- il y a 31 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01La suite de BFM Grand Soir, ravi d'être avec vous en étant direct, évidemment, étant un tournant du mouvement
00:05lycéen,
00:06encore 200 lycées bloqués aujourd'hui, mais le gouvernement insiste, ça baisse, ça baisse de jour en jour,
00:10et les vacances de la Toussaint arrivent. On va en parler avec plusieurs lycéens, étudiants, évidemment, avec Louis Roche.
00:16Bonsoir, merci d'être là. Bonsoir. Étudiant à Sciences Po, président de 27 En Marche, Dominique Rizet,
00:21qui n'est plus tout à fait étudiant, mais qui est là avec nous. Bonsoir Dominique, consultant politique de BFM
00:25TV,
00:25avec Jérémy Normand. Bonsoir Jérémy, reporter à BFM, vous suivez les manifestations lycéennes et étudiantes,
00:30avec Yves Tréard, Lisa Hadef, Sophia Tizaoui, l'ancienne présidente de l'Union syndicale lycéenne, nous rejoint dans un instant.
00:35On va parler évidemment de la mobilisation, mais juste avant, c'est l'information de la soirée Dominique Rizet,
00:41le syndicat Alliance porte plainte contre l'État pour mise en danger de la vie d'autrui, pour mise en
00:47danger de la vie d'autrui.
00:48Plainte contre l'État, et je vais lire ce que dit le syndicat ce soir, parce que ça concerne évidemment
00:52ce mouvement lycéen.
00:53Entre les déclarations publiques de Laurent Nunes, le ministre de l'Intérieur, et les consignes verbales transmises par la hiérarchie,
00:58la dissonance est devenue insupportable. Il est temps de mettre à plat la chaîne de commandement,
01:03d'identifier les auteurs des consignes litigieuses, d'établir des responsabilités à tous les niveaux de l'État.
01:08Face à cette situation, Alliance Police Nationale annonce le dépôt d'une plainte contre l'État pour mise en danger
01:13de la vie d'autrui.
01:13On va résumer en clair, Alliance dit, il y a des consignes nationales qui sont données par le ministre de
01:18l'Intérieur, la fermeté,
01:21et puis il y a des consignes locales, peut-être plus de retenue, où on explique,
01:25aujourd'hui, face à ces lycéens, vous n'allez pas utiliser telles ou telles armes,
01:28et là, le syndicat Alliance dit, là, on est en danger.
01:31Absolument, le syndicat Alliance dit, on est en danger parce qu'on ne peut plus se défendre,
01:34on nous laisse les canons à eau, on nous laisse les grenades lacrymogènes, les grenades fumigènes,
01:40on nous a retiré beaucoup de matériel, les grenades offensives, les grenades GLI F4, enfin bon.
01:47Et, clairement, quelque chose va se produire un jour, un drame va se produire.
01:51Souvenez-vous des images qu'on avait vues, ça n'a rien à voir avec les lycéens,
01:53mais lors des manifestations des Gilets jaunes, des CRS en feu sur les Champs-Elysées,
01:58souvenez-vous, un cocktail Molotov, donc eux disent, un drame va se produire,
02:02et ce syndicat, Alliance, c'est toujours le syndicat qui grogne, le plus en tout cas,
02:08le syndicat est vraiment en colère.
02:09Moi, j'ai eu des gens d'Alliance au téléphone tout à l'heure,
02:11et ce qui est important, c'est de constater cette rupture entre les policiers,
02:18et pas seulement ceux d'Alliance, parce qu'OSGP, Aminissa Police,
02:22il y a aussi des policiers qui sont très en colère sur les consignes qui leur sont données,
02:27et donc de voir cette rupture, cette cassure entre le ministre et les policiers.
02:33Vous savez, il y a un policier qui m'a dit quelque chose tout à l'heure,
02:35je n'en reviens toujours pas.
02:37Écoutez cette formule, il m'a parlé de Laurent Nunez, il m'a dit, c'est une flaque d'eau.
02:43Je veux dire, je n'ai jamais entendu des propos paris.
02:46C'est violent, c'est très violent, et ça n'engage que cette personne qui m'a dit ça tout
02:50à l'heure.
02:51Mais je n'ai jamais entendu ça.
