la gendarmerie, ancien inspecteur de la gendarmerie,
01:56donc qui connaît bien le dossier parce que le rôle des gendarmes est essentiel.
01:59Et puis sur le terrain, nous allons le témoignage de Sébastien Grenron,
02:02qui est secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale dans les Bouches-du-Rhône.
02:06Mon général, bonjour.
02:08Bonjour à vous.
02:09Merci, merci mon général.
02:11J'allais vous dire à vos ordres, merci d'être avec nous à l'antenne de Sud Radio.
02:15Je rappelle, vous êtes un service, vous avez été l'ancien inspecteur général de la gendarmerie nationale,
02:20c'est-à-dire que vous connaissez le dossier en profondeur.
02:22Vous savez comment fonctionne cette grande institution.
02:25Les questions d'ordre public et de sécurité n'ont rien, aucun secret pour vous.
02:30Vous êtes président de CIDEF Stratégie.
02:32Et puis, symboliquement, parce que vous avez été un grand serviteur de la République,
02:36vous êtes le président de la maison de la gendarmerie.
02:38Mon général, mon général, vous êtes un gendarme.
02:41On a entendu beaucoup parler des policiers ces temps-ci.
02:44Est-ce que je vais vous poser la question qui est sur toutes les lèvres en ce moment.
02:48Est-ce que vous pensez à un moment donné que la sécurité de la France,
02:52qui relève d'une autorité policière, peut relever à un moment donné,
02:56sans parler de mettre les chars dans la rue, d'une autorité militaire ?
03:02Alors, la théorie, c'est oui, puisqu'il existe dans notre Constitution l'état de siège.
03:11Mais nous n'en sommes pas là.
03:14Donc, je crois que l'autorité militaire n'est pas faite pour diriger des opérations de maintien de l'ordre.
03:24Il y a, avant cela, un certain nombre, je crois, de dispositifs, de règles que l'on peut adopter,
03:30qu'il faut adopter, parce que la sécurité, vous l'avez dit,
03:34est la première condition de la liberté des Français, c'est constitutionnel aussi.
03:38Alors, on n'en est pas.
03:40Je ne pense pas que même les événements ou les violences du 17 octobre,
03:44s'ils sont naturellement très préoccupants,
03:49puissent entraîner de telles mesures.
03:52Mon général, les gendarmes sont des militaires.
03:55Vous êtes un soldat, mon général.
03:57À un moment donné, est-ce qu'on pourrait créer un corps intermédiaire
03:59entre policiers et la troupe, entre les fantassins, entre l'infanterie ?
04:03Est-ce que la gendarmerie pourrait retrouver son rôle, j'allais dire, d'autorité policière,
04:07avec son statut de soldat et de militaire ?
04:10Elle a neuf siècles.
04:12En effet, nous avons accompagné les armées depuis très longtemps.
04:15Nous sommes là.
04:16Et d'ailleurs, nous sommes présents.
04:18Heureusement, heureusement que vous êtes là.
04:20On parle, effectivement, toujours de nos collègues policiers et des CRS.
04:25Pour lesquels nous avons le plus grand respect.
04:30Mais naturellement.
04:32Quand on pense policier, c'est le sens générique du terme.
04:35Il faut penser que, sur le terrain, sont déployées en tant que forces de l'ordre,
04:42systématiquement, y compris à Paris, y compris dans les grandes villes,
04:45à la fois les CRS, communautés de forces mobiles, et les gendarmes mobiles.
04:51La gendarmerie mobile, c'est quand même 12 000 hommes.
04:54C'est pas rien.
04:55C'est autant que les CRS.
04:57Donc, chaque fois que vous voyez...
04:59Alors, comme ils ont des tenues qui se ressemblent un peu,
05:02il faut avoir un peu un œil aiguisé pour savoir si ce sont des CRS ou si ce sont des
05:08gendarmes mobiles.
05:09D'ailleurs, quand le ministre de l'Intérieur se déplace sur le terrain,
05:12où le Premier ministre, M. Lecornu, s'est déplacé à côté de la préfecture de police de Paris,
05:19il y avait naturellement des policiers et des gendarmes.
05:24Et lorsqu'on se trouve en zone de police, il est normal que ce soit nos collègues policiers
05:28qui aient la responsabilité de l'action à mener.
05:31Quand on se trouve en zone de gendarmerie, c'est notamment le cas en milieu rural.
