- il y a 28 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00La suite de ce BFM, bonsoir en direct à trois jours d'une journée de mobilisation nationale,
00:04grande journée de manif et de grève prévue ce jeudi.
00:07On va en parler avec nos invités, notamment Rive London.
00:09Bonsoir, merci d'être là.
00:10Bonsoir, merci pour votre invitée.
00:10Élève au lycée, Simone Veil, dans le troisième à Paris, porte-parole du syndicat, les lycéens, Jean-Christophe Couvy.
00:15Bonsoir, merci d'être là également secrétaire national du syndicat de police unité.
00:19Une image avant de vous donner la parole, celle de cette quarantaine de lycées bloqués aujourd'hui,
00:23regardez beaucoup moins qu'avant les vacances, c'est vrai,
00:25mais l'union syndicale des lycées et l'union étudiante promettent plus de blocus dès demain,
00:29alors que le ministre conseille à tout le monde de rentrer en cours.
00:33Reportage avec ceux qui se mobilisent encore et toujours et ceux qui voudraient reprendre les cours.
00:37Les dernières images avec Stéphanie Zenati et Bertrand Segui.
00:42À l'entrée de ce lycée parisien ce matin,
00:47comme un air de déjà-vu,
00:49des pancartes et des poubelles bloquent l'accès.
00:53Hors de question pour ces élèves d'aller en cours.
00:56Pour moi, c'est le moment de ne pas lâcher,
00:58parce que justement, je sais que le gouvernement comptait aussi un peu sur les vacances,
01:01ce qu'ils font souvent lors des mouvements lycéens,
01:03pour que le mouvement s'estompe.
01:05Moi, personnellement, j'ai espoir que ça continue.
01:07On n'est pas écoutés, voilà.
01:08Sur nos revendications, 15 000 places en université,
01:11c'est même pas que c'est des miettes sur 250 000 places,
01:13c'est que c'est vraiment de la poussière.
01:15Vraiment, c'est pas suffisant.
01:16La grande majorité des lycéens sont d'accord avec nous
01:18et nous soutiennent pour continuer le mouvement.
01:22Les lycéens en faveur du blocus sont-ils réellement majoritaires ?
01:26En tout cas, après des semaines de blocage et de cours annulés,
01:30certains commencent à se préoccuper de leurs examens à venir.
01:34Nous, on est pas mal inquiets sur tous les premières et les terminales
01:36sur notre bac à la fin de l'année.
01:38Et en vrai, j'espère qu'ils vont alléger le bac de français,
01:40parce que là, on a loupé vraiment beaucoup de cours
01:42et c'est dur à rattraper.
01:44Ce qu'on pense, c'est peut-être bloquer que les journées de grève
01:47et les journées de manifestation
01:50pour du coup pouvoir aller se mobiliser dans la rue
01:53sans avoir d'absence et tout.
01:54Mais je pense qu'il y a un moment,
01:55la question va vraiment devenir problématique
01:57sur reprendre les cours ou non.
02:00Au moins 1% des 3700 établissements scolaires français
02:04étaient encore bloqués ce lundi matin.
02:07C'est le cas à Marseille, dans ce lycée,
02:10où des élèves épaulés par certains parents
02:13ont tenté de dégager l'entrée du bâtiment.
02:16Il y a des parents qui s'étaient énervés
02:18et qui ont commencé à venir détruire le blocus.
02:20Ils ont envoyé des poubelles sur les élèves
02:22et du coup ça a dégénéré.
02:25C'est un surveillant qui a calmé le parent
02:28parce qu'ils commencent à envoyer des poubelles
02:29de gérissement sur les élèves
02:30et je m'en suis reçu une sur l'épaule.
02:32Du coup voilà, c'est pour ça
02:33et c'est parti un peu en n'importe quoi.
02:35Claire a deux enfants scolarisés ici,
02:38dont un fils en première.
02:40On a des besoins bien sûr financiers,
02:42il faut aider les lycées et les collèges.
02:44Mais par contre, ce qui n'est pas normal,
02:46c'est que des élèves qui se retrouvent au lycée
02:48avec des gros programmes en maths, en physique, chimie, en bio, en français
02:51n'ont pas cours depuis plus de trois semaines.
02:55Pour tenter de calmer les choses,
02:57le Premier ministre a annoncé une nouvelle réunion
02:59avec les organisations lycéennes.
03:02Il doit les recevoir à Matignon la semaine prochaine.
