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Avec François Guéranger, auteur de "La revanche des juges" éd. L'Artilleur, avocat et magistrat

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##LE_FACE_A_FACE-2026-06-04##

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Transcription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face à face.
00:08Radio en ce jeudi 4 juin 2026, il est 13h05, nous allons parler justice, magistrat, autorité judiciaire, pouvoir judiciaire.
00:18Nous sommes avec, je reçois, François Guéranger.
00:23François Guéranger vient d'écrire la revanche des juges, histoire d'une reconquête.
00:29Je disais au départ quand j'ai reçu cet ouvrage, tiens, quelqu'un qui prend la défense des juges, il
00:34n'en est rien.
00:36C'est publié aux éditions de l'Artilleur, ce n'est pas un hasard parce que vous y allez quelquefois
00:39à bout les rouges,
00:40M. François Guéranger, mais vous êtes habilité à le faire, vous êtes docteur en droit, ingénieur, inspecteur général de la
00:47Banque de France, magistrat et avocat.
00:48Donc vous avez toute compétence et légitimité, après quoi on peut rentrer en désaccord avec vous, bien entendu,
00:54mais vous avez toute compétence et légitimité pour disserter, réfléchir et avancer les arguments que vous produisez dans ce livre
01:01pour expliquer que ce livre, la revanche des juges, oui, effectivement, l'état de droit est une chose,
01:06mais peut-être qu'aujourd'hui, ces individus, cette institution, la justice qui n'est pas élue,
01:12outrepassent quelquefois ses prérogatives pour entamer celles de l'exécutif et du législatif.
01:17Je rappelle que le général de Gaulle tenait à la formule, il y a les trois pouvoirs,
01:22le pouvoir exécutif, le gouvernement, le pouvoir législatif, le parlement,
01:26et il disait l'autorité judiciaire, pas de pouvoir judiciaire,
01:30et à lire votre ouvrage et aux conclusions que vous tirez,
01:34non, aujourd'hui, en 2026, on peut, François Guéranger, bien parler de pouvoir judiciaire.
01:41Est-ce que vous en convenez, qu'on peut parler de pouvoir judiciaire ?
01:44Oui, bien sûr, mais tout d'abord, le livre raconte l'histoire de la rivalité centenaire
01:51qui existe entre le pouvoir politique et les juges.
01:55Très ancienne.
01:57Très, très ancienne, on la retrouve déjà chez les Grecs, enfin, à Athènes.
02:01Il y a des périodes...
02:03Oui, oui, tout à fait, et il y a des périodes, d'ailleurs, où les choses se passent bien,
02:09et puis d'autres périodes où ça se passe moins bien, tantôt les uns prennent le dessus,
02:13tantôt les autres prennent le dessus à leur tour.
02:17Et ainsi, juste avant la Révolution, les juges, qui s'appelaient Parlement à l'époque,
02:24ont réussi à bloquer les réformes que Louis XVI et ses gouvernements tentaient de faire,
02:30parce qu'à l'époque, l'État était déjà en faillite.
02:32Avec ce paradoxe, c'est Louis XVI qui rétablit le pouvoir des parlements,
02:35qui avait été supprimé par Louis XV.
02:36Rappelons que le Parlement, à l'époque, et on a de beaux édifices en France, à Rennes et à Rouen,
02:41le Parlement est à la fois avec une disposition législative et judiciaire.
02:45Ils sont à la fois juges et un peu parlementaires, sous l'autorité du pouvoir royal, bien entendu.
02:50Mais quelquefois, ils contrarient la volonté royale.
02:53Louis XV, donc, les dissout, les renvoie, comme on dit,
02:56et c'est Louis XVI qui les remet en activité, et ils s'opposent à Louis XVI.
03:00Effectivement, alors, pour préciser concernant les parlements,
03:02ils avaient essentiellement deux fonctions.
03:04La première, à laquelle on peut imaginer facilement, c'est-à-dire le fait de juger.
03:11Bien sûr.
03:12Et la deuxième, qui est très importante, à laquelle on ne pense pas toujours,
03:14c'est le fait d'enregistrer les édits royaux, les édits, c'est-à-dire les lois.
03:20Enregistrer, ce n'était pas seulement le fait d'inscrire dans un livre,
03:23ça voulait dire que l'édit en question ne pouvait être opérationnel que s'il avait été enregistré.
03:30Comme l'inscription bulletin officielle.
03:33Oui, tout à fait.
03:35Comme la promulgation par le président de la République.
03:38Et il se trouve que ce pouvoir était délégué par le roi au Parlement.
03:43Le pouvoir était chez le roi, c'est le roi qui possédait,
03:47mais du fait que les affaires augmentaient en nombre à la suite de l'élargissement du domaine royal,
03:54eh bien, il a délégué au Parlement.
03:56Et alors, lorsque le Parlement refusait d'enregistrer, il pouvait y avoir une nouvelle lecture.
04:01On appelait ça remontrance, c'est-à-dire remontrer à nouveau.
04:04C'était une nouvelle lecture.
04:05Et si jamais il y avait blocage, le roi pouvait décider d'un lit de justice.
04:08Alors, dans le lit de justice, c'était physiquement quasiment un lit qui était établi dans le Parlement à Paris.
04:14Et à cette occasion, il disait, je vous ai délégué le pouvoir, là je vous le retire,
04:19le temps que je prenne la décision qui doit être inscrite, la décision pour cette édite royale.
04:26Autrement dit, il faisait son conseil constitutionnel lui seul.
04:28Tout à fait, c'est un peu ça. C'est peut-être de ça qu'on manque d'ailleurs.
04:32Peut-être qu'on pourrait remettre en lit de justice.
04:34En 1789, vous expliquez, le tournant, la révolution, pour le coup, là elle en est une pour les juges.
04:40Les révolutionnaires décident que la souveraineté procède du peuple exclusivement.
04:43Et que les parlements, les juges, donc ils vont devenir les tribunaux,
04:47ne sont à l'expression, ils ne sont que la bouffe de la loi.
04:49Ils ne sont là que pour dire et raconter la loi, non pas la faire ni la créer.
04:53Et c'est là où le conflit commence.
04:55C'est tout à fait cela.
04:57Donc, les révolutionnaires sont aperçus que le pouvoir royal avait pu être battu en brèche par les juges.
05:03Ils ne voulaient pas que le pouvoir républicain, que la République subisse le même sort.
05:09Donc, les juges ont été mis dans une position subalterne.
05:13Et d'ailleurs, il y a un journaliste qui s'appelait Robert de Jouvenel,
05:17qui avait écrit, en faisant le tour de 1910,
05:20il racontait que dans son collège, ses camarades voulaient être avocats ou bien médecins ou officiers,
05:28mais aucun ne voulait être magistrat parce qu'ils étaient mal considérés, mal payés.
05:31Donc, il y avait matière à revanche du fait de cette situation-là.
05:34Et cette revanche, elle va se construire petit à petit à partir du début du 19e siècle jusqu'à aujourd
05:40'hui,
05:40où aujourd'hui, on peut dire que la revanche est complète
05:42et que la situation des juges est à peu près équivalente de celle des parlements juste avant la Révolution.
05:49On va reposer le problème tel qu'il est aujourd'hui défini par nos institutions.
05:54Je le rappelle, je parle sous votre autorité, François Guéranger.
05:57Nous avons trois instances.
05:59Le pouvoir exécutif français, c'est-à-dire président de la République et gouvernement.
06:03Le Conseil d'État est là pour...
06:04Et le tribunal de l'administratif de l'État.