05:35On ne va pas parler, mais on peut le faire aussi, des actions qui sont menées contre les bassines
05:40ou contre les installations nucléaires.
05:42Eh bien, c'est la gendarmerie.
05:43Voilà. Donc, oui, c'est une autorité militaire avec des forces et des pouvoirs de police.
05:51Mon général, vous restez avec nous parce qu'on va passer une heure ensemble.
05:55Et puis, on se retrouve tout de suite après avec cette même question.
05:59Est-ce qu'à un moment donné, il va falloir prendre des dispositions de caractère militaire
06:03pour maintenir l'ordre public en République française ?
06:05A tout de suite sur Sud Radio.
06:07Sud Radio. Midi 14h. Sud Radio. La France dans tous ses états. Le fait du jour.
06:14Vous êtes bien sur Sud Radio. Il est 12h20. Nous parlons de l'actualité avec Anissa Arfaoui.
06:19Bien entendu, savoir si les Français seront-ils livrés à eux-mêmes.
06:23Chamsak dit, on se pose la question.
06:25Nous sommes en direct avec le général David Galtier, ancien inspecteur de la gendarmerie.
06:29Mon général, vous êtes toujours là ?
06:32Toujours là, inspecteur des armées et de la gendarmerie.
06:35Vous avez eu les deux casquettes, désarmée et de la gendarmerie.
06:38Oui, parce qu'il s'agit d'un collège des inspecteurs, de les désarmées et de la gendarmerie.
06:42Mais je suis en vie de cette information.
06:44Ça vous donne une compétence, une vision encore plus globale sur ce à quoi nous sommes confrontés.
06:48Mon général, je vous permette avec tout le respect que je vous porte de vous poser une question sensible.
06:54Dans la mesure où vous n'êtes plus en service, vous avez une liberté de parole totale.
06:58Et ici, le thème de cette radio, c'est le parlons vrai.
07:00Mon général, David Galtier, est-ce que si la situation, dans certaines circonstances, devient absolument périlleuse, insupportable, intenable,
07:10est-ce que oui ou non, un représentant de la force publique peut faire usage d'une force publique, d
07:19'un moyen de rétablir l'ordre
07:21qui dépasse peut-être les consignes actuelles de pas de bobos ?
07:25Est-ce qu'on peut aller jusqu'à utiliser la force publique dans toute sa vigueur et dans toute sa
07:31force, justement, dans toute sa puissance, pour rétablir l'ordre ?
07:35Vous m'avez compris, je ne vais pas vous dire est-ce qu'on peut tirer, est-ce qu'on
07:38peut occasionner une blessure, est-ce qu'on peut...
07:40Alors, je vais utiliser un terme technique.
07:42Est-ce qu'on peut neutraliser l'individu qui se montre dangereux ou qui commet un acte grave avec les
07:47moyens que la loi, je dis bien en général, que la loi autorise ?
07:49Quelle est votre réponse ?
07:51Naturellement. Et vous avez raison de dire que la loi l'autorise.
07:55Car il faut utiliser l'ensemble des moyens que la loi met à la disposition des forces de l'ordre.
08:03Le maintien de l'ordre, c'est quelque chose de très précis, de très cadré, y compris dans les textes
08:09juridiques.
08:10Et sur le terrain, c'est extrêmement difficile.
08:12Mais il doit rester fondé sur la nécessité et sur la proportionnalité.
08:19Alors, je réponds très clairement à votre question.
08:22Faut-il utiliser l'ensemble des moyens que nous offre le droit pour à la fois protéger le terrain, les
08:31installations qui nous sont confiées,
08:36et pour cela, utiliser la force ?
08:38Mais naturellement, lorsque la force rejoint les questions de droit, il faut l'utiliser.
08:45Et c'est le propre, d'ailleurs, des spécialistes, que sont les forces mobiles, les CRS et les Jean-Marc
08:53mobiles,
08:53que de savoir utiliser cette force.
08:56Après, oui, tout dépend des ordres qui ont été donnés, des renseignements initiaux qui ont été communiqués,
09:04de l'adversaire auquel on est confronté.
09:06Mais je crois très sincèrement que, avant de changer de cadre juridique,
09:11certains ont parlé de retour à l'autorité militaire avec l'État de siège, etc.
09:17On peut d'abord estimer que des gradations sont possibles.