03:07Vous êtes de quel côté, Réblanden ?
03:09Moi je suis du côté du mouvement lycéen
03:11et le syndicat dont j'ai l'honneur d'être le porte-parole
03:14l'a toujours été.
03:15Il faut quand même rappeler qu'aujourd'hui c'est la rentrée,
03:19que forcément il y a eu une démobilisation
03:21due au fait que les vacances viennent de se terminer.
03:23En tout cas demain, les blocages reprennent de plus belle
03:26et on a l'intention de faire perdre.
03:27Vous, les infos que vous avez ce soir,
03:28c'est que demain les blocages reprennent de plus belle ?
03:30Oui, les blocages vont reprendre demain.
03:32Est-ce qu'aujourd'hui on est à 40 ?
03:33Vous visez combien demain ?
03:34Ça, je n'en sais rien.
03:34Je n'ai pas du tout de chiffre par rapport aux estimations.
03:37Ce que je sais, c'est qu'on a beaucoup de lycées
03:39qui ont l'air d'être très attentifs aux appels aux blocages
03:42et qu'en fait, c'est très simple.
03:44Tant que le gouvernement ne montrera pas de courage politique,
03:47les lycéens seront déterminés à bloquer leur lycée.
03:49Mais vous avez vu ce qui s'est passé du côté de Marseille.
03:53Ça se tend.
03:53Alors on a Marseille, mais on a d'autres proviseurs
03:55qui nous en parlent ce soir.
03:56Ça se tend avec des parents qui disent
03:57« Maintenant, ça suffit ».
03:58Oui, c'est pour ça qu'il faut du dialogue.
04:01C'est pour ça qu'en fait, à un moment donné,
04:03il faut que tous les esprits redescendent,
04:04que dans les blocages, il y ait un vrai dialogue
04:07entre les parents, les surveillants,
04:09les administrations des lycées et également les élèves
04:13pour que tout ce monde-là arrive à coexister
04:15et à pouvoir trouver un terrain d'entente.
04:18Amélie ?
04:18Deux questions.
04:19D'abord, est-ce que vous regardez aussi
04:20les appels du gouvernement ?
04:21Est-ce que ce n'est pas un peu loin,
04:22la semaine prochaine, l'invitation de Sébastien Lecornu ?
04:25Mais c'est fait tout à fait exprès.
04:26Et la question aussi, c'est,
04:28j'entendais moi ce matin une représentante de la FCPE notamment
04:32expliquer qu'elle était un peu partagée,
04:33qu'en même temps, elle n'avait pas envie
04:34de reprendre à son compte le mouvement lycéen.
04:36En même temps, en tant que parent d'élève,
04:38elle s'inquiétait pour sa fille,
04:40mais qu'elle avait envie de lui laisser la liberté
04:43de pouvoir se mobiliser.
04:45Est-ce que vous avez ce dialogue
04:46avec des fédérations de parents d'élèves,
04:48notamment la FCPE ?
04:49J'imagine avec l'APEP dans une moindre mesure.
04:51Les fédérations de parents d'élèves,
04:52bien sûr qu'il y a un dialogue.
04:54On a des témoignages de toutes parts qui arrivent.
04:56On a des parents qui soutiennent fermement
04:58le mouvement lycéen,
04:59d'autres qui sont plus mitégés
05:00et d'autres qui sont contre.
05:01Il faut qu'on puisse écouter tout le monde.
05:03En revanche, il y a une chose qui est sûre,
05:04c'est que le gouvernement fait en sorte
05:05de nous recevoir le plus tard possible
05:06pour pouvoir faire traîner les blocus,
05:09faire traîner le mouvement
05:09et qu'il y ait le moins possible d'immédiateté
05:12dans les petites décisions.
05:12J'ai la même question pour vous deux,
05:14Jean-Christophe Couvillard et Blondon.
05:15Combien de temps vous êtes capables de tenir ?
05:17Je suis désolé, c'est un grand mystère.
05:22Je n'ai pas du tout la surs infuse
05:23et la réponse à cette question.
05:24En attendant, ce que je sais,
05:26c'est que moi, je vois sur le terrain,
05:27j'étais encore devant mon lycée ce matin
05:29pour le blocage,
05:30les lycéens sont extrêmement mobilisés
05:32et les lycéens sont extrêmement au courant
05:34de la faiblesse et de l'insuffisance.
05:36Je termine juste ce point-là.