06:06Nous avons la Cour de cassation, qui est le tribunal de la justice,
06:09qui juge les jugements des autres juges.
06:12Et nous avons le Conseil constitutionnel, qui est le tribunal du législatif,
06:16qui juge la conformité des lois à la Constitution.
06:18Ces trois entités sont là.
06:20Aujourd'hui, vous expliquez, l'évolution du droit et l'autorité judiciaire
06:26s'est octroyée à travers certaines dispositions.
06:29Le fait qu'ils peuvent non pas se contenter d'être les porte-parole de la loi
06:34et les applicateurs de la loi,
06:36non seulement ils la créent, ils la forment,
06:40mais ils peuvent même inventer des dispositions qui ne sont pas prévues.
06:44Par le cumul des normes, la jurisprudence des tribunaux,
06:48une décision de justice devient une forme de loi
06:50à laquelle on se réfère pour appliquer une autre décision de justice.
06:53Il faut remonter un tout petit peu en arrière, en 1958,
06:58au moment où la Constitution a créé le Conseil constitutionnel.
07:00A cette époque, la loi avait été coupée en deux.
07:04Il y avait une partie de la loi qui incombait au Parlement
07:07et une autre partie qu'on appelait règlement et qui incombait au pouvoir politique.
07:11Je l'appelle pouvoir politique, là, essentiellement, l'exécutif.
07:17Voilà, exactement.
07:17Et donc, il y avait une frontière,
07:20et pour surveiller la frontière,
07:21le Conseil d'État était chargé d'éviter
07:23que le gouvernement empiète sur les prérogatives du Parlement.
07:27C'était ça à l'esprit, parce qu'il n'y a pas de Conseil constitutionnel sous la troisième ni
07:30la quatrième.
07:31Non, tout à fait.
07:32Et le Conseil constitutionnel...
07:33Pourquoi ? Pour contrer éventuellement des abus du Parlement ?
07:37Non, c'est une question de limites, c'est plus technique.
07:40C'était légitime pour vous ou non ?
07:41Oui, dans la mesure où on avait créé le règlement et la loi,
07:46il fallait éviter que la loi n'empiète sur le règlement.
07:49C'était purement technique.
07:50C'était la première attribution du Conseil constitutionnel.
07:52En fait, la deuxième, puisque la première, c'était de veiller à la régularité des élections.
07:55Et puis, un coup d'État juridique, le 16 juillet 1971,
08:00le Conseil constitutionnel décide que toute une partie importante de principe devienne du droit.
08:09Comme il était compétent pour juger le droit,
08:12s'il fait entrer dans son domaine énormément de principes qui deviennent du droit,
08:16eh bien sa compétence est forcément extrêmement élargée.
08:18C'est là où ils invoquent la Déclaration des droits d'hommes de 1989.
08:22Ils l'intègrent à leurs compétences et le préambule de la Constitution de 1946.
08:26Ça veut dire qu'ils ouvrent leur capacité d'intervention,
08:29ils la multiplient par mille, j'allais dire, c'est open bar.
08:31Et la formule coup d'État juridique est bien de Robert Badinter.
08:35C'est ce que j'ai vu dans les cahiers du Conseil constitutionnel.
08:38J'ai vu ça sur le site du Conseil constitutionnel.
08:41C'est lui qui dit, le Conseil constitutionnel sort du cadre prévu par la Constitution
08:48et s'octroie des dispositions et des pouvoirs qui ne sont pas prévus par la Constitution.
08:51Tout à fait.
08:52Et c'est validé par le Parlement, cette...
08:54Non, ça n'a même pas été validé.
08:56La question, c'est...
08:59Tout le monde a été mis devant le fait accompli.
09:01Le président de la République, Georges Pompidou, n'a rien à trouver à y redire.
09:05Et alors, il y a eu au départ, effectivement, ces deux textes,
09:08mais depuis, il y en a beaucoup d'autres.
09:09La charte de l'environnement et autres qui deviennent des textes de ce niveau-là.
09:13Et la caractéristique, c'est que ces textes sont tellement flous,
09:18tellement extensibles, souvent contradictoires et puis modulables,
09:22qu'on peut leur faire dire absolument ce qu'on veut.
09:24Oui, les textes peuvent être interprétées de n'importe quelle façon.
09:26Totalement.
09:26J'apprends, grâce à votre livre, un détail que je ne savais pas,
09:30la CEDH, la fameuse Cour Européenne des Droits de l'Homme.
09:33Elle est votée, mais le président Pompidou ne la signe pas.
09:36Il ne la promulgue pas parce qu'il a une méfiance avec elle.
09:38Il meurt.
09:39Il est remplacé par Alain Poher.
09:41Et c'est Alain Poher, président de la République, par intérim,
09:45qui signe la validation de la Cour Européenne,
09:49de l'adhésion de la France à la Cour Européenne des Droits de l'Homme.
09:51Vous vous dites, ce n'est pas constitutionnel.
09:53Un président par intérim n'a pas cette compétence-là.
09:55Tout à fait.
09:56Le général de Gaulle n'y tenait pas.
09:58Il n'en voulait pas.
09:59La Convention elle-même a été signée en 1950.
10:01Bien sûr.
10:01Ensuite, il fallait la ratifier.
10:03Cette Convention fonctionne par l'intermédiaire de la Cour Européenne des Droits de l'Homme
10:08qui est chargée de la faire respecter.
10:09C'est l'instance suprême.
10:10C'est l'instance judiciaire.
10:11Elle est au-dessus des tribunaux français.
10:13On est d'accord.
10:14C'est Cyril.
10:15Aujourd'hui.
10:16Aujourd'hui.
10:16Oui, aujourd'hui.
10:17Pas à l'époque.
10:19Et donc, la Cour Européenne des Droits de l'Homme
10:25est chargée de faire respecter la Convention Européenne des Droits de l'Homme.
10:30Donc, le général de Gaulle n'en voulait pas parce qu'il se doutait bien de ce qui allait se
10:33passer.
10:34Georges Pompidou était tout à fait hésitant.
10:36Il meurt.
10:37Et le président de la République par intérim, Alain Poer, est désigné pour, comme on dit, traiter les affaires courantes.
10:45Surtout qu'il est resté 30 ou 35 jours.
10:47Enfin, pas très longtemps.
10:49Et donc, les affaires courantes, ce n'est certainement pas signé la Convention Européenne des Droits de l'Homme.
10:53Et il prend l'initiative de la signer.
10:54Il prend l'initiative parce que lui-même était extrêmement favorable.
10:59Centriste.
10:59Centriste ultra-européiste.
11:00Exactement.
11:01Et d'ailleurs, il sera candidat à la France à Pompidou.
11:02C'était du pain béni pour lui.
11:03Il se trouve dans la position de signer quelque chose qui était...
11:07Il sera candidat et il sera battu.
11:10Il avait été battu par Pompidou à la première heure.
11:12Tout à fait.
11:13Nous sommes en train de parler et nous dissertons avec François Guéranger, qui est docteur en droit, magistrat évoquat du
11:21pouvoir judiciaire.
11:22La revanche des juges, histoire d'une reconquête publiée aux éditions de l'Artilleur.
11:26Vous nous appelez parce que vous êtes forcément, vous aussi, interpellé ou concerné.
11:30Vous avez autre idée. Est-ce que les juges outrepassent leurs droits ?
11:33Est-ce qu'aujourd'hui, le Conseil constitutionnel contourne le pouvoir exécutif pour appliquer des dispositions dont les Français ne
11:39veulent pas ?
11:39Est-ce que la souveraineté populaire est bien respectée par les juges ?
