00:00Voilà, au cœur du cortège de la manifestation, donc on a le cortège fonction publique et puis il y a
00:05aussi la colère des lycéens.
00:07On va regarder avec Raphaël Grabli maintenant précisément si la France insoumise est derrière la colère des lycéens,
00:15s'ils ont la main mise, s'ils instrumentalisent. Raphaël, bonsoir.
00:20Bonsoir. Alors oui, effectivement, il y en a certains qui voient la main mise de la France insoumise derrière ces
00:25actions lycéennes.
00:26A commencer d'ailleurs par Sébastien Le Corbusier, le Premier ministre, qui dès hier accusait LFI de participer, je cite,
00:32à la surenchère et aux violences.
00:34Pour lui, les troupes de Jean-Luc Mélenchon instrumentalisent la colère des lycéens à des fins partisanes.
00:39Mais en fait, pour bien comprendre la situation, il faut remonter quelques jours en arrière, notamment le vendredi 18 septembre,
00:46avec cette vidéo publiée sur TikTok qui montre des élèves du lycée Saint-Exupéry à Créteil.
00:52Alors, il déplore un manque, notamment d'enseignants, d'infirmières ou l'absence d'un proviseur adjoint.
00:57La vidéo, elle est extrêmement relayée. Elle fait plus de 600 000 vues.
01:01Et dès le lundi matin, donc le 21 septembre dernier, des personnalités insoumises se rendent sur place.
01:07D'abord, Clémence Guettet, qu'on voit à l'écran, député de Créteil, justement,
01:11mais aussi un autre député insoumis du Val-de-Marne, Louis Boyard, ancien syndicaliste lycéen,
01:17extrêmement puissant sur les réseaux sociaux, qui en connaît parfaitement les codes.
01:21Regardez sa vidéo.
01:24Bonjour, monsieur le président de la République, Emmanuel Macron.
01:27On est au lycée Saint-Exupéry de Créteil et on a un message à vous faire passer.
01:30Tous ces jeunes que vous voyez autour, ils sont en train de vous donner le retour de bâton
01:34de la jeunesse que vous avez oubliée et méprisée.
01:36Macron, démission !
01:37Macron, démission !
01:39Macron, démission !
01:40Mélenchon, Mélenchon !
01:46Alors, cette vidéo, elle fait un carton.
01:48Deux millions de vues sur TikTok, sur Instagram, sur X, sur les réseaux de Louis Boyard
01:52et des appels de la part de LFI dans les jours qui suivent à étendre le mouvement
01:55avant que l'union syndicale lycéenne appelle elle aussi à bloquer les lycées.
02:00C'était hier.
02:01Ce syndicat, il est présidé par...
02:03La semaine précédente, déjà, ils avaient appelé la semaine précédente.
02:05Oui, la semaine précédente et qui a été renouvelée hier.
02:07Ce syndicat, il est présidé par Riyad Rani, que vous voyez à l'écran, qui est syndicaliste
02:13donc, mais qui fait aussi de la politique.
02:15Il y a encore six mois, il était notamment candidat à Waterloo, dans le Nord.
02:19Il était troisième sur une liste de gauche au municipal, menée justement par un insoumis.
02:24Avec le parti socialiste, hein ?
02:25Oui.
02:26Vous ressortez les...
02:27Oui, mais la tête de liste, c'était Thierry Duell, qui est un candidat.
02:30La liste d'union de la gauche.
02:31Oui, oui, c'est ce que j'ai bien précisé.
02:33Justement, Riyad Rani est avec nous en direct, le président de l'union syndicale lycéenne.
02:38Je vous ai vu sourire.
02:40Vous êtes récupéré, manipulé ou soutenu par la France insoumise ?
02:46Je ne suis soutenu par personne et manipulé par personne.
02:49Je ne suis pas stupide.
02:51Je sais à quoi vous jouez.
