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  • il y a 2 heures
Mardi 6 octobre 2026, retrouvez Benjamin Louvet (Directeur de la Gestion Matières Premières, Ofi Invest Asset Management) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:00Générique
00:05...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:17Vous nous retrouvez en rattrapage en replay sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute
00:26préférées au sommaire de cette édition ce midi.
00:29Plus de records à Wall Street, portés par l'envolée des géants de la tech,
00:34Nvidia, Microsoft, Meta ou encore Tesla, le Nasdaq franchit un nouveau sommet historique hier.
00:41Le S&P 500, de son côté, n'est plus qu'à un souffle de son propre record
00:45et l'indice MSCI World suit exactement la même trajectoire.
00:51Pendant que New York s'envole grâce à ses méga caps, la bourse de Paris, elle, rebondit ce matin
00:56mais reste clairement à la traîne.
00:57Le CAC 40 est d'ailleurs le seul indice européen à être en repli depuis le début de l'année.
01:03Alors la question se pose, assiste-t-on à un décrochage structurel et irratrapable des marchés européens face au marché
01:10américain ?
01:11Les investisseurs américains semblent optimistes en tout cas.
01:15Ils regardent d'ailleurs certainement les résultats du troisième trimestre
01:18qui vont démarrer vendredi avec la publication de Delta
01:22et puis la semaine prochaine le vrai top départ de la saison des publications
01:25avec celle des grandes banques américaines.
01:28Mais on le disait, s'il y a bien un secteur qui est à l'honneur,
01:31c'est celui de la tech et de l'IA, le secteur qui a permis au Nasdaq d'aller au
01:36plus haut.
01:37Dans le cœur de l'actu tech, OpenAI vise une levée de fonds gigantesque
01:41et négocierait une levée de fonds colossale de 30 milliards de dollars
01:46auprès de fonds souverains des Émirats Arabes Unis et du géant BlackRock.
01:51Coup de projecteur aussi en Chine avec Moonshot AI.
01:54Le champion chinois viserait une introduction en bourse dès début 2027
01:59après avoir franchi la barre des 50 milliards de dollars de valorisation.
02:04Et enfin, DeepSync prépare une levée d'au moins 12 milliards de dollars
02:08soutenus en première ligne par Tencent notamment.
02:12Pendant ce temps-là, les rendements obligataires semblent se stabiliser.
02:16Alors attention, ils restent élevés et sur des sommets de plusieurs décennies.
02:21Le rendement américain à 10 ans évolue autour de 5,30%
02:25après avoir atteint 5,35% hier, le 30 ans cède du terrain,
02:30après avoir touché le seuil de 5,70% hier.
02:34Selon le milliardaire Ray Dalio,
02:37les bons du Trésor sont fragilisés par la baisse de la demande chinoise et japonaise.
02:42Deux créanciers clés pour Washington.
02:44Il tire la sonnette d'alarme.
02:46Selon lui, les Etats-Unis risquent de se prendre une crise de la dette
02:50de plein fouet d'ici quelques temps
02:51et certains emprunteurs en subissent déjà les conséquences.
02:55Côté européen, enfin, le rendement allemand à 10 ans se traite autour de 3,45%
03:00et le rendement français de même échéance autour de 4,75%.
03:05Le spread franco-allemand qui avait dépassé les 150 points de base hier
03:10se détend autour de 130 aujourd'hui.
03:23Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la mi-journée,
03:28les tendances de cette semaine.
03:29Et aujourd'hui, on est avec Benjamin Louvet,
03:31directeur de la gestion matières premières chez Ofi Invest Asset Management.
03:36Bonjour Benjamin.
03:37Bonjour Olivier.
03:38L'occasion donc de faire un point, notre point mensuel Benjamin sur les matières premières.
03:43Alors l'Argentina Week s'est terminée vendredi à Paris
03:46et au-delà de la visite de Javier Millet,
03:49l'événement avait des airs de sommet des matières premières
03:52sur 15 conférences organisées.
03:55Neuf étaient dédiées aux ressources naturelles.
03:57Alors lithium, cuivre, hydrocarbures.
03:59Le président argentin est venu vendre le sous-sol de son pays
04:02pour attirer les investisseurs.
04:04Alors l'Argentine peut-elle devenir un géant de l'énergie et des métaux critiques ?
04:09C'est ce qu'on va essayer de savoir.
04:11Benjamin, Ravier Millet promet des exonérations fiscales
04:14et des garanties financières.
