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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Dans quelques minutes, nous suivrons en direct la prise de parole du ministre de l'Intérieur et du ministre de
00:05l'Éducation nationale,
00:06messieurs Laurent Nunes et Édouard Geffray, à propos de la nouvelle journée d'action prévue demain de mobilisation des lycéens.
00:13Mais ça a continué aujourd'hui, donc on voit bien que la tension ne retombe pas.
00:17Le président de la République est actuellement en déplacement en Espagne.
00:20On a parlé, mais il appelle surtout, il veut bien écouter les revendications, mais il appelle au calme.
00:26Moi j'entends et je comprends les angoisses, parfois les colères que notre jeunesse peut avoir.
00:33Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence.
00:36Et en aucun cas des responsables politiques, le terme en espèce est mal choisi, ne saurait légitimer une violence au
00:43carré.
00:44On a vu beaucoup de responsables aller devant les lycées pour exciter les élèves. Je pense que c'est grave.
00:50Et j'ai vu plusieurs de ces jeunes, étaient-ils lycéens ou venaient-ils en opportunité devant les mêmes lycées,
00:56même brutaliser des journalistes.
00:58C'est inacceptable.
00:59Tous les débats sont légitimes, la violence, elle, ne l'est jamais. Et j'appelle tout le monde au calme.
01:05On sent que le gouvernement est inquiet. D'ailleurs, Sébastien Lecornu demande au recteur et au préfet d'assurer la
01:11sécurisation des lycées après ce qui s'est passé ces derniers jours.
01:14Et en perspective de cette nouvelle journée d'action, nous sommes avec le policier Reda Bellage, porte-parole de l
01:20'Île-de-France, du syndicat de police unité.
01:21Vous aussi, vous êtes inquiet en tant que policier ?
01:23Je suis inquiet parce qu'aujourd'hui, je crois qu'on est en train de passer un nouveau cap et
01:28j'ai l'impression que notre République est en train de reculer.
01:30À partir du moment, et c'était les consignes dans certains départements, où vous interdissez, dans le cadre de leur
01:35protection et de leur défense,
01:37aux policiers de prendre le lanceur de balles de défense ou d'utiliser des grenades de désencerclement,
01:43comme c'est le cas, par exemple, dans le département le plus criminogène de France, la Seine-Saint-Denis, vous
01:48nous exposez, vous nous mettez en danger.
01:49– Donc vous avez, attendez, vous avez des consignes de ne pas intervenir, ou si vous intervenez, de ne pas
01:55prendre certains outils qui vous permettraient de rétablir l'ordre devant les lycées.
01:59– Exactement, des outils de défense.
02:00– Parce qu'on a peur de la bavure ?
02:02– Oui, on a peur de la bavure, on a peur des blessés, mais à un moment, excusez-moi, le
02:07prix c'est quoi ?
02:07– Parce que les jeunes, ils sont mineurs la plupart.
02:09– Oui, mais en fait, le problème, c'est que les jeunes, ils font des actes de délinquance que des
02:13adultes font, normalement.
02:14Donc moi, je suis désolé, quand un adulte, il tire au mortier sur un policier qui le blesse,
02:19ou un mineur le blesse, la conséquence, c'est la même.
02:22– C'est vrai que c'est particulièrement violent, c'est la première fois qu'on voit, notamment lors de
02:27ces mouvements lycéens,
02:27des professeurs eux-mêmes attaqués par ces lycéens, je ne sais pas si on peut les appeler des lycéens ou
02:32des casseurs.
02:33Ce qu'on ne voit jamais, en général, les professeurs ne sont pas pris pour cible.
02:37On a vu des professeurs se faire lyncher, poursuivis dans la rue.
02:40– Écoutez, moi, ce que je vois, c'est que tout le monde est en train de perdre pied un
02:45peu.
02:45Tout le monde, certains élus mettent, je veux dire, enveniment la situation, si je peux dire, je n'ai plus
02:52les mots.
02:53– Lesquels ?
02:53– Monsieur Bakayoko, le maire, qui est officier de police judiciaire.
02:58Et j'espère, pour le coup, qu'on va faire comme pour les policiers.
03:00Parce que dès qu'un policier fait une erreur judiciaire, ou dans une rédaction de procédure,
03:05ou dans une interpellation, ou dans une intervention, il est auditionné par les GPN.
03:09– Ils sont jamais là, la police.
03:10– Excusez-moi, ne me coupez pas, merci.
03:13Et je ne vois pas pourquoi un maire qui est officier de police judiciaire, lui, il ne serait pas…
03:17Le parquet ne fait rien de Bobigny.