02:53J'ai l'impression que c'est mon procès, un petit peu depuis hier, sur votre plateau.
02:57Or, certains m'accusent d'être pilotés par LFI.
03:01Bien évidemment, la France insoumise reste un partenaire de l'union syndicale lycéenne,
03:04tout comme le parti socialiste, et comme les écologistes,
03:08et comme les syndicats professionnels, comme la CGT ou le SNES.
03:12Alors, 338 établissements ont été touchés, selon les chiffres officiels,
03:16par ces actions depuis le début de la journée.
03:18Vous, vous dites 400.
03:19Et vous dites que ce n'est pas terminé,
03:21puisque vous appelez à un nouveau blocage des lycées jeudi, c'est ça ?
03:24Oui, exactement.
03:26Ce n'est pas fini.
03:27Nous appelons à la mobilisation générale également jeudi.
03:29On invite toutes les autres organisations à nous rejoindre
03:33pour faire converger nos luttes,
03:36notamment les étudiants et les étudiantes
03:39qui peuvent nous rejoindre avec grand plaisir.
03:42Quelles sont vos revendications, précisément ?
03:44Nos revendications sont multiples.
03:46Tout d'abord, la fin de la surcharge des emplois du temps scolaire et classe.
03:51On peut se retrouver entre 32 élèves et 36 élèves par classe dans certains secteurs.
03:57Plus de moyens.
03:59Une rénovation totale des bâtisses, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui,
04:03parce qu'on a des établissements où il n'y a pas de rideau,
04:06alors qu'on passe des examens du bac,
04:07c'est des centres aussi d'examination au passage,
04:09ce qui est totalement scandaleux.
04:12Et on demande également le renouvellement systématique des enseignants absents
04:18et de plus l'abrogation de part poursuit.
04:21On a vu des heurts qui ont éclaté devant plusieurs lycées à Paris,
04:27en Saint-Denis, à Nice, à Strasbourg.
04:28On a vu également une proviseure qui a été touchée par un tir de mortier d'artifice à Aubervilliers.
04:34C'était hier, lundi.
04:39Est-ce que vous dénoncez ces violences ?
04:41Ah oui, nous les condamnons fermement.
04:43C'est contre-productif de s'attaquer à un proviseur ou à un enseignant
04:46qui subissent en réalité les mêmes conditions que nous.
04:49Par contre, je condamne aussi les violences policières qui sont commises.
04:53On a aujourd'hui à Lille eu des affrontements
04:57où le respect du mac and l'or n'a pas été présent,
05:00notamment des tirs de LVD qui ont été tirés vers le haut
05:03alors que l'usage doit être du bas vers le haut,
05:07ce qui aurait pu mettre en danger la vie de jeunes âgés de 15 ans à 18 ans.
05:12Mais Bali Bagayoko, le maire de Saint-Denis,
05:14dit que la violence peut parfois être légitime.
05:16Même s'il est préférable de faire autrement ?
05:22Oui, la colère peut être légitime parfois.
05:26Pas la colère, la violence. Il a bien employé le mot « violence ».
05:27La violence, oui. La violence peut être légitime.
05:30Oui, parce qu'il y a une violence sociale et institutionnelle
05:32qui est présente depuis des années.
05:34Dans le quotidien de millions de lycéens et de lycéennes,
05:36quand ils rentrent chez eux, ils voient leurs parents
05:39se poser la question de comment ils vont mettre le plein
05:41et comment ils vont faire les pleins du froudeau également.
05:45Alors oui, il y a une lycée sociale.
05:47Et quand ils viennent à l'école, les conditions, c'est pas mieux.
05:51Donc dans ces cas-là, on casse ?
05:54Ah non, j'ai pas dit ça.
05:56J'appelle à la plus grande prudence, comme je l'ai fait hier sur votre plateau,
05:59et appeler à des mouvements pacifiques,
06:01ce qui se passe dans 90% des lycéens.
06:04Merci, Riyad Rani.