09:23L'état d'urgence se justifie-t-il, peut-être, à certaines conditions, dans certains lieux et à certaines heures
09:29?
09:29Mais, avant de changer de cadre juridique, je crois qu'il faut pouvoir utiliser pleinement les moyens de droit commun.
09:37Et ce droit commun nous donne, oui, des possibilités d'agir avec une proportionnalité, encore une fois, et une nécessité.
09:47Si je comprends bien, vous me confirmez, mon général, qu'aujourd'hui, l'appareil législatif dispose d'éléments
09:56qui permettent de textes, de lois, qui permettent à la force publique de rétablir l'ordre dans la légalité
10:03avec tous les moyens nécessaires, jusqu'à qu'il y ait une action létale, bien entendu.
10:07Et s'il y a une situation de légitime défense, qu'un policier se voit menacé de mort,
10:11imaginez que les émeutiers, un jour, viennent armer, ou avec une façon très agressive.
10:16Là, je pense qu'on serait dans une autre étape.
10:18Pour l'instant, on a eu droit qu'à des scènes d'épillage, des scènes de violence,
10:21et des scènes de violenté des personnes physiques.
10:23Est-ce que, mon général, un policier peut se trouver dans une situation,
10:29ou un gendarme, de devoir utiliser son arme ?
10:33Est-ce que cette situation est très précisément définie par la loi ?
10:37Oui, elle existe, et nous sommes dans le cas d'une riposte proportionnée.
10:44Et d'ailleurs, le maintien de l'ordre offre, dans le cadre,
10:48on l'a eu avec les anciennes réquisitions passées,
10:53où on pouvait utiliser la force, puis même l'usage et le droit d'usage des armes.
10:58C'est donc tout à fait possible, dans un cadre, encore une fois, républicain.
11:03Et je vais même vous dire que, vous pensiez tout à l'heure,
11:07en me dire, est-ce qu'ils sont armés ?
11:09Est-ce que ça peut dégénérer ?
11:11Oui, parce que déjà, j'ai des amis commerçants à Marseille,
11:17qui ont été eux-mêmes braqués dans leurs magasins,
11:23et donc, certains sont revenus dans les mêmes magasins
11:27dont ils ont été évacués par la force publique,
11:30sont revenus plus tard, armés,
11:33et ont donc menacé les concitoyens.
11:36Pas les forces de l'ordre, mais les concitoyens.
11:41Donc, dans ce cas de figure, nous nous retrouvons face à une insurrection armée,
11:46ce qui est quand même encore différent, nous le montons en conscience.
11:51Et c'est une autre étape.
11:52Et naturellement, nos forces de l'ordre ont les moyens aussi de riposter,
11:59et en tout cas, de faire face à ce type d'insurrection.
12:05Voilà, donc, il faut s'y préparer.
12:09Le principe même du maintien de l'ordre, c'est l'anticipation.
12:11L'anticipation par le renseignement, l'anticipation,
12:15et bien évidemment, quand on agit, on agit avec l'ensemble des moyens de droit,
12:19et tous les moyens qui sont mis à notre disposition, y compris la force armée.
12:23Visiblement, ce qui a fait défaut, l'anticipation aux autorités actuelles.
12:26Vous me faites une transition idéale, mon général, vous restez avec nous, bien entendu,
12:29puisque je reçois Sébastien Grenron, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale pour les Bouges-du-Rhône.
12:36Il était sur le terrain à Marseille.
12:38Évidemment, son témoignage pour nous est essentiel.
12:40Bonjour Sébastien Grenron.
12:43Vous m'entendez ?
12:43Oui, voilà.
12:45Vous avez entendu le général Galtier à l'instant qui disait qu'il avait des amis à Marseille qui ont
12:50été braqués.
12:51Est-ce que vous nous confirmez, on l'a vu par les images,
12:54est-ce que vous pouvez me confirmer qu'à Marseille, on a eu quelquefois des situations extrêmement tendues,
12:58à la limite du drame ?
13:03Évidemment, j'entendais les propos du général que je confirme, évidemment.
13:08C'est-à-dire que la police nationale a été complètement dépassée par des scènes de guérilla,
13:13et je pèse mes mots, j'en assume et j'en prends la mesure.
13:18On n'était plus.
