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  • il y a 9 heures
Le premier budget public n’a ni trait à l’Éducation nationale, ni à la défense et encore moins au service de la dette. Ce qui coûte le plus cher à l’État, ce sont les aides publiques versées aux entreprises.

Après six mois de travaux et d’auditions, dont certaines de grands patrons ont défrayé la chronique, la commission d’enquête sénatoriale sur « l’utilisation des aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants » est parvenue à totaliser le montant annuel des subventions, soutiens, exonérations de cotisations et niches fiscales, versées aux grandes sociétés. Pas moins de 211 milliards d’euros leur ont été dévolus en 2023.

Entretien avec Fabien Gay, sénateur communiste et directeur de l'Humanité, pour comprendre le travail qui a permis d'arriver à ce chiffre.

Journalistes : Stéphane Guérard et Pierre-Antoine Valade

0:00 Introduction
1:44 Les raisons de cette commission d’enquête
6:39 Pourquoi cibler les grandes entreprises et pas les PME/TPE ?
13:36 Pourquoi l’administration n’a pas de chiffres sur ces aides ?
18:34 Retour sur les auditions des grands patrons : LVMH, Total, Carrefour, Arcelormittal…
45:00 211 milliards d’euros : les réactions médiatiques
51:23 Les recommandations de la commission d’enquête
58:42 Comment appliquer ces recommandations et quand ?
1:05:34 Fabien Gay se sent-il utile après ce travail ?

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Transcription
00:00:00On n'a pas les données. Elles ne sont pas en accès libre. On ne connaît pas le nombre de
00:00:04dispositifs. 2267 précisément. On ne connaît pas le montant. On ne sait pas si chaque entreprise, elle touche quoi. Bref.
00:00:13Et donc, on découvre ça. Et au fur et à mesure, même mes collègues de droite étaient stupéfaits.
00:00:18L'État donne, on va découvrir le chiffre à la fin, mais 211 milliards, mais que personne ne maîtrise. Dans
00:00:26l'administration française, il n'y a même pas un tableau général.
00:00:29Gros plan sur les milliards versés chaque année par l'État aux entreprises. 211 quand même. À quoi servent-ils
00:00:35? Qui en profite vraiment ? Pour en parler, on reçoit Fabien Guay, directeur de l'Humanité et surtout sénateur
00:00:41communiste.
00:00:41C'est sous cette casquette qu'on le reçoit, puisqu'il était co-rapporteur de la commission d'enquête sur
00:00:45les aides publiques aux entreprises. De l'idée de départ au rapport final, les coulisses, les auditions, on va tenter
00:00:51de tout savoir.
00:00:53Et pour décrypter tout ça, Stéphane Guérard est avec nous, chef de la rubrique Capital Travail. Stéphane, je te passe
00:00:59la main.
00:01:00Eh bien, merci. Alors, on a décidé de... Puisque, effectivement, tu as fait quand même pas mal de médias depuis
00:01:08le début de la commission.
00:01:10Elle a pour particularité d'avoir occupé l'actualité pour ces six derniers mois et comment. Moi, je voulais revenir
00:01:21d'abord sur les mécanismes d'une commission d'enquête.
00:01:26Comment ça se passe ? Comment ça se décide ? Comment toi, tu as réussi à mettre en place cette
00:01:34commission d'enquête ?
00:01:35Alors, il y a une commission d'enquête sur des aides publiques aux entreprises dans un Sénat à majorité de
00:01:40droite, donc a priori plutôt pro-entreprise.
00:01:43Ce n'était pas si facile que ça. Quels ont été les arguments pour que la commission voit le jour
00:01:50?
00:01:51Alors, bon, d'abord, je tiens à dire, Péa, que je ne suis pas co-rapporteur, mais rapporteur de la
00:01:56commission d'enquête et qu'Olivier Rittmann,
00:01:59donc le président LR, était le président de la commission d'enquête et qu'on était donc 19.
00:02:05Et donc, en plus d'Olivier et moi, il y avait 17 autres membres de cette commission d'enquête qu
00:02:11'on a moins vus,
00:02:12mais qui ont beaucoup été présents, beaucoup posés de questions, apportés d'ailleurs un certain nombre de recommandations et de
00:02:20pistes.
00:02:20Je remercie d'ailleurs l'ensemble des sénatrices et sénateurs. Alors, pourquoi et comment ça s'organise ?
00:02:26Alors, une fois par an, les groupes politiques représentés au Sénat, comme à l'Assemblée nationale, ont ce qu'on
00:02:32appelle un droit de tirage.
00:02:33C'est-à-dire, une fois par an, ils ont droit de proposer une commission d'enquête ou une mission
00:02:39d'information.
00:02:40Alors, la différence entre commission d'enquête et mission d'information, c'est que commission d'enquête,
00:02:44vous avez des pouvoirs qui vous sont confiés par l'ordonnance de 1958, qui obligent les auditionnés à venir,
00:02:53sauf le président de la République ou les anciens présidents.
00:02:57En l'occurrence, François Hollande a été le seul à décliner notre invitation.
00:03:02Et il en a le droit, puisqu'il est couvert par l'immunité.
00:03:05Et j'ai le droit de me rendre, par exemple, dans différents ministères pour faire des contrôles sur place et
00:03:10sur pièce,
00:03:11demander un certain nombre d'informations à l'administration qui est dans l'obligation de me répondre et de me
00:03:16donner les données.
00:03:17On y reviendra.
00:03:18Une mission d'information, c'est plus léger.
00:03:21D'abord, les auditionnés n'ont pas forcément l'obligation de venir.
00:03:25Et puis, vous n'avez pas toutes les prérogatives que vous accorde une commission d'enquête.
00:03:30Donc, une fois par an, on réfléchit, d'abord dans chaque groupe, sur quel sujet on pourrait travailler.
00:03:38L'an dernier, c'était Marianne Margaté qui avait fait une mission d'information sur les copropriétés dégradées.
00:03:45L'année d'avant, c'était quelque chose autour du médicament.
00:03:50Il y a un peu plus longtemps, Eliane Assassi avait fait aussi une commission d'enquête
00:03:55qui avait eu un certain retentissement sur les cabinets de conseil.
00:03:57Bon, voilà.
00:03:59Donc, on est au mois de novembre.
00:04:01Et on a un débat au sein du groupe sur qu'est-ce qu'on pourrait proposer comme commission d
00:04:08'enquête.
00:04:09Et on est au même moment où Michelin et Auchan annoncent les suppressions d'emplois.
00:04:14Ça fait un peu l'actualité.
00:04:16Michelin, deux sites fermés.
00:04:17Vannes et Cholet, 1 200 emplois supprimés.
00:04:20Auchan, 10 magasins fermés, 2 300 emplois supprimés.
00:04:23Il y a beaucoup de questions d'actualité au gouvernement.
00:04:26Michel Barnier dit devant la représentation nationale, je vais demander des comptes à Michelin et Auchan.
00:04:31Je veux savoir à quoi sert l'argent public dans les entreprises.
00:04:36Et donc, on est à ce moment-là.
00:04:38Et donc, on a une discussion, je me rappelle, à table, avec Cécile Kukerman, la présidente du groupe,
00:04:43Cathy Pauly-Aporceau, qui est sénatrice du Pas-de-Calais,
00:04:47Pascal Savoldelli, sénateur du Val-de-Marne.
00:04:50Et on réfléchit et je dis, tiens, dans le contexte actuel, bouillonnant, social, autour des plans de licenciement, qui continuent
00:04:58à s'accumuler, on pourrait peut-être faire une commission d'enquête sur ces questions.
00:05:03Mais encore, faut-il trouver l'angle d'attaque et pour connaître un peu les chefs d'entreprise,
00:05:10puisque ça fait maintenant 8 ans que je suis parlementaire, 8 ans que je suis membre de la délégation aux
00:05:15entreprises.
00:05:16J'ai dû auditionner entre 150 et 200 chefs d'entreprise depuis 8 ans.
00:05:21Je me suis dit, si on fait quelque chose sur les plans de licenciement, ils vont nous dire, c'est
00:05:25comme ça, c'est la compétition internationale et on n'est pas rien.
00:05:28Ça va les braquer.
00:05:29— Ouais, non, mais la question, c'est qu'il faut d'abord que la commission d'enquête, elle porte
00:05:34sur un sujet,
00:05:34et puis qu'après, vous commencez à réfléchir sur le après, sur les recommandations.
00:05:39Donc le but, c'était d'avoir quelque chose d'utile.
00:05:42Donc si on est sur les licenciements, je sais absolument ce qu'ils vont me tenir comme discours.
00:05:46Bah, c'est la compétition internationale, on n'y peut rien, on arrive à peu.
00:05:50Et donc l'angle, c'est l'argent public, à quoi il sert ?
00:05:54Dans un moment où, franchement, je crois qu'il y a de l'incompréhension et de la colère dans la
00:06:01masse populaire,
00:06:02de grandes entreprises qui versent des dividendes, pratiquent leur achat d'actions, touchent des aides publiques et licencient en même
00:06:09temps.
00:06:09Et je pense que sur cette idée-là, on est majoritaire dans le pays.
00:06:13Donc encore, faut-il le confronter ?
00:06:15Puis la deuxième question, c'est qu'on n'a pas le chiffre.
00:06:18Moi, ça fait 8 ans que je suis parlementaire, à chaque budget, on prend...
00:06:21Alors il y a des économistes qui travaillent, d'ailleurs, je les salue, qu'on a auditionnés.
00:06:25Mais à chaque fois, c'est contesté.
00:06:26Oui, mais ça, c'est une estimation.
00:06:28Ah non, mais ça, c'est un chiffre militant.
00:06:30Ah non, mais c'est pas exactement cela.
00:06:32Donc j'ai dit, tiens, Banco, je propose au groupe qu'on fasse,
00:06:35sur l'utilisation de l'argent public par les grandes entreprises.
00:06:39Pourquoi les grandes ?
00:06:40Je me suis dit, autrement, la droite va nous dire,
00:06:42ah non, mais il faut aussi parler du TPE, du boulanger, du coin, etc.
00:06:46Donc on va faire les grandes entreprises.
00:06:48Et au moins, on va confronter pour la première fois des patrons.
00:06:51À quoi sert l'argent qu'on vous donne ?
00:06:53Voilà comment naît la chose.
00:06:55Et donc, au mois de janvier, on dépose, le bureau valide et on est parti.
00:07:00Mais ça, c'est peut-être la partie la plus simple.
00:07:02Parce qu'après, il faut que tu ailles voir tes collègues du Sénat.
00:07:06Donc là, tous les groupes, et que tu leur dises,
00:07:08ça, c'est important qu'on se mette tous autour de la table
00:07:11pour voir comment ça fonctionne.
00:07:13Soulever le capot.
00:07:14Ah oui, tu as raison, parce que dans le groupe, on a débat.
00:07:19Et je vais te dire pourquoi.
00:07:21Parce qu'il y a plus de 10 ans,
00:07:22on a déjà fait une commission d'enquête sur le crédit d'impôt recherche.
00:07:26Et à l'époque, c'est extrêmement rare,
00:07:29mais à l'époque, le rapport est dit enterré.
00:07:32C'est-à-dire qu'il y a la commission d'enquête comme nous l'avons fait,
00:07:36les auditions, et à la fin, le rapport n'est pas adopté.
00:07:40Et donc, il est dit enterré, pas publié.
00:07:43Et pendant 25 ans, tu n'as plus le droit de parler
00:07:46de la commission d'enquête ni des recommandations.
00:07:50Donc, c'est comme si le travail que tu avais fait pendant 6 mois
00:07:54n'existait plus.