02:53Même au moment des manifestations des Gilets jaunes, quand le ministre s'appelait Christophe Castaner,
02:58et son adjoint était Laurent Nunez, c'est quelqu'un qui avait plutôt la cote chez les policiers,
03:04et là d'un seul coup, j'ai l'impression que tout s'effondre.
03:06Et même moi, je connais quand même bien maintenant ce milieu-là,
03:10je ne comprends pas que ça puisse aller aussi vite.
03:13Vous voyez ce désamour du ministre, que ça puisse aller aussi vite.
03:17Jérémy, sur le terrain, comment vous voyez ce que dit Allianz ?
03:22Allianz dit qu'il y a des consignes nationales de fermeté,
03:24et des consignes par les échelons inférieurs qui disent, attendez, un peu de retenue quand même.
03:29Ce qui est terrible, c'est que ce ministre de l'Intérieur semble ne faire que des mécontents,
03:32parce que de l'autre côté, du côté des manifestants,
03:34il y a une directive qui leur est restée en travers de la gorge,
03:37cette directive du ministre de l'Intérieur, qui n'appelle pas à la retenue.
03:42Et en fait, elle a été interprétée, cette directive, comme un appel au quartier libre pour les policiers.
03:48Et vraiment, c'est quelque chose qui est très présent dans nos échanges avec les lycéens, les étudiants,
03:53qui nous disent, vraiment, continuez de venir manifester,
03:55mais en ayant peur de ce que va pouvoir dire, comment va se traduire cette directive sur le terrain.
04:01Dans ces mouvements, évidemment, ce n'est pas nouveau, les réseaux sociaux jouent un rôle très important,
04:06et j'allais dire parfois un effet grossissant.
04:09Le gamin qui a eu la main arrachée, une jeune fille qui avait été, lors de son interpellation,
04:15manipulée par un policier, et puis il y avait eu tout de suite un phénomène sur les réseaux sociaux
04:19des accusations d'attouchements sexuels, des millions de vues.
04:23En fait, ces vidéos-là qui sont virales, tout le monde les voit en manifestation, tout le monde en parle,
04:27et en fait, il suffit d'un événement pour qu'une foule pense que tous les policiers vont se comporter
04:33comme ça.
04:33Donc c'est très compliqué de part et d'autre, en fait.
04:36On va parler, Sophie Tisaoui, bonsoir, merci de nous rejoindre.
04:39On va parler dans un instant de l'endroit, du moment où on est ce mouvement,
04:43mais simplement, je donnais l'information de la soirée avec Alliance qui porte plainte contre l'État
04:47pour mise en danger de la vie d'autrui.
04:48Alliance, les policiers Alliance, donc, disent,
04:50il y a un gouffre entre ce que dit le ministre, la fermeté,
04:55et les consignes qui peuvent nous être passées localement,
04:59où on nous dit parfois, n'utilisez pas telle arme, allez-y molo parce que ce sont des lycéens, etc.
05:03Comment vous, vous voyez cette plainte-là arriver ce soir sur le bureau de la justice française ?
05:10Je pense qu'elle se joint aussi à la plainte que nous, on avait faite à l'époque
05:13contre l'Éducation nationale qui n'assure pas ses droits.
05:15Donc finalement, c'est un gouffre, pour reprendre les termes, du service public
05:19et de la casse qu'on observe depuis maintenant des années.
05:22Donc moi, ça ne m'étonne même pas en réalité.
05:24Et effectivement, il y a des ordres qui sont donnés, des ordres qui...
05:28Enfin, on voit aussi qu'il y a un manque de communication, parfois.
05:31Nous, on le voit dans les manifestations, qui conduisent à des drames aussi.
05:36Et à un moment donné, je veux dire, heureusement que certaines consignes sont données
05:40pour dire de ne pas utiliser certaines armes face à des lycéens
05:43parce que la plupart restent des mineurs.
05:45Et je suis désolée, mais il faut aussi mettre cette politique de désescalade en avant.
05:50Enfin, moi, je pense à ce qui s'est passé à Besançon
05:52quand les policiers ont retiré leur casse, etc.
05:55et qu'ils ont été applaudis.
05:56Il n'y a pas eu de jet, il n'y a pas eu de jet de pavé, etc.
05:59Et moi, c'est ça que je veux voir plus souvent.