05:38Les lycéens sont extrêmement au courant
05:40de l'insuffisance des réponses gouvernementales.
05:42Quant aux revendications...
05:43Mais qu'est-ce que vous demandez justement
05:44de plus que ce qui a été donné ?
05:46On demande du courage, c'est-à-dire...
05:48Non, non, non, sur le plan matériel.
05:50J'arrive.
05:50Si vous voulez, on a un programme du gouvernement
05:54qui nous a été transmis.
05:55On a le plafonnement à 28 élèves par classe
05:57dans la moitié des lycées les plus défavorisés
05:59pour les secondes.
06:00Ça n'est pas assez.
06:01En plus de ça, le calcul n'est pas bon.
06:03Puisque le gouvernement veut prévoir
06:04500 postes en plus d'enseignants,
06:06alors que factuellement,
06:07il en faudrait 2250 de plus
06:09et 1100 classes supplémentaires,
06:11je ne pense pas que le gouvernement
06:12soit disposé à ouvrir
06:14ces effectifs-là supplémentaires.
06:16Donc, il y a aussi...
06:17Et Parcoursup, ça vous suffit ?
06:18Et Parcoursup, évidemment,
06:19que pour 2028...
06:20Je veux dire,
06:21M. Traire, vous qui êtes analyste politique,
06:23vous savez qui sera au gouvernement
06:24en 2028 ?
06:24Non, pas plus que vous, mais...
06:26Personne ne le sait.
06:27Donc, la garantie, si vous voulez,
06:28sur la suppression, oui ou non,
06:30de Parcoursup,
06:31elle est nulle.
06:31Elle est nulle.
06:32Ça veut dire que ça peut se prolonger
06:34jusqu'à la présidentielle, en fait.
06:35Ah mais, écoutez, je veux dire,
06:37il en va de la détermination...
06:38Alors, attendez,
06:39je vous repose quand même la question.
06:40Combien de temps vous êtes capables
06:41de tenir, Jean-Christophe Covy ?
06:42D'autant vos collègues sont capables
06:44de tenir.
06:44Nos collègues sont résilients,
06:45mais on a tous, à un moment donné,
06:48on touche tous notre plafond de verre
06:51et forcément, là,
06:51ça commence à grincer des dents.
06:53Et là, on y est ?
06:54On y est, oui.
06:54On commence à le toucher.
06:55Alors, on fait le boulot.
06:57Pas forcément des blocus.
06:58On parle des samedis aussi,
06:59de tous les samedis.
07:01Là, c'est jeudi.
07:02Mais comment faisiez-vous
07:03pour les Gilets jaunes ?
07:04Il n'y aura pas que jeudi,
07:05cette semaine.
07:06Alors, les Gilets jaunes,
07:07déjà, c'était moins violent
07:08que ce qu'on voit là,
07:09déjà, en violence.
07:10Je parle en intensité.
07:11On n'était pas 70 000 tous les samedis.
07:14Au début, c'était très compliqué.
07:16Puis petit à petit,
07:16en fait, le mouvement,
07:17comme tous les mouvements,
07:18plus ça traîne en longueur
07:19et plus ça s'étiole.
07:20Et à un moment donné,
07:21il n'y a plus que les durs de durs
07:22qui restent.
07:22Et c'est plus facile,
07:26faire des manifestations.
07:28Là, en tout cas,
07:29en tant que syndicaliste,
07:30c'est ce que je peux vous donner
07:31comme conseil,
07:32vous avez attiré l'attention
07:33des politiques.
07:34Vous avez l'attention.
07:35Ils vous invitent
07:35à la table des négociations.
07:36Quand on va négocier,
07:37on n'aura jamais 100 %
07:38de tout ce qu'on demande.
07:39Mais en même temps,
07:40on commence à obtenir des choses.
07:43En même temps,
07:44vous avez de l'autre côté
07:45l'opinion publique
07:46qui est en train de se retourner aussi.
07:47C'est pas vrai.
07:48Vous verrez dans les jours qui viennent.
07:49C'est pas vrai.
07:50J'étais encore sur une chaîne
07:51concurrente pour discuter
07:52avec Mme Genetet,
07:54ancienne ministre
07:54de l'éducation nationale
07:55qui dit très clairement
07:56qu'il y a 8 parents sur 10
07:57qui sont favorables
07:59à notre...
07:59Qui peuvent le comprendre
08:00mais qui ont envie aussi
08:01que leur enfant
08:02et ça commence à se voir
08:03aille en cours.