00:07:55Et tu ne peux même plus t'exprimer sur cette question.
00:07:57Donc ça, ça pèse dans l'imaginaire du groupe.
00:07:59Moi, je n'étais pas encore sénateur à l'époque.
00:08:01C'était un peu avant que j'arrive.
00:08:03Et donc, il y a des réticences en me disant,
00:08:05« Ouais, mais si on refait ça et qu'à nouveau, c'est enterré,
00:08:10j'imagine qu'on aura encore perdu une commission d'enquête.
00:08:14On n'en a qu'une par an. »
00:08:16Mais qu'est-ce qui a changé entre il y a un peu plus de 10 ans et aujourd'hui
00:08:19?
00:08:19D'abord, elles sont filmées.
00:08:22Elles sont filmées, elles sont rendues publiques.
00:08:24Pour ma part, j'ai fait le travail de communication
00:08:27pour à chaque fois prendre des courts passages.
00:08:30Rien que sur mes réseaux sociaux, je crois que ça a été vu
00:08:32plus de 50 à 55 millions de fois.
00:08:35Plus la chaîne publique Sénat a beaucoup retransmis.
00:08:39Puis la presse, dont l'humanité, mais aussi d'autres,
00:08:42mais je salue le travail des journalistes,
00:08:45ont beaucoup relayé un certain nombre d'auditions.
00:08:48Donc c'est un peu plus complexe qu'il y a 10 ou 12 ans
00:08:51d'enterrer une commission qui a suscité, je vais le dire, de l'intérêt.
00:08:57Et puis la deuxième question, c'est que même Michel Barnier,
00:09:02premier ministre de droite, était un peu ulcéré
00:09:05que de voir que des grandes entreprises comme ça
00:09:07qui touchaient des aides publiques et versaient des dividendes,
00:09:10pouvaient... Voilà.
00:09:11Et je pense qu'on est majoritairement dans le pays.
00:09:13Donc j'ai dit, écoutez, on y va,
00:09:15et on va essayer de trouver le consensus avec le Sénat,
00:09:21et tu as raison de le dire, à majorité droite, la commission,
00:09:24puisque après, chaque groupe a le droit à des représentants
00:09:27suivant son poids.
00:09:28Donc la commission, les 19, étaient majoritairement à droite.
00:09:32Le président Rittmann est membre de la délégation aux entreprises,
00:09:35président de la délégation aux entreprises,
00:09:37il l'a dit à plusieurs reprises, il est libéral.
00:09:39Alors hier soir, j'étais à France Info avec lui,
00:09:41il m'a dit, Fabien, j'ai évolué,
00:09:42je suis plus libéral social, je suis un libéral humaniste.
00:09:47Bon, voilà, très bien, c'est très bien.
00:09:49Moi, je suis resté communiste, j'ai toujours pas...
00:09:51Non, mais c'est très bien.
00:09:53Tout le monde a bougé, a évolué dans cette...
00:09:55On s'est très bien entendu,
00:09:57et c'est vrai qu'il y avait plutôt des gens pro-business.
00:09:59Je rappelle que les gens qui étaient dans ma commission
00:10:02et le rapport voté à l'unanimité sont les mêmes.
00:10:04Ils ont voté la loi du plomb, donc il y a eu beaucoup de questions aujourd'hui.
00:10:08J'invite d'ailleurs ceux qui nous regardent à signer la pétition.
00:10:10Je l'ai fait, moi, ce week-end, plus d'un million d'eux, je crois.
00:10:13Oui, c'est ça.
00:10:13Ce matin, c'est les mêmes qui ont remis en cause le 1er mai,
00:10:16c'est les mêmes qui remettent en cause le droit de grève dans les transports,
00:10:20c'est les mêmes qui votent un certain nombre de régressions sociales,
00:10:23qui ont voté le budget.
00:10:24Donc c'est les mêmes sénateurs qui étaient avec moi dans la commission.
00:10:28Et donc, je vais dire, on va commencer le boulot, et on va voir.
00:10:32Et on va faire bouger les lignes, et je pense qu'on les a fait un peu bouger.
00:10:36Alors, quand la commission commence avec ses premières auditions,
00:10:40il y a tout pour emmerder le spectateur.
00:10:44C'est-à-dire que vous commencez par les techniciens de la technicité.
00:10:47Et en fait, ce qui est marrant, c'est que les premières auditions,
00:10:50on s'aperçoit que des gens qui sont spécialistes de la spécialité,
00:10:54n'y connaissent rien, ou ne sont pas capables de dire ce qui se passe
00:10:59sous le capot des aides aux entreprises.
00:11:01Et donc ça, comment tu l'as vécu ?
00:11:04Est-ce que ce n'est pas ça qui fait basculer tous les autres collègues sénateurs
00:11:10qui se disent, mais on est où ?
00:11:12Alors, je vais te raconter juste la première réunion,
00:11:15qui n'était pas publique.
00:11:17Et je l'ai racontée de nulle part, ça là, elle est assez éclairante.
00:11:21Donc c'est ce qu'on appelle la mise en place.
00:11:22Donc le rapporteur est élu.
00:11:26Il est de droit au groupe qui l'a demandé.
00:11:29Donc mon groupe m'avait désigné.
00:11:31Puis c'est un président issu d'un autre groupe.
00:11:35Et en général, il faut de la diversité politique.
00:11:38Ça ne pouvait pas être un président socialiste ou écolo.
00:11:41Donc il fallait forcément que ce soit de la majorité sénatoriale.
00:11:43Donc c'était Olivier Rittmann.
00:11:45Et puis après, il y a les autres membres de la délégation.
00:11:48La première réunion, elle n'a pas été filmée, c'est dommage.
00:11:53Je vois mes collègues rentrer et se dire, oh là là, le sujet est explosif.
00:12:04Et ils ont mis Fabien Gué.
00:12:06Grosso modo, pour eux...
00:12:07C'est un traquenard, non ?
00:12:09Pour eux, je suis un des communistes les plus sulfureux, quoi.
00:12:13Donc voilà.
00:12:14Je vois un certain nombre de mes collègues que je connais parfaitement.
00:12:18Les plus libéraux du Sénat.
00:12:22Et c'est avec amitié et sincérité que je dis ça.
00:12:25On se connaît.
00:12:26Donc voilà.
00:12:26On se respecte.
00:12:27Mais je vois qui est venu à la commission.
00:12:30Vraiment les pro-entreprises.
00:12:32Et je dis, bon, il faut que je désamorce de suite.
00:12:35Parce que sinon, on va avoir une commission très difficile et le rapport peut être enterré.
00:12:41Donc je leur ai dit, écoutez, voilà.
00:12:42Moi, ce que je souhaite, c'est pas faire le procès des entreprises.
00:12:46C'est pas ça qui m'intéresse.
00:12:47On va faire un état des lieux parce qu'il n'a jamais existé.
00:12:50On va regarder combien on donne.
00:12:52Et à partir de là, on aura un débat entre nous.
00:12:55Bon, je vois déjà...
00:12:56Bon, il y a un peu d'appréhension en disant, oui, mais attention, on est dans un moment difficile.
00:13:01C'est la guerre commerciale.
00:13:02Il ne faut pas taper les entreprises.
00:13:04Il ne faut pas qu'elles soient les souffres douleurs de la période.
00:13:07Bon, il y a assez de crédit.
00:13:09Et donc, je dis, bon, on va commencer, avant de faire les auditions des PDG,
00:13:13par dresser un état des lieux, des économistes, des chercheurs, l'administration,
00:13:17des organisations syndicales, de salariés, pas trop mal avec le MEDEF.
00:13:22Puis après, on y en viendra sur les 20, 25.
00:13:26Alors, au final, on finit par 33, je crois, 33 PDG.
00:13:29Bon, voilà.
00:13:30Grosso, première fois qu'on ait fait ça.
00:13:32Première fois que 33 PDG viennent d'affilée.
00:13:35Bon, voilà.
00:13:36Et donc, on commence par là.
00:13:38Et on dit, tiens, donc des économistes, des chercheurs,
00:13:41ils disent, écoutez, nous, on travaille sur ce sujet depuis longtemps,
00:13:45mais on a des estimations.
00:13:47On n'a pas les données.
00:13:48Elles ne sont pas en accès libre.
00:13:49On ne connaît pas le nombre de dispositifs.
00:13:522 267, précisément.
00:13:55On ne connaît pas le montant.
00:13:57On ne sait pas si chaque entreprise, elle touche quoi.
00:13:59Bref.
00:14:00Et donc, on découvre ça.
00:14:02Et au fur et à mesure, même mes collègues de droite étaient stupéfaits.
00:14:05Parce qu'eux, ils sont sur une question.
00:14:07Chaque euro dépensé doit être un euro utile, bien contrôlé.
00:14:10Donc, ils découvrent même que l'État donne, on va découvrir le chiffre à la fin,
00:14:17mais 211 milliards, mais que personne ne maîtrise.
00:14:20Dans l'administration française, il n'y a même pas un tableau général.
00:14:24Et alors là, la DG Trésor, la DG FIP, la DG Entreprises,
00:14:28bon, et des auditions qui ont été publiques.
00:14:30Par exemple, l'IGF, l'Inspection Générale des Finances.
00:14:34Le type vient et on lui dit, mais combien ?
00:14:38Bon, il dit à la louche.
00:14:40Bon, j'invite tout le monde à regarder.
00:14:42C'est la première qui a fait commencer à faire parler de la commission.
00:14:46Alors, écoutez, avec un air très sérieux, évidemment.
00:14:51Bon, approximativement 70.
00:14:54Bon, mais il convient de rajouter les exonérations de cotisation.
00:14:57Bon, on est à 150.
00:14:58Bon.
00:14:59Et puis, bon, entre 150, peut-être 200.
00:15:03Et si on met tout, c'est parce que c'est tout.
00:15:07On monte peut-être à 220, peut-être même 250.
00:15:12À la louche, comme ça, on part de 70 à 200.
00:15:14À la louche.
00:15:16Et donc, en fait, on s'aperçoit qu'il n'y a pas de définition précise.
00:15:19Personne ne connaît le montant, etc.
00:15:21Et donc ça, même les collègues de droite, pour eux, c'est insupportable.
00:15:25Et ils ont raison.
00:15:26Et donc, je me dis, là, on tient un truc.
00:15:29Pour la première fois, on tient un truc.
00:15:31Donc, en parallèle de ça, qu'est-ce que je fais ?
00:15:34On écrit à tous les ministères.
00:15:37Et nous demandons les données.
00:15:38Et alors là, le rigolage, la rigolade.
00:15:41Donc, on nous dit, on ne les a pas.
00:15:42Comment ça, vous n'avez pas les données ?
00:15:44Ben si, donnez-nous les données.
00:15:47On ne sait pas faire.
00:15:48Comment ça, vous ne savez pas faire ?
00:15:49Donc, ça a duré six mois d'aller-retour.
00:15:51On a collecté toutes les données.
00:15:53Le ministère du Travail, de l'Économie, Bercy, l'ABP, enfin bref, tous les uns.
00:15:58Et on s'est adjoints.
00:15:59Alors, il y avait six administrateurs qui travaillaient à nos côtés.
00:16:01Je veux les saluer, parce qu'ils ont fait un énorme travail.
00:16:04Et en plus, le Sénat, il y avait deux tata-scientistes qui faisaient un stage au Sénat.
00:16:09Et donc, ils ont dit, faites le stage, là.
00:16:13Et donc, eux, ils ont épluché.
00:16:15Une fois qu'on a eu collecté toutes les données, ils ont tout compilé.