06:06Merci d'avoir été avec nous, président de l'Union syndicale lycéenne.
06:08Vous avez bien sûr fait réagir notre policier sur le plateau,
06:10Bruno Pommard, l'ancien instructeur du RAID.
06:13Beaucoup disent, notamment la France insoumise,
06:15si les policiers n'étaient pas devant les lycées,
06:17ça se passerait beaucoup mieux.
06:18C'est eux qui provoquent finalement la violence ?
06:20Même M. Bagayoko l'a dit, c'est classique,
06:23c'est leur fond de commerce électoral.
06:24Donc effectivement, par nature, on doit être contre l'autorité, contre les flics.
06:28Là, l'instrumentalisation qui est faite de ces jeunes,
06:31j'en veux à l'Union syndicale,
06:32c'est dommage qu'ils soient plus avec nous, ce monsieur,
06:34parce que s'il avait été efficace, une Union syndicale,
06:36ça veut dire que lorsqu'il y a des manifs,
06:38ils se posent en temps fond avec les jeunes
06:40pour éviter les dérapages qu'on a vus.
06:41Donc au syndicat aussi d'organiser en quelque sorte...
06:44Bien sûr, ça démontre qu'ils ne servent à rien
06:45et qu'ils font de la politique, mais il l'a dit très sincèrement,
06:48qu'il était...
06:48Il n'a pas dit ça, soyez honnête.
06:51Non, non, laissez-moi parler, je ne sais pas.
06:53Il dit qu'il était proche de l'EF, il n'a absolument pas dit ça.
06:54Oui, c'est pareil, c'est pareil.
06:56C'est pareil que quoi ?
06:57C'est pareil, ils sont associés à l'EF largement comme la CGT,
07:00et vous êtes anti-force de l'ordre, je n'en ai pas dit ça.
07:03Eh oui, mais c'est la vérité, dites-le, dites-le.
07:05Vous êtes anti-policier ?
07:06Bien sûr, regardez les réseaux sociaux,
07:08M. Maness, il ne vit que des réseaux sociaux.
07:10Il est toute la journée à taper les flics.
07:11Ben évidemment.
07:12Taper les flics ?
07:12Oui, il faut parler sur les réseaux sociaux.
07:15Vous tenez des discours anti-flics sur les réseaux sociaux ?
07:17Bien sûr.
07:17Écoutez, moi je pense que...
07:18Le pire, c'est qu'il a une maman qui est autofonctionnaire,
07:20en plus, qui est dramatique.
07:21D'accord, donc l'ancienne candidature, les mamans, etc.,
07:24où on va déballer aussi...
07:25Une maman qui est préfète, on en est contre qui...
07:27Ça fait peur.
07:27Ce n'est pas possible, les discussions sont dans ces conditions-là.
07:30Vous voulez que je réponde à votre question ?
07:32Oui, allez-y.
07:33Regardez-moi.
07:33Est-ce que je suis anti-flic ?
07:34C'est ça la question ?
07:35Oui, totalement.
07:35Bon, écoutez, moi je suis devant vous.
07:37Je n'ai pas un mortier pour vous tirer dessus.
07:38Mais heureusement, vous soyez capable.
07:39Mais vous soyez capable.
07:40Laissez-moi parler, monsieur.
07:41Vous soyez capable.
07:41Ben attends, allez-y.
07:43Je ne vais pas interrompre.
07:45Vous avez parlé, vous avez dit ce que vous aviez à dire.
07:47Est-ce que vous tenez des propos anti-flics sur les réseaux sociaux ?
07:50Cherchez, cherchez des propos anti-flics.
07:52Mais allez-y, sortez-les, monsieur.
07:53Mais sans arrêt.
07:54Vous ne savez pas de quoi vous parler.
07:55Vous ne savez pas ce que pensez le jeune.
07:57Vous ne cherchez pas à le savoir.