13:18Et là où je vous souhaiterais rebondir en écoutant vos propos,
13:22c'est qu'il faut faire quand même deux différences.
13:24La différence entre la doctrine de maintien de l'ordre
13:27est ce qu'on appelle dans le jargon des violences urbaines.
13:32Et là, pour moi, on va même au-delà des violences urbaines.
13:34J'entendais le général en parler de scènes insurrectionnelles.
13:38On est effectivement dans la guerre civile,
13:40avec une volonté de tuer du policier, de casser du flic et de piller.
13:46Vous confirmez vos propos de guerre civile avec la volonté de tuer ?
13:54Ah non seulement je le confirme,
13:56mais pour avoir été présents, pour avoir échangé avec mes collègues,
13:59ils ont vu la mort.
14:01Certains encore aujourd'hui ont un soutien psychologique,
14:04ne sont pas en état, ne serait-ce que de reporter l'uniforme,
14:07tellement ils ont été traumatisés par la violence.
14:10Mais vous avez vu les images.
14:12On s'est retrouvés attaqués comme si nous étions des victimes.
14:16C'est-à-dire qu'on n'a même pas été,
14:18ou béniblement été en capacité de protéger les bâtiments,
14:22les commissariats, le poste de police municipale à Marseille,
14:24la mairie, c'est-à-dire qu'on a eu même du mal à sauver les bâtiments
14:29qui relèvent les bâtiments publics, représentant l'État.
14:34Sébastien Greneron, ce que vous nous dites est fondamental,
14:38à la limite du traumatisant,
14:40en étant en République française,
14:41on est dans l'État de droit.
14:44Est-ce que, moi je vais vous poser des questions très franches,
14:46on est sur le parlons vrai, vous allez me dire ce que vous en pensez.
14:48Est-ce qu'à un moment donné, dans une situation très précise,
14:51et en restant collé à la loi républicaine,
14:54un policier peut sortir son arme,
14:55au moins tiré en l'air, pour faire peur ?
14:58Jamais on n'a vu un policier français.
14:59Si on l'a vu une fois, je crois, dans une voiture qui avait été incendiée,
15:03et un gardien de la paix avait sorti son arme,
15:06et il avait brandi, voilà.
15:07Est-ce qu'on peut au moins faire entendre
15:09la détonation de l'arme réglementaire d'un policier,
15:13de la police française,
15:15pour faire comprendre à ceux qui sont en face
15:17qu'ils sont allés d'aller trop loin ?
15:18Est-ce que ça reste dans le cadre républicain,
15:20ou est-ce que même ça, c'est interdit de le dire ?
15:24Écoutez, mes collègues,
15:25j'ai eu plusieurs collègues qui ont sorti leur arme,
15:27parce qu'ils étaient littéralement attaqués dans les fourgons,
15:30je pense à mes collègues de la compagnie d'intervention,
15:32alors ils n'ont pas tiré.
15:34Maintenant, pour répondre de manière précise à votre question,
15:37il faut du courage politique,
15:38c'est-à-dire, comme l'a dit le général,
15:40et je le confirme,
15:41il y a un code pénal,
15:42et il y a un code de la sécurité intérieure
15:44qui permet l'usage et l'emploi des armes,
15:47on parle des armes à feu,
15:48et non pas des armes intermédiaires,
15:50sauf qu'en France, depuis plusieurs années,
15:52on est frileux,
15:54c'est-à-dire qu'on a déjà du mal à donner,
15:56et encore une fois,
15:57on ne demande pas un permis de tuer,
15:58on demande un permis pour faire usage de la violence légitime.
16:02Mais les policiers ne sont pas des shérifs ou des criminels,
16:07ils veulent juste faire donner la force à la loi,
16:10et à répondre avec des moyens,
16:13qui aujourd'hui,
16:14vous le voyez bien,
16:15il y a une frange politique,
16:16quand il y a une grenade qui explose,
16:18et une main arrachée,
16:19ce qui est dramatique,
16:19le policier se retrouve en garde à vue.
16:22Et j'entends bien le mot légal de violence légitime,
16:27qui est celle de la force publique.
16:29Vous restez avec nous tous les deux,
16:30parce qu'on est en train de dire des choses très importantes à cette antenne.
16:33Bien sûr,
16:34et Sébastien Grenron revient sur le traumatisme des forces de l'ordre sur le terrain,
16:40et justement,
16:41nous allons dans quelques instants entendre la voix de celles et ceux qui vivent cette tension jusque chez eux.