11:42Est-ce qu'il y a bien une revanche des juges et donc un pouvoir judiciaire ?
11:46Vous nous appelez au 0826 300 300.
11:49Zakaria Sabrous attend votre appel et vous pourrez ainsi donner votre avis et échanger avec François Guéranger.
11:55A tout de suite sur Sud Radio.
12:03Vous êtes bien sur Sud Radio. Il est 13h20.
12:07La France, dans tous ses états, reçoit François Guéranger, auteur de la revanche des juges,
12:11histoire d'une reconquête aux éditions de l'Artilleur.
12:14Je discute depuis 20 minutes avec François Guéranger sur le fait que l'autorité judiciaire,
12:20telle qu'elle est définie par la constitution de la Vème République, en fait, serait bien devenue un pouvoir judiciaire.
12:27Et François Guéranger, vous parlez à un moment donné, d'ailleurs vous faites une grande démonstration,
12:32vous faites une construction intellectuelle sur la démocratie des juges.
12:35Qu'est-ce que vous appelez la démocratie des juges ?
12:39D'abord, je voudrais citer la Cour Européenne des Droits de l'Homme.
12:44La CEDH, dont on parlait à l'instant, qui a été adoptée uniquement par la signature d'un président par
12:49intérim
12:49qui s'appelait Alain Poher, en 1974, et c'est contestable.
12:54La CEDH déclare que, bien entendu, la démocratie, c'est d'abord les décisions du peuple.
13:03Mais il dit que ce n'est pas que ça.
13:05Ce sont les décisions du peuple, à condition que ces décisions soient contrôlées par le juge,
13:11et en particulier par la CEDH.
13:12Alors, il y a une citation que je vais vous dire, parce qu'elle est intéressante.
13:18Elle dit que la CEDH se prononce à partir de principes qui sont sanctuarisés au plus profond de la personne
13:25humaine.
13:26Tiens donc.
13:27Et, de ce fait, ils sont, comme elle dit aussi, indisponibles aux majorités du moment.
13:34Ça veut dire que, si une majorité, donc un parlement, décide quelque chose,
13:40et si la CEDH, en particulier, pense qu'il y a un principe qu'elle a trouvé en creusant bien
13:47au fond de la personnalité humaine
13:48et que ce principe contredit la décision du Parlement,
13:52et bien cette décision n'est plus valide.
13:54Vous êtes en train de me dire, François Guéranger, que ce principe consiste à dire
13:57que le juge est au-dessus de la loi.
13:59Si je peux me permettre de le résumer en deux termes.
14:02Le juge se dit au-dessus de la loi.
14:03Alors, la CEDH, j'insiste bien en disant que le juge se dit au-dessus de la loi, tout à
14:10fait.
14:10De même que les présidents de commission disaient qu'il n'y a pas de démocratie au-delà des traités.
14:16Voilà, c'est Jean-Claude Juncker qui disait, là où il y a des traités, il n'y a plus
14:19de démocratie.
14:20Il y a plus de juge.
14:21Il y a déjà un petit peu dans l'article 55 de la Constitution de 1958,
14:24mais à l'époque, les rapports de force et les paramètres n'étaient pas les mêmes.
14:28Mais là, Juncker et à plus forte raison, Mme Anderleden disent
14:32« Non, non, non, le traité international, c'est au-dessus de la décision des parlements nationaux. »
14:36C'est hallucinant.
14:37Et un juge vous dit « Oui, c'est très bien comme ça. »
14:40Le juge de la CEDH dit que c'est très bien comme ça.
14:45Alors, pourquoi je parle de démocratie des juges ?
14:47En définitive, je distingue deux types de démocratie.
14:50Ce que j'appelle la démocratie du peuple, celle que l'on connaît,
14:52à laquelle on pense depuis toujours, c'est-à-dire celle de l'article 3 de la Constitution,
14:56en disant que la souveraineté appartient au peuple par l'intermédiaire de ses représentants
15:01ou directement par le référendum.
15:03Et puis, ce que j'appelle la démocratie des juges, c'est celle que la CEDH vient de définir,
15:08c'est-à-dire les décisions du peuple sous le contrôle de la CEDH, plus généralement du juge.
15:14Et c'est pour ça que je le résume en une formule,
15:17en disant que dans la démocratie du peuple, le peuple dispose,
15:23et dans la démocratie des juges, le peuple propose et le juge dispose.
15:27Alors, je signale que dans votre livre, vous concluez chaque chapitre.
15:30C'est un livre extrêmement pédagogique.
15:32C'est dense, c'est concis, c'est précis.
15:35Il y a des arguments, évidemment, juridiques et judiciaires.
15:38Mais c'est ponctué de petits encadrés
15:41dans lesquels vous résumez le contenu du chapitre
15:45qui permet à ceux qui sont un peu moins initiés
15:47de comprendre parfaitement ce à quoi vous voulez arriver.
15:52Je vais en citer deux.
15:54Page 117.
15:55Le cartel des juges contrôle le pouvoir politique français.
15:58Les juges européens, forts des textes européens,
16:01ont soumis les juges français pour prendre l'ascendant
16:03sur le pouvoir politique français.
16:06Je vous en lis un deuxième.
16:07Donc au chapitre 13, page 245.
16:10Sous le titre, les juges ont-ils tué la République ?
16:12Le juge n'a pas tué la République.
16:14En revanche, il a transformé la démocratie à son avantage
16:18pour s'enctroyer une place éminente.
16:20Il ne s'agit plus de faire respecter l'ordre établi
16:23par le pouvoir politique.
16:24Il faut créer des jurisprudences dites constructives
16:27afin d'orienter la marge de la société
16:29dans le sens des grands principes.
16:32C'est redoutable, François Guéranger,
16:34ce que vous expliquez là ?
16:35Oui, mais c'est la réalité.
16:36C'est terrifiant.
16:36En tout cas, vous me direz que je fais une fixation sur la CEDH,
16:41mais c'est exactement ce qu'explique la CEDH.
16:43C'est tout le problème d'aujourd'hui.
16:44Est-ce que la souveraineté du peuple français
16:46est respectée par les institutions européennes ?
16:49Ah non, non, certainement pas.
16:51On est d'accord ?
16:51Certainement pas.
16:52Alors je reviens à la CEDH qui, elle, est extérieure.
16:55Oui, au sujet des droits de l'homme.
16:56Au sujet des droits de l'homme,
16:57elle fait des observations dans les pays qui dépendent d'elle
17:01et elle se dit, tiens, la société évolue dans un sens.
17:05Ce sens me convient.
17:07Et donc, les prochaines décisions que je prendrai
17:09et que j'imposerai à tel ou tel autre pays
17:11seront conformes à ce sens que je distingue pour l'avenir.
17:16Donc la CEDH veut construire une société
17:18et elle impose aux pays, aux divers pays,
17:21des décisions conformes à l'orientation
17:23qu'elle veut donner à cette société.
17:24Alors je continue à décrypter vos propos,
17:26M. François Guéranger.
17:27Vous dites ça avec une voix très posée et très docte,
17:30mais c'est très fort ce que vous dites.
17:31Là, on a des dispositions sociétales,
17:34quelque part, qui deviennent des lois,
17:35parce que le juge a décidé que cette évolution des mœurs
17:38ou des comportements mérite d'être inscrite dans le droit.
17:42En contournant législateur, on se fie de savoir ce qu'il en pense.
17:45Nous, nous considérons que c'est comme ça que ça doit être appliqué.
17:47Alors, ça ne devient pas vraiment des lois,
17:49mais ce sont des décisions qui,
17:51cassant les autres décisions, s'appliquent.