07:59Alors, je n'ai pas à répondre sur est-ce que j'ai tenu des propos anti-flics.
08:02Vous n'avez qu'à vérifier plutôt que d'inverser la charge de la preuve.
08:04C'est vous qui êtes spécialiste du domaine.
08:06Et la LFI en particulier.
08:08Alors, est-ce que quand Bali Bagayeko dit finalement la violence peut être légitime,
08:11est-ce que vous cautionnez ce genre de propos ?
08:12Bien sûr.
08:13Mais je pense qu'il y a différents types de violences.
08:16Que certaines violences en réaction peuvent être légitimes
08:19au vu du contexte dans lequel elles apparaissent.
08:22Et souvent, elles apparaissent justement en réaction aux violences policières.
08:25Et c'est également ce qu'a dit Sophie Binet.
08:26que si on n'avait pas cette gestion policière,
08:28cette réponse exclusivement répressive des mouvements sociaux,
08:32on n'en serait pas à ce niveau de violence.
08:34Et c'est tout à fait évident.
08:36Je veux aussi dire que...
08:37Les policiers sont là pour débloquer les lycées
08:38puisque le blocage n'est pas interdit.
08:40Les images qu'on met le plus en avant,
08:42il y a aussi des lycées dans lesquelles les établissements,
08:45les personnels d'établissement, et je veux les en remercier,
08:47ne font pas appel à la police pour débloquer
08:49parce qu'ils savent bien les risques que la police peut comporter.
08:53Du coup, il y a des lycéens qui ne peuvent pas étudier alors ?
08:56– Écoutez, un blocage, effectivement,
08:58il y a cette donnée-là dans le blocage
09:01qui est effectivement d'obstruer l'accès...
09:02– Ce n'est pas très démocratique.
09:03– Oui, c'est interdit.
09:03– C'est interdit.
09:04– Ce qui est légitime et ce qui est légitime.
09:06– C'est hors la loi, jeune homme.
09:07Écoutez-moi.
09:07– Mais comment est-ce que les violences policières
09:09est aussi interdit ?
09:09– Non, la violence légitime.
09:11C'est toute la différence avec vous, jeune homme.
09:13Et M. Bagayoko, qui se permet de dire
09:15que les violences des jeunes sont légitimes,
09:18premier édylle, moi j'ai été maire, jeune homme.
09:20Jamais je ne me serais permis d'avoir un mot comme ça,
09:22même dans mon petit village.
09:23Donc quand on voit M. Bagayoko,
09:24qui incite les jeunes, rappelez qu'il est LFI aussi,
09:27qui permet à M. Coquerel,
09:29président de la commission des finances,
09:30d'être dans cette manifestation,
09:32qui permet à M. Boyard d'être en même temps...
09:34Vous avez toute la casse LFI qui est là.
09:36– Mais est-ce que les policiers ont la bonne attitude ?
09:38– Allez-y, allez-y, allez-y.
09:40– Quelque chose qui est notable,
09:41ce mouvement a commencé de manière spontanée
09:43et il apparaît à quelques mois d'une élection présidentielle.
09:46Ça veut dire que ces jeunes-là,
09:48ils ne comptent pas sur les politiques
09:49qui nous ont si souvent vendu des choses,
09:52qui n'ont jamais fait,
09:52qui ont détérioré nos conditions de vie
09:54pour changer les choses.
09:54Ils savent qu'ils peuvent compter sur leur mobilisation.
09:57Et donc, leur mobilisation, aujourd'hui,
09:58elle rejoint celle des fonctionnaires
10:01qui également sont sortis dans la rue.
10:04Et la seule solution, aujourd'hui,
10:05à apporter à ce problème-là,
10:06c'est la mobilisation.
10:07Que ceux qui peuvent aider,
10:08que ceux qui peuvent empêcher les violences
10:09parmi les élus, parmi les syndicalistes,
10:11le fassent.
10:12– Sous-titrage ST' 501