00:16:18Et c'est eux qui nous ont donné le chiffre de 211 milliards.
00:16:21Donc, on nous disait, l'administration, c'est impossible à faire.
00:16:23On ne sait pas faire.
00:16:24On ne comprend pas.
00:16:26Ça prendrait peut-être des années.
00:16:29Et puis, finalement, nous, en moins de six mois, on y est arrivé.
00:16:31Mais parce qu'il y avait une volonté politique, moi, je voulais sortir un chiffre.
00:16:35Je voulais, voilà.
00:16:36Et maintenant, pour la première fois, on a un chiffre objectivé.
00:16:39Alors, j'entends bien, il y a des économistes en carton, libéraux,
00:16:43qui essaient de dire, mais non, ce n'est pas ça, etc.
00:16:44Mais pour la première fois, on a un chiffre de 211 milliards.
00:16:47Et à partir de là, on peut avoir un débat politique.
00:16:50Donc, tous tes collègues ont appris que le premier budget de l'État...
00:16:53L'un des premiers, oui.
00:16:55Ce n'était pas l'éducation nationale, la défense, même le service de la dette.
00:16:59C'est les aides aux entreprises.
00:17:00Alors, l'un des premiers budgets, oui, 200, 4 fois plus important que l'éducation nationale.
00:17:06Et d'ailleurs, mais c'est ça qui était fou.
00:17:08L'INSEE, quand ils sont venus, ils nous ont dit, il y a un plancher de 70 milliards.
00:17:12C'est-à-dire, on ne peut pas descendre en dessous.
00:17:13Mais après, on ne s'est pas évalué.
00:17:15L'IGF, c'est ce que je vous ai raconté.
00:17:17Le président de la République, lors d'une allocation télévisée, a dit 98 milliards.
00:17:23Et le ministre de l'Économie et des Finances, qui vient deux jours après devant la commission d'enquête,
00:17:27avec un air grave, en nous disant, tout est sous contrôle, tout est bien évalué.
00:17:31Moi, je peux vous donner le chiffre, c'est 150 milliards.
00:17:34Voilà. Donc je dis, ah bon ?
00:17:35Mais le président de la République vient de dire 98 milliards il y a deux jours.
00:17:39Vous êtes donc en désaccord avec le président de la République ?
00:17:41Et là, plus de somme, plus d'image.
00:17:43Ah non, non, je ne rentre pas dans cela.
00:17:46C'est-à-dire que le ministre de l'Économie et des Finances actuelles
00:17:50contredit le président de la République, pas six mois après, deux jours après.
00:17:54Bon, voilà.
00:17:55Donc maintenant, ce chiffre, je veux dire, de 211, il s'approche de deux chiffres.
00:17:59De France Stratégie, qui est d'ailleurs l'officine du Premier ministre,
00:18:03qui avait fait un rapport assez sérieux, il y a plusieurs années,
00:18:07qui était passé sous silence et qui donnait approximativement ce chiffre.
00:18:10Et celui des économistes du Clercet, économistes du centre de recherche lillois,
00:18:14qui, à quelques milliards près, eux aussi, je veux saluer leur travail
00:18:19et à France Stratégie et au Clercet.
00:18:21On va revenir après sur les 211 milliards et à nouveau cet enfumage depuis quelques jours,
00:18:30là où on dit, mais non, ce n'est pas 211.
00:18:32Mais on reviendra après.
00:18:33Mais si on suit la chronologie des auditions, on arrive après au grand patron.
00:18:40Et alors là, c'est une télé-novéla brésilienne.
00:18:44C'est incroyable.
00:18:46Quasiment à chaque audition, on a des rebondissements.
00:18:51Alors, il y a quand même des choses que les grands patrons partagent.
00:18:57Eux, savent exactement ce qu'ils ont touché.
00:19:00Ils arrivent tous avec toutes les lignes.
00:19:02Et ils sont capables de chiffrer.
00:19:07Certains disent, on n'en a pas besoin, mais on le prend quand même.
00:19:11Voilà.
00:19:12Et puis d'autres disent, on en a besoin, on les récupère, mais on en a besoin,
00:19:18mais pas pour faire ce que vous pensez.
00:19:19Ça, c'est aussi zinzin.
00:19:21Alors, si on prend dans l'ordre, le premier à faire sensation,
00:19:29c'est peut-être, dans ton souvenir, c'est Patrick Pouyanné ?
00:19:32Non, le premier, c'est Florent Ménégo.
00:19:34Oui, c'est Michelin.
00:19:35Oui, c'est Michelin, parce que j'avais demandé à Olivier Rittmann,
00:19:39alors, pour que tout le monde comprenne,
00:19:40puisque tu m'as demandé d'être assez explicatif sur une commission d'enquête,
00:19:44donc le rapporteur propose au président d'inviter un tel et un tel,
00:19:50et c'est le président qui, en quelque sorte, valide et invite la personne à venir.
00:19:56Nous, on s'est très bien entendus, on a fait les deux.
00:19:58J'ai fait une proposition, il l'a validée.
00:20:01Et il m'a même donné un ou deux noms supplémentaires que j'ai acceptés.
00:20:04On a fait les choses, non, mais je le dis aussi, collégialement.
00:20:09Et moi, j'avais demandé à Olivier qu'on commence par Michelin et Auchan,
00:20:12parce que, comme c'était les deux qui nous avaient...
00:20:17C'était l'actualité.
00:20:20Puisqu'on nous a dit, ouais, c'est un tribunal,
00:20:23les gens, comment on voulait qu'ils connaissent les données ?
00:20:25Alors, on a proposé aux gens d'être auditionnés, ils n'ont pas le droit.
00:20:31Certains sont venus avec M. Pouyanné, par exemple,
00:20:35de suite dit oui et accepté la date.
00:20:37D'autres nous ont dit, je ne suis pas dispo à cette date.
00:20:39Nous, on n'a jamais voulu faire de cirque ou dire, faire des tweets, etc.
00:20:44Ce n'est pas notre genre.
00:20:45Donc, on a dit, si vous n'êtes pas dispo à cette date, on va en trouver une autre.
00:20:49Certains nous ont dit, mais pourquoi moi et pourquoi pas mon concurrent ?
00:20:51Donc, on a dit, non, mais ce sera vous.
00:20:53On a essayé à chaque fois de prendre deux groupes de chaque secteur
00:20:58pour ne pas être accusé de favoriser l'un et l'autre.
00:21:00Mais c'est vrai qu'après, moi, j'aurais aimé en faire 150.
00:21:04Peut-être que d'ailleurs, il y aura un jour une saison 2.
00:21:06J'ai déjà une liste de 40 entreprises supplémentaires à auditionner.
00:21:12Et ensuite, on leur envoyait un questionnaire.
00:21:14On leur disait, voilà, le rapporteur va vous poser des questions sur ça.
00:21:17Donc, ils avaient trois semaines pour se préparer, pour venir avec les chiffres.
00:21:21Et donc, beaucoup nous ont avoué qu'avant qu'on leur propose l'audition,
00:21:25ils ne savaient même pas combien l'entreprise touchait.
00:21:28Et que c'était un gros travail.
00:21:29Par exemple, le patron d'Exxon a dit, nous, on ne savait pas.
00:21:33Le patron d'LDMH, Bernard Arnault, a dit, avec 70 maisons,
00:21:37vous imaginez bien que la collecte des éléments nous a pris un temps considérable.
00:21:41Ce que je crois bien.
00:21:42Ce que je crois bien.
00:21:43Bon.
00:21:44Et donc, patron de Michelin.
00:21:46Et là, je veux saluer beaucoup les syndicalistes, les lanceurs d'alerte.
00:21:49Parce qu'une audition d'une heure et demie, c'était trois heures de préparation pour mes équipes.
00:21:53Et moi, le boulot.
00:21:55On appelait camarades syndicalistes, notamment de la CGT, mais pas que.
00:22:00On essayait de comprendre, d'aller chercher de l'info.
00:22:02Et moi, par exemple, j'avais le CICE de 2019.
00:22:064,3 millions qui avaient, à l'époque, permis d'acheter des machines outils
00:22:10qui n'ont jamais vu le site de la Roche-sur-Yon.
00:22:12Pour Michelin.
00:22:13Pour Michelin.
00:22:13Et qui étaient repartis en Espagne, en Roumanie et dans un autre pays.
00:22:18Et donc, je lui pose la question.
00:22:19Pensez-vous, M. Ménégo, que l'argent public français doit servir à aller acheter des machines outils
00:22:25qui sont délocalisées ?
00:22:26Et il me dit, pour la première fois.
00:22:28Non.
00:22:29Et c'est vrai que, peut-être, faut-il le rembourser.
00:22:33Moi, je mène ce combat auprès des salariés depuis 2019.
00:22:36J'avais interrogé Bruno Le Maire en 2020, en exigeant le remboursement.
00:22:40Bruno Le Maire m'avait répondu, hors de question.
00:22:43Et donc, pour la première fois, le PDG a dit, bon, publiquement, sous...
00:22:48Parce qu'on prête serment.
00:22:50Il a dit, OK.
00:22:51Donc, j'ai reposé la question à Bruno Le Maire.
00:22:53Vous vous rappelez ?
00:22:54Oui, oui, il dit.
00:22:54Mais vous aviez peut-être raison.
00:22:57Lui, c'est bien, parce que l'air de Suisse lui a fait du bien.
00:23:02Et Éric Lombard a dit, on va regarder.
00:23:05Donc, on a une des recommandations, c'est de manière éthique,
00:23:08que Michler rembourse le CICE.
00:23:10Moi, je vais mener le combat.
00:23:11Il faut que Michler rembourse le CICE,
00:23:13puisque tout le monde s'y est engagé et tout le monde y est fable.
00:23:15Bon, après, on a eu Auchan.
00:23:16Et après, on a eu Pouyanné, le troisième.
00:23:19Bon, Pouyanné, quand il vient, il donne, grosso modo,
00:23:23il donne la ligne pour l'ensemble des autres.
00:23:25D'abord, il n'a pas fait de débat pour venir.
00:23:28Il a été hyper transparent.
00:23:30Et puis, il a eu quelle proposition choc ?
00:23:31Lui-même dit, Pouyanné, il est normal que les Français
00:23:37sachent comment on utilise leur argent.
00:23:38C'est leur argent.
00:23:39Et moi, je souhaite qu'on arrête les aides à dispatcher comme ça.
00:23:44Je propose plutôt les avances remboursables
00:23:46et un retour à bonne fortune si l'entreprise va bien.
00:23:50Bon, c'est mieux quand c'est M. Pouyanné, patron de Total Energy,
00:23:55plutôt que le rapporteur communiste qui dit ça.
00:23:56Donc, effectivement, les trois premiers ont donné la ligne de conduite
00:24:02pour tous les autres.
00:24:03Et je remercie M. Ménégaux et M. Pouyanné
00:24:05parce qu'ils ont été extrêmement transparents.
00:24:07Pour la première fois, ils ont donné les montants.
00:24:09Je dois même vous avouer, moi, j'ai été surpris.
00:24:11Je ne pensais pas qu'ils allaient donner les montants.
00:24:13Je pensais qu'on allait devoir batailler, donner une approximation,
00:24:18mais ils ont été très transparents ligne par ligne.
00:24:20Tant mieux.
00:24:20Ils auraient pu dire secret des affaires, on ne peut pas.
00:24:22Mais l'administration disait ça, M. Guérard.
00:24:25Il disait, quand je leur disais, mais pourquoi ce n'est pas la transparence,
00:24:28tout ça ?
00:24:29Il disait secret des affaires, secret fiscal.
