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Avec Grégory Joron, policier et secrétaire général du syndicat Unité / Jean-Pierre Colombiès, ancien commandant divisionnaire de la police nationale, essayiste.

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-10-19##

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Transcription
00:00Tout de suite, Grégory Joron avec nous. Grégory Joron, je rappelle que vous êtes policier et secrétaire général du syndicat
00:06Unité.
00:08Jean-Pierre Colombiès aussi. Merci d'être là tous les deux sur le plateau.
00:13Vous êtes un ancien commandant de police, vous avez écrit des ouvrages, vous avez annoncé, Jean-Pierre Colombiès, ce que
00:19nous sommes en train de vivre.
00:20Nous ne profiterons son royaume, vous avez peut-être 8 heures d'avoir raison à un moment donné.
00:23Je donnerai tout de suite après la parole à Grégory Joron qui témoignera la situation sur le terrain.
00:27Jean-Pierre Colombiès, est-ce que vous inspire cette tragédie ?
00:30Alors c'est intéressant parce que vous avez terminé votre propos par l'évocation de la Commune et je crois
00:35que c'est une image qui est particulièrement vraie.
00:38C'est-à-dire que, et en plus de ça, la prise de parole d'Emmanuel Macron est en résonance
00:42également avec votre image.
00:44C'est-à-dire qu'il emploie une rhétorique d'ancien régime.
00:47Vous savez, les factieux, c'est ce qu'on utilisait pour justement désigner des ennemis de l'ordre traditionnel, de
00:52l'ordre établi.
00:53Des gens de bien, comme disait Henri Guillemin, des gens de bien avec un S, c'est-à-dire ceux
00:56qui dominent.
00:57Nous sommes vraiment à la croisée des chemins.
01:01Ce que nous vivons, pour moi, dépasse très largement.
01:05C'est pour ça que j'aimerais une petite nuance à ce que vous avez déclaré, à ce que vous
01:08avez annoncé.
01:09Nous sommes vraiment à une croisée des chemins qui nécessite bien autre chose que le départ d'individus.
01:14C'est-à-dire que même si demain, le cornu démissionnait, enfin, c'est monsieur le cornu, ou monsieur Nunez
01:20démissionné, ça ne résoudrait rien.
01:22Le problème, c'est que la ligne philosophique de gouvernance d'Emmanuel Macron est catastrophique.
01:26On le sait, c'est un libertarien convaincu.
01:29Pour lui, tout ce qui se rattache à l'État et au pouvoir régalien est de trop.
01:33Ça ne l'intéresse pas.
01:34Il est dans une autre dimension de pensée.
01:37Il pense à un marché mondial.
01:38Et nous ne sommes, nous, non plus des citoyens, mais des clients.
01:40Jean-Pierre Colombiès, on y reviendra.
01:42Moi, je suis légaliste.
01:43Je laisse le président de la République aller jusqu'au terme de son mandat.
01:46Il y a beaucoup de choses à proposer, justement.
01:46En fonction de la volonté du suffrage universel.
01:49Par contre, les gouvernements, eux, en fonction de l'humeur de la représentation nationale, peuvent sauver.
01:53Grégory Joron, merci d'être là.
01:55Vous êtes aussi une habituée de cette maison.
01:57Vous êtes un témoin.
01:57Vous êtes un syndicaliste.
01:58Je crois que vous avez été un homme de policier de terrain.
02:01Et là, vous avez été CRS.
02:03Et là, vous êtes secrétaire général du syndicat Unité, donc de Force Ouvrière.
02:07Grégory Joron, j'ai une question à vous poser tout de suite.
02:10Parce qu'au vu de ce à quoi nous avons assisté pendant ces 48 heures,
02:14est-ce qu'il y a un risque quand on voit la patience, la résilience des policiers ?
02:19Dites-moi franchement, est-ce qu'il y a un risque un jour que les policiers soit dégènent et tirent,
02:23soit posent le casque en disant il y en a marre ?
02:25Je pense qu'on est entre les deux.
02:28On a vu des scènes hier, samedi, pardon, totalement hallucinantes, en fait,
02:33dans l'intensité et dans les violences.
02:34Et c'est des témoignages qu'on a eus, les remontées de terrain,
02:37toute la journée de samedi jusqu'à très tard.
02:40Évidemment, dans les grands centres, Paris, Marseille, Lyon.
02:43Mais aussi, et c'est ce qui était particulièrement inquiétant
02:46et ce qui démontrait l'ampleur du mouvement, dans des villes moyennes.
02:49Limoges a été cité.
02:51Je pourrais vous parler aussi de Brest, de Clermont-Ferrand.
02:54où honnêtement, ça a été l'enfer pour des collègues qui, pour le coup,
02:57n'avaient pas non plus de renforts du FM, d'unité de force mobile,
03:03et se sont retrouvés complètement seuls et au bout d'une heure et demie
03:06sans plus aucun moyen, sans grenade,
03:11et exposés justement à des hordes, alors d'ultra-gauche, potentiellement, oui.
03:17Si on vient sur Paris rapidement, et j'en terminerai là,
03:20mais sur Paris particulièrement, c'était spectaculaire.
03:23C'est quand même une partie d'ultra-gauche assez faible
03:26par rapport aux bandes de pilleurs qui sont venus.
03:29Et il faut quand même être assez clair là-dessus.
03:32Et c'est ce qui a d'ailleurs été extrêmement difficile
03:33parce que ça nous oblige à revoir un logiciel posé pour un maintien de l'ordre
03:37avec, on le sait, une part radicale qu'il faudra sûrement gérer.
03:40Et malheureusement, on a été pris à partie par des centaines et des milliers
03:45de pilleurs qui, eux, sont venus pour se faire plaisir en opportunité.
03:49Que vous disent vos collègues ?
03:50Est-ce qu'ils en veulent à l'autorité de ne pas leur donner
03:53les moyens suffisants, les effectifs nécessaires ?
03:56Que dit un policier ? Que dit un CRS ?
03:58Que dit un flic confronté à des gens qui sont dans une situation de violence
04:02au bon qu'on peut craindre pour sa vie ?
04:04Parce qu'on en a vu certains, c'est pas détendre.
04:06Je suis le rempart de la République, je vais peut-être me sacrifier.
04:11Ou est-ce que, alors, on fait la distinction entre le militaire qui est le soldat
04:14qui va donner sa vie pour la France, le flic est un soldat de l'ordre, malgré tout.
04:18Voilà.
04:18Et on les voit, pas un à flancher.
04:21On les voit tomber par terre, on les voit caillesser, on les voit cogner.
04:24Pas un.
04:25Est-ce qu'à un moment donné, il n'y a pas une limite à la patience ?
