- il y a 8 heures
Face au surendettement, aux règles budgétaires européennes et à la pression des marchés financiers, comment financer la bifurcation écologique, la retraite à 60 ans et la reconstruction de nos services publics ? Réunis pour un débat à la Fête de l'Humanité, économistes, responsables politiques et experts de la finance engagée confrontent leurs solutions.
Avec Éric Coquerel, Anne-Laure Delatte, Denis Durand, Lucas Chancel et Lucie Pinson. Animé par Cyprien Boganda.
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00:00 Gouverner et financer un programme de gauche en 2027
00:01:38 La vérité sur la dette
00:06:33 Chantage néolibéral, hausse des taux et la dette
00:12:59 Création monétaire, rôle des banques et héritage du CNR
00:16:56 Le piège du déficit, inflation et impôt exceptionnel sur le capital
00:22:07 Réguler les banques privées et stopper le financement des énergies fossiles
00:29:20 Réforme fiscale et fin des cadeaux aux ultra-riches
00:34:18 La stratégie du PCF : financer les services publics et la retraite à 60 ans
00:40:23 Taxer les milliardaires à l'échelle internationale
00:51:40 Service public contre prédation privée
00:55:29 Nationaliser l'énergie et rompre avec la logique du capital
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00:51:40 Service public contre prédation privée
00:55:29 Nationaliser l'énergie et rompre avec la logique du capital
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NewsTranscription
00:00:01Aujourd'hui, j'aimerais qu'on se livre à une expérience de pensée.
00:00:05Nous sommes le 13 septembre 2027. La gauche a remporté l'élection présidentielle.
00:00:17Elle détient la majorité à l'Assemblée nationale, soyons ambitieux.
00:00:22Elle est donc en situation d'appliquer son programme.
00:00:24Un programme de progrès social ambitieux, un programme de progrès environnemental aussi.
00:00:28Et un programme dont la plupart des éditorialistes libéraux nous ont expliqué à longueur d'émission qu'il était irréaliste
00:00:34parce qu'il ne tenait pas compte de la situation économique de la France.
00:00:38Cette situation, je pense qu'on la connaît tous ici.
00:00:40Emmanuel Macron va laisser derrière lui un pays sur-endetté sous la pression constante des marchés financiers
00:00:45et qui affiche un déficit public record.
00:00:48Dans ces conditions, comment on fait pour financer une baisse de l'âge de départ à la retraite,
00:00:52le renforcement des services publics ou la transition écologique ?
00:00:56En gros, comment répondre à tous ceux qui estiment qu'avec la gauche, demain, on aura ce gratis ?
00:01:00On va essayer de répondre à cette question de la manière la plus concrète possible avec nos invités.
00:01:05Eric Coquerel, vous êtes président de la commission des finances de l'Assemblée nationale et député LFI.
00:01:11Denis Durand, économiste et membre de la commission économique du PCF.
00:01:15Lucas Chancel, également économiste et spécialiste des inégalités.
00:01:19Lucie Pinson, directrice de l'ONG Reclaim Finance.
00:01:22Anne-Laure Delatte, économiste, directrice de recherche au CNRS.
00:01:25Ils venaient de publier un livre qui s'appelle « Riches Ensemble » avec un point d'exclamation et qui
00:01:30est paru au seuil.
00:01:31La première partie de ce débat, ça va porter sur l'un des sujets les plus brûlants du moment, c
00:01:36'est celui de la dette publique.
00:01:38Emmanuel Macron a fait exploser la dette et les difficiles depuis son arrivée au pouvoir.
00:01:41Je ne vais pas vous assommer de chiffres que vous connaissez par cœur.
00:01:45Juste rappeler que la dette aujourd'hui, elle est autour de 117% du PIB.
00:01:49Anne-Laure Delatte, pour commencer.
00:01:52Peut-être deux questions.
00:01:53Est-ce qu'on a raison d'avoir peur ?
00:01:55Et comment expliquer un tel niveau d'endettement ?
00:01:59Est-ce que ça marche ?
00:02:00Oui, très bien.
00:02:01Bonjour, merci à tous et à toutes d'être là et merci pour l'invitation.
00:02:05Alors, est-ce qu'on a raison d'avoir peur ?
00:02:07On est quand même dans une situation budgétaire effectivement compliquée.
00:02:11Je pense qu'on ne peut pas se dire qu'on a zéro problème puisque...
00:02:16En fait, je crois que le signe le plus évident, c'est qu'on prête de plus en plus cher
00:02:21à la France.
00:02:21Donc, je ne suis pas en train de vous dire qu'on va avoir une énorme crise financière et une
00:02:29crise de la dette demain,
00:02:30mais c'est quand même problématique.
00:02:32Ça veut dire qu'on a perdu la confiance de certains investisseurs.
00:02:37Et on en est là, non pas parce qu'on a fait n'importe quoi avec les dépenses sociales, les
00:02:44retraites, le chômage,
00:02:45mais bien parce qu'a été prolongée par Emmanuel Macron une politique de l'offre qui a été mise en
00:02:52place bien avant lui
00:02:55et qui consistait à baisser les prélèvements obligatoires des entreprises.
00:02:58Donc, Cyprien a dit, je sors un bouquin qui s'appelle Riche Ensemble où j'essaye d'expliquer ce paradoxe
00:03:06français
00:03:07qui fait qu'on a tous l'impression, et c'est vrai, de payer beaucoup d'impôts et beaucoup de
00:03:12prélèvements obligatoires en général
00:03:14et pourtant des services publics qui se dégradent et pourtant un déficit.
00:03:18C'est quand même un énorme paradoxe et ce que j'essaye d'expliquer, c'est qu'il y a
00:03:23eu un transfert massif
00:03:24des ressources des ménages, nous, vers les entreprises.
00:03:29Pour le dire très simplement, aujourd'hui, c'est nous qui payons une grande partie des cotisations sociales patronales.
00:03:36Donc, en réalité, en fait, quand on paye beaucoup d'impôts, on les paye plus...
00:03:40Enfin, on paye en partie pour l'éducation, l'hôpital, mais aussi beaucoup pour aider les entreprises
00:03:46et en particulier les très grandes entreprises.
00:03:48Là, on a des données plus précises aujourd'hui qui révèlent qu'on aide particulièrement
00:03:54les très très grandes entreprises via des crédits d'impôts, des subventions
00:03:59et des exonérations de cotisations sociales.
00:04:02Donc, tout ça pour dire qu'en fait, il y a eu une espèce de rupture de contrat social
00:04:08sans qu'on nous le dise, depuis une vingtaine d'années, et ça s'est accéléré là,
00:04:13on pensait qu'on était dans un pays où on mettait beaucoup de ressources en commun
00:04:16pour financer des services publics et un modèle social solide.
00:04:20Et en réalité, une partie de ces ressources, aujourd'hui,
00:04:24elles sont transférées vers des aides marchandes.
00:04:27Et ça, c'est très documenté, c'est pas qu'un récit, on a les données pour le montrer.
00:04:32Voilà, le gros message, c'est ça.
00:04:35Merci.
00:04:40Le projet de la droite pour régler la dette, c'est simple, c'est faire des économies,
00:04:44ils veulent absolument tailler dans les dépenses partout.
00:04:48On va rentrer un peu dans le cadre des propositions.
00:04:50Par exemple, Anne-Laure, qu'est-ce que devrait faire pour vous
00:04:54un gouvernement de gauche sur la dette publique et les déficits ?
00:04:57Alors du coup, j'ai la parole maintenant et après, plus jamais ?
00:05:00Ah si, si, voilà.
00:05:01Si vous pouvez répondre rapidement, après je passerai la parole à Eric.
00:05:03Qu'est-ce qu'il faut faire ? C'est ça ?
00:05:05Voilà, en quelques phrases, quoi.
00:05:08Question facile, réponse facile.
00:05:09Si, non, mais c'est facile.
00:05:11En fait, il y a des zones fiscales de non-droit en France.
00:05:15Il va falloir augmenter les impôts.
00:05:17En fait, probablement, à un moment, on paiera tous plus d'impôts.
00:05:22Moi, je serais contente, peut-être que dans 10, 15 ans, on paye 60%.
00:05:27En général, je ne me fais pas applaudir quand je dis ça.
00:05:31Mais moi, je serais contente de mettre 60% de mon revenu en commun, comme une grosse colloque.
00:05:38Mais le problème, c'est qu'aujourd'hui, il y a des zones fiscales de non-droit en France.
00:05:41Donc, Gabriel Zuckman et l'IPP l'ont bien documenté.
00:05:44Les ultra-riches ne payent pas autant d'impôts que vous et moi.
00:05:47Et ce que je vous disais à l'instant, c'est que les très grandes entreprises,
00:05:50il y a un phénomène assez identique.
00:05:53Vous avez des très grandes entreprises qui payent moins d'impôts que les micro-entreprises ou les PME
00:05:58et qui, en plus, captent des aides.
00:06:01Et donc, finalement, le principe, c'est qu'il n'y aura pas un consentement à l'impôt
00:06:05tant qu'on n'aura pas réglé, il me semble, ces zones fiscales de non-droit.
00:06:09Donc, il faut que tout le monde paye ses impôts du moins.
00:06:12D'accord.
00:06:17Je crois que, visiblement, vous suscitez l'adhésion.
00:06:20Éric Coquerel, demain, la gauche arrive au pouvoir en France.
00:06:23Qu'est-ce que vous faites de toute sa dette publique ?
00:06:25On a beaucoup parlé ces derniers jours de votre proposition de mettre au frigo une partie de la dette.
00:06:30Qu'est-ce que ça veut dire, concrètement ?
00:06:34Concrètement, je vais revenir quand même au départ sur votre première question.
00:06:38Est-ce que la dette, aujourd'hui, est supportable ?
00:06:41Je vais citer trois anecdotes.
00:06:44Crise du Covid, on nous dit, juste avant la crise du Covid,
00:06:47la dette étrangle la France, nos enfants, nos arrière-petits-enfants vont payer, c'est terrible.
00:06:52Et puis, il y a la crise du Covid.
00:06:54Et là, il faut bien que la dette augmente, puisqu'on nationalise quasiment tous les emplois pendant un certain temps.
00:06:59Et à ce moment-là, il y a Éric Wörst, qui était le président de la commission des finances avant
00:07:02moi,
00:07:03qui, évidemment, LR est devenu Macroniste, ancien ministre des Finances.
00:07:07Quand on évoque la question, il dit, mais chacun sait qu'on ne rembourse jamais la dette.
00:07:10C'est lui qui le dit.
00:07:12Bon, on ne rejoune jamais le stock de la dette, tout simplement,
00:07:14parce qu'en gros, vous avez suffisamment de prêteurs qui renouvellent ce stock.
00:07:18Et donc, ce qu'il faut garder, c'est le taux d'intérêt.
00:07:20Deuxième épisode, donc la crise du Covid derrière nous.
00:07:23Et hop, on repart dans cette espèce de chantage à la dette,
00:07:26qui permet au nom de la dette de baisser les dépenses publiques,
00:07:29d'attaquer les services publics, de privatiser.
00:07:30C'est Bérou.
00:07:31Bérou qui nous dit que le FMI est quasiment à la porte de la France.
00:07:34Vous vous rappelez des épisodes ?
00:07:36Troisième anecdote que je vous raconte.
00:07:38Je défends, justement, la question de l'annulation de la dette,
00:07:41mais surtout le fait de recourir de nouveau par rapport à la transition écologique,
00:07:44où chacun sait que les États européens, tous, ont des murs d'investissement à payer dans les années à venir.
00:07:50Si on veut éviter le pire, et je préconise que la Banque centrale européenne,
00:07:55on essaye de faire en sorte qu'elle fasse ce qu'elle a fait pendant le Covid,
00:07:57c'est-à-dire contourner les traités pour avoir une forme de prêt directe aux États.
00:08:02Et là, c'est l'ESCURE qui me répond, en avril, le ministre de l'Économie,
00:08:06qui dit non, on ne va pas faire ça parce qu'on va faire peur au marché.
00:08:09Et aujourd'hui, il n'y a pas de problème avec la dette.