08:04Et d'ailleurs,
08:04moi, je trouve que là-dedans,
08:05il y a la grande lâcheté des parents,
08:08je trouve quand même.
08:08Juste pour préciser
08:09toute petite différence dans l'opinion,
08:11le soutien au mouvement
08:12des lycéens
08:12reste très majoritaire
08:13dans la population.
08:14C'est juste sur la méthode.
08:15Il y a une petite inflexion
08:16sur la méthode du blocage.
08:18Aujourd'hui,
08:18vous avez une courte majorité,
08:2051 % selon un sondage
08:21dans le Figaro ce matin,
08:22des Français qui disent
08:23bon, le blocage,
08:24il faut que ça s'arrête.
08:25En tout cas,
08:25il y a quand même
08:26une mobilisation
08:26dans les manifestations
08:27qui est très claire,
08:28notamment des parents.
08:29Et puis,
08:30les blocages,
08:31ils peuvent aussi être faits
08:32de façon partielle.
08:34Je veux dire,
08:35Alain Bauer sur votre chaîne
08:36dit souvent que lui,
08:37il faisait des piquets de grève
08:38et que le piquet de grève,
08:39ça consiste à bloquer
08:40l'entrée principale
08:40et à laisser rentrer
08:41les élèves qui le souhaitent.
08:42Ce qui se fait d'ailleurs
08:43assez souvent.
08:43Il y a des moyens
08:45démocratiques
08:45pour se faire entendre
08:46et moi,
08:47si j'ai intégré
08:48ce syndicat-là récemment,
08:49c'est principalement
08:50parce qu'il y a du dialogue.
08:52Précisément,
08:52Jean-Christophe Cuby,
08:53est-ce qu'aujourd'hui,
08:54il s'est passé quelque chose
08:55dans les ordres
08:56qu'on vous a donnés,
08:57dans les ordres
08:57qu'on a donnés aux policiers ?
08:58Parce que ce matin,
08:59ce que disait Edouard Jeffrey,
09:00c'était blocus,
09:01on débloque.
09:01Est-ce que c'est ce que vous avez eu
09:03comme ordre aujourd'hui ?
09:04Oui, en fait,
09:04dès lors qu'il y a de la violence
09:05et dès lors qu'il faut laisser,
09:07si à un moment donné...
09:07Est-ce qu'un blocus,
09:08c'est de la violence ?
09:09S'il n'y a pas de violence,
09:10je ne vois pas pourquoi...
09:11Entre ceux qui veulent rentrer...
09:12Ceux qui veulent rentrer,
09:13qu'on les empêche physiquement
09:13et que là,
09:14il peut y avoir de la violence,
09:15oui, on est obligé d'intervenir.
09:16On ne va pas laisser
09:17des situations se pourrir.
09:18Mais en même temps,
09:19je pense qu'il peut y avoir
09:19des choses intelligentes.
09:20C'est-à-dire qu'on n'empêche pas
09:21les gens de faire la grève,
09:22même si pour moi,
09:23pour faire grève,
09:23il faut quand même être salarié,
09:25voire travailler.
09:25Mais bon, après,
09:26c'est des appellations,
09:27ce n'est pas grave.
09:27L'important,
09:28c'est de manifester...
09:29L'important,
09:30c'est de manifester
09:31son mécontentement
09:32et c'est bien aussi
09:33de toujours essayer
09:34de négocier quelque chose
09:35de mieux pour son avenir.
09:36Là-dessus,
09:36on est tous d'accord,
09:37on est parents.
09:38D'ailleurs,
09:38je trouve que les grands absents,
09:39c'est les parents.
09:40Parce qu'en fait,
09:40on laisse des mineurs
09:41aller dans la rue manifester
09:43et je trouve que les parents...
09:45Il y a beaucoup de parents
09:46dans la rue.
09:46Je ne sais pas si
09:46les manifestations avec ma mère.
09:49C'est quand même aussi
09:51aux parents d'aller régler
09:51des problèmes politiques.
09:52Le 17 octobre,
09:53par exemple,
09:54il y avait beaucoup de parents
09:54dans la rue avec des jeunes.
09:55Le 17 octobre,
09:59et là,
09:59on peut comprendre
09:59qu'à un moment donné,
10:01les parents,
10:01ils ont envie aussi
10:01que leurs enfants
10:02aillent en études
10:03parce qu'à la fin,
10:04pour certains,
10:04il y aura le bac,
10:05en première aussi,
10:06vous passez le bac,
10:07etc.
