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  • il y a 2 semaines
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On avance parce que comme tous les soirs on en vient à notre grand débat politique, tous les soirs, tous
00:04les débats qui agitent la campagne présidentielle, le dernier sondage de cette campagne dans une seconde.
00:09On va en parler et je vais vous les présenter au fur et à mesure qu'ils arrivent sur ce
00:13plateau.
00:13On va en parler ce soir avec Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National, député de Moselle, Céline Géraud, porte
00:20-parole de la campagne de Gabriel Attal,
00:22Franck Louvrier, maire Les Républicains de La Baule en Loire-Atlantique et Pierre Jouvet, député européen du Parti Socialiste, secrétaire
00:27général du PS.
00:28Bonsoir à tous les quatre, merci de nous avoir rejoints, on a plein de choses à voir ce soir, je
00:32vous le disais tout à l'heure notamment le tout dernier sondage dans cette campagne.
00:34Mais pour commencer il faut évidemment que l'on parle d'Aubagne ce soir.
00:37Un élève de 14 ans a tiré au fusil de chasse dans son collège ce matin, arme qu'il avait
00:42cachée dans un étui de guitare.
00:43Le proviseur et l'enseignante ont été blessés, pas de pronostics vitals engagés, immense rayeur pour les élèves évidemment.
00:50L'élève avait donc 14 ans, il voulait visiblement s'en prendre à des profs, le mobile est plutôt flou,
00:55ses parents sont en garde.
00:58Tous les deux ce soir, le père et la mère, Laurent Jacobelli. Comment on juge des profils aussi jeunes ?
01:05D'abord avant de juger, excusez-moi de le dire, il y a l'émotion parce qu'il y a
01:08un proviseur, il y a une professeure qui ont été visés par un fusil de chasse.
01:12Des élèves qui ont vu ça. Je crois que ce soir aucun pronostic vital n'est engagé.
01:17Il y a un conseiller principal d'éducation qui a été très courageux et qui a attrapé le jeune de
01:2214 ans.
01:23Maintenant ce qui s'est passé ça pose des questions profondes sur notre société.
01:27C'est quoi une société où un jeune de 14 ans prend une arme, arrive à l'école et veut
01:31régler un compte, se venger ou exprimer sa douleur en tuant des adultes ?
01:3814 ans. 14 ans ça veut dire qu'il faut qu'on réfléchisse. Pourquoi on est-il arrivé là ?
01:42Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe dans le milieu scolaire ?
01:44Est-ce que la détresse des jeunes est à ce point que seul le recours à la violence dans une
01:48société ensauvagée est la seule issue, la seule porte de secours ?
01:54Et puis il faut aussi réfléchir à l'excuse de minorité, au retour de l'autorité, à cet ensauvagement généralisé.
02:01Je peux préciser l'excuse de minorité, c'est-à-dire que ce qui fonde notre justice aujourd'hui c
02:06'est qu'on ne juge pas un mineur comme un majeur,
02:09qu'il y a des peines qui sont moins lourdes quand on est mineur.
02:13C'est peut-être un cas très particulier, très isolé, mais vous savez quand vous regardez les statistiques, depuis 10
02:18ans, les assassinats ou les tentatives d'assassinats commises par les mineurs ont doublé.
02:24Alors pour être très juste, il faut dire que les mineurs victimes, le nombre a triplé aussi.
02:29Et donc c'est bien un signe de quelque chose, perte de repère, perte d'autorité, plus la peur du
02:34gendarme ni de la justice, des parents qui parfois...
02:36Donc vous vous dites on oublie l'excuse de minorité, on juge les mineurs comme les majeurs ?
02:40Dans des cas comme ça, oui. À partir de 14 ans, oui. Parce que c'est un danger pour la
02:45société. Je ne parle pas d'un petit délit, voilà, là on est dans le très grave.
02:50La majorité pénale est à 15 ans aujourd'hui.
02:51Tout à fait.
02:53C'est-à-dire qu'à 14 ans, on ne peut pas juger, même en dépit de l'excuse de
02:57minorité, un jeune homme ou une jeune femme, une jeune fille, comme un adulte.
03:02Une fois encore, il faut qu'on se pose la question. Comment aujourd'hui des jeunes peuvent tuer, agresser, avec
03:10autant de fréquence ?
03:11Pierre Chauvet, qu'est-ce qu'on fait ? L'excuse de minorité, qu'est-ce qu'on fait ?