00:08:10Donc, je veux dire par là qu'on voit bien que jusqu'à maintenant, en tout cas,
00:08:14la question de la dette, elle sert surtout, en réalité, à imposer un système néolibéral
00:08:18de privatisation, de baisse de services publics, d'attaque de la sécu, d'attaque de la retraite.
00:08:22Maintenant, c'est la retraite qui est attaquée au nom de la dette, etc.
00:08:25Bon, maintenant, est-ce que, pour autant, il y a un problème avec la dette ?
00:08:29Actuellement, il y en a un qui arrive droit, ça c'est vrai.
00:08:32C'est que les taux d'intérêt sont en train de monter de manière tellement importante
00:08:35que même la charge de la dette, à un moment donné, peut devenir,
00:08:39y compris pour un pays comme la France, difficilement supportable.
00:08:43Et là, dans ces cas-là, il faut se poser deux questions.
00:08:45Première question, est-ce qu'on arrête avec la dette ?
00:08:47Est-ce qu'on arrête d'emprunter ?
00:08:48Moi, je crois que ça, c'est lunaire, ne serait-ce que parce que je viens de le dire,
00:08:52il y a des investissements très lourds.
00:08:54Donc, se posent deux autres questions.
00:08:57Comment on fait pour emprunter ?
00:08:58Et nous, ce que nous disons, c'est qu'il faut sortir la dette du monopole des marchés financiers
00:09:03qui existe depuis les années 80.
00:09:05Avant, ce n'était pas ça, c'est les années 80 qui ont décidé ça.
00:09:08Et donc, du coup, un, on annule la dette que nous détenons depuis, justement, à peu près le Covid.
00:09:15Il y en a à peu près pour 600 milliards, 18% de la dette, parce que ça nous donne,
00:09:19j'allais dire, un peu plus de marge de manœuvre.
00:09:22Mais j'insiste sur ce point, on essaye de se battre.
00:09:25Donc, si demain, par exemple, on gouverne, si je suis à Bercy en tant qu'ancien président des commissions des
00:09:30finances et de l'économie,
00:09:32eh bien, on met la pression sur nos partenaires européens pour que, de nouveau, la BCE fasse, justement, des prêts
00:09:38massifs aux banques centrales qui échappent au marché.
00:09:43Et c'est important de le dire pourquoi je termine là-dessus.
00:09:45C'est que dans la question de la dette, ce n'est pas tant le volume de la dette, c
00:09:49'est à quoi elle sert et qui la détient.
00:09:52Le problème de à quoi sert la dette depuis Macron, c'est que pour moitié, elle sert à financer les
00:09:58cadeaux fiscaux aux ultra-riches.
00:10:00La dette s'explique avant tout par la baisse des recettes.
00:10:03Et la baisse des recettes a été organisée dans ce pays en faveur des ultra-riches.
00:10:06Ça, ce n'est pas logique. On ne peut pas payer avec la dette des cadeaux au capital de manière
00:10:12inconsidérée.
00:10:13Ça, c'est une première question. Donc, nous, on dit que la dette, elle doit servir aux investissements en matière
00:10:17de bifurcation écologique.
00:10:19Donc, il faut à nouveau imposer, évidemment, ces personnages qui coûtent trop cher à l'État.
00:10:25Et la deuxième chose, c'est qui la possède. Et vous avez compris que, d'une manière ou d'une
00:10:28autre,
00:10:28il faut sortir de cette période qui correspond en réalité avec le néolibéralisme, où la dette est sur les marchés
00:10:34financiers,
00:10:35et reprendre possession de la dette par différents biais. On aura peut-être l'occasion de le dire un peu
00:10:40plus précisément par la suite.
00:10:42Et juste rapidement, qu'est-ce que vous répondez aux gens qui vous disent que c'est utopiste parce que
00:10:48la BCE, vous le savez, est indépendante,
00:10:50pas idéologiquement, mais en tout cas, de fait, elle est indépendante du pouvoir politique.
00:10:54Et donc, on ne pourra jamais la forcer à s'asseoir sur une partie de la dette.
00:10:57– Moi, ce que je réponds, c'est qu'il y a une confrontation qui sera inévitable.
00:11:02Moi, je ne crois pas aux réponses techniques qui laisseraient penser que, dans l'Union européenne, il n'y a
00:11:07pas des concurrences, des rapports de force.
00:11:09Par exemple, il y en a une actuellement. La Bundesbank a répondu tout de suite en disant « Nous, on
00:11:14ne veut pas ».
00:11:14Je vais vous dire pourquoi ils ne veulent pas. C'est que l'Allemagne, figurez-vous, et ça, c'est
00:11:18un phénomène absolument majeur
00:11:19qui explique d'ailleurs une partie de l'augmentation de nos taux d'intérêt, est redevenue un emprunteur.
00:11:24Parce que l'Allemagne s'est rendue compte qu'elle était dans une économie en récession faute d'investir
00:11:30et elle a décidé elle-même de casser sa propre règle d'or qui l'empêchait tout déficit pour investir.
00:11:36Et donc, elle va devenir un des gros emprunteurs sur le marché.
00:11:38Elle devient donc concurrente avec la France sur les marchés financiers.
00:11:43Donc l'Allemagne, comme elle a, j'allais dire, une assise économique meilleure vis-à-vis des marchés,
00:11:46elle a tout intérêt à rester dans un système où c'est les marchés qui décident des taux d'intérêt
00:11:51parce qu'elle se met en concurrence avec nous.
00:11:54Je suis désolé de le dire et de casser un peu le rêve d'une espèce de solidarité européenne qui
00:11:59se ferait jour,
00:12:00mais c'est bien ça qui se passe.
00:12:01Mais par contre, il n'y a pas que l'Allemagne en Europe.
00:12:03Il y a des pays qui ont le même problème que nous.
00:12:06Draghi, il n'y a pas très longtemps, estimait, on ne peut pas vraiment dire que c'est un insoumis,
00:12:11estimait qu'il fallait 800 milliards d'euros d'investissement publics dans les années à venir pour la bifurcation écologique.
00:12:16Donc tous les pays ont le problème de savoir comment ils financent ça.
00:12:19Et moi, j'ai tendance à penser qu'on peut au moins essayer de jouer ce rapport de force pour
00:12:24contraindre la BCE.
00:12:25Si la BCE ne le fait pas, à ce moment-là, oui, il faudra réfléchir à des mesures,
00:12:30soit avec les pays qui ont intérêt comme nous à faire ce genre d'emprunt, soit le faire de manière
00:12:34unilatérale.
00:12:35Mais on ne peut pas rester dans un système qui est en train de nous étrangler au nom, en réalité,
00:12:42des intérêts des mêmes,
00:12:43les marchés financiers qui nous prêtent, qui ont tout intérêt à nous prêter,
00:12:46et puis ceux qui, au nom de la dette, finalement, profitent des privatisations, de la case des services publics, etc.
00:12:53Merci.
00:13:00Denis Durand, qu'est-ce que vous pensez ?
00:13:03Et des solutions avancées par les autres débatteurs ?
00:13:06Et puis plus généralement, qu'est-ce que vous préconisez de faire pour en finir avec ce chantage à la
00:13:10dette publique qui pollue les débats ?
00:13:12Oui, très bien. Alors, d'abord, je voudrais dire que je suis très content que ce débat puisse avoir lieu,
00:13:17parce qu'on sait que le dialogue est parfois difficile à gauche en ce moment,
00:13:20mais entre économistes, on arrive à discuter, et d'ailleurs, c'est ce qu'on fait régulièrement dans la revue
00:13:24Économie et Politique,
00:13:25il y a des débats de ce genre.
00:13:29Sur la dette, le slogan, c'est le problème, c'est pas la dette, c'est la finance.
00:13:34L'ennemi, c'est le capital. Et les marchés financiers, comme ça a été dit depuis les années 80, c
00:13:41'est le levier, l'arme qui sert à imposer la volonté du capital aux entreprises, aux Etats, etc.
00:13:49Du moins, ils essayent, et nous devons résister. Nous devons résister à cette domination des marchés financiers qui traduit les
00:13:55exigences du capital qui ont été rappelées tout à l'heure.
00:13:58Et comment on peut se dégager de la dette publique ? Il y a la dette publique, il y a
00:14:03l'aide des entreprises aussi.
00:14:05On a un coût de la dette qui est en train d'exploser, qui était à 77% cette année,
00:14:10qui pourrait monter à 150% bientôt, ou 125%.
00:14:14Comment on se dégage de ça ? Alors, j'ai deux exemples.
00:14:182021, Eric a parlé 2020, bon en avant de la dette publique, mais en 2021, l'accompagnement repart, 7%
00:14:25de croissance, 6,6% de déficit, et le ratio dette publique sur PIB diminue.
00:14:30Et pourquoi ? Parce que quand il y a de la croissance, quand il y a de l'activité, que
00:14:33des revenus sont distribués, alors de l'argent rentre dans les caisses de l'Etat, de la sécurité sociale,
00:14:37et si les taux d'intérêt ne sont pas trop élevés, et à l'époque, ils étaient très bas, alors
00:14:41on s'en dégage.
00:14:42Ça, alors on peut dire que c'est une situation exceptionnelle, on sortait, mais on est un petit peu dans
00:14:45une situation exceptionnelle aussi en ce moment.
00:14:46Et une autre situation exceptionnelle, c'était la libération, après la Deuxième Guerre mondiale, quand l'économie française est par
00:14:53terre,
00:14:53et c'est une époque, bien documentée par l'historien, le comité d'histoire financière de la France, où l
00:14:59'Etat s'est endetté massivement.
00:15:01Et c'est comme ça qu'on a emprunté massivement, alors il y a eu tout un tas de circuits
00:15:04qui permettaient de financer cet endettement,
00:15:06sans perdre complètement la main vis-à-vis des financiers, parce que le rapport des forces était ce qu'il
00:15:11était à l'époque,
00:15:12et c'est comme ça qu'on a fait la sécurité sociale, les grands services publics, la croissance des années
00:15:1750-60,
00:15:18et ça a été fait pourquoi ? Parce que toute une organisation a été mise en place pour financer la
00:15:23dette publique,
00:15:23et parce que la politique monétaire, la Banque de France de l'époque, a laissé faire ça.
00:15:28Elle a toléré, en prenant le risque de l'inflation, effectivement, il y a eu de l'inflation,
00:15:32mais elle a pris ce risque, et c'est comme ça qu'on a sauvé l'économie française.
00:15:35Donc, c'est des exemples historiques qui doivent nous inspirer encore aujourd'hui.
00:15:38C'est la France elle-même qui se finançait, on est d'accord, c'est le circuit du trésor,
00:15:41et tout ce qu'on...
00:15:42Oui, comme aujourd'hui, le trésor se finançait en émettant des titres, des bons du trésor,
00:15:48ce n'était pas les mêmes qu'aujourd'hui, mais c'était des bons du trésor,
00:15:50qui étaient achetés par toutes sortes d'acteurs, et il y avait en plus le fait, par exemple,
00:15:55que les banques qui créent la monnaie, c'est elles qui mettent l'argent en circulation dans l'économie,
00:15:59parce que l'économie, c'est comme un être vivant, il y a des flux, ça circule,
00:16:04c'est pas une puyauterie.
00:16:06Eh bien, les banques qui mettent l'argent en circulation dans l'économie,
00:16:08elles étaient obligées de placer une partie de leur création monétaire
00:16:11dans des bons du trésor.
00:16:13Et puis, il y avait le circuit du trésor avec le crédit agricole,
00:16:16la Caisse des dépôts et la Banque de France qui surplendait tout ça.
00:16:18Donc, c'était une situation institutionnelle très différente
00:16:21qu'on ne va pas reconstituer aujourd'hui.
00:16:23Mais le point commun, c'est que quand on veut créer de la monnaie
00:16:26et que cette création monétaire est contrôlée par la population,
00:16:30qui est obéie à des buts sociaux, économiques, écologiques, c'est possible.
00:16:36Et donc, c'est maintenant l'enjeu politique qui nous est posé aujourd'hui.
00:16:39Comment on peut imposer, non pas tellement de désobéir à la finance
00:16:45ou de désobéir à l'Europe, mais de les obliger à nous obéir ?
00:16:48Voilà.
00:16:51Lucas Chancel.
00:16:56Il y a pas mal de choses qui ont été dites depuis tout à l'heure.
