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  • il y a 9 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Voilà, donc on a les points de tension d'un côté, la manifestation du côté des Invalides qui se passe
00:06plutôt dans le calme.
00:07Pauline, la difficulté de cet après-midi, notamment pour les forces de l'ordre, c'était de gérer deux cortèges.
00:13Il y avait la manifestation qui est partie de la place d'Italie pour rejoindre les Invalides,
00:17et puis il y a un autre cortège qui était non déclaré, qui est parti de l'hôtel de ville,
00:22en espérant rallier Matignon.
00:25Le problème c'était la jonction, et c'était un point de crispation, mais visiblement il y a un cortège
00:30qui est allé plus vite que l'autre,
00:31donc ils se sont rejoints par l'arrière du cortège, si ce qu'on comprend bien.
00:33Mais là, on a une avancée nette des forces de l'ordre en direction des manifestants,
00:39qui ont ordre effectivement de progresser et d'aller chercher sans doute, ou de repousser en tout cas les individus
00:44qui posent problème à la fin de cette manifestation.
00:46On sait que les heures de dispersion, c'est les heures les plus compliquées.
00:49Vous l'avez dit, on est dans le quartier des ministères, on n'est pas bien loin du ministère de
00:53l'Éducation nationale,
00:53il y avait la volonté pour certains de marcher vers les lieux de pouvoir, on imagine qu'ils sont largement
00:58sécurisés,
00:59mais on va voir comment tout ça, ça se déroule.
01:00Louis Letoublon est avec nous, il nous accompagne aussi depuis le début de ce mouvement lycéen,
01:05Louis Letoublon qui est vice-président de l'organisation Les Lycéens.
01:08Vous êtes satisfait de cette journée de mobilisation, ça maintient la pression ?
01:13Je crois, oui, que cette journée, une fois de plus, démontre la capacité des lycéennes et des lycéens à se
01:18mobiliser.
01:18Moi, j'étais dans le cortège qui partait de la place d'Italie vers les Invalides.
01:24Tout se passait très bien et en réalité, dans la grande majorité des cas, tout se passait très bien dans
01:30ces manifestations.
01:32Et c'est ce qu'on doit retenir, je pense, c'est que c'est un mouvement qui est pacifiste,
01:36qui a simplement envie de défendre ses droits et ses revendications.
01:41– Mais est-ce que c'est un mouvement qui s'essouffle ?
01:44Ce matin, le ministre de l'Éducation nationale notait qu'il y avait moins de lycées bloquées
01:49et il semble, on n'a pas encore les chiffres, mais il semble quand même que la mobilisation dans les
01:52rues de Paris
01:52soit moins forte que celle qu'on a connue mardi dernier.
01:56– On était à 94, selon le ministère, 94% de lycées ouverts, 214 fermés,
02:04il y en avait 800 fermés mardi dernier.
02:06– Je pense que mardi dernier a été un moment charnière, oui, pour le mouvement,
02:12très important que le mouvement est en mobilisation constante depuis maintenant quelques semaines
02:19et les lycéennes et lycéens, dans tous les cas, ont très envie de poursuivre le mouvement.
02:23Nous, on continue à appeler au blocage et aux manifestations.
02:26– C'est-à-dire la prochaine étape, c'est samedi ?
02:28– Samedi 17, avec en plus la confluence, l'aide de certains autres mouvements.
02:33– Notamment le retour des Gilets jaunes ?
02:36– Vous partagez les mêmes combats ?
02:38– Je pense qu'en tout cas, on s'adresse aux mêmes interlocuteurs, c'est-à-dire au gouvernement.
02:44– Donc, prochaine étape, samedi ?
02:47– Tout à fait.
02:48– À quoi ça peut ressembler, samedi ? On a du mal à comprendre,
02:50parce qu'il y a pas mal d'informations et de nébuleuses autour de la journée.
02:53Ce sera statique ?
02:55– Je pense qu'on verra.
02:56Moi, à titre personnel, mon organisation n'est pas responsable,
03:01elle ne s'occupe pas d'organiser les manifestations.
