- il y a 2 jours
Ce lundi 19 octobre, Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, Thomas Buberl, directeur général d'AXA, Patrick Martin, président du MEDEF, Mathis Blanchard, étudiant en économie et droit de la concurrence à Toulouse School of Economics, Malou Le Besq, étudiante à Sciences Po Aix, Chloé Casullo, étudiante en commerce international et marketing à l'export à Paris 8, Agathe Lachand, étudiante en analyse et politique économique à Paris Panthéon-Assas, Martin Hairault, étudiant à Polytechnique, et Merlin Joumel-Millié, étudiant en économie et gestion à Paris Panthéon-Assas, étaient les invités dans l'émission spéciale "Les dialogues de l'économie" présentée par Laure Closier sur BFM Business, en partenariat avec Rexecode.
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TVTranscription
00:00:07BFM Business et Rexecode présentent les dialogues de l'économie, leur closier.
00:00:15Bonsoir à tous, je suis ravie de vous retrouver pour cette nouvelle émission des dialogues de l'économie.
00:00:20C'est une émission exceptionnelle qu'on vous propose ce soir sur BFM Business en résonance évidemment avec l'actualité
00:00:25lycéenne,
00:00:26avec les manifestations de ce week-end, avec les violences extrêmes qu'on a subies durant l'ensemble de ces
00:00:32deux derniers jours.
00:00:33Nénie Ferrand, bonsoir.
00:00:34Bonsoir à tous.
00:00:35Merci d'être avec moi dans ces dialogues de l'économie. C'est vous qui nous accompagnez, c'est vous
00:00:39qui en avez eu l'idée même.
00:00:40Le mot dialogue, il est fondamental dans cette émission.
00:00:43Il est fondamental et peut-être encore plus aujourd'hui en résonance avec l'actualité que l'on connaît.
00:00:47Créer des ponts entre des mondes qui ne se connaissent peut-être pas si bien que ça,
00:00:50que sont le monde de l'entreprise et le monde à la jeunesse qui a beaucoup d'attentes.
00:00:53Et ces attentes, elles s'adressent notamment au monde de l'entreprise.
00:00:57Notre concept, deux chefs d'entreprise face à six étudiants.
00:01:01Ils sont deux, ils auraient pu choisir d'annuler.
00:01:03Au vu de l'actualité, ils ne l'ont pas fait.
00:01:05Je les en remercie. Thomas Bouberle, bonsoir.
00:01:07Vous êtes le directeur général d'AXA.
00:01:09Vous êtes le premier assureur français et investisseur de long terme.
00:01:12Vous êtes donc directement concerné par ce qui s'est passé ces derniers jours.
00:01:15Patrick Martin, bonsoir.
00:01:16Bonsoir.
00:01:17Vous êtes le président du MEDEF, première organisation patronale française.
00:01:20Au vu des violences d'hier, nous allons évidemment dialoguer.
00:01:23Mais nous allons commencer par réagir à l'actualité.
00:01:33Merci à tous les deux d'avoir accepté d'être avec nous ce soir.
00:01:36Je commence avec vous, Thomas Bouberle, je le disais.
00:01:37Premier assureur de France.
00:01:40Nous avons aujourd'hui un premier bilan autour de 3000 commerçants
00:01:44qui seraient directement touchés.
00:01:45Il y avait une réunion ce matin à Bercy.
00:01:47On vous a demandé d'accélérer les délais.
00:01:50Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
00:01:52D'abord, quand on voit ces images de destruction et de violence,
00:01:57ça rend tout le monde triste parce que dans un pays tellement sophistiqué
00:02:01comme la France, que ce niveau de violence est possible et vraiment terrible.
00:02:07Parce qu'il ne faut pas oublier, derrière chaque commerce détruit,
00:02:12derrière chaque verre brisé, il y a des hommes et des femmes qui sont perturbés par ça,
00:02:21qui sont choqués.
00:02:22Et notre rôle est d'aider ces gens d'être à côté de nos clients.
00:02:27Et c'est pourquoi, dès ce week-end, on a décidé plusieurs mesures.
00:02:32Donc trois qui sont très importants.
00:02:35Un, le délai de notification qui est normalement 5 jours, va être 30 jours.
00:02:40Deux, on va payer tout de suite une somme indépendante des expertises ou pas
00:02:45pour que les gens puissent se remettre en route.
00:02:48Et trois, pour des cas très difficiles, on a lancé un fonds de solidarité
00:02:53pour aider les gens au-delà de la couverture assurancielle.
00:02:57Avant les expertises, ça veut dire que qui évalue les dégâts ?
00:03:00C'est le commerçant, par exemple, lui-même ?
00:03:01Non, non, normalement, c'est un inspecteur qui vient,
00:03:03mais parce qu'on a 3 000 commerces maintenant concernés
00:03:06et ça dure naturellement un peu de temps,
00:03:08on a dit qu'il faut tout de suite débloquer de l'argent
00:03:11pour que le commerçant puisse redémarrer et ne doit pas attendre l'argent après.
00:03:17Patrick Martin, vous en revenez des rues parisiennes.
00:03:20Vous avez rencontré des commerçants et même des riverains.
00:03:23Vous avez dit tout à l'heure, il faut que le pays se réveille.
00:03:26– Se ressaisissent.
00:03:27– Se ressaisissent.
00:03:28– Se ressaisissent.
00:03:29J'ai vu, je n'avais pas le moindre doute, malheureusement,
00:03:32j'ai vu des situations choquantes et pour certaines tragiques de commerçants.
00:03:38Je pense par exemple à un boulanger qui avait ouvert 15 jours auparavant
00:03:41et dont le magasin a été totalement détruit.
00:03:44J'ai vu une pharmacie qui a été pillée, une pharmacie.
00:03:47C'est-à-dire qu'il y a probablement des gens qui avaient besoin de médicaments
00:03:51conformes à un traitement, qui n'ont pas pu s'approvisionner.
00:03:54J'ai vu une épicerie qui était complètement dévastée, dévastée.
00:03:5840 salariés qui sont sur le carreau.
00:04:00Tout ça est extrêmement impressionnant.
00:04:03De la même manière, j'avais vu samedi dernier,
00:04:05puisque j'étais à Lyon, l'incendie de l'Office du tourisme de Lyon.
00:04:09Tout ça donne une image de la France déplorable
00:04:11et invite à ce qu'on se ressaisisse effectivement.
00:04:14– Et vous avez vu ces messages anticapitalistes, anti-entreprises.
00:04:17Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
00:04:19– Moi, je pense que tout ça est très organisé,
00:04:21que c'est le fait d'une minorité très activiste et très violente
00:04:26qui est à 100 lieux des réelles préoccupations du pays,
00:04:29le pouvoir d'achat, l'emploi, le logement,
00:04:31et qui en définitive poursuit un dessin politique.
00:04:34Alors, le vrai problème, c'est que ces gens étant très organisés,
00:04:37dont sur les réseaux sociaux,
00:04:39ça peut donner l'impression que le pays adhère en définitive à leur thèse,
00:04:44ce qui n'est sincèrement pas ma conviction.
00:04:45– Vous ne sentez pas un climat global insurrectionnel ?
00:04:49– Pas du tout.
00:04:50– Non.
00:04:50– Pas du tout, je sens au contraire,
00:04:52et ça aura des conséquences politiques,
00:04:54que tout ce qui s'est produit ce week-end,
00:04:56et qui pour partie, pour partie,
00:04:58a pu être instrumentalisé politiquement,
00:05:01aura un effet complètement contraire.
00:05:03C'est-à-dire que l'immense majorité de nos concitoyens,
00:05:05qui aspirent à quoi ?
00:05:06Qui aspirent à vivre dans le respect,
00:05:08qui aspirent à vivre convenablement,
00:05:10qui aspirent à vivre tranquillement,
00:05:13sont sidérés, sont outrés par ce qu'ils ont vu là.
00:05:16Donc, il faut être très attentif à ces mouvements extrémistes et violents,
00:05:20mais de là à considérer qu'ils vont prendre le pouvoir,
00:05:24certainement pas.
00:05:24– Le monde entier nous regarde,
00:05:26notamment les investisseurs étrangers.
00:05:28Sur l'OAT, on est au moment où on se parle,
00:05:30donc le 10 ans français sur le marché secondaire,
00:05:33à 4,91.
00:05:34On a pris quasiment plus de 10 points de base depuis vendredi.
00:05:38Le CAC 40 a fini en baisse,
00:05:40moins 1,1%.
00:05:42Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui, Patrick Martin,
00:05:43aux investisseurs étrangers ?
00:05:45– Je dis qu'en tout cas, pour ce qui concerne le MEDEF,
00:05:48ces 240 000 entreprises adhérentes,
00:05:50les 12 millions de salariés qu'elles emploient,
00:05:53on veut absolument que la France donne une vraie image
00:05:56de ce qu'elle est réellement.
00:05:57Alors on traverse des circonstances, y compris mondiales,
00:06:00parce que ce que vous évoquez sur les bourses,
00:06:02c'est vrai de toutes les bourses européennes.
00:06:03Alors c'est plus marqué en France,
00:06:05et ça vient peut-être dans les autres…
00:06:06– Pareil sur les marchés obligataires.
00:06:07Tout le monde est monté, mais c'est plus marqué en France.
00:06:09– Vous voyez, lorsque j'étais près de la porte de Saint-Denis tout à l'heure,
00:06:12il y avait une chaîne de télévision chinoise.
00:06:15Je n'ai pas pu contester qu'il y avait eu de très graves dommages
00:06:19les jours derniers.
00:06:20Mais enfin, je me suis appliqué à dire, écoutez,
00:06:22traversez la France, rencontrez des Français normaux,
00:06:25et vous verrez que cette image très spectaculaire
00:06:28qui correspond à une réalité,
00:06:29ce n'est pas le reflet de la réalité de la France.
00:06:32– Thomas Bouberle, il y aura déjà de prévu en France
00:06:35une contribution émeute qui doit être…
00:06:37Alors elle a été votée, mais elle n'est pas encore…
00:06:40elle ne va pas encore être mise en place.
00:06:42Est-ce que c'est ça l'avenir ?
00:06:43C'est d'avoir des assurances qui vont augmenter,
00:06:46augmenter, augmenter ?
00:06:47– Je pense que l'assurance peut aider dans la réparation.
00:06:51Et si on pense au week-end dernier,
00:06:53si ça se fait une fois, on peut aider à réparer.
00:06:57Mais si ça se répète,
00:06:59l'assurance n'est pas là pour protéger.
00:07:01Je pense là, l'Étoile doit vraiment prendre son mandat
00:07:04de la sécurité interne au sérieux.
00:07:07Et après ce week-end,
00:07:09il n'y a pas un deuxième ou troisième week-end
00:07:10qui doit se passer comme ça.
00:07:12C'est ça, à mon avis, la laissons.
00:07:13– Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
00:07:14Est-ce que vous ne pourriez plus assurer
00:07:15si jamais ça se répète ?
00:07:16– Bien sûr, on assure tout le temps.
00:07:18Mais je veux dire,
00:07:19l'assureur doit aussi être financièrement capable
00:07:23de tenir dans la durée.
00:07:25Et aujourd'hui, on paye tous des impôts
00:07:27pour qu'on soit protégé par les policiers,
00:07:30par les gendarmes.
00:07:31Et je pense que c'est ça.
00:07:32L'État doit prendre maintenant
00:07:34l'apprentissage et les leçons de ce week-end
00:07:37pour que ça ne se reproduise pas une deuxième fois.
00:07:39– Et vous pouvez, vous,
00:07:40vous retourner contre l'État en tant qu'assureur
00:07:42en disant que vous n'avez pas fait votre travail ?
00:07:44– Bien sûr, on pourrait.
00:07:45Mais ça sert à quoi ?
00:07:47Je pense qu'on est tous dans le même bateau.
00:07:49On a tous la même volonté
00:07:51pour que ça ne se reproduise pas une deuxième fois.
00:07:54Et au lieu de se battre,
00:07:56il faut plutôt aller ensemble
00:07:58et voir ce qu'on peut faire ensemble
00:08:00pour éviter une deuxième fois
00:08:02une situation comme ça.
00:08:03– Denis Ferrand,
00:08:04le problème économique de fonds,
00:08:06c'est comment vendre la démocratie,
00:08:08le capitalisme,
00:08:09quand on n'a plus de croissance.
00:08:10– Oui, exactement.
00:08:12Et puis, il faut essayer de répondre
00:08:13à ces attentes.
00:08:14On voit bien que ce sont des attentes
00:08:15qui sont très immédiates.
00:08:16C'est intéressant de se reprojeter
00:08:17un petit peu en arrière
00:08:18avec ce qui s'était passé
00:08:20au moment de la crise des Gilets jaunes.
00:08:21Comment est-ce qu'on avait répondu ?
00:08:22On avait répondu par une démarche.
00:08:24C'était le grand débat.
00:08:25On avait répondu également
00:08:26par tout un ensemble de dispositifs,
00:08:2817 milliards d'euros
00:08:29qui avaient été mis sur la table.
00:08:30Est-ce qu'on est capable
00:08:31de réutiliser ces mêmes cordes,
00:08:33ces mêmes leviers ?
00:08:33– Les urinons.
00:08:35Pour les raisons budgétaires
00:08:36que l'on connaît
00:08:37et pour les raisons du grand débat,
00:08:38à six mois d'une élection présidentielle,
00:08:41la parole de l'exécutif
00:08:42n'a pas le même poids.
00:08:45Résultat, il faut aller probablement chercher
00:08:47d'autres leviers,
00:08:49d'autres actions à mener
00:08:50et peut-être de réfléchir un peu plus
00:08:52dans une autre temporalité
00:08:53qui est celle de réfléchir
00:08:55de manière tripartite
00:08:56entre États, citoyens, entreprises
00:08:59parce qu'il faut toujours garder présent
00:09:01l'esprit que les entreprises
00:09:02restent les instruments
00:09:04par lesquels l'État peut aussi déployer
00:09:06des politiques publiques.
00:09:07Et donc, il y a vraiment à repenser
00:09:08peut-être des éléments de coordination
00:09:11et ça, ce n'est pas la temporalité immédiate
00:09:13et le gros problème,
00:09:14c'est qu'on ne sait pas répondre
00:09:15au court terme aujourd'hui.
00:09:16– On va essayer d'y penser
00:09:17avec nos étudiants.
00:09:18Les dialogues, c'est parti.
00:09:22– Denis, on va commencer
00:09:23avec la question de l'emploi des jeunes.
00:09:26C'est un sujet, je tiens à cœur
00:09:28à nos deux invités ce soir
00:09:30avec des chiffres en France
00:09:31qui ne sont pas bons.
00:09:33– Oui, effectivement.
00:09:34La première chose
00:09:34qu'on peut regarder
00:09:35sur l'emploi des jeunes
00:09:36ou en tout cas
00:09:37sur leur insertion dans l'emploi,
00:09:38c'est, comparons-nous
00:09:40par rapport aux autres Européens,
00:09:41est-ce que la France
00:09:42a une sous-performance
00:09:43par rapport à l'Europe ?
00:09:44Par rapport à la moyenne européenne,
00:09:46non.
00:09:46Le taux d'emploi des 15-24 ans,
00:09:47il est de 35 %,
00:09:48c'est la même chose
00:09:49que la moyenne européenne.
00:09:50C'est beaucoup moins, en revanche,
00:09:52que les pays du nord de l'Europe.
00:09:53Ça, c'est déjà un premier point
00:09:55qui peut alerter.
00:09:56Le deuxième point
00:09:57qui est le plus préoccupant,
00:09:58c'est ce qui va se concerner
00:09:59ceux que l'on appelle les NITS,
00:10:01les personnes qui ne sont
00:10:02ni en emploi,
00:10:02ni en formation,
00:10:04ni en stage,
00:10:05et donc qui sont sorties
00:10:06aussi du système scolaire.
00:10:08On est sur 1,4 million de personnes.
00:10:10Si on avait le même taux de NITS
00:10:12que ceux-là
00:10:13n'alloqués en Allemagne,
00:10:14on en aurait 260 000 en moins.
00:10:16Donc, on a un effort
00:10:17sur tous ceux
00:10:18qui sont vraiment sortis,
00:10:19qui se sont très éloignés
00:10:20de l'emploi.