04:28Soit, je dis, je suis un fonctionnaire, je n'ai pas à subir ça,
04:31soit je suis le gardien de la République, le gardien de la paix, le gardien de la République,
04:35et tant pis, je suis là, je vais m'en prendre plein la gueule, mais je n'ai pas le
04:37choix.
04:38Mais c'est, enfin, encore une fois, on est toujours sur cette ligne de crête-là,
04:41les policiers réfléchissent aussi, ils voient bien les images de cet individu criminel
04:46qui jette une cheminée du 8ème ou 9ème étage d'un immeuble.
04:50Par miracle, personne n'a été touché.
04:53J'ai un collègue sur la place de la République qui a perdu 14 dents suite à un jet pavé
04:56qui a mis une demi-heure, trois quarts d'heure, avant d'être évacué
04:59parce que les secours pouvaient plus circuler.
05:01On a une collègue qui a eu une fracture ouverte de la hanche,
05:03fracture ouverte de la hanche suite à un jet pavé.
05:05Donc, en fait, on a des blessés graves.
05:07On a des dizaines, centaines de contusionnés, de brûlés, etc.
05:13Et on a forcément, au milieu de tout ça, nos collègues qui ont tenu,
05:17mais qui tiennent depuis trois semaines.
05:19Parce que la réalité, c'est qu'on arrive sur un temps qui est déjà extrêmement dur,
05:22avec déjà un engagement qui est intense depuis, encore une fois, quasiment un mois,
05:28où on déneutralise, on décale, on rappelle, on épuise, on fait faire des kilomètres.
05:34Et en fait, au bout d'un moment, forcément, les collègues se disent
05:36« Non, mais j'aime mon métier, je suis là pour défendre, encadrer les manifestants,
05:41les protéger aussi. Finalement, je m'en prends plein de ma gueule.
05:44Finalement, je suis critiqué parce que j'agis.
05:46Si je n'agis pas, je suis critiqué aussi. »
05:48Donc, en fait, on est toujours pris entre le marteau, l'enclume, jugé.
05:53« C'est jamais assez. Quand on fait trop, c'est toujours trop. »
05:56Enfin, vous voyez, c'est vraiment ce sentiment-là, en bivalent, de colère et de dégoût.
05:59Vous êtes policier depuis combien de temps ?
06:01C'est pas bien de me poser ça. Quasiment 30 ans.
06:04Quasiment 30 ans.
06:04Vous avez vu l'évolution de la violence des troubles publics.
06:08On va s'en référer au récent, c'est-à-dire les gilets jaunes 2018,
06:11les émeutes de juin 2023, qui ne sont pas drôles.
06:14Là, on a franchi un seuil. Tous les policiers, tous les experts, tous les politiciens le reconnaissent.
06:19Est-ce qu'à un moment donné, on peut penser que parmi ces gens, je ne veux pas dramatiser,
06:22il y a des gens qui sont venus pour tuer ou qui s'en foutent s'il y a une
06:25mort ?
06:26Mais les deux, je pense qu'il y en a qui n'ont pas conscience qu'en effet, ils peuvent
06:29tuer.
06:29Puis je crois qu'il y en a vraiment dont c'est l'objectif.
06:31Parce que déjà, conscientiser, on a quand même des experts du chaos qui viennent pour mettre la pression,
06:39pour essayer de faire en sorte que la police fasse une bavure et que ça nourrisse justement leur projet de
06:46chaos.
06:46Je parle de l'ultra-gauche.
06:48Quand on voit quelqu'un, je le redis, jeter un chapeau de cheminée de plusieurs kilos du huitième étage,
06:55c'est pour tuer. Il n'y a pas d'autre analyse.
06:58Mais confirmez-moi, confirmez-moi, les policiers sur le terrain,
07:02est-ce qu'il y en a certains, ou plusieurs, qui disent l'autorité n'est pas à la hauteur,
07:07on nous envoie au casse-pipe, nos chefs ne disposent pas des moyens,
07:11pourtant on est obligé d'obéir, mais est-ce qu'il y a un moment donné une contestation
07:14en disant que les gens qui nous commandent sont nuls ou ont peur ?
07:17Alors ça, ça arrive régulièrement.
07:20Forcément, vous savez, quand il y a une situation dégradée,
07:23c'est l'histoire des crises, c'est des révélateurs.
07:26Donc en fait, ce qui ne marche pas habituellement,
07:28mais qui est plus ou moins absorbé par le professionnalisme des uns et des autres,
07:32en situation dégradée, en fait, ça vous saute à la figure.
07:35Donc qu'est-ce qu'on voit quand on est dans une situation dégradée ?
07:37On voit qu'on a des problèmes de coordination.
07:40On voit qu'on a des ordres qui n'arrivent pas.
07:43On voit qu'on a un centre d'information de commandement qui patauge.
07:46On voit qu'on a des autorités qui sont complètement tétanisées,
07:48parce qu'elles ne savent plus quoi faire.
07:50Et à la fin, qu'est-ce que ça donne ?
07:51Vous vous démerdez sur le terrain.
07:52Vous le sentez ?
07:53C'est une évidence.
07:54Vous avez dégradé à une ITFO ?
07:56Vous avez dégradé ?
07:57Oui.
07:57Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
07:58Qu'est-ce qu'ils vous disent ?
07:59De toute façon, je veux dire, encore une fois, j'ai fait le CPE,
08:03j'ai fait les émeutes de 2005.
08:05C'est la même histoire.
08:06En fait, quand tout va bien,
08:08ce n'est pas dur de commander.
08:10Quand ça se tend, c'est déjà un peu plus compliqué.
08:12Et quand c'est complètement dégradé,
08:14malheureusement, la plupart du temps,
08:16je vous le dis sincèrement,
08:17et c'est le cas probablement de samedi,
08:20ça tient par les hommes de terrain
08:24qui débranchent le cerveau
08:25et qui font ce qu'ils ont à faire jusqu'au bout du bout.
08:28Et moi, j'ai des messages,
08:29il y en a un qui m'a interpellé samedi,
08:30où il y a juste un collègue qui m'a écrit
08:32« Tu vois, j'adore mon job,
08:33mais là, il est minuit,
08:35je suis sur le terrain depuis 7h du matin,
08:38j'ai juste envie de rentrer voir ma gosse. »
08:40Ben oui.
08:40Voilà.
08:41Honneur à la police nationale, Grégory Joron,
08:42merci de votre témoignage.
08:43Merci à vous.
08:45Restez en contact,
08:46je pense que j'aurai certainement besoin
08:47de votre témoignage dans les jours qui arrivent.