03:04Mais je crois que, dans tous les cas, ça va…
03:08Vu l'ampleur du mouvement lycéen, si en plus on rajoute d'autres mouvements…
03:14– Je vous interromps, parce que là, on a une voiture qui est en train de prendre feu,
03:18Reda Bellage.
03:19Alors, ça veut dire qu'on a vraisemblablement mis une bombe incendiaire à l'intérieur,
03:22on a cassé les carreaux, enfin, les vitres de la voiture.
03:26Alors bon, là, ça devient dangereux, là, quand il y a une voiture en feu,
03:28comme ça, il va falloir vite appeler les pompiers, quoi.
03:30– Depuis le début, c'est très dangereux.
03:31Après, je rejoins le jeune homme sur le fait que les manifestations,
03:35pour le coup, le constat, je le rejoins tout à fait,
03:37c'est que les manifestations, elles se passent bien lorsqu'elles sont encadrées,
03:41organisées et déclarées.
03:42La problématique qu'on a depuis quasiment trois semaines,
03:45c'est, en fait, ces manifestations sauvages,
03:48où là, ça devient très, très compliqué pour nous.
03:50Et c'est là où les individus, ils sont à la fois organisés et désorganisés,
03:55et nous, ça nous complexifie le travail.
03:57Et donc, là, on est obligés de faire usage de moyens intermédiaires de défense.
04:02Et ce qui, apparemment, a l'air de ternir notre image.
04:05Mais c'est notre travail, en fait.
04:06En France, on ne bloque pas.
04:07En France, on ne manifeste pas quand ce n'est pas déclaré.
04:10En France, on ne se balade pas avec une cagoule lors d'attroupement.
04:13– Je reste sur la voiture.
04:14– Il y a un propriétaire qui va être content.
04:16– Alors ça, mais on est quand même à côté de…
04:18Alors, je ne sais pas si c'est un immeuble d'habitation ou de bureau.
04:20Est-ce qu'il y a, je ne maîtrise pas,
04:22mais est-ce qu'il y a un risque d'explosion du véhicule avec un…
04:26si jamais il a le plein dans la voiture ?
04:28– Non, le seul gros accident qu'on a eu comme ça,
04:31si vous avez des véhicules à côté, là, ça devient très compliqué pour nous
04:34parce qu'il peut y avoir une propagation.
04:36Et s'il est équipé, j'ai pès, ce qui semble pas…
04:38et j'espère que ce qui n'est pas le cas.
04:40Maintenant, c'est des images qu'on a vues…
04:41– Et les pompiers d'Ariane, c'est un éteint.
04:44– Vous savez, moi, ça me rappelle des images qui ont lu il y a plusieurs mois sur Paris,
04:49avec la victoire du Paris Saint-Germain.
04:50Donc j'entends quand on me dit « oui, il n'y a que comme ça qu'on a entendu
04:54»,
04:54mais moi, le constat pour moi, il est clair.
04:56Expression de colère, expression de joie en France,
04:59quand c'est un certain profil de personne,
05:02eh bien, on casse et on brûle.
05:04– Là, ce n'est pas forcément le même profil, par ailleurs.
05:05– Mais bon, en tout cas, nous, de ce qu'on sait au niveau des renseignements,
05:09c'est le même mode opératoire, voilà.
05:11– En tout cas, là, on est près de l'église Saint-François-Xavier,
05:14on est dans le 7e arrondissement, pas loin donc de la place Vauban,
05:17là où doit se terminer cette manifestation,
05:20et des éléments perturbateurs qui viennent de mettre le feu à cette voiture en marge du cortège.
05:27– Qui vient d'être éteinte.
05:28– Jean-Louis Bonami, professeur de philosophie, est avec nous.
05:31Vous avez déjà été sur ce plateau pour commenter ce mouvement,
05:34que vous soutenez ou pas, ce mouvement lycéen ?
05:36Parce que vous êtes prof de lycée.
05:38– Non, moi, je suis neutre, je suis totalement neutre.
05:41– Certains de vos collègues, eux, sont dans le cortège.
05:43– Moi, je suis neutre.