16:46Nous aurons le témoignage de Lucie,
16:48nous l'appellerons Lucie,
16:49elle est policière à Paris et femme de policiers.
16:51Comment vit-on ces journées ?
16:53Et puis le retour à la maison,
16:54nous verrons ça dans quelques instants.
16:58Midi 14h, Sud Radio,
17:00la France dans tous ses états,
17:02le fait du jour.
17:03Vous êtes bien sûr Sud Radio,
17:04il est 12h34,
17:05je suis toujours avec le général Galtier,
17:08qui est à l'antenne avec nous,
17:09et Sébastien Grenron.
17:10Sébastien Grenron,
17:11j'ai une question très précise à vous poser.
17:13J'ai vu là, à l'instant,
17:15on m'a montré une photo de commerçants marseillais
17:18qui se sont rassemblés avec un petit casque
17:21pour protéger les commerces de leurs amis.
17:26Il n'y a rien de violent,
17:27mais ils sont ensemble,
17:28ils créent un mur.
17:30Première question,
17:30est-ce que vous pensez qu'il peut y avoir des réactions
17:34de la part des citoyens et des commerçants
17:37d'autoprotection,
17:38dans la mesure où la puissance publique
17:39ne répond pas à leur attente ?
17:42Deuxièmement,
17:43est-ce que pour samedi qui arrive,
17:44vous avez reçu de la part du gouvernement
17:47et des autorités du ministère de la Justice
17:48la garantie que vous aurez des moyens
17:51de maintenir l'ordre républicain dans Marseille ?
17:56Évidemment que je comprends
17:58que les commerçants qui ont donné
18:00leur argent,
18:01leur vie,
18:02leur temps,
18:03qui se voient insuffisamment,
18:06voire pas du tout protégés,
18:07vu les scènes qu'on a vécues samedi dernier,
18:09qu'ils aient envie de se défendre,
18:11qu'ils aient envie de se protéger à hauteur,
18:13voilà, maintenant c'est très dangereux.
18:15Ils ne sont pas formés,
18:16ils ne sont pas préparés,
18:17ils risquent de mettre leur vie en péril.
18:18Donc bien évidemment,
18:19qu'en tant que policier
18:20et syndicaliste responsable,
18:22je ne peux pas inciter
18:23les commerçants
18:24à se faire justice eux-mêmes,
18:25même si je comprends
18:26qu'à partir du moment
18:27où l'État
18:28n'est plus en mesure
18:29de les protéger,
18:30qu'ils aient ce sentiment
18:32de vouloir se défendre eux-mêmes.
18:34Ça, c'est pour répondre
18:34à votre première question.
18:35À la deuxième,
18:36j'ai rencontré moi-même
18:37le ministre lundi dernier,
18:39lundi soir,
18:39il a reçu les syndicats.
18:42Le ministre reconnaît,
18:44il l'a dit,
18:45qu'on a été débordés.
18:46Alors,
18:47il nous promet,
18:48effectivement,
18:48qu'on va être mieux préparés,
18:50mieux armés,
18:51mieux répartis,
18:53j'irais vous dire,
18:53numériquement,
18:54sauf que,
18:54excusez-moi la formule,
18:57mais ça a pété partout en France.
18:59Donc,
18:59on a des CRS,
19:01on a des gendarmes mobiles.
19:03Voilà,
19:04j'espère qu'on va
19:06renforcer à nouveau
19:07avec les dispositifs.
19:08Nous sommes en plus,
19:09il ne faut pas l'oublier,
19:10en période de vacances scolaires,
19:11avec des collègues
19:12qui font des vacations
19:13de 15,
19:1416,
19:1417 heures.
19:15Et donc,
19:16on a forcément
19:16des congés annuels
19:17qui sont annulés.
19:19Donc,
19:19tout ça,
19:19il faut le prendre
19:20en considération
19:20avec des policiers
19:21qui sont épuisés.
19:22Mais alors oui,
19:23on nous donne
19:24des garanties
19:25de renfort supplémentaire.
19:27Qui ça va être ?
19:27On va annuler des congés,
19:29on va faire venir
19:29des collègues sur les repos.
19:31Alors,
19:31pourquoi pas,
19:32les policiers sont républicains
19:34comme les gendarmes ?
