00:00On nous a longtemps expliqué, moi quand j'étais plus jeune, que c'était dramatique si la dette dépassait les
00:05100% du PIB.
00:06D'un strict point de vue d'économiste, ce ratio n'a effectivement aucun sens puisqu'on compare vraiment des
00:10patates avec des carottes.
00:12J'ai eu des profs, il y a eu plein de journalistes, enfin il y a plein de gens qui
00:14comme ça, sans réfléchir, vont se dire
00:15« bah oui, si la dette publique dépasse 100% du PIB, on est en faillite ».
00:18Tous ces chiffres qui sont là, comme pareil aussi les 10% de chômeurs, ils sont dans nos têtes, ils
00:22nous font peur,
00:22c'est des réactions émotionnelles et on n'y peut rien, donc il ne faut pas les nier, il faut
00:25essayer de les observer.
00:26Avec d'autres économistes, je dirais, humanistes, on était très inquiets par le pacte de stabilité.
00:31Tous les économistes étaient d'accord pour dire qu'il était idiot, que cette limite de 3% n'avait
00:35pas de sens, on le savait.
00:36On craignait que la France et les États membres de l'Union européenne mènent des politiques d'austérité pour obéir
00:40à ces chiffres.
00:41Ne me dites pas, je vous en supplie, qu'on ne peut pas dépasser les 3%, on les explose là
00:45encore cette année.
00:46Les autres pays européens, malheureusement en partie pour leur population, eux, ont beaucoup réduit leur déficit public,
00:50notamment les pays du sud de l'Europe dont on s'est beaucoup moqué, y compris la Grèce, l'Italie
00:54et l'Espagne, sont de bien meilleurs élèves.
00:56Ils sont en dessous, eux, des 3%.