00:10:21Et puis, un troisième chiffre
00:10:22qui est peut-être
00:10:23un peu moins connu,
00:10:23qui est l'évolution,
00:10:24la trace de ce que l'on a fait
00:10:25pendant des années,
00:10:26à savoir une politique d'éducation
00:10:28qui a relevé fortement le niveau.
00:10:30En l'espace de 30 ans,
00:10:32le nombre de diplômés
00:10:33qui ont au moins un bac plus 2
00:10:35a été multiplié par 2.
00:10:37Mais dans le même temps,
00:10:38quand vous regardez
00:10:38comment l'économie s'est composée,
00:10:40la part de l'emploi
00:10:41dans les secteurs
00:10:42qui rémunèrent bien
00:10:43a diminué de cette pointe.
00:10:45Donc, en fait,
00:10:46on a donné une promesse
00:10:47par l'intermédiaire du diplôme
00:10:48que l'économie était
00:10:50de moins en moins
00:10:50en capacité de tenir.
00:10:52Le diplôme,
00:10:53ça ouvre toujours la porte,
00:10:54mais ça ne dit pas
00:10:55dans quelle pièce
00:10:55on va se retrouver dans l'emploi.
00:10:56Notre premier étudiant,
00:10:58c'est Mathis.
00:10:59Mathis, Master 2,
00:11:00Économie et Droits de la Concurrence
00:11:01à Toulouse School of Economics,
00:11:04champion de France de basket
00:11:05en 2018.
00:11:06Vous avez travaillé
00:11:07chez AXA,
00:11:08vous avez étudié
00:11:09l'impact de solvabilité 2.
00:11:10On est donc sur un expert
00:11:12quand même,
00:11:12ce soir avec nous.
00:11:13Mathis,
00:11:14c'est votre première question.
00:11:15Enchanté, messieurs.
00:11:17Alors,
00:11:17ma première question
00:11:18est assez simple.
00:11:19Face aux difficultés
00:11:20rencontrées par les jeunes
00:11:21à s'insérer
00:11:22sur le marché du travail,
00:11:23comme l'a présenté Denis,
00:11:25et aux problèmes
00:11:26de recrutement
00:11:26qu'évoquent souvent
00:11:27les chefs d'entreprise,
00:11:28quels sont, selon vous,
00:11:29les moyens d'action
00:11:30à prioriser
00:11:32par les entreprises
00:11:33et par la puissance publique
00:11:35pour tacler ce problème-là
00:11:36qui est majeur
00:11:37pour l'insertion des jeunes ?
00:11:39Patrick,
00:11:39je vous laisse
00:11:40parce que je sais
00:11:40que c'est votre sujet.
00:11:41Je suis intarissable.
00:11:43Allez-y.
00:11:43Intarissable.
00:11:44Allez-y.
00:11:44Je viens de commettre
00:11:46un bouquin là-dessus.
00:11:47Je complète simplement
00:11:49la réponse de Denis
00:11:50parce qu'il faut toujours
00:11:51regarder les meilleurs
00:11:52performeurs.
00:11:53En Allemagne,
00:11:55le taux d'emploi
00:11:56des jeunes,
00:11:56c'est 51%.
00:11:57Au Pays-Bas,
00:11:58c'est 75%.
00:11:59Notre taux de chômage
00:12:00des jeunes
00:12:00va rapidement monter
00:12:01à 22%.
00:12:02En Suisse,
00:12:03il est à 3,2%.
00:12:04Et quand on regarde,
00:12:06je vais venir
00:12:07à ma réponse.
00:12:08Quand on regarde
00:12:08comment fonctionnent
00:12:10ces pays en matière
00:12:10d'éducation,
00:12:11en matière d'orientation,
00:12:12en matière d'insertion,
00:12:14ça ne loupe pas.
00:12:15Ce sont systématiquement
00:12:16des pays
00:12:16où la politique
00:12:17de l'apprentissage
00:12:18a été de très longue date
00:12:20développée
00:12:21et qui fait consensus
00:12:22en définitive
00:12:23entre les syndicats,
00:12:24les entreprises,
00:12:25les organisations patronales,
00:12:26les pouvoirs publics.
00:12:27Donc moi,
00:12:28je pense que
00:12:29le fait générateur,
00:12:30ce qui explique
00:12:31essentiellement
00:12:32cette anomalie française,
00:12:34cette triste anomalie française
00:12:36qui recouvre en fait
00:12:37plein de sujets,
00:12:38peut-être qu'on y reviendra,
00:12:39de la santé mentale
00:12:40au financement
00:12:40de notre protection sociale
00:12:41et à la croissance,
00:12:43c'est qu'on a
00:12:44un système d'orientation
00:12:46qui n'est pas du tout
00:12:47et qui est chaque jour
00:12:48un peu moins adapté
00:12:49aux réalités de l'économie.
00:12:51Je veux dire par là
00:12:51que de bonne fois,
00:12:53des jeunes,
00:12:53leurs familles,
00:12:54leurs enseignants,
00:12:55les conseillers d'orientation
00:12:57flèchent un certain nombre
00:12:58de jeunes vers des formations
00:12:59qui ont pu être,
00:13:00qui ont pu assurer
00:13:01à une époque
00:13:01des débouchés,
00:13:02qui en assurent plus
00:13:03ou qui en assurent moins
00:13:04et à contrario,
00:13:06ne les flèchent pas assez
00:13:07vers des formations
00:13:08qui au contraire
00:13:09assurent des perspectives
00:13:11professionnelles
00:13:11très intéressantes.
00:13:12Je voudrais juste terminer
00:13:13si je peux me permettre
00:13:14sur un cas d'école.
00:13:16En France,
00:13:17d'école c'est le cas de le dire,
00:13:18en France,
00:13:19on a dorénavant
00:13:20moins de 25% de femmes
00:13:22dans les formations
00:13:23scientifiques et techniques.
00:13:25– Ça baisse,
00:13:26il faut le dire.
00:13:26– Et ça baisse,
00:13:27et ça baisse.
00:13:28– On est de moins en moins bon.
00:13:28– Ce qui est une aberration,
00:13:29c'est une perte d'opportunité
00:13:30pour ces filles
00:13:32et puis ces femmes
00:13:32et puis c'est une perte
00:13:34de chance
00:13:34pour l'économie elle-même
00:13:35parce qu'on est dans
00:13:36l'économie de la connaissance,
00:13:37sous votre contrôle,
00:13:38on a besoin toujours plus
00:13:40d'ingénieurs,
00:13:40de techniciens,
00:13:41etc.
00:13:42Si on va au Maroc,
00:13:44c'est un peu contre-intuitif.
00:13:45Au Maroc,
00:13:46il y a 49% de femmes
00:13:47dans les écoles d'ingénieurs
00:13:48et ici ou là,
00:13:49on me dit
00:13:49les écoles d'ingénieurs
00:13:50marocaines ne sont pas
00:13:51au niveau,
00:13:52c'est totalement faux.
00:13:53Donc on a là
00:13:54la démonstration
00:13:55et puis pardon,
00:13:56je vais continuer quand même,
00:13:57on a la démonstration
00:13:58qu'un système d'orientation
00:13:59ne marche pas.
00:14:00Nous, on a mis en place
00:14:00un certain nombre
00:14:01de dispositifs
00:14:01pour corriger
00:14:02en particulier
00:14:03cette féminisation
00:14:04des formations scientifiques
00:14:05et techniques
00:14:06et sur les NITS,
00:14:07les fameux NITS
00:14:08dont tu parlais,
00:14:09il y a plus de 20%
00:14:10de diplômés
00:14:11de l'enseignement supérieur
00:14:12qui ne sont plus en formation,
00:14:14ça va sans dire,
00:14:15pas en emploi
00:14:16et pas en études.
00:14:19Si ce n'est pas
00:14:19la démonstration
00:14:20qu'il y a des erreurs
00:14:21massives d'orientation
00:14:22et moi je serais
00:14:23Bac plus 5
00:14:24au chômage,
00:14:26j'en voudrais
00:14:26à la société.
00:14:27Mais Mathis,
00:14:28il a plein d'amis
00:14:28qui sont Bac plus 5
00:14:29au chômage.
00:14:30Oui,
00:14:32ils partent
00:14:33de toutes les formations
00:14:34possibles
00:14:35mais c'est moi
00:14:36l'enjeu du coup
00:14:37c'est quels sont
00:14:38les leviers d'action,
00:14:39il faut revoir
00:14:39si j'ai bien compris
00:14:41les formations
00:14:42parce qu'il y a
00:14:43une ou deux équations
00:14:44entre ce que vous
00:14:44vous demandez
00:14:45en tant que chef d'entreprise
00:14:45et nous ce qu'on
00:14:46est capable de faire
00:14:47Qu'est-ce que
00:14:48Thomas ?
00:14:50Qu'est-ce que vous proposez
00:14:50vous pour revoir
00:14:52complètement cette...
00:14:53Je vais compléter
00:14:54ce que Patrick a dit
00:14:55et je suis 100%
00:14:56d'accord avec lui.
00:14:58Dans les autres pays
00:14:59qui performent très bien
00:15:00il n'y a pas uniquement
00:15:01la divise
00:15:02apprentissage,
00:15:03apprentissage,
00:15:04apprentissage
00:15:05mais aussi
00:15:05une coordination
00:15:07meilleure
00:15:07entre les établissements
00:15:10de l'État
00:15:11et les entreprises.
00:15:12Les entreprises
00:15:13disent clairement
00:15:14de quoi
00:15:15ils ont besoin
00:15:16et les établissements
00:15:17produisent
00:15:18selon les besoins.
00:15:20Ce n'est pas comme ça
00:15:21qu'on fait du temps
00:15:21On est loin de ça
00:15:23en France.
00:15:23Si vous regardez
00:15:25qui fait quelle étude
00:15:26et qui trouve
00:15:27après 6, 12, 18 mois
00:15:29un emploi,
00:15:30vous voyez
00:15:31qu'il y a beaucoup
00:15:31de gens
00:15:32qui étudient
00:15:33pour le chômage
00:15:33et c'est dommage
00:15:35on ruine
00:15:35leur destin
00:15:36et je pense
00:15:37il faut que
00:15:38les entreprises
00:15:39Denis l'a bien dit
00:15:40il faut que les entreprises
00:15:42jouent aussi un rôle
00:15:43beaucoup plus important
00:15:44là-dedans
00:15:45et je veux dire
00:15:45je vois là-bas
00:15:46le mot IA
00:15:48qui va nous apprendre
00:15:49l'IA ?
00:15:50C'est les jeunes
00:15:50et on a absolument
00:15:52besoin des jeunes.
00:15:53Mais Mathis
00:15:53si je vous dis
00:15:54vous vouliez faire sociologie
00:15:55c'est non
00:15:56vous dites quoi ?
00:15:57Parce qu'il n'y a pas
00:15:58d'autres débouchés ?
00:15:58Figurez-vous
00:15:59que j'ai commencé
00:16:00par le centre
00:16:01de sociologie
00:16:02donc je me suis orienté
00:16:04vers l'économie
00:16:05et le droit
00:16:05alors je pense
00:16:06j'ai bien fait
00:16:06pour mon orientation
00:16:07professionnelle
00:16:08mais c'est clair
00:16:08que demain
00:16:09se orienter vers
00:16:10des parcours de formation
00:16:12avec peu de débouchés
00:16:13c'est un risque social
00:16:15un risque familial aussi
00:16:16la famille prend des risques
00:16:17elle investit sur nous
00:16:18elle nous demande
00:16:20de faire le mieux
00:16:21qu'on peut
00:16:22donc je pense que
00:16:23il va y avoir une balance
00:16:24c'est de plus en plus dur
00:16:25demain
00:16:26moi je viens de région
00:16:27je ne viens pas de Paris
00:16:28demain
00:16:29faire des études
00:16:29c'est un investissement
00:16:30donc il faut faire attention
00:16:32vers les formations
00:16:34vers lesquelles on s'oriente
00:16:35nous en tant que jeunes
00:16:36mais il faut aussi
00:16:37qu'on nous propose
00:16:37et qu'on nous dise
00:16:38vers lesquelles on peut
00:16:39nous s'orienter.
00:16:40bien conseiller
00:16:41parce que Patrick parlait
00:16:41justement des conseillers
00:16:42d'orientation
00:16:43non
00:16:43l'orientation
00:16:44est assez
00:16:47misérable là-dessus
00:16:48on a vraiment
00:16:49un défaut d'information
00:16:51qui est important
00:16:52et qu'on le voit
00:16:53tout de suite
00:16:54et ça je pense que
00:16:55pour le coup
00:16:56c'est clair
00:16:57qu'on a un défaut
00:16:58d'orientation
00:16:58assez massif
00:16:59demain
00:17:01est-ce qu'on va
00:17:01continuer à mentir
00:17:02aux jeunes
00:17:02sur l'orientation
00:17:03et leur dire
00:17:04qu'il y aura des
00:17:05Et vous dites
00:17:05on ment aux jeunes
00:17:06c'est quand même
00:17:06important ce que vous dites
00:17:07Thomas
00:17:08à mon avis
00:17:08il y a un autre
00:17:09grand potentiel
00:17:10qu'on n'utilise pas
00:17:11c'est le dialogue
00:17:12intergénérationnel
00:17:13aujourd'hui
00:17:14on a vraiment
00:17:15une fragmentation
00:17:16générale
00:17:17et ça sera
00:17:17relativement simple
00:17:19pour la génération
00:17:20un peu plus âgée
00:17:21d'organiser
00:17:22un mentorat
00:17:24organisé
00:17:24avec les jeunes
00:17:25pour aider
00:17:26de s'orienter
00:17:27parce qu'aujourd'hui
00:17:28vous êtes
00:17:29beaucoup de fois seul
00:17:30parmi les copains
00:17:31et vous ne trouvez
00:17:32pas le bon chemin
00:17:33et je pense
00:17:33là on ne fait pas
00:17:34assez
00:17:35de liaisons
00:17:37intergénérationnelles
00:17:38et de liaisons
00:17:38école-entreprise
00:17:39peut-être aussi
00:17:40absolument
00:17:40parce que moi je pense
00:17:42il faut que
00:17:43les gens
00:17:45dans l'entreprise
00:17:46doivent aller
00:17:47dans les écoles
00:17:48et pas uniquement
00:17:49parler devant
00:17:49la classe
00:17:50mais se prendre
00:17:51un étudiant
00:17:52pendant une année
00:17:53pour vraiment
00:17:54aider dans le coaching
00:17:56et du tutorat
00:17:57voilà pour les amener
00:17:59vers une opportunité
00:18:00Malou
00:18:02qui est à côté de vous
00:18:02Malou
00:18:03qui fait des études
00:18:05de master de politique
00:18:06et culturel
00:18:06et mécénat
00:18:07à Sciences Po
00:18:08Aix
00:18:08vous voulez travailler
00:18:09dans l'industrie
00:18:11musicale
00:18:11vous avez remporté
00:18:12un concours vidéo
00:18:13auprès de l'Union Européenne
00:18:14vous avez passé
00:18:14l'été
00:18:15à voyager
00:18:16en train
00:18:17oui c'est ça
00:18:17c'était un vrai challenge
00:18:18mais je suis ici aujourd'hui
00:18:20donc j'en suis revenue
00:18:21c'est sûr
00:18:22ça devait être super
00:18:23votre question Malou
00:18:24oui donc monsieur Martin
00:18:25monsieur Beberle
00:18:27peut-être une question
00:18:27ancrée dans l'actualité
00:18:28avec ce qu'on vient de dire également
00:18:30les jeunes sont dans la rue
00:18:31ils sont en colère
00:18:31et question des entreprises
00:18:32ils expriment un sentiment
00:18:34de désenchantement
00:18:36ou en tout cas
00:18:37d'une perte de sens
00:18:37aussi souvent
00:18:38aujourd'hui
00:18:39qu'est-ce que l'entreprise
00:18:40peut faire
00:18:40pour redonner envie
00:18:42d'y rester
00:18:43de s'y projeter
00:18:44refaire envie de rêver
00:18:47Patrick ?