08:49Dans quelques instants,
08:50on continue notre édition spéciale,
08:51on parle du jour d'après,
08:53le chaos de la France d'après,
08:54on va vous parler de ce que vous avez vu,
08:56mais aussi de ce que vous n'avez pas vu.
08:58Comment a-t-on pu en arriver là ?
08:59La police avait-elle les moyens d'intervenir
09:01et les commerçants ont-ils été suffisamment protégés ?
09:04Et puis vous, évidemment, les citoyens,
09:05est-ce que vous estimez avoir été assez protégés ?
09:07Ce sont des questions que l'on vous pose directement.
09:09Appelez-nous au 0826 300 300.
09:12Nous continuerons d'en parler
09:13avec Jean-Pierre Colombias,
09:14ancien commandant divisionnaire de la police nationale,
09:17auteur, mais aussi consultant spécialisé
09:19dans les questions de sécurité.
09:21Et puis également Grégory Joron,
09:22secrétaire général du syndicat Unité.
09:24Nous aurons également le témoignage de Jean,
09:26qui est présidente de l'association
09:30Giraud Bleu et compagnie,
09:31femme de policiers.
09:33C'est à suivre sur Sud Radio.
09:34A tout de suite.
09:3511h, Sud Radio,
09:36la France dans tous ses états,
09:39Péricault-Légas.
09:39Nous sommes toujours avec Jean-Pierre Colombias.
09:42Grégory Joron vient de repartir,
09:43bien sûr, il est appelé sur le terrain.
09:45Jean-Pierre Colombias,
09:46là vous avez vu la position d'un syndicaliste,
09:49on sent qu'ils en ont gros sur la patate.
09:50Et ils ne disent pas tout.
09:51On faisait à l'instant allusion
09:53à un syndicaliste policier
09:54qui avait une phrase malheureuse
09:55en disant c'est bien fait pour sa gueule.
09:57Pour faire attention à ce qu'on dit.
09:59Jean-Pierre Colombias,
10:01est-ce que le syndicalisme policier,
10:03heureusement qu'il est là un peu
10:04pour rassurer la troupe,
10:06pour recevoir les doléances,
10:08les colères et jugulés,
10:10ou, je vous pose la question,
10:12est-ce qu'un policier un jour pourra dire
10:13moi j'en ai marre, je tire,
10:15ou au contraire je pose le casque,
10:16je ne suis pas là pour ça ?
10:17Je vais être très clair
10:18et je ne vais surtout pas renier ce que j'ai écrit.
10:20Je considère que le syndicalisme policier,
10:22aujourd'hui, fait fausse route.
10:24Alors j'aurais aimé qu'il soit encore là
10:26pour lui expliquer mon propos,
10:28je pense que ça fait longtemps,
10:30au moins depuis 2018,
10:32que le syndicalisme policier
10:34aurait dû dire
10:35maintenant ça suffit, stop, on arrête.
10:36Le syndicalisme policier
10:37ne doit pas être là.
10:39Ah, vous les trouvez trop conciliants ?
10:40Mais bien évidemment.
10:41On ne doit pas être là
10:42pour défendre un individu
10:44et sa philosophie sécuritaire,
10:46sa pseudo-philosophie sécuritaire,
10:48mais il est là pour défendre
10:50justement l'institution républicaine.
10:52Aujourd'hui, on voit qu'il y a un problème
10:54à ce niveau-là.
10:54On voit que la République,
10:56dans son ensemble,
10:57vacille.
10:58Elle vacille sur ses bases
10:59parce qu'il y a une ligne globale
11:01de gouvernance
11:02qui remet en cause
11:03ces acquis républicains.
11:04Je pèse mes mots.
11:06Ça ne peut pas me faire décompré.
11:07Mais qu'est-ce qu'on fait,
11:09Jean-Pierre Colombier ?
11:09Je ne peux pas renier.
11:10On interpelle le ministre,
11:11on est syndicaliste,
11:12on présente des politions,
11:13on interpelle le gouvernement,
11:14on prend une position courageuse,
11:16on pousse un coup de gueule,
11:17si je peux dire.
11:17Oui, mais plus qu'un coup de gueule.
11:19Mais ce n'est pas simplement
11:20des réformettes qu'il faut demander.
11:21Il faut revoir le système global
11:23tel qu'il est,
11:24système électif notamment.
11:26Alors c'est peut-être ça.
11:27Au-delà même de la problématique
11:29relationnelle entre un ministre
11:30et les syndicats de police,
11:32il y a un problème
11:32de représentativité démocratique
11:34dans ce pays.
11:35Emmanuel Macron en 2017,
11:36même avant, avait dit
11:37vous verrez,
11:38je vais améliorer tout ça,
11:39on va instaurer
11:40un embryon proportionnel
11:42dans l'Assemblée nationale,
11:44vous allez voir,
11:44tout le monde sera représenté.
11:45Or le problème,
11:46c'est que c'est totalement
11:47l'inverse qui se passe.
11:48Et ce qui explique la colère,
11:49pas simplement la colère
11:51de l'ultra-gauche,
11:52mais la colère de tout un chacun.
11:54Est-ce que dans la rue,
11:55autour de vous,
11:56vous avez des amis,
11:56des proches qui vous disent
11:58je suis content,
11:58tout va bien ?
11:59Je ne crois pas.
12:00Ça arrive.
12:00Ça peut arriver.
12:01De temps en temps.
12:01Mais c'est parce qu'ils ne s'intéressent
12:03pas du tout à l'actualité.
12:04Vous voyez bien que globalement,
12:06il y a un problème
12:07de représentativité,
12:08d'expression.
12:08Cette expression qui est frustrée,
12:10cette frustration qui monte,
12:12conjuguée avec la crise économique
12:13et la crise d'identité,
12:15elle explose à un moment donné.
12:16et elle ne pourra pas cesser d'exploser.
12:19Jean-Pierre Colombiès,
12:20ce que vous avez vu là,
12:21pour vous,
12:21c'est un massacre ou non ?
12:22Un massacre.
12:23Un massacre.
12:23C'est-à-dire l'organisation
12:25de la police,
12:26les interventions,
12:27la hiérarchie.
12:27C'est la conséquence inéluctable
12:30de quelque chose
12:31qui n'est pas appréhendé
12:32de façon globale.
12:33C'est normal ce qui se passe.
12:35C'est logique.
12:35C'est pas normal.
12:36C'est pas normal.
12:36C'est à plusieurs années.
12:38Vous voulez dire que même
12:39Bruno Retailleau
12:39aurait été confronté
12:40au même problème ?
12:41Bien évidemment.
12:41Ce n'est pas un problème d'individu.
12:42Je persiste, c'est Chine.
12:44Enlevez Laurent Nouniès
12:45du poste qu'il occupe.