17:54De fait, elles organisent la société.
17:56Oui, oui, oui, tout à fait.
17:57Alors, au départ, l'édition de la CEDH ne s'imposait pas au pays.
18:04Mais, en France, on a décidé dans un décret de 2010...
18:07Voilà, 2010.
18:08...que désormais...
18:10...sous la présidence de Nicolas Sarkozy, très paradoxale.
18:12Très important de rappeler le chef de l'État.
18:14Vous l'avez dit, effectivement.
18:16Et c'est un simple décret.
18:18Un simple décret qui dit
18:19que les décisions de la CEDH,
18:22qui étaient facultatives, en définitive,
18:25eh bien, désormais,
18:26un simple décret décide qu'elles seront obligatoires.
18:30C'est, pour moi, une deuxième révolution,
18:32un deuxième coup d'État juridique.
18:34Décret de 2010, validé par le Conseil d'État.
18:37Oui, oui, tout à fait.
18:38Tout à fait validé.
18:39Donc, on a remis...
18:40La France s'est dépossédée de ses prérogatives de nations souveraines,
18:44dans le cadre de l'Union Européenne,
18:46de ce qu'était le marché commun,
18:47et on a décidé qu'on allait déléguer à des instances non élues,
18:51non représentatives du peuple français...
18:53Et sans contre-pouvoir.
18:54Sans contre-pouvoir, des prérogatives
18:56qui relèvent uniquement d'un Parlement ou d'un gouvernement.
18:58Et c'est passé comme une lettre à la poste.
19:01Tout à fait.
19:01C'est ça qui était...
19:02Pas par vous et d'autres, évidemment.
19:03Bien sûr, je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué.
19:05Je pense que ça sera au cœur de l'élection présidentielle.
19:07Voilà.
19:08La revanche des juges par François Guéranger,
19:10histoire d'une reconquête aux éditions de l'Artilleur.
19:12Vous nous appelez au 0826 300 300 à partir de 13h30.
19:17Vous nous écoutez, vous avez la parole, vous appelez.
19:19Je suis persuadé que ce sujet, il n'est pas trop pardu,
19:23il n'est pas trop complexe, il dit la chose.
19:24Et surtout, il nous concerne dans notre quotidien.
19:27Et nous vivons aujourd'hui des dispositions et des initiatives politiques
19:31qui sont justement décidées ou influencées par des juges.
19:34On n'a rien contre les juges.
19:35On voudrait que l'autorité judiciaire garde ses prérogatives,
19:38rende à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu,
19:40et que la souveraineté du peuple français exprimée à travers la représentation nationale
19:44et ce qui dépend de lui et le gouvernement,
19:46puissent garder la mainmise sur les lois, ce qui n'est pas le cas.
19:49Vous nous appelez au 0826 300 300,
19:52Zacharias attend votre appel,
19:54et vous pourrez échanger avec François Guéranger,
19:56donner votre avis, votre impression, et vous êtes à d'âme.
19:58A tout de suite sur Sud Radio.
19:59Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états,
20:04Péricault-Légas.
20:05Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h32,
20:08vous avez la parole, vous qui nous écoutez,
20:10et je reçois François Guéranger,
20:12auteur de La Revanche des Juges,
20:13histoire d'une reconquête aux éditions de l'Artilleur,
20:16et je fais le jeu de mots à l'Artilleur,
20:18parce qu'effectivement, François Guéranger tire un peu au canon
20:21sur l'institution judiciaire en voulant la remettre à sa place,
20:24en disant ce qu'il s'est passé.
20:25Je vais discuter à l'instant à l'antenne avec vous,
20:28François Guéranger, de la notion d'état de droit.
20:29On parlait du Code civil de Napoléon,
20:31qui est un texte fondateur, très important,
20:33toujours d'actualité,
20:35fait par Napoléon Ier,
20:36et puis les magistrats qui étaient autour de lui,
20:38donc en bas Cérès.
20:40Dites-nous, François Guéranger,
20:43vous qui êtes docteur en droit,
20:44ce qu'est la définition précise de l'état de droit,
20:46et en quoi il peut être contourné,
20:49ou au contraire poser un problème.
20:52L'état de droit, quand on écoute la radio,
20:54ou la télévision, ou qu'on lit la presse,
20:56on s'aperçoit que beaucoup de gens parlent de l'état de droit,
20:59sans jamais définir ce qu'ils entendent par là.
21:02Le principe, au départ de l'état de droit,
21:04c'est que personne ne peut être soumis au droit,
21:09et en particulier l'état.
21:10L'état doit être soumis au droit,
21:13et c'est le principe de base de l'état de droit.
21:15Mais la question qui se pose,
21:16quand on dit soumis au droit,
21:18de quel droit s'agit-il ?
21:19Et aujourd'hui, le Conseil constitutionnel,
21:22en particulier,
21:23estime que le droit en question,
21:25c'est sans doute la constitution écrite,
21:28telle qu'on la trouve depuis 1958,
21:31mais c'est également les extensions
21:33qu'il a lui-même créées,
21:35et toutes les décisions qu'il prend lui-même,
21:37tous les principes, les grands principes,
21:39qui vont au-delà de ce qu'il y a dans la déclaration de droit de l'homme,
21:43et qu'il invente lui-même,
21:44le plus souvent, pour les besoins de la cause.
21:46Donc pour lui, l'état de droit,
21:48c'est en définitive ce qu'il dit lui-même.
21:51Est-ce que vous me permettez le jeu de mots
21:53de dire que le Conseil constitutionnel a dit,
21:55le droit, c'est moi ?
21:57À un moment donné, il y a certaines dispositions,
21:59on a l'impression que c'est ce qu'il dit,
22:00le droit, c'est moi.
22:01Ça y ressemble, oui.
22:02Ça y ressemble.
22:04Que veut dire, que prétend,
22:06je ne vais pas vous faire parler à la place de Bonne-Retailleau,
22:08quand il dit, à un moment donné,
22:09il va falloir repenser l'état de droit,
22:10c'est une réflexion légitime,
22:12ça ne porte pas atteinte à la démocratie.
22:14De dire, il faut peut-être repenser l'état de droit
22:16pour une meilleure fonctionnalité de la démocratie,
22:18et de préserver l'intérêt des citoyens, tout simplement.
22:21Ce n'est pas une restriction de liberté.
22:23Non, pas du tout.
22:24Le principe du droit, c'est quand même
22:25qu'il doit s'adapter aux conditions de vie de la société.
22:28Donc, revoir un certain nombre de points
22:30est tout à fait normal.
22:32Il y a simplement une chose,
22:33c'est que beaucoup parlent de référendum
22:35en disant, par référendum,
22:37on va modifier ceci, on va modifier cela.
22:39Or, depuis une jurisprudence assez récente,
22:43le Conseil constitutionnel a dit que
22:45toute question qui serait soumise au peuple
22:48par l'intermédiaire du référendum
22:50serait soumise au préalable, à son avis.
22:53Donc, on peut tout à fait se dire
22:55que si la question le gêne,
22:57il dira que c'est inconstitutionnel,
23:00et donc que le référendum ne pourra pas avoir lieu.
23:02C'est la question que j'ai posée récemment à un avocat.
23:07Je dis, si le pouvoir exécutif
23:10qui sortira des urnes en 2027
23:13décide d'abroger cette disposition
23:15qui permet au Conseil constitutionnel actuel
23:18d'invoquer la déclaration des droits de l'homme
23:21et du citoyen de 1989
23:22et le préambule de la constitution de 1946,
23:25abrogation qui a été fixée en 1971,
23:27si un gouvernement, un président public,
23:30décide de l'abroger,
23:31quelle est la voie, j'allais dire juridique,
23:33par laquelle il doit procéder
23:34pour obtenir cette abrogation ?