00:18:47je pense
00:18:48on a un vrai problème
00:18:50en France
00:18:51mais dans
00:18:51beaucoup d'autres pays
00:18:53c'est un peu
00:18:54quel est notre projet
00:18:56qui excite
00:18:57tout le monde
00:18:58aujourd'hui
00:18:59quand on parle
00:18:59sur les projets
00:19:00on parle sur les réformes
00:19:02je vous coupe le bras
00:19:03je vous coupe la jambe
00:19:04et
00:19:04c'est pas très excitant
00:19:06mais c'est quoi
00:19:07ce projet
00:19:08qui va mettre
00:19:09la France
00:19:10de demain
00:19:12devant
00:19:12c'est ça à mon avis
00:19:13qui manque
00:19:14aujourd'hui
00:19:14et c'est ça
00:19:15qui donne
00:19:16cette manque
00:19:18d'esprit positif
00:19:19et je pense
00:19:20c'est un travail
00:19:21collectif
00:19:21qu'on va faire
00:19:23c'est pourquoi
00:19:23le grand départ
00:19:25Denis
00:19:25je suis pas du tout
00:19:27d'accord
00:19:27il faut pas attendre
00:19:28encore neuf mois
00:19:29pour l'avoir
00:19:29aujourd'hui
00:19:30il faut que les gens
00:19:32s'expriment
00:19:32il faut qu'on fasse
00:19:34un peu du sourcing
00:19:35collectif
00:19:36pour voir
00:19:36quelles sont les idées
00:19:37et beaucoup de fois
00:19:39les bonnes idées
00:19:40viennent des jeunes
00:19:40et je pense
00:19:41si j'ai un conseil
00:19:42à vous donner
00:19:43exprimez-vous
00:19:45vous avez un point
00:19:46important
00:19:47dans la société
00:19:48je vous entends
00:19:49pas assez
00:19:50et pas exprimer
00:19:51en termes de violence
00:19:53exprimer
00:19:54avec des propos
00:19:55qui sont
00:19:56là
00:19:57pour continuer
00:19:58à développer
00:19:59cette France
00:20:00alors Denis
00:20:01oui c'est vrai
00:20:01que je pensais
00:20:02au grand débat
00:20:02par rapport à l'usage
00:20:03qui en avait été fait
00:20:04c'est à dire
00:20:05faire une consultation
00:20:06un peu alibi
00:20:07et ne pas en tirer
00:20:08quelque chose
00:20:09c'est évidemment
00:20:09toute la difficulté
00:20:10on parle bien
00:20:11de même chose
00:20:12effectivement
00:20:12c'est vrai
00:20:12qu'il y a
00:20:13une aspiration
00:20:14à être
00:20:15probablement
00:20:16ce qui est
00:20:16le plus remarquable
00:20:17et je pense
00:20:18que les jeunes
00:20:18en particulier
00:20:19ont beaucoup
00:20:19de choses
00:20:19à nous dire
00:20:20Patrick
00:20:20qu'est-ce que
00:20:21l'entreprise
00:20:21peut faire
00:20:21pour faire rêver
00:20:23déjà
00:20:24leur faire connaître
00:20:26l'entreprise
00:20:27aux jeunes
00:20:28parce que
00:20:29c'est un facteur
00:20:30de ségrégation
00:20:31sociale et culturelle
00:20:32terrible
00:20:32que d'avoir
00:20:33cette espèce
00:20:33de cloisonnement
00:20:34entre l'entreprise
00:20:35et l'enseignement
00:20:37parce qu'il y a
00:20:37ceux qui ont
00:20:38les codes
00:20:38les réseaux
00:20:39qui généralement
00:20:40sont issus
00:20:40de milieux
00:20:41plutôt favorisés
00:20:42dont les parents
00:20:43sont en emploi
00:20:43puis il y en a d'autres
00:20:44des cas extrêmes
00:20:45par exemple
00:20:45des enfants de chômeurs
00:20:46parfois depuis deux générations
00:20:48dans des quartiers
00:20:49qui ne sont pas
00:20:49ouverts à l'entreprise
00:20:50et donc c'est coupable
00:20:52d'une certaine manière
00:20:52de la part de l'entreprise
00:20:54de ne pas leur ouvrir
00:20:55les portes
00:20:55pour leur faire toucher
00:20:56du doigt
00:20:57en réalité
00:20:58la réalité
00:20:59de l'entreprise
00:21:00et puis au cas par cas
00:21:01il y a certains enseignants
00:21:02de moins en moins nombreux
00:21:03qui
00:21:04de manière un peu dogmatique
00:21:06considèrent que
00:21:07le seul objectif
00:21:08de l'entreprise
00:21:09c'est de faire venir
00:21:10de la main d'oeuvre
00:21:11peu qualifiée
00:21:12pas cher
00:21:13c'est le contraire
00:21:14de ce que l'économie
00:21:14d'aujourd'hui veut
00:21:15on a au contraire
00:21:16besoin de gens qualifiés
00:21:17et quand ils sont qualifiés
00:21:18on les paye bien
00:21:19donc il faut qu'on aille
00:21:20beaucoup plus loin
00:21:21qu'on ne le fait
00:21:21on fait déjà
00:21:22beaucoup de choses
00:21:23par exemple
00:21:23à l'origine
00:21:24j'étais président
00:21:25du MEDEF Rondable
00:21:25depuis plus de 25 ans
00:21:27on a ce qu'on appelle
00:21:28les semaines
00:21:28école entreprise
00:21:29on vient de lancer
00:21:30les journées
00:21:31du patrimoine économique
00:21:32parce que bien souvent
00:21:34une usine sans jamais
00:21:35y être entrée
00:21:36sans savoir ce qui s'y fait
00:21:37on va faire du tourisme
00:21:38économique
00:21:38c'est pas du tourisme
00:21:39c'est de la découverte
00:21:41et puis il faut
00:21:42qu'on structure ça
00:21:43beaucoup mieux
00:21:43on fait beaucoup de choses
00:21:44très bien
00:21:44Thomas évoquait tout à l'heure
00:21:46par exemple
00:21:46la fondation Télémac
00:21:48qui organise des mentorats
00:21:49de jeunes
00:21:50mais si on était à l'échelle
00:21:51on n'aurait pas
00:21:52ces scores décevants
00:21:53même inquiétants
00:21:54sur le taux d'emploi
00:21:55sur le taux de chômage
00:21:57des jeunes
00:21:57donc il faut industrialiser
00:21:59ces démarches
00:22:00et faire tomber
00:22:01les dernières barrières
00:22:02qui existent
00:22:02entre le monde
00:22:03de l'enseignement
00:22:03le monde de l'entreprise
00:22:05j'ai signé il y a
00:22:064 mois
00:22:06une convention
00:22:07avec France Université
00:22:08tous les présidents
00:22:10d'universités
00:22:10qui ne sont pas tous
00:22:12adhérents du MEDEF
00:22:13aucun n'est adhérent
00:22:14du MEDEF
00:22:14il y en a certains
00:22:15quand même de l'entreprise
00:22:15une image assez péjorative
00:22:17il n'empêche que tout le monde
00:22:18est signé
00:22:18et quand on regarde
00:22:19le contenu de cette convention
00:22:20il y a quelques années encore
00:22:21c'était même pas imaginable
00:22:23qu'est-ce qu'elle dit
00:22:24précisément
00:22:24il faut qu'on se connaisse mieux
00:22:26et qu'on se découvre
00:22:27pour travailler ensemble
00:22:28mais Malou derrière
00:22:29il y a quand même
00:22:30un peu la question
00:22:30de se projeter aussi
00:22:31de la carrière
00:22:33c'est long
00:22:34jusqu'à 65
00:22:35peut-être 7
00:22:36je ne veux pas présager
00:22:38mais il y a ça aussi
00:22:39derrière votre question
00:22:40non ?
00:22:41Oui tout à fait
00:22:41il y a aussi aujourd'hui
00:22:42les enjeux de management
00:22:44mais je pense que ça rejoint
00:22:44ce que M. Martin disait
00:22:45c'est-à-dire qu'on ne connaît pas
00:22:46l'entreprise
00:22:47donc on peut en avoir peur
00:22:48de nous là
00:22:49où on se trouve
00:22:50donc c'est vrai que c'est difficile
00:22:51de passer ce cap
00:22:52après d'imaginer toute sa vie
00:22:54dans une seule et même entreprise
00:22:55on ne sait pas ce qu'il y a
00:22:56derrière cette porte
00:22:57c'est vrai que moi
00:22:58je ne fais pas du tout partie
00:22:58de ces gens privilégiés
00:23:00dont vous parliez
00:23:00je n'ai pas des parents
00:23:02dans des grandes entreprises
00:23:02etc je ne savais pas
00:23:03ce qui s'y passait
00:23:04avant vraiment
00:23:05de rentrer à Sciences PoEx
00:23:06et d'échanger aussi
00:23:07avec des acteurs
00:23:08donc je pense que c'est
00:23:09primordial sur ce point-là
00:23:10oui
00:23:11Thomas Bouber
00:23:11Non absolument
00:23:12je pense que la porte
00:23:13de l'entreprise
00:23:14s'ouvre
00:23:15et se ferme pas derrière
00:23:16je veux dire
00:23:17vous avez toujours
00:23:18la possibilité d'entrer
00:23:20d'apprendre
00:23:21mais aussi
00:23:21selon votre volonté
00:23:23de dire ok
00:23:23je fais autre chose après
00:23:25et je veux dire
00:23:26j'aimerais quand même
00:23:27vous avez évoqué le sujet
00:23:29est-ce que l'entreprise
00:23:30fait rêver
00:23:31à mon avis
00:23:32et je suis peut-être
00:23:33un peu biaisé
00:23:33l'entreprise fait rêver
00:23:35AXA par exemple
00:23:37comme assurance
00:23:37on travaille
00:23:38sur la cohésion sociale
00:23:40notre mission
00:23:41est ça
00:23:41notre mission
00:23:42est d'aider
00:23:44d'accompagner
00:23:45les particuliers
00:23:46d'accompagner
00:23:47les entreprises
00:23:47avec les investissements
00:23:49avec l'assurance
00:23:50vous avez une vraie
00:23:52tâche sociétale
00:23:53et je pense
00:23:54c'est ça qu'il ne faut pas oublier
00:23:55et vous avez plein d'entreprises
00:23:56qui font rêver
00:23:57parce que beaucoup d'entreprises
00:23:58ont ce projet
00:24:00quelle est leur mission sociale
00:24:02et qu'est-ce qu'ils peuvent vraiment faire
00:24:03et je pense
00:24:04c'est ça
00:24:04qu'il faudrait chercher
00:24:06quelle entreprise vous convient
00:24:07quelle culture vous convient
00:24:09quels sont les gens
00:24:11qui vous conviennent
00:24:12parce qu'il faut se sentir bien
00:24:14en faisant quelque chose
00:24:16qui fait du bien
00:24:17Mais est-ce que je vais
00:24:18être suffisamment payé
00:24:19changer ma condition
00:24:20gagner plus d'argent
00:24:21que mes parents
00:24:22c'est ça aussi
00:24:23les questions
00:24:23qui se posent
00:24:24derrière Thomas Bouverle
00:24:25Absolument
00:24:26mais si j'ai un conseil à donner
00:24:27ne regardez pas votre salaire
00:24:29regarder
00:24:30c'est ce que vous apprenez
00:24:31au début
00:24:33il faut regarder
00:24:34que à propre
00:24:35bien sûr
00:24:35il faut vivre
00:24:36mais apprentissage
00:24:37apprentissage
00:24:38apprentissage
00:24:39Alors ça tombe très bien
00:24:40parce que l'apprentissage
00:24:42c'est une partie
00:24:43du sujet de Chloé
00:24:44Chloé qui est en master
00:24:45commerce international
00:24:46et marketing
00:24:47export à l'université
00:24:48Paris 8
00:24:49passion littérature
00:24:50et cuisine du monde
00:24:50attention Chloé
00:24:51elle parle français
00:24:52italien
00:24:52espagnol
00:24:53anglais
00:24:53elle se débrouille un peu
00:24:54en allemand
00:24:54et en russe
00:24:55On va tester
00:24:57On va faire l'interview
00:24:58en allemand
00:24:59on va rester en français
00:24:59parce que nous
00:24:59on n'est pas au niveau
00:25:01Allez-y Chloé
00:25:02Bonsoir monsieur Martin
00:25:03bonsoir monsieur Buberle
00:25:05je suis moi-même
00:25:06alternante dans le domaine
00:25:07de l'assurance crédit
00:25:08et c'est vrai que
00:25:09l'alternance représente
00:25:10un véritable levier d'emploi
00:25:11pour notre génération
00:25:13ça nous donne les outils
00:25:14pour affronter
00:25:16le monde du travail
00:25:17pour s'y insérer
00:25:18et pour vraiment évoluer
00:25:19maintenant
00:25:20dans le contexte
00:25:21budgétaire actuel
00:25:22on part de réduire
00:25:23les aides allouées
00:25:24à l'alternance
00:25:25en particulier
00:25:26pour les masters
00:25:28personnellement
00:25:28une telle décision
00:25:30aurait des impacts
00:25:31très négatifs
00:25:32pour notre génération
00:25:33parce que
00:25:34sans l'alternance
00:25:35et sans les stages
00:25:36il n'y aurait pas de moyens
00:25:37d'avoir de l'expérience professionnelle
00:25:39avant la fin des études
00:25:42maintenant ma question est
00:25:43de votre côté
00:25:44s'il y avait une coupure budgétaire
00:25:46par rapport à l'alternance
00:25:47est-ce que cela aurait un impact
00:25:49sur vos entreprises
00:25:51et est-ce que vous envisageriez
00:25:53éventuellement
00:25:54d'embaucher des alternants
00:25:56même sans avoir des aides
00:25:57de la part de l'Etat ?
00:25:59Patrick Martin ?