03:20Parce que quand vous êtes officier de police judiciaire et maire,
03:22quand vous constatez un délit, vous devez soit appeler la police, soit en référence au parquet.
03:27– Le préfet de police de Paris a fait un signalement, un article 40,
03:32sur les propos qui avaient été tenus par le maire de Saint-Denis.
03:36– Sur la violence qui était parfois légitime, c'est ça ?
03:38– Voilà, absolument.
03:39Donc, un article 40, ça veut dire un signalement à la justice.
03:42Je suis un officier du ministère public, je suis une personne qui a autorité,
03:49et je signale à la justice que cette personne a tenu des propos
03:52qui, selon moi, sont répréhensibles.
03:54Voilà, donc c'est la justice, ensuite, qui va instruire et qui décidera.
03:57– Nous sommes avec Mathis Aversin, que vous êtes étudiant parisien,
04:01militant NPA, jeune révolutionnaire.
04:03Pourquoi ça dérape ? Pourquoi ce mouvement de lycéens bascule dans la violence ?
04:07– Non mais attendez, la principale violence aujourd'hui qui est imposée aux lycéens,
04:12c'est d'abord celle du gouvernement, qui a complètement détruit les écoles.
04:16Là, les lycéens, pourquoi ils se révoltent ?
04:17Parce qu'ils voient une éducation à deux vitesses.
04:19Parce qu'ils voient aujourd'hui que dans les quartiers parisiens bien huppés,
04:23on n'a aucun problème, on a tous les profs, on peut passer son année tranquillement,
04:26on n'a pas des plafonds qui s'effondrent quand il pleut,
04:29on ne vit pas des canicules où on fait des malaises dans les salles de classe pendant le bac,
04:32c'est ça qu'ils vivent aujourd'hui, c'est ça la violence qui suffit.
04:34– Ce n'est pas du tout caricaturale ce que vous dites.
04:36– Ce n'est absolument pas caricaturale, c'est la réalité.
04:38– Parce que Edouard Geffrey…
04:39– Quand vous allez parler aux lycéens aujourd'hui, c'est ça qui vous explique.
04:41– Edouard Geffrey, le ministre de l'éducation, dit,
04:44certains voudraient faire croire que l'État délaisse et les élèves de certains territoires,
04:48les faits disent le contraire, en Seine-Saint-Denis notamment,
04:51l'État investit 13% de plus par élève à l'école primaire que la moyenne nationale,
04:55au lycée, en voie générale et en technologie,
04:58le nombre moyen d'élèves par classe est inférieur de deux élèves par rapport à la moyenne nationale.
05:02Ce qui fait qu'on en fait plus en Seine-Saint-Denis qu'ailleurs.
05:04– C'est absolument faux.
05:05– C'est le contraire de ce que vous racontez.
05:05– Là, regardez, à Paul-Éluard, ils ont mis de l'argent,
05:10mais ils ont mis de l'argent pour des caméras de surveillance, 600 000 euros,
05:12pas pour davantage de profs ou quoi que ce soit.
05:14Par ailleurs, s'ils mettaient davantage de moyens, ce serait très clair.
05:17Mais ils ne refont rien du tout, regardez ce qui se passe réellement.
05:21– Vous pensez que les lycéens s'amusent ?
05:23– Non, le lycée est en travaux et c'est la grande difficulté de ce type de situation,
05:27c'est que partout dans l'Île-de-France, on a construit des lycées au même moment
05:30et ils arrivent tous en fin de vie au même moment.
05:33– Et on l'a bien vu, on a eu des tensions au lycée Voileum,
05:36à l'époque où il y a eu des travaux.
05:38La grosse difficulté, là, moi, je comprends les élèves,
05:41c'est que vous avez à la fois des travaux qui se jouent
05:43et en même temps, vous êtes dans des prêts fabriqués.
05:45Et pour tout le monde, c'est l'enfer, il faut le dire, c'est une période difficile.
05:49– Le manque de professeurs, ça, c'est quelque chose que les lycéens ne vivent pas.
05:51– Quand ils doivent aller chercher eux-mêmes des tables ou des chaises,
05:57les matins, tous les matins, parce qu'il n'y en a jamais assez,
06:00c'est presque comme s'ils devaient s'en retirer les uns aux autres,
06:03c'est ça qu'ils vivent aujourd'hui.
06:05Et ça, vous ne pouvez pas du tout dire que ce n'est absolument pas le cas.
06:07Les lycéens, ils ont bien raison.
06:08– Il y a sans doute des raisons de protester,
06:12mais pourquoi, je repose ma question,
06:13pourquoi ça bascule dans une telle violence ?
06:16– Demandez à la police, pourquoi ça bascule ?