19:35Pourquoi pas,
19:35dans ces scènes,
19:36on veut tous défendre
19:37le pays ?
19:38Pour autant,
19:39je ne veux pas
19:40tenir un discours pessimiste,
19:41mais ça ne suffira pas.
19:42Ce qu'il faut,
19:43c'est du courage politique.
19:45Ce qu'il faut,
19:45c'est qu'on ait,
19:46je me répète,
19:47mais on ne demande pas
19:48un permis de tuer,
19:48mais la climogène,
19:49ça ne marche plus.
19:50Ils sont plus équipés
19:52que nous en face.
19:53Ils ont des masques à gaz,
19:54ils ont des protections.
19:55Les balles de LBD
19:56qui font tant de débats,
19:57ça les fait rigoler.
19:59Voilà.
19:59Donc,
20:00à un moment donné,
20:00il faut qu'on ait le courage politique
20:02et une protection administrative
20:04et juridique
20:06pour les policiers
20:07de leur permettre
20:08de,
20:09encore une fois,
20:09de manière légitime,
20:11d'être beaucoup plus durs
20:12et de taper
20:13beaucoup plus fort.
20:14Voilà.
20:15C'est triste à dire,
20:16on n'est pas là,
20:17on souhaite bien évidemment
20:18les blessures à personne,
20:19mais ils sont retrouvés
20:21l'autorité.
20:21On a bien compris,
20:22Sébastien Grenron,
20:23et je suis persuadé
20:24que c'est vous,
20:25les policiers,
20:25qui allez donner des leçons
20:26de courage républicain
20:28et politique
20:29à nos gouvernants
20:30et ils en ont bien besoin.
20:31Merci pour votre témoignage.
20:33Je sais qu'on restera protégés
20:35en France
20:36grâce à des hommes
20:36tels que vous
20:37et à ceux qui vous entourent.
20:39Heureusement que la police française
20:40est encore là,
20:41présente sur le terrain.
20:42Je pense que j'aurais besoin
20:43de vous rappeler certainement
20:44dans la semaine
20:45et on garde le contact
20:46parce que je pense
20:47que cette actualité,
20:48je sais que cette actualité
20:49n'est pas terminée.
20:50Je voudrais avoir
20:50en même temps
20:51le témoignage de Lucie.
20:53Nous l'appelons Lucie
20:53parce que c'est une policière
20:55en exercice
20:57et qu'elle veut garder
20:58son anonymat.
20:59Pour autant,
20:59elle est décidée
21:00à témoigner.
21:01Policière et épouse
21:03de policiers.
21:03Bonjour Lucie.
21:05Bonjour M. Légas.
21:06Lucie,
21:07c'est très émouvant
21:08de vous avoir
21:09parce que vous êtes
21:09une policière de terrain.
21:10Je suppose que
21:11ce que vous avez vu
21:13dans les rues de Paris
21:14vous a autant horrifié
21:17et interpellé
21:17que nous autres
21:18sauf que vous
21:19vous êtes sur les terrains
21:19c'est vous qui maintenez l'ordre.
21:22En un premier mot
21:23est-ce que vous avez
21:24je ne vais pas dire
21:25que vous avez eu peur
21:26mais est-ce que vous avez
21:27senti à un moment donné
21:28que les institutions
21:29chancelées
21:29c'est-à-dire cet état de droit
21:30cet état républicain
21:33étaient abîmées
21:34au point
21:34de ne plus exister
21:36à certains moments
21:37et à certains endroits.
21:39Vous savez M. Légas
21:40je vais faire référence
21:42à une policière
21:43qui s'est suicidée
21:44il y a quelques années
21:45cette policière
21:46c'est Magui Dyskupski
21:47qui était fondatrice
21:50de la mobilisation
21:50des policiers en colère.
21:51Elle avait une phrase
21:52très intéressante
21:53qui était de dire
21:54qu'un policier
21:56qui n'avait pas peur
21:57était un policier
21:58qui était dangereux
21:59pour lui-même
22:00et pour les autres.
22:01Bien sûr que les policiers
22:02ont peur.
22:02Très forte phrase.