00:26:00Alors je parle d'expérience
00:26:02d'abord parce que
00:26:02dans ma propre entreprise
00:26:03j'ai beaucoup d'alternants
00:26:05ensuite parce que
00:26:05au moment du Covid
00:26:07on avait 350 000 apprentis en France
00:26:09et du fait de la crise sanitaire
00:26:11on craignait
00:26:12qu'il y en ait 40 à 50% de moins
00:26:13j'étais allé négocier
00:26:14avec la ministre du travail
00:26:15à l'époque
00:26:16madame Pénicaud
00:26:16le ministre de l'économie
00:26:18et des finances
00:26:18à l'époque
00:26:19monsieur le maire
00:26:19pour mettre en place
00:26:20des aides renforcées
00:26:21à l'apprentissage
00:26:23on traînait depuis des décennies
00:26:25à 300-350 000 apprentis
00:26:27comme par enchantement
00:26:28on est monté
00:26:29à 1 million d'apprentis
00:26:30en l'espace de quelques années
00:26:31on a crevé le plafond de verre
00:26:33à l'inverse
00:26:34on voit bien que
00:26:34pour des raisons
00:26:35que je qualifie
00:26:36de sordidement budgétaire
00:26:37en tout cas court-termiste
00:26:39depuis deux ans
00:26:40le gouvernement
00:26:41qui cherche des économies partout
00:26:42ne les trouve pas
00:26:43au bon endroit
00:26:44et en particulier
00:26:44remet en cause
00:26:45les aides à l'apprentissage
00:26:46à une certaine taille d'entreprise
00:26:48et à un certain niveau de formation
00:26:49comme par enchantement
00:26:50sur les entreprises
00:26:51et au niveau de formation
00:26:52qui ont été les plus dynamiques
00:26:53en termes de développement
00:26:54de l'apprentissage
00:26:55je pense que c'est
00:26:56une robuste ânerie
00:26:57et quand je dis ânerie
00:26:58c'est pour ne pas dire autre chose
00:26:59donc le Medef
00:27:00s'est battu comme un chien
00:27:01pour essayer
00:27:02de limiter les dégâts
00:27:04mais ce qui devait arriver
00:27:05arrive, c'est-à-dire
00:27:06que le nombre de contrats
00:27:07d'apprentissage
00:27:08d'ores et déjà diminue
00:27:09alors il y a une dimension
00:27:10conjoncturelle
00:27:10très difficile de savoir
00:27:12ce qui relève de quoi
00:27:13mais il faut absolument
00:27:14qu'on maintienne ces aides-là
00:27:16alors après
00:27:17il y a eu quelques fraudes
00:27:18il y a eu quelques abus
00:27:19il faut les sanctionner
00:27:20c'est évident
00:27:22mais de grâce
00:27:23ne remettons pas en cause
00:27:24l'apprentissage
00:27:24je rappelle que
00:27:25le taux d'accès à l'emploi
00:27:26des jeunes
00:27:27qui sont passés
00:27:28par l'apprentissage
00:27:28est de 20 points
00:27:29de 20% supérieur
00:27:31à celui des jeunes
00:27:32qui sont passés
00:27:33par des filières classiques
00:27:34mais la question c'est
00:27:34on supprime les aides
00:27:35vous le faites quand même
00:27:36on le fera moins
00:27:38moins, vous le ferez moins
00:27:39vous ne pourrez pas
00:27:40garder les mêmes niveaux
00:27:41Thomas Bouberle
00:27:41à mon avis
00:27:42et pardon Chloé
00:27:43pour prendre la discussion
00:27:45un peu plus haut encore
00:27:47il y a aujourd'hui
00:27:48un problème
00:27:49du contrat social
00:27:50en France
00:27:51et dans tous
00:27:53les pays européens
00:27:54le fait
00:27:55comment on peut
00:27:56équilibrer
00:27:56les investissements
00:27:57et je pense
00:27:59avant qu'on n'a pas
00:28:00réglé
00:28:01et discuté
00:28:01ce sujet là
00:28:03on va toujours
00:28:04avoir
00:28:05la tendance
00:28:06de couper
00:28:07pour les jeunes
00:28:08ça va créer
00:28:09des tensions
00:28:10intergénérationnelles
00:28:11comme j'ai évoqué avant
00:28:12et je pense
00:28:12on a vraiment
00:28:13les prochains gouvernements
00:28:15ont la tâche
00:28:16même si c'est difficile
00:28:17de rééquilibrer
00:28:19le contrat social
00:28:20qu'est-ce que ça veut dire
00:28:21qu'est-ce qu'on peut
00:28:22se permettre
00:28:22aux retraités
00:28:23qu'est-ce qu'on doit
00:28:24se permettre
00:28:25aux apprentis
00:28:26et à mon avis
00:28:26aujourd'hui
00:28:27on ne dépense pas
00:28:28assez
00:28:29pour les apprentis
00:28:30on est venu
00:28:32d'un extrême
00:28:33où on a peut-être
00:28:35dépensé trop
00:28:36vers un extrême
00:28:37aujourd'hui
00:28:37où on ne dépense
00:28:38pas assez
00:28:39et je pense
00:28:40le rôle
00:28:41et la tâche
00:28:41du prochain gouvernement
00:28:42doit être
00:28:43de rééquilibrer
00:28:44cette équation
00:28:46mais je repose la question
00:28:47on enlève les aides
00:28:47sur les masters
00:28:48est-ce que vous conservez
00:28:49ce que vous avez
00:28:50aujourd'hui
00:28:51ou le même niveau
00:28:52d'embauche
00:28:53pour nous oui
00:28:53parce qu'on fait
00:28:54nous-mêmes
00:28:55les calculs
00:28:55aujourd'hui
00:28:56on récrute
00:28:57aujourd'hui
00:28:58par an
00:28:58encore 12 000 personnes
00:28:59et je veux dire
00:29:00ce sont vos embauchés
00:29:02de demain
00:29:02oui on a besoin
00:29:03encore une fois
00:29:04si je regarde
00:29:05un peu
00:29:05avec l'âge
00:29:07on perd un peu
00:29:08l'appétit
00:29:08pour le risque
00:29:09et les jeunes
00:29:10ils ont beaucoup
00:29:11d'idées
00:29:11beaucoup d'appétit
00:29:12de risque
00:29:13on a besoin
00:29:13de ces jeunes
00:29:14pour nous mobiliser
00:29:16on va demander
00:29:17un petit changement
00:29:18de place
00:29:18entre Matisse
00:29:19et Agathe
00:29:21qui vont échanger
00:29:22Agathe
00:29:22qui nous rejoint
00:29:22ma soeur de recherche
00:29:23en analyse
00:29:24et politique et économique
00:29:25à Paris
00:29:25Panthéon Assas
00:29:26passionné de romans
00:29:27policiers
00:29:28d'aquarelle
00:29:28et d'enseignement
00:29:29vous avez donné
00:29:29des cours d'économie
00:29:30et vous revenez
00:29:31d'une année
00:29:31à Tokyo
00:29:32votre question
00:29:33exactement
00:29:33merci Laure
00:29:34donc moi j'ai une question
00:29:36que vous avez évoquée
00:29:37sur un sujet
00:29:37que vous avez évoqué
00:29:38tout à l'heure
00:29:38monsieur Thomas Buber
00:29:39c'était sur
00:29:40l'intelligence artificielle
00:29:41donc c'était surtout
00:29:42quel rôle
00:29:43les entreprises
00:29:44peuvent jouer
00:29:44notamment sur la formation
00:29:47pour accompagner
00:29:48les jeunes
00:29:49dans ce monde
00:29:50où l'intelligence artificielle
00:29:51prend de plus en plus
00:29:52de place
00:29:52et où tout le monde
00:29:53moi la première
00:29:54l'utilise énormément
00:29:55et aussi
00:29:56où les tâches
00:29:58qui sont confiées
00:29:58aux salariés
00:30:00les plus jeunes
00:30:00qui entrent
00:30:01dans le monde
00:30:02du travail
00:30:02sont des tâches
00:30:03qui sont plutôt routinières
00:30:04qui sont plutôt simples
00:30:05et donc qui peuvent
00:30:06être substituées
00:30:07par l'intelligence artificielle
00:30:08et où
00:30:09donc celles
00:30:10qui sont un peu
00:30:11plus compliquées
00:30:12on va dire
00:30:12sont confiées
00:30:14à des personnes
00:30:15avec plus de qualifications
00:30:17mais on n'aurait pas
00:30:18donc ce renouvellement
00:30:19de compétences
00:30:20inquiétudes sur l'emploi
00:30:21quand même
00:30:21des jeunes
00:30:22qui veut répondre
00:30:23Thomas Bouber
00:30:24moi je peux répondre
00:30:25alors l'assurance
00:30:26est un peu peut-être
00:30:27spécifique
00:30:27parce que l'assurance
00:30:28c'est un métier humain
00:30:29vous achetez
00:30:30une promesse
00:30:31de quelqu'un
00:30:32vous ne voulez pas
00:30:33parler avec une machine
00:30:34vous ne voulez pas
00:30:34avec un humain
00:30:35si vous avez
00:30:36un sinistre à régler
00:30:37vous voulez avoir
00:30:38l'humain
00:30:38et aujourd'hui
00:30:40l'IA pour nous
00:30:41nous sert à être
00:30:42plus précis
00:30:43dans les calculs
00:30:44et plus vite
00:30:45dans
00:30:47les sinistres
00:30:48et autres
00:30:48et là
00:30:49l'IA
00:30:50est plutôt
00:30:51utilisé
00:30:52pour faciliter
00:30:53les tâches
00:30:54et c'est pourquoi
00:30:55aujourd'hui
00:30:55encore une fois
00:30:56je vous l'ai dit
00:30:56j'ai besoin
00:30:58on a besoin
00:30:59des jeunes
00:30:59pour nous aider
00:31:00sur l'IA
00:31:01encore une fois
00:31:01qui sait mieux
00:31:03piloter sur Copalette
00:31:05qui connaît mieux
00:31:06les modèles
00:31:08ce n'est pas
00:31:09les gens
00:31:10de ma génération
00:31:10c'est les jeunes
00:31:11et les jeunes
00:31:12ont aussi
00:31:13je veux dire
00:31:14une tâche
00:31:14de reverse mentoring
00:31:16pour les gens
00:31:17qui sont en entreprise
00:31:18pour apprendre
00:31:20et pour pousser
00:31:21et accélérer
00:31:22le déploiement
00:31:24de l'IA
00:31:25c'est pourquoi
00:31:25on a absolument besoin
00:31:26vous êtes prête
00:31:27à aller former
00:31:27des salariés
00:31:28le reverse mentoring
00:31:29c'est l'inverse
00:31:30vous allez former
00:31:31des salariés
00:31:31plus âgés
00:31:32ça vous dit
00:31:33ou pas vous
00:31:33qui aimez bien enseigner
00:31:35oui c'est possible
00:31:36et puis ça permettrait
00:31:36d'avoir
00:31:38ce dialogue
00:31:39intergénérationnel
00:31:40que vous mentionnez
00:31:41et permettre
00:31:42finalement
00:31:43de briser un peu
00:31:44cette vitre
00:31:44qu'il y a
00:31:45entre les personnes
00:31:46qui sont plus âgées
00:31:47dans l'entreprise
00:31:47et les nouveaux entrants
00:31:48Patrick Martin
00:31:49sur la question
00:31:50des craintes
00:31:50de ne même pas
00:31:51être embauché
00:31:52justement
00:31:52parce que l'IA
00:31:53a supprimé
00:31:53des tâches
00:31:54qui étaient trop simples
00:31:55il faut être
00:31:57très modeste
00:31:57sur ce sujet
00:31:58de l'IA
00:31:59parce qu'on voit bien
00:31:59que d'un jour
00:32:00à l'autre
00:32:01les technologies évoluent
00:32:02et la compréhension
00:32:03qu'on a du sujet
00:32:04évolue
00:32:05d'ailleurs c'est très
00:32:06spectaculaire
00:32:07de voir à l'échelle mondiale
00:32:08des gens très savants
00:32:09dire pour les uns
00:32:10ça va supprimer
00:32:11en net
00:32:11des centaines de millions
00:32:12d'emplois
00:32:13pour d'autres dire
00:32:14ça va créer
00:32:14des centaines de millions
00:32:15d'emplois
00:32:16donc je me garde
00:32:18d'essayer de passer
00:32:19pour un sachant
00:32:20ce qui est certain
00:32:21c'est que du fait
00:32:22que ça évolue très vite
00:32:23les compétences
00:32:24doivent évoluer très vite
00:32:25si on se souvient
00:32:26qu'il y a ne serait-ce
00:32:27que trois ans
00:32:27on se désespérait
00:32:28de ne pas avoir plus
00:32:29de codeurs en France
00:32:30pour dire aujourd'hui
00:32:31mais finalement
00:32:32on n'a plus besoin
00:32:32de codeurs
00:32:32parce que l'IA
00:32:33va s'en occuper très bien
00:32:34il faut être très prudent
00:32:35à l'instant T
00:32:36c'est vrai
00:32:37il ne faut pas le nier
00:32:38qu'il y a un certain
00:32:39nombre de jeunes diplômés
00:32:40y compris de grandes écoles
00:32:42qu'elles soient d'ingénieurs
00:32:42ou de commerces
00:32:43qui ne trouvent pas
00:32:46à s'embaucher
00:32:47alors qu'il y a quelques années
00:32:49encore
00:32:49on se les arrachait
00:32:50c'est vrai
00:32:51qu'il y a un certain
00:32:51nombre d'entreprises
00:32:52qui freinent le recrutement
00:32:53précisément
00:32:53parce qu'elles ne savent pas
00:32:54ce que l'IA
00:32:55va occasionner chez elles
00:32:56donc je reprends
00:32:58ce que disait Thomas
00:32:59il faut que
00:32:59bien sûr vous vous l'êtes
00:33:01mais il faut que tous les jeunes
00:33:01soient aguerris
00:33:02soient formés à l'IA
00:33:03pour précisément
00:33:04leur donner une valeur marchande
00:33:06et permettre aux entreprises
00:33:07qui toutes doivent
00:33:09s'emparer de l'IA
00:33:10toutes les petites
00:33:11les moyennes
00:33:11les grandes
00:33:12dans l'industrie
00:33:12dans les services
00:33:13dans le commerce
00:33:14dans tous les secteurs
00:33:15et donc que les jeunes
00:33:17tirent partie
00:33:18de cette expérience
00:33:19de cette formation
00:33:21qu'ils ont reëue dans l'IA
00:33:21ça renvoie à quoi ?
00:33:23à la nécessité
00:33:24que la formation
00:33:25le système de formation
00:33:26lui-même
00:33:28dispense ces formations-là
00:33:29ça ne va pas assez vite
00:33:31Denis
00:33:32après une question de Martin
00:33:32oui effectivement
00:33:33pour appuyer sur quelques chiffres
00:33:35qui permettent
00:33:35de redonner
00:33:36des ordres de grandeur
00:33:37en fait avec l'IA
00:33:39c'est un peu
00:33:40l'IA ne frappe pas
00:33:41les salariés en place
00:33:42mais en revanche
00:33:43elles freinent
00:33:44l'entrée
00:33:45de ceux qui pourraient
00:33:46y aspirer
00:33:46on peut prendre des exemples
00:33:48par exemple
00:33:48sur les embauches
00:33:49des 21 à 29 ans
00:33:50il y a eu une étude
00:33:50qui est sortie récemment
00:33:51les embauches en CDI
00:33:52des 21 à 29 ans
00:33:53dans les secteurs
00:33:54qui sont très concernés
00:33:55par l'IA
00:33:55on a une baisse
00:33:56de ces embauches
00:33:57de l'ordre de 28%
00:33:58là où vous avez
00:33:59une baisse
00:33:59des embauches en CDI
00:34:00pour les secteurs
00:34:01moins concernés par l'IA
00:34:02qui est plutôt
00:34:03de 7,5%
00:34:04et en revanche
00:34:05et ça c'est pour les 21 à 29 ans
00:34:06en revanche
00:34:07pour les plus de 50 ans
00:34:08il n'y a pas d'écart
00:34:09entre embauche
00:34:10et sortie
00:34:11en fait
00:34:12d'une certaine manière
00:34:14l'IA ne licencie pas
00:34:15mais
00:34:16elle n'embauche plus
00:34:17c'est ça qui fait
00:34:18la différence
00:34:19et en fait
00:34:19c'est un peu
00:34:20comme si on avait
00:34:21retiré l'échelle
00:34:23ou plutôt
00:34:24l'échelle est toujours là
00:34:25mais le premier barreau
00:34:26n'est plus présent
00:34:27et donc se pose la question
00:34:28de l'entrée
00:34:29dans la formation
00:34:30Allez-y Thomas
00:34:32J'aimerais qu'on regarde
00:34:33ces chiffres à nouveau
00:34:34dans 2-3 ans
00:34:35parce qu'aujourd'hui
00:34:36on voit
00:34:37les gens freinent
00:34:38parce qu'ils ne savent plus
00:34:40c'est ce qui se passe
00:34:41c'est ce que Patrick a dit
00:34:43et c'est pourquoi
00:34:45il ne faut peut-être pas
00:34:46être mis sur le mauvais chemin
00:34:49par ces chiffres-là
00:34:51je pense
00:34:52dans quelques années
00:34:53on va voir
00:34:54quelque chose de très différent
00:34:55On est effectivement
00:34:56sur une très grande incertitude
00:34:57sur ce qui se passe
00:34:58c'est une observation
00:34:59à date
00:34:59qui effectivement demande
00:35:01espérons le cas
00:35:02de changement modifié
00:35:03Patrick, après question de Martin
00:35:06Non, et puis
00:35:07Martin, l'édition
00:35:08Moi, je pense qu'il y a
00:35:10ça se complique
00:35:11Oui
00:35:12Moi, j'apprends tous les jours
00:35:15Il y a des métiers
00:35:16qui vont disparaître
00:35:16en tout cas, il y a des tâches
00:35:17qui vont disparaître
00:35:18A contrario, il y a des métiers
00:35:20qui ne sont pas suffisamment
00:35:21valorisés aujourd'hui
00:35:22et qui, eux
00:35:23sont sans doute moins exposés
00:35:25je ne vais pas dire menacés
00:35:25mais exposés à l'IA
00:35:26et où il y a
00:35:27d'énormes tensions
00:35:28de recrutement
00:35:29Donc, c'est une raison supplémentaire
00:35:30pour qu'on travaille
00:35:31beaucoup plus
00:35:32l'orientation en amont
00:35:33Ce n'est pas forcément
00:35:34au même niveau d'études
00:35:35mais quand on regarde
00:35:36les 650 000 jeunes
00:35:37qui sont dans les lycées professionnels
00:35:39et le taux d'accès
00:35:40à l'emploi de ces jeunes
00:35:41lorsqu'ils sortent
00:35:42des lycées professionnels
00:35:43c'est une honte
00:35:44pour la France
00:35:44Il y a des lycées professionnels
00:35:45d'exception
00:35:46et précisément
00:35:47c'est un moyen
00:35:48pour des jeunes
00:35:49qui ne se destinent pas
00:35:50à des études longues
00:35:51de leur dire
00:35:52vous allez dans des lycées professionnels
00:35:54ou dans des CAP, etc.