23:36Est-ce que c'est juste une modification
23:37d'une ligne de l'article 89, je crois, ou 55,
23:42ou est-ce qu'il faut passer par référendum ?
23:45De toute façon, dans ce cas-là,
23:46pour faire ces modifications-là,
23:48il faut passer par référendum ?
23:49Parce qu'il y a la voie parlementaire,
23:50donc au Parlement, réunion au Congrès,
23:52là, il risque de perdre,
23:54il peut y avoir une majorité de parlementaires
23:55qui disent non, on ne touche à rien,
23:57alors que s'il consulte le peuple français,
23:59il peut le faire.
24:00En revanche, il devra quand même passer
24:01pour procéder au référendum
24:03par l'avis du Conseil constitutionnel.
24:05Tout à fait, tout à fait,
24:06il faut passer par l'avis du Conseil constitutionnel.
24:09Alors, on a un précédent, c'est en 1962.
24:12Lorsque le général de Gaulle a voulu
24:13que l'élection du président de la République
24:16se fasse au suffrage universel,
24:18il a évidemment consulté autour de lui.
24:20Et le Conseil constitutionnel, en particulier,
24:22avait émis des réserves très fortes.
24:25Présidé par Gaston Manerville.
24:26Présidé par Gaston Manerville, effectivement,
24:28il y avait peut-être question de personne aussi,
24:30à cette époque-là.
24:31Oui, et d'idéologie.
24:32Et donc, le Conseil d'État avait dit également
24:35qu'il n'était pas d'accord avec cette procédure,
24:37et finalement, il est quand même passé outre.
24:40Le référendum a eu lieu
24:41et la participation à ce référendum
24:44a été extrêmement forte,
24:45ce que l'on peut considérer
24:47comme une validation de la procédure.
24:49Du peuple souverain.
24:50Du peuple souverain, tout à fait.
24:50Vous avez encore, François Guéranger,
24:52des juristes qui considèrent
24:53que cette élection du président
24:54de la République au suffrage universel,
24:57votée, approuvée en 1962,
24:58n'est pas conforme à la Constitution,
25:00qu'il a fait une petite entorse constitutionnelle.
25:02C'est une lecture.
25:03C'est une lecture, oui.
25:04Quand le peuple souscrit à 80%,
25:08je pense que c'est...
25:09Donc là, concrètement,
25:10si un exécutif décide d'abroger
25:12cette disposition permettant
25:13au Conseil constitutionnel
25:14d'invoquer les droits de l'homme
25:15et la Constitution de 1946,
25:17passage par l'article 11
25:18de la Constitution pour référendum,
25:20et là, vous nous dites,
25:21le Conseil constitutionnel peut considérer
25:24que ce référendum
25:25n'a pas à avoir lieu.
25:26Il ne conteste pas le fond du projet
25:28d'abroger la Constitution de 1971,
25:30mais oui, sauf que le référendum
25:32n'a pas lieu d'être.
25:33Qu'est-ce qui se passe ?
25:34Donc, pas de référendum ?
25:35Sauf si le président nouveau
25:40fait comme le général de Gaulle.
25:41Il passe outre.
25:42Mais il n'est pas le général de Gaulle
25:44qui veut non plus.
25:45Il passe outre,
25:45ça veut dire qu'il convoque
25:46quand même le référendum.
25:48Est-ce qu'il y a des maires
25:49qui peuvent dire à moi...
25:50Alors, des maires ou des préfets ?
25:51Des maires ou des préfets
25:52qui peuvent dire
25:53je ne l'organise pas
25:54parce que je n'ai pas l'accord
25:55du Conseil constitutionnel.
25:57Exactement.
25:57Donc là, c'est quand même
25:58un saut dans l'inconnu.
26:00Il fit François Guéranger
26:01qu'aujourd'hui le Conseil constitutionnel
26:02peut s'auto-protéger.
26:05Il peut empêcher un acte
26:07qui serait légal
26:10restreignant ses pouvoirs
26:11ou les ramenant à ce qu'ils étaient
26:12avant 1971.
26:13Il peut s'auto-immuniser.
26:15C'est quand même juridiquement
26:16très problématique.
26:18Si le peuple souverain décide
26:19qu'on lui retire cette prérogative
26:20et le Conseil constitutionnel
26:22peut dire
26:22ben non, vous ne me la retirez pas
26:23parce que je n'ai pas envie
26:24que vous me la retiriez.
26:24À partir du moment
26:25où il s'est considéré
26:27comme compétent
26:28pour juger des questions
26:29et que ça n'a pas posé de problème,
26:31eh bien,
26:31il est compétent
26:32pour juger des questions.
26:34Alors,
26:35comment est-on arrivé
26:37François Guéranger
26:38à cette situation de...
26:39Vous avez parlé
26:39de démocratie des juges,
26:41de gouvernement des juges.
26:43Est-ce que vous me permettez
26:44la formule
26:45autorité judiciaire absolue ?
26:47Puisqu'on va garder
26:47le mot autorité judiciaire.
26:49C'est une autorité absolue.
26:50C'est-à-dire que le juge
26:51qui est un magistrat non élu
26:54peut, à un moment donné,
26:55prendre des dispositions
26:57qui remplacent un petit peu
26:58ce que la représentation nationale
27:00voudrait.
27:00Comment ça s'est fait ?
27:01C'est par étapes
27:02que petit à petit,
27:03vous dites la revanche,
27:04histoire d'une reconquête,
27:06comment ils ont reconquis
27:07ces terrains ?
27:08C'est une longue histoire.
27:11C'est pour ça que dans le livre,
27:12il y a plusieurs chapitres.
27:13C'est passionnant,
27:14il y a à lire absolument.
27:15Il y a plusieurs chapitres.
27:17Oui, en gros,
27:18quel a été le stratagème ?
27:21Rapidement,
27:21il n'a pas fait ça.
27:23Le juge,
27:23je dis juge,
27:25j'utilise l'expression
27:27grand juge
27:27pour distinguer
27:28des juges de base.
27:30Ce que j'appelle
27:30les grands juges,
27:31c'est le conseil constitutionnel.
27:33Ce ne sont pas des magistrats.
27:34Le seul magistrat professionnel,
27:37c'est la cour de cassation
27:38au niveau des tribunaux.
27:39Et le conseil d'état.
27:40Les autres sont des hommes politiques
27:41ou des fonctionnaires.
27:41Les conseils d'état,
27:42ce sont des magistrats.
27:44Ils sont considérés
27:45comme magistrats.
27:46Ce sont des magistrats.
27:47La CEDH,
27:49je n'en sais trop rien.
27:51Il y a la CGU
27:52et la Cour de justice
27:53de l'Union Européenne
27:53qui sont des magistrats également.
27:55En tout cas,
27:56ces cinq-là,
27:57je les appelle
27:58les grands juges
27:58pour montrer
28:00qu'eux ont un pouvoir
28:01tout à fait important
28:03par rapport aux juges
28:04de première instance
28:06ou même d'appel
28:06qui ont des pouvoirs
28:08eux-mêmes
28:09beaucoup plus limités.
28:10Et ils n'ont pas été
28:11les seuls
28:11parce qu'on peut dire
28:13une revanche certainement,
28:14une reconquête certainement,
28:16mais il y a quand même
28:17une idéologie
28:18dont on parlait
28:18plus ou moins tout à l'heure
28:19qui est le fait
28:20qu'il y a une méfiance
28:21à l'égard du peuple.