10:07Et tous les retards
10:08qu'on prend là,
10:09on sait très bien
10:09qu'on ne le rattrapera pas.
10:10Moi,
10:11j'ai envie de vous dire,
10:11plus tôt le gouvernement
10:13arrivera à répondre
10:14aux aspirations des élèves,
10:16plus tôt les cours
10:16pourront reprendre
10:17de façon sereine.
10:18Et j'ai même envie
10:18de vous dire,
10:19devant les blocus,
10:20qui il y a devant les blocus ?
10:21Il y a les élèves,
10:22bien sûr,
10:22mais il y a les enseignants.
10:23Les enseignants,
10:24eux aussi,
10:25quand il y a des blocus,
10:26alors oui,
10:26ils se déplacent le matin,
10:27finalement,
10:27un peu pour rien,
10:28mais ensuite,
10:29il y a un vrai moment
10:29d'échange et de dialogue
10:30où ils nous disent,
10:31en fait,
10:32oui,
10:32on prend du retard,
10:33oui,
10:33ça commence à devenir compliqué,
10:34mais en attendant,
10:35vos revendications,
10:36c'est aussi les nôtres.
10:37Sur les rémunérations,
10:37sur les électriques.
10:38Pas tous les enseignants,
10:38pas tous les enseignants,
10:40quand même.
10:40Je vous donne mon récit.
10:41On a déjà eu des années
10:42à Simone Veil.
10:43Oui,
10:43à Simone Veil,
10:45puisque les lycées
10:47qui ont été bloqués aujourd'hui
10:48étaient notamment
10:49des lycées parisiens,
10:50vous constatez
10:51la forte présence
10:53des enseignants.
10:55Justement,
10:56une dernière question là-dessus,
10:57c'est que si vous
10:58vous obtenez satisfaction,
11:00mais que le mouvement social,
11:02par ailleurs,
11:03sur d'autres sujets,
11:04notamment le pouvoir d'achat,
11:05continue,
11:06vous vous arrêtez,
11:07c'est sûr ?
11:08Ça, écoutez,
11:09ce sera en concertation
11:10avec le syndicat
11:11que j'ai l'honneur
11:11de représenter.
11:12En attendant,
11:13une chose est sûre,
11:14c'est que le mouvement social,
11:15il commence à grossir,
11:16que moi,
11:17pour ma part,
11:17je défends les lycéens
11:19et les étudiants
11:20et la jeunesse en général.
11:22Et pour ce qui est
11:23de la suite,
11:24la continuité
11:24du mouvement social
11:25avec les cheminots,
11:26avec tous les corps de métier
11:28en souffrance,
11:29moi,
11:29pour le moment,
11:31ce n'est pas mon affaire
11:31et je ne m'exprime pas.
11:32Est-ce qu'il y a des craintes particulières
11:34dans votre tête,
11:35Jean-Claude Covid,
11:35pour jeudi,
11:365 novembre ?
11:37Oui,
11:37on l'a vu,
11:38comme ça dit,
11:39le seul côté positif,
11:40j'allais dire,
11:40c'est que là,
11:41il y aura beaucoup
11:42de confédérations syndicales,
11:44donc avec des services d'ordre,
11:45c'est bien encadré,
11:46il y a une manifestation
11:47qui est déclarée,
11:48je veux dire,
11:49ça va être encadré.
11:49Après,
11:50on sait très bien...
11:50Si tu entrais qu'il disait
11:51le parcours suffisamment,
11:51on avance ?
11:52Ben oui,
11:52mais c'est toujours en discussion
11:53et aujourd'hui,
11:54on n'a pas le parcours,
11:55mais je pense que ça va être
11:56encore à discuter,
11:57à savoir si on le fait
11:58dans le centre de Paris ou pas,
12:00s'il y a des risques avérés
12:01qui remontent à la surface.
12:03Encore une fois,
12:04on sait très bien,
12:04aujourd'hui,
12:04on a tous des pensées
12:06pour les commerçants,
12:06pour l'économie française
12:08et on sait qu'à chaque fois
12:09quand il y a de la casse derrière,
12:10c'est problématique,
12:11c'est des gens au chômage,
12:12c'est...
12:12Enfin voilà,
12:13tout le fait d'arrêter les NAS,
12:14peut-être,
12:14et de se focaliser justement
12:15sur la casse et les pierres.