05:44– Certains même, pardon, je vous en ai dit,
05:45mais certains occupaient même le lycée de Saint-Denis-Paul-Éluard,
05:49là où est parti ce mouvement, ce matin.
05:52– Oui, mais ça, je crois que c'est un grand classique, là.
05:54Il n'y a rien de nouveau là-dessus.
05:57Et oui, oui, que la professeure de SES,
06:01qui milite à l'huit ouvrière depuis 1992,
06:04soutienne le mouvement, voilà.
06:06– Et c'est une grande classique de sciences économiques et sociales.
06:08– Voilà, moi, je suis neutre.
06:10Et plutôt, mon but, c'est d'essayer de comprendre les choses,
06:13de comprendre les raisons,
06:14de comprendre les raisons à la fois de la colère lycéenne,
06:18et en même temps, de comprendre aussi les raisons
06:20des dérapages et du basculement dans la violence.
06:22En tout cas, je crois que ce qui est très clair,
06:24c'est que là, on assiste à la décrue du mouvement.
06:27Vous voyez, le nombre de lycées bloqués en France s'est effondré.
06:32C'est maintenant une petite minorité de lycées qui sont bloqués.
06:36Il y a 3 000 lycées en France, à peu près.
06:38Là, il y en avait, hier, il n'y en avait plus qu'une centaine
06:40qui étaient bloqués.
06:41On voit que c'est un nombre qui est en recul.
06:44– Qu'est-ce qui a fait reculer, selon vous ?
06:47– La météo.
06:47– Oui, mais il fait beaucoup moins chaud.
06:51– Il fait quand même nettement moins beau.
06:53– Regardez, le Suisse est en tee-shirt.
06:56– Il fait quand même moins beau.
06:58– Il fait doux, il fait doux, là.
06:59– Oui, mais il a fait moins beau.
07:01– Ça ne peut pas tout expliquer, quand même.
07:02– Non, mais il a fait moins beau les jours derniers.
07:04Ça suffit à briser, en fait, en quelque sorte, l'élan.
07:07Et ce qui va le briser encore plus, en fait,
07:09c'est les vacances scolaires, tout simplement.
07:10– Vous ne croyez pas à une reprise du mouvement après les vacances ?
07:13– Moi, ça me paraît difficile.
07:15Et puis, il y a également la pression des parents.
07:17Vous savez, justement, on l'entend dire beaucoup
07:18dans les manifestations, de dire
07:20« Nous sommes très angoissés par Parcoursup.
07:22Nos parents sont très angoissés par Parcoursup. »
07:25Mais justement, ça angoisse aussi beaucoup les parents
07:27que le lycée soit bloqué.
07:29Donc, c'est aussi l'une des causes.
07:30Et puis aussi parce qu'il y a un essoufflement naturel
07:33de tout mouvement social, s'il n'est pas relancé.
07:36En fait, c'est quelque chose de normal.
07:37Il y a une crue et il y a une décrue.
07:39– Il y a eu aussi des annonces, puisque, rappelons-le,
07:41le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Jeffrey,
07:43avait annoncé un plan pour redéployer en urgence
07:453000 professeurs.
07:47– Oui, alors ça, excusez-moi, par contre,
07:48ça n'a joué aucun rôle dans la décrue.
07:49C'est pas parce que M. Jeffrey a sorti,
07:51vous savez, tel Garcimor, le magicien des années 70,
07:563000 professeurs de son chapeau magique,
07:58que ça a fait baisser le mouvement.
08:01D'ailleurs, moi, je pense que l'absence des professeurs
08:04n'était pas l'une des vraies raisons du mouvement.
08:07– C'était quoi, la vraie raison, alors ?
08:08– La vraie raison, à mon avis, le point de départ,
08:11après, il y en a d'autres qui se sont greffés,
08:12mais le point de départ principal, c'est plutôt,
08:14dans certains lycées de banlieue, l'état déplorable des bâtiments.
08:17Ça a été la première revendication.
08:18On avait parlé, le manque d'eau potable, ce genre de choses.
08:21Après, il y a d'autres choses qui se sont greffées,
08:22comme les emplois du temps délirants, ce genre de choses.