00:24:31Ce n'est pas possible.
00:24:32Non, on ne parle pas de leur niveau d'imposition.
00:24:35On parle de l'argent que donnent les Français à telle boîte.
00:24:38Pourquoi vous ne voulez pas la transparence ?
00:24:40Et donc, M. Ménégaud et M. Pouyane et M. Daras de Auchan,
00:24:44comme ils ont donné les montants ligne par ligne,
00:24:46tous les autres ont dit, bon...
00:24:48Et d'ailleurs, le quatrième qui vient, Google,
00:24:50qui lui, vient les mains dans les poches et refuse de donner les montants,
00:24:53bon, il s'est tellement fait, comment dire, assaisonner,
00:24:57s'est passé sur tous les réseaux.
00:24:59Donc, tous les autres ont dit, bon, il vaut mieux faire comme M. Ménégaud et Pouyane,
00:25:03donner les montants, plutôt que de passer pour un idiot
00:25:05et ne pas vouloir donner les montants.
00:25:07Ils nous les ont d'ailleurs communiqués après par écrit.
00:25:10Bon, je le précise.
00:25:11D'accord.
00:25:12Alors, il y a un...
00:25:14Si on fait la suite de l'épisode,
00:25:17il y a l'épisode Carrefour aussi,
00:25:19qui a marqué les esprits,
00:25:22parce que le groupe touche...
00:25:25En 2018, alors, si je reprends mes notes,
00:25:27le groupe touche 350 millions d'euros
00:25:30d'aides publiques diverses
00:25:32pour un effectif de 109 000 salariés.
00:25:35Et en 2024, il touche toujours à peu près
00:25:39300, 330 millions d'aides publiques.
00:25:43Sauf que dans l'intervalle, il y a 85 000 salariés
00:25:46qui ont disparu du groupe.
00:25:48Alors, lui, il dit,
00:25:49non, mais nous, le groupe a continué à grossir.
00:25:54Nous, on n'a pas fermé de magasin,
00:25:56sauf que pendant ce temps-là,
00:25:57il en a mis plein sous franchise.
00:25:59Donc, il s'est délesté,
00:26:00mais l'aide publique reste.
00:26:04Est-ce que là, dans cette audition,
00:26:07tu as senti ce Alexandre Bompard
00:26:10en difficulté sur ce qu'il disait ?
00:26:13Est-ce qu'il a été acculé ?
00:26:15D'abord, quand il est arrivé,
00:26:18je l'ai senti très fermé.
00:26:21Je sentais qu'il est...
00:26:23Bon, aucun n'avait envie de venir.
00:26:26On pourrait même se dire, non, mais...
00:26:27Mais il y en avait qui étaient plus à l'aise.
00:26:30Alors après, un PDG,
00:26:31il y a des PDG complètement différents.
00:26:35M. Pouyanné, il fait beaucoup de politique.
00:26:37Donc, il a l'habitude de débattre politiquement.
00:26:39Mais lui, il n'a pas de problème économique aussi.
00:26:41Voilà, non, mais...
00:26:43Il y a des PDG,
00:26:44on sent que ce n'est pas l'habitude
00:26:45de prendre la parole en public.
00:26:48Bernard Arnault, c'est aussi différent d'un autre.
00:26:50Bon, bref.
00:26:50Donc, ils sont tous différents.
00:26:52Donc, je le sens,
00:26:52quand ils rentrent dans la salle,
00:26:54extrêmement tendus.
00:26:55Et je me dis, ça va être dur,
00:26:57d'autant plus que pour la première fois,
00:26:59j'ai beaucoup d'infos.
00:27:01Notamment, les camarades de la CGT
00:27:02m'ont livré un certain nombre d'informations.
00:27:04J'ai épluché ça tout un week-end.
00:27:06C'est peut-être celle qui m'a pris le plus de temps.
00:27:08J'ai bossé une quinzaine d'heures.
00:27:10J'ai bossé tous les dossiers depuis 2013.
00:27:15Répluché tous les comptes.
00:27:16Et j'ai fait un tableau, moi-même.
00:27:18Alors ça, ça énervait un peu les patrons.
00:27:20Je faisais des slides.
00:27:21Voilà.
00:27:21Alors, je les réalisais tout seul.
00:27:24Voilà.
00:27:24Il y avait mes enfants qui couraient partout dans la maison.
00:27:27Et moi, je faisais des petits slides,
00:27:28des petits tableaux, tu sais.
00:27:30Et donc, qu'est-ce que je dis ?
00:27:312013-2018,
00:27:32je reprends les 6 années de CICE.
00:27:34Et je démonte quoi ?
00:27:36Les bénéfices entre 2013 et 2019,
00:27:40c'est 3,5 milliards.
00:27:42Bénéfices.
00:27:43Montant des dividendes,
00:27:45donc là, il a fallu, j'aurais plus.
00:27:472,6 milliards.
00:27:49Montant des aides,
00:27:502,3 milliards.
00:27:52Donc, je prépare ma slide,
00:27:53année par année,
00:27:55le compte.
00:27:57Et donc, boum,
00:27:58je balance ça.
00:27:59Alors là,
00:28:00oui, attendez,
00:28:01je regarde,
00:28:02je vérifie.
00:28:03Et alors, je fais une erreur.
00:28:06Je balance ma deuxième slide
00:28:08sur l'emploi qui diminue.
00:28:10Sauf que je n'ai pas les mêmes années.
00:28:12Tout à fait,
00:28:12je n'ai pas les données.
00:28:13Donc, j'ai 2018-2023.
00:28:15Et donc, je dis,
00:28:16allez, on vous a versé ça.
00:28:18Donc, de suite, il conteste.
00:28:19Il dit,
00:28:20bon, votre tableau,
00:28:21la méthodologie,
00:28:22ce n'est pas les mêmes années.
00:28:23Pas tort.
00:28:24Je n'aurais pas dû faire comme ça.
00:28:25Donc, je dis, attendez, attendez.
00:28:26On va venir sur le deuxième sujet,
00:28:28l'emploi.
00:28:28D'abord,
00:28:29le premier tableau,
00:28:30l'argent public a servi les dividendes.
00:28:32Il dit,
00:28:33bon, sur ça, les chiffres,
00:28:34je ne peux pas les contester.
00:28:36Je dis, non, ce n'est pas les vôtres.
00:28:37Vous ne pouvez pas les contester,
00:28:38ce sont les vôtres.
00:28:38Regardez, j'ai épluché tout ça.
00:28:40C'est vos comptes.
00:28:41Alors, il est un peu...
00:28:42Oui, oui, oui, c'est vos comptes.
00:28:44Je ne les conteste pas.
00:28:45Donc, ça, la droite,
00:28:473,5 milliards,
00:28:482,6 milliards de dividendes,
00:28:492,3 milliards d'aides.
00:28:51Là, personne ne peut dire
00:28:52que l'argent public
00:28:53n'a pas servi les actionnaires.
00:28:54Même Eric Lombard,
00:28:55je lui ai remis le même tableau.
00:28:57Le deuxième, il conteste.
00:28:58Il dit, je n'ai pas licencié,
00:29:00pas fermé de magasin.
00:29:01Et là, on a un débat.
00:29:03Et là, moi, je connais,
00:29:04parce que j'ai beaucoup accompagné
00:29:07les salariés de Carrefour.
00:29:09C'est la location-gérance.
00:29:10Donc, ils se séparent de magasins
00:29:11et ça, ça détruit et détricote
00:29:13les droits des salariés
00:29:16qui perdent, après 12 mois,
00:29:18tous leurs conquis sociaux.
00:29:19Et donc, je lui dis,
00:29:20oui, mais la location-gérance,
00:29:21ça se fait sur la carte sociale.
00:29:22On a un vrai débat.
00:29:23Qu'est-ce qui se passe
00:29:24à ce moment-là ?
00:29:25À la suite de cette audition,
00:29:27je ne mens pas,
00:29:28j'ai reçu, je ne peux pas estimer,
00:29:30au moins 500 mails, messages
00:29:32de salariés, de syndicalistes,
00:29:35de la CGT, de la CFDT
00:29:37et aussi des patrons
00:29:39de magasins-gérance
00:29:40qui me disent,
00:29:41M. Bompard vous a menti.
00:29:42Oui, la location-gérance
00:29:44est un désastre social, etc.
00:29:46Donc, je lui propose
00:29:48à Alexandre Bompard,
00:29:50je lui dis, bon,
00:29:51on va aller visiter
00:29:52un magasin ensemble.
00:29:53mais vous allez le choisir
00:29:54parce que si je le choisis,
00:29:55vous allez dire
00:29:56que j'allais dans le magasin
00:29:57de la CGT.
00:29:58Et donc, je l'annonce,
00:30:00on doit le faire.
00:30:01Il a repris contact avec moi,
00:30:03j'assume,
00:30:04je vais aller avec lui,
00:30:05on va aller au débat.
00:30:07Donc, soit c'est dans quelques jours,
00:30:08soit ça sera la rentrée.
00:30:10Donc, on va aller visiter
00:30:11un magasin ensemble
00:30:12avec Alexandre Bompard
00:30:13qui est passé en location-gérance.
00:30:14Tu as déjà le nom du magasin ?
00:30:15Non, je n'ai pas le nom du magasin.
00:30:17Mais je le ferai...
00:30:18Bon, il y a une...
00:30:19On s'est engagé
00:30:20à le faire tous les deux,
00:30:21sans caméra,
00:30:22mais à la rencontre,
00:30:23évidemment,
00:30:24des salariés.
00:30:25C'est ça qui m'intéresse.
00:30:26Je dois dire,
00:30:27on a été en désaccord,
00:30:29mais au moins,
00:30:29sur ça,
00:30:29il tient sa promesse,
00:30:30tant mieux.
00:30:31Et je vais continuer
00:30:32le débat avec lui
00:30:33sur la question
00:30:34de la location-gérance
00:30:34qui est un désastre social.
00:30:36Et donc, ça,
00:30:37c'est la première audition
00:30:38où là, même la droite dit,
00:30:39ah ouais,
00:30:39il y a un problème.
00:30:403,5 milliards de bénéfices,
00:30:432,6 milliards de dividendes,
00:30:442,3 milliards d'aides publiques.
00:30:45Personne ne peut dire.
00:30:48Là, l'argent public
00:30:50a servi les actionnaires
00:30:51de Carrefour.
00:30:53D'accord.
00:30:54Est-ce que l'audition
00:30:56du PDG d'ArcelorMittal
00:30:58t'a laissé un souvenir impérissable ?
00:31:00Oui, alors,
00:31:03il faut préciser
00:31:05que c'était 15 jours
00:31:07avant les annonces
00:31:07des 636 emplois supprimés.
00:31:10Donc, je lui pose la question
00:31:11de la décarbonation.
00:31:12Pourquoi vous ne le faites pas ?
00:31:14Pourquoi ça traîne ?
00:31:15Et à ce moment-là,
00:31:16il dit,
00:31:16M. Guy,
00:31:17on prendra la décision
00:31:19dans le troisième trimestre
00:31:21de 2025.
00:31:23Et on fait gaffe à l'emploi,
00:31:25on fait gaffe à l'emploi.
00:31:26Et finalement,
00:31:28quels jours après,
00:31:29alors,
00:31:29il nous envoie un petit mail
00:31:30pour dire,
00:31:32voilà,
00:31:33les contraintes ont changé.
00:31:39on a annoncé ça aujourd'hui,
00:31:41je voulais vous le préciser,
00:31:42etc.
00:31:43Et je l'ai re-eu en face
00:31:45puisqu'on l'a ré-auditionné.