06:18– C'est la première fois, attendez, laissez-moi terminer,
06:20c'est la première fois que je vois des profs
06:22qui sont lynchés par des élèves.
06:24– Moi, j'ai vu des profs défendre leurs élèves face à la police,
06:27justement avec les AED et même avec des parents d'élèves.
06:29– Qu'est-ce que vous dites à ceux qui font ça ?
06:31Ceux qui s'en prennent aux profs et au personnel,
06:33il y a une proviseur qui a été traînée par terre.
06:35– Mais qu'est-ce que vous dites aux forces de police
06:37qui tirent au LBD, qui viennent déborner un jeune à Tours ?
06:40Qu'est-ce que vous leur dites ?
06:41– Non mais vous ne répondez pas à mes questions.
06:42– Qu'est-ce que vous dites à ceux qui ont cassé les dents
06:44leurs jeunes de 15 ans à Saint-Antoine-laumône ?
06:47– Regardez ces images.
06:48– Qu'est-ce que vous dites ?
06:48– Mais pourquoi vous cautionnez ça, je ne comprends pas en fait ?
06:50– Mais pourquoi vous cautionnez la violence de l'État et de la police ?
06:52– Mais moi je cautionne rien du tout, je vous pose des questions.
06:53– Regardez ces images.
06:54– C'est quand même la charge, c'est les lycéens, les casseurs,
06:56c'est toujours la même chose.
06:57– Regardez cette prof.
06:58– On a fait la même chose pour les gilets jaunes,
06:59on a fait la même chose pour les manifestants,
07:01maintenant c'est les lycéens.
07:02– Donc vous refusez de condamner les violences contre les profs ?
07:05– Mais vous comprenez ce que vous dites ?
07:06Est-ce que vous condamnez les violences exercées par le gouvernement
07:10et par la police ?
07:11– Je ne suis pas au NPR.
07:12Est-ce que vous condamnez ces violences-là ou pas ?
07:16– Moi ce que je condamne, c'est la violence sociale qu'on subit.
07:18– Donc vous refusez de condamner.
07:19– C'est tous au quotidien.
07:21– Vous ne condamnez pas les violences contre le personnel d'éducation.
07:23– L'augmentation des prix de l'essence, là qui touche énormément de la population.
07:25– Donc cette violence est légitime ?
07:26– Vous êtes d'accord ?
07:27– Ce que vivent les lycéens aujourd'hui, il y a une énorme partie de la population qui le vit.
07:29– Vous êtes étudiant, vous-même, ça ne vous viendrait pas à l'idée
07:31de taper un professeur, j'imagine ?
07:33– Bah, je pense que vous avez le mot.
07:37– Je pense que vous avez quand même…
07:39– Vous refusez de voir la réalité en face que subissent les lycéens ?
07:43– J'ai été lycéen, j'ai été lycéen.
07:45– Ah bon ?
07:45– Oui, ça m'est arrivé il y a longtemps.
07:48Jamais j'aurais pu m'en prendre à un professeur.
07:50Levez la main sur mon professeur.
07:51– Vous accepteriez de vous en prendre à un adolescent ?
07:53– C'est ça la réalité ?
07:55– Ma question, vous êtes étudiant, vous avez été lycéen,
07:57ma question, c'est simplement, jamais vous n'auriez pu lever la main sur un prof.
08:00– Je peux vous poser juste une question, c'est concernant, moi, les revendications des lycéens.
08:04Encore une fois, sur les lycées, par exemple, de Saint-Denis,
08:07je comprends la difficulté de suivre des cours dans ces conditions
08:12et on sait qu'il y a d'énormes problèmes de remplacement des professeurs absents en France.
08:17On a 20 millions d'heures perdues, on a 10% des heures qui sont perdues,
08:227% à cause des problèmes de remplacement.
08:25La question que je me pose, c'est pourquoi ne pas organiser des rassemblements sans bloquer ?
08:30Sans bloquer, parce qu'on sent qu'il y a une colère des lycéens,
08:35notamment, ils ont des problèmes d'emploi du temps, etc.
08:37– Oui, exactement.
08:38– Mais ils en tiennent, les assemblées générales ?
08:40– Et elles sont, elles aussi, contestées ?
08:42– Oui, on comprend bien que le problème dans cette affaire-là, ce sont les blocus.
08:46– Regardez, quand on fait une manifestation aujourd'hui en France,
08:47on subit les violences policières.
08:48– Je voudrais finir de terminer ma question.
08:49Est-ce qu'il serait possible ?
08:50– Il n'y a pas eu de violences policières mardi dans la rue avec la manifestation syndicale.