28:22Il y a un discours
28:23très intéressant
28:24de Valéry Giscard d'Estaing
28:25du 8 novembre 1977
28:27devant le Conseil constitutionnel
28:29où il explique
28:30qu'il est très content
28:31de ce qu'a fait
28:31le Conseil constitutionnel
28:32en 1971
28:33en élargissant ses pouvoirs
28:35parce qu'il estime
28:37que désormais,
28:39que le Conseil constitutionnel
28:40est désormais
28:41le gardien des libertés publiques
28:42et qu'il permet,
28:45il y a une citation,
28:47il permet désormais
28:48d'éviter que la marge des affaires
28:52soit soumise aux majorités
28:57de circonstances.
28:59Aux humeurs du peuple.
29:00Aux humeurs du peuple,
29:01exactement.
29:02Aux humeurs du peuple.
29:02Et pour lui,
29:03c'était extrêmement important
29:04ce qui est clairement
29:05une méfiance avérée
29:07à l'égard du peuple.
29:08C'est-à-dire qu'il institue,
29:10j'allais dire là,
29:11il n'a pas utilisé ce mot-là,
29:12il dénonce le populisme.
29:14C'est-à-dire,
29:14pour se protéger d'un populisme
29:15qui peut tout simplement
29:17être le populisme,
29:17l'expression du peuple
29:19au suffrage universel
29:20et on est en plein débat
29:21aujourd'hui
29:22puisqu'il s'avait commencé
29:23avec le traité constitutionnel
29:25de 2005
29:25quand le peuple français
29:27l'a refusé,
29:27on a dit
29:29pas compétent pour décider
29:30qui ont refusé,
29:31on n'aurait pas dû leur soumettre,
29:32on aurait dû passer
29:32par le Parlement.
29:34Et là,
29:34Giscard d'Estan en 1977
29:35dit la même chose.
29:36C'est-à-dire qu'on considère
29:37aujourd'hui
29:37que le peuple souverain
29:39n'a pas à exercer
29:40autant de souveraineté
29:41que ça.
29:42C'est tout à fait ça.
29:43C'est pour ça que je parlais
29:43de l'immocratie des juges,
29:45c'est-à-dire d'un peuple
29:46sous contrôle,
29:47sous contrôle des juges
29:49et en particulier
29:50de la CEDH
29:50et du Conseil constitutionnel.
29:51Nous avons Michel
29:53qui nous appelle
29:53de Clermont-Ferrand.
29:55Bonjour Michel.
30:00Comment ça va au pied des volcans
30:04d'Auvegne
30:05de quelques milliers d'années
30:07nous contemplent
30:08comme les pyramides
30:09de Guizet pour le Bonaparte.
30:11Vous avez une question précise
30:13sur le référendum populaire.
30:15Michel, je vous écoute.
30:16Oui, je voulais savoir
30:18si un référendum populaire
30:20peut supprimer
30:21le Conseil d'État
30:22et le Conseil constitutionnel.
30:24Ah oui,
30:25vous vous y allez carrément,
30:26on supprime les deux instances.
30:27François Guéranger,
30:28est-ce qu'un jour
30:28si la République décide
30:30qu'elle se passe
30:30de ces deux institutions,
30:32est-ce que c'est
30:34juridiquement envisageable
30:34ou démocratiquement envisageable ?
30:36En principe,
30:37un référendum
30:38peut faire beaucoup de choses.
30:40Sur ce point précis,
30:42puisque vous posez
30:42une question précise,
30:44supprimer le Conseil constitutionnel
30:45et le Conseil d'État,
30:47je ne suis pas personnellement
30:48persuadé que ce soit...
30:50Vous voulez dire
30:50que c'est utile quand même ?
30:51Je pense que c'est utile quand même.
30:52Même si on pourrait
30:52le repenser un petit peu ?
30:54On peut simplement
30:56canaliser l'activité
30:57de l'un et de l'autre.
30:59Mais ce sont quand même...
31:00En tout cas,
31:01le Conseil d'État en particulier
31:02est une institution
31:04tout à fait utile
31:05et honorable.
31:06Et donc,
31:07la suppression
31:08ne me paraît pas judicieuse.
31:10Alors,
31:10est-ce que ça pourrait
31:11se former d'un référendum ?
31:12Est-ce que cela dit juridiquement,
31:14c'est faisable ?
31:15Ça serait très compliqué ?
31:16Oui,
31:16ça serait compliqué.
31:17Il faut vraiment examiner
31:18la question de près.
31:19Il faut bien un tribunal
31:20de l'administratif.
31:21Oui,
31:21et puis,
31:22le référendum d'initiative populaire,
31:24il y a une procédure
31:26qui est assez compliquée.
31:27Très lourde.
31:27Et très lourde.
31:29Et donc,
31:30ça ne serait peut-être
31:30pas la bonne forme.
31:31Ça pourrait être étudié.
31:32Mais à titre personnel,
31:34je pense que ça n'est pas souhaitable.
31:35Et l'idée de supprimer
31:36le Conseil constitutionnel,
31:37évidemment,
31:38tout ça est envisageable.
31:39Là aussi,
31:39procédure lourde et compliquée.
31:41Oui,
31:41mais il vaut mieux le recadrer.
31:42Il vaut mieux le recadrer.
31:44Merci,
31:44merci Michel.
31:46Je suis avec,
31:47je reçois François Guéranger,
31:49auteur de La Révange des juges,
31:50l'histoire d'une réconquête.
31:51Un document passionnant,
31:53document politique,
31:54historique,
31:55juridique,
31:55bien sûr,
31:56parfaitement,
31:57parfaitement facile à livre,
31:59très pédagogique,
32:00avec des encadrés
32:00qui résument chaque paragraphe
32:02pour comprendre
32:03chaque chapitre,
32:04pour comprendre bien
32:04ce que vous voulez dire.
32:05Vous continuez à nous appeler
32:06au 0826-300-300.
32:07A partir de 13h45,
32:10vous connaissez la règle,
32:11c'est ouvert à toute actualité du jour,
32:14soit ce qui a été dit
32:14sur cette antenne,
32:15soit ce que vous avez entendu
32:16et sur lequel vous avez envie
32:17d'échanger et de débattre.
32:19Bien entendu,
32:19François Guéranger,
32:20vous restez avec nous.
32:21Merci d'avoir été là
32:22pour présenter votre ouvrage
32:23et restez avec nous
32:24parce que vu vos compétences,
32:27je ne doute pas
32:27que vous puissiez répondre
32:28à des questions
32:28qui sortent un petit peu
32:29du thème sur lequel
32:30je vous ai fait venir.
32:31A tout de suite sur Sud Radio.
32:39Vous êtes bien sur Sud Radio,
32:40il est 13h48,
32:41la France dans tous ses états
32:42reçoit François Guéranger
32:44avec lequel nous avons
32:45disserté longuement
32:46sur la revanche des juges.
32:47Est-ce que l'autorité judiciaire
32:49a pris le pouvoir judiciaire ?
32:51Là, nous ouvrons
32:52ce dernier quart d'heure
32:53de la France dans tous ses états
32:54à toute l'actualité.
32:55Nous avons Elisabeth,
32:57bonjour Elisabeth,
32:57qui nous appelle
32:58de Montauban
32:59dans le Tarn-et-Garonne.
33:01Oui, bonjour Péricault.
33:02Bon, Elisabeth,
33:03vous voulez revenir
33:05à l'affaire Liana
33:06et on comprend pourquoi
33:07mais François Guéranger
33:08qui est un docteur en droit
33:10va pouvoir donner
33:10quelques explications
33:11peut-être sur...