12:47D'abord, vous mettriez
12:48qui à la place ?
12:49Quelqu'un qui serait là
12:49pour six mois ?
12:50Quel intérêt ?
12:51Quand il y a une équipe
12:52qui n'est pas à la hauteur,
12:54la République peut dire
12:55je remplace l'équipe
12:55et je mets quelque chose
12:56qui est arrivé plusieurs fois
12:57dans l'histoire.
12:57Oui, mais c'est là
12:58où on se trompe.
12:58C'est que ce n'est pas
12:59le problème d'un individu.
13:00Et souvent,
13:00ça a porté la solution.
13:01Oui, mais sauf qu'il faut
13:02avoir le temps.
13:03Et là, il n'a pas le temps.
13:04Là, si vous mettez
13:05un nouveau ministre aujourd'hui,
13:06vous nommez un nouveau
13:06ministre de l'Intérieur.
13:07Il a six mois devant lui.
13:08Qu'est-ce qu'il va faire
13:08en six mois ?
13:09Ça dépend lequel.
13:10Ça dépend qui.
13:10Pourquoi ?
13:11Sauf qu'au-dessus du ministre,
13:12il y a un président.
13:13Je vous l'accorderai.
13:14Et ce président-là,
13:15lui, donne le ton.
13:16Et il donne le ton
13:17d'une philosophie sécuritaire
13:18qui est indiscernable
13:19aujourd'hui.
13:20On l'a vu pendant
13:21les Gilets jaunes.
13:21Je pense qu'on a entendu
13:22hier soir, Jean-Pierre Colombien.
13:23C'est pathétique.
13:24C'est pathétique.
13:24C'est du paraphrase.
13:26Jean-Pierre Colombien,
13:26nous avons le témoignage
13:28de Jean,
13:29qui est présidente
13:29de Girobleu.
13:31C'est une association
13:32soutien aux forces de l'ordre.
13:33C'est une femme de flic.
13:34Je pense que ce qu'elle a
13:35à nous dire,
13:36vous allez écouter.
13:37Bonjour, Jean.
13:37Vous êtes avec nous ?
13:39Oui, bonjour.
13:40Je vous imagine.
13:41Je ne vous connais pas, Jean,
13:42mais je vous suppose
13:44très en colère,
13:45indignée et révoltée.
13:47Alors oui,
13:48effectivement,
13:48ce que je ressens aujourd'hui
13:49en tant que présidente
13:50de Girobleu déjà
13:51et en tant que conjointe
13:53de policiers
13:54et aussi la citoyenne française,
13:57c'est de la colère,
13:58de la tristesse
13:58et aussi une profonde inquiétude.
14:01Il ne faut pas oublier que...
14:02Votre conjoint sur le terrain,
14:03là, dites-nous précisément,
14:04il est en première ligne ?
14:07Non, je ne peux pas vous en parler.
14:09D'accord.
14:10Enfin, vous parlez en connaissance...
14:11Vous parlez en connaissance...
14:12Oui, mais j'ai compris,
14:12il y a des normes de sécurité.
14:14En tout cas, vous parlez
14:14en connaissance de cause
14:15de situations très concrètes.
14:17On est bien d'accord ?
14:18Tout à fait.
14:19Je vous écoute.
14:20Alors, après ça,
14:21bon, voilà,
14:22il ne faut pas oublier
14:22que ça fait des années
14:23que nos forces sont surmobilisées,
14:25en fait,
14:26aujourd'hui,
14:27on a affaire
14:28à une manifestation de plus,
14:31des émeutes de plus,
14:32et en fait,
14:34ils sont épuisés
14:34et pourtant,
14:36pourtant,
14:36ils continuent à répondre
14:37présents sur la voie publique.
14:40Depuis le début
14:40de ces mouvements de violence,
14:42là,
14:43c'est monté,
14:43c'est monté,
14:45on l'a vu de jour en jour.
14:47Et depuis,
14:47ce 17 octobre,
14:49en fait,
14:49on a atteint
14:50un niveau de violence
14:51particulièrement inquiétant,
14:53je trouve,
14:54avec des affrontements graves,
14:55des destructions,
14:56encore plus de policiers
14:57et de gendarmes blessés.
14:59Je crois qu'on arrive
15:00à pas loin
15:00de mille policiers
15:02et gendarmes
15:02en tout.
15:04Voilà,
15:05on leur demande
15:05toujours plus,
15:06on leur demande
15:07de la maîtrise,
15:08on a un président
15:09qui leur demande
15:09de l'empathie,
15:11alors qu'en fait,
15:11on a que de la violence.
15:13C'est pas passé,
15:14ça,
15:15le coup de l'empathie,
15:15c'est pas passé.
15:16C'est pas passé.
15:17C'est pas passé.
15:18Ça peut pas passer.
15:19Surtout venant
15:19d'un président
15:21de la République
15:22qui a déjà fait
15:23par le passé
15:24des allocutions
15:26assez limites,
15:27notamment,
15:28voilà,
15:29il y a des positions
15:30qui ne vous aurait pas dû prendre.
15:32Controversées.
15:32Jean,
15:33est-ce que je vous pose
15:34la question
15:35que j'ai posée
15:35à Grégory Jéron
15:36et que j'ai posée
15:36à Jean-Pierre Colombiès,
15:37vous êtes vraiment
15:38une femme
15:39qui est sur le terrain
15:39par l'activité
15:40de votre conjoint,
15:41est-ce qu'on peut craindre
15:43un jour
15:43que des flics,
15:44des policiers
15:45en action
15:47puissent dire
15:48on est arrivé
15:49à un tel point,
15:49je pose le casque
15:50ou au contraire
15:51j'en ai marre,
15:51maintenant je me défends,
15:53je sors mon arme
15:53ou surtout
15:54je laisse tomber,
15:55je suis pas là pour ça.
15:56Vous sentez quelquefois
15:57le désespoir
15:57chez certains des collègues
15:58de votre conjoint ?
16:01On en parle
16:02avec les femmes d'eux,
16:05effectivement
16:06on le ressent
16:07et très sincèrement
16:08j'ai envie de vous dire
16:10là il va falloir
16:12effectivement
16:12que l'État,
16:14que le président,
16:15que le gouvernement
16:17cesse de prendre ça
16:19à la légère
16:19parce qu'effectivement
16:20ça risque d'arriver
16:22et qu'ils vont poser
16:22les casques,
16:23ils vont poser
16:23les boucliers
16:24et excusez-moi du mot
16:26mais ils vont voir
16:27que des mères d'eux.
16:28C'est très important
16:28ce que vous me dites,
16:29Jean.
16:30Je ne peux pas
16:32être formelle.