00:31:47J'ai demandé à la présidente
00:31:48de la commission des affaires économiques,
00:31:50dans laquelle je siège,
00:31:51d'auditionner le PDG.
00:31:52Bon, là,
00:31:53je lui ai redis ce que j'avais à lui dire.
00:31:54Moi, je considère
00:31:55que ArcelorMittal
00:31:57sont des menteurs
00:31:58qui ne mettront jamais
00:32:00l'argent pour décarboner
00:32:01et qu'en réalité,
00:32:02ils vont fermer les hauts fourneaux
00:32:03pour privilégier
00:32:04l'ACN indien,
00:32:05dont Mittal,
00:32:07le principal actionnaire
00:32:08et évidemment,
00:32:10ressortissant de ce pays.
00:32:11Donc voilà,
00:32:12donc oui,
00:32:13gros combat.
00:32:14Ensuite,
00:32:14avec mon groupe,
00:32:16parce que j'ai fait
00:32:17la commission d'enquête,
00:32:18mais j'ai continué
00:32:18à bosser sur le reste.
00:32:19Donc on a déposé
00:32:20une proposition de loi
00:32:21pour nationaliser
00:32:23ArcelorMittal
00:32:24signée par beaucoup
00:32:25de groupes de gauche
00:32:25et même un sénateur de droite.
00:32:28Voilà.
00:32:29À l'Assemblée,
00:32:29ils ont fait aussi,
00:32:30mais chaque groupe
00:32:30a fait le sien.
00:32:31Nous, on a voulu
00:32:32tous se réunir.
00:32:33Donc voilà.
00:32:35Donc ça,
00:32:35c'est un combat
00:32:36qu'on va continuer
00:32:36à mener, évidemment,
00:32:37pour l'acier.
00:32:39Après,
00:32:39Péa,
00:32:40tu me dis
00:32:40s'il y a des questions
00:32:41qu'il faut reprendre.
00:32:43Pour l'instant,
00:32:43les gens se répondent eux-mêmes.
00:32:46Donc c'est...
00:32:46C'est d'accord.
00:32:47C'est le propre du tchat
00:32:49de l'humanité.
00:32:49Tout le monde est profondément gentil
00:32:51se répond.
00:32:51C'est vrai.
00:32:52Remarque,
00:32:52nous,
00:32:52on fait la même chose, là.
00:32:55Et alors,
00:32:56bon,
00:32:56après,
00:32:57peut-être qu'on arrêtera
00:32:57la galerie de portraits,
00:32:59mais Bernard Arnault,
00:33:00c'est peut-être
00:33:01le dernier événement.
00:33:03Alors,
00:33:04avec le concomitamment,
00:33:08une une du journal
00:33:09dans laquelle
00:33:10tu n'avais pas du tout
00:33:11pris part dans le choix,
00:33:13qui était qu'en même temps,
00:33:14juste avant son audition,
00:33:16LVMH annonce
00:33:17un plan social
00:33:18côté Cognac
00:33:19et Branche Cognac
00:33:21et Champagne.
00:33:23Donc,
00:33:24voilà,
00:33:24les actualités
00:33:25se croisent
00:33:27et lui arrive
00:33:30devant la commission
00:33:31avec la une
00:33:32et il a l'air
00:33:33pas content
00:33:34quand commence l'audition.
00:33:36Bon,
00:33:36Bernard Arnault,
00:33:37ça a été
00:33:39celui
00:33:39qui a été
00:33:40le plus difficile
00:33:41à faire venir.
00:33:42C'est quasi
00:33:43l'homme
00:33:44le plus puissant
00:33:45au monde.
00:33:46Il avait décalé
00:33:47plusieurs fois ?
00:33:48Il avait décalé
00:33:49plusieurs fois,
00:33:50on n'a jamais
00:33:50communiqué dessus,
00:33:51ça a été extrêmement dur.
00:33:53Moi,
00:33:53je dois avouer
00:33:54que personne
00:33:54ne m'a contacté.
00:33:56Donc,
00:33:56tout s'est joué
00:33:57avec l'administration
00:33:59du Sénat,
00:33:59le président
00:34:01et je veux le remercier
00:34:02parce qu'ils ont tenu
00:34:04bon,
00:34:04tout le monde,
00:34:05moi,
00:34:05personne n'osait me parler.
00:34:06Bon,
00:34:07ils l'ont décalé
00:34:08plusieurs fois
00:34:09et au dernier moment,
00:34:10il vient ce mercredi,
00:34:11là.
00:34:11Le matin,
00:34:12il y a la une
00:34:12de l'humanité
00:34:13sur les 1200
00:34:14suppressions de postes.
00:34:16Il prend prétexte
00:34:17de la une
00:34:17de l'humanité
00:34:18pour dire
00:34:18je ne viendrai plus.
00:34:20Ce noue
00:34:20tout un
00:34:24mélodrame
00:34:24dans la journée
00:34:26puisque l'audition
00:34:27était prévue
00:34:28à 18h,
00:34:28je crois,
00:34:29donc les premières
00:34:30discussions
00:34:30commencent
00:34:31à 9h30 du matin.
00:34:32Puis finalement,
00:34:33il décide de venir
00:34:34en disant
00:34:35je prendrai la parole
00:34:36en remettant en cause
00:34:37la probabilité
00:34:37du rapporteur.
00:34:39Moi,
00:34:39j'étais prêt.
00:34:40j'ai dit
00:34:41j'avais préparé
00:34:42beaucoup de choses.
00:34:44Je n'ai pas été
00:34:44jusqu'à ce que je voulais faire
00:34:46parce que j'ai dit
00:34:46si franchis
00:34:47une ligne rouge,
00:34:48je ne prendrai pas
00:34:49une leçon de propriété
00:34:51par celle et ceux
00:34:52qui, par exemple,
00:34:53ne payent pas
00:34:54d'impôts en France.
00:34:55Je veux bien tout.
00:34:57Et donc,
00:34:58il me prend
00:34:59sur la question
00:35:00de la presse
00:35:01avec une vision
00:35:02qui n'est pas la mienne
00:35:04de la liberté
00:35:05de la presse,
00:35:05y compris
00:35:06quand on est en direction
00:35:08de dire
00:35:08tel et tel journaliste
00:35:10obéit
00:35:11au patron,
00:35:12etc.
00:35:13Ce n'est pas
00:35:13ma conception.
00:35:15Moi,
00:35:15je permets ici
00:35:16une liberté totale.
00:35:17Je n'interviens jamais
00:35:18dans les choix éditoriaux
00:35:19quand on parle.
00:35:20Je donne mon avis
00:35:20et je n'ai jamais
00:35:22interdit depuis 4 ans
00:35:23de le dire
00:35:25tel ou tel sujet
00:35:26et je prends les coups
00:35:27à la place de la rédaction.
00:35:28J'en prends beaucoup
00:35:29mais c'est mon rôle
00:35:30et d'ailleurs,
00:35:32je le dis rarement
00:35:32que tel et tel
00:35:33se sont plaint
00:35:34et lorsque je dois
00:35:36aller affronter
00:35:37un procès
00:35:37dans les juridictions,
00:35:38j'y vais accompagner
00:35:39en général du journaliste
00:35:40qui est aussi
00:35:41accusé de diffamation.
00:35:43Voici comment
00:35:43je consomme mon rôle.
00:35:44Y compris des fois,
00:35:45je le dis ici
00:35:46tranquillement,
00:35:47des sujets
00:35:47que je ne partage pas toujours
00:35:49ou des ans
00:35:49que je ne partage pas toujours.
00:35:51Les valeurs,
00:35:52bien sûr,
00:35:52tout.
00:35:53Mais c'est normal
00:35:54et ce n'est pas grave,
00:35:55c'est un débat.
00:35:56Bon, lui,
00:35:56il a une conception,
00:35:57on l'a vu,
00:35:58que ce qu'il détient
00:36:00doit lui obéir
00:36:01ou doit y aller.
00:36:02Il faut que j'ai eu
00:36:03cette passe-là
00:36:03et il dit
00:36:04moi,
00:36:05je ne me serai jamais
00:36:05autorisé à faire ça.
00:36:07Donc, je lis
00:36:07un papier des échos
00:36:08deux jours avant
00:36:09où, grosso modo,
00:36:11un éditorialiste
00:36:11me traite de Robespierre
00:36:12et trois ou quatre journalistes
00:36:14qui ont écrit
00:36:15un long format,
00:36:15ils disent que c'est insupportable,
00:36:18etc.
00:36:19Ils prennent l'audition
00:36:20d'un autre milliardaire,
00:36:21M. Saadé,
00:36:22qui avait été un peu tendu aussi,
00:36:24notamment autour
00:36:24de la taxe au tonnage,
00:36:26en disant que c'est
00:36:26un tribunal populaire.
00:36:28Donc, je lui dis,
00:36:28vous voyez,
00:36:29moi, je ne me suis pas plaint.
00:36:30Jamais je n'aurais appelé
00:36:31Pierre Louet,
00:36:31qui est le patron
00:36:32des échos et du Parisien
00:36:33pour me plaindre
00:36:34de tel article,
00:36:36la liberté de la presse.
00:36:37Bon, ça a donné lieu
00:36:38à une passe d'armes.
00:36:40Peu importe,
00:36:41moi, je ne la voulais pas,
00:36:41mais c'est lui
00:36:42qui l'a provoqué.
00:36:43Puis après,
00:36:43on a eu un débat
00:36:46intéressant, je trouve,
00:36:46avec un des PDG
00:36:49plus connus,
00:36:51aussi un des milliardaires
00:36:52que tout le monde connaît,
00:36:54ami de Trump,
00:36:55qui est régulièrement
00:36:56dans son bureau,
00:36:57dans le moment
00:36:58de guerre commerciale.
00:36:59Donc, il a cette phrase
00:37:00en disant,
00:37:01je lui dis,
00:37:02mais M. Macron,
00:37:03vous dites,
00:37:03vous n'êtes pas un patriote.
00:37:05Et là, il a cette phrase
00:37:06que personne n'a retenue
00:37:07parce que tout le monde
00:37:07a retenu la passe d'armes.
00:37:09M. le Président
00:37:10devrait laisser les entreprises
00:37:13s'occuper,
00:37:14grosso modo,
00:37:15laissez-moi faire
00:37:16et tout va bien.
00:37:17Et lui,
00:37:17il n'y a qu'à s'occuper
00:37:18du reste.
00:37:19Puis, il a cette phrase
00:37:20sur le monde,
00:37:21il dit,
00:37:22le meilleur du monde,
00:37:23c'est les mots croisés.
00:37:24Enfin, bref.
00:37:24Bon, c'est une audition
00:37:25qui a même...
00:37:26Il y a eu quelques phrases,
00:37:27mais on a connu aussi
00:37:28pour la première fois
00:37:29le montant
00:37:30des ailes publiques.
00:37:31Et tu disais tout à l'heure,
00:37:33moi, je pense que LVMH,
00:37:34Total Energy
00:37:35ou un certain nombre
00:37:36de grands groupes,
00:37:37en vérité,
00:37:38ils n'ont pas besoin
00:37:39d'ailes publiques
00:37:39pour être accompagnés.
00:37:41Je ne sais plus,
00:37:41c'est 10 milliards
00:37:42de mémoire LVMH,
00:37:4310 milliards
00:37:44de bénéfices.
00:37:46Et je crois que c'est
00:37:47autour de 200 millions
00:37:48d'aides publiques.
00:37:50En réalité,
00:37:52ils n'auraient pas
00:37:52ces 200 milliards,
00:37:54ils continueraient
00:37:55à se porter
00:37:55comme ils sont.