08:24Mais je pense qu'en fait, l'absence de professeurs,
08:26vous savez, quand les professeurs sont absents,
08:27les lycéens sont les premiers ravis.
08:29– Alors, vous parlez de certains collèges ou certains lycées
08:33qui sont dans un état déplorable.
08:34Alors, justement, Antoine Fromental est avec nous,
08:36les réalisateurs d'un documentaire « Retour au collège »
08:40qui a été tourné dans un collège de région parisienne,
08:42Auguste Renoir, à Raniers-sur-Seine, en 2017, c'est ça ?
08:46– En 2018.
08:47– 2018, précisément.
08:49Et en fait, dans votre documentaire,
08:52contrairement à ce qu'on raconte beaucoup sur les plateaux,
08:54finalement, ça ne se passe pas si mal dans ce collège,
08:56malgré les difficultés, malgré des comportements,
09:00parfois, de certains collégiens difficiles à gérer.
09:02Et c'est ce que vous vouliez démontrer dans votre documentaire,
09:04un peu à rebours de ce qu'on peut raconter sur des jeunes
09:08qui seraient non maîtrisables et des parents qui seraient démissionnaires.
09:10– Voilà, je voulais faire entendre un autre son de cloche
09:13sur l'école publique.
09:14Je voulais montrer que l'école publique, dans les quartiers populaires,
09:18joue un rôle essentiel.
09:19Elle sauve des vies, elle sauve des enfants,
09:20pas toujours, mais souvent.
09:22Je dis souvent que « Retour au collège », c'est un film de super-héros.
09:25Les super-héros, c'est les profs, c'est les assistants d'éducation.
09:28– Pour vous, ce sont les super-héros ?
09:29– C'est les super-héros, et ils font des miracles,
09:33la vocation chevillée au cœur, et c'est essentiel.
09:37Et c'est pour ça qu'il faut le soutenir.
09:39Et je trouve ça très beau et très important.
09:41– Donc vous, vous souhaitez plutôt ces jeunes qui sont dans la rue ?
09:43– Oui, je les ai rencontrés, d'ailleurs, ils sont souvent venus,
09:46parce qu'on a montré le film un peu partout en France.
09:47Et souvent, il y a des lycéens et des collégiens qui venaient voir le film,
09:50qui disaient que d'abord, le film faisait un écho puissant
09:54au combat qui menait.
09:56Et ensuite, leurs revendications me paraissaient assez légitimes,
09:59je crois que vous en avez parlé.
10:00Les lycées délabrés, l'absence de profs.
10:02– Vous l'avez constaté, vous, dans votre collège,
10:04enfin, le collège que vous avez filmé ?
10:06– Vous voyez, moi, j'ai une formule, je dis que j'étais là pour filmer
10:09l'armée de l'ombre d'un collège de la République.
10:11Et souvent, les spectateurs me disent, c'est bien,
10:13mais il manque des gens dans ton armée de l'ombre.
10:15Il manque le médecin scolaire, il manque l'infirmière,
10:19il manque l'assistante sociale.
10:20Je fais, mais j'aurais bien aimé les filmer, tous ces gens-là.
10:22– Mais ils n'étaient pas en poste.
10:23– Ils n'étaient pas là.
10:24– Je ne sais pas pourquoi, mais ils n'étaient pas là.
10:26Par ailleurs, il y avait une banque, un groupe, une équipe
10:28d'assistants d'éducation, deux profs super motivés,
10:31un peu de la même génération, et qui, effectivement,
10:34aimaient travailler ensemble, savaient pourquoi ils se levaient le matin,
10:36et, à mon sens, réussissent de très belles choses.
10:38– On voit marqué sur les murs, toujours ce fameux 17 octobre,
10:42Reda Bellach, je voulais savoir, du côté des policiers,
10:45on a des indications sur ce qui, potentiellement,
10:48peut arriver le 17 octobre ?
10:50On parle d'une mobilisation partout en France,
10:53de ronds-points bloqués, peut-être de dépôts pétroliers,
10:57de stations-essence, du côté des policiers.