04:17Est-ce que ça suffit, selon vous, pour rassurer les géants miniers ?
04:21C'est un bon début, Pauline.
04:23Maintenant, le vrai problème pour les géants miniers,
04:26on le voit bien aujourd'hui,
04:27c'est surtout un problème de stabilité gouvernementale
04:29et de stabilité des décisions politiques.
04:33C'est-à-dire que Ravier Millet met en place ces mesures.
04:37Il faut s'assurer qu'elles seront installées dans la continuité
04:39parce que je rappelle qu'entre le moment
04:42où vous commencez l'exploration pour trouver et démarrer une mine de cuivre
04:47et le moment où vous la mettez en place,
04:50il se passe déjà 17 ans.
04:52Et ensuite, la durée d'exploitation, elle,
04:53est de l'ordre de 25 à 30 ans.
04:55Donc, au total, il faut prévoir une stabilité
04:58qui dure sur une cinquantaine d'années.
05:01Donc, ce n'est pas forcément suffisant.
05:02On l'avait vu d'ailleurs très bien avec un exemple français.
05:06Christelle Bory, lorsqu'elle était à la tête des ramettes,
05:09avant d'y revenir il y a quelque temps,
05:11avait voulu développer une mine de lithium en Argentine
05:14et elle n'avait pas trouvé de financement européen.
05:16Elle avait dû finalement trouver une joint venture
05:18avec une société chinoise qui avait accepté de prendre ce risque.
05:22C'est vrai qu'aujourd'hui, il y a encore une vraie frilosité
05:24pour aller investir dans des pays
05:25qui ne sont pas considérés encore d'une stabilité complète
05:29dans un contexte où les limites en termes d'exploitation minérale
05:37se multiplient.
05:38Depuis 2011, selon l'Agence internationale à l'énergie,
05:41le nombre de restrictions au commerce de matières premières
05:43a été multiplié par 5.
05:45On a vu un certain nombre de projets miniers
05:47être confisqués par des gouvernements
05:49ou totalement arrêtés.
05:50C'est le cas au Panama.
05:52C'est un bon début.
05:55C'est clairement une mesure qui va dans le bon sens
05:57et qui peut favoriser un intérêt des compagnies minières étrangères.
06:01Mais il va falloir donner peut-être un petit peu plus de gage que ça
06:04pour que l'engouement soit plus complet.
06:07Oui, c'est vrai, vous l'aviez rappelé.
06:08La dernière fois qu'on s'était vu, Benjamin,
06:10justement ses 17 ans sur le cuivre, etc.
06:12Je me rappelle maintenant que vous le dites.
06:15Benjamin, parlons du pétrole.
06:16L'Argentinaïque nous a permis de remettre un petit peu le contexte dans l'actualité.
06:21Mais évidemment, le sujet que tout le monde regarde
06:24reste évidemment ces cours du pétrole.
06:26Alors aujourd'hui, ils se maintiennent en repli, Benjamin.
06:29Ils sont portés par les signes d'une hausse des expéditions
06:34en provenance du Moyen-Orient.
06:36Et puis, malgré ce contexte géopolitique toujours sous tension,
06:41la hausse de cette offre régionale vient rassurer le marché.
06:44Est-ce qu'on assiste à un rééquilibrage durable du marché pétrolier ?
06:50Alors, est-ce que c'est aussi peut-être grâce à la réouverture
06:53la semaine dernière de l'oléoduc en Arabie Saoudite, Benjamin ?
06:57Alors, c'est lié à plusieurs choses, Pauline.
07:00Mais d'abord, je voudrais juste rappeler une chose,
07:02c'est qu'on parle toujours du prix du pétrole
07:04en regardant les prix du contrat à terme coté à New York.
07:06Mais en réalité, il y a un autre prix qui compte énormément,
07:09c'est le prix de ce qu'on appelle le dated Brent.
07:10Donc, c'est le prix du pétrole livrable à l'instant.
07:15Et ce prix est bien plus élevé aujourd'hui.
07:16Il est aux alentours de 125, entre 125 et 130 dollars le baril.
07:20Parce qu'à ce prix du baril de pétrole que vous payez,
07:23il faut ajouter les assurances pour que ce pétrole puisse quitter
07:27la zone actuellement compliquée.
07:29Le coût de transport a explosé.
07:31On n'a jamais vu des coûts de transport pétrolier aussi élevés.