03:14Non mais d'abord, permettez-moi, on va en débattre de l'excuse de minorité. Je ne suis pas certain,
03:19sur ce cas de figure précis, que ce soit immédiatement la réponse.
03:23En vérité, on n'en sait rien. On fait beaucoup de commentaires. Moi, je veux avoir d'abord des pensées
03:27pour le personnel enseignant sur place, les élèves,
03:30toute la communauté éducative qui est extrêmement choquée, comme nous tous.
03:35Et je crois que ça pose effectivement une question, et je voudrais aller un peu plus loin que ce que
03:40disait M. Jacobelli à l'instant.
03:42Ça pose une question sur un malaise dans notre société. Ce qu'on a vu là, les scènes qu'on
03:47voit ce matin sur votre antenne,
03:49c'est en réalité ce qu'on voyait il y a quelques années dans des tueries aux États-Unis, dans
03:54une société qui était violente,
03:55dans une société qui était inquiète, dans un malaise extrêmement profond de la jeunesse.
03:59Je ne sais pas quelles sont les causes de tout ça. Ce que je vois, c'est que nous avons
04:03une société qui est malade.
04:05Et que nous devons poser un diagnostic, et c'est le rôle des politiques de poser un diagnostic sur ce
04:11qui se passe dans cette société.
04:12On le voit, et je suppose qu'on en parlera tout à l'heure sur les manifestations à venir.
04:16On va en parler dans un instant, oui.
04:18On voit bien qu'il y a une violence qui est là, qui est présente, qui a une tension, qui
04:23est palpable dans cette société.
04:25Enfin, il suffit de prendre sa voiture.
04:26Encore une fois, la réponse de R.N. et de R.N. Jacobi, c'est de dire qu'il y
04:28a une manière de changer la manière dont on juge ces adolescents-là.
04:33Oui, mais il n'y a pas que ça.
04:34Non, non, bien sûr, bien sûr, bien sûr, bien sûr, bien sûr, vous l'avez dit.
04:35Je crois que le sujet de dire l'excuse de minorité, on parle d'enfants, évidemment, il y a des
04:41cas qui sont...
04:43Moi, je ne veux pas excuser.
04:44Quand vous avez des drames avec des enfants, je n'excuse pas ça.
04:49Je dis que la justice, elle ne peut pas être rendue de la même manière quand on est en capacité
04:54de majorité, en capacité de comprendre, plutôt que quand on est encore un enfant.
04:58Parce qu'en vérité, quand on a 14 ans, et même si on n'a pas à avoir une arme
05:02de chasse, a priori, je ne sais pas à qui il y a été cette arme de chasse.
05:07On n'a pas à avoir une arme de chasse quand on a 14 ans, mais on est d'abord
05:10un gamin.
05:11Il y a un sociologue qui s'appelle...
05:12Il y a les choses aussi.
05:13Il y a un homme qui analyse l'opinion qui s'appelle Jérôme Fourquet, qui dit qu'aujourd'hui, on
05:17a changé de régime psychique chez les jeunes.
05:20C'est-à-dire que tout ce qui était avant chez les jeunes, j'entends, alors les jeunes, notamment les
05:25lycéens, il y avait l'autorité, il y avait la discipline, il y avait la contrainte, il y avait l
05:31'obligation.
05:31Et que tout ça, aujourd'hui, est aux yeux de beaucoup de jeunes tout à fait insupportables.
05:36Et que, notamment, ça s'est accentué avec l'épisode du Covid.
05:41Céline Géraud.
05:42Oui, on parle de l'excuse de minorité.
05:44Je pense qu'effectivement, dans ce cas-là, l'excuse de minorité, ça ne doit pas être la règle, mais
05:48l'exception.
05:49Alors qu'aujourd'hui, c'est la règle.
05:51C'est la règle, voilà.
05:51C'est la proposition de Gabriel Attal.
05:53C'est la proposition de Gabriel Attal.
05:54Il y a toujours été, d'ailleurs.
05:55Toujours.
05:56Pas depuis qu'il est candidat.
05:57C'était le cas avant.
06:00Contre le harcèlement scolaire.
06:02Et au-delà, effectivement, de cette excuse de minorité et de la comparution immédiate,
06:06est-ce qu'on ne pourrait pas réfléchir aussi à un triptype qui serait prévenir, protéger et sanctionner ?