16:32Non,
16:33mais vous le dites
16:33de façon très nette,
16:35vous le dites
16:35de façon très claire.
16:37On est à 1000
16:39policiers
16:39et gendarmes
16:40blessés.
16:41980 je crois,
16:42990.
16:42Et peut-être que
16:43ça c'était samedi,
16:44il y en a peut-être
16:44plus depuis évidemment.
16:47Effectivement,
16:48on est à peu près
16:50à ce chiffre-là
16:50et très sincèrement,
16:52combien de temps
16:53on va attendre ?
16:54Est-ce qu'on va attendre
16:55un mort ?
16:56Est-ce qu'on va attendre
16:57deux morts ?
16:58Qu'est-ce qu'on va attendre
16:59en fait ?
17:00Parce que clairement,
17:01ils sont le dernier rempart.
17:03Vous mettez ça sur le dos
17:04de qui,
17:05Jean ?
17:06D'une lâcheté politique,
17:07d'une incompétence administrative
17:09ou d'une méconnaissance
17:11de la réalité ?
17:14Alors,
17:15moi je pense qu'il y a
17:16effectivement,
17:17il y a un grand,
17:18un grand,
17:18grand problème
17:19en termes de gestion.
17:23Là,
17:23j'ai appris tout à l'heure,
17:24j'ai vu que
17:25Laurent Nunez
17:26avait donné sa démission
17:27qu'elle avait été refusée
17:28par M. le Président
17:29de la République.
17:30J'ai envie de dire,
17:31mais la honte quoi.
17:31Le gars,
17:32ça fait...
17:33Ça ressemble à une appellation
17:34de commun.
17:34Vous savez,
17:34on peut très bien dire
17:35que tu démissionnes
17:36puis je te dis
17:37que tu démissionnes plus,
17:37bien sûr ça.
17:38On n'est plus du coup aujourd'hui.
17:39Le connu fait pareil.
17:42Au-delà de ça,
17:43je veux dire,
17:43ça fait trois semaines
17:44que ça dure
17:45et là,
17:45il attend que la France brûle
17:47et puis il se dit
17:48mince,
17:49je suis responsable.
17:49Ben ouais,
17:50t'es responsable mec,
17:51mais à un moment donné,
17:52voilà,
17:52il va falloir prendre
17:53tes responsabilités
17:54jusqu'au bout.
17:55C'est pas aujourd'hui
17:56qu'il faut lâcher la base
17:57parce qu'eux,
17:58ils sont toujours sur le terrain,
17:59excusez-moi du mot,
18:00à en prendre plein la gueule en fait.
18:01Bien sûr,
18:02bien sûr.
18:02Gilles,
18:03on va écouter Jean-Pierre Colombes
18:04qui veut réagir.
18:05Vous entendez le cri de colère là.
18:07Oui,
18:07qui sont parfaitement légitimes
18:09et on va être très clair.
18:10Il y a une attitude
18:11du pouvoir d'Emmanuel Macron.
18:13Il faut le mettre lui
18:14en première ligne.
18:15C'est pas son gouvernement
18:19sur lequel il faut tirer.
18:20C'est lui le grand ordonnateur.
18:21C'est lui le chef d'orchestre.
18:22Oui,
18:22il ne vient pas d'arriver hier.
18:23Il est là.
18:23Non,
18:24il est là depuis plus de dix ans.
18:25Il était secrétaire général
18:26adjoint en 2012
18:27et puis ensuite ministre du budget.
18:29Il faut arrêter de croire
18:30qu'il a découvert la pluie
18:31en 2017.
18:32Ça fait un moment
18:33qu'il est dans les circuits.
18:34Ça fait surtout un moment
18:35que chaque crise sociale
18:36est pourri
18:37et qu'on la laisse pourrir.
18:39Les gilets jaunes,
18:40le débat sur les retraites
18:41et on laisse pourrir la situation.
18:43Et on en arrive
18:44à se poser la question.
18:45Est-ce que
18:45s'il y a une volonté
18:47de laisser se dégrader
18:48à outrance
18:49sa situation
18:50avec comme seul rempart
18:51non pas de la République
18:53mais du pouvoir personnel
18:54qu'il représente
18:55par les forces de sécurité ?
18:56C'est une vraie question.
18:57Est-ce que ce monsieur
18:58cherche à provoquer
18:59une véritable explosion sociale
19:01qui lui permettrait
19:02soit de déclarer,
19:04de déclencher un article 16,
19:05soit de laisser finalement
19:07le chaos
19:08se dégrader
19:09jusqu'à une forme
19:09de guerre civile
19:10qui lui permettrait
19:11de rester ?
19:11Parce que chaque crise
19:12aurait pu voir
19:14une négociation
19:15qui aurait permis
19:15de sortir de ces crises.
19:17Alors que non,
19:17il persiste
19:18et il signe.
19:19On va continuer en discuter
19:20Jean-Pierre Colombias,
19:20vous restez avec nous.
19:21Que ce soit avec Jean,
19:22président de Girobleau
19:23et compagnie,
19:24femmes de policiers
19:25ou encore avec
19:26Jean-Pierre Colombias
19:27ici sur le plateau,
19:28on retient que
19:28des avertissements
19:29ont été lancés
19:30et des avertissements
19:31qui n'ont donc pas
19:32été entendus
19:33par le gouvernement.
19:34Et c'est aussi
19:35ce que semble dire
19:36Marc Sanchez,
19:37secrétaire national
19:37du syndicat
19:38des indépendants
19:39et des TPE.
19:39Nous reviendrons également
19:41sur la colère
19:41des commerçants
19:42avec lui
19:42dans quelques instants.
19:43Et vous,
19:43pensez-vous
19:44que nous sommes écoutés,
19:45que la colère
19:46des commerçants
19:47et ce sentiment
19:48d'abandon
19:48sont justifiés ?
19:49Appelez-nous au 0826 300 300.
19:52Midi 14h,
19:53Sud Radio,
19:54la France dans tous ses états,
19:56Perico-Legas.
19:58Merci Paris.
19:59Voilà,
20:00merci Paris.
20:01Merci Paname.
20:02Merci Paname.
20:03Vous êtes des tueurs les gars.
20:05Les gars,
20:05on a tout arraché les gars.
20:06Moi,
20:07je parle vraiment au petit.
20:08Les gars,
20:09vous avez choqué.
20:11Respect à vous les gars.
20:13Moi,
20:13j'ai becté un peu.
20:14Nouvelle Vestunder,
20:15vous avez capté
20:16en mode soigné.
20:18Voilà,
20:18le témoignage
20:20d'un casseur
20:22ou d'un pillard
20:23ou d'un pillard
20:24qui était
20:24l'avisage découvert.
20:26Et ça le fait marrer.