07:35On parle d'entre 1,3 million et 1,4 million de dollars par jour par bateau.
07:41Ce qui rajoute un prix de quasiment 25 dollars par baril
07:44au prix que vous voyez sur la cote.
07:47Et puis, il y a un deuxième sujet qui préoccupe beaucoup.
07:49C'est le sujet des produits raffinés.
07:51Parce que vous ne mettez pas du pétrole dans votre voiture,
07:54vous mettez du diesel, vous mettez de l'essence.
07:56Et là, on a beaucoup de contraintes.
07:58Donc ça, ça empêche une véritable détente.
08:00Sur le front du pétrole en lui-même, effectivement,
08:03la situation s'est nettement améliorée.
08:05Beaucoup de pétrole passe maintenant par le détroit d'Hormuz.
08:08On est revenu à un trafic qui est très proche du trafic qu'on avait avant la guerre.
08:13Donc, côté pétrole, je dirais que les choses s'arrangent.
08:16Mais côté produits raffinés, la situation reste extrêmement tendue.
08:20Et puis, côté pétrole, la situation a beau s'arranger,
08:23encore une fois, il y a ces coûts supplémentaires qu'il faut prendre en compte.
08:26Et puis, le fait qu'il semble quand même qu'il y ait des mouvements de troupes
08:29qui puissent être inquiétants.
08:31On a les États-Unis qui ont envoyé un troisième porte-avions sur zone,
08:34ont envoyé 10 000 soldats supplémentaires.
08:37Il y a des soldats qui sont envoyés en Arabie saoudite.
08:40Et puis, des éléments aussi qui laissent à penser que peut-être que
08:46Israël serait en train de préparer une opération de son côté contre l'Iran.
08:50Donc, il faut garder beaucoup de prudence.
08:52Et le prix se stabilise à un niveau, je dirais, qui est cohérent avec la situation actuelle
08:58sur le marché et l'équilibre entre l'offre et la demande,
09:04mais qui est encore conditionné par beaucoup d'incertitudes,
09:07qui justifient d'un prix spot beaucoup plus élevé que le prix qu'on regarde sur les marchés à terme.
09:12Est-ce que vous mentionnez les coûts supplémentaires, Benjamin, de 25 dollars par baril à peu près ?
09:18C'est des coûts qui s'annuleront une fois que le Détroit d'Ormous sera totalement rouvert ou pas du
09:24tout ?
09:25Alors, ils s'annuleront probablement en grande partie.
09:28On a là des coûts d'assurance notamment et puis des coûts de transport
09:33parce qu'il y a moins de bateaux disponibles.
09:35Donc là, le coût des bateaux vient surtout aussi du fait qu'il y a moins de bateaux disponibles.
09:41Donc, ça augmente énormément le coût.
09:42Il faut ajouter à ça le coût des assurances.
09:44Une fois que le Détroit sera rouvert, le coût des assurances diminuera.
09:48Le trafic pétrolier progressivement reprendra dans sa normalité
09:54et donc on devrait avoir moins de difficultés à affrêter des bateaux
09:58et donc retrouver des prix plus raisonnables pour le coût de transport.
10:02Par contre, la question qui se pose, c'est de savoir s'il y aura l'instauration d'un péage
10:06pour le passage de Beaufort-de-Ormous.
10:08Mais quoi qu'il en soit, on ne devrait pas être sur les niveaux de coûts qu'on a aujourd
10:11'hui.
10:11Donc oui, de ce côté-là, il y a plutôt des raisons d'être optimistes
10:14même si on ne voit pas encore la fin de ce conflit
10:17et la réouverture totale du Détroit-Ormous.
10:20Oui, c'est sûr, seul l'avenir nous le dira ça, Benjamin.
10:23Dans le reste des moitières premières,
10:26on va peut-être dire un mot de l'or.
10:28L'or qui a reculé de 6% en septembre, c'est beaucoup.
10:32Alors, première question, pourquoi, Benjamin ?
10:35Et qu'est-ce que ça nous dit sur l'état d'esprit du marché ?
10:40Pourquoi ? C'est relativement simple, Pauline.
10:42En réalité, l'or est un actif qui n'a pas de rendement.
10:45Quand vous détenez de l'or, vous n'êtes pas payé pour détenir cet or.
10:48Quand vous avez une action, quoi qu'il arrive sur le cours de l'action,
10:51vous êtes payé pour attendre parce que vous avez un dividende.