06:00Ça arrive tous les jours, dans chaque manifestation.
06:02En fait, de ce que j'observe aussi sur le terrain,
06:04et vous me direz si vous êtes d'accord,
06:06selon le moment, selon la tension, selon le niveau de tension,
06:09effectivement, les compagnies de CRS ou de gendarmes mobiles
06:12adaptent jusqu'à leur équipement.
06:13Et effectivement, il y a plein de moments où c'est beaucoup plus calme
06:15et où ce calme se traduit.
06:17On enlève le casque, on pose le bouclier
06:19et tout de suite, je pense que vous l'expérimentez,
06:21la pression retombe d'un coup.
06:22Exactement, mais ça, il faudrait le faire dès le début
06:24parce qu'il ne faut pas attendre que ça pète
06:25et puis après, une fois que tout le monde est parti,
06:27ça n'a pas de sens.
06:28Et nous, c'est ça qu'on veut voir aujourd'hui.
06:30Yves ?
06:31Moi, je vais sur le plan politique, purement politique.
06:34C'est très grave.
06:35C'est très grave parce qu'aujourd'hui,
06:37le gouvernement et l'État est en accusation.
06:40On va dire que le gouvernement est en accusation
06:43soit parce qu'il manque d'autorité pour certains,
06:45soit parce qu'il est trop autoritaire pour d'autres.
06:48Et on voit bien que l'État, à six mois d'élection présidentielle,
06:53je dirais l'unité du gouvernement est en train de se fissurer.
06:58Et qu'un syndicat de police porte plainte
07:02contre son propre employeur.
07:05Et l'employeur, on apprend ça en droit administratif,
07:10quand l'État est attaqué, il a recours à qui pour se faire respecter ?
07:15À la police.
07:15Et si la police elle-même attaque l'État,
07:19mais je ne sais pas si vous vous rendez compte,
07:20on est complètement sans dessus-dessous.
07:23Et c'est très, très grave que là, en l'occurrence,
07:26dans une situation aussi compliquée que celle d'aujourd'hui,
07:29il n'y ait pas une unité.
07:32Ça veut dire beaucoup.
07:33Ça veut dire, politiquement, je trouve que c'est assez significatif
07:37et assez grave.
07:38Je vous donne la parole dans un instant, Louis Roche.
07:39Mais d'abord, je le disais tout à l'heure,
07:41il y a encore 200 lycées bloquées aujourd'hui.
07:43Le gouvernement qui le dit, qui le répète,
07:45c'est un chiffre qui baisse de jour en jour.
07:48Je vous vois hausser les yeux et lever les yeux au ciel,
07:51ce fait qu'il disait oui.
07:52Vous, vous ne croyez pas à l'essoufflement ?
07:53Non, mais enfin, en fait, c'est fou,
07:56parce que le gouvernement veut croire ce qu'il arrange.
07:59Alors effectivement, dans les faits, il y a moins de lycées bloquées.
08:01Ça, vous êtes d'accord ?
08:02Oui, je ne vais pas contester des chiffres.
08:03Je pense que c'est visible.
08:06Mais par contre, la colère est là.
08:07Et le plus important, franchement, c'est la colère.
08:09Parce qu'hier encore, on était nombreux et nombreuses dans les rues.
08:14Et il y a le 17 octobre.
08:15Je pense que ça explique énormément de choses,
08:16cette convergence des luttes.
08:17Le 17, c'est samedi, la manue de samedi.
08:19Voilà, on attend énormément de cette journée de mobilisation
08:21qui va tous nous réunir, en fait.
08:23Ça va être la journée la plus forte de mobilisation.
08:24Vous en êtes sûre ?
08:25Ah oui, moi, j'en suis sûre.
08:26On va en parler, ce sera un thème de discussion.
08:29Mais Louis Roche, qu'est-ce que vous dites, vous ?
08:30Est-ce que vous avez la même vision que Sophia qui dit
08:32« Non, il n'y a pas d'essoufflement.
08:33Le mouvement, il est toujours là. »
08:34Effectivement, je suis assez d'accord pour dire
08:35que la colère, elle est toujours là.
08:37Et pour le coup, effectivement, on aura cette mobilisation du 17 octobre
08:40où je pense qu'il y aura énormément de gens qui vont se mobiliser.