20:27Pourquoi il se gênerait ?
20:28On sent le sentiment
20:30d'impunité
20:31folklorique
20:32et il montre ses trophées.
20:33Et pour lui,
20:34c'est une heure de gloire.
20:35C'est sa médaille d'honneur
20:37à lui,
20:37c'est sa légion d'honneur
20:38à lui.
20:39Et pourquoi se gêner ?
20:41Puisque de toute façon,
20:41il ne lui arrivera rien.
20:42On va être très clair.
20:43Alors,
20:43quand je dis ça,
20:44on me dit
20:44la loi prévoit que
20:45la loi prévoit
20:46plein de choses.
20:47Ah,
20:47il va peut-être avoir des ennuis.
20:48Il a pris le risque
20:48de faire sa déclaration.
20:50Et c'est qu'il va le poursuivre ?
20:51Il va l'arrêter ?
20:52Vous croyez qu'on va envoyer
20:53des policiers chez lui ?
20:54Je vous pose la question,
20:55j'en parle de l'ambiance.
20:56J'y réponds.
20:57On va envoyer des policiers
20:57chez lui.
20:58On vous arrête, monsieur.
20:59On vous met en garde à vue.
21:00On fait une procédure.
21:01Est-ce qu'il va aller en prison ?
21:02Non.
21:02Je vous l'annonce.
21:03Non.
21:04Il y a eu des libéraux.
21:05Vous avez avoué
21:05qu'il y a eu des référés ?
21:06Il y en a déjà
21:07qui ont été libérés.
21:07Eh bien, évidemment.
21:09Parce que c'est toute
21:09la complexité de la procédure
21:11lors de ce genre d'événements.
21:12Vous avez une distance
21:14qui est infranchissable
21:16entre le policier interpellateur,
21:17le policier qui fait
21:18la procédure,
21:20qui bien souvent
21:21ne sait pas vraiment
21:22dans quelles circonstances
21:22a été arrêtée
21:23la personne qu'on lui présente,
21:25la décision du magistrat
21:26du substitut
21:27qui va demander au policier
21:29rédacteur de la procédure,
21:31monsieur,
21:31qu'est-ce qu'il a fait ?
21:31J'en sais trop rien.
21:33Vous dire, monsieur,
21:33par principe,
21:34on va le déférer.
21:36Mais, même en comparution immédiate,
21:38il ne sera pas condamné
21:39parce qu'au final,
21:39on ne sait pas ce qu'il a fait
21:40et que dans l'absolu,
21:42la loi anti-casseur
21:43qui est programmée
21:44et qui consiste
21:45à condamner des gens
21:46qui seraient dans la sphère
21:47d'un endroit
21:48où a eu lieu de la casse
21:49ne tient pas.
21:50Celle qui a été abolie
21:51était plus efficace
21:52la première.
21:53Mais ce n'est pas légal.
21:55Arrêtons.
21:55Ce n'est pas constitutionnel.
21:56On ne peut pas...
21:57Demain, vous baladez.
21:59Vous étiez samedi soir.
22:00Par exemple, vous sortez du théâtre.
22:01Vous arrivez dans un lieu
22:02où il y a de la casse.
22:03Vous êtes pris au milieu.
22:03Ça m'est arrivé.
22:04Je vous en parle
22:05en connaissance de cause.
22:06On vous arrête.
22:06Ah, je n'ai rien fait.
22:07Ce n'est pas grave.
22:08Vous étiez dans un endroit
22:09où il y avait de la casse,
22:09M. Vélico.
22:10On vous amène devant un tribunal.
22:11Oui, ça rappelle d'autres époques.
22:12On est bien d'accord.
22:14Et d'autres régimes.
22:15Donc, il faudrait peut-être,
22:16j'allais dire,
22:17remodifier l'ordre constitutionnel
22:18ou la législation.
22:20Non.
22:20Un, il faut déjà appliquer la loi.
22:21Un.
22:22Deux, il faut avoir les moyens
22:22de l'appliquer,
22:23de la faire appliquer.
22:24C'est-à-dire avoir des maisons d'arrêt
22:25dignes de ce nom
22:26et en suffisamment grand nombre.
22:28Il faut avoir des mesures
22:29vraiment efficaces.
22:31Et puis, si on veut élargir la focale,
22:33il faut répondre à cette attente populaire
22:35et modifier en urgence
22:37le mode électoral
22:39tel que nous le connaissons.
22:40Il faut un contre-pouvoir.
22:42Ça, c'est un problème
22:43de modification des institutions
22:44et on sait que c'est à la base du problème.
22:46C'était un engagement
22:47d'Emmanuel Macron en 2017.
22:48Oui, ça, les engagements pas tenus.
22:49On commence à avoir l'habitude.
22:50Jean-Pierre Colombiès,
22:51nous avons Fabienne
22:52qui nous appelle
22:53d'être tard 76
22:55près d'Aiguille Creuse,
22:57épouse de policier, je crois.
23:00Fabienne, vous m'entendez ?
23:01Bonjour, vous m'entendez bien ?
23:03Oui, je vous entends très bien.
23:04Et vous êtes épouse de Laurent
23:05qui est un ancien policier,
23:06c'est ça ?
23:07Complètement.
23:08Je vous souhaitais après
23:09discuter avec lui
23:10et nous visiter sur tout.
23:11Si on a le temps, pourquoi pas ?
23:13Fabienne, que vous inspirent
23:14les images que vous voyez
23:15depuis quelques jours ?
23:17Alors, écoutez, d'habitude,
23:19moi, je suis quelqu'un
23:19qui suis relativement sereine
23:21et avec tout ce climat anxiogène.
23:24Et là, en fait, je vous appelle
23:25et en fait, je suis extrêmement en colère.
23:29Mais cette colère,
23:29elle n'est pas juste à la radio.
23:31Je suis vraiment en colère
23:32et j'ai honte d'être française.
23:35Et j'ai mal et j'ai honte pour la France
23:37et je ne comprends strictement rien
23:39à cette France.
23:40Excusez-moi, je vais être vulgaire
23:41de merde et de con et de clown.
23:44Pardon, les mots sont très bons.
23:46Non, non, mais je vous comprends.
23:47C'est pas bien, hein ?
23:48C'est pas bien, mais je vous comprends.
23:50C'est pas grave.
23:50J'insume complètement.
23:52Quand je vois que M. Macron
23:54nous fait une agitation
23:56qui est égale de chiottes,
23:58qui préfère aller voir
23:59chanter Céline Dion,
24:01moi, j'aurais voulu aller le voir
24:02sur le terrain, ce monsieur.
24:04Alors oui, son quinquennat,
24:06il est foutu.
