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  • il y a 2 jours
Ce mercredi 5 août, Morgan Ravallec, dirigeante de Voilà le topo et fondatrice de Maison Théerie, était l'invitée dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, la matinale de l'économie.
00:03Et la parole, je le disais, est au patron aussi au cœur de l'été,
00:06une patronne ce matin qui s'est lancé à un défi, cultiver du thé en Bretagne.
00:10Bonjour Morgan Ravallec, vous êtes la fondatrice de Maison Théry,
00:15ex-maison Émiloté, que vous reprenez en 2024, c'est ça ?
00:19C'est ça, bonjour.
00:21Combien de salariés aujourd'hui ?
00:24Alors aujourd'hui j'ai une seule salariée, et juste petite précision,
00:27moi je ne cultive pas en fait, je m'occupe de la production,
00:30la commercialisation et le marketing,
00:32et je travaille en étroite collaboration avec des producteurs
00:35qui eux ont le statut d'agriculteur et donc de cultivateur de thé.
00:39Mais qu'on comprenne bien des cultivateurs qui sont en Bretagne.
00:44Exactement, sur tout le territoire, entre le Finistère Nord et le Morbihan.
00:49Mais ça veut dire que chez Maison Théry, tout est local,
00:52tout est issu du territoire breton ?
00:54Alors non, parce qu'en fait, le modèle économique du thé en Bretagne
00:58est encore très compliqué à trouver.
01:01La filière se structure, elle n'est absolument pas structurée pour l'instant.
01:04Donc entre les cultivateurs, planteurs, qui eux s'occupent des théiers,
01:09donc qui sont des Camellias sinensis, et nous les commercialisateurs,
01:13il y a un modèle économique qui est très complexe encore à trouver,
01:16puisque le thé breton se commercialise très cher.
01:18Et pour donc trouver un équilibre financier,
01:22moi j'ai eu le pari de développer une gamme de thé d'ailleurs.
01:24Donc je travaille aussi avec le Japon, la Chine, le Rwanda.
01:27Et l'idée étant de ne pas opposer la Bretagne aux autres pays producteurs,
01:33mais plutôt de l'intégrer pour que la Bretagne fasse partie des pays producteurs
01:38comme d'autres pays historiques.
01:40C'est vrai que comme ça, c'est assez curieux quand même de se dire
01:42qu'on cultive du thé sur les terres bretonnes.
01:45Il y a un climat favorable ?
01:47Alors en fait, oui.
01:49Déjà, c'est lié au fait qu'on a un beau taux d'ensoleillement,
01:52on a une terre argileuse,
01:55on a de l'eau, parce qu'il faut beaucoup d'eau.
01:57Le Camellias sinensis est très gourmand en eau,
02:01il a besoin d'avoir les pieds dans l'eau et la tête à l'eau.
02:04Et tout ça, en fait, la Bretagne en fait une terre particulièrement propice
02:10au développement du Camellias et du thé.
02:12Combien de théiers poussent en Bretagne ?
02:14Alors je ne peux pas vous dire,
02:15parce qu'en fait, il y a beaucoup d'initiatives de particuliers
02:19qui se lancent dans les plantations, dans des plantations.
02:24Nous, on est sur 8000 théiers, par exemple, à Sibiril.
02:28Mais sur l'ensemble du territoire, je ne serais pas capable de vous dire
02:31des nombres d'initiatives récentes qu'il y a eu ces dernières années.
02:34Mais plusieurs milliers déjà avec les producteurs avec qui vous travaillez,
02:37en quelques secondes, donc vous voulez augmenter cette production aussi.
02:41Alors en marchant avec deux jambes, vous nous l'avez expliqué aussi,
02:45l'international, il faut structurer cette filière du thé breton.
02:49Quelles sont les difficultés aujourd'hui à le faire ?
02:53Il faut professionnaliser en fait la démarche,
02:55parce que comme je vous l'expliquais, il y a beaucoup de particuliers
02:58qui se sont lancés en fait dans la culture du thé.
03:01Il y a un gros sujet, c'est la transformation,
03:03parce que nous, on récolte en fait des bourgeons frais.
03:06Et ensuite, il faut les transformer en thé vert, thé blanc et thé noir.
03:09Ce sont les mêmes bourgeons qui nous permettent de préparer ces thés-là,
03:15de créer ces thés-là.
03:16La transformation, c'est un métier très particulier.
03:18Nous, on travaille avec un transformateur qui s'est formé en Chine.
03:21Il faut les machines.
03:23On a acheté des machines aussi en Chine,
03:25parce qu'elles n'existent pas en France.
03:28Les industries français ne créent pas de machines pour transformer du thé.
03:31Donc, on a dû importer ces machines.
03:33Tout ça, c'est des investissements qui sont assez coûteux.
03:36Le sujet de la récolte aussi est un vrai sujet,
03:38parce qu'on récolte entièrement à la main,
03:41et on est dépendant du climat.
03:43Donc, en fait, il faut mobiliser des ressources à la dernière minute.
03:46Une fois qu'on a récolté,
03:47on a jusqu'à deux heures maximum pour transporter nos feuilles fraîches
03:52jusqu'au site de production.
03:54Donc, il y a des enjeux de logistique
03:56pour que les machines soient au plus près des sites de production.
03:59Donc, vous l'aurez compris,
04:01en fait, il y a tout cet enjeu de créer une filière
04:04qui permette de proposer un produit fini
04:09qui soit acceptable en termes de prix aux consommateurs.
04:11C'était Maison Théry avec vous ce matin, Morgan Ravalec.
04:15Merci beaucoup d'avoir été notre invité.
04:17Merci.
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