08:43Je pense que la question, elle n'est pas de mesurer quantitativement
08:46combien de personnes sont dans la rue,
08:47combien de lycées sont bloquées.
08:48C'est à ça qu'on voit l'emploi d'un mouvement, quand même.
08:51Oui, mais je pense qu'effectivement, la colère ne redescend pas.
08:54On le voit.
08:54Et aujourd'hui, il faut aussi se poser la question
08:56de quelle réponse on apporte à tout cela
09:00à terme de permettre aux étudiants de retourner à l'université
09:04et aux lycéens de retourner en cours.
09:05Mais vous, c'est votre objectif que tout le monde retourne en cours ?
09:07Dès maintenant, j'allais dire.
09:09Je crois que c'est l'objectif de tout le monde.
09:11Arrête-moi si je me trompe,
09:12mais je crois que tout le monde veut retourner en cours
09:13le plus rapidement possible.
09:15Juste pour pouvoir retourner en cours sereinement
09:17le plus rapidement possible,
09:19il faut que certaines revendications soient entendues
09:20et fassent l'objet de réponses.
09:22Mais je crois qu'aujourd'hui, nous ne tombons pas dans la caricature
09:25de dire que les jeunes sont flémards
09:26et qu'ils bloquent leur lycée
09:26parce qu'ils n'ont pas envie d'aller en cours.
09:29Moi, je trouve que c'est une image
09:32créée par l'extrême droite
09:33qui ne sert à pas grand-chose.
09:34Je n'ai pas beaucoup entendu ça.
09:35Je n'ai pas beaucoup entendu
09:36que les lycéens ne veulent pas aller en cours.
09:38On entend plutôt que les lycéens sont légitimes
09:40dans leurs demandes.
09:42Parcours sup, ça ne tient pas debout.
09:44Les établissements ne tiennent pas debout d'ailleurs
09:46pour certains d'entre eux qui leur tombent sur la tête.
09:48Les toilettes sans portes.
09:50Les emplois du temps compliqués
09:52avec des trous au milieu, etc.
09:54Leur colère est légitime.
09:56Maintenant, le problème de ce samedi,
09:59c'est qu'en plusieurs colères se rencontrent,
10:02ce télescope, c'est la tempête parfaite.
10:05Les Américains appellent ça un perfect storm.
10:07Et ça peut être ça.
10:09Donc, même s'il n'y a pas énormément de monde,
10:12à partir du moment où il y aura dans la rue
10:13des gilets jaunes, des lycéens,
10:15des agriculteurs en colère,
10:16des retraités pas contents,
10:18toutes ces populations
10:19qui ont quelque chose à dire,
10:21à ce moment-là, ça va poser problème.
10:23Ce qui est sûr, c'est que se sont engouffrés
10:25dans ce moment social et politique
10:28tout un tas d'étudiants,
10:30en plus des lycéens,
10:31qui, eux, n'appellent pas seulement
10:33à améliorer ou à réparer le système,
10:36c'est-à-dire avoir des profs,
10:37avoir des bâtiments à peu près
10:39bien isolés, etc.
10:40Non, il y en a vraiment.
10:41Je discutais avec eux hier,
10:42à Place de la République,
10:43ils étaient environ 200 réunis.
10:45Ils ont mis en place
10:47une assemblée générale interfac
10:48pour savoir ce qu'ils allaient faire ensuite.
10:49quand je discute avec eux,
10:50eux, ils veulent tout remettre à plat.
10:52C'est la fin de la sélection
10:54dans absolument toutes les voies
10:57d'enseignement supérieur.
10:58Par exemple, ils parlent beaucoup
10:59de l'évolution des frais de scolarité
11:01en licence et en master.
11:03Donc, c'est l'université gratuite
11:05et accessible à tous.
11:06Donc, c'est vraiment remettre à plat le système.
11:07Et en fait, quand on discute
11:08un petit peu plus avec eux,
11:10c'est la fin de la société capitaliste,
11:12la fin de la société
11:13qui cherche la rentabilité.
11:15Tout le monde peut faire ce qu'il veut.
11:16Et en fait, ça, je ne suis pas certain
11:17que les lycéens qui se sont mobilisés
11:20dès le début
11:20avec des motifs très concrets
11:23veulent tout remettre à plat
11:24et renverser la table.