08:53– Ah bon, moi, j'ai vu des images quand même.
08:54– Je voudrais juste savoir s'il ne serait pas possible de ne pas appeler aux blocus,
08:59mais à des rassemblements qui tiennent la route.
09:02et pourquoi bloquer et fermer les portes aux autres élèves ?
09:07Après tout, on voit qu'il y a un mouvement, effectivement, il y a une colère,
09:10il y aurait du monde.
09:11Là, on a l'impression que le blocus, c'est un petit peu aussi l'outil
09:14pour empêcher le reste des cours de soutenir.
09:16– Mais moi, je suis pour que les étudiants et les étudiantes, les lycéens, les lycéennes,
09:19d'ailleurs, toutes celles et ceux qui veulent se mobiliser,
09:22prennent le temps de se réunir, de discuter de leurs revendications.
09:24Il y a des lycéens qui commencent à se coordonner.
09:26Il y a 20 lycées parisiens qui se sont retrouvés à la fin de la manifestation
09:30avec des lycées de banlieue, etc., pour discuter qu'est-ce qu'on va faire.
09:34Et d'ailleurs, ils appellent à continuer la mobilisation.
09:35– Mais à Paul-Éluard, il y a eu une assemblée générale.
09:37– Oui, il y en a eu une à Paul-Éluard.
09:39Ils ont même participé à cette petite coordination interlycée
09:42qui, j'espère, va se développer.
09:46– Qui continue ?
09:47Mais aujourd'hui, là, on fait le procès des lycéens.
09:50Mais il faut faire le procès de ce système qui permet aujourd'hui
09:52que des jeunes se demandent « quel va être mon avenir ? »
09:56Ils ne voient pas d'avenir aujourd'hui pour eux
09:58parce qu'ils n'ont pas les moyens d'étudier condamnablement.
10:01– Ce n'est pas en saccageant leurs lycées qu'ils vont avoir un meilleur avenir.
10:04– Mais ceux qui saccagent les lycées aujourd'hui, c'est le gouvernement.
10:06Regardez l'état des lycées aujourd'hui.
10:08Regardez l'état des facs.
10:09Moi, je suis à la fac, on le voit.
10:11Ils n'ont pas envie d'argent à la diversité.
10:12– Qu'est-ce que vous faites dans ce mouvement lycéen ?
10:16Est-ce que ça démontre que l'extrême-gauche que vous représentez
10:18en tant que membre de NPA est à la manœuvre ?
10:21C'est ce que disent d'ailleurs les renseignements généraux
10:23qu'on a joints ici à BFMTV.
10:24Ils disent que ce mouvement est infiltré par l'extrême-gauche.
10:27– Attendez, si les renseignements généraux ont besoin de faire des enquêtes
10:30pour se demander pourquoi les étudiants se sentent solidaires
10:33de leurs petits frères, de leurs petites sœurs dans les lycées
10:35parce qu'il y a les mêmes problèmes.
10:36Mais attendez, tout est lié.
10:37Parce qu'aujourd'hui, nous, on subit aussi la sélection sociale.
10:40– Vous ne répondez pas jamais aux questions en fait.
10:41– En fait, si, parce qu'on se mobilise aussi dans les facs depuis la rentrée.
10:44Peut-être que vous avez vu, mais ils ont monté les frères d'instruction
10:46pour les étudiants étrangers.
10:47– La jonction entre les étudiants et les lycéens ?
10:50– Bien sûr.
10:52Mais avec les gilets jaunes, avec les pompiers,
10:54avec toutes celles et ceux qui veulent se battre aujourd'hui
10:55parce que les problèmes, ils sont liés.
10:57C'est le problème des conditions de vie, c'est le problème de l'autorisme.
10:59L'extrême-gauche, c'est à la manœuvre.
11:00Les lycéens s'organisent, c'est ce que j'essaie de vous expliquer.
11:03– Amour et d'Avénage, c'est pas l'extrême-gauche.
11:05– Effectivement, on a vu un tir à bout portant,
11:06un tir de la BD dans le visage d'un jeune.
11:09Il y a une enquête qui est ouverte.
11:11– Oui, c'est ça.
11:11Après, contrairement à monsieur, moi je ne suis pas d'idéologie,
11:14je suis apolitique, donc je vous dis les choses.
11:15Quand on commet des erreurs dans le cadre de nos interventions,
11:19on a des enquêtes immédiates.
11:21Et donc je pense qu'il faut rester objectif.
11:24et je pense qu'avec ce genre de personnes, c'est un peu compliqué.
11:26Parce que justement, la naïveté de certains adolescents
11:29qui écoutent ce type de personnes,
11:31ils finissent par tirer quand même sur des policiers.