00:16:59Qu'est-ce que vous pensez ?
00:17:00Quel regard vous avez sur ce débat autour de la dette ?
00:17:04Est-ce que vous avez l'impression qu'on en fait trop ?
00:17:05Est-ce qu'on a raison d'en parler autant ?
00:17:07Bonjour à toutes et à tous.
00:17:10Sur la dette, je pense qu'il ne faut pas dramatiser la situation.
00:17:14Le problème n'est pas le niveau de la dette en tant que tel,
00:17:19c'est son évolution, c'est le déficit.
00:17:21Le Japon a une dette de 250% de son PIB
00:17:25et il emprunte à des taux nettement supérieurs aux taux français.
00:17:31Donc le problème, ce n'est pas le niveau de la dette.
00:17:34C'est un problème de déficit,
00:17:37c'est le fait qu'on ait fait des baisses d'impôts
00:17:39qui ne sont pas financées,
00:17:40des baisses d'impôts essentiellement sur les plus aisés.
00:17:44Il y a un autre enjeu qui est celui des taux d'intérêt,
00:17:46qui augmente.
00:17:48Et là, il y a deux choses à avoir en tête.
00:17:51Ils augmentent parce que,
00:17:53bon, ceux qui prêtent à la France se disent
00:17:54peut-être qu'en fait le pays ne va pas pouvoir rembourser
00:17:57parce qu'il y a des déficits
00:17:58et qu'en fait, il y a un budget qui n'est pas carré.
00:18:01Et ça, on peut le régler en taxant les plus riches.
00:18:05Et deuxièmement, les taux augmentent
00:18:07parce qu'il y a des tensions inflationnistes.
00:18:09Et ces tensions inflationnistes,
00:18:11il faut quand même en parler,
00:18:12c'est essentiellement, en tout cas largement,
00:18:14des tensions inflationnistes sur l'énergie.
00:18:17Et ces tensions inflationnistes,
00:18:18elles sont exacerbées
00:18:19parce qu'il y a des multinationales
00:18:22qui captent des super profits sur l'énergie.
00:18:26Donc, ces super profits sur l'énergie
00:18:29contribuent à la situation actuelle
00:18:32sur la dette française.
00:18:34Donc, les deux solutions,
00:18:35pour résumer, pour simplifier,
00:18:37c'est, un, taxer les plus riches
00:18:39pour réduire nos problèmes de déficit
00:18:41et, deux, sortir du pétrole le plus vite possible.
00:18:50Maintenant, cela étant dit,
00:18:53historiquement, la situation sur la dette française
00:18:55est quand même sérieuse.
00:18:57C'est la quatrième fois dans l'histoire
00:19:00qu'on atteint ces niveaux de dette publique.
00:19:02Donc, je dis qu'il n'y a pas d'urgence absolue,
00:19:05mais il y a quand même un niveau sérieux.
00:19:07Et les dernières fois,
00:19:08quand on a atteint des niveaux élevés,
00:19:10plus de 100% de ratio de dette sur PIB,
00:19:13c'est la révolution française,
00:19:16c'est, suite aux deux guerres mondiales,
00:19:18et là, c'est la quatrième fois.
00:19:20Pendant la révolution,
00:19:21on avait annulé, enfin, le directoire,
00:19:23je crois que c'était, avait dit,
00:19:24on ne rembourse pas les deux tiers.
00:19:25C'est la faillite des deux tiers.
00:19:26On pourrait faire la même chose aujourd'hui.
00:19:27On a aussi, et on a aussi,
00:19:29mis les riches à contribution
00:19:31pour résorber cette dette.
00:19:33Donc, la discussion sur l'annulation,
00:19:37sur faire payer les plus aisés,
00:19:40sur utiliser l'inflation pour résorber cette dette,
00:19:43elle est tout à fait légitime,
00:19:44compte tenu de cette spécificité historique
00:19:46dans laquelle on est.
00:19:48Peut-être juste là deux cas
00:19:50qui montrent assez bien
00:19:52ce qu'on peut faire et ce qu'il ne faut pas faire.
00:19:54Les Anglais, au XIXe siècle,
00:19:56ont aussi une dette qui est très élevée,
00:19:58de l'ordre de 250% de leur PIB.
00:20:02Et en fait, à l'époque, ils disent,
00:20:03bon, en fait, on va tout rembourser.
00:20:05Et ils vont passer des décennies à la rembourser
00:20:08parce qu'à l'époque, la propriété est sacrée.
00:20:10Donc, il ne faut surtout pas toucher aux actifs
00:20:12de ceux qui ont prêté à l'État.
00:20:14Et le pays va, en fait, dépenser 30% de son budget là-dessus
00:20:19et va oublier d'investir dans l'éducation,
00:20:21va oublier d'investir dans d'autres choses
00:20:22et va se faire dépasser à l'époque par les États-Unis.
00:20:24C'était le pays leader à l'époque
00:20:26puis il se fait dépasser par les États-Unis.
00:20:27Donc, c'est vraiment ce qu'il ne faut pas faire.
00:20:29Et les autres cas, c'est le Japon, par exemple,
00:20:31à la sortie de la Première Guerre mondiale,
00:20:33mais c'est aussi la France
00:20:35où, en fait, on va mettre en place
00:20:36des impôts exceptionnels sur le capital
00:20:39pour résorber la dette.
00:20:41Et donc, nous, ce qu'on propose,
00:20:43notamment avec Thomas Piketty et d'autres,
00:20:45c'est un référendum sur un impôt exceptionnel
00:20:48sur le capital, sur l'enrichissement depuis 10 ans.
00:20:53Et là, il y a un exemple,
00:20:55il y a un précédent historique,
00:20:56c'est en France, 45, l'impôt de solidarité nationale
00:21:00où on va taxer à 20%
00:21:03tous les patrimoines des plus aisés.
00:21:06Vous ne pouvez pas payer,
00:21:07ce n'est pas grave, vous payez en titre.
00:21:09Donc, tous ces débats sur,
00:21:10mais non, en fait, les riches,
00:21:10ils n'ont pas les revenus pour payer.
00:21:13En fait, il y a plein d'exemples historiquement
00:21:15où vous payez en titre.
00:21:16Vous donnez des actions à l'État
00:21:17qui va devenir propriétaire de ces actions
00:21:19et ensuite qui va capter des dividendes,
00:21:20des entreprises qui ont ainsi été placées
00:21:23dans une sorte de fonds souverain.
00:21:24Il y a plein d'exemples historiques comme ça.
00:21:33Donc, la solution,
00:21:34faire payer les plus aisés,
00:21:36une proposition de référendum
00:21:38sur un impôt exceptionnel sur le patrimoine.
00:21:41Et ça, c'est vraiment une mesure
00:21:42qui permet de réduire ces tensions,
00:21:45ces tensions aujourd'hui sur le déficit,
00:21:47sur les taux d'intérêt
00:21:48et surtout qui va nous permettre
00:21:50de régler l'autre problème,
00:21:51d'investir notamment dans la transition
00:21:53pour sortir du pétrole.
00:21:54Et j'ai dit que ce problème était aussi lié
00:21:56à cette question du déficit.
00:21:58Donc, en fait, ces problèmes sont liés.
00:22:00D'accord.
00:22:07Lucie Pinson, vous pensez que si l'État s'est endetté,
00:22:10c'est qu'il a perdu le pouvoir de création monétaire.
00:22:12Pourquoi est-ce que c'est important pour vous
00:22:14de contrôler cette création monétaire ?
00:22:16Et puis, si vous voulez évidemment réagir
00:22:17à tout ce qui a été dit, évidemment, faites-le.
00:22:19Oui, merci parce que je pense qu'en effet,
00:22:22la dette, c'est une question
00:22:23qui est forcément essentielle
00:22:25à condition, comme tu le sous-entends,
00:22:28de ne pas se limiter au cadrage
00:22:29qui est imposé par ceux qui veulent
00:22:31que rien ne change
00:22:32ou qui veulent brandir l'argument
00:22:33de la rémunération
00:22:35et l'insoutenabilité potentiellement
00:22:38de la charge
00:22:38ou le niveau de la dette
00:22:40pour imposer des politiques d'austérité.
00:22:42Parce que derrière la question de la dette,
00:22:45se trouve, et Eric Cochrel en parlait,
00:22:46deux questions,
00:22:47à quoi sert la dette et qui la détient ?
00:22:49Autrement dit, qui a entre ses mains
00:22:52le pouvoir de création monétaire ?
00:22:54Puisque ce pouvoir-là,
00:22:55ce n'est pas rien.
00:22:56C'est quand même le choix,
00:22:57le pouvoir de décider
00:22:58de ce qui sera financé
00:23:00et donc verra le jour,
00:23:01de ce qui ne sera pas financé
00:23:03et donc ne verra pas le jour.
00:23:05Et donc, en trois points,
00:23:07rappelons quand même que si l'État
00:23:08est obligé de s'endetter
00:23:10pour financer ses dépenses
00:23:11au-delà de ce qu'il peut déjà financer
00:23:14à travers l'impôt,
00:23:15à travers les cotisations,
00:23:16c'est qu'il ne peut plus se financer,
00:23:18ça a été dit auprès de sa banque centrale
00:23:21et que la BCE a interdiction
00:23:24de financer directement les États.
00:23:26Mais c'est aussi que ce pouvoir
00:23:27de création monétaire,
00:23:28il est en grande partie laissé
00:23:31entre les mains des banques privées
00:23:33avec une situation quand même
00:23:34assez cocasse,
00:23:35que des banques privées peuvent faire
00:23:36ce que l'État ne peut plus faire.
00:23:40Ce qui m'amène au deuxième problème
00:23:42qui est qu'il faut s'interroger
00:23:44sur ce que font les banques privées
00:23:46de ce pouvoir de création monétaire.
00:23:49Et en contexte d'urgence écologique,
00:23:52il faut s'intéresser aux investissements
00:23:55dans la bifurcation
00:23:56et surtout que toutes les études,
00:23:58que ce soit les études au niveau national,
00:24:00européen ou international,
00:24:02elles nous disent que 80% quand même
00:24:04des financements devraient venir
00:24:06du secteur privé.
00:24:08Le problème, c'est que le secteur privé,
00:24:09il ne met pas du tout l'argent
00:24:10là où il doit aller.
00:24:12Prenons l'exemple de l'énergie,
00:24:13alors qu'on sait qu'on a urgence
00:24:15à sortir des énergies fossiles.
00:24:17Les 65 plus grandes banques
00:24:19au niveau international
00:24:21ont alloué deux fois plus
00:24:23de financements aux énergies fossiles
00:24:25qu'aux énergies renouvelables
00:24:27entre 2021 et 2024.
00:24:30Et là, ne s'arrête pas le déséquilibre
00:24:31parce que ce n'est pas seulement
00:24:33de l'argent qui échappe aux solutions.
00:24:35C'est aussi que derrière ces milliards
00:24:37qui vont aux énergies fossiles,
00:24:39se trouvent pas seulement des projets
00:24:41qui tournent déjà,
00:24:42qui sont déjà en opération,
00:24:44mais se trouvent des nouveaux projets
00:24:45d'extraction, de terminaux
00:24:47de gaz naturel liquéfié,
00:24:49de centrales à charbon,
00:24:50de centrales à gaz.
00:24:51Et donc, ces financements,
00:24:54c'est bien l'enfermement
00:24:55par les banques privées
00:24:57de notre dépendance aux énergies fossiles
00:24:59qui nous promettra des étés
00:25:01bien plus graves
00:25:03que celui qu'on vient de connaître.
00:25:05Ce qui m'amène au troisième point
00:25:07qui est, qu'est-ce qu'on fait ?
00:25:09Et bien entendu, l'enjeu,
00:25:11ça va être de ne pas faire l'un ou l'autre.
00:25:13Il va falloir agir sur les deux tableaux
00:25:15parce que si on augmente
00:25:15les capacités de financement public
00:25:18pour soutenir nos besoins
00:25:19en matière sociale,
00:25:20en matière environnementale,
00:25:22mais que de l'autre,
00:25:22les banques privées continuent
00:25:24de faire n'importe quoi,
00:25:26de financer l'aggravation
00:25:27du dérèglement climatique,
00:25:28on ne sera pas plus avancés.