06:12Parce que, finalement, cet enfant, on va savoir dans quelques jours, quelques heures, ses motivations.
06:18Est-ce qu'il était harcelé ?
06:20Est-ce qu'il était bien encadré ?
06:22Est-ce qu'on n'a pas vu sa déviance ?
06:24Quelque chose se passait ?
06:25Et si on organise toute cette prévention, peut-être qu'on n'arrivera pas à...
06:29Mais quand vous dites que l'excuse de minorité devrait devenir l'exception,
06:33vous la placez à quel âge, l'exception, par exemple ?
06:35Là, encore une fois, on parle d'un adulte de 14 ans.
06:37Si, en fonction, effectivement, de la gravité, ça aurait pu être beaucoup plus dramatique.
06:41Bien sûr.
06:42Parce que la proposition de Gabriel Attal, c'est à partir de 16 ans.
06:44C'est à partir de 16 ans, effectivement.
06:45C'est ce qu'il portait.
06:46C'est tout à fait différent, 16 ans et 14 ans.
06:48Là, on est deux ans en dessous.
06:49Mais voilà, est-ce qu'il faut...
06:51C'est quelque chose qu'il faut poser sur la table, dont il faut débattre.
06:53Parce qu'aujourd'hui, vous parliez de cet...
06:56Régime psychique.
06:57Psychique, je pense qu'il y a une génération totalement désinhibée
07:01qui n'a plus le même rapport à la violence.
07:02Le curseur a été déplacé énormément.
07:04Le modèle américain, oui.
07:06Parce que les réseaux sociaux, parce que TikTok,
07:08parce qu'on voit, effectivement, des drames affreux un peu partout dans le monde.
07:12Et c'est aussi l'idée de Gabriel Attal d'interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans.
07:15Parce que c'est de la prévention.
07:17France Louvrier, qu'est-ce que vous dites là-dessus ?
07:18Bon, d'abord, bien sûr, c'est épouvantable pour tous ceux qui ont vécu ce moment.
07:22Et bravo pour le personnel encadrant qui a réagi très fortement.
07:26D'abord, un jeune de 14 ans en 1945,
07:29ce n'est pas un jeune de 14 ans aujourd'hui en 2026.
07:32Ça, c'est déjà une réalité.
07:34Donc, il est très difficile aujourd'hui de pouvoir penser
07:36par rapport peut-être à l'environnement juridique qu'on a
07:39qui date aussi un petit peu.
07:42Et je pense qu'il faut s'y adapter.
07:43Et puis on oublie de parler quand même des parents.
07:46Les parents sont les principaux responsables de cette affaire.
07:48Bien sûr que l'enfant est un responsable direct.
07:50Mais les parents, je vous rappelle quand même,
07:52qu'on est majeur à 18 ans et que les parents encadrent normalement leur enfant.
07:56Alors, quel est le contexte ? Je ne le connais pas.
07:58Je pense que là aussi, il faut agir à l'endroit des parents.
08:02Comment on peut sortir avec une arme de chasse dans une classe ?
08:06Rentrer dans une classe ?
08:08Enfin, tout ça, on verra l'enquête, on verra les choses.
08:11Et ça traduit, bien sûr, ce dont on parlait tous,
08:15c'est-à-dire une banalisation de la violence
08:17qui s'est banalisée au fur et à mesure des années
08:22avec, c'est sûr, sans doute l'influence des réseaux sociaux,
08:25sans doute l'influence même parfois des films, du cinéma.
08:30Il y a eu plein de choses qui sont entrées en ligne de compte
08:32et tout ça accessible à des gens de plus en plus jeunes
08:36et qui parfois n'ont pas toujours les notions à la fois de la loi
08:41mais puis aussi de l'encadrement.
08:43Donc, ça amène un malaise.
08:46Je pense que c'est totalement à dissocier du contexte que l'on connaît aujourd'hui.
08:51Vous avez raison, je vais marquer une rupture juste derrière
08:54pour parler de ce contexte-là.
08:55Parce que je pense que là, ça serait une erreur que de partir sur cette ligne-là.
08:59Mais en tout cas, mon sentiment très clair, c'est qu'il faut sans doute agir
09:03et sans doute avec des nouveaux outils
09:04parce que l'adolescent n'est pas le même, le jeune n'est pas le même.

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