00:35:55mais orientez-vous
00:35:56vers des métiers
00:35:57qui vont être
00:35:58durablement demandeurs
00:35:59Encore une fois, c'est l'adéquation
00:36:00entre l'offre et l'offre
00:36:01Bien sûr
00:36:01c'est dans le bâtiment
00:36:03dans l'hôtellerie-restauration
00:36:04dans l'aide à la personne, etc.
00:36:06où je précise
00:36:07qu'il peut y avoir
00:36:08des métiers
00:36:08qui sont aussi bien
00:36:10et mieux rémunérés
00:36:11que dans certaines fonctions
00:36:12administratives
00:36:13qui, elles, vont être impactées
00:36:14par l'IA
00:36:14Martin, question de Martin
00:36:16parce que sinon
00:36:16on n'aura pas le temps
00:36:17Juste un dernier point
00:36:18sur l'IA
00:36:18On parle toujours
00:36:20sur les métiers
00:36:20qui disparaissent
00:36:21On ne parle jamais
00:36:22sur les métiers
00:36:23qui vont être créés par l'IA
00:36:24Justement, ça tombe bien
00:36:26Martin est notre étudiant
00:36:27polytechnicien
00:36:28avec passion
00:36:29football, tennis, piano
00:36:30et karting
00:36:30Il a failli nous être volé
00:36:31par Patrick Pouyanné
00:36:32lors de la dernière émission
00:36:34qui lui a fait des propositions
00:36:35Mambouche
00:36:35Vous êtes toujours là Martin ?
00:36:36Oui, je suis toujours là
00:36:37Donc vous pouvez deviner
00:36:37ce que j'ai répondu
00:36:38Vous avez dit non ?
00:36:40Non, mais je n'ai pas eu
00:36:41de formulation claire
00:36:42Votre question Martin ?
00:36:44Ma formulation
00:36:44on en a déjà parlé
00:36:45On a parlé de tâches
00:36:46qui allaient disparaître
00:36:48Ces tâches qui vont disparaître
00:36:49ça va entraîner
00:36:49une réorientation
00:36:50des travailleurs
00:36:52Est-ce que ce n'est pas aussi
00:36:53le rôle en partie
00:36:54des entreprises
00:36:54de formuler
00:36:56cette réorientation
00:36:57en interne
00:36:57pour pouvoir
00:36:58permettre aux employeurs
00:36:59de ne pas passer
00:37:00par la case chômage
00:37:01qui serait coûteuse
00:37:02en temps, en argent
00:37:03Qu'est-ce que vous en pensez
00:37:04de cette suite de mesures ?
00:37:06C'est l'obligation
00:37:08d'une entreprise
00:37:09d'avoir une stratégie
00:37:10l'IA
00:37:11qui est aussi
00:37:12une stratégie
00:37:12pour l'entreprise
00:37:13Je vous donne un exemple
00:37:14Chez nous
00:37:15il y a des postes
00:37:16qui vont disparaître
00:37:17dont par exemple
00:37:18le réglage des sinistres
00:37:19tout ça
00:37:20mais il y a un nouveau métier
00:37:22qui va se créer
00:37:22qui s'appelle
00:37:23la prévention
00:37:23Celui qui hier
00:37:25a réglé le sinistre
00:37:27peut demain
00:37:28prévenir le sinistre
00:37:29mais c'est notre rôle
00:37:31et notre obligation
00:37:32de définir une stratégie
00:37:35comment on peut
00:37:36se mettre de A à B
00:37:38et qu'est-ce que ça veut dire
00:37:40aussi en effort
00:37:41pour accompagner
00:37:42les salariés
00:37:43une stratégie
00:37:44qui dit
00:37:44j'ai besoin
00:37:45de 30% moins de personnes
00:37:47ce n'est pas une stratégie
00:37:48et ce n'est pas responsable
00:37:50Ce qui veut dire
00:37:51j'entends quand même
00:37:51qu'il va falloir
00:37:52un gros investissement
00:37:53sur la formation
00:37:54alors on a parlé
00:37:54de la formation initiale
00:37:55mais continue
00:37:55dans les entreprises
00:37:56Patrick Martin
00:37:57Oui alors deux niveaux
00:37:58de réponse
00:37:58dans ma propre entreprise
00:37:59alors ce n'est pas
00:38:00que ça
00:38:00à tout seigneur
00:38:01pas encore
00:38:01pas encore
00:38:02mais ça va prendre
00:38:03quelques siècles
00:38:053000 salariés
00:38:06nous on a pris
00:38:07un engagement
00:38:08qui tiendra
00:38:08sauf accident
00:38:09conjoncturel
00:38:10massif
00:38:10c'est-à-dire
00:38:11de ne pas supprimer
00:38:12de poste
00:38:12mais en disant bien
00:38:13à nos équipes
00:38:14il va falloir
00:38:14que tous
00:38:15on fasse un effort
00:38:16pour faire évoluer
00:38:17les compétences
00:38:17pour faire évoluer
00:38:18les postes
00:38:19et qu'on aille chercher
00:38:20dans de la productivité
00:38:21dans l'amélioration
00:38:23de notre offre
00:38:24les gains
00:38:25qui nous permettront
00:38:26de maintenir
00:38:26ces effectifs-là
00:38:27qui sinon
00:38:28devraient être réduits
00:38:29au niveau du MEDEF
00:38:30à proprement parler
00:38:31ça fait deux ans et demi
00:38:32que je tarabuste
00:38:34les syndicats
00:38:35en leur disant
00:38:35on se doit
00:38:36c'est notre responsabilité
00:38:37de s'emparer
00:38:38de ce que j'appelle
00:38:39le nouveau modèle productif
00:38:40il y a les enjeux
00:38:41de changement climatique
00:38:42il y a les enjeux
00:38:43de démographie
00:38:43qui sont très importants
00:38:44qui peuvent régler
00:38:45d'ailleurs une partie
00:38:46des sujets IA
00:38:46s'il y a des postes
00:38:47qui disparaissent
00:38:48et puis il y a le digital
00:38:49et l'intelligence artificielle
00:38:51parce qu'on doit
00:38:52autant que possible
00:38:52donner aux entreprises
00:38:53à celles qui n'en ont pas
00:38:55d'elles-mêmes
00:38:55les capacités
00:38:56typiquement des groupes
00:38:57comme AXA
00:38:57il faut leur donner
00:38:58un cadre
00:38:59et une méthodologie
00:39:00pour accompagner
00:39:01tous ces changements
00:39:02et éviter
00:39:03effectivement
00:39:04que ça passe
00:39:04par la case départ
00:39:05moi je suis très confiant
00:39:06si les uns
00:39:08et les autres
00:39:08on lève le nez
00:39:09et qu'on se donne
00:39:10les moyens
00:39:11et surtout les stratégies
00:39:12d'anticipation
00:39:13je me demandais
00:39:16comment on pouvait
00:39:17identifier
00:39:18les compétences
00:39:18à valoriser
00:39:19alors même que l'IA
00:39:20apprend plus vite
00:39:21que nous
00:39:21en tant qu'humain
00:39:23il y a beaucoup
00:39:24enfin
00:39:25tu me corrigeras Thomas
00:39:26moi je pense que partout
00:39:27et donc dans les entreprises
00:39:28aussi
00:39:29il y a beaucoup de routines
00:39:31et tout le monde travaille
00:39:33et les gens
00:39:34ont le sentiment
00:39:35que tout ce qu'ils font
00:39:36est utile
00:39:36donc c'est
00:39:38je dirais presque
00:39:39mentalement très compliqué
00:39:40de se dire
00:39:41qu'il y a un certain nombre
00:39:41de tâches
00:39:42qui en réalité
00:39:43pourraient être faites
00:39:44aussi bien
00:39:44et mieux
00:39:45par l'intelligence artificielle
00:39:47et qui libèreraient du temps
00:39:48pour se consacrer
00:39:49à des tâches
00:39:50à meilleure valeur ajoutée
00:39:51genre pour le cas
00:39:51de mon entreprise
00:39:52pardon
00:39:52moi j'ai des
00:39:54de très nombreux
00:39:55technico-commerciaux
00:39:56qui sont techniquement
00:39:57très pointus
00:39:57mais qui sont commerciaux
00:39:58par ailleurs
00:39:59quand je vois le temps
00:40:00qu'ils perdent
00:40:00sans s'en rendre compte
00:40:01pour aller chercher
00:40:02de la donnée
00:40:03et pour élaborer
00:40:05et pour chiffrer
00:40:06d'ailleurs
00:40:06des offres
00:40:08individualisées
00:40:08pour nos clients
00:40:09je pense qu'il est
00:40:10deux tiers
00:40:10de ces tâches là
00:40:11qui demain
00:40:12et peut-être dès aujourd'hui
00:40:13peuvent être traités
00:40:14par l'IA
00:40:14de sorte qu'ils consacrent
00:40:16plus d'énergie
00:40:17plus de temps
00:40:18à des choses
00:40:18de mon point de vue
00:40:19plus intéressantes
00:40:20intellectuellement
00:40:20et humainement
00:40:21c'est-à-dire
00:40:22le contact client
00:40:23et puis aller chercher
00:40:24des variantes
00:40:26aller chercher des solutions
00:40:27que l'IA
00:40:27à ce jour
00:40:28ne trouvera pas forcément
00:40:29mais Thomas Bouberle
00:40:30comment on forme
00:40:30à des métiers
00:40:31qu'on ne connaît pas encore
00:40:32c'est ça la question derrière
00:40:34oui mais je pense
00:40:35ça va se développer
00:40:36on ne connaît pas encore
00:40:37je vous donne un exemple
00:40:38j'ai passé cet après-midi
00:40:41avec des gens
00:40:42de chez AXA
00:40:43des gens opérationnels
00:40:44qui m'ont montré
00:40:45leurs idées
00:40:46un, j'ai vu 12, 13 personnes
00:40:49personne ne m'a parlé
00:40:51de perte d'emploi
00:40:53et tout le monde
00:40:54était très
00:40:54c'était des gens
00:40:55qui ont été
00:40:56beaucoup plus jeunes
00:40:56que moi
00:40:57tout le monde
00:40:58était très excité
00:40:59parce qu'ils ont trouvé
00:41:00et si j'ai retenu
00:41:02un sujet
00:41:02et ça c'est aussi
00:41:03un point très important
00:41:04l'IA va changer
00:41:06complètement
00:41:07l'hierarchie
00:41:08dans l'entreprise
00:41:09la pyramide
00:41:10va se tourner
00:41:11et le pouvoir
00:41:12va être beaucoup plus
00:41:13avec les gens opérationnels
00:41:15parce que c'est eux
00:41:16qui savent
00:41:17c'est eux
00:41:18qui peuvent mettre
00:41:18l'IA en place
00:41:19et il ne faut jamais
00:41:20oublier ça
00:41:22vous avez beaucoup plus
00:41:23de liberté
00:41:24demain dans un monde
00:41:25de l'IA
00:41:25de vous créer
00:41:27votre propre
00:41:29environnement
00:41:30et revenons
00:41:31à la question
00:41:31de l'apprentissage
00:41:32l'apprentissage
00:41:33de demain
00:41:34c'est moins
00:41:35un apprentissage
00:41:36structuré
00:41:37formaté
00:41:38c'est l'apprentissage
00:41:39en continu
00:41:40je veux dire
00:41:41aujourd'hui
00:41:42votre meilleur
00:41:43instructeur
00:41:44ou le mien
00:41:44s'appelle
00:41:45Chet GPT
00:41:46et Claude
00:41:47tous les jours
00:41:48j'apprends des choses
00:41:49parce que
00:41:50je lis beaucoup
00:41:51je pose beaucoup
00:41:51de questions
00:41:52que je n'ose pas
00:41:53poser aux autres
00:41:54parce qu'ils sont
00:41:55tellement stupides
00:41:55quelquefois
00:41:56vous ne bougez pas
00:41:57Martin Aguette
00:41:58Merlin
00:41:59Mathis
00:41:59Malou
00:42:00Claude
00:42:00vous ne bougez pas
00:42:01Thomas Bouberle
00:42:01non plus
00:42:01Patrick Martin
00:42:02non plus
00:42:03on revient
00:42:03dans une seconde
00:42:08BFM Business
00:42:09et Rexecode
00:42:10présente
00:42:12les dialogues
00:42:13de l'économie
00:42:14leur closier
00:42:17il est 19h32
00:42:18sur BFM Business
00:42:19les dialogues
00:42:20de l'économie
00:42:20se poursuivent
00:42:21avec nos deux invités
00:42:23Thomas Bouberle
00:42:24le directeur général
00:42:25d'AXA
00:42:26avec vous
00:42:26Patrick Martin
00:42:27le président du MEDEF
00:42:28nos six étudiants
00:42:29je vais vous présenter
00:42:30Merlin
00:42:30notre dernier étudiant
00:42:31dans un instant
00:42:32mais avant
00:42:32Thomas Bouberle
00:42:33Patrick Martin
00:42:34est-ce que vous avez
00:42:34des questions
00:42:35pour notre panel
00:42:36je commence avec vous
00:42:36Thomas
00:42:37oui moi j'ai certainement
00:42:38une question
00:42:38beaucoup de fois
00:42:40quand on parle
00:42:41sur votre génération
00:42:43on dit
00:42:44on ne vous entend pas
00:42:45vous êtes très différent
00:42:47de la génération
00:42:48qui travaille
00:42:49et je pense
00:42:50on ne fait pas
00:42:51assez d'efforts
00:42:52pour comprendre
00:42:53vos besoins
00:42:54qu'est-ce qu'on doit
00:42:55faire mieux
00:42:56pour vous comprendre
00:42:57mieux
00:42:58alors qui veut répondre
00:43:01il m'en faudrait
00:43:02au moins un
00:43:03Malou
00:43:03qu'est-ce qu'on peut faire
00:43:04pour mieux communiquer
00:43:05avec votre génération
00:43:06c'est vrai que moi
00:43:08je n'ai jamais bénéficié
00:43:09de l'expérience
00:43:10du mentorat
00:43:11et je pense que c'est
00:43:12vraiment ça
00:43:12qui manque aussi
00:43:13dans ma projection
00:43:15dans les entreprises
00:43:16je pense qu'il faut
00:43:17venir dans les écoles
00:43:18dans les universités
00:43:19aussi pour
00:43:20oui pour
00:43:21briser cette barrière
00:43:22un petit peu
00:43:23intergénérationnelle
00:43:24et pour nous faire
00:43:25comprendre
00:43:26autant que nous
00:43:27on peut vous apprendre
00:43:28aussi
00:43:28sur nos attentes
00:43:29sur la nouvelle génération
00:43:31sur ce qui arrive
00:43:31sur nos craintes
00:43:32je pense que c'est
00:43:33un mentorat
00:43:34qui est un petit peu
00:43:34co-construit
00:43:35qui doit être mis en place
00:43:36dans les entreprises
00:43:37et les universités
00:43:38Martin
00:43:40moi je ne suis pas
00:43:40complètement d'accord
00:43:41j'ai l'impression
00:43:41que le mentorat
00:43:43ça peut marcher
00:43:44évidemment
00:43:45mais ce n'est pas
00:43:45systématique
00:43:46et ça ne résoudra pas
00:43:46des grands problèmes
00:43:48moi j'ai l'impression
00:43:49en tout cas
00:43:49c'est mon cas personnel
00:43:50que le lien entre les générations
00:43:52par exemple
00:43:52si on parle entre entreprises
00:43:53et élèves
00:43:54il peut passer par le travail
00:43:55je pense qu'en France
00:43:57on manque de plus de stages
00:43:59en travaillant
00:44:00en faisant partie
00:44:01d'une équipe
00:44:01par exemple
00:44:02entre jeunes
00:44:02et personnes
00:44:04qui ont plus d'expérience
00:44:05dans l'entreprise
00:44:05on peut dialoguer
00:44:07mais avec un dialogue
00:44:08qui est plus symétrique
00:44:09le mentorat
00:44:10c'est toujours
00:44:12une forme d'asymétrie
00:44:13et la personne
00:44:14qui est jeune
00:44:15par exemple
00:44:15ne se sent pas forcément
00:44:17toujours libre
00:44:17d'exprimer ce qu'il veut
00:44:18c'est pour ça
00:44:19que j'ai l'impression
00:44:20qu'en faisant des stages
00:44:20ou en formant des équipes
00:44:22de travail
00:44:23entre plus jeunes
00:44:24et plus âgés
00:44:25pourrait être une solution
00:44:26une meilleure solution
00:44:27notamment par les stages
00:44:28plus de stages
00:44:28Patrick Martin ?