10:53Quand vous achetez une obligation, vous avez un coupon.
10:55Quand vous achetez de l'immobilier, vous avez un loyer.
10:57Quand vous achetez de l'or, vous n'avez rien de tout ça.
10:58Et il se trouve que dans le courant du mois de septembre,
11:02la Fed a décidé de remonter, la Réserve fédérale américaine a décidé de remonter ses taux de 25 points de
11:06base.
11:07On a des perspectives de poursuite de remontée de ses taux d'intérêt.
11:12Et puis, on a un marché du crédit qui est saturé aujourd'hui parce que, vous le disiez en introduction,
11:17beaucoup d'entreprises, et notamment les géants de la tech, font énormément recours à des levées de fonds.
11:23Donc, l'État, lui aussi, est obligé de renchérir le prix qu'il est prêt à payer
11:28parce qu'il y a moins de gens qui s'intéressent.
11:29Et puis, peut-être aussi un certain nombre de grands investisseurs institutionnels.
11:33On a parlé de fonds souverains européens, mais vous parlez également du Japon, de la Chine,
11:36qui délaissent un peu ses obligations américaines.
11:38Donc, le taux remonte.
11:39Le taux remonte plus que l'inflation.
11:41Donc, les taux réels remontent.
11:42Et donc, c'est un désavantage pour l'or.
11:44Là où c'est intéressant, c'est que ça, c'est une perspective à court terme.
11:47Il semble, malgré tout, que le marché regarde un peu plus loin.
11:50Si on se basait uniquement sur cette hausse des taux réels au cours du mois de septembre,
11:55probablement que l'or aurait dû baisser davantage.
11:57Ce qu'on constate, en revanche, c'est que les banques centrales continuent à acheter de l'or.
12:00Et surtout, les investisseurs privés ont acheté beaucoup d'or.
12:04On le voit dans les détentions d'ETF qui ont beaucoup augmenté au mois de septembre.
12:08Et malgré la correction, ces détentions d'ETF n'ont pas faibli.
12:12Ce qui montre bien qu'il y a des investisseurs qui regardent au-delà de cette problématique court terme.
12:17Et au-delà de cette problématique court terme, on retrouve quoi, Pauline ?
12:19Le problème majeur qui est le problème de l'endettement extrêmement élevé des grands États,
12:24et notamment des États-Unis, de déficit public qui n'arrive pas à être jugulé.
12:29Si les Républicains devaient gagner les mid-termes, ça ne s'arrangerait pas,
12:33parce que Trump parle d'envoyer 5 000 dollars à tous les Américains,
12:36ce qui augmenterait la dette de quasiment 5 % du PIB supplémentaire.
12:40Donc, on est dans une situation qui est extrêmement compliquée.
12:43Et on dirait que les investisseurs, eux, regardent un peu plus loin que cette problématique court terme.
12:48Alors, à très court terme, quand même, ça veut aussi dire que les investisseurs tiennent pour l'instant,
12:52mais si ce mouvement de hausse devait se durcir, de hausse des taux devait se durcir,
12:57et bien peut-être qu'à un moment, il y aurait une certaine lassitude
12:59et qu'on pourrait avoir un trou d'air sur le marché de l'or,
13:01une nouvelle baisse de 4, 5, peut-être 7 %,
13:05mais ça serait une baisse temporaire compte tenu des problématiques plus long terme
13:09qui devraient pousser les banques centrales à adopter des politiques monétaires accommodantes,
13:15soit en rebaissant les taux, soit en mettant en place des quantitatives visibles,
13:19parce qu'il va bien falloir trouver un moyen de financer cette dette.
13:22Et aujourd'hui, les coûts sont extrêmement élevés,
13:24on ne pourra pas tenir avec des coûts comme ceux-là extrêmement longtemps.
13:27Oui, c'est sûr, la dette qui est un problème globalement mondial.
13:31On pense évidemment à la France avec nos élections qui arrivent dans quelques mois seulement,
13:35mais aussi à d'autres pays de la zone euro, et puis évidemment aux États-Unis.
13:38Benjamin Louvet, merci beaucoup.
13:40Directeur de la gestion matière première chez Ofi Invest Asset Management,
13:44merci d'avoir fait ce bilan matière première avec nous sur ce plateau,
13:48et puis merci à vous de nous avoir suivis.
13:49On se retrouve ce soir en direct à 17h30 sur Bsmart.
13:57Sous-titrage Société Radio-Canada

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