11:26Franchement, je ne suis pas tant d'accord avec vous
11:27parce qu'il y a quand même
11:28une conscience chez les lycéens
11:29de se dire
11:29à partir du moment où on remet
11:31un système, tout un gouvernement,
11:33c'est que quelque part,
11:34on a envie de tout refaire
11:34depuis le départ.
11:35Et c'est vraiment ce qui se passe
11:36avec notamment
11:38l'abolition de Parcoursup.
11:40Parce que l'abolition de Parcoursup,
11:41c'est quand même un point fort
11:42parce que c'est la réforme par excellence
11:43de l'éducation nationale
11:45sous Emmanuel Macron.
11:45Donc non, moi, je pense qu'il y a une réelle volonté
11:47chez les lycéens
11:48et les lycéennes
11:48de vouloir refonder foncièrement
11:50le système scolaire.
11:51Mais vous avez, j'allais dire,
11:52un autre problème,
11:53Sophia Tizaoui,
11:53c'est que le gouvernement
11:54a commencé un peu
11:57à répondre
11:58aux demandes que vous aviez.
12:00On va parler notamment
12:01des professeurs absents
12:01et qui ne sont pas remplacés.
12:03Le ministre de l'Éducation
12:05dit,
12:06on va l'écouter,
12:06il était ce matin
12:07à Chapelier de Valère,
12:07dit,
12:08ils ont commencé à arriver
12:09ces profs remplaçants.
12:09Écoutez-le.
12:11Il n'y en a plus
12:12d'inter qui ont déjà été
12:16déployés.
12:17Par ailleurs,
12:17il y a effectivement
12:18également des centaines
12:19de contractuels
12:20qui vont être recrutés
12:21là au cours des prochains jours.
12:22J'en ai déjà 90
12:23qui ont été recrutés
12:23depuis vendredi
12:24sur des disciplines rares
12:25pour lesquelles nous n'avions
12:25pas de remplaçants.
12:27Et donc,
12:27on est en train
12:27de remettre tout ça en place
12:29pour faire en sorte
12:29que tous ces professeurs
12:30puissent être pleinement utilisés.
12:32Est-ce que ça,
12:32ce n'est pas de nature
12:33à faire dire à certains
12:36de vos camarades,
12:36dire,
12:36bon,
12:37ben voilà,
12:37ils commencent à répondre,
12:38allez,
12:38on retourne en cours ?
12:39Bien sûr que non.
12:39Mais ça,
12:40c'est ce que je dis tout le temps,
12:41c'est des miettes de pain.
12:42À un moment donné,
12:42on ne va pas nous acheter
12:43avec 3000 profs,
12:44d'autant plus que les 3000 profs,
12:45on l'a vu,
12:46certains vont enseigner
12:47loin de chez eux
12:48et même pas leur spécialité.
12:48Donc au final,
12:49ils vont juste faire du soutien.
12:50Donc à un moment donné,
12:51il faut arrêter de prendre
12:52les lycéens
12:53pour des bêtes de foire
12:55très naïves
12:56parce qu'aujourd'hui,
12:57en fait,
12:57il alimente juste
12:58notre colère là.
12:59Franchement,
12:59je vous le dis sincèrement,
13:00il alimente juste
13:01notre ressentiment
13:02et notre volonté
13:02encore plus à manifester.
13:04C'est 10 milliards d'euros
13:05votre prix ?
13:05Mais bien sûr que c'est 10 milliards.
13:06Il peut vous acheter
13:07avec 10 milliards d'euros.
13:08C'est pas un coût d'ailleurs,
13:09c'est un investissement,
13:09c'est ça qu'il faut bien comprendre,
13:10c'est que la jeunesse,
13:11c'est pas un coût.
13:11Ce qu'on ne paye pas maintenant,
13:13on va le payer après.
13:14Donc je ne vois pas pourquoi
13:15on nous voit comme des boulets
13:16alors qu'on est quand même
13:17le futur de ce pays.
13:18Mais ce qui est intéressant,
13:19je ne sais pas s'il y a eu
13:21les luttes,
13:22les coalitions de colère,
13:23je ne sais pas du tout
13:24si ça peut avoir lieu,
13:25mais moi ce qui me frappe
13:26quand même,
13:27c'est que chacune des colères
13:28prises isolément,
13:31elles sont toutes
13:32dans un esprit de bascule.