00:44:29bien sûr
00:44:29je ne pense pas
00:44:30qu'il y ait une seule solution
00:44:31le mentorat quand même
00:44:32est une bonne solution
00:44:33c'est sur base de volontariat
00:44:34de toute manière
00:44:35mais typiquement
00:44:36l'accueil des élèves
00:44:37de cinquième
00:44:38de troisième
00:44:39de seconde
00:44:40dorénavant
00:44:40quand le ministre
00:44:41de l'éducation nationale
00:44:42de l'époque
00:44:43Gabriel Attal
00:44:43était venu au MEDEF
00:44:44pour nous dire
00:44:45ex abrupto
00:44:46il va falloir accueillir
00:44:47toute une génération
00:44:48de stagiaires
00:44:49de seconde
00:44:50vous avez swingué un peu
00:44:50au MEDEF
00:44:51à ce moment là
00:44:51ah non
00:44:52ah si
00:44:53certains avaient dit
00:44:53on n'est pas la garderie
00:44:54oui non mais
00:44:55on en a accueilli
00:44:56200 000
00:44:57première année
00:44:58en quelques mois
00:44:59on a mis ça en place
00:45:00je ne reviens pas
00:45:00sur l'apprentissage
00:45:02l'apprentissage
00:45:0498% des apprentis
00:45:05sont dans les entreprises
00:45:06privées
00:45:07je rappelle que
00:45:08les entreprises privées
00:45:09ça n'est que 75%
00:45:11de l'emploi
00:45:11donc on a joué le jeu
00:45:12et à contrario
00:45:13les fonctions publiques
00:45:14elles n'ont pas
00:45:15en tout cas suffisamment
00:45:16joué le jeu
00:45:17donc moi je crois
00:45:17beaucoup à ça
00:45:18c'est lourd
00:45:19pour l'entreprise
00:45:20parce qu'il faut
00:45:21s'organiser
00:45:22il est hors de question
00:45:23d'avoir des stages placards
00:45:24ou d'abuser
00:45:26du statut d'apprenti
00:45:27plutôt que de recruter
00:45:28des salariés
00:45:29de droit commun
00:45:29il faut être très exigeant
00:45:30de ce point de vue
00:45:31moi je le suis
00:45:31mais c'est ça la solution
00:45:33pour qu'il y ait
00:45:34cette découverte mutuelle
00:45:35et parfois d'ailleurs
00:45:36que les jeunes corrigent
00:45:38négativement
00:45:38certains a priori
00:45:39en se disant
00:45:40moi par exemple
00:45:40je suis passionné
00:45:41par la boulangerie
00:45:42et pâtisserie
00:45:42et bien non finalement
00:45:43ça ne sera pas ça
00:45:44parce que je suis allé
00:45:45dans une manger
00:45:45et voilà
00:45:46et donc ça évite
00:45:47des erreurs d'orientation
00:45:48Agathe et après
00:45:48on parle d'aide aux entreprises
00:45:49je pense qu'il y a
00:45:51beaucoup de personnes
00:45:52de notre génération
00:45:53qui pensent aussi
00:45:54que les entreprises
00:45:55sont souvent détenues
00:45:56ou managées
00:45:57par des personnes
00:45:57qui sont de vos générations
00:45:58et pensent du coup
00:45:59à un changement
00:46:00de système
00:46:01de paradigme
00:46:02entre le monde
00:46:03de l'emploi
00:46:04à votre époque
00:46:04et le monde
00:46:05de l'emploi
00:46:05à notre époque
00:46:06ce qui fait que
00:46:07pour le coup
00:46:08le mentorat
00:46:08je trouvais que c'était
00:46:09plutôt une bonne idée
00:46:10une meilleure façon
00:46:10de dialoguer
00:46:11et plus que le mentorat
00:46:12des formations
00:46:13qui sont conçues
00:46:15main dans la main
00:46:15avec les entreprises
00:46:16pour développer
00:46:17exactement
00:46:18les bonnes qualifications
00:46:19et les bonnes compétences
00:46:20que les entreprises
00:46:20valorisent
00:46:21là où
00:46:23peut-être une partie
00:46:23de notre génération
00:46:24pense qu'elle va étudier
00:46:26pas pour rien
00:46:27mais pour des qualifications
00:46:28qui sont tellement diffuses
00:46:30qu'elle ne sait pas
00:46:30où les mettre
00:46:31et où les valoriser
00:46:33besoin de dialogue
00:46:34c'est vraiment ce qu'on entend
00:46:35dans ce que vous dites
00:46:36et ce que vous disiez
00:46:36Thomasin
00:46:36sur l'intergénérationnel
00:46:38c'est fondamental
00:46:39on va passer à un sujet
00:46:40je peux vite dire une chose
00:46:41sur le mentorat
00:46:43c'est jamais asymétrique
00:46:45quand on pense
00:46:46que c'est asymétrique
00:46:47ça devient très vite
00:46:49symétrique
00:46:49j'ai parlé avant
00:46:50sur le reverse mentoring
00:46:52si dans le mentoring
00:46:54tous les deux parties
00:46:55n'apprennent pas
00:46:56il y a une faute
00:46:57dans le setup
00:46:58vous juste êtes un peu ouvert
00:47:01moi j'ai fait beaucoup
00:47:02de mentoring
00:47:03j'étais le mentor
00:47:05mais je pense
00:47:06j'ai quelquefois
00:47:07beaucoup plus appris
00:47:08que le mentee
00:47:09alors les aides aux entreprises
00:47:10c'est le sujet
00:47:11qui fâche un peu
00:47:11Denis
00:47:12déjà ce terme aide
00:47:13je sais que Patrick
00:47:14évidemment déteste
00:47:15ne serait-ce que le naming
00:47:16mais c'est comme ça
00:47:17qu'on appelle le système
00:47:19expliquez-nous
00:47:20comment ça fonctionne
00:47:20c'est vrai qu'on change
00:47:21quand même bien de sujet
00:47:22on a parlé de l'emploi
00:47:24on parle d'aide aux entreprises
00:47:25pourquoi ?
00:47:25parce que
00:47:26ce qui m'a vraiment frappé
00:47:27quand on a fait
00:47:27le casting des étudiants
00:47:29c'était combien ce terme
00:47:31revenait en permanence
00:47:32qu'est-ce que les entreprises
00:47:34peuvent faire
00:47:34pour répondre
00:47:36à la demande sociale
00:47:37très importante
00:47:37qui s'exprime
00:47:38première des choses
00:47:39la fiscalité
00:47:40réduire les aides aux entreprises
00:47:41sur un débat
00:47:42qui est quand même
00:47:43assez vicié
00:47:43dont on ne connaît pas
00:47:44du tout les ampleurs
00:47:45vous avez eu récemment
00:47:46encore un chiffre de Bercy
00:47:47qui disait
00:47:48c'est quelque part
00:47:49entre 60 et 160 milliards d'euros
00:47:52donc en fait
00:47:53il y a une incompréhension
00:47:54fondamentale
00:47:54sur ce qu'est l'aide
00:47:55et puis au final
00:47:56on ne regarde pas
00:47:57l'ampleur de la contribution
00:47:59des entreprises
00:48:00et quand on sait
00:48:01qu'une aide
00:48:02est en réalité
00:48:02souvent une compensation
00:48:04c'est un renoncement
00:48:05d'un prélèvement
00:48:05de la part de l'État
00:48:07un prélèvement
00:48:08sur le travail
00:48:08qu'il a beaucoup taxé
00:48:10auparavant
00:48:11c'est une forme
00:48:12de compensation
00:48:12et quand on va regarder
00:48:14le niveau
00:48:15de la fiscalité
00:48:17sur les entreprises
00:48:18nettes des aides
00:48:19et bien on se rend compte
00:48:20qu'on est à
00:48:21quand on se compare
00:48:22à la zone euro
00:48:22on paye 69 milliards d'euros
00:48:24en plus en France
00:48:25que cela n'est le cas
00:48:26en zone euro
00:48:2769 milliards
00:48:28c'est 9%
00:48:29de la masse salariale
00:48:30c'est à peu près
00:48:3120% des dépenses
00:48:32d'investissement
00:48:33des entreprises
00:48:33c'est 1,5 fois
00:48:35leurs dépenses
00:48:36de recherche
00:48:36et développement
00:48:37donc c'est un sujet
00:48:38qui est massif
00:48:39mais qui doit être pensé
00:48:40par rapport à la fiscalité
00:48:41à une contribution
00:48:42d'ensemble
00:48:42c'est Merlin
00:48:43c'est Merlin qui commence
00:48:44sur ce sujet
00:48:44Merlin qui est élève
00:48:46en licence au collège
00:48:47d'économie d'Assas
00:48:48filière ingénierie
00:48:49en analyse économique
00:48:50vous êtes passionné
00:48:52de voyage
00:48:53vous avez cofondé
00:48:53les Scolies
00:48:54c'est une association
00:48:55qui crée des manuels scolaires
00:48:56pour les lycéens
00:48:57pour favoriser
00:48:58l'égalité des chances
00:48:58et votre question
00:48:59elle est d'abord
00:49:00pour Patrick Martin
00:49:02Tout à fait
00:49:02alors ma première question
00:49:04s'adresse à Patrick Martin
00:49:05le MEDEF a publié
00:49:07cet été un grand plan
00:49:08pour redresser
00:49:08les finances publiques
00:49:09avec quelques 100 milliards
00:49:10d'économies
00:49:11sur les prochaines années
00:49:12alors la première partie
00:49:13de ma question
00:49:14c'est quelle partie
00:49:14de ce plan porte
00:49:15sur ce que l'on appelle
00:49:16les aides aux entreprises
00:49:17qu'il s'agisse
00:49:18d'allègements de cotisations
00:49:19de crédits impôts recherche
00:49:21ou bien de niches fiscales
00:49:22et plus largement
00:49:24à une époque
00:49:25où les entreprises
00:49:25et la société tout entière
00:49:26demandent plus de simplicité
00:49:28et plus de stabilité fiscale
00:49:31seriez-vous prêt à troquer
00:49:32une partie de ces aides
00:49:33si oui laquelle
00:49:34en échange de la stabilité fiscale
00:49:35qui est tant demandée
00:49:37alors je suis
00:49:38moi je suis un monomaniaque
00:49:40du sujet
00:49:42au passage
00:49:42j'ai donné mon corps
00:49:43à la science
00:49:43en allant débattre
00:49:44à la fête de l'humanité
00:49:45avec le sénateur
00:49:46le remarquable sénateur
00:49:48Fabien Guel
00:49:48l'auteur du fameux rapport
00:49:49sur les aides aux entreprises
00:49:51dont le premier ministre
00:49:52de l'époque
00:49:53François Béroux
00:49:54avait dit qu'il mélangeait
00:49:54des carottes
00:49:55et des sèches cheveux
00:49:56je connaissais les carottes
00:49:57et les navets
00:49:57mais on va découvrir
00:49:58les carottes et les sèches cheveux
00:49:59non plus sérieusement
00:50:00outre que je rejoins
00:50:01évidemment ce qu'a dit
00:50:02Denis Ferrand
00:50:03nous on a fait des propositions
00:50:05j'avais constitué
00:50:06ce qu'on a appelé
00:50:07le front économique
00:50:08avec des gens formidables
00:50:09mais également
00:50:10Philippe Aguillon
00:50:11etc
00:50:11et on avait de nous-mêmes
00:50:13proposé d'effacer
00:50:14ces défacements parallèles
00:50:1550 milliards d'aides
00:50:18en réalité
00:50:18de compensation
00:50:19aux entreprises
00:50:20contre 50 milliards
00:50:21d'impôts de production
00:50:22qui pèsent
00:50:24sur la compétitivité française
00:50:25déjà pour amener
00:50:25de la simplification
00:50:26dans ce qu'on a proposé
00:50:28les fameux 100 milliards
00:50:30dont vous parliez
00:50:31le principal bénéficiaire
00:50:33ce serait l'État
00:50:33puisque les allègements
00:50:35de charges
00:50:36baisseraient de 30 milliards
00:50:37ensuite par ordre d'apparition
00:50:38sur scène
00:50:39ce seraient les entreprises
00:50:40qui seraient gagnantes
00:50:41et enfin les salariés
00:50:42eux-mêmes
00:50:42donc on est très décontracté
00:50:44je dirais
00:50:44et donc c'est un deal
00:50:45que vous proposez
00:50:46c'est un deal
00:50:47mais à la fin
00:50:47qu'est-ce qui est important
00:50:48qu'est-ce qui est important
00:50:49c'est que nos entreprises
00:50:51gagnent en compétitivité
00:50:52elles ne sont pas
00:50:53assez compétitives
00:50:54les fameux 69 milliards
00:50:55de différentiels
00:50:56que tu évoquais
00:50:57sur les prélèvements
00:50:58obligatoires
00:50:58le rapport sénatorial
00:51:00l'autre rapport sénatorial
00:51:01qui est paru il y a trois semaines
00:51:02et qui établit
00:51:03que les entreprises françaises
00:51:04sont parmi les plus taxées
00:51:05au monde
00:51:05ça c'est la vérité
00:51:06est vrai
00:51:07donc il faut qu'on soit
00:51:09très attentif
00:51:09à notre compétitivité
00:51:10on voit bien que la croissance
00:51:11française est très molle
00:51:13c'est le moins qu'on puisse dire
00:51:14y compris par comparaison
00:51:15avec celle d'autres
00:51:16pays européens
00:51:17il faut que nos salariés
00:51:19aient des salaires nets
00:51:21qui augmentent
00:51:22parce qu'on a ce différentiel
00:51:24qui est insupportable
00:51:25entre le salaire brut
00:51:26payé par l'entreprise
00:51:27et le salaire net
00:51:28que reçoit effectivement
00:51:29le salarié
00:51:30et donc il faut rebattre
00:51:32toutes les cartes
00:51:32c'est difficile de le faire
00:51:34dans l'urgence
00:51:34mais ça doit être
00:51:35un chantier essentiel
00:51:36et je termine là-dessus
00:51:37il y avait une conférence sociale
00:51:39on va de conférence sociale
00:51:40en conférence sociale
00:51:40fin 2023
00:51:41c'était à l'époque
00:51:42madame Borne
00:51:43qui était première ministre
00:51:44et elle avait confié
00:51:45à deux économistes
00:51:46messieurs Bozio et Vassemer
00:51:47des travaux
00:51:48précisément pour détricoter
00:51:50tout ce plat de spaghettis
00:51:52des aides
00:51:52des transferts
00:51:53etc
00:51:54et notamment
00:51:55pour remettre à plat
00:51:56les allègements de charges
00:51:57et la prime d'activité
00:51:58c'est un truc incroyable
00:52:00avec des effets pervers
00:52:01c'est-à-dire qu'il y a des gens
00:52:02qui à un moment donné
00:52:03c'est terrible à dire
00:52:05renoncent à des augmentations
00:52:06de salaire
00:52:07ou refusent
00:52:08des augmentations de salaire
00:52:09parce que ça leur fait perdre
00:52:10le bénéfice
00:52:10d'un certain nombre
00:52:11de dispositifs
00:52:12de soutien social
00:52:13on marche sur la tête
00:52:14il faut ramener
00:52:15de la clarté
00:52:15de la transparence
00:52:16et de l'efficience
00:52:16dans tout ça
00:52:17Thomas Buberle
00:52:18c'est un grand soir fiscal
00:52:19qui nous faudrait
00:52:20c'est-à-dire que là
00:52:21c'est un deal
00:52:22moins d'aide
00:52:23mais aussi
00:52:23moins d'impôts
00:52:25moins de charges
00:52:26sur les entreprises
00:52:27je pense
00:52:28c'est la philosophie
00:52:29qui doit changer
00:52:32l'époque du micro-management
00:52:34de l'État
00:52:34est terminée
00:52:36on n'a plus l'argent
00:52:38et c'est ce qu'on s'est dit
00:52:39avant
00:52:39les entreprises
00:52:40les citoyens
00:52:42doivent prendre
00:52:43plus de responsabilités
00:52:44ça veut dire aussi
00:52:46il faut leur donner
00:52:47aussi plus de moyens
00:52:48parce que
00:52:49chaque niche fiscale
00:52:52crée une complexité
00:52:53de son administration
00:52:54et on a aujourd'hui
00:52:56quelques niches fiscales
00:52:57où
00:52:58l'administration
00:52:59de la niche fiscale
00:53:00coûte autant
00:53:01que la niche fiscale
00:53:02mais où sommes-nous ?