00:37:56Je le crois profondément.
00:37:58Et là, effectivement,
00:38:00à ce moment-là,
00:38:01commencent à apparaître,
00:38:02c'est ce que tu dis,
00:38:03des articles
00:38:05sur le ras-le-bol
00:38:07de ces commissions
00:38:08qui se transforment
00:38:09en tribunaux.
00:38:10Bon, il n'y a pas
00:38:11que la tienne,
00:38:12il y en a d'autres
00:38:12qui ont lieu
00:38:14à ce moment-là.
00:38:16Et comment réagissent
00:38:18tes collègues
00:38:19qui sont les 19 autres
00:38:21dans la commission
00:38:22sur cette mise en cause
00:38:25du travail parlementaire ?
00:38:27Alors, tu as raison,
00:38:29il y en a d'autres.
00:38:29Il y a celle
00:38:30sur l'organisation
00:38:31des élections
00:38:33avec Antoine Léaumant
00:38:34et notamment
00:38:36la non-venue de ce terrain.
00:38:39On connaît bien ici
00:38:40puisque c'est nous
00:38:41qui avons révélé
00:38:42le projet Périclès.
00:38:44Il y a...
00:38:45Sur les influenceurs ?
00:38:46Comment sont-ils sur les influenceurs ?
00:38:47Alors, il n'y a pas tellement
00:38:48les influenceurs,
00:38:49mais il y en a une autre
00:38:50aussi de Benjamin Lucas
00:38:51sur les plans de licenciement.
00:38:53Et l'inaction
00:38:54des pouvoirs publics.
00:38:56Bon, bref, il y en a plusieurs
00:38:57en même temps.
00:38:58Et c'est vrai qu'il y a
00:38:59beaucoup de patrons,
00:39:00les mêmes sont auditionnés.
00:39:02Nous, on a collectionné
00:39:03une série,
00:39:04mais par exemple,
00:39:05je crois que le PDG
00:39:06de Michelin
00:39:06a fait 6 ou 7 auditions
00:39:08parlementaires
00:39:09entre le mois de janvier
00:39:10et le mois de juin.
00:39:10Le PDG d'ArcelorMittal aussi
00:39:12font assez régulièrement.
00:39:14Assez régulièrement,
00:39:15Michelin, voilà.
00:39:16Bon, donc, il y a ce climat.
00:39:18C'est un procès,
00:39:19c'est un tribunal,
00:39:20il faut arrêter cela.
00:39:20Moi, je le dis,
00:39:22je pense au contraire
00:39:23qu'il faut renforcer
00:39:25le pouvoir
00:39:26des commissions d'enquête
00:39:27et leur permettre
00:39:27d'aller beaucoup plus loin.
00:39:29Aux États-Unis,
00:39:30les commissions d'enquête
00:39:31sont d'un autre niveau.
00:39:33On permet aux parlementaires
00:39:34d'aller beaucoup plus loin.
00:39:36Et je le dis,
00:39:37au moment où
00:39:39beaucoup de nos concitoyens
00:39:40se détournent de la politique,
00:39:42ne votent plus
00:39:43que des auditions publiques
00:39:45d'intérêt général
00:39:47et d'intérêt public
00:39:48soient autant suivies
00:39:49sur des sujets complexes,
00:39:51économiques,
00:39:52on devrait être ravi.
00:39:54Je veux dire,
00:39:55on a rendu honneur
00:39:56au Sénat et au Parlement
00:39:57en menant ces auditions.
00:39:58Alors ça, c'est le contexte.
00:40:00Alors après moi,
00:40:02parce que grosso modo,
00:40:04ils attaquaient
00:40:05beaucoup et les filles
00:40:06pour aller les dire.
00:40:08Et moi, par ricochet.
00:40:10Sauf que,
00:40:12je trouve ça dégueulasse
00:40:13pour tout le monde.
00:40:14Il faut qu'on se mette
00:40:15bien au clair.
00:40:16Moi, je défends
00:40:17l'ensemble des parlementaires.
00:40:19Mais moi, la droite,
00:40:23c'était difficile
00:40:24de remettre en cause
00:40:25mon travail.
00:40:25D'abord,
00:40:26beaucoup de travail personnel.
00:40:27J'arrivais à des chiffres,
00:40:28des données,
00:40:29je le dis,
00:40:30avec des lanceurs d'alerte,
00:40:31des syndicalistes.
00:40:32Donc tout le monde
00:40:33reconnaissait que
00:40:33j'arrivais
00:40:35avec du con de vue.
00:40:37D'ailleurs,
00:40:38l'administration,
00:40:39elle dit,
00:40:40on a rarement
00:40:41un rapporteur
00:40:42aussi engagé
00:40:42dans sa commission.
00:40:43J'arrivais avec des dossiers
00:40:44épais comme ça.
00:40:45Je rends un homage
00:40:47à mes assistants parlementaires
00:40:48qui bossaient,
00:40:49moi dessus, etc.
00:40:51Deuxièmement,
00:40:53jamais je m'énervais.
00:40:54Je gardais le même calme.
00:40:55Par exemple,
00:40:56on n'a pas parlé,
00:40:57mais celle de ST,
00:40:58microélectronique.
00:40:59Il vient.
00:41:00Là, on m'alerte.
00:41:01Des syndicalistes m'ont envoyé
00:41:02et m'ont dit,
00:41:03M. Guet,
00:41:04en 5 ans,
00:41:04on a payé 0 impôt.
00:41:06Donc j'ai cette info.
00:41:08Donc je l'interroge
00:41:08comme les autres.
00:41:09Et beaucoup de patrons
00:41:11disaient,
00:41:11oui, mais on paye
00:41:12à mettre en relation
00:41:13avec le niveau d'imposition.
00:41:15Et lui,
00:41:15il n'en parle pas.
00:41:16Je dis,
00:41:16ah, M. Chéri,
00:41:18il s'appelle.
00:41:19C'est bizarre,
00:41:20tous vos collègues
00:41:20ont parlé de l'imposition.
00:41:21Pourquoi vous ?
00:41:22Est-ce que vous pouvez nous donner ?
00:41:23Vous voulez bien nous donner
00:41:24le montant de l'imposition ?
00:41:25Alors là, je le sens.
00:41:27Ah, écoutez,
00:41:28c'est complexe,
00:41:28que je n'ai pas ce chiffre.
00:41:29Il se tourne vers ses équipes.
00:41:31Ah, 200 millions.
00:41:32200 millions.
00:41:32Ah, 200 millions.
00:41:33Mais où ?
00:41:34Dans le monde
00:41:35ou en France ?
00:41:36Ah, probablement
00:41:37dans le monde.
00:41:38Dans le monde.
00:41:38Ah bon ?
00:41:38Mais en France,
00:41:40je ne l'ai pas.
00:41:41Alors là, hop,
00:41:42je sors mon dossier.
00:41:42Ah ben,
00:41:43je peux vous le donner.
00:41:44Avec un sourire,
00:41:45évidemment.
00:41:45Jusqu'à là.
00:41:47Ah ben oui.
00:41:49Zéro.
00:41:50L'autre année,
00:41:51zéro.
00:41:52L'autre année,
00:41:53zéro.
00:41:54Mais comme ça,
00:41:55calmement.
00:41:56Donc là,
00:41:57la droite,
00:41:58zéro.
00:41:59On parle de 500 millions par an
00:42:00pour cette entreprise.
00:42:02Et alors là,
00:42:03il me dit,
00:42:03vous êtes agressif.
00:42:05Je ne dis pas du tout.
00:42:07Je vous pose une question,
00:42:08je vous donne l'information
00:42:08et on débat.
00:42:10Ah bon, bon.
00:42:11Et même lui,
00:42:11obligé de revenir
00:42:12sur le mot agressif.
00:42:14Donc tout le monde,
00:42:15tous mes collègues d'ailleurs,
00:42:16je le dis,
00:42:17je les en remercie,
00:42:18m'ont félicité
00:42:19pour la conduite des débats
00:42:20en ayant calme,
00:42:21respectueux,
00:42:22c'est le Sénat.
00:42:23Oui, oui.
00:42:24Parfois,
00:42:24il a fallu
00:42:24que je me contienne moi-même.
00:42:26Parce qu'il y avait parfois,
00:42:27j'avais envie
00:42:28d'être un peu plus...
00:42:31mais garder calme,
00:42:33etc.
00:42:34Donc personne n'enverrie.
00:42:34Il n'y a pas eu
00:42:35d'angle d'attaque
00:42:36où ils ont pu dire
00:42:37« Ah, il a débordé.
00:42:38Ah, il a été agressif.
00:42:40Ah, il a été trop loin. »
00:42:42Parce que je savais
00:42:43que si je franchissais
00:42:45la ligne rouge une fois,
00:42:46on allait me le ressortir
00:42:47jusqu'à la fin
00:42:47et qu'ils allaient prendre
00:42:49prétexte de ça
00:42:50d'enterrer la commission d'enquête.
00:42:51Donc, je le dis,
00:42:53parce que des fois,
00:42:53j'ai un caractère
00:42:54qui peut conduire
00:42:56à être passionné
00:42:57dans les débats,
00:42:58mais justement,
00:43:00j'ai essayé
00:43:00de rester calme
00:43:01du début à la fin.
00:43:02Des débats respectueux,
00:43:04mais par contre,
00:43:04ben oui,
00:43:05on n'est pas d'accord.
00:43:06Ben oui,
00:43:07monsieur Antel,
00:43:08pourquoi vous licenciez ?
00:43:10Comment vous pratiquez
00:43:11le rachat d'actions ?
00:43:12Pensez-vous normal ?
00:43:13Bon, moi,
00:43:14je pense qu'on a mené
00:43:14un débat d'intérêt public
00:43:15et d'intérêt général.
00:43:16Oui, oui,
00:43:17parce que même ton binôme
00:43:18avec le président,
00:43:19lui aussi était un peu
00:43:20sur la même longueur d'onde.
00:43:21Tout à fait.
00:43:22Aussi allait titiller
00:43:23quand il n'y avait pas
00:43:25la réponse.
00:43:26Ah ben oui, oui.
00:43:27Par exemple,
00:43:27on n'a pas reparlé,
00:43:28mais Sanofi,
00:43:29une qui nous a...
00:43:30On a très vite...
00:43:31Moi, je vois Sanofi,
00:43:33c'est la cinquième ou sixième.
00:43:34Et là, je vois
00:43:35qu'ils nous racontent
00:43:37le médicament.
00:43:38Donc, je lui mets
00:43:39des coups comme ça,
00:43:40on ne pionce pas.
00:43:40Et je dis,
00:43:41si tu le laisses faire,
00:43:42il va nous raconter
00:43:43le médicament pendant deux heures
00:43:44et à la fin,
00:43:45on n'aura pas un chiffre.
00:43:46Donc, comment c'est
00:43:47une petite passe d'armes
00:43:49et c'est là où il y a...
00:43:51Je crois que c'est Olivier
00:43:52qui dit ça.
00:43:53Il ne faut pas nous prendre
00:43:54pour des lapins trois semaines.
00:43:56Bon, voilà.
00:43:56Et donc,
00:43:57on a eu une passe d'armes
00:43:58et là, pareil,
00:43:58j'avais des données.
00:43:59Donc, un milliard de crédit d'impôts
00:44:00pendant dix ans,
00:44:023500 suppressions de bosses
00:44:02qu'ils ont contestées.
00:44:03Donc, j'aurais dit,
00:44:04ah bon ?
00:44:04Mais j'ai les PSE,
00:44:06plans sociaux.