00:25:30Il va falloir aussi encadrer
00:25:32le secteur privé.
00:25:34Et on pourra revenir sur le comment,
00:25:36je ne veux pas trop m'étendre dès maintenant.
00:25:39Et inversement,
00:25:40on ne peut pas juste contraindre
00:25:41le secteur privé
00:25:43parce qu'on ne peut pas dépendre de lui
00:25:45pour financer des choses
00:25:47qui n'affichent pas un taux de rentabilité
00:25:51suffisamment intéressant pour le privé
00:25:53ou qui demandent des amortissements
00:25:55assez longs dans le temps.
00:25:57Or, on le sait,
00:25:58la finance aime bien faire beaucoup de pognon,
00:26:00et sur le très court terme.
00:26:01Et donc, pour ça,
00:26:02on va avoir besoin du public.
00:26:03Et on va avoir besoin du public aussi
00:26:05pour financer des choses
00:26:06qui sont essentielles,
00:26:08mais qui ne sont absolument pas rentables.
00:26:10On pourra parler aussi plus tard,
00:26:12vivement dans le débat,
00:26:13de tout ce qui est protection,
00:26:14et notamment de la protection
00:26:16face à l'aggravation
00:26:17du dérèglement climatique.
00:26:20Et donc, là, je m'exprime
00:26:21à titre personnel,
00:26:22parce que Reclame Finance
00:26:23ne travaille pas directement dessus,
00:26:25mais personnellement,
00:26:27je trouve que tous les débats
00:26:28qu'on a sur la réinstruction,
00:26:30d'un circuit du trésor
00:26:31ou le fait de mettre en place
00:26:34une création monétaire
00:26:36qui ne soit pas adossée à de la dette
00:26:38offrent des perspectives politiques
00:26:40extrêmement enthousiasmantes.
00:26:42Par contre, il faut se le dire,
00:26:43ce n'est pas une mince affaire.
00:26:45Et donc, dans le très court terme,
00:26:46on a d'autres choses quand même
00:26:47qu'on peut faire dès maintenant
00:26:48pour donner des marges de manœuvre au public
00:26:50qui se trouvent dans certains programmes,
00:26:52notamment utiliser nos acteurs financiers publics
00:26:55via l'instauration d'un pôle financier public.
00:26:58Alors, pareil, il y a beaucoup de choses à faire,
00:27:00parce qu'on a déjà certains acteurs en France.
00:27:05On a la BPI, on a la Banque Postale,
00:27:07on a la Caisse des dépôts et consignations.
00:27:10Autant se dire, certains,
00:27:11notamment plus on va du côté de la BPI,
00:27:13ne financent absolument pas
00:27:15les priorités sociales et environnementales.
00:27:18Mais même au niveau des trois institutions,
00:27:21il va falloir reprendre pleinement
00:27:22le contrôle de ces institutions
00:27:24et orienter l'intégralité de leur financement
00:27:27vers des solutions.
00:27:29Prenons l'exemple de la Caisse des dépôts
00:27:30et consignations.
00:27:32C'est quand même une belle somme
00:27:33qui est gérée par cette caisse.
00:27:34C'est 323 milliards d'euros.
00:27:37Donc cet argent, il va en partie
00:27:39à des choses qui sont utiles.
00:27:42Et personnellement, et même à Reclem,
00:27:44je pense qu'on soutient la proposition
00:27:46de LFI d'augmenter le taux de collecte
00:27:49de l'épargne réglementée auprès de la CDC
00:27:52de 60% à 80%.
00:27:53Mais qu'on se le dise, ça ne va pas suffire.
00:27:57Parce que si d'un côté,
00:27:59on offre plus de moyens à la CDC
00:28:00pour financer les solutions,
00:28:02mais qu'on ne fait pas gaffe
00:28:04à ce qu'est finance au-delà,
00:28:06on va toujours avoir une CDC
00:28:08qui, comme actuellement,
00:28:09peut toujours donner de l'argent frais
00:28:11aux entreprises qui, comme Total Energy,
00:28:14continuent de développer des nouveaux projets
00:28:16d'énergie fossile.
00:28:18Et donc, il va falloir aussi contraindre
00:28:20les acteurs publics à arrêter
00:28:21de financer directement
00:28:23l'expansion des énergies fossiles.
00:28:25Et sans attendre 2027,
00:28:28vous pouvez dès maintenant
00:28:29signer en ligne une pétition
00:28:31qui sera officiellement lancée
00:28:32le 21 septembre,
00:28:34mais que vous pouvez déjà signer
00:28:35pour exiger de la CDC
00:28:37qu'elle l'arrête de donner
00:28:39de l'argent frais à Total Energy.
00:28:40Vous pouvez signer la pétition au lien
00:28:43J'attends pour ne pas me planter dans le lien
00:28:48Livret A, sans fossiles,
00:28:51fossiles avec un S à la fin,
00:28:52tout attaché.
00:28:54Et c'est le bon moment pour agir
00:28:56parce que quelque chose nous dit
00:28:58que la CDC est en train de plancher
00:29:00sur le dossier.
00:29:02Merci, Lucie.
00:29:06On va continuer à parler argent.
00:29:08Pour financer son programme,
00:29:09la gauche aura évidemment besoin d'argent.
00:29:11Et l'un des outils les plus efficaces
00:29:12pour le récolter, c'est l'impôt,
00:29:14même si c'est devenu une insulte
00:29:16pour toute une partie de la classe politique.
00:29:18Eric Coquerel, vous êtes au pouvoir.
00:29:21Vous taxez qui et quoi en priorité ?
00:29:25Avant de vous reprendre dans le détail,
00:29:26je voudrais dire que je suis d'accord
00:29:27avec quasiment tout ce qui a été dit,
00:29:29mais notamment ce qui a dit Denis.
00:29:30C'est-à-dire qu'il faut bien considérer
00:29:32que toutes les mesures qu'on va prendre,
00:29:33c'est une confrontation forte avec le capital.
00:29:37Il ne faut pas penser
00:29:38qu'on va pouvoir passer comme ça, etc.
00:29:40Il y a une confrontation avec le capital
00:29:41et pas n'importe quel capital,
00:29:43puisque c'est le capital qui domine
00:29:45depuis une quarantaine d'années,
00:29:46qui est le capital financiarisé,
00:29:48pour qui la question, j'allais dire,
00:29:50presque patrimoniale de l'entreprise
00:29:52n'a plus d'importance.
00:29:53Et le tout, c'est d'avoir des bénéfices
00:29:55le plus haut possible,
00:29:56dans le plus court terme possible,
00:29:58évidemment, qui est contradictoire
00:29:59avec l'intérêt général.
00:30:00Et c'est ce capital-là qu'il faut attaquer.
00:30:02Alors, les mesures à prendre,
00:30:04j'allais dire, pour essayer d'abord
00:30:05d'avoir effectivement des recettes
00:30:08qui permettront au moins,
00:30:10si ce n'est d'investir,
00:30:11parce que pourquoi je parlais
00:30:13de la nécessité de continuer
00:30:16à souscrire à la dette
00:30:17ou bien effectivement à des systèmes
00:30:19de financement public dont tu parlais,
00:30:22c'est que le mur nécessaire d'investissement,
00:30:24il est colossal en matière écologique.
00:30:28Il y a eu un rapport Pizani-Ferry-Mafouze
00:30:30il y a deux ans,
00:30:31et à mon avis, ça a augmenté maintenant,
00:30:32parce qu'au fur et à mesure
00:30:33qu'on ne met pas d'argent, ça augmente,
00:30:35qui estimait que d'ici 2030,
00:30:37il fallait 37 milliards d'investissements
00:30:39publics de plus,
00:30:41ne serait-ce que pour respecter
00:30:42les accords de Paris.
00:30:43C'est juste pour donner la dimension.
00:30:45Donc, il va bien falloir
00:30:46qu'au-delà même d'aller chercher des recettes,
00:30:49on est effectivement des systèmes
00:30:51qui nous permettent de financer
00:30:52ces investissements.
00:30:53Mais dans un premier temps,
00:30:54effectivement,
00:30:55il s'agit de revenir sur tout
00:30:57ce qu'a fait Macron depuis 2017.
00:30:59Qu'est-ce qu'a fait Macron
00:31:01et qu'est-ce qui le caractérise
00:31:02dans l'histoire de la Ve République,
00:31:04même si je pense que Sarkozy
00:31:05voulait le faire aussi,
00:31:06qu'il n'a pas eu le temps
00:31:07à cause des subprimes ?
00:31:08C'est qu'il nous a créé
00:31:09une noblesse d'argent.
00:31:11Ça veut dire quoi ?
00:31:12Ça veut dire qu'aujourd'hui,
00:31:13grâce à des cadeaux fiscaux
00:31:15qui passent par la suppression de l'ISF,
00:31:17qui passent par la flat tax,
00:31:18qui est le bouclier social du capital,
00:31:20qui passent par des niches
00:31:21comme Dutreil, etc.,
00:31:23vous avez quelques dizaines
00:31:24de milliers de personnes
00:31:25dans ce pays,
00:31:27ultra-riches,
00:31:28qui payent moitié moins
00:31:29d'impôts proportionnellement
00:31:31à leur patrimoine et revenus
00:31:32que la moyenne des Français.
00:31:33C'est ça, la réalité.
00:31:35Et ça, maintenant,
00:31:36plus personne ne conteste.
00:31:38Et ça, c'est Macron qui nous le doit.
00:31:39Alors, non seulement,
00:31:40ils gagnent au grattage et au tirage,
00:31:42et ça me permet de donner des solutions,
00:31:45parce qu'ils le font sur leur impôt
00:31:47sur le revenu patrimoine,
00:31:48notamment en déplaçant
00:31:50beaucoup de leur revenu patrimoine
00:31:53sur des actifs financiers,
00:31:54donc des biens fossiles,
00:31:55qui ne sont pas imposés
00:31:58de la manière dont est imposée,
00:31:59par exemple,
00:32:00l'impôt sur le revenu
00:32:00et les plus grandes fortunes,
00:32:01mais ils le font
00:32:02au niveau des successions.
00:32:04Est-ce que vous savez,
00:32:05par exemple,
00:32:05que quand vous avez gagné 1 million,
00:32:08vous avez une succession
00:32:09d'un million huit dans ce pays,
00:32:10vous êtes taxés à 45%.
00:32:13Eh bien, les 0,1% les plus riches,
00:32:17grâce à des contournements et autres,
00:32:19ne sont taxés qu'à 10%.
00:32:21On a donc le même système
00:32:22dans les deux cas,
00:32:23et ça, c'est des sommes colossales
00:32:25qui sont en jeu.
00:32:26Donc, j'allais dire,
00:32:27ne serait-ce qu'en revenant
00:32:28sur les cadeaux,
00:32:29les niches fiscales,
00:32:30les prêts aux entreprises
00:32:32sans contrepartie,
00:32:33qu'a organisé de manière,
00:32:35je veux dire, cataclysmique,
00:32:37macron,
00:32:38qui fait qu'on draine
00:32:40une part de la richesse nationale
00:32:42produite de plus en plus
00:32:43vers ce capital.
00:32:45Le pari, c'était que ce capital investisse,
00:32:47crée de l'emploi,
00:32:48crée de la croissance.
00:32:49Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé.
00:32:50Il a créé des dividendes.
00:32:52Eh bien, ne serait-ce que revenir là-dessus,
00:32:54c'est des dizaines de milliards d'euros
00:32:55qui reviennent à l'Etat.
00:32:57Des dizaines de milliards.
00:32:58Et nous, dans le programme
00:32:59qu'on est en train de faire,
00:33:00je peux vous dire que,
00:33:01sans même être ultra radical,
00:33:03dans une 1re année,
00:33:05en essayant d'avoir
00:33:05un rapport de force avec le capital
00:33:07qui puisse déboucher,
00:33:09on pense comme ça
00:33:10qu'on peut récupérer 100 milliards,
00:33:11sans trop de difficultés,
00:33:12en termes de recettes.
00:33:14C'est juste pour vous dire
00:33:15la masse des sommes
00:33:16qui, effectivement, sont parties
00:33:18et qui ont, je le disais tout à l'heure,
00:33:19alimenté en partie
00:33:20le déficit français.