12:16Non mais après,
12:17les NAS,
12:17ce n'est pas que des NAS volontaires
12:19pour embêter les gens,
12:20c'est qu'il y a une coordination...
12:21Je fais des manifestations
12:21depuis le début de ce mouvement,
12:23il n'y a que ça des NAS.
12:23Et en fait,
12:24on n'en peut plus,
12:24on suffoque.
12:25On en a marre.
12:26Des fois,
12:26il faut contrôler,
12:27et je suis désolé de le dire,
12:28mais on ne peut pas laisser
12:30les gens partir.
12:31Ça ne se passait pas comme ça avant.
12:32Ça ne se passait pas comme ça avant.
12:34Quand il y a eu d'autres mouvements sociaux
12:35avant celui qui est en train d'être porté,
12:38ça ne se passait pas
12:38dans des conditions aussi dégradées.
12:40Je veux dire,
12:40à un moment donné,
12:41que ce soit à Bassi,
12:42que ce soit aux Invalides,
12:43que ce soit à Nation,
12:44la NAS...
12:44Oui, mais sur les grands boulevards,
12:46sur les boulevards extérieurs,
12:47il n'y a pas de NAS.
12:47À un moment donné,
12:48il va falloir aussi commencer
12:49à se focaliser sur les vrais enjeux.
12:50Les enjeux,
12:51c'est de préserver les commerçants.
12:58Peut-être que là,
12:58on aura des réponses sécuritaires.
12:59Sur les boulevards extérieurs,
13:00il n'y a pas de NAS ?
13:01Non.
13:01Attends, les gens,
13:02question de lui.
13:02Qu'est-ce que vous répondez à Henri ?
13:03Non, j'ai dit qu'à une époque aussi,
13:05les gens étaient un peu plus disciplinés
13:07et obéissaient un peu plus à la police.
13:08Aujourd'hui,
13:08tout le monde veut faire tout ce qu'il veut.
13:09Vous pensez que pendant les gilets jaunes,
13:10les gens étaient plus disciplinés ?
13:12On ne les nassait pas
13:13et c'est rare qu'on nassait.
13:15Non, mais on l'a fait
13:15pour éviter qu'ils parlent.
13:17Mais non, mais en mon avis,
13:18vous êtes obligés,
13:19quand ça part dans tous les sens,
13:20notamment dans les petites rues,
13:22etc.
13:23Vous êtes obligés de contrôler
13:24à un moment donné.
13:24Oui, il y avait aussi des NAS
13:25dans les petites rues
13:26quand ça partait pas dans tous les sens.
13:28Il y en avait beaucoup des NAS.
13:29Après, la problématique,
13:30on en a parlé,
13:31c'était la coordination surtout
13:32entre les deux directions
13:33de la police sur Paris,
13:34notamment.
13:35Et le schéma national
13:36du maintien de l'ordre
13:36a été révisé depuis.
13:38Oui, il y a eu quand même
13:38beaucoup de progrès de fait.
13:39Après, il y a d'autres progrès à faire
13:41et nous-mêmes,
13:43les syndicalistes,
13:43on le porte.
13:44Par exemple,
13:45aujourd'hui,
13:45on fait des sommations
13:46avec un mégaphone.
13:47Donc, quand vous avez
13:48des mortiers d'artifice,
13:49du bruit,
13:50la foule qui crie, etc.,
13:51certaines personnes
13:52n'entendent pas effectivement
13:52qu'il va y avoir une charge
13:54ou qu'on va faire appel
13:56à la force.
13:56Et je pense qu'aujourd'hui,
13:57il faut travailler notamment
13:58sur les alertes téléphoniques
13:59avec, comme on a en Espagne,
14:01quand il y a une problématique,
14:04votre téléphone s'allume
14:05de partout en disant
14:06« Veuillez, s'il vous plaît... »
14:07Ça, aujourd'hui,
14:08vous n'avez pas à disposition.
14:09Non, on n'a pas à disposition.
14:10Et je pense qu'après,
14:10même judiciairement,
14:12on peut aussi en même temps
14:12après prouver
14:13que vous avez eu l'alerte.
14:15Et donc, c'était à vous
14:15de ne pas rester...
14:16Vous l'avez demandé
14:16au ministère de l'Intérieur ?
14:17On l'a déjà proposé, oui.