11:33– Vous pensez qu'il faut instrumentaliser ces adolescents ?
11:34– Bien sûr.
11:35Vous savez, nous, quand on vient sur un lycée,
11:37on a autre chose à faire à 8h, on a des plaintes à prendre,
11:39des femmes qui se font agresser, des femmes qui se font violer,
11:41des gens qui se font cambrioler.
11:42On a autre chose à faire qu'aller devant les lycées.
11:45– Est-ce qu'on n'est bien ?
11:46– Si on vient, j'aimerais bien, moi je l'ai dit,
11:50moi je vous le dis les yeux dans les yeux.
11:51– Mais ça se passera beaucoup mieux.
11:54– On nous a dit de ne pas intervenir.
11:55Du coup, ils ont défoncé le portail,
11:57ils ont brûlé l'entrée de l'école.
11:59Donc bravo, bravo monsieur.
12:01– Est-ce qu'on est sûr que ce sont uniquement des lycéens
12:06qui sont devant les établissements ou pas ?
12:08– Certains sont cagoulés en noir.
12:10– Véronique.
12:10– Moi, j'ai contacté des lycéens qui étaient devant le lycée Paul-Éluard
12:14et à la mi-journée, ils m'ont expliqué qu'ils avaient à peu près
12:17la moitié des personnes qui étaient devant
12:19qui n'étaient pas des lycéens du lycée.
12:23C'est-à-dire qu'il y avait à la fois des adultes extérieurs,
12:26militants, politiques, mais aussi peut-être des lycéens
12:31qui venaient d'autres départements, même habillés en noir, masqués.
12:36– Il y en a derrière vous là.
12:36– Ce qui explique aussi que parfois on peut avoir des jeunes
12:39qui s'en prennent aux professeurs,
12:41c'est-à-dire que c'est très souvent pas des jeunes
12:44qui connaissent les personnes qui les agressent.
12:46– Ils ne sont pas de l'établissement en fait.
12:47– En général, enfin voilà, les chefs d'établissement disent
12:49ce ne sont pas nos élèves, on ne les reconnaît pas.
12:51Ceux qui arrivent et qui tirent les mortiers d'artifice,
12:53qui visent, ce ne sont pas leurs élèves.
12:56– Quand tu dis cagoulés, on en voit derrière vous,
12:58je ne sais pas si on peut les voir, c'est cette image
12:59qui est derrière vous.
13:00– Et ce n'est pas forcément des jeunes
13:03qui viennent de quartiers défavorisés, ceux qui sont masqués.
13:06– Je me pose une question quand même,
13:07c'est vrai que c'est compliqué, c'est mal parti,
13:09on voit une affiche là,
13:11plus de profs au lycée pour ne pas finir policier.
13:14C'est quand même, vous êtes des étudiants,
13:16vous êtes des garçons responsables, vous êtes en fac.
13:19Est-ce que c'est bien de traiter une partie de la population,
13:22les policiers comme ça ?
13:23Ça veut dire, bon, c'est quoi ?
13:26Ce sont des sous-citoyens,
13:28ce sont des imbéciles qui n'ont pas assez bossé à l'école.
13:31Qu'est-ce que ça veut dire des gens comme ça ?
13:33Est-ce que vous trouvez que c'est vraiment utile
13:36dans un mouvement comme le vôtre ?
13:37C'est crédible, parce que je comprends,
13:39on manque de chaises, vous manquez de tout,
13:41et ça remonte bien avant, maintenant.
13:43Ça fait longtemps que le processus est engagé.
13:45Mais est-ce que c'est utile des slogans comme ça ?
13:47Est-ce que les policiers sont vos ennemis ?
13:50Ce qui se passe, c'est qu'aujourd'hui,
13:52lorsqu'on essaie de se mobiliser en France,
13:54ça fait depuis longtemps,
13:55d'ailleurs depuis plusieurs années,
13:57ça a commencé avec Hollande,
13:58Macron l'a continué,
13:59à chaque fois qu'on veut se mobiliser,
14:00on se prend la police.
14:01On se prend la police de manière de plus en plus violente.
14:04Les Gilets jaunes, ils l'ont bien vécu.
14:06Combien d'ébornés ?
14:07Combien de personnes qui ont fini à l'hôpital ?
14:09Donc la situation à l'heure actuelle, c'est celle-ci.
14:11Dans les lycées, d'une certaine manière,
14:12oui, la police fait leur éducation.
14:14Lorsque le seul lien qu'on a aujourd'hui
14:16dans les quartiers populaires avec la police,
14:17c'est des contrôles au faciès,
14:19des interpellations,
14:20le fait d'être à chaque fois envoyé à cette image de casseur,
14:23peut-être qu'effectivement, on n'en a pas la meilleure image.