00:33:22Donc voilà comment on compte faire.
00:33:23Je le répète,
00:33:24ça, ça permettra,
00:33:26j'allais dire,
00:33:27de remettre de l'argent
00:33:28dans les hôpitaux.
00:33:28Ça permettra de remettre de l'argent
00:33:31dans tous les besoins sociaux
00:33:33qui ont été attaqués par Macron,
00:33:35mais ça ne permettra pas
00:33:36de régler la question
00:33:37de l'investissement colossal nécessaire.
00:33:39Et donc là,
00:33:40il y a aussi un 2e été,
00:33:41j'arrête là,
00:33:41parce que je vais être trop long,
00:33:42c'est que la politique qu'on veut faire,
00:33:44c'est l'inverse de la politique de l'offre,
00:33:45c'est une politique,
00:33:45vous avez compris,
00:33:46de relance.
00:33:48On transfère
00:33:49les revenus du capital
00:33:50vers les revenus du travail
00:33:51par l'augmentation des salaires,
00:33:52l'augmentation des retraites,
00:33:53etc.
00:33:53Et donc là,
00:33:54il y a aussi un effet keynésien
00:33:56sur l'économie
00:33:57encadrée par une planification écologique
00:33:59dont on espère aussi,
00:34:00évidemment,
00:34:00que ça fera des rentrées fiscales,
00:34:02des rentrées de cotisations.
00:34:03En tout cas,
00:34:04on ne peut pas faire pire
00:34:04que ceux qui nous gouvernent aujourd'hui,
00:34:06qui échouent sous tous les plans.
00:34:14Denis Durand,
00:34:15même question.
00:34:16Qu'est-ce qu'on taxe et comment ?
00:34:18Alors oui,
00:34:19il faut taxer les riches,
00:34:20je suis d'accord.
00:34:22taxer correctement
00:34:23les gens qui ont de l'argent,
00:34:25utiliser la fiscalité
00:34:27pour pénaliser
00:34:28les capitalistes
00:34:29qui suppriment des emplois,
00:34:31qui dérélocalisent, etc.
00:34:32Donc je trouve
00:34:32qu'il y a un consensus là-dessus.
00:34:34Je m'attendais
00:34:35à avoir besoin
00:34:36d'argumenter beaucoup
00:34:37pour démontrer
00:34:38que ça ne suffira pas,
00:34:41mais je vois
00:34:42qu'il y a un consensus.
00:34:43C'est-à-dire que
00:34:43la masse de dépenses
00:34:44est tellement énorme,
00:34:45si on veut vraiment
00:34:46faire une politique de gauche,
00:34:47il y a des énormes dépenses
00:34:48liées à l'enjeu écologique,
00:34:51on retombe
00:34:51sur 4 500 milliards
00:34:53à l'échelle du monde,
00:34:54les 200 milliards
00:34:54du rapport Pisaniféré, etc.
00:34:56Mais nous,
00:34:57on veut aussi
00:34:57la retraite à 60 ans,
00:34:58c'est plus de 100 milliards
00:34:59chaque année,
00:34:59chaque année.
00:35:00On veut embaucher
00:35:01un million de fonctionnaires,
00:35:02etc.
00:35:03Ça fait beaucoup d'argent.
00:35:05Dans nos calculs
00:35:06au Parti communiste,
00:35:07on a évalué
00:35:08pour la première année,
00:35:10il manque environ 100 milliards.
00:35:12Alors ces 100 milliards,
00:35:13on va aller chercher où ?
00:35:14Sur les marchés financiers ?
00:35:16Sûrement pas.
00:35:17De toute façon,
00:35:17si on leur demandait,
00:35:18ils ne nous les donneraient pas.
00:35:18Mais il y a la possibilité
00:35:21de mobiliser la création monétaire.
00:35:22Et notre proposition
00:35:23ressemble assez
00:35:24au schéma décrit
00:35:25par Lucie Pinson.
00:35:27On a un pôle financier,
00:35:29enfin,
00:35:29on a des institutions financières publiques
00:35:30qui ont un pouvoir
00:35:31de création monétaire,
00:35:32qui peut financer
00:35:33un fonds de développement
00:35:35des services publics,
00:35:36géré démocratiquement
00:35:37avec des objectifs
00:35:38de développement
00:35:39des services publics,
00:35:40et qui peut aller chercher
00:35:41l'argent,
00:35:42un refinancement
00:35:43auprès de la Banque centrale européenne
00:35:44puisque ces institutions
00:35:46ont le statut
00:35:46d'établissement financier,
00:35:48elles peuvent donc aller
00:35:49mobiliser la création monétaire.
00:35:51On n'a même pas besoin
00:35:51de changer les traités européens
00:35:52pour le faire.
00:35:53Ça peut se faire tout de suite.
00:35:54C'est même les mesures
00:35:55les plus rapides
00:35:55qu'on puisse obtenir.
00:35:57Ensuite,
00:35:59je suis très contre,
00:36:00parce que c'est très impressionnant,
00:36:03la convergence que nous avons
00:36:04avec Eric aujourd'hui
00:36:05parce qu'on n'a pas toujours
00:36:06les mêmes convergences.
00:36:07C'est pour ça qu'on peut avoir
00:36:08le même candidat, d'ailleurs.
00:36:10Justement.
00:36:16Et justement.
00:36:32Et alors,
00:36:34c'est très intéressant
00:36:36parce que le candidat en question,
00:36:39ces mesures-là,
00:36:41nous les avions mises
00:36:42dans le programme
00:36:42du Front de Gauche
00:36:43en 2012.
00:36:45Et c'était les économistes
00:36:46communistes qui avaient,
00:36:47je me souviens,
00:36:48des discussions
00:36:48avec nos camarades
00:36:50de l'époque
00:36:51qui ne s'appelaient pas encore
00:36:52en soumis, je crois.
00:36:53Et on s'était battus
00:36:55pour arracher ça.
00:36:56Et dès que l'élection
00:36:58de 2012 a eu lieu,
00:36:59Jean-Luc Mélenchon
00:37:00a retiré ses dispositions
00:37:01de son programme.
00:37:01Et c'est la raison pour laquelle
00:37:02on a...
00:37:03C'est une des raisons principales
00:37:04pour laquelle on a d'ailleurs
00:37:05été amenées à le critiquer
00:37:06assez fortement.
00:37:07Et je vois...
00:37:09Et je vois
00:37:09que la bataille
00:37:11que nous avons menée
00:37:12depuis 2012
00:37:13n'est pas sans porter ses fruits
00:37:15puisque aujourd'hui,
00:37:16même dans un programme
00:37:17aussi
00:37:20imparfait
00:37:20que celui de Jean-Luc Mélenchon,
00:37:22on retrouve les propositions
00:37:23du Parti communiste
00:37:24sur ce point essentiel.
00:37:27C'est donc la preuve
00:37:29que la bataille
00:37:30du Parti communiste,
00:37:31la présence
00:37:32d'un candidat communiste
00:37:33en 2022
00:37:34et la présence
00:37:35d'un candidat communiste
00:37:36maintenant,
00:37:36c'est utile,
00:37:37c'est utile à toute la gauche
00:37:38et ça permet
00:37:39de faire évoluer les esprits.
00:37:41Par exemple...
00:37:43Par exemple...
00:37:46Et par exemple...
00:37:51les 600 milliards,
00:37:52640 milliards
00:37:53de dettes publiques
00:37:54que la Banque de France détient.
00:37:58C'est très bien de dire
00:37:59qu'elles doivent être
00:37:59mises au frigo.
00:38:00Elle y est déjà au frigo
00:38:01puisque l'Etat
00:38:02est actionnaire
00:38:04à 100% de la Banque de France.
00:38:06Donc tout l'argent
00:38:07que l'Etat doit
00:38:07à la Banque de France,
00:38:08il se doit à lui-même.
00:38:09C'est comme s'il était annulé.
00:38:11Et tous les intérêts
00:38:12que l'Etat paye
00:38:12à la Banque de France
00:38:13sur ses obligations
00:38:14assimilables du Trésor,
00:38:15la Banque de France
00:38:16elle lui reverse
00:38:16sous forme d'impôts
00:38:17sur la société
00:38:18car la Banque de France
00:38:19paye l'impôt sur la société
00:38:20ou sous forme de dividendes
00:38:22à son actionnaire unique.
00:38:23Donc c'est très bien.
00:38:24Ça, c'est pas difficile à faire
00:38:25et en gros, c'est déjà fait.
00:38:27Par contre, là où on a un problème
00:38:28et là, nous sommes d'accord,
00:38:30c'est tout le reste,
00:38:31toutes les dépenses futures
00:38:33qu'il faut développer.
00:38:34Et pour ça,
00:38:35il faut beaucoup plus
00:38:36que s'en tenir
00:38:40à ce qui a été fait.
00:38:41Il faut que les ressources
00:38:44tirées de la création monétaire
00:38:45des banques et des banques centrales
00:38:46soient mobilisées
00:38:48pour des dépenses
00:38:49qui sont celles
00:38:49qui sont voulues
00:38:49par la population.
00:38:52Et ça concerne
00:38:53les dépenses publiques
00:38:54et peut-être qu'on va y revenir
00:38:56tout à l'heure
00:38:57et ça concerne aussi
00:38:58les dépenses
00:38:58des entreprises
00:38:59et c'est considérable,
00:39:01c'est la clé de tout le reste.
00:39:02Et Lucie Pinceau,
00:39:03on a déjà parlé
00:39:04puisqu'elle signale
00:39:06le scandale
00:39:07du financement
00:39:07par la Caisse des dépôts
00:39:09de multinationales polluantes
00:39:13comme TotalEnergie.
00:39:16Je vous donne la parole à Eric.
00:39:17Juste deux secondes.
00:39:18Juste deux secondes par rapport
00:39:19à ce qu'a dit Denis.
00:39:20Non, ce n'est pas vrai, Denis,
00:39:21et c'est un problème.
00:39:22Elle n'est pas déjà au frigo.
00:39:24Je vous dis quelque chose.
00:39:25La dette détenue
00:39:26par la Banque de France
00:39:28fin décembre,
00:39:29c'était 546 milliards d'euros.
00:39:33Hier, vendredi plus tôt,
00:39:34Moulin,
00:39:34le gouverneur de la Banque de France
00:39:36a expliqué qu'elle n'était plus
00:39:37que de 488 milliards d'euros.
00:39:40Moins 58 milliards
00:39:41en six mois.
00:39:42Alors je ne sais pas
00:39:43où elle s'est volatilisée,
00:39:44mais ils sont en train
00:39:45d'organiser, je le dis,
00:39:47le fait que, effectivement,
00:39:48cette dette publique
00:39:49soit en train d'être décongelée
00:39:51de manière expresse.
00:39:52Alors effectivement,
00:39:53on n'aura plus rien à annuler
00:39:54parce qu'elle aura disparu,
00:39:55elle sera repartie
00:39:56sur les marchés financiers.
00:39:57Donc c'est juste pour dire
00:39:58que non,
00:39:59il y a une action politique
00:40:00volontariste à mener.
00:40:01Pardon.
00:40:01D'accord.
00:40:02Bon, ça, vous serez
00:40:02au moins d'accord là-dessus.
00:40:06On va inviter de faire
00:40:07un débat juste entre vous deux,
00:40:08Lucas,
00:40:09même si c'est intéressant.
00:40:11Lucas Chancel,
00:40:12vous avez un projet, vous,
00:40:13très ambitieux
00:40:14de taxation des milliardaires,
00:40:15mais à l'échelle mondiale.
00:40:16Est-ce que vous pouvez nous dire
00:40:18pourquoi, comment
00:40:19et pourquoi c'est réaliste ?
00:40:23Alors, pourquoi ?
00:40:24Parce que le capital,
00:40:28le système financier
00:40:29est mondialisé
00:40:29et que la taxation
00:40:31dans un seul pays
00:40:32ne peut pas suffire.
00:40:35Ce qui est intéressant de voir,
00:40:36c'est que ce moment particulier
00:40:39de l'histoire économique
00:40:41dans lequel on est,
00:40:42qui est le moment
00:40:43où on a pris conscience
00:40:44qu'il y a un vrai problème
00:40:46au niveau du taux de taxation
00:40:48des plus aisés.