14:18On a proposé plein de choses,
14:19vous savez,
14:20mais pas qu'à l'ennui.
14:20Qu'est-ce que vous avez proposé
14:21d'autre pour savoir
14:22comment ça peut évoluer ?
14:24Sur des codes couleurs aussi,
14:25par exemple.
14:25Par exemple ?
14:26Par exemple,
14:27des panneaux lumineux.
14:28Quand c'est orange,
14:29c'est que c'est vert,
14:30c'est bon.
14:31Orange, ça commence
14:32à monter en pression,
14:33attention.
14:33Et rouge, ça veut dire
14:34qu'on va faire appel
14:35à la force.
14:35Mais ça, c'est facile à dire
14:36dans des grandes...
14:38Une gradation de la force.
14:40Mais c'est ça, en fait,
14:41le maintien de l'ordre.
14:42Le maintien de l'ordre,
14:43c'est la gradation de la force.
14:44Et c'est le pouvoir public
14:45qui décide quand est-ce
14:46qu'on siffle
14:46la fin de la récré ou pas.
14:47Parce qu'effectivement,
14:48ce que certains décès indiquent,
14:49c'est d'un coup,
14:50on a l'impression
14:51que d'un coup,
14:52on passe du vert au rouge.
14:53Voilà.
14:53C'est pour ça que des fois,
14:54quand on laisse
14:55une poubelle brûlée
14:56en plein milieu d'une rue,
14:57si ça ne dérange personne,
14:58on tour, entre guillemets,
14:59il n'y a pas de voitures
15:00qui vont cramer,
15:00il n'y a rien,
15:01il n'y a pas de dégâts.
15:02Vous la laissez cramer un peu
15:03et après, vous dites
15:03c'est bon, stop, on arrête.
15:05Ça, il faut savoir le faire.
15:06Et depuis des années,
15:07on va tout de suite au contact.
15:08On n'a pas revu
15:08vos boucliers lumineux
15:09qui dégagent.
15:10C'est la préfecture de police.
15:12Mais bon, c'est des essais aussi.
15:13Tout le monde n'est pas équipé de ça.
15:15Il y a des tests aussi
15:16qui sont faits pour voir...
15:17Juste qu'on écoute
15:18le ministre de l'Intérieur
15:19précisément sur les armes
15:21dont vous êtes dotés aussi.
15:22Grenade, gaz lacrymogène.
15:23Voilà ce que dit ce soir
15:23Laurent Nunez.
15:24Hors de question d'y renoncer.
15:27L'armement intermédiaire, non.
15:28Je ne renoncerai pas
15:28à l'armement intermédiaire,
15:29à aucune technique
15:30d'armement intermédiaire
15:31pour la bonne et simple raison
15:33que les policiers
15:34ont besoin de se défendre
15:35quand ils sont pris à partie,
15:36quand ils sont pris à partie.
15:38Et donc, je ne renoncerai
15:40à aucun moyen intermédiaire.
15:43Qu'est-ce que vous dites là-dessus,
15:44Arrivandane ?
15:45Ça commence à bien faire.
15:46Le LBD,
15:47ça commence à bien faire.
15:48La grenade de désencerclement,
15:50ça commence à bien faire.
15:51C'est-à-dire qu'on est devant
15:52un mouvement qui est lycéen.
15:53Ce sont des mineurs.
15:54Ce sont des mineurs.
15:56Je ne sais pas si M. Nunez
15:57a un fils ou une fille,
15:58mais à un moment donné,
15:59j'aimerais bien voir ces enfants,
16:01si vous voulez,
16:02en plein milieu d'une manifestation.
16:03Mais ce n'est pas beau à voir.
16:04Ce n'est pas beau à voir du tout.
16:05On arrête avec ces espèces
16:07d'armes de guerre insupportables
16:08qui, pour moi,
16:09si vous voulez,
16:10sont une volonté
16:12d'éloigner le plus possible
16:13les gens d'un mouvement social.
16:15Parce que ça fait peur.
16:16Être dans une manifestation
16:17avec des grenades de désencerclement
16:19et des LBD,
16:20ça fait peur.
16:20Sauf que ce qui fait peur aussi,
16:21c'est quand on voit, par exemple,
16:22un gendarme mobile ce week-end
16:23se prendre des cocktails Molotov
16:24sur lui,
16:26brûler les autres ITT derrière,
16:27etc.
16:28Je suis totalement d'accord avec ça.
16:29Ces images-là
16:29les a vues aussi ce week-end.