00:44:07Alors, moi,
00:44:07j'appelle ça
00:44:07plans de licenciement.
00:44:092014, 2019, 2021, 2023.
00:44:12Donc, je les ai là.
00:44:13Vous voulez qu'on les compile ?
00:44:14Ah, oui,
00:44:15mais ce n'est pas
00:44:16des plans de licenciement.
00:44:17Oui, en fait,
00:44:18tu les appelles comme tu veux.
00:44:18Tu as supprimé 3500 points.
00:44:20Et en plus,
00:44:20vous avez été infichu
00:44:22de trouver un vaccin
00:44:22contre le Covid
00:44:23contre Arma Cuba
00:44:24sous blocus.
00:44:25Donc, quand j'ai dit ça,
00:44:26évidemment,
00:44:26tout le monde a rigolé.
00:44:27Mais c'est le réel.
00:44:29C'est le réel.
00:44:30Cuba sous blocus,
00:44:32ont réussi à trouver
00:44:34un vaccin
00:44:34contre la Covid
00:44:36avant Sanofi
00:44:37qui avait l'argent public.
00:44:38Et en même temps,
00:44:39ils vendent des Orpela.
00:44:40Et depuis,
00:44:41ils vendent le site d'Amélie
00:44:42et celui, évidemment,
00:44:44dans le Val-de-Marne.
00:44:45Et d'ailleurs,
00:44:46les salariés
00:44:46viennent m'appeler ce matin.
00:44:48D'accord.
00:44:49Bon.
00:44:50Alors, on arrive
00:44:51au bout
00:44:52de toutes ces auditions-là.
00:44:54Et on arrive
00:44:55avec ce chiffre.
00:44:56Et qu'est-ce que tu penses
00:44:58de la répercussion
00:44:59que ce chiffre a eue
00:45:00là,
00:45:00des 211 milliards d'euros ?
00:45:03Est-ce que...
00:45:03Enfin, c'est...
00:45:04À mon avis,
00:45:05ça a pris
00:45:06une ampleur incroyable,
00:45:07d'autant plus
00:45:08qu'une semaine plus tard,
00:45:10François Bayrou
00:45:11donnait son projet de budget.
00:45:12Enfin, un peu plus,
00:45:14mais bon.
00:45:14Voilà.
00:45:15Donc, comment tu as ressenti
00:45:16cette ampleur médiatique ?
00:45:19Je dois vous avouer
00:45:20un truc tous les deux.
00:45:21Bon.
00:45:21Donc, on finissait.
00:45:23Il fallait qu'on rende
00:45:23le rapport avant le 14 juillet.
00:45:25Parce qu'on a six mois.
00:45:26Une fois qu'on commence
00:45:27la commission d'enquête,
00:45:27donc 14 janvier,
00:45:28vous devez obligatoirement
00:45:29finir six mois après.
00:45:31Et moi,
00:45:31je n'étais pas très content
00:45:32d'un truc.
00:45:33C'est que je trouvais
00:45:34qu'on sortait le rapport
00:45:34trop tard.
00:45:35Et je me suis dit
00:45:36les vacances ont commencé.
00:45:39Bon.
00:45:40Donc, j'ai dit
00:45:41mais on ne peut pas essayer
00:45:42un peu avant,
00:45:43vers le 25 juin.
00:45:45Mais franchement,
00:45:46parce que le rapport,
00:45:46je l'invite à chacun
00:45:47de le lire, c'est 500 pages
00:45:49et 1000 pages d'annexes.
00:45:50Donc, 1500 pages
00:45:51à écrire.
00:45:52Bon.
00:45:53C'est quand même,
00:45:53vous voyez.
00:45:54C'est costaud.
00:45:55Ah, c'est costaud.
00:45:55Des heures de réunion,
00:45:57des heures d'écriture.
00:45:59Pour ma part,
00:45:59j'ai tout repris
00:46:00un par un.
00:46:01En 15 jours,
00:46:03bon, ça a été
00:46:03un travail assez fastidieux.
00:46:07Très, très lourd.
00:46:08J'avais,
00:46:09on peut le dire ici,
00:46:10le mariage de ma belle-sœur
00:46:12pendant quatre jours.
00:46:12Ce qui était
00:46:13un beau événement.
00:46:14Et donc,
00:46:15je suis content de le partager.
00:46:17j'étais obligé
00:46:17d'amener tout ça
00:46:18pendant le mariage.
00:46:19Donc,
00:46:19je faisais un peu la fête.
00:46:21J'étais pas trop fait
00:46:21de discours.
00:46:23Pas fait de discours.
00:46:24Mais,
00:46:24on peut chanter.
00:46:26Mais du coup,
00:46:27dans la nuit,
00:46:28je bossais
00:46:29pour rendre le rapport.
00:46:31Voilà,
00:46:31j'ai des conditions
00:46:32un peu de travail difficile.
00:46:34ça,
00:46:34c'est pour l'anecdote
00:46:34que j'ai livré nulle part.
00:46:36Comme ça,
00:46:37c'est une info exclusive
00:46:38de l'humanité.
00:46:39Merci beaucoup.
00:46:41C'était un gros boulot.
00:46:42Et puis,
00:46:42finalement,
00:46:43il est tombé
00:46:43au meilleur moment.
00:46:44Oui.
00:46:45Une semaine avant
00:46:45les annonces de Bayrou,
00:46:46le sang et les larmes
00:46:47qu'on connaît,
00:46:48on a déjà commenté tout ça.
00:46:51Non,
00:46:51moi,
00:46:52je savais,
00:46:53je me suis dit,
00:46:54ça va faire un peu de bruit.
00:46:55Bon,
00:46:55quand j'ai vu
00:46:55qu'il y avait 34 journalistes
00:46:56à l'invitation de presse,
00:46:59d'ailleurs,
00:46:59l'humanité,
00:47:00il y est très présente,
00:47:01je me suis dit,
00:47:01on va avoir un bon écho.
00:47:03Et il y a une double page
00:47:04dans le monde
00:47:06la semaine d'avant
00:47:06qui a été saluée
00:47:07par tout le monde.
00:47:08L'humanité a suivi le boulot.
00:47:09D'autres,
00:47:09mais la double page du monde
00:47:11la semaine d'avant
00:47:12a fait grand bruit des gens
00:47:13et qui ont retracé
00:47:15les six mois d'enquête.
00:47:16Et quand plein de gens
00:47:17me disent,
00:47:18ah là là,
00:47:18j'ai vu tes conclusions.
00:47:20Je dis,
00:47:20mais non,
00:47:20on les a pas rendu.
00:47:20Non,
00:47:21mais la double page du monde.
00:47:22Donc,
00:47:22on sentait qu'il y a une affaire.
00:47:24Bon,
00:47:24qu'est-ce qu'ils ont ?
00:47:24Moi,
00:47:24je suis très satisfait.
00:47:26Non,
00:47:26mais je vais le dire.
00:47:28dans le combat idéologique,
00:47:29notamment au moment du budget.
00:47:31On va faire peser
00:47:32du sang et des larmes
00:47:32sur les travailleurs,
00:47:33les travailleuses,
00:47:34les retraités,
00:47:34les jeunes.
00:47:35Et on épargne
00:47:36les riches
00:47:37et les entreprises.
00:47:38Chiffre de 211 milliards
00:47:40objectivés.
00:47:41Alors,
00:47:41bien sûr,
00:47:42ils essaient de le remettre
00:47:42en cause.
00:47:43Les exos,
00:47:44c'est pas des aides.
00:47:46J'oublie juste de dire
00:47:46que c'est l'État
00:47:47qui compense par le budget.
00:47:48C'est une double aide.
00:47:49C'est d'abord un vol
00:47:50sur le salaire différé
00:47:51des travailleurs
00:47:52et des travailleuses.
00:47:53Et en plus,
00:47:53en tant qu'ont contribuable,
00:47:54remettez au pot
00:47:55pour compenser.
00:47:56Donc,
00:47:56c'est plus qu'une aide publique.
00:47:57Bref.
00:47:58Donc,
00:47:59bien sûr,
00:48:00satisfait,
00:48:00ce chiffre au prix partout.
00:48:01Bayrou,
00:48:02lui-même,
00:48:03obligé
00:48:04de donner ce chiffre.
00:48:06Alors,
00:48:06il a essayé
00:48:07par une petite blague
00:48:08de l'atténuer.
00:48:09Ouais,
00:48:09il a enlevé 100 milliards.
00:48:10Oui,
00:48:11il dit,
00:48:11mais 200 euros,
00:48:12bon,
00:48:12peut-être 100.
00:48:14Mais enfin,
00:48:14il cite 211
00:48:15et il dit même
00:48:16c'est vertigineux.
00:48:18Et il appelle
00:48:18les entreprises,
00:48:19d'ailleurs,
00:48:19à se réunir
00:48:20pour faire quelques propositions.
00:48:22Le MEDEF
00:48:22qui prend la chose au sérieux
00:48:24et qui dit,
00:48:24bon,
00:48:25c'est des compensations
00:48:26mais on est prêts au débat.
00:48:28C'est une victoire,
00:48:30c'est une bataille idéologique
00:48:31faramineuse.
00:48:32Bien sûr.
00:48:33Et ils ont repris
00:48:34tous les syndicats,
00:48:35la CGT,
00:48:35la CDT,
00:48:36l'UNSA,
00:48:36la CFE,
00:48:37le CIT,
00:48:38même des campagnes.
00:48:39J'ai vu que des économistes
00:48:41avaient répondu à Bayrou
00:48:42sur les 5000 euros
00:48:43de dettes par seconde
00:48:45pour donner 6690 euros.
00:48:47Donc,
00:48:47il y a une bataille de...
00:48:48Donc,
00:48:49t'as mieux.
00:48:49Et puis,
00:48:49les recommandations
00:48:50parce qu'il y en a quelques-unes
00:48:52un peu fortes.
00:48:53Alors,
00:48:53attends,
00:48:53on va voir ça d'abord.
00:48:54Ce chiffre,
00:48:55c'est un peu le pansement
00:48:57sur le capitaine Haddock.
00:48:59C'est-à-dire que ça va les suivre.
00:49:01J'imagine que l'université d'été
00:49:04du MEDEF en août,
00:49:05ça va être
00:49:06« Rendez l'argent ».
00:49:07Enfin,
00:49:08voilà.
00:49:08Mais je suis invité.
00:49:08T'es invité.
00:49:09Ah ben,
00:49:09formidable.
00:49:10Première fois.
00:49:11Invité à l'université d'été
00:49:12du MEDEF.
00:49:13Donc,
00:49:13j'y vais.
00:49:14Fin août.
00:49:14Fin août.
00:49:15Et je rends l'appareil,
00:49:17l'appareil,
00:49:17exclusivité de l'humanité,
00:49:19à Patrick Martin,
00:49:20qui sera notre invité
00:49:21à la fête de l'humanité
00:49:22et je débattrai avec lui.
00:49:23Mais moi,
00:49:23je vais continuer le débat
00:49:25avec eux.
00:49:26Alors,
00:49:26à la disposition
00:49:27de tous les syndicats,
00:49:28les salariés,
00:49:28j'ai beaucoup d'invitations,
00:49:30je vais continuer à me rendre.
00:49:31Mais je vais continuer
00:49:32à mener la bataille idéologique
00:49:33avec le patronat.
00:49:34Donc,
00:49:34j'accepte d'aller à l'université
00:49:36d'été du MEDEF
00:49:37pour la première fois.
00:49:38Et Patrick Martin
00:49:39viendra à la fête de l'humanité
00:49:40pour faire un débat.