00:40:49ou dit autrement,
00:40:51et pour rebondir
00:40:52sur ce qui a été dit
00:40:53un peu tout à l'heure,
00:40:54je reprends les mots
00:40:55de Warren Buffett,
00:40:57grand personnage
00:40:58de la finance
00:40:58et du capitalisme américain,
00:41:01la lutte des classes existe
00:41:02et c'est ma classe,
00:41:03celle des plus riches,
00:41:04qui mène cette lutte
00:41:05et qui la gagne.
00:41:08Et Warren Buffett,
00:41:09il utilise,
00:41:10et là on est au milieu
00:41:11des années 2000,
00:41:12fin des années 2000,
00:41:13il utilise précisément
00:41:15cet exemple
00:41:16des taux d'impôt
00:41:17extrêmement faibles
00:41:18sur les milliardaires américains.
00:41:21Ce qui est intéressant,
00:41:22c'est qu'on a débattu
00:41:23de ces mesures
00:41:25dans le débat français
00:41:26au cours des derniers mois
00:41:27et on voit
00:41:27qu'il y a une évolution
00:41:30des positions
00:41:30des uns et des autres
00:41:31avec une immense majorité
00:41:33des Français
00:41:33qui soutient
00:41:34l'impôt planché
00:41:35de 2%
00:41:36sur le patrimoine
00:41:37des plus aisés,
00:41:38la taxe Zuckman,
00:41:39mais on voit aussi
00:41:40que ces mesures,
00:41:42elles sont en train
00:41:43de fleurir
00:41:43un peu partout dans le monde.
00:41:44en Californie,
00:41:46dans quelques semaines,
00:41:47les Californiens
00:41:48vont voter
00:41:48sur un impôt exceptionnel
00:41:50de 5%
00:41:51sur les milliardaires américains
00:41:53pour financer
00:41:54le système de santé.
00:41:55Au Brésil,
00:41:56il y a une proposition
00:41:56de loi
00:41:57qui est sur la table
00:41:58pour mettre à contribution
00:41:59les très riches.
00:42:00Le débat monte aussi
00:42:01en Angleterre.
00:42:01Bref,
00:42:02c'est dans plein de pays
00:42:03qu'on voit ce débat arriver
00:42:05et c'est le moment
00:42:05de le faire.
00:42:07Mais on ne peut pas
00:42:08s'arrêter
00:42:09à un seul pays
00:42:10parce qu'on a
00:42:11des besoins
00:42:12d'investissement
00:42:13dont on parlait
00:42:13tout à l'heure
00:42:14en France
00:42:15mais aussi au niveau mondial
00:42:16notamment sur
00:42:17les questions climatiques.
00:42:20Et donc,
00:42:20ce qu'on fait
00:42:20dans le rapport
00:42:22sur la justice mondiale
00:42:23qui est un travail collectif
00:42:24avec plus de 200 chercheurs
00:42:25dans le monde,
00:42:27c'est d'imaginer
00:42:28à quoi peuvent ressembler
00:42:29de nouvelles manières
00:42:31d'organiser
00:42:33la fiscalité,
00:42:34le commerce,
00:42:36la finance internationale
00:42:38dans une optique
00:42:39de développement humain,
00:42:41de progrès social
00:42:43et de respect
00:42:44des limites planétaires.
00:42:46Et donc,
00:42:46ce qu'on dit,
00:42:47c'est qu'une partie
00:42:48de ces nouveaux impôts
00:42:50devront abonder
00:42:51des fonds
00:42:52qui vont permettre
00:42:54collectivement
00:42:55de protéger le climat.
00:42:57Et il n'y a pas besoin
00:42:58d'attendre un accord
00:43:00à 192 pays
00:43:01au sein de l'ONU
00:43:01pour le faire.
00:43:02C'est ça qui est vraiment important.
00:43:03C'est-à-dire qu'on peut commencer,
00:43:05mettons,
00:43:06la France
00:43:07change de gouvernement
00:43:09et de direction économique
00:43:11en 2027.
00:43:12On peut mettre
00:43:13une partie
00:43:13des nouvelles taxes
00:43:15dont on parlait
00:43:16dans un fonds
00:43:17avec des Brésiliens,
00:43:19avec des Britanniques
00:43:20pour financer
00:43:21collectivement
00:43:22des projets
00:43:25dont on a besoin.
00:43:26Alors,
00:43:27juste,
00:43:28bon,
00:43:28il faut quand même
00:43:29avoir en tête
00:43:29que là,
00:43:30les transformations
00:43:31dont on parle,
00:43:32elles seront nécessairement
00:43:33extrêmement importantes.
00:43:35Mais au regard
00:43:36de l'histoire,
00:43:37elles ne le sont pas
00:43:37tant que ça.
00:43:38C'est-à-dire qu'au début
00:43:38du XXe siècle,
00:43:39l'écart entre
00:43:41les 0,1%
00:43:42les plus riches
00:43:42et les 10%
00:43:45les plus pauvres
00:43:46était de 1 à 100
00:43:47en Europe,
00:43:48en France,
00:43:49en Suède.
00:43:50Cet écart a baissé
00:43:52à 1 à 10
00:43:53dans les années 1980.
00:43:55Donc,
00:43:55c'est une formidable
00:43:56compression des inégalités
00:43:58qui a été possible
00:43:58à travers des luttes sociales,
00:44:00à travers des politiques fiscales,
00:44:02à travers des mouvements politiques.
00:44:03Et se dire
00:44:04qu'avoir atteint
00:44:061 à 10,
00:44:07et ça a un petit peu
00:44:07remonté depuis,
00:44:08mais qu'on aurait atteint
00:44:09la fin de l'histoire
00:44:09en matière de réduction
00:44:11des inégalités,
00:44:11ça n'a aucun sens.
00:44:13Et se dire
00:44:14qu'en fait,
00:44:14on ne peut pas raisonner
00:44:15à un niveau
00:44:16international
00:44:18ou multi-étatique,
00:44:19pareil,
00:44:20on a besoin
00:44:21de raisonner
00:44:21à cette échelle.
00:44:22Puisque,
00:44:23au final,
00:44:23ce dont on parle,
00:44:25c'est vraiment
00:44:27la poursuite
00:44:27de la vie sur Terre.
00:44:30le problème écologique,
00:44:31c'est quoi ?
00:44:32C'est la capacité
00:44:33à l'espèce humaine
00:44:34et à des centaines
00:44:35de milliers
00:44:36d'autres espèces
00:44:37de pouvoir survivre.
00:44:38Il y a plus de 100 000 espèces
00:44:40qui sont en voie
00:44:40de disparition aujourd'hui.
00:44:41Donc,
00:44:42imaginer
00:44:43qu'on peut profondément
00:44:44changer notre rapport
00:44:45à la nature
00:44:47sans radicalement changer
00:44:48notre modèle économique
00:44:49et notamment
00:44:50notre modèle fiscal
00:44:51en France
00:44:52et à l'international,
00:44:53ça non plus,
00:44:54ça n'a aucun sens.
00:44:55Et donc,
00:44:55c'est pour ça
00:44:56qu'on fait
00:44:56ces propositions
00:44:57qui dépassent
00:44:58le cadre du débat français
00:44:59parce qu'on en a
00:45:00absolument besoin.
00:45:08On parle beaucoup d'impôts
00:45:09mais on sait bien
00:45:10que l'impôt seul
00:45:11ne suffira pas.
00:45:12Il faudra d'une façon
00:45:13ou d'une autre
00:45:13reprendre la main
00:45:14sur l'économie.
00:45:15Alors,
00:45:15vous avez tous et toutes
00:45:15commencé à aborder
00:45:16cette question
00:45:17mais on va continuer
00:45:18à le faire.
00:45:20Lucie,
00:45:21vous me disiez
00:45:21pour préparer ce débat
00:45:22que ce n'est pas seulement
00:45:24une question
00:45:24de volume d'argent
00:45:25pour vous,
00:45:25c'est une question
00:45:25de pouvoir sur l'économie.
00:45:26Est-ce que vous pouvez
00:45:27détailler cette idée-là ?
00:45:30Oui,
00:45:30je suis déjà revenue
00:45:31un peu là-dessus
00:45:32sur la première question
00:45:33donc si tu me permets
00:45:34je vais aussi répondre
00:45:35à l'enjeu des impôts
00:45:37parce que je pense
00:45:38que c'est une évidence
00:45:39ici,
00:45:39on est tous d'accord
00:45:40l'argent,
00:45:41il faut aller le chercher
00:45:41quand on a plus
00:45:42on contribue plus
00:45:44et c'est totalement
00:45:46indécent aujourd'hui
00:45:46que des ultra-milliardaires
00:45:48paient proportionnellement
00:45:49moins que certaines personnes
00:45:51qui gagnent moins
00:45:53et la question de l'impôt
00:45:54elle est quand même
00:45:55essentielle
00:45:56parce qu'on va avoir
00:45:57besoin de cet argent
00:45:58et ensuite on pourra
00:45:59parler de création monétaire
00:46:00sans dette ou autre
00:46:01pour financer tout
00:46:02ce qui doit sortir
00:46:04absolument de la sphère
00:46:05marchande
00:46:06qui ne doit pas répondre
00:46:07à des objectifs
00:46:08de rentabilité
00:46:09tous les besoins
00:46:10tous les services
00:46:11dont l'accès
00:46:12doit être le même
00:46:14pour tous
00:46:15quelles que soient
00:46:15les conditions
00:46:16de revenus
00:46:17et pour ça
00:46:18on va avoir besoin
00:46:19d'impôts
00:46:21cependant
00:46:21et notamment
00:46:22pour rebondir
00:46:22sur ce que disait Lucas
00:46:23où tu mentionnes
00:46:24le besoin d'avoir des impôts
00:46:25pour financer
00:46:26notamment la lutte
00:46:27contre le dérèglement climatique
00:46:28je ne sais pas exactement
00:46:29ce que tu as en tête
00:46:30mais c'est vrai
00:46:31qu'en France
00:46:32on a beaucoup entendu
00:46:32parler aussi
00:46:33de l'ISF climatique
00:46:35et personnellement
00:46:35j'ai l'impression
00:46:36que des fois
00:46:37c'est une réponse
00:46:38un peu de flemmard
00:46:39de notre part
00:46:39collectivement
00:46:40de se dire
00:46:41on a un problème
00:46:41on va faire un impôt
00:46:43parce que
00:46:45j'ai l'impression
00:46:45que parfois
00:46:46l'impôt
00:46:46c'est
00:46:47ou la taxe
00:46:48c'est une manière
00:46:49de corriger le système
00:46:50après coup
00:46:51mais pas réellement
00:46:52de le changer
00:46:53le milliardaire paie
00:46:58le pollueur paie
00:47:00et donc finalement
00:47:01le problème est réglé
00:47:03et moi j'ai quand même
00:47:04envie de me dire
00:47:05que
00:47:05je n'ai pas forcément
00:47:07juste envie d'attendre
00:47:08que les ultra-milliardaires
00:47:09payent leur dû
00:47:09parce que je me dis aussi
00:47:11qu'un système
00:47:12ou une économie
00:47:13dans laquelle
00:47:14il y a un nombre
00:47:15croissant
00:47:16d'ultra-milliardaires
00:47:17alors qu'on a aussi
00:47:18un nombre croissant
00:47:19de pauvres
00:47:20est quand même
00:47:20le signal
00:47:21d'une économie
00:47:22qui va profondément
00:47:23mal
00:47:24et que si
00:47:25l'économie va mal
00:47:26et que le problème
00:47:27il est à la source
00:47:28peut-être qu'il faut-il
00:47:29le régler à la source
00:47:30et non pas
00:47:31après coup
00:47:32pour éviter
00:47:33peut-être autrement dit
00:47:34non pas de taxer
00:47:36les ultra-milliardaires
00:47:36mais peut-être
00:47:37éviter aussi
00:47:38qu'on ait un nombre
00:47:39croissant
00:47:40d'ultra-milliardaires
00:47:41et que peut-être
00:47:42du coup
00:47:49et donc
00:47:50bien entendu
00:47:51il va falloir taxer
00:47:51mais peut-être
00:47:52qu'il faut aussi
00:47:52régler les choses
00:47:54directement au niveau
00:47:54de l'entreprise
00:47:55je crois que c'est
00:47:55Anne-Laure que tu disais
00:47:56qu'on a un transfert
00:47:57des ménages
00:47:58vers les entreprises
00:47:59et bien peut-être
00:48:00faut-il mieux encadrer
00:48:01le versement des dividendes
00:48:03interdire le versement
00:48:04de dividendes
00:48:04pour les entreprises
00:48:05qui n'ont pas de plan
00:48:05de transformation écologique
00:48:08interdire
00:48:08ou en tout cas
00:48:09plafonner
00:48:10les dividendes
00:48:11pour forcer
00:48:13les entreprises
00:48:13à d'abord
00:48:14réinjecter l'argent
00:48:15dans l'appareil productif
00:48:16et puis fondamentalement
00:48:18mieux partager
00:48:18la valeur
00:48:19entre le capital
00:48:20et le travail
00:48:22et peut-être
00:48:23dernier point
00:48:24mais t'inquiète pas
00:48:25tu pourras sauter
00:48:26la dernière question
00:48:30mon point ensuite
00:48:32donc sur l'ISF climatique
00:48:33c'est un peu
00:48:34la même logique
00:48:34c'est que
00:48:35bien entendu
00:48:36il faut un ISF
00:48:37mais je ne vois pas
00:48:38pourquoi on s'embarrasse
00:48:39d'un détour
00:48:40par le climat
00:48:41alors que tous les rapports
00:48:42y compris
00:48:43d'institutions
00:48:44qui n'ont rien
00:48:45qui ne se compromettent pas
00:48:47avec la gauche radicale
00:48:48comme l'OCDE
00:48:49donc l'OCDE
00:48:51indique aussi
00:48:52qu'une concentration
00:48:53de richesse
00:48:54et un écart
00:48:55de richesse
00:48:57et bien
00:48:57ou l'augmentation
00:48:58de la pauvreté
00:48:59c'est pas bon
00:49:00pour la démocratie
00:49:01pour la cohésion sociale
00:49:02et même pour l'économie
00:49:03donc en fait
00:49:04on peut juste
00:49:04aller prendre l'argent
00:49:05sans s'embarrasser
00:49:06d'un détour
00:49:07pour le climat
00:49:07sachant que
00:49:08ensuite
00:49:08de la redirection
00:49:09des flux financiers
00:49:10il faut la traiter
00:49:11mais il faut la traiter
00:49:12pour tout le monde
00:49:12et pas uniquement
00:49:13au niveau
00:49:14des ultra
00:49:16milliardaires
00:49:16et j'avoue
00:49:17qu'enfin
00:49:17c'est mon dernier point
00:49:18je te promets
00:49:19aujourd'hui
00:49:20on a aussi tendance
00:49:21même nous
00:49:22à Riclem
00:49:22on travaille sur un sujet
00:49:23qui est
00:49:24comment on paie
00:49:24les dégâts
00:49:25face à l'explosion
00:49:27des événements climatiques
00:49:29extrêmes
00:49:29la facture
00:49:30est de plus en plus chère
00:49:31on paie de plus de 100 milliards
00:49:33de dommages assurés
00:49:34tous les ans
00:49:35liés aux ouragans
00:49:37aux fortes chaleurs
00:49:38etc
00:49:39et donc comment
00:49:40comment on paie ?