00:53:03et je pense
00:53:04il faut regarder
00:53:05un par un
00:53:06qu'est-ce qu'il y a
00:53:07vraiment un effet
00:53:08parce que
00:53:09chaque niche fiscale
00:53:10est une correction
00:53:11du système
00:53:12alors est-ce que
00:53:13le système
00:53:13n'est pas mal
00:53:15flicelé ?
00:53:16et c'est ça
00:53:16qu'il faut regarder
00:53:17à mon avis
00:53:18l'État de demain
00:53:19et c'est là aussi
00:53:20je pense
00:53:21où il y a le projet
00:53:22pour la France
00:53:23plus de responsabilités
00:53:24pour les entreprises
00:53:26pour les citoyens
00:53:27mais ça veut dire aussi
00:53:28plus de champs d'action
00:53:29pour eux
00:53:30Martin justement
00:53:31vous vouliez parler
00:53:31du pacte d'Utreil
00:53:32oui je voulais parler
00:53:33du pacte d'Utreil
00:53:33qui est une niche fiscale
00:53:34et qui est au cœur
00:53:35des débats
00:53:36notamment
00:53:37pour les présidentielles
00:53:38donc c'est
00:53:39une aide
00:53:40aux entreprises
00:53:41qui exonèrent en partie
00:53:42les droits de succession
00:53:43dans la légation
00:53:44dans le lègue
00:53:45d'une entreprise familiale
00:53:47donc cette aide
00:53:48elle était initialement
00:53:49prévue
00:53:50ou dans l'idée
00:53:50pour les petites
00:53:51et moyennes entreprises
00:53:52mais elle a toujours été
00:53:53appliquée à toutes les entreprises
00:53:54maintenant ce qui fait débat
00:53:55c'est surtout
00:53:56son application
00:53:56pour les très grandes entreprises
00:53:58et donc les très grandes entreprises
00:54:00et les multinationales
00:54:02est-ce que vous seriez prêt
00:54:04à recibler cette aide
00:54:06pour être sûr
00:54:07qu'elle ne soit pas supprimée
00:54:08notamment par les parties
00:54:09de la gauche
00:54:09qui veulent la supprimer
00:54:10en raison de son application
00:54:12aux multinationales
00:54:13Patrick Martin
00:54:13alors
00:54:15il faut se remémorer
00:54:16une époque pas si lointaine
00:54:18où entre l'impôt sur la fortune
00:54:19et l'absence de disposition
00:54:21sur les transmissions
00:54:23d'entreprises familiales
00:54:24il y a eu une hécatombe
00:54:26d'entreprises françaises
00:54:27une hécatombe
00:54:28moi je peux citer
00:54:28un certain nombre d'entreprises
00:54:29dans ma région d'origine
00:54:30par exemple Salomon
00:54:31il y en a bien d'autres
00:54:32qui se sont vendues
00:54:34à des concurrents étrangers
00:54:36ou à des fonds d'investissement
00:54:37c'est pas honteux
00:54:37mais qui ont perdu
00:54:38leur ancrage territorial
00:54:39bien souvent ça a précipité
00:54:42le transfert de leur production
00:54:43dans d'autres pays
00:54:44donc
00:54:45et ça conduit
00:54:46à ce que la France
00:54:47décroche
00:54:47sur cette catégorie essentielle
00:54:49d'entreprises
00:54:50dites de taille intermédiaire
00:54:51depuis
00:54:52qu'il n'y a plus
00:54:53l'impôt sur la fortune
00:54:54mais toujours sur l'immobilier
00:54:56et depuis qu'il y a le pacte du trait
00:54:57comme par enchantement
00:54:58la France est en train
00:54:59de remonter dans les classements
00:55:01mais malgré tout
00:55:01on a encore un nombre
00:55:02d'entreprises familiales
00:55:03importantes
00:55:04qui restent sensiblement inférieurs
00:55:05à ce qui existe
00:55:06en Italie
00:55:07et en Allemagne par exemple
00:55:08ce qui est très intéressant
00:55:09c'est toujours de regarder
00:55:10ce qui se passe autour
00:55:11parce que la France
00:55:11n'est pas un îlot
00:55:12au milieu de l'océan
00:55:13la France est dans un environnement
00:55:15concurrentiel
00:55:15y compris sur le plan fiscal
00:55:17quand on voit qu'il y a des pays
00:55:18nordiques
00:55:19sociodémocrates
00:55:19je pense à la Suède
00:55:21je pense à la Norvège
00:55:21qui sont des modèles
00:55:22de social-démocratie
00:55:23qui ont supprimé
00:55:25les droits de succession
00:55:25sur les entreprises
00:55:26ça interpelle
00:55:27on est dans cet environnement
00:55:29concurrentiel
00:55:29après que sur le pacte
00:55:31d'Utreil
00:55:31il y a quelques corrections
00:55:33à la marge
00:55:33à apporter
00:55:34pourquoi pas
00:55:34d'ailleurs le MEDEF
00:55:35les a de lui-même proposées
00:55:37parce que c'est vrai
00:55:38qu'il y a une assiette
00:55:38éligible à cet abattement fiscal
00:55:40donc c'est quand on inclut
00:55:41par exemple les biens personnels
00:55:42de manière trop large
00:55:43voilà mais c'est assez marginal
00:55:46mais il faut se garder
00:55:47de jeter le bébé avec l'eau du bain
00:55:49moi je vous dis
00:55:49mon entreprise est patrimoniale
00:55:51il y a eu deux fois
00:55:52l'application d'Utreil
00:55:53dans mon entreprise
00:55:54elle ne serait plus familiale
00:55:55s'il n'y avait pas eu
00:55:56le pacte d'Utreil
00:55:57alors elle n'aurait pas
00:55:58forcément disparu
00:55:58je peux vous dire
00:55:59que le siège social
00:56:00à Bourg-en-Bresse
00:56:01depuis 1829
00:56:02ne serait plus à Bourg-en-Bresse
00:56:04il serait je ne sais où
00:56:06à Londres
00:56:06ou à Berlin
00:56:08et il y aurait 250 personnes
00:56:09qui auraient perdu leur emploi
00:56:10à Bourg-en-Bresse
00:56:11pourquoi je maintiens
00:56:11ce siège là-bas
00:56:12c'est par pur affect
00:56:13par tradition familiale
00:56:15donc voilà
00:56:15c'est un motif d'ancrage
00:56:16territorial des entreprises françaises
00:56:18et on a un vrai problème
00:56:20territorial
00:56:21Agathe
00:56:22oui Thomas
00:56:22vous voulez réagir ?
00:56:23je pense juste
00:56:24peut-être sur ce sujet
00:56:25parce que c'est un sujet
00:56:27symptomatique
00:56:27de beaucoup d'autres choses
00:56:29dès qu'on parle
00:56:29sur la fiscalité
00:56:30on voit que les gens
00:56:32sont plutôt
00:56:34remontés contre ça
00:56:35et beaucoup de fois
00:56:36ce n'est pas la question
00:56:37est-ce que je suis prêt
00:56:38encore à payer
00:56:39un euro plus
00:56:40de fiscalité
00:56:41c'est plutôt le déséquilibre
00:56:43entre
00:56:43quand on doit se déclarer
00:56:45devant l'État
00:56:46on doit justifier
00:56:48chaque euro
00:56:49quand l'État
00:56:50prend un euro
00:56:50il y a zéro transparence
00:56:52où l'argent vient
00:56:53et je pense
00:56:54il est l'heure aussi
00:56:55que l'État nous dit
00:56:56un euro de contribution
00:56:58ça vient où ?
00:57:00on produit quoi
00:57:01avec ça ?
00:57:02et je pense
00:57:02s'il y a plus de transparence
00:57:04les gens seront plus prêts
00:57:06à donner plus
00:57:07c'est à mon avis
00:57:08ça le vrai sujet
00:57:10savoir où va l'argent
00:57:10et puis je complète
00:57:12si tu me permets
00:57:13on en est à un stade
00:57:15où la dépense publique
00:57:17augmente plus vite
00:57:18que le PIB
00:57:21c'est absolument incroyable
00:57:23donc c'est une machine infernale
00:57:24on touche aux limites
00:57:25de l'exercice
00:57:26ça ne peut pas continuer
00:57:27comme ça
00:57:27alors si on dit
00:57:28on va encore augmenter
00:57:29les impôts
00:57:29on corrige
00:57:30on corrige des anomalies
00:57:31c'est dans l'ordre des choses
00:57:32c'est très bien
00:57:33mais qu'on augmente
00:57:34systématiquement les impôts
00:57:36enfin la France
00:57:36va dans le mur
00:57:37le modèle est totalement épuisé
00:57:40Denis
00:57:40en termes de contrat aussi
00:57:42entre état et entreprise
00:57:43j'aimerais rebondir
00:57:44sur l'observation de Merlin
00:57:46qui est cette question
00:57:47également de l'instabilité
00:57:48quand on regarde
00:57:49le code des impôts
00:57:50en gros
00:57:50vous avez 20%
00:57:52qui est réécrit
00:57:53chaque année
00:57:53dans le code des impôts
00:57:54une décision d'investissement
00:57:56elle est projetée
00:57:57sur 5-6 ans
00:57:58donc ça veut dire
00:57:58qu'à l'horizon
00:57:59de votre choix d'investissement
00:58:00tout le code des impôts
00:58:02aura été réécrit
00:58:02et donc il y a aussi
00:58:03cette question
00:58:04de la capacité
00:58:05à se projeter
00:58:06de la part des entreprises
00:58:07d'être totalement déterminée
00:58:08aussi par son environnement
00:58:09pas seulement fiscal
00:58:10mais également réglementaire
00:58:11Merlin
00:58:11vous voulez poser une question
00:58:12sur la situation
00:58:13de la France
00:58:13notamment
00:58:16on est regardé
00:58:16par les investisseurs étrangers
00:58:18il y aura Moody's
00:58:19qui donnera sa notation
00:58:21vendredi
00:58:21vous vouliez poser une question
00:58:22à Thomas Buber
00:58:22tout à fait
00:58:23alors Moody's
00:58:24va se prononcer vendredi
00:58:26sur la notation de la France
00:58:26il me semble que c'est
00:58:27la seule grande agence
00:58:28de notation
00:58:29qui nous attribue encore
00:58:29une note double A
00:58:31et ses perspectives
00:58:32sont plutôt négatives
00:58:33en parallèle
00:58:34on a 57% de la dette
00:58:35qui est détenue
00:58:36par des investisseurs étrangers
00:58:37aujourd'hui
00:58:37et au vu de cette conjoncture
00:58:40ils risquent sûrement
00:58:41soit de vendre
00:58:41soit de demander
00:58:42une prime plus élevée
00:58:44en tant qu'assureurs
00:58:45soyez-vous prêts
00:58:45à acheter
00:58:47ce qu'ils vont vendre
00:58:47et dans ce cas-là
00:58:49n'est-ce pas autant d'argent
00:58:50des français
00:58:51de par leur épargne
00:58:51qui se dirigera vers l'État
00:58:53plutôt que vers les entreprises ?