22:03Bien sûr qu'on a peur
22:04quand on reçoit
22:05un cocktail Molotov
22:06sur la tronche
22:07pardon du terme
22:08mais on a peur
22:09quand on reçoit
22:10des mortiers d'artifices
22:10et qui viennent vous brûler
22:11ou vous péter
22:13à deux doigts
22:14à deux centimètres
22:16de votre pied
22:16ou de votre visage
22:17parce que vous n'avez pas
22:18assez de casques
22:19pour équiper
22:19tous les effectifs.
22:21Bien sûr qu'on a peur
22:22quand on a des hordes
22:23d'individus
22:23qui vous caillassent
22:24qui vous hurlent
22:26qu'il faut tuer la police
22:28et qui ne nous aiment pas.
22:30Bien sûr qu'on a peur.
22:31Alors Lucie
22:32oui oui
22:32allez-y allez-y
22:33Par contre
22:34on a peur
22:35mais on tient
22:35et on tiendra.
22:36C'est à ce moment-là
22:37qu'on est le dernier
22:38rempart effectivement
22:39pour tenir les institutions
22:40françaises
22:41et les institutions
22:42de la République.
22:42Bien sûr
22:43il y a la peur personnelle
22:44que vous surmontez
22:45parce que c'est votre devoir
22:46et vous l'accomplissez
22:47avec une abdégation exemplaire.
22:49Ensuite
22:49quand vous voyez
22:50que votre autorité
22:52n'est pas à la hauteur
22:53je ne veux pas incriminer
22:54aveuglément
22:55on sait qu'il y a eu
22:55des failles
22:56certaines ont été reconnues
22:57d'autres auraient dû être prévues
22:59lorsque vous voyez
23:00que l'autorité
23:01est en défaillance
23:02vous êtes seul
23:02vous êtes seul
23:03face à la situation
23:05tragique
23:06est-ce qu'il se peut
23:08qu'un jour
23:09un policier
23:10une policière
23:11dise
23:12j'ai posé l'autre jour
23:13la question
23:13à Grégory Joron
23:14qui est syndicaliste
23:15et faux de la police
23:16est-ce qu'il y a un risque
23:17puisque vous
23:17vous êtes vraiment confronté
23:18à la réalité du terrain
23:19à un moment X
23:21on pose le casque
23:22vous voyez l'expression
23:22on pose le casque
23:23ou je pose mon arme
23:24je pose ma matraque
23:25et je rentre chez moi
23:25je ne suis pas là
23:27pour me faire massacrer
23:28dans la mesure
23:29où je ne suis pas protégé
23:30par l'autorité
23:31qui m'envoie au front
23:32est-ce que c'est un sentiment
23:34qu'on peut ressentir
23:35à un moment donné
23:36c'est un sentiment
23:37qu'on peut ressentir
23:38à un moment donné
23:38effectivement
23:39oui tout à fait
23:39de se dire
23:40je ne suis pas là
23:41pour être tué
23:41je ne suis pas là
23:42pour mourir
23:43tout simplement
23:44j'ai signé pour protéger
23:45les français
23:46leurs biens
23:47les institutions
23:48mais je ne suis pas là
23:49pour mourir
23:49effectivement
23:50c'est donc
23:51l'idée de poser le casque
23:52pourrait être une option
23:54cependant
23:54vous ne rentrez pas
23:54dans la police
23:55pour abandonner
23:56vous rentrez dans la police
23:57pour aider les gens
23:59vous rentrez dans la police
24:00pour les servir
24:01même si vous n'êtes pas
24:02militaire de statut
24:03vous êtes des soldats
24:04vous êtes quand même
24:04des soldats de la république
24:06et de l'ordre
24:07on est le dernier rempart
24:09on dit bien
24:10gardien de la paix
24:11c'est un terme
24:12qui prend aujourd'hui
24:13un sens gigantesque
24:15Lucie
24:16Lucie
24:16vous restez avec nous
24:17vous restez avec nous
24:18je vais tout de suite demander
24:19suite à ce que vous venez
24:20de me dire
24:21qui est fondamental
24:22je vais demander au général Galtier
24:23vous êtes toujours là mon général
24:25oui toujours
24:25vous entendez
24:26vous entendez une policière
24:27une gardienne de la paix
24:28à Paris
24:29qui vous dit
24:30oui on a peur
24:31on a peur
24:32oui on ne se sent plus protégé
24:34par l'autorité
24:36oui on a la tentation