13:34C'est-à-dire qu'elles veulent
13:35que l'ancien monde,
13:37ce qui existait,
13:38disparaisse.
13:39C'est vrai pour les agriculteurs,
13:42c'est vrai pour la fonction publique,
13:44c'est vrai pour les lycéens,
13:45c'est vrai pour les étudiants,
13:47ce que vous disiez tout à l'heure,
13:48il y a un esprit
13:51qui ressemble en cela
13:52d'ailleurs un peu à mai 68.
13:54C'est beaucoup moins gai
13:55parce qu'en mai 68,
13:57il y avait la croissance,
13:58tout allait bien
13:59sur le plan économique.
14:00Alors là,
14:01aujourd'hui,
14:02tout est en désastre,
14:03si je puis dire,
14:04dans les décombres.
14:05Mais il y a cette volonté
14:07de dire,
14:07bon, ça ne marche plus,
14:08il faut tout changer.
14:09Et c'est là où,
14:11quand même,
14:11on devrait regarder
14:12de très près ce qui se passe
14:13parce que la France
14:14est en train de vaciller.
14:16Mais est-ce que vous dites ça aussi,
14:16ça ne marche plus,
14:18il faut tout changer ?
14:19Vous qui êtes en marche ?
14:21Aujourd'hui,
14:22on ne peut pas dire que...
14:22Et il y a Sciences Po.
14:24Non, mais écoutez,
14:25aujourd'hui,
14:26on ne peut pas dire
14:26que plus rien ne marche
14:27dans notre pays non plus.
14:29Il y a un certain nombre
14:30d'éléments qui montrent quand même
14:30qu'on a de la chance
14:31d'habiter en France.
14:33Et aujourd'hui,
14:33on ne va pas se plaindre,
14:35par exemple,
14:35d'avoir l'un des meilleurs
14:36systèmes de sécurité sociale
14:37au monde,
14:38d'avoir quand même
14:39des universités
14:39qui ont une certaine réputation,
14:41bien que...
14:42Moi, aujourd'hui,
14:43j'entends les questions
14:43sur le manque de moyens,
14:44mais aujourd'hui,
14:45on reste quand même
14:46privilégiés d'être français
14:48et aujourd'hui...
14:49C'est pas ce qu'on dit.
14:49Non, non, mais je sais.
14:50Non, mais parce que...
14:51Je rebondis sur ce que tu dis,
14:52pardon,
14:53mais tu nous parles
14:53du système social,
14:56effectivement,
14:56mais quand on voit
14:56qu'aujourd'hui,
14:57le déremboursement
14:58de certains médicaments
14:59et qu'on paye plus,
15:00enfin, à un moment donné,
15:01je suis désolée,
15:01mais on tombe de plus en plus
15:03dans...
15:03Enfin, je n'ai pas envie
15:04d'abuser en disant ça,
15:05mais dans un système américain
15:06où, en fait,
15:07moi, ça me fait peur,
15:07je n'ai pas envie
15:07qu'on aille vers ça aujourd'hui
15:08où l'école, finalement,
15:09n'est même plus gratuite
15:10parce qu'aujourd'hui,
15:11certains préfèrent s'endetter
15:12à mettre leur enfant
15:13dans des écoles privées
15:14alors que le service public existe.
15:15C'est juste qu'aujourd'hui,
15:16on ne lui donne pas les moyens.
15:17Donc, moi, j'ai peur vraiment
15:18qu'on tende à ce système américain.
15:19C'est pour ça, aujourd'hui,
15:20qu'on se bat.
15:20Donc, dire que tout va bien,
15:22c'est faux.
15:23Oui, effectivement,
15:24on n'est pas dans le pire pays du monde,
15:25mais à un moment donné,
15:26il ne faut pas se contenter
15:26du minimum, je pense.
15:27Oui, tout à fait.
15:28Après, je pense que rien ne sert
15:29d'attiser les peurs
15:30et de dire qu'on va vers
15:31le modèle américain
15:32où il faudra payer
15:33tous ces médicaments
15:34de A à Z.
15:35On en est encore très loin.
15:36Oui, bien sûr.
15:37Ne capitalisons pas sur...
15:38C'est ma peur personnelle, là,
15:39que j'ai...