33:12Ah oui, mais moi,
33:14c'est surtout aux hommes
33:14que je voudrais parler.
33:15Enfin, aux hommes
33:16au sens humanité
33:17parce qu'en fait,
33:18pour moi,
33:19on parle de système,
33:20on parle de budget
33:21mais ce dossier
33:22de ce monsieur
33:23qui est...
33:24qui, bon,
33:25a tout d'un pédocriminel,
33:26ce dossier,
33:27il est passé
33:27par la main de robots
33:28ou par la main de personnes.
33:30Ce dossier,
33:31il est passé par où ?
33:32Il y a bien eu
33:33des mains humaines
33:34qui ont lu,
33:36qui ont vu
33:37et qui ont eu conscience
33:39du danger
33:39que pouvait représenter
33:40cette personne
33:41pour d'autres enfants.
33:43Donc, à un moment donné,
33:44où est la conscience
33:45dans notre travail ?
33:47Vous posez le problème
33:48avec les mots
33:48qu'il faut,
33:50Elisabeth.
33:51Je l'ai dit
33:52de façon un peu différente
33:53tout à l'heure
33:53mais votre formulation
33:54est la bonne
33:56et je m'inquiétais
33:57comment des magistrats
33:58compétents
33:59ou placés
33:59au parquet
34:00des fonctionnaires
34:01de police
34:01et de gendarmerie
34:02qui ont vu passer
34:04le dossier
34:04accablant
34:05et flagrant
34:06sous les yeux
34:07n'ont pas pris
34:08leur téléphone
34:08ou usé
34:09le moyen
34:10à leur disposition
34:11pour qu'au moins
34:11une alerte
34:12soit lancée.
34:13C'est un peu ça
34:14qui vous scandalise.
34:16Voilà,
34:17prendre le dossier
34:18et le poser
34:19au moins
34:19sur le bureau
34:20du chef
34:21du N plus 1,
34:22je ne sais pas
34:22comment on dit
34:22mais même si
34:23ce n'est pas
34:24un juge,
34:25même si ce n'est pas
34:25le chef d'un service,
34:26même si c'est la petite main
34:28qui a tapé
34:29le compte-rendu
34:30je ne sais pas
34:30mais à un moment donné
34:31ces personnes
34:33par qui ce dossier
34:34est passé dans les mains
34:35quand elles se lèvent
34:36le matin
34:36elles pensent à quoi
34:37aujourd'hui ?
34:38Et là on comprend
34:38d'après les explications
34:40et d'ailleurs
34:40il y a eu une enquête
34:41d'une administration
34:42très très gênée
34:44et tant dans la chancellerie
34:45qu'au ministère de l'Intérieur
34:46très gênée
34:47ça veut dire que
34:48l'information
34:48elle existe
34:49elle a été tapée
34:50dans un dossier
34:50sur du papier
34:51elle est sur un bureau
34:52sur une pile
34:53en 8ème position
34:54et tant que
34:56les 7 précédents dossiers
34:57ne seront pas traités
34:58on sait ce qu'il y a
34:59dans le 8ème dossier
35:01et bien ça ne sera pas
35:03abordé
35:03c'est ça qui vous
35:04c'est ça qui vous scandalise ?
35:07Moi je trouve
35:08que c'est juste
35:09la conscience
35:09que chacun met
35:10dans son travail
35:11C'est ça
35:11on sait mais on attend
35:13Voilà
35:13moi j'ai travaillé
35:14en entreprise
35:15aujourd'hui je suis
35:15dans l'accompagnement
35:16mais à un moment donné
35:17quand j'ai une question
35:18qui me prend la conscience
35:20je me dis
35:21il y a quelque chose
35:21d'urgent
35:22j'en parle
35:23et je vais jusqu'au bout
35:25de ma tâche
35:27donc si à un moment donné
35:28ce dossier est passé
35:28par plusieurs mains
35:30comment cela se fait-il
35:32qu'aujourd'hui
35:32dans tout ce système
35:34justement
35:35qui est fait
35:35que de personnes
35:36aujourd'hui
35:37sauf si je me trompe
35:38il n'y a pas de robots
35:39d'êtres humains
35:40c'est pas encore
35:41l'intelligence artificielle
35:42on aurait pu comprendre
35:44et encore
35:44je ne suis pas sûr
35:45que ça aurait été
35:45aussi catastrophique
35:46François Guéranger
35:47la question d'Elisabeth
35:49il y a des magistrats
35:49responsables
35:50qui ont vu passer
35:51cette information
35:51qui ont le dossier
35:52qui connaissent la gravité
35:53du dossier
35:54sur le prédateur
35:56en question
35:57et pour autant
35:58c'est-à-dire qu'on ne sort
35:59pas du protocole
36:00on laisse
36:02les paramètres
36:03se mettre en place
36:03et on ne prend pas
36:04son téléphone
36:04on ne prend pas l'initiative
36:05d'alerter une autorité
36:06à la supérieure
36:07c'est la voie
36:08de la justice française
36:08actuellement
36:09c'est ça
36:09en tout cas je souscris
36:11pleinement à ce que
36:11dit notre auditrice
36:13on peut dire
36:14c'est une défaillance
36:15de la justice
36:16il n'y a pas assez de moyens
36:17peut-être
36:17moi ce que je crois plus
36:19dans cette affaire-là
36:20avec toute la réserve
36:21évidemment
36:22que l'on peut avoir
36:22étant donné
36:23la position
36:24et la présomption
36:25d'innocence
36:25est toujours maintenue
36:27même dans la démarche
36:28dans la démarche
36:29du traitement
36:30du dossier
36:31de la plainte
36:32d'août 2025
36:34pour moi
36:34a priori
36:35il y a
36:36de grandes chances
36:37qu'il y ait
36:37une défaillance
36:38des personnes
36:39pas nécessairement
36:40de la justice
36:40mais des personnes
36:41qui ont été
36:42dans la chaîne
36:43de traitement
36:43du dossier
36:44donc vous pensez
36:44une défaillance humaine
36:45carrément
36:46a priori oui
36:46ça ressemble à ça
36:48il y a
36:48les délais
36:50de transfert
36:51d'un dossier
36:52de Toulouse
36:53à Hoche
36:53ou ensuite
36:54la saisine
36:55de la gendarmerie
36:55ça me paraît
36:56des délais bien longs
36:57et ensuite
36:58autre chose
36:59c'est qu'effectivement
37:00il peut y avoir
37:01beaucoup de dossiers
37:01et c'est vrai
37:02il y a énormément
37:03de dossiers
37:04j'en sais quelque chose
37:05mais il y a
37:07des priorités
37:07à établir
37:08et tous les dossiers
37:10n'ont pas la même
37:11importance
37:11ou la même urgence
37:12et on peut penser
37:13que dans le cas précis
37:14avec tous les éléments
37:16qui apparaissent
37:17dans la presse
37:17aujourd'hui
37:18concernant
37:18la plainte
37:19de 2025
37:20et bien le dossier
37:21aurait dû avoir
37:22une priorité
37:22qui certainement
37:25aurait diminué
37:25les délais
37:26et là maintenant
37:26on est à 3 ou 4 dossiers
37:28plus les évictions
37:30des établissements scolaires
37:31où peut-être personne
37:32a travaillé
37:32pour évixer
37:33pour avoir des comportements
37:34on signale au passage
37:35que l'institution scolaire
37:36n'a rien dit
37:37là aussi
37:38donc il n'y a pas
37:39que la justice
37:40mais non
37:40c'est pour ça
37:41c'est tout l'appareil
37:42de l'état
37:42finalement
37:43qui a failli
37:44dans cette affaire