24:07Oui, il a l'ordre de la France.
24:08C'est le deuxième, hein ?
24:09C'est le deuxième.
24:10C'est le deuxième.
24:10Alors, par contre,
24:11les Français ont la responsabilité
24:13parce qu'ils ont eu 5 ans,
24:14ils l'ont re-voté.
24:15Si je peux me permettre,
24:16je peux dire ça.
24:16Ah oui, mais l'enjeu politique
24:17n'était pas évident.
24:18Mais c'est un vrai débat
24:19qui durera pendant des décennies.
24:21Pourquoi ?
24:22Ben oui.
24:22Ben oui.
24:23En face, il y avait...
24:24Voilà, c'était des gens
24:25qui vous disent en face
24:26qu'il y avait un épouvantail
24:26et qu'on ne pouvait pas faire autrement.
24:27Mais finalement,
24:28on paye très très cher
24:29le fait de ne pas avoir voulu
24:30l'épouvantail.
24:31Et l'épouvantail,
24:32il sera peut-être au pouvoir
24:32dans 6 mois.
24:33Donc, vous voyez,
24:33comme quoi, tout est relatif.
24:35Est-ce que Laurent est à côté de vous, Fabienne ?
24:37Oui.
24:37Vous le voulez ?
24:38Oui, je veux bien
24:38qu'il se mette à l'antenne.
24:40Bon, ben, je vous le passe.
24:41Bon.
24:43Oui, allô ?
24:44Bonjour, Laurent.
24:45Merci.
24:45Merci de me répondre.
24:46Merci d'être à l'antenne.
24:48Question préalable,
24:48j'aimerais savoir,
24:49vous étiez dans quel service
24:50quand vous étiez en activité ?
24:51Alors, j'ai fait plusieurs services.
24:53J'ai été en tenue,
24:54comme beaucoup de policiers.
24:56Et j'ai fait également
24:57de l'investigation.
24:57Donc, je connais les deux aspects.
25:00D'accord.
25:00Je connais les deux aspects.
25:01Vous avez été gardien de la paix,
25:02si je puis dire,
25:03d'une certaine façon.
25:04Voilà, j'ai commencé
25:04à garder la paix
25:05et j'ai terminé en tant qu'officier.
25:06Donc, c'est des situations
25:08que vous connaissez bien.
25:09C'était il y a combien de temps ?
25:11Je suis en retraite,
25:12donc j'ai fait presque 40 ans
25:14dans la police.
25:15J'ai connu les émeutes de 2005,
25:18les émeutes de 2013 également.
25:20Oui.
25:21Et avant de partir en retraite,
25:22les incidents qu'il y a eu
25:23également en 2023.
25:25Bon.
25:25Quand vous voyez vos collègues policiers
25:27aujourd'hui agir,
25:28que ce soit à Marseille,
25:30à Lyon,
25:31à Paris,
25:32ceux de Limoges
25:33qui disent
25:33on n'était pas assez nombreux,
25:34on n'a pas pu empêcher
25:35l'incendie de la mairie,
25:37ceux qui se font caillasser,
25:38qui sont avec leurs boucliers,
25:40ceux qu'on voit reculer,
25:41pour moi l'image
25:42d'une corte de policiers
25:43qui reculent,
25:44je me dis que c'est la République
25:45qui commence à s'effondrer
25:46un petit peu.
25:47Ça vous inspire
25:48que de la colère
25:49ou vous vous dites
25:50on a quand même été gouverné
25:52et on est dirigé
25:53par des gens
25:53qui ne sont pas à la hauteur ?
25:55Alors,
25:56moi je suis solidaire
25:57avec mes collègues
25:57parce que moi ça m'est arrivé aussi
25:59de risquer ma peau
26:00comme d'autres.
26:01Mais je ne m'en ai pas.
26:02Alors,
26:03j'ai un exemple
26:04ça grand,
26:04moi dans les années 80,
26:05j'ai voulu rentrer
26:06dans une cité à l'époque,
26:07vous voyez,
26:08dans les années 80,
26:09donc ça date.
26:11et on a reçu comme instruction
26:12à la radio
26:13de ne pas rentrer
26:14pour ne pas les provoquer.
26:16Ça c'est une constante
26:18qui est,
26:18j'allais dire,
26:20permanente.
26:21Permanente.
26:21Pas de vagues.
26:22On n'est pas du tout,
26:24on n'est pas du tout,
26:25je dirais,
26:25épaulé par la hiérarchie.
26:26Alors je ne parle pas
26:26de la hiérarchie intermédiaire
26:28parce qu'elle ne fait
26:29qu'appliquer les instructions
26:30bien sûr.
26:30Ce qu'on appelle l'autorité.
26:31Ce qu'on appelle l'autorité.
26:32Voilà.
26:33Autorité politique,
26:33c'est la politique.
26:34Voilà.
26:35Mais moi j'ai connu ça,
26:36je vous dis notamment,
26:37en 2005 et 2013,
26:40on nous balançait
26:41des machines à laver
26:41de haut des immeubles.
26:43On se faisait tirer dessus
26:44au coup de mortier,
26:45comme un molotov.
26:46Moi j'ai un collègue,
26:46un très bon collègue
26:47qui a reçu un coup
26:48de fusil de chasse.
26:51Voilà.
26:52Moi j'ai vu ce que mes collègues
26:54vivent aujourd'hui.
26:54Et pourtant Laurent,
26:55vous vous souvenez
26:56au moment du Bataclan,
26:58de Charlie,
26:59les policiers applaudis.
27:00Voilà.
27:01Le peuple et la police
27:02étaient réconciliés
27:03parce qu'on avait compris
27:04que c'était des forces de l'ordre,
27:05que c'était des gardiens
27:06de la paix,
27:06de la sécurité.
27:07Et il y a eu un retournement
27:08parce qu'il y a eu quand même
27:09un message politique.
27:10La police tue.
27:11Attention,
27:12entre temps il s'est passé des choses.
27:14Justement je voulais intervenir
27:15là-dessus
27:15parce que moi je suis rendu
27:16dans la police
27:16fin des années 80
27:17et comme la majorité
27:20de mes collègues,
27:20on ne rentre pas dans la police
27:22pour tuer ou pour blesser des gens.
27:23Ce n'est pas...
27:25On est bien d'accord.
27:26Moi j'ai participé
27:27notamment aussi
27:28au recrutement
27:29de gardiens de la paix,
27:31des promotions internes.
27:32Donc j'ai eu affaire
27:33à des candidats.
27:34j'ai jamais entendu
27:35quelqu'un
27:36qui postulait
27:37pour entrer dans la police
27:37pour tuer des gens.
27:39Donc voilà.