14:26Mais là, aujourd'hui, moi, ce que je me demande,
14:27c'est pourquoi est-ce que le gouvernement,
14:29il a aussi peur des lycéens ?
14:30Pourquoi on fait leur procès sur les plateaux télé ?
14:33Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
14:34parce que c'est ça qui se passe là quand même aujourd'hui,
14:36pourquoi est-ce qu'aujourd'hui,
14:37on a peur des lycéens,
14:38parce qu'ils représentent quelque chose ?
14:39Pour l'instant, on n'est pas tous les lycéens qui mobilisent.
14:41Moi, je vous entends, mais je vous entends,
14:45mais je vous présente ceux qui viennent à l'heure aujourd'hui.
14:47Je vous entends.
14:48Je vous pose cette question.
14:49Est-ce que c'est utile, ce slogan,
14:51plus de profs au lycée pour ne pas finir policiers ?
14:53Allez débattre avec les lycéens,
14:54vous allez découvrir un certain nombre.
14:56Que les policiers sont des abrutis,
14:57des cons qui n'ont pas travaillé à l'école.
14:58Mais je pense que vous vous trompez,
14:59parce que pour le coup,
15:00c'est un des plus beaux métiers de la fonction publique.
15:02Parce que moi, j'ai eu la chance de sauver des vies.
15:04Et je vais dans votre sens,
15:06j'ai la malchance d'en prendre une,
15:08d'en enlever une sur un marreau de tempéré.
15:10Je n'en suis pas fier,
15:10mais c'était dans un cadre professionnel
15:12et d'une action policière.
15:14Parce que malheureusement,
15:15vous avez des gens,
15:17notamment certains jeunes cagoulés
15:18qu'on voit sur les affiches derrière vous,
15:20qui viennent avec des cocktails Molotov à Paris.
15:23Parce que vous avez parlé de Paris tout à l'heure.
15:24Un des plus gros points chauds qu'on avait aujourd'hui
15:26sur l'île de France,
15:27c'était à Paris 11e, monsieur.
15:29D'accord ?
15:30Et ils brûlaient les établissements,
15:31ils préparaient des cocktails Molotov.
15:35C'était interpellé par mes collègues
15:36de la compagnie de sécurisation
15:38et d'intervention de Paris.
15:39Et donc voilà.
15:40Donc quand vous voulez...
15:42Moi, je suis...
15:42Vous savez, j'ai des enfants qui sont...
15:44J'ai une fille à la fac,
15:46une autre en école de commerce
15:47et un gamin qui est en seconde.
15:49Et vous allez y aller avec des LBD
15:50si jamais ils se mobilisent aussi ?
15:51Oui.
15:53Bien sûr.
15:53Pour me défendre, monsieur,
15:54ça s'appelle la légitime défense.
15:56Et quand il n'y a pas de proportionnalité...
15:57C'est les lycéens qui doivent se défendre.
15:58Quand il n'y a pas de proportionnalité, monsieur,
16:00mettez un peu votre idolisme.
16:01Idéologie de côté.
16:02Quand il n'y a pas de proportionnalité,
16:04eh bien, vous inquiétez pas,
16:05on est sanctionné.
16:06C'est tout, c'est simple.
16:07Mais non, mais ça, c'est...
16:08C'est vous qui foncez ça.
16:10Parce que vous parlez bien
16:11des attaques contre les pompiers
16:12qu'on a dû défendre devant les blocs plus.
16:14On vient de vous donner le droit de tuer.
16:15Il y a une gamine qui s'est pris
16:16une bouteille d'acide à Saint-Denis.
16:18Ça ne vous dérange pas ?
16:19Ce n'est pas un problème.
16:20C'est normal aussi.
16:22Vous défoncez les dents d'un lycéen,
16:24vous trouvez...
16:24Monsieur, il y a une enquête en cours.
16:26Juste avant, il frappe une femme.
16:27Vous êtes pour les violences
16:28contre les femmes ?
16:30Voilà, c'est tout.
16:31Véronique, moi, je suis assez surpris
16:33quand même de la violence de ce mouvement.
16:35Ce n'est pas la première fois
16:35que les lycéens bloquent des lycées.
16:37J'ai envie de dire que ça revient
16:38assez régulièrement.
16:40Mais là, effectivement,
16:41on s'en prend aux établissements.
16:44Donc, il y a le matériel qui est attaqué.
16:46Puis, il y a aussi du personnel
16:47qui est directement visé.
16:49Plus des affrontements avec la police.