00:49:41forcément dans ce contexte là
00:49:42nous notre premier réflexe
00:49:43et on n'a pas encore de solution
00:49:44donc
00:49:46voilà
00:49:46c'est notamment ensuite
00:49:47mes positions personnelles
00:49:49mais on y réfléchit
00:49:50à Riclem
00:49:50et on se dit
00:49:51on va taxer
00:49:52les grands assureurs
00:49:53parce que
00:49:54alors que la facture explose
00:49:55les grands assureurs
00:49:56comme AXA
00:49:57font de plus en plus
00:49:58de profits
00:49:59reversent des dividendes
00:50:00croissants
00:50:00tous les ans
00:50:01depuis 2008
00:50:02pour le cas d'AXA
00:50:02à ses actionnaires
00:50:03avec une petite exception
00:50:04en 2020
00:50:06l'année du Covid
00:50:07comment ils arrivent
00:50:08à faire ce miracle ?
00:50:09et bien tout simplement
00:50:10en faisant payer les autres
00:50:11ils sortent
00:50:12de certains risques climatiques
00:50:14ils augmentent
00:50:15leurs tarifs
00:50:16les franchises
00:50:17et réduisent
00:50:18dans le même temps
00:50:18les niveaux de garantie
00:50:20et donc on est en pleine
00:50:21socialisation
00:50:22des gains
00:50:22et privatisation
00:50:23des coûts
00:50:24donc forcément
00:50:25on se dit
00:50:25ils ont de l'argent
00:50:26on va aller le prendre
00:50:27sauf que
00:50:27plus fondamentalement
00:50:28est-ce que c'est là
00:50:29la solution
00:50:30face à un enjeu
00:50:32de protection
00:50:32face au dérèglement
00:50:34climatique
00:50:34on parle de protection
00:50:36face à un besoin
00:50:37et un risque
00:50:38fondamental
00:50:39essentiel
00:50:40et donc faudrait-il pas
00:50:41aller un peu plus loin
00:50:42et prendre acte
00:50:43de la situation
00:50:44dans laquelle on est
00:50:45de l'aggravation
00:50:47du dérèglement climatique
00:50:48et de poser la question
00:50:48de la socialisation
00:50:49du secteur de l'assurance
00:50:54socialisation
00:50:55il s'agit pas
00:50:56de tout socialiser
00:50:57vous pouvez toujours
00:50:58avoir
00:50:59privatisation
00:51:00du secteur de l'assurance
00:51:01pour le départ en vacances
00:51:02pour le dernier iPhone
00:51:04etc
00:51:04par contre
00:51:05sur tous les besoins
00:51:06fondamentaux
00:51:07il y a un danger
00:51:08qui est que
00:51:09notre régime
00:51:094NAT
00:51:10est aujourd'hui
00:51:11en péril
00:51:12et que certaines solutions
00:51:13sur la table
00:51:13présentées par certains
00:51:15consistent à ce que
00:51:16chacun s'auto-assure
00:51:18en fonction
00:51:18de ses revenus
00:51:21et donc
00:51:22peut-être qu'il est temps
00:51:23de dire que non
00:51:24on ne veut pas
00:51:24du chacun pour soi
00:51:26et qu'il faut pousser
00:51:27plus loin la logique
00:51:28de mutualisation
00:51:29du régime 4NAT
00:51:30pour aller vers
00:51:30une véritable socialisation
00:51:34à nord
00:51:34à nord
00:51:36vous voulez réagir
00:51:38allez-y
00:51:41oui
00:51:41en fait
00:51:42ce que dit Lucie
00:51:43et ce qu'on se dit tous
00:51:46dans la table ronde
00:51:47on ne le dit pas
00:51:47de la même façon
00:51:48mais je crois qu'en fait
00:51:49on a le même récit
00:51:50ce qui va se jouer là
00:51:51en 27
00:51:52et ce qui se joue
00:51:53pour les prochaines années
00:51:54c'est un combat
00:51:55entre le privé
00:51:55et le public
00:51:56c'est au-delà
00:51:58de la finance
00:51:59et la finance
00:52:00c'est notre ennemi
00:52:01etc
00:52:01c'est vraiment
00:52:02quelle part
00:52:03on collectivise
00:52:04on socialise
00:52:05et quelle part
00:52:05on laisse au privé
00:52:06et en fait
00:52:07on a beaucoup parlé
00:52:08de justice fiscale
00:52:09là
00:52:10mais il faut aussi
00:52:11avoir en tête
00:52:12que en fait
00:52:13l'action publique
00:52:13elle doit être juste
00:52:14et efficace
00:52:15d'accord
00:52:16et en réalité
00:52:17dans plein de domaines
00:52:19c'est plus efficace
00:52:21c'est moins cher
00:52:22de mettre en commun
00:52:24c'est pour ça que je vous parlais
00:52:25d'une grosse colocation
00:52:27tout à l'heure
00:52:27parce que je pense
00:52:28que pour certains
00:52:29et certaines d'entre vous
00:52:30vous avez peut-être
00:52:31déjà été en coloc
00:52:31et vous vous rendez compte
00:52:32que ça coûte moins cher
00:52:33de mettre des courses
00:52:34en commun
00:52:35etc
00:52:36en fait
00:52:37ce qu'on est en train
00:52:38de dire là
00:52:39c'est que
00:52:43la privatisation
00:52:45là tu as parlé
00:52:46d'assurance
00:52:46mais en fait
00:52:47on voit une entreprise
00:52:48de prédation
00:52:50inédite
00:52:50sur notre modèle social
00:52:51aujourd'hui
00:52:52deux exemples
00:52:54la santé
00:52:55et l'éducation supérieure
00:52:56aujourd'hui
00:52:57l'éducation supérieure
00:52:5925%
00:53:00des places
00:53:02parcours sup
00:53:03sont du privé
00:53:04d'accord
00:53:05en fait ça
00:53:06c'est ni juste
00:53:07ni efficace
00:53:08c'est pas juste
00:53:09parce que le privé
00:53:10coupe l'accès
00:53:11et sélectionne
00:53:13les meilleurs
00:53:14mais c'est pas efficace
00:53:15parce qu'en fait
00:53:16on a besoin
00:53:17d'investir
00:53:18dans l'éducation
00:53:19pour avoir
00:53:20des perspectives
00:53:20d'avenir
00:53:21des ingénieurs
00:53:21des gens
00:53:22qui vont
00:53:23trouver
00:53:23les solutions
00:53:25de la crise
00:53:26environnementale
00:53:27j'essaye juste
00:53:29de replacer
00:53:30tout ce qu'on s'est
00:53:31raconté là
00:53:32en se disant
00:53:32je sais pas si vous avez
00:53:34vu mais moi
00:53:35ce que je sens
00:53:35c'est qu'il y a des gens
00:53:36qui sont plus
00:53:37pour capter l'épargne
00:53:38ici et donc c'est ceux
00:53:39qui nous parlent
00:53:39de finances
00:53:40et il y a des gens
00:53:41peut-être comme Lucas
00:53:42et moi
00:53:42qui sont plus sur
00:53:43le taxer
00:53:44taxer en effet
00:53:45plein de choses
00:53:46même si je pense
00:53:46qu'on est tous d'accord
00:53:47qu'il faut taxer
00:53:48mais comment est-ce qu'on fait
00:53:49il y a des solutions
00:53:50un peu différentes
00:53:51qui circulent à gauche
00:53:52et c'est très bien
00:53:53mais dans l'ensemble
00:53:54la question
00:53:56et vraiment
00:53:56l'ennemi là
00:53:58c'est la prédation
00:53:59sur notre modèle social
00:54:00si on a autant
00:54:01souffert cet été
00:54:02c'est qu'on n'a pas
00:54:04financé
00:54:04la protection
00:54:06contre le réchauffement
00:54:07climatique
00:54:08et donc
00:54:08qu'est-ce qui s'est passé
00:54:09ceux qui ont pu
00:54:10ont acheté
00:54:11des climatiseurs
00:54:12et en fait
00:54:13ça c'est symbolique
00:54:15de tout ce qui va se passer
00:54:16dans les prochaines années
00:54:17soit vous avez l'argent
00:54:18vous pouvez vous protéger
00:54:19soit vous ne l'avez pas
00:54:21et vous subissez
00:54:22et vous subissez
00:54:23les crises climatiques
00:54:29vous subissez
00:54:30le réchauffement climatique
00:54:32mais vous subissez aussi
00:54:33les crises géopolitiques
00:54:34vous subissez
00:54:35tous les risques
00:54:36qui sont en train de monter
00:54:37et qui sont créés
00:54:38par ces gens là
00:54:39en plus ces prédateurs
00:54:40voilà
00:54:41et du coup
00:54:43la question
00:54:44je pense que
00:54:44moi j'encourage
00:54:45à lire ce rapport
00:54:46sur les inégalités
00:54:48dont Lucas a parlé
00:54:48qui est extraordinaire
00:54:49parce qu'en fait
00:54:50il montre un horizon
00:54:51il montre un horizon
00:54:53où on peut avoir
00:54:55un modèle économique
00:54:56où en fait
00:54:57l'éducation
00:54:58et la santé
00:54:58vont prendre
00:54:59beaucoup plus de place
00:55:00on va se soigner mieux
00:55:02on va s'éduquer mieux
00:55:03et c'est ça
00:55:04notre but dans la vie
00:55:05en fait
00:55:05c'est pas d'avoir
00:55:07mieux un nouvel iPhone
00:55:08ou quoi
00:55:09et là vous avez
00:55:10des solutions
00:55:10vraiment très opérationnelles
00:55:14alors il nous reste
00:55:20il nous reste
00:55:21à peu près 5 minutes
00:55:21pour terminer
00:55:22donc je vais vous demander
00:55:23des réponses plus courtes
00:55:25Lucas je crois
00:55:25que vous voulez réagir
00:55:26sur l'énergie je crois
00:55:27ou sur un autre sujet
00:55:28Oui un mot pour Lucie
00:55:31je pense qu'on n'est pas assez
00:55:33en fait
00:55:33pour créer des désaccords
00:55:35là où il n'y en a pas
00:55:36la taxation
00:55:38des plus aisés
00:55:39est absolument nécessaire
00:55:40elle est absolument insuffisante
00:55:42pour régler les problèmes
00:55:44auxquels on est confronté
00:55:46l'une des autres manières
00:55:49de répondre
00:55:49et de transformer en profondeur
00:55:52ce système économique
00:55:53c'est la socialisation
00:55:55tu parlais de l'assurance
00:55:56et moi je voudrais parler
00:55:57de l'énergie quand même
00:55:59parce que
00:56:01parce que l'histoire de l'énergie