11:00– Des indications, je ne sais pas, mais des craintes, oui,
11:03puisqu'on voit qu'il y a beaucoup d'appels sur les réseaux sociaux,
11:07et vous savez que, pour nous, c'est compliqué à gérer,
11:11puisque ça passe aussi beaucoup par la messagerie cryptée,
11:15il y a des gens qui ont l'expérience des Gilets jaunes,
11:17donc ils savent discuter en toute discrétion,
11:19donc c'est difficile pour nous de se mobiliser.
11:24Les CRS, par exemple, même ne serait-ce que pour ces manifestations,
11:28ils ont su, à 22h, hier, dans quelle ville ils se rendaient,
11:31et sur quel service ils se rendaient, donc en termes d'anticipation,
11:34notre administration est plus que catastrophique.
11:37– Mais Pauline soulignait l'ambiguïté de ce qui sera organisé samedi,
11:42on ne sait pas si ce sont des rassemblements, des blocages, des manifestations,
11:47alors il y en aurait un peu partout.
11:48– Mais sans doute que la confusion, ils en ont besoin pour déjouer aussi un petit peu les…
11:53– Alors l'entendu, certains diront, nous, on va bloquer des ronds-points, des recades,
11:59bon, est-ce qu'on va retrouver l'ambiance Gilets jaunes ?
12:02– C'est toute la question, est-ce qu'il y aura une jonction, c'est ça ?
12:06Est-ce qu'ils vont se retrouver, comme vous disiez, il y a le même interlocuteur en face,
12:10mais est-ce que toutes les revendications ne sont pas très hétéroclites ?
12:14Qu'est-ce que ça peut donner visuellement sur l'ensemble du territoire ?
12:17C'est une question à laquelle il est assez difficile de répondre.
12:20– Alors je ne sais pas si vous me posez la question,
12:21en tout cas pour moi, moi ce qui nous inquiète,
12:23c'est qu'on sent quand même un goût de violence en fait,
12:28c'est ça, on sent que vraiment les gens sont remontés,
12:31et on a tellement jeté l'opprobre sur la police depuis trois semaines
12:37qu'ils sont vraiment remontés contre les forces de l'ordre.
12:40Et je pense que les… alors je ne dis pas que c'est tous les lycéens,
12:43je ne dis pas que c'est tous les étudiants,
12:46mais je sens que ça va être très très compliqué,
12:48je pense que là le policier, samedi sera une cible, ou le gendarme sera une cible.
12:53Enfin, pour dénoncer la répression policière, l'état policier que serait la France.
12:58Est-ce que vous payez finalement ce qu'on a vu au tout début de ce mouvement,
13:03avec parfois des scènes de tensions, parfois violentes,
13:08des blessés du côté des policiers certes, mais aussi du côté des jeunes ?
13:12– Pour moi on a répondu à la violence par la violence,
13:15sauf que nous c'est dans le cadre d'une action policière,
13:18donc elle est légitime.
13:19– Même s'il s'agit de jeunes de 17 ans ?
13:21– Ben oui, mais c'est toute la difficulté à laquelle on a dû faire face,
13:24parce que quand un individu est cagoulé, on ne voit pas s'il a 16 ans, 17 ans, 18 ans,
13:28et quand un individu cagoulé, il vous envoie un cocktail Molotov et qu'il a 16 ans,
13:34et quand un individu cagoulé, il a 23 ans, le résultat, la blessure, c'est la même sur le policier.
13:39Donc voilà, sauf que la peine évidemment ne sera pas du tout la même.
13:42Mais après, je le redis, je le redis, nous on entend les revendications,
13:46je suis syndicaliste, il n'y a pas de souci, c'est l'expression qui me dérange,
13:49et je trouve vraiment, j'aurais appris qu'en France on pouvait banaliser
13:53à tel point la violence à l'encontre des forces de l'ordre.
13:55Parce que les tensions, là je vais dire c'est facile,
13:59plus facile à gérer une manifestation pour nous que des violences urbaines.
14:02Donc, c'est facile, c'est facile, c'est facile, c'est facile,

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