16:51Comment expliquer cette radicalité,
16:53tout d'un coup ?
16:54Parce qu'en plus,
16:55il n'y a pas eu forcément
16:56un projet de loi,
16:57une mesure particulière
16:58qui a déclenché la colère.
16:59Non, je dois dire
17:01que tous mes interlocuteurs qui...
17:03Parce que les blocus,
17:04c'est quand même quelque chose
17:04d'assez saisonnier.
17:06Depuis des années,
17:07depuis plus de dix ans,
17:09vous avez des blocus
17:10à la fois au printemps,
17:12à la fois à la rentrée.
17:13Il y a toujours
17:16une saisonnalité de ces blocus.
17:17Mais tous les gens
17:18qui connaissent bien ces mouvements,
17:20que ce soit à l'intérieur
17:22des rectorats,
17:22parce que c'est eux
17:23qui gèrent ça.
17:24Ils ont toujours
17:24ces poussées de fièvre.
17:26Là, ils sont un peu démunis.
17:27Ce qui les a surpris,
17:29c'est qu'on n'avait pas
17:30les comptes habituels
17:33qui appelaient à se mobiliser,
17:35les comptes qu'on appelle
17:37déterres,
17:39les autonomes.
17:40Là, on avait vraiment
17:41une colère qui est venue
17:43d'un lycée plutôt professionnel,
17:46Syntex, à Créteil,
17:48qui protestaient
17:49contre le manque
17:51de personnel,
17:52c'est-à-dire des personnels
17:53qui n'étaient pas nommés.
17:53On avait les rentrées
17:54qui ne finissaient pas
17:56d'atterrir,
17:57parce qu'on a toujours
17:57des problèmes de plus en plus
17:58pour mettre des gens
17:59sur les postes.
18:01Mais ça aussi,
18:01c'est important,
18:02parce que chaque année,
18:03on déplore le fait
18:04qu'il n'y a pas
18:05suffisamment de profs
18:06et on sait très bien
18:06que dans certains territoires,
18:07c'est beaucoup plus dur
18:08de trouver des remplaçants.
18:10C'est vrai que quand vous
18:10cherchez un remplaçant à Paris,
18:11vous le trouvez plus facilement,
18:13vous trouvez plus facilement
18:14un contrat actuel
18:15à mettre sur un poste à Paris
18:17que quand vous êtes
18:17au fond du Val-de-Marne.
18:19Donc, on voit que c'est
18:20un mouvement qui est plutôt
18:21parti du côté des lycées pros.
18:24Et puis, ils sont mobilisés
18:25et puis ils ont obtenu
18:27finalement d'être satisfaits.
18:29C'est-à-dire qu'on a trouvé
18:30des personnels
18:31avec le rectorat
18:32et ça a fait tâche d'huile.
18:34Mais ce qui a étonné,
18:36c'est la violence directe.
18:37C'est ce que me disent
18:38mes interlocuteurs.
18:39C'est que là,
18:39ils n'avaient jamais vu
18:40quand même aussi peu
18:42de gradations.
18:43C'est-à-dire qu'une fois
18:44que ce mouvement est parti
18:45à fait tâche d'huile,
18:46là, ils ont vu
18:47des attaques directes
18:48aux mortiers d'artifice
18:50sur des personnels
18:51sans discuter.
18:52Ils n'étaient pas habitués à ça.
18:53Pour l'instant,
18:54personne n'a d'explication.
18:55Certains disent
18:56que le téléphone a joué
18:57un rôle déclencheur.
18:59Certains disent
18:59que c'est peut-être
19:00la circulaire
19:01qui interdisait
19:02les meetings politiques
19:03avant la présidentielle
19:04qui aurait pu aider.
19:06Ce qui est certain quand même,
19:06c'est que France Insoumise
19:07est arrivée très très vite
19:09sur le mouvement,
19:11notamment à Créteil
19:12et à, j'irais,
19:13souffler sur les braises.
19:14Alors, Jean-Luc Mélenchon,
19:15d'ailleurs,
19:17apaise ses propos lui-même
19:18puisqu'il dit
19:19qu'il dénonce la violence.
19:21Il dit qu'il ne faut pas
19:21utiliser la violence,
19:22il faut se mobiliser
19:22sans violence.
19:23Donc peut-être
19:24à la France Insoumise
19:25et se rendre compte
19:26peut-être que ça a été trop loin.
19:27Alors que le maire de Saint-Yves
19:27avait parlé de violence
19:28parfois légitime.
19:29Vous vouliez ajouter quelque chose
19:30que disait notre journaliste
19:32Véronique ?