15:39Oui, mais ne capitalisons pas
15:40sur la peur des Françaises
15:42et des Français
15:42qui, je crois,
15:43quand on voit ces images,
15:44est particulièrement importante
15:45ces derniers jours.
15:47Après, pour revenir plutôt
15:47sur les sujets lycéens,
15:49étudiants, etc.,
15:50moi, j'entends
15:50toutes les revendications
15:51sur Parcoursup,
15:52sur les 10 milliards
15:54qui doivent être posés
15:55sur la table.
15:55Après, moi, je me pose quand même
15:56la question de
15:57qu'est-ce qu'on met à la place
15:57de Parcoursup ?
15:58Où est-ce qu'on trouve
15:58les 10 milliards ?
15:59Et, in fine, moi,
16:01je ne veux pas qu'on déçoive
16:02les étudiants et les lycéens
16:03en leur disant
16:03on va vous donner ça
16:04et, en fait, à la fin,
16:05il n'y aura rien
16:06parce qu'on ne sera pas capable.
16:07Pardonnez-moi,
16:08c'est une question peut-être indiscrète,
16:09mais qu'est-ce que vous faites
16:10dans ce mouvement ?
16:11Vous êtes un Sciences Po,
16:13vous faites de...
16:14C'est une grande école française,
16:16vous ne manquez de rien
16:17à Sciences Po.
16:18Qu'est-ce que...
16:20Pourquoi vous...
16:22En marche ?
16:23C'est-à-dire que vous êtes
16:23plutôt derrière le Président
16:24de la République ?
16:25J'ai bien compris.
16:26Après...
16:27Qu'est-ce que vous venez faire
16:27là-dedans ?
16:28Pardon, mais...
16:29Sur le fait que je sois
16:30à Sciences Po,
16:31je crois que les étudiants
16:32de Sciences Po
16:32connaissent les mêmes complications
16:34que les étudiants
16:35de n'importe quelle université.
16:37Attendez, attendez.
16:38On ne peut pas nier...
16:39Sur Paris 13,
16:40je peux vous dire que...
16:41D'accord, non mais...
16:41Il y a encore un mois,
16:43il y a quelqu'un
16:43qui a traversé le plafond
16:44de deux étages.
16:44Non, non, mais je suis d'accord
16:45que sur la question
16:46du bâti...
16:47Enfin, le bâti universitaire
16:49Sciences Po
16:50est très privilégié.
16:51Mais enfin, aujourd'hui,
16:52on ne peut pas dire
16:52qu'il n'y a pas des étudiants
16:53en situation de précarité
16:54à Sciences Po.
16:54On ne peut pas dire
16:55qu'il n'y a pas des étudiants
16:57qui dépendent notamment
16:58du CRUS à Sciences Po.
16:59Donc, enfin...
17:00Ça, ça a toujours existé.
17:01Oui, mais vous n'êtes pas
17:02les plus malmenés.
17:03Non, mais effectivement,
17:04vous n'êtes pas les plus malmenés.
17:05Je suis contente que vous ayez rejoint...
17:06Enfin, franchement,
17:07votre élan de solidarité
17:08me fait extrêmement plaisir.
17:10Mais je ne peux pas vous laisser dire
17:11que vous connaissez
17:12les mêmes réalités
17:12que les autres étudiants.
17:13Ça, c'est faux.
17:14Non, mais effectivement,
17:15mais je crois que...
17:16Enfin, vous irez un jour
17:17devant le 27 rue Saint-Guillaume
17:19dans le 7e arrondissement
17:20parce que, voilà,
17:21effectivement, Sciences Po
17:21est dans le 7e arrondissement.
17:23Je crois que personne ne vous dira
17:24que Sciences Po
17:24est un établissement
17:26qui est très malmené
17:27et qu'aujourd'hui,
17:29on a des conditions d'études
17:30qui sont catastrophiques.
17:31Mais je crois que vous parlez
17:32de convergence des luttes.
17:33Justement, la convergence des luttes,
17:34c'est aussi ça.
17:35C'est de dire qu'à Sciences Po,
17:36on peut être conscient
17:36des revendications
17:37qui sont celles des autres universités
17:39et s'y associer
17:39et parfois les partager
17:40comme on est en train de faire ce soir.
17:41Alors, avant de reparler de la...