00:56:04c'est une histoire
00:56:04de socialisation
00:56:05de reprise
00:56:07en main
00:56:08par la puissance publique
00:56:10par des communes
00:56:11par des coopératives
00:56:12des acteurs énergétiques
00:56:14et ça ça s'est passé
00:56:15partout dans le monde
00:56:17notamment en France
00:56:18il y a 80 ans
00:56:20en 1946
00:56:21un grand syndicaliste
00:56:23ministre communiste
00:56:24Marcel Paul
00:56:25qui nationalise EDF-GDF
00:56:32et à l'époque
00:56:33à l'époque
00:56:34il faut dire que
00:56:34le ministère des finances
00:56:36lui dit
00:56:36mais n'y pensez même pas
00:56:38mais pourquoi est-ce que
00:56:39vous allez vous mettre
00:56:40dans ce
00:56:40dans ce traquenard
00:56:41les indicateurs sont en rouge
00:56:43la dette publique est très élevée
00:56:45le déficit est élevé
00:56:46etc etc
00:56:48pourquoi est-ce qu'il y a
00:56:49une majorité politique
00:56:50pour le faire à l'époque
00:56:51parce que
00:56:51pour répondre aux problèmes
00:56:53concrets
00:56:53de la reconstruction
00:56:55de la souveraineté économique
00:56:57du pays
00:56:58on a besoin
00:56:59de nationaliser
00:57:00et c'est un immense succès
00:57:03cette nationalisation
00:57:03qui démontre que
00:57:05le secteur public
00:57:06peut tout à fait
00:57:06bien gérer
00:57:07des entreprises
00:57:08extrêmement complexes
00:57:10très innovantes
00:57:11et qui répondent
00:57:13à des besoins essentiels
00:57:14donc aujourd'hui
00:57:15la question
00:57:15de la reprise en main
00:57:17de la démocratisation
00:57:18de la socialisation
00:57:19du secteur énergétique
00:57:21à commencer
00:57:22par le pétrole
00:57:23et le gaz
00:57:24elle est absolument clé
00:57:26elle est essentielle
00:57:27et je ne vois pas
00:57:28comment
00:57:30on peut contraindre
00:57:32des acteurs
00:57:33comme Total
00:57:34comme BP
00:57:35comme d'autres multinationales
00:57:37de l'énergie
00:57:37sans passer
00:57:38par ce type de solutions
00:57:39qui ont été utilisées
00:57:41à plusieurs moments
00:57:42de notre histoire économique
00:57:49donc pour conclure
00:57:50la taxation
00:57:51des plus aisés
00:57:52est nécessaire
00:57:53elle est insuffisante
00:57:54et le rapport
00:57:55entre puissance publique
00:57:58et puissance privée
00:57:59c'est aussi ça
00:58:00qu'il faut repenser
00:58:01une proposition concrète
00:58:02secteur de l'énergie
00:58:03qui doit être démocratisé
00:58:05et socialisé
00:58:06d'accord
00:58:07Eric
00:58:08Denis
00:58:09je vais vous demander
00:58:10de faire très vite
00:58:11je suis désolé
00:58:11parce que là
00:58:12on est vraiment
00:58:12très vite
00:58:13je ne pense pas
00:58:13qu'il y ait des accords
00:58:14entre nous
00:58:15sur toutes les modalités
00:58:16à mettre en place
00:58:17taxation
00:58:18le fait de partage
00:58:20de la valeur ajoutée
00:58:21en faveur du travail
00:58:22le fait de mettre en place
00:58:24des mécanismes
00:58:24qui drainent
00:58:25une part des richesses
00:58:26que nous produisons
00:58:27vers des investissements publics
00:58:28le fait de socialiser
00:58:30tout ce qui a été privatisé
00:58:32depuis 30 ans
00:58:32parce que je rappelle
00:58:33quand même
00:58:33que ce à quoi
00:58:34on a affaire
00:58:35c'est que
00:58:36tu parlais
00:58:36de cette période
00:58:38de l'histoire
00:58:38où les inégalités
00:58:39avaient été réduites
00:58:40elles ont été réduites
00:58:41ces inégalités
00:58:42notamment parce qu'en 46
00:58:44dans le camp des défaits
00:58:45il y avait la bourgeoisie
00:58:46il faut le dire aussi
00:58:47le programme du conseil
00:58:48national de la résistance
00:58:49la sécurité sociale
00:58:51qui a été appuyée ensuite
00:58:52au cours de la 5ème république
00:58:53par d'autres choses
00:58:54la socialisation
00:58:55d'une partie du système bancaire
00:58:57tout ça
00:58:57c'est parce que
00:58:58le système
00:58:59qui avait installé
00:59:00ces inégalités
00:59:00a perdu en 46
00:59:02notamment parce que
00:59:03certains avaient collaboré
00:59:04de manière importante
00:59:05et donc
00:59:06ce que je veux dire par là
00:59:07c'est que
00:59:07le travail qu'on a devant nous
00:59:09il est massif
00:59:10parce qu'en réalité
00:59:11il faut revenir
00:59:12sur cette attaque frontale
00:59:13du néolibéralisme
00:59:14sur ce qu'on appelle
00:59:15l'état social en France
00:59:16qui ait fait tout ça
00:59:17voilà c'est un travail
00:59:18majeur
00:59:19là où on est aidé
00:59:20je conclue là dessus
00:59:21c'est que
00:59:22il y a ce que tu dis
00:59:22c'est à dire que
00:59:23ce problème là
00:59:24il est aujourd'hui
00:59:26existant
00:59:27dans beaucoup de pays
00:59:28au niveau du monde
00:59:28tout simplement
00:59:29parce que leur système
00:59:29est en train de se casser la gueule
00:59:31c'est à dire qu'il nous mène
00:59:32dans une impasse
00:59:33le seul problème
00:59:34c'est comme
00:59:35est-ce que cette impasse
00:59:37ça se termine
00:59:38de la même manière
00:59:39qu'une période
00:59:40qui ressemble beaucoup
00:59:41à celle que nous vivons
00:59:42c'est à dire avant 14
00:59:44où de la même manière
00:59:45la première mondialisation capitaliste
00:59:47s'est
00:59:47j'allais dire
00:59:49détruite
00:59:49sous le coup
00:59:50de confrontation
00:59:51entre des blocs économiques
00:59:52le fait de s'en remettre
00:59:53à l'économie d'armement
00:59:55comme on est en train de le faire
00:59:56pour relancer les profits
00:59:57ou est-ce qu'on arrive
00:59:58à éviter le pire
00:59:59et pour arriver à éviter le pire
01:00:01j'ai une conclusion
01:00:02il y a vraiment
01:00:03une urgence
01:00:04et on est dans un pays
01:00:05qui peut effectivement
01:00:06appuyer des coopérations internationales
01:00:08de solidarité
01:00:09si on change
01:00:10et pour ça
01:00:11il n'y a qu'une nécessité
01:00:12c'est qu'on gagne en 2027
01:00:14parce qu'après
01:00:14il sera sans doute trop tard
01:00:16par rapport à la confrontation
01:00:17et tout doit être fait
01:00:18dans cette optique
01:00:20et on va le faire
01:00:22Denis
01:00:22Denis Lurand
01:00:23le mot de la fin
01:00:26alors
01:00:28il y a 15 jours
01:00:30le MEDEF a organisé
01:00:31son université d'été
01:00:33et ils ont eu un débat
01:00:34avec 7 candidats
01:00:35à l'élection présidentielle
01:00:37et à la sortie
01:00:38un des participants
01:00:39un patron
01:00:39a dit
01:00:40aux entrepreneurs
01:00:41de créer la richesse
01:00:43aux politiques
01:00:44de la répartir
01:00:44j'ai l'impression
01:00:45que la plupart
01:00:46l'ont compris
01:00:47et bien moi
01:00:47je lui dis
01:00:48stop
01:00:49c'est pas les patrons
01:00:51qui créent les richesses
01:00:52ce sont les travailleuses
01:00:53et les travailleurs
01:00:55c'est eux
01:00:57et c'est une des raisons
01:00:58pour lesquelles
01:00:59pas la seule
01:01:00ils doivent conquérir
01:01:01des pouvoirs
01:01:02non seulement
01:01:02sur la façon
01:01:03de répartir les richesses
01:01:04mais sur la façon
01:01:04de les créer
01:01:05des choix d'investissement
01:01:06d'embauche
01:01:07de recherche
01:01:08de financement
01:01:09ça doit devenir
01:01:10l'affaire des travailleurs
01:01:11et il y a des ressources
01:01:12dans ce pays
01:01:13c'est pas un vaut pieux
01:01:14quand je vois
01:01:15les expériences
01:01:16chez Thalès
01:01:17chez ArcelorMittal
01:01:18chez Atos
01:01:19dans beaucoup d'endroits
01:01:20petites et grandes
01:01:21la capacité du mouvement
01:01:23syndical
01:01:23sa créativité
01:01:24pour faire des propositions
01:01:26et des perspectives
01:01:27de développement
01:01:28économique
01:01:30social et écologique
01:01:31c'est impressionnant
01:01:32c'est ça le moteur
01:01:34le carburant
01:01:35d'une politique
01:01:35de gauche
01:01:36c'est ça d'abord
01:01:38tant mieux
01:01:38si on gagne
01:01:39les élections
01:01:39et pour ça
01:01:40conquérir
01:01:41du pouvoir
01:01:41dans les entreprises
01:01:42du pouvoir
01:01:42sur les entreprises
01:01:43avec les mesures
01:01:44qui ont été évoquées
01:01:44et notamment
01:01:46la nationalisation
01:01:47bien sûr
01:01:47nationalisation de l'AXA
01:01:49de BNP Paribas
01:01:50de Total
01:01:51etc.
01:01:51c'est dans notre programme
01:01:52n'ayons pas peur des mots
01:01:53et aussi
01:01:54une autre utilisation
01:01:55du crédit
01:01:56pour faire baisser massivement
01:01:57le coût du capital
01:01:58le poids du capital
01:01:59sur les entreprises
01:02:00qui jouent le jeu
01:02:02voilà
01:02:02c'est sur ces mots
01:02:03combatifs
01:02:04qu'on va se quitter
01:02:04merci beaucoup
01:02:05d'avoir assisté à ce débat
01:02:06et merci beaucoup
01:02:07à vous
01:02:07qui avez participé
01:02:20d'avoir assisté à ce qu'il y a
01:02:23Sous-titrage FR ?