27:40Oui mais à un moment donné
27:42il faut savoir se défendre
27:43et si la menace est immense
27:46et que des vies d'autres personnes
27:47sont menacées,
27:49il faut savoir...
27:50Jean-Pierre Colombiès,
27:51qu'est-ce que vous inspire
27:52le témoignage de Laurent ?
27:53Merci Laurent
27:54et merci Fabienne.
27:55Oui, je ne pourrais que le paraphraser
27:57mais il faut vraiment
27:57vraiment avoir conscience
27:59que le pouvoir politique
28:01ne veut pas de rapprochement
28:03entre la police
28:04et la citoyenneté
28:05et qu'il y a une vraie volonté
28:06de distorsion de ce rapport.
28:08Lorsque la police de proximité
28:09a été supprimée
28:11dans les conditions
28:12que l'on connaît,
28:13enfin moi ce terme
28:14de police de proximité
28:15m'agace profondément
28:16parce que si la police républicaine
28:18n'est pas en proximité
28:19avec sa population
28:20je ne vois pas à quoi elle sert.
28:21Et si elle n'est pas efficace
28:22non plus
28:22parce que c'était
28:23les axiomes
28:23de M. Nicolas Sarkozy.
28:26Mais à partir du moment
28:27où volontairement
28:29vous avez des axes
28:30politiques
28:31qui consistent
28:32à retrancher la police
28:34dans ses casernes
28:35pour paraphraser
28:36pour employer un terme militaire
28:37mais qui n'est pas si anodin
28:38que ça
28:39puisqu'on a militarisé
28:40l'institution police
28:41à partir de 1995.
28:43Eh bien vous créez une distance
28:44entre la police
28:45et la citoyenneté
28:46et ça vous permet
28:47en tant que pouvoir politique
28:48de vous servir
28:50entre guillemets
28:51de cette institution-là
28:52pour empêcher, bloquer
28:54toutes les revendications
28:55et les manifestations
28:56d'ordre social.
28:57Ça n'est pas du hasard.
28:59Il faut bien se mettre ça en tête.
29:01Ce n'est pas du hasard.
29:01On est bien d'accord.
29:02Jean-Pierre Colombiès
29:03on va recevoir
29:03Marc Sanchez
29:04qui lui représente
29:05les commerçants
29:06qui vraiment ont été
29:07les victimes
29:08en première ligne.
29:09Il n'y a pas que.
29:10Mais oui ils en ont pris
29:11plein la gueule.
29:12Très vite.
29:13Juste après.
29:15Je vous donne la parole.
29:16Marc Sanchez vous êtes là ?
29:18Marc Sanchez vous m'entendez ?
29:19Bonjour Périfo.
29:20Je vous prends.
29:21Je vous prends.
29:21On écoute André Bercoff
29:23qui a aussi évidemment
29:23des choses à dire.
29:24Je vous prends tout de suite après.
29:25Votre témoignage est essentiel
29:27pour nous
29:27et j'imagine que vous avez
29:28des choses gravissimes
29:29à nous raconter.
29:30A tout de suite.
29:31Anissa on continue après ?
29:32Mais bien sûr nous continuons
29:33évidemment avec
29:35monsieur Marc Sanchez
29:36qui est secrétaire national
29:37du SDI
29:38le syndicat des indépendants
29:39et des TPE.
29:40Il représentera en l'occurrence
29:41la voix des artisans
29:43et des commerçants.
29:45Midi 14h
29:46Sud Radio
29:47la France dans tous ses états
29:48Périco-Légas.
29:50Vous êtes bien sur Sud Radio
29:52nous sommes évidemment
29:52à plein temps
29:53et de façon prégnante
29:55sur l'actualité
29:56sur la tragédie
29:56que nous avons vécu en France
29:57pendant 48h
29:58avec ces images catastrophiques.
30:00Nous avons Jean-Pierre Colombiès
30:01qui est avec nous
30:01l'ancien commandant divisionnaire
30:03de la police nationale
30:04qui a écrit, annoncé, rappelé, précisé
30:07qui n'a pas visiblement été écouté
30:08et qui aujourd'hui est en colère
30:10parce qu'il estime
30:11que c'est un énorme gâchis.
30:12Et puis nous avons là
30:13avec nous Marc Sanchez
30:14secrétaire national du SDI
30:15le syndicat des indépendants
30:16et les commerçants
30:18qui ont été victimes
30:19qui ont été jetés en pâture
30:21jetés en pâture
30:22aux voyous,
30:23à la racaille
30:23et aux pillards
30:24et aujourd'hui
30:25ils ont leurs yeux pour pleurer.
30:27Bon, évidemment,
30:27on leur promet des compensations.
30:29Anissa, je voudrais
30:29que vous nous fassiez le point.
30:30C'est quoi l'immensité du dégât ?
30:33Alors, je vais vous donner
30:34quelques chiffres.
30:34Je ne serai pas exhaustif,
30:36vous imaginez,
30:37à Marseille,
30:37plus de 500 commerces pillés
30:40ou dégradés
30:41à Marseille.
30:42Donc, selon Jean-Luc Chauvin,
30:43président de la CCI,
30:45à Lyon,
30:45Presqu'Île,
30:46jusqu'à 200 commerces touchés,
30:48un chiffre
30:48qui a été confirmé ce matin.
30:51Vous avez à Bordeaux
30:52entre 50 et 100 commerces
30:53aux vitrines fracturées
30:55et pillées,
30:56selon le maire.
30:57Montpellier,
30:5750 magasins touchés,
31:00dont 14 pillés.
31:02Ça continue malheureusement.
31:04Vous avez à Grenoble
31:04plus de 30 commerces
31:05et agences bancaires
31:07pillés à Toulouse.
31:08Près de 40 magasins pillés
31:09à Saint-Étienne,
31:10une trentaine.
31:11C'est énorme,
31:12effectivement,
31:13à Chambéry,
31:1412 touchés,
31:14à Enmas,
31:1511.
31:16En bref,
31:16je m'arrête là,
31:17mais sachez qu'au final,
31:18nous comptabilisons pour le moment,
31:19et c'est une estimation,
31:20plus de 1500 commerces
31:22directement touchés en France.
31:24Je me permets de préciser
31:25ce qui vient de tomber.
31:26Sébastien Lecornu
31:28recommande aujourd'hui
31:29au préfet
31:29de mettre en place
31:30des couvre-feux.
31:31Des couvre-feux.
31:31Bon,
31:32voilà le cauchemar
31:33qui est présenté.
31:34Marc Sanchez,
31:35on vous retrouve dans quelques minutes.
31:37On écoute là
31:38l'avis d'André Bercoff
31:39qui, à mon avis,
31:40aussi a des choses à dire.

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