16:30Et je condamne avec la plus grande fermeté,
16:32je m'exprime là à titre personnel,
16:34je condamne avec la plus grande fermeté
16:35tous les actes de violence.
16:36Tous les actes de violence,
16:37y compris sur la police.
16:38Mais j'en ai marre
16:39de voir des LBD
16:40avec des canons comme ça
16:42et des grenades de désencerclement
16:43abîmer nos jeunes.
16:44Parce que là,
16:45on a deux mains
16:46arrachées de jeunes lycéens.
16:47Moi, j'ai une question
16:48sur l'usage du gaz lacrymogène.
16:50Je vais me poser la question
16:51parce qu'à la fois personnelle
16:53et en tant que citoyenne
16:55ayant participé
16:56dans sa vie civile
16:58à de nombreuses manifestations.
16:59Et à la fois,
17:00en tant que journaliste
17:01ayant 15 ans d'expérience
17:03derrière moi,
17:04aujourd'hui,
17:06l'usage du gaz lacrymogène
17:08vous semble conforme
17:10aux usages
17:11des années précédentes.
17:12parce que moi,
17:13ce que j'ai constaté
17:14en tant que citoyenne
17:15et journaliste,
17:16c'est un usage préventif quasiment,
17:19extrêmement tôt
17:20dans la manifestation
17:21de gaz lacrymogène
17:22et de manière massive.
17:23Jean-Christophe,
17:24il faut répondre
17:24et ensuite on lance.
17:25Et je suis assez étonnée.
17:27Il y a deux techniques.
17:28Les gendarmes
17:29aiment bien beaucoup gazer.
17:30C'est leur façon de faire
17:31parce qu'on n'a pas
17:31les mêmes façons d'intervenir.
17:32Les CRS,
17:33un peu moins.
17:34Mais je ne fais pas
17:35un concours de l'épine.
17:37Le gaz lacrymogène,
17:38en fait,
17:38le maintien de l'ordre
17:39à la française,
17:39c'est écarter le plus possible
17:41les manifestants des policiers.
17:42Ça, c'est le maintien.
17:43Donc, c'est pour ça
17:44qu'on utilise des gaz lacrymogènes.
17:45C'est pour ça que des fois,
17:46en fait,
17:46à chaque fois qu'on utilise
17:47une grenade,
17:48que ce soit assourdissante,
17:49lacrymogène, etc.,
17:50c'est pour faire
17:50une manœuvre derrière.
17:51Donc, c'est pour reprendre
17:52du terrain,
17:53c'est pour repousser
17:53des assaillants
17:54ou des manifestants
17:56qui ne veulent pas obéir.
17:58Les LBD,
17:59c'est vraiment
17:59quand on reçoit des projectiles,
18:00on ne peut pas faire autrement
18:01que de se défendre comme ça.
18:03Nous, on demande aussi
18:03des armements intermédiaires
18:04plus modernes
18:05et moins impactants.
18:06Ça arrive,
18:07ça existe,
18:08c'est des petites billes
18:09avec même un viseur,
18:10par exemple,
18:10qui se bloque avec l'IA.
18:11Et si par mégarde,
18:12par exemple,
18:13le viseur passe au-dessus
18:14d'un visage,
18:15la détente se bloque,
18:16vous ne pouvez pas tirer.
18:17Ça, c'est des choses
18:17qui nous sécurisent,
18:18nous aussi, policiers.
18:19Ça aussi,
18:19on l'a donné au ministère.
18:20Les différents ministres,
18:21M. Darmanin l'a eu,
18:22M. Nunez l'ont eu.
18:23Vous avez eu quoi
18:23comme réponse ?
18:24Rien, c'est mis dans des tiroirs.
18:25On dit on verra.
18:28Je tiens juste à dire
18:29qu'on a des parlementaires
18:30aussi à l'Assemblée nationale
18:31et je pense notamment
18:32à Clémentine Autain
18:33qui avait parlé
18:34de l'effet que pouvaient avoir
18:36les gaz à éclimogènes
18:37sur le corps des femmes.
18:37Je pense que c'est aussi
18:38un sujet qui doit nous interpeller.
18:39Oui, il y a des enquêtes
18:40en ce moment
18:41qui sont inquiétantes aussi.
18:45Merci,
18:46Jean-Christophe Ville
18:46d'avoir été avec nous
18:47ce soir en direct
18:48sur BFM TV.
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