00:00Good morning business, la matinale de l'économie.
00:03Et la parole, je le disais, est au patron aussi au cœur de l'été,
00:06une patronne ce matin qui s'est lancé à un défi, cultiver du thé en Bretagne.
00:10Bonjour Morgan Ravallec, vous êtes la fondatrice de Maison Théry,
00:15ex-maison Émiloté, que vous reprenez en 2024, c'est ça ?
00:19C'est ça, bonjour.
00:21Combien de salariés aujourd'hui ?
00:24Alors aujourd'hui j'ai une seule salariée, et juste petite précision,
00:27moi je ne cultive pas en fait, je m'occupe de la production,
00:30la commercialisation et le marketing,
00:32et je travaille en étroite collaboration avec des producteurs
00:35qui eux ont le statut d'agriculteur et donc de cultivateur de thé.
00:39Mais qu'on comprenne bien des cultivateurs qui sont en Bretagne.
00:44Exactement, sur tout le territoire, entre le Finistère Nord et le Morbihan.
00:49Mais ça veut dire que chez Maison Théry, tout est local,
00:52tout est issu du territoire breton ?
00:54Alors non, parce qu'en fait, le modèle économique du thé en Bretagne
00:58est encore très compliqué à trouver.
01:01La filière se structure, elle n'est absolument pas structurée pour l'instant.
01:04Donc entre les cultivateurs, planteurs, qui eux s'occupent des théiers,
01:09donc qui sont des Camellias sinensis, et nous les commercialisateurs,
01:13il y a un modèle économique qui est très complexe encore à trouver,
01:16puisque le thé breton se commercialise très cher.
01:18Et pour donc trouver un équilibre financier,
01:22moi j'ai eu le pari de développer une gamme de thé d'ailleurs.
01:24Donc je travaille aussi avec le Japon, la Chine, le Rwanda.
01:27Et l'idée étant de ne pas opposer la Bretagne aux autres pays producteurs,
01:33mais plutôt de l'intégrer pour que la Bretagne fasse partie des pays producteurs
01:38comme d'autres pays historiques.
01:40C'est vrai que comme ça, c'est assez curieux quand même de se dire
01:42qu'on cultive du thé sur les terres bretonnes.
01:45Il y a un climat favorable ?
01:47Alors en fait, oui.
01:49Déjà, c'est lié au fait qu'on a un beau taux d'ensoleillement,
01:52on a une terre argileuse,
01:55on a de l'eau, parce qu'il faut beaucoup d'eau.
01:57Le Camellias sinensis est très gourmand en eau,
02:01il a besoin d'avoir les pieds dans l'eau et la tête à l'eau.
02:04Et tout ça, en fait, la Bretagne en fait une terre particulièrement propice
02:10au développement du Camellias et du thé.
02:12Combien de théiers poussent en Bretagne ?
02:14Alors je ne peux pas vous dire,
02:15parce qu'en fait, il y a beaucoup d'initiatives de particuliers
02:19qui se lancent dans les plantations, dans des plantations.
02:24Nous, on est sur 8000 théiers, par exemple, à Sibiril.
02:28Mais sur l'ensemble du territoire, je ne serais pas capable de vous dire
02:31des nombres d'initiatives récentes qu'il y a eu ces dernières années.
02:34Mais plusieurs milliers déjà avec les producteurs avec qui vous travaillez,
02:37en quelques secondes, donc vous voulez augmenter cette production aussi.
02:41Alors en marchant avec deux jambes, vous nous l'avez expliqué aussi,
02:45l'international, il faut structurer cette filière du thé breton.
02:49Quelles sont les difficultés aujourd'hui à le faire ?
02:53Il faut professionnaliser en fait la démarche,
02:55parce que comme je vous l'expliquais, il y a beaucoup de particuliers
02:58qui se sont lancés en fait dans la culture du thé.
03:01Il y a un gros sujet, c'est la transformation,
03:03parce que nous, on récolte en fait des bourgeons frais.
03:06Et ensuite, il faut les transformer en thé vert, thé blanc et thé noir.
03:09Ce sont les mêmes bourgeons qui nous permettent de préparer ces thés-là,
03:15de créer ces thés-là.
03:16La transformation, c'est un métier très particulier.
03:18Nous, on travaille avec un transformateur qui s'est formé en Chine.
03:21Il faut les machines.
03:23On a acheté des machines aussi en Chine,
03:25parce qu'elles n'existent pas en France.
03:28Les industries français ne créent pas de machines pour transformer du thé.
03:31Donc, on a dû importer ces machines.
03:33Tout ça, c'est des investissements qui sont assez coûteux.
03:36Le sujet de la récolte aussi est un vrai sujet,
03:38parce qu'on récolte entièrement à la main,
03:41et on est dépendant du climat.
03:43Donc, en fait, il faut mobiliser des ressources à la dernière minute.
03:46Une fois qu'on a récolté,
03:47on a jusqu'à deux heures maximum pour transporter nos feuilles fraîches
03:52jusqu'au site de production.
03:54Donc, il y a des enjeux de logistique
03:56pour que les machines soient au plus près des sites de production.
03:59Donc, vous l'aurez compris,
04:01en fait, il y a tout cet enjeu de créer une filière
04:04qui permette de proposer un produit fini
04:09qui soit acceptable en termes de prix aux consommateurs.
04:11C'était Maison Théry avec vous ce matin, Morgan Ravalec.
04:15Merci beaucoup d'avoir été notre invité.
04:17Merci.
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