19:32Non, mais il n'y a aucun doute
19:35à avoir sur le fait
19:35qu'effectivement,
19:36les lycéens dans tous les lycées,
19:38ils ont les mêmes problèmes.
19:39En banlieue,
19:40ils ont les mêmes problèmes
19:41et ça se réparcute
19:41sur l'ensemble du territoire.
19:43Donc c'est normal
19:44que quand ils voient
19:44leurs camarades de classe
19:46se mobiliser,
19:47ils décident de faire de même.
19:48Et non,
19:48à Saint-Exupéry,
19:49tout n'est pas réglé.
19:50Ils continuent de se mobiliser
19:52encore aujourd'hui.
19:53Et d'ailleurs,
19:54d'un certain côté,
19:54il n'y aura pas de réponse
19:55lycée par lycée.
19:57Ce n'est pas possible.
19:57Depuis des décennies,
19:58on retire des moyens
19:59de l'éducation nationale
20:00tout comme on les retire
20:01dans les hôpitaux,
20:02tout comme on les retire
20:03dans l'entier.
20:04Le budget éducation nationale
20:04n'a pas baissé,
20:05ce n'est pas vrai.
20:06Avec l'inflation aussi,
20:07on peut dire que...
20:08Mais d'ailleurs,
20:08vous vous demandiez
20:09pourquoi on ne peut pas
20:09remplacer les profs.
20:10Mais depuis combien de temps
20:12les profs n'ont pas été augmentés ?
20:14Ils ont été revalorisés.
20:15Ils ont été revalorisés.
20:16Avec le GMI.20,
20:17on peut quand même
20:17un petit peu en discuter.
20:18Ça fait des années et des années.
20:19Aujourd'hui,
20:20les profs,
20:20ils sont partis
20:21les plus mal payés.
20:21Les débuts carrières
20:22ont été augmentés,
20:23mais pas les milliers de travail.
20:24Le fait est qu'aujourd'hui,
20:26c'est les profs,
20:27mais c'est aussi les infirmières,
20:29c'est aussi les pompiers,
20:30c'est tous ces services-là.
20:31Ils n'ont plus de moyens
20:32parce que les moyens
20:32on les met out
20:33dans l'armée
20:33et dans les subventions patronales.
20:34Plus de 200 milliards
20:35tous les ans.
20:36Voilà, vous avez eu le bilan
20:38du ministre de l'Intérieur.
20:40Édouard Geffray,
20:41le ministre de l'Éducation nationale
20:43est en train de faire
20:44le sien aussi
20:44et Dominique Rizet,
20:46notre spécialiste
20:47poli-justice.
20:48Ce que l'on a entendu
20:49véritablement,
20:50c'est l'inquiétude
20:52de Laurent Nunes
20:52avant la grande journée
20:54de mobilisation nationale
20:56demain dans les lycées.
20:57Absolument.
20:58Et puis le 6 octobre ensuite.
20:59Donc on note
21:00une aggravation
21:01de la situation,
21:02c'est complètement clair.
21:05Avec de plus en plus
21:07de forces de sécurité intérieure
21:10blessées.
21:1083 policiers blessés,
21:13356 établissements concernés.
21:15Le ministre de l'Éducation
21:16nous a appris
21:17que c'était
21:17sur ces 356,
21:19250,
21:21205 établissements
21:21qui n'étaient pas concernés
21:23hier.
21:23Ça veut dire que
21:24le mouvement est en train
21:25de monter crescendo.
21:27On parle de montée
21:29significative de la violence.
21:31Ça, c'est le ministre
21:31de l'Intérieur qui le dit.
21:32Avec des intrusions
21:33à l'intérieur
21:34d'établissements scolaires
21:35à Lyon,
21:36à Rennes.
21:37Des dégradations
21:38sur des véhicules
21:39d'enseignants.
21:43625 interpellations
21:44aujourd'hui
21:45contre 440 hier.
21:47Là encore,
21:48une augmentation
21:49des blessés
21:50parmi les élèves aussi.
21:5132 élèves blessés.
21:53Depuis le début
21:54des manifestations,
21:55le ministre
21:56de l'Éducation
21:57nous a signalé
21:58119 élèves blessés,
22:0034 personnels.
22:02Donc, effectivement,
22:03il y a des intrusions
22:04dans les écoles
22:05de groupuscules violents
22:07qui vont de lycée
22:08en lycée.
22:09C'est-à-dire que
22:10la situation
22:10est en train
22:11quand même
22:11d'échapper.
22:12Voilà,
22:13et rendez-vous demain
22:13pour voir comment se passe
22:15cette journée
22:15d'action,
22:16de mobilisation
22:17devant les lycées.
22:18et rendez-vous

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