37:45et dans une situation
37:46absolument tragique
37:47nous avons Sophie
37:49qui nous appelle
37:50de Biarritz
37:50bonjour Sophie
37:51oui bonjour Perico
37:53merci encore une fois
37:54de prendre mon appel
37:54et je vais vous avouer
37:56quelque chose
37:56j'ai failli pas appeler
37:57parce que
37:58je suis un peu découragée
37:59et l'actualité
38:01de vos 3 dossiers
38:03c'est lourd
38:03tout ce que vous avez
38:05abordé aujourd'hui
38:06j'avais annoncé
38:07au début de cette émission
38:08que c'était pas une émission
38:09voilà
38:09ça serait pas une information
38:10qui sera ajoutée
38:11il faut être adulte
38:13il faut être
38:13il faut réagir
38:15alors ma réaction
38:16c'est que
38:17avec ce qui s'est passé
38:18ce week-end
38:18moi je pensais que
38:19si vous voulez
38:19dans un pays normal
38:21le ministre de l'Intérieur
38:23aurait dû démissionner
38:24mais enfin là
38:24ça n'est plus du tout
38:25à la mode
38:26ces dernières années
38:26vous souhaitez aller
38:27aux émeutes
38:28aux émeutes à Paris
38:28après le match
38:30absolument
38:31ensuite
38:32combien faudra-t-il
38:33de Nicolas
38:34de Quentin de Ranck
38:35de gens innocents
38:37et victimes
38:38de ces hordes barbares
38:39moi je pense
38:40franchement
38:41qu'un jour
38:42ça va très mal
38:42se terminer
38:43il y aura des milices
38:44et là
38:44on ne pourra plus
38:45rien contrôler
38:46et je pense
38:47qu'il faudrait
38:47quand même
38:48sonner la fin
38:49de la récré
38:49et les câlins
38:50c'est fini
38:51il faut une réponse
38:52très très très très
38:53très force
38:54et d'urgence
38:54parce que sinon
38:56ça va partir
38:56en cacahuète
38:57et c'est un mot
38:59plutôt rigolo
38:59pour dire
39:00pour annoncer le drame
39:01j'ai mal à ma france
39:03et je suis très triste
39:04et je pense
39:05que vous êtes comme moi
39:06bien sûr
39:07François Guéranger
39:08on va revenir
39:09sur l'état de droit
39:10est-ce que
39:11ce que nous avons vu là
39:12ces scènes
39:13c'est justement
39:15un abandon
39:16de l'état de droit
39:17c'est-à-dire que
39:18des voyous
39:18des hordes
39:19de barbares
39:20peuvent s'emparer
39:21de la ville
39:21commettre leurs exactions
39:22et on a face à eux
39:24un état qui répond
39:25avec
39:25avec mes vieux riz
39:28j'allais dire
39:29mesures
39:30prudence
39:30et là on va commencer
39:31à prendre des dispositions
39:32de sanctions
39:33l'état de droit
39:34on est bien d'accord
39:34c'est que ces choses-là
39:35ne puissent pas se produire
39:36ou si elles se produisent
39:37elles sont sanctionnées
39:38lourdement
39:39qu'elles soient sanctionnées
39:41effectivement
39:42le plus souvent
39:43je dis que
39:44s'il y a
39:45certaines
39:47gentillesses
39:48en quelque sorte
39:48vis-à-vis
39:49des prévenus
39:50c'est à cause des juges
39:51dans ce cas-là
39:52je ne partage pas
39:53ce point de vue
39:54malheureusement peut-être
39:55mais c'est plutôt
39:56la loi
39:57quand on regarde
39:58le code pénal
40:00il y a un article
40:01en particulier
40:02du code pénal
40:03du code de procédure pénale
40:04qui explique
40:04que la prison
40:05c'est vraiment
40:06si on ne peut
40:07rien faire d'autre
40:08si l'infraction
40:11est tellement grave
40:12et si la personne
40:13est tellement dangereuse
40:14qu'aucun autre moyen
40:16n'est possible
40:16dans ce cas-là
40:17c'est la prison
40:18et deuxièmement
40:19une fois que la personne
40:20est en prison
40:21tout doit être fait
40:22pour qu'on le libère
40:24notamment explique le code
40:25parce qu'il n'y a pas
40:26de place dans les prisons
40:26bien entendu
40:27mais il faut comme quelqu'un
40:27mais d'ailleurs
40:28c'est ce que dit Chantal
40:29et donc là le problème
40:30est dans la loi
40:30il n'est pas chez les juges
40:31bonjour Chantal
40:32il ne reste que
40:33une minute pour parler
40:34vous dites
40:35ces gens-là
40:35sont des voyous
40:36ils rêvent de guerre
40:37il faut les envoyer au front
40:39c'est-à-dire qu'il faut
40:39qu'ils payent
40:40absolument
40:41absolument
40:42parce que je ne crois pas
40:43au reste
40:44la prison
40:44ça servira strictement
40:46à rien
40:46au contraire
40:47ça va au contraire
40:49les rendre encore plus violents
40:50ça n'est pas une école
40:51la prison
40:52d'accord
40:53et qui paie
40:54alors bien sûr
40:55l'histoire de payer
40:57les dégâts
40:58mais comment vont-ils faire
40:59ils n'ont pas d'argent
41:00donc les envoyer
41:01pour faire des travaux
41:02d'intérêt
41:03et comment
41:04comment vont-ils être suivis
41:06ça ne marchera pas
41:07non plus
41:08moi je ne vois
41:09que cette solution
41:10on leur demande
41:11on les accompagne
41:12on leur dit
41:12vous choisissez
41:13vous voulez aller où
41:14pour faire la guerre
41:15et on les envoie direct
41:17un aller
41:17et qui les brouille après
41:19oui
41:19sauf qu'on n'a pas
41:21de guerre à disposition
41:23Chantal
41:23mais je comprends
41:24mais je suis désolée
41:26mais quand on voit
41:26qu'ils veulent limiter
41:28l'immigration
41:29bon ça veut dire
41:30qu'effectivement
41:31ils veulent renvoyer
41:31des gens dans leur pays
41:32mais peut-être
41:33qu'ils ne sont pas dangereux
41:34ceux-là
41:34donc on commence par là
41:36on commence par ceux
41:37qui sont dangereux
41:38et qui sont violents
41:39bien sûr Chantal
41:40François Guéranger
41:41l'état de droit
41:41c'est l'état de droit
41:42on respecte quand même
41:43voilà
41:43tout à fait
41:44l'état de droit
41:45reste l'état de droit
41:46il est extrêmement important
41:48de respecter
41:49merci François Guéranger
41:50la revanche des juges
41:51histoire de reconquête
41:52aux éditions L'Artilleur
41:53un document historique
41:54et très pédagogique
41:55sur les faits
41:56la façon dont les juges
41:57ont peut-être
41:57ou sont en train
41:58de prendre
41:59ou de reprendre le pouvoir
42:00merci d'avoir été avec nous
42:01sur Sud Radio
42:02je vous laisse
42:03en compagnie
42:05de Brigitte Laé
42:06qui va vous parler
42:06de la revanche de l'amour
42:08et quant à nous
42:08nous nous retrouvons
42:09lundi
42:11espérons pour des informations
42:12plus rassurantes
42:13et moins éprouvantes
42:14que celles qu'on vous a donné
42:15cette semaine
42:16bon week-end
42:17à très bientôt
42:17vous restez surtout
42:18sur Sud Radio
42:19merci
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