00:58:55Alors peut-être
00:58:55pour être clair
00:58:56un assureur
00:58:57est un investisseur
00:58:59à long terme
00:59:00qui regarde
00:59:01ses obligations
00:59:02et qui investit
00:59:03selon les obligations
00:59:05deuxièmement
00:59:06un assureur
00:59:06est extrêmement diversifié
00:59:08parce qu'il faut être capable
00:59:09d'absorber les chocs
00:59:11ça veut dire
00:59:11nous on a défini
00:59:12une quota
00:59:14dans la dette française
00:59:16et on est très investi
00:59:18là-dedans
00:59:19mais la quota
00:59:20se détermine
00:59:21selon les obligations
00:59:22et selon la diversification
00:59:24et on va continuer
00:59:25cet engagement
00:59:26ça veut dire
00:59:27si je veux garder
00:59:28ces règles de diversification
00:59:30et les règles
00:59:31de suivre les obligations
00:59:32je ne peux pas
00:59:33tout d'un coup
00:59:33doubler ou tripler
00:59:34mon exposition
00:59:35je pense
00:59:36la question
00:59:37comment on peut
00:59:39faire revenir
00:59:40les investisseurs étrangers
00:59:41ou investir
00:59:42d'autres
00:59:42d'autres
00:59:44investisseurs
00:59:45il faut entendre
00:59:46le message derrière
00:59:47le message derrière
00:59:48il y a
00:59:48et essayant
00:59:50d'être
00:59:51plus
00:59:53discipliné
00:59:53sur les dépenses
00:59:54publiques
00:59:54et tout de suite
00:59:55les investisseurs
00:59:56reviennent
00:59:58Merlin
00:59:59est-ce que vous pouvez
00:59:59échanger votre place
01:00:00avec Chloé
01:00:00qui va nous rejoindre
01:00:01et c'est Mathis
01:00:02qui va nous poser
01:00:03la prochaine question
01:00:04rééchanger vos places
01:00:05il y a beaucoup de monde
01:00:06sur ce plateau
01:00:07on est obligé de jouer
01:00:07aux chaises musicales
01:00:08Mathis
01:00:09vous vouliez parler
01:00:09d'investissement
01:00:11et notamment
01:00:11d'investissement
01:00:12dans le futur
01:00:14alors oui
01:00:15c'est une question
01:00:15pour qu'on prenne
01:00:16un peu de la hauteur
01:00:17et qu'on se projette
01:00:17puisque notre génération
01:00:18se projette
01:00:19sur le siècle
01:00:20le siècle à venir
01:00:22comment
01:00:22selon vous
01:00:24peut-on créer
01:00:24les capacités
01:00:25d'investissement
01:00:26qui manquent
01:00:26aujourd'hui
01:00:27cruellement en Europe
01:00:28aujourd'hui
01:00:29les scale-up
01:00:30manquent de fonds
01:00:31on appelle
01:00:32à l'union
01:00:33des marchés de capitaux
01:00:34on cherche
01:00:34à unifier
01:00:36ces marchés
01:00:36pour augmenter
01:00:37l'investissement
01:00:38et aujourd'hui
01:00:39on n'est pas
01:00:39dans les ordres
01:00:40de grandeur
01:00:40de l'environnement
01:00:41concurrentiel
01:00:42les lions
01:00:42chinois
01:00:43et américains
01:00:45est-ce que vous appelez
01:00:46ou peut-être pas
01:00:48à la création
01:00:49de fonds de pension
01:00:51européens
01:00:52de fonds
01:00:53souverains
01:00:53européens
01:00:54qu'est-ce que vous
01:00:55pensez faire
01:00:56qu'est-ce que vous pensez pousser
01:00:57pour qu'on passe
01:00:58à l'échelle
01:00:59l'Union Européenne
01:00:59parce que notre génération
01:01:00c'est ça l'enjeu aussi
01:01:01c'est qu'on passe à l'échelle
01:01:02et qu'on investisse massivement
01:01:04parce qu'aujourd'hui
01:01:04on est en retard
01:01:05Patrick Martin
01:01:06enfin c'est l'enjeu
01:01:07y compris de ma génération
01:01:09si je puis dire
01:01:09oui bien sûr
01:01:11enfin c'est même pire que ça
01:01:13quand on voit
01:01:13ça a été chiffré
01:01:14notamment par Mario Draghi
01:01:16dans son rapport
01:01:16qui est une limpidité
01:01:19absolument incroyable
01:01:20il y a 300 milliards
01:01:21d'euros
01:01:22d'épargne
01:01:24européenne
01:01:24qui partent tous les ans
01:01:25s'investir aux Etats-Unis
01:01:26c'est quand même un peu fort
01:01:27le café
01:01:28l'Europe
01:01:28a beaucoup
01:01:29d'avantages
01:01:31notamment celle de disposer
01:01:32d'une épargne abondante
01:01:33pourquoi est-ce qu'elle ne s'investit
01:01:35pas suffisamment
01:01:35dans les entreprises
01:01:38européennes
01:01:39et notamment
01:01:39française
01:01:41d'abord parce que
01:01:42les perspectives de rendement
01:01:43ne sont pas aussi satisfaisantes
01:01:45que dans l'économie américaine
01:01:46qui peut être spéculative
01:01:48on le voit en ce moment
01:01:48enfin quand même
01:01:49il y a des rendements
01:01:50importants
01:01:51d'ailleurs il suffit de voir
01:01:51l'évolution des cours de bourse
01:01:53aux Etats-Unis et en Europe
01:01:54les capitalisations aux Etats-Unis
01:01:56et en Europe
01:01:56ça fait un peu
01:01:57un peu froid dans le dos
01:01:58donc il faut
01:01:59qu'on ait un cadre économique
01:02:01réglementaire
01:02:02fiscal etc
01:02:03qui assure aux investisseurs
01:02:04des rentabilités satisfaisantes
01:02:06en tout cas au moins comparable
01:02:07à ce qu'il pourrait trouver
01:02:09aux Etats-Unis
01:02:10il faut ensuite
01:02:10qu'il y ait une stabilité fiscale
01:02:12c'est ce que tu évoquais
01:02:13ça n'est typiquement
01:02:14pas le cas en France
01:02:15donc c'est extrêmement perturbant
01:02:17pour un investisseur
01:02:18fortiori un investisseur
01:02:19de long terme
01:02:20de se dire
01:02:22j'investis en France
01:02:23une année
01:02:23on me met une surtaxe
01:02:25d'impôt sur les sociétés
01:02:26qui doit durer un an
01:02:27ben non finalement
01:02:27elle dure deux ans
01:02:28puis en réalité
01:02:28elle dure trois ans
01:02:29on ne sait pas
01:02:29combien de temps
01:02:29elle va durer
01:02:30donc la rationalité économique
01:02:33veut qu'on ait le plus
01:02:35de stabilité
01:02:35et de lisibilité possible
01:02:37ça n'est pas suffisamment le cas
01:02:38et enfin
01:02:39c'est aussi le rapport Draghi
01:02:42vous l'avez évoqué
01:02:43il faut qu'on aille
01:02:43très vite
01:02:44beaucoup plus loin
01:02:45sur l'union
01:02:47de l'épargne
01:02:47et de l'investissement
01:02:48on l'appelle comme ça
01:02:49maintenant
01:02:49parce qu'il faut
01:02:51beaucoup plus
01:02:52drainer cette épargne européenne
01:02:54et le fait est que
01:02:55les entreprises
01:02:56n'y ont pas été étrangères
01:02:57à certaines époques
01:02:58qu'on a créé
01:02:59beaucoup de singularités
01:03:00de réglementation nationale
01:03:02le même rapport Draghi
01:03:03établit
01:03:04que si on faisait tomber
01:03:05si on approfondissait
01:03:06le marché intérieur
01:03:07on ferait tomber
01:03:08ce qui correspond
01:03:09en non-douanier
01:03:11en non-tarifaire
01:03:11à 44%
01:03:13de droits de douane
01:03:13sur les biens
01:03:14et 110%
01:03:15sur les services
01:03:17donc voilà
01:03:19les conditions
01:03:19de la réussite
01:03:20sont réunies
01:03:21mais encore
01:03:22faut-il les mettre en oeuvre
01:03:23Thomas Bouberne
01:03:24moi je pense
01:03:25ça sera tout à fait possible
01:03:27d'avoir la bonne nouvelle
01:03:28on a l'argent
01:03:29et on a les talents
01:03:31deuxièmement
01:03:32comment on pourrait le faire
01:03:33quel est le problème
01:03:34l'argent est là aujourd'hui
01:03:36et vous
01:03:36vous êtes spécialiste
01:03:37de sauveabilité 2
01:03:38mais
01:03:39les régimes
01:03:41des banques
01:03:41et des assureurs
01:03:42font que
01:03:43l'argent
01:03:44est plutôt orienté
01:03:45vers les états
01:03:46ça veut dire
01:03:48changer quelques paramètres
01:03:49tout de suite
01:03:50va libérer de l'argent
01:03:51prendre du risque
01:03:51c'est ça que ça veut dire
01:03:53oui exactement
01:03:53vous êtes limité aujourd'hui
01:03:55par
01:03:55absolument
01:03:56on est limité
01:03:57l'argent est là
01:03:58on pourrait investir
01:04:00on est limité
01:04:00deuxième sujet
01:04:02c'est la question
01:04:03des tickets
01:04:04vous avez évoqué ça
01:04:05aujourd'hui
01:04:05on a beaucoup
01:04:07de petites structures
01:04:09qui peuvent pas
01:04:10signer des grands tickets
01:04:11il faut une structure
01:04:13comme un fonds
01:04:14souverain européen
01:04:15et le Moyen-Orient
01:04:17nous a montré
01:04:17comment ça marche
01:04:18européen
01:04:19avec les règles
01:04:20du privé
01:04:21qui investit
01:04:22dans ces entreprises
01:04:23qui fait
01:04:24que les entreprises
01:04:26restent en Europe
01:04:27et troisièmement
01:04:28et ça pour moi
01:04:28c'est le sujet
01:04:29de l'identification
01:04:30il faut que
01:04:31l'européen
01:04:32devient
01:04:34propriétaire
01:04:34du succès
01:04:35européen
01:04:36si vous êtes
01:04:37aux Etats-Unis
01:04:37vous avez
01:04:38votre
01:04:40relève
01:04:40401k
01:04:41vous voyez
01:04:42ah je suis
01:04:43à x%
01:04:45propriétaire
01:04:46de Microsoft
01:04:47à y%
01:04:48propriétaire
01:04:48de GE
01:04:49nous on n'a pas ça
01:04:50on a notre compte
01:04:51d'épargne
01:04:52qui fait pas rêver
01:04:54question de Chloé
01:04:56bonjour
01:04:56pour revenir
01:04:57sur le sujet
01:04:59des Etats-Unis
01:05:00aux Etats-Unis
01:05:01on a la santé
01:05:03une partie
01:05:03l'éducation
01:05:04et la retraite
01:05:05qui sont prises en charge
01:05:06par les employeurs
01:05:08et par le marché
01:05:10est-ce que vous considérez
01:05:11qu'on est en train
01:05:12de se rapprocher
01:05:13d'un tel modèle
01:05:13en France
01:05:14et si oui
01:05:15quelles seront
01:05:16les conséquences
01:05:16quelles seront les personnes
01:05:18qui vont être
01:05:18le plus affectées
01:05:19par cette situation
01:05:20c'est pour vous ça
01:05:21Thomas
01:05:21alors il est clair
01:05:23que dans les pays
01:05:25européens
01:05:26on voit que
01:05:27le modèle social
01:05:28qui nous a
01:05:29bien porté
01:05:31jusqu'ici
01:05:31est en déséquilibre
01:05:33et on voit ça
01:05:34tous les jours
01:05:34si on regarde
01:05:35le vrai problème
01:05:36dans le déficit public
01:05:38c'est le fait
01:05:39que la dépense sociale
01:05:41galope
01:05:42beaucoup plus vite
01:05:43que l'inflation générale
01:05:44ça veut dire
01:05:45il faut réformer
01:05:45réformer le système
01:05:47rebalancer le système
01:05:48il se peut
01:05:49que les entreprises
01:05:50peuvent jouer
01:05:52un rôle plus important
01:05:53là-dedans
01:05:53dans le sens
01:05:54par exemple
01:05:55si vous regardez
01:05:57l'assurance maladie
01:05:58vous avez deux systèmes
01:05:59aujourd'hui
01:06:00un système public
01:06:01un système privé
01:06:02les deux ne travaillent
01:06:03pas du tout ensemble
01:06:04demain
01:06:05on pourrait imaginer
01:06:06de dire
01:06:07est-ce que les deux systèmes
01:06:08ne doivent pas travailler ensemble
01:06:09ça veut dire
01:06:10acheter ensemble
01:06:11et utiliser
01:06:13les mêmes pratiques
01:06:14on parle toujours
01:06:15il faut les fusionner
01:06:17non
01:06:17on pourrait les laisser
01:06:18comme ça
01:06:18mais on pourrait
01:06:19mieux travailler ensemble
01:06:20je veux dire
01:06:21le danger
01:06:22qui existe
01:06:23est que
01:06:23le problème
01:06:25qui est aujourd'hui
01:06:26payé par l'État
01:06:27va juste être bougé
01:06:29vers les entreprises
01:06:30exemple
01:06:31dans le budget
01:06:32actuel
01:06:33les arrêts maladies
01:06:34si on a un problème
01:06:36des arrêts maladies
01:06:37bouger de gauche
01:06:38à droite
01:06:39ne va pas résoudre le problème
01:06:40et c'est là où il faut
01:06:42qu'on fasse attention
01:06:42Patrick Martin
01:06:43en voulait réagir
01:06:45oui en signalant
01:06:46qu'il y a une propension
01:06:47naturelle de l'État français
01:06:49à se croire omniscient
01:06:50et plus efficace
01:06:51donc le fantasme
01:06:52de l'État français
01:06:53c'est la grande sécu
01:06:54et on supprime
01:06:55les acteurs privés
01:06:56et on fera beaucoup mieux
01:06:57qu'eux
01:06:57à l'expérience
01:06:58c'est contestable
01:07:00premier point
01:07:00deuxième point
01:07:01il y a des historiques
01:07:03sociaux en Europe
01:07:04et aux États-Unis
01:07:05qui ne sont pas les mêmes
01:07:06je pense qu'on ne peut pas
01:07:08en France
01:07:08et c'est tant mieux
01:07:09d'une certaine manière
01:07:10revenir par exemple
01:07:11sur les retraites
01:07:13par répartition
01:07:14si ce n'est qu'on a
01:07:15un modèle économique
01:07:16de par la démographie
01:07:17essentiellement
01:07:17mais aussi
01:07:18de par la croissance
01:07:19et la productivité
01:07:20qui rend le système
01:07:21totalement déséquilibré
01:07:22et de plus en plus déséquilibré
01:07:23donc nous notre enjeu
01:07:25c'est d'abord
01:07:25d'instaurer des règles
01:07:26de gouvernance
01:07:27de cette protection sociale
01:07:29qui assure l'équilibre
01:07:30dans la durée
01:07:31et ensuite
01:07:32de faire cohabiter
01:07:34des acteurs privés
01:07:35et des acteurs publics
01:07:37il faut qu'on mette en place
01:07:38des systèmes de retraite
01:07:40par capitalisation
01:07:41et j'observe
01:07:42que c'est un mot tabou
01:07:43il y a encore 2 ou 3 ans
01:07:45et que d'or et d'avant
01:07:46le médafi a peut-être
01:07:47eu sa contribution
01:07:48j'ai compté 11 candidats
01:07:49sur 29
01:07:50c'est rentré dans le panorama
01:07:52donc voilà
01:07:52c'est pas du tout
01:07:53votre propos
01:07:53mais il faut se garder
01:07:54il ne faut pas avoir
01:07:55d'approche binaire
01:07:56le tout public
01:07:56le tout privé
01:07:57et je finis
01:07:58en disant que
01:07:59ça peut bien marcher
01:08:00on gère
01:08:01les partenaires sociaux
01:08:02on gère
01:08:03les retraites complémentaires
01:08:04à Gire Carco
01:08:05on a pris la décision
01:08:06la semaine dernière
01:08:07de les revaloriser
01:08:08mais en sous-intexant
01:08:09par rapport à l'inflation
01:08:11c'est rien de moins
01:08:11que 100 milliards d'euros
01:08:12de prestations
01:08:13servies chaque année
01:08:14à 14 millions de retraités
01:08:16donc il n'y a pas
01:08:17de modèle parfait
01:08:17mais je pense que
01:08:18c'est très intéressant
01:08:19de faire cohabiter
01:08:20répartition
01:08:21capitalisation
01:08:24hospitalisation publique
01:08:25hospitalisation privée
01:08:27sous réserve
01:08:27qu'on challenge
01:08:28ces différents modèles
01:08:29et qu'on aille
01:08:29vers les meilleures solutions
01:08:30Denis
01:08:31on a encore une liste
01:08:31de 28 questions par étudiant
01:08:33malheureusement
01:08:33on est pris par le temps
01:08:34parce qu'il est bientôt 20h
01:08:35on va conclure
01:08:36le mot de conclusion
01:08:37sera pour vous Denis
01:08:38moi j'ai quand même
01:08:39entendu beaucoup
01:08:39de besoins de dialogue
01:08:41intergénérationnel
01:08:41dans les deux sens
01:08:43effectivement
01:08:43c'est vraiment
01:08:44ce qui m'a frappé
01:08:45c'est ce besoin
01:08:46de mieux se comprendre
01:08:48de mieux parler
01:08:49l'exemple du reverse mentora
01:08:51que vous avez évoqué
01:08:52tout à fait parlant
01:08:54parce que
01:08:54ça n'est pas quelque chose
01:08:55qui est descendant
01:08:56ce n'est pas de l'entreprise
01:08:57vers le jeune
01:08:58mais c'est également
01:08:59le jeune apporte
01:09:00une contribution
01:09:01dans le monde de l'entreprise
01:09:02et peut contribuer
01:09:03à faire quelque chose
01:09:04d'un espace
01:09:05qui devient
01:09:05un espace
01:09:06où on crée
01:09:07un espace également
01:09:08où on dialogue
01:09:09un peu ce qu'on a essayé
01:09:10de faire ce soir
01:09:10et Dieu sait que
01:09:12les 28 questions
01:09:13qui manquent
01:09:14on aura peut-être
01:09:14d'autres occasions
01:09:15de les passer
01:09:16mais en tout cas
01:09:17on a vraiment
01:09:18ce besoin
01:09:18de constituer
01:09:19ces espaces de dialogue
01:09:20c'est aussi ce que nous renvoient
01:09:22peut-être les derniers jours
01:09:22où on est sur des situations
01:09:24qui sont crispées
01:09:25et essayons de les détendre
01:09:27ces situations
01:09:27un grand merci à Martin
01:09:29Agathe Merlin
01:09:30Mathis Malou et Chloé
01:09:31d'être venus
01:09:31sur le plateau
01:09:32de BFM Business
01:09:33ce soir
01:09:34merci beaucoup
01:09:35Thomas Bouberle
01:09:35d'être venus également
01:09:36dans les dialogues
01:09:37de l'économie
01:09:37merci à Patrick Martin
01:09:39on se retrouve demain matin
01:09:40sur BFM Business
01:09:42on recommencera
01:09:43évidemment
01:09:43Denis Ferrand
01:09:44vous avez vu
01:09:44ça se passe bien
01:09:45c'est un mot
01:09:46pour l'ensemble des patrons
01:09:46qu'il va falloir convaincre
01:09:47pour venir dans les prochains
01:09:48dialogues
01:09:49à demain
01:09:49bonne soirée
01:09:54les dialogues de l'économie
01:09:56sur BFM Business
01:09:57avec Rex et Cote