24:37de poser le casque
24:39ou la matraque
24:39et de rentrer chez nous
24:40parce qu'on n'a pas envie
24:40de se courir
24:41et pourtant
24:41et pourtant
24:42on reste et on tient
24:43parce qu'on a le sens
24:44du devoir de l'état
24:46vous êtes d'accord mon général
24:47nos fonctionnaires
24:48sont des héros
24:49en ce moment
24:50gendarmes et policiers
24:52alors oui
24:53je vais rajouter
24:54nos fonctionnaires
24:55et nos militaires
24:55parce que vous avez dit
24:56les gendarmes sont des militaires
24:57mais les deux
24:58je crois qu'on a aujourd'hui
25:00je dis entre 12 et 14 000
25:03gendarmes mobiles
25:04c'est 116 escadrons
25:06c'est 50 à 60 compagnies républicaines
25:09de sécurité
25:10ils y étaient là mon général
25:12sur le terrain
25:12parce que quand les uniformes
25:13sont un peu les CRS
25:14on les reconnait
25:14aux deux israies jaunes
25:16voilà
25:17moi j'ai connu les gardes mobiles
25:18j'ai pris des coups de matraque
25:19des gardes mobiles
25:20ils ne sont pas plus tendres
25:20que les CRS
25:21mais voilà
25:22moi je les ai vus sur le terrain
25:24très efficaces
25:24c'est juste et proportionné
25:28voilà
25:28c'est ce que j'essaie de dire
25:29depuis tout à l'heure
25:30mais il faut qu'on nous donne
25:31ces moyens
25:32et il faut savoir aussi
25:33que ces escadrons de gendarmerie
25:35ils sont très très très déployés
25:37outre-mer
25:38où il y a également
25:39de vraies difficultés
25:42et naturellement
25:43sur l'ensemble du territoire français
25:45vous dire si non
25:46les 116 n'étaient pas
25:49à l'instant T
25:51impliqués
25:52dans le maintien de l'ordre
25:54d'ailleurs
25:54je crois que le ministre
25:55de l'Intérieur
25:57mobilisera davantage
25:58encore
25:59lors du week-end à venir
26:01mais j'ai été frappé
26:01par le témoignage aussi
26:02de notre collègue policière
26:04qui a raison
26:05on est là pour
26:06d'abord protéger
26:07les citoyens
26:08pour faire respecter la loi
26:09mais aussi
26:10pour protéger
26:12ceux qui prennent des risques
26:13pour faire appliquer la loi
26:15et là
26:16parfois
26:17on peut se poser la question
26:19lorsqu'il y a
26:20autant de gendarmes
26:21et de policiers
26:21qui sont blessés
26:23et là
26:23je ne cesse de le dire
26:25et de le redire
26:25moi je m'étais élevé
26:26à l'époque
26:27contre la suppression
26:28de la grenade offensive
26:30elle avait cette vertu
26:32de pouvoir dégager
26:33un espace
26:34et d'éviter le contact
26:35et la confrontation
26:36parce que
26:37pourquoi il y a autant
26:38de blessés
26:38parce que
26:39les manifestants
26:40viennent au contact
26:42des forces de l'ordre
26:43ce qui ne se passait pas
26:46jadis
26:46car
26:46il y avait des moyens
26:48beaucoup plus
26:50significatifs
26:50pour empêcher
26:51ce rapprochement
26:52c'était la technique
26:53du maintien de l'ordre
26:53à la française
26:54que l'on a d'ailleurs
26:55diffusée dans le monde entier
26:56bien sûr
26:57mais si on supprime
26:59aux policiers
26:59et aux gendarmes
27:00les moyens
27:01de créer
27:02cet espace
27:03de sécurité
27:04entre
27:05les forces de l'ordre
27:07et le manifestant
27:08et bien
27:09on a
27:10nécessairement
27:11un contact
27:12et dès lors
27:13qu'il y a du contact
27:13il y a des blessés
27:14justement en général
27:15je voudrais qu'on demande
27:16Alissa
27:16dites-moi
27:17on y reviendra
27:18après
27:19déjà on va annoncer
27:19André Bercoff
27:20qui arrive là
27:21je voudrais que vous nous
27:22parliez des sentinelles
27:22des CRS
27:23on a envie
27:23de qu'on fasse
27:23la distinction
27:24on écoute André Bercoff
27:25et ensuite vous nous expliquez
27:26les différentes fonctions
27:27de la police
27:28De la police
27:28de la police