00:49:42Ah oui,
00:49:42plus personne ne peut
00:49:43le remettre en cause.
00:49:44Là,
00:49:45j'ai vu
00:49:45plein d'économistes en carton
00:49:47sur les réseaux sociaux
00:49:48qui s'inventent des trucs.
00:49:50mais enfin,
00:49:51même le Premier ministre
00:49:52obligé de citer le chiffre.
00:49:55J'ai vu que le Haut-Commissariat
00:49:56au plein et à la stratégie
00:49:57qui n'a rien fait depuis...
00:49:59Mais c'est d'ailleurs
00:50:00la troisième recommandation,
00:50:01c'est que c'est eux
00:50:02qui prennent.
00:50:03En trois jours,
00:50:04ils ont réussi à faire
00:50:05un rapport de deux pages
00:50:06contre 1 500
00:50:07pour donner un chiffrage
00:50:08pour contester le monde.
00:50:09Mais c'est bien.
00:50:10C'est la bataille idéologique.
00:50:11Tu l'as regardé,
00:50:12ce rapport ?
00:50:13Ah ben,
00:50:13ça va vite.
00:50:13C'est deux pages.
00:50:14Oui,
00:50:14mais c'est assez marrant
00:50:15parce qu'ils disent,
00:50:16grosso modo,
00:50:17c'est près de 112 milliards d'euros.
00:50:19Mais en fait,
00:50:20ils ajoutent après des choses.
00:50:22Ils disent,
00:50:22bon,
00:50:22ça,
00:50:22c'est le périmètre de l'État.
00:50:23Mais quand on ajoute
00:50:24tout ce qu'ils ajoutent,
00:50:26moi,
00:50:27j'ai fait le compte,
00:50:27ils sont plus que toi.
00:50:29Ils sont à 224 milliards.
00:50:31Oui,
00:50:32j'ai vu.
00:50:32C'est étonnant.
00:50:33C'est étonnant.
00:50:34Non,
00:50:34mais c'est ça qui est drôle.
00:50:35C'est sur le périmètre
00:50:36qu'on n'est pas d'accord.
00:50:37Mais quand on ajoute plus,
00:50:38oui.
00:50:39Alors,
00:50:40moi,
00:50:40je redis,
00:50:41211 dettes d'État
00:50:42parce que nous,
00:50:42on n'a pas voulu prendre
00:50:43les estimations
00:50:48qu'on ajoute,
00:50:49on est quasiment au même chiffre.
00:50:50Mais c'est très bien.
00:50:51Tant mieux,
00:50:52tant mieux.
00:50:53Ce qui était infaisable
00:50:55depuis des années
00:50:56a été faisable en deux jours.
00:50:57Bon,
00:50:57deux pages.
00:50:58Bon,
00:50:58deux pages,
00:50:591500.
00:51:00Bon,
00:51:00j'invite chacun à connaître
00:51:01quel est le travail
00:51:02qui est le plus sérieux,
00:51:04le plus rigoureux.
00:51:04Mais on a demandé rendez-vous
00:51:06avec Clément Bonn,
00:51:06avec Olivier Rigman.
00:51:08On a demandé rendez-vous
00:51:09avec François Bayrou.
00:51:11Donc,
00:51:11on va continuer le débat.
00:51:12C'est un magnifique outil.
00:51:14Et j'invite d'ailleurs,
00:51:15chacun à son homme pareil,
00:51:17pour mener le débat dans le pays.
00:51:18Surtout au moment du budget.
00:51:21Bien sûr.
00:51:22Bon,
00:51:23alors,
00:51:23je t'ai freiné,
00:51:23je t'ai freiné.
00:51:24Maintenant,
00:51:24les recommandations,
00:51:25alors.
00:51:26Non,
00:51:26je ne vais pas faire les 26.
00:51:27Non,
00:51:27mais il y en a trois grandes.
00:51:31Déjà,
00:51:32continuer le chiffrage.
00:51:33Ça,
00:51:33c'est ce que tu dis.
00:51:34C'est important
00:51:35qu'il y ait un tableau
00:51:37tous les ans
00:51:37pour qu'on sache
00:51:38où on en est.
00:51:39Nous,
00:51:39on a fait le travail.
00:51:40Donc,
00:51:41on le rend.
00:51:42On le redonne à l'État.
00:51:43Donc,
00:51:43on demande à l'INSEE
00:51:44maintenant de le...
00:51:45Parce que nous,
00:51:45on avait pris l'année 2023.
00:51:47Donc,
00:51:48on va faire le boulot
00:51:48pour 2024,
00:51:50puis pour 2025,
00:51:51et puis les années.
00:51:52Puis,
00:51:52on demande au commissariat
00:51:53au plan
00:51:53de rendre un rapport annuel
00:51:55sur les aides publiques.
00:51:56Et une des recommandations
00:51:57que je tenais,
00:51:58on leur demande
00:51:58de créer un observatoire
00:52:00des aides publiques
00:52:01qui réunirait
00:52:01chefs d'entreprise,
00:52:03syndicats,
00:52:03parlementaires,
00:52:04élus régionaux,
00:52:04chercheurs,
00:52:05économistes,
00:52:05et qu'on ait un débat
00:52:06chaque année.
00:52:07D'ailleurs,
00:52:08je suis favorable,
00:52:09s'ils le souhaitent,
00:52:10à être membre
00:52:11de cet observatoire.
00:52:12Je veux bien.
00:52:13Ils décideront.
00:52:14Mais,
00:52:15je proposerai à Clément Bonne,
00:52:16même s'ils souhaitent
00:52:17de l'animer.
00:52:18De ses côtés,
00:52:19je n'ai aucun problème.
00:52:20Non,
00:52:20moi,
00:52:21la recommandation autour
00:52:21de la transparence,
00:52:22on en a quatre.
00:52:23Pour moi,
00:52:24la fondamentale,
00:52:24c'est quoi ?
00:52:25Moi,
00:52:26j'ai été très touché,
00:52:27je vais vous dire un truc,
00:52:28par des milliers de salariés,
00:52:30quand je dis milliers,
00:52:32qui m'ont écrit,
00:52:33qui continuent à m'écrire,
00:52:34d'ailleurs,
00:52:35en me remerciant,
00:52:36etc.,
00:52:36pas pour ma petite personne,
00:52:38je m'en fous,
00:52:39mais très touché
00:52:39parce qu'en me disant
00:52:40ça fait 20-30 ans
00:52:41que je suis dans cette boîte,
00:52:43je ne connaissais pas
00:52:43le montant des aides publiques,
00:52:44merci.
00:52:45Et puis,
00:52:45beaucoup m'écrivent encore ce matin,
00:52:47« Ah, monsieur Gay,
00:52:48je travaille dans telle boîte,
00:52:49est-ce que vous pouvez me dire
00:52:50combien il touche ? »
00:52:50Ben,
00:52:51non,
00:52:52je suis désolé,
00:52:53il croit que je suis l'État,
00:52:54bon,
00:52:55donc,
00:52:55je n'ai plus de pouvoir,
00:52:56donc,
00:52:57voilà,
00:52:58on a passé le 14 juillet,
00:52:59je peux...
00:52:59Donc,
00:53:00moi,
00:53:00la recommandation 4
00:53:01qui demande
00:53:04de nouveaux pouvoirs
00:53:05pour les CSE
00:53:06qui disposent chaque année
00:53:07du montant
00:53:08et du volume
00:53:09et du nombre
00:53:10d'aides publiques
00:53:11parce que le débat
00:53:12qu'on a eu
00:53:12en transparence
00:53:13avec les chefs d'entreprise,
00:53:15maintenant,
00:53:15il doit se poursuivre
00:53:15partout dans le pays,
00:53:17dans chaque entreprise.
00:53:18C'est eux,
00:53:19les salariés
00:53:19qui sont les plus à même
00:53:20de savoir
00:53:21si l'argent public
00:53:22est bien ou mal utilisé.
00:53:24Moi,
00:53:24je n'ai pas auditionné
00:53:26les 4 500 000 PDG,
00:53:28c'est impossible,
00:53:29il y a 4,5 millions de boîtes
00:53:30dans le pays,
00:53:31donc c'est impossible.
00:53:32Donc,
00:53:33pour moi,
00:53:33elle est fondamentale.
00:53:34Donc,
00:53:34celle-là,
00:53:35je demande
00:53:36qu'elle soit
00:53:37mise en œuvre
00:53:38le plus rapidement
00:53:39possible
00:53:39et que chaque
00:53:41CSE,
00:53:42délégué syndicaux,
00:53:44sache
00:53:44combien d'argent public
00:53:45et qu'il y a un débat
00:53:46qui s'instruit
00:53:47dans chaque entreprise
00:53:49partout dans le pays.
00:53:49Pour moi,
00:53:50elle est fondamentale.
00:53:52Il y a d'autres préconisations
00:53:56sur le thème de la rationalisation,
00:53:58mais ça nous fait venir
00:53:59au deuxième chiffre
00:54:00qui est quand même incroyable.
00:54:01C'est le nombre
00:54:03de dispositifs
00:54:05qui ont été additionnés,
00:54:08que vous avez vus.
00:54:10C'est quoi ?
00:54:112 252 dispositifs
00:54:13d'aide publique ?
00:54:132 267.
00:54:15Il y en a même plus.
00:54:16D'accord.
00:54:18Mais ça,
00:54:19c'est un maquis incroyable.
00:54:20Du coup,
00:54:21cette demande
00:54:21de rationalisation,
00:54:23c'est essentiel.
00:54:24Oui,
00:54:24mais c'est ça aussi,
00:54:26cette jungle
00:54:26qui fait qu'on n'arrive
00:54:27plus à s'y retrouver.
00:54:28L'administration
00:54:29ne peut plus suivre.
00:54:30En fait,
00:54:30à chaque problème,
00:54:31on a empilé
00:54:31des dispositifs.
00:54:33À chaque fois,
00:54:34ce n'est pas
00:54:35le même payeur.
00:54:36Bref,
00:54:36c'est différentes agences.
00:54:37Plus personne ne se parle.
00:54:39Bref,
00:54:39c'est impossible.
00:54:40On propose
00:54:41de rationaliser.
00:54:42Il y a 255 dépenses fiscales.
00:54:44On propose
00:54:45de réduire le nombre
00:54:45par trois
00:54:46à l'horizon 2030.
00:54:47Et on propose
00:54:48surtout un guichet unique
00:54:49pour les entreprises
00:54:50parce que
00:54:51les grandes entreprises,
00:54:52elles,
00:54:53elles ont l'ingénierie,
00:54:55les moyens humains
00:54:55d'aller conclure
00:54:56à toutes les aides.
00:54:57Mais le patron
00:54:57de TPE,
00:54:58PME,
00:54:59qui 2 267 dispositifs,
00:55:01t'as droit à ça,
00:55:02mais il n'en sait rien.
00:55:03Bon,
00:55:04donc un guichet unique.
00:55:05Puis surtout,
00:55:06on propose
00:55:07d'avoir une doctrine
00:55:08des aides publiques.
00:55:08Par exemple,
00:55:09on est d'accord,
00:55:10est-ce qu'on devrait
00:55:11aider un projet rentable ?
00:55:14Non.
00:55:15Est-ce qu'on promeut
00:55:17plutôt
00:55:17les avances remboursables
00:55:18qu'on peut y aller
00:55:19nous parler
00:55:20plutôt que d'arroser
00:55:21comme ça ?
00:55:22On propose
00:55:22de pousser
00:55:23plutôt les avances remboursables.
00:55:24On propose
00:55:25de changer la doctrine.
00:55:27Donc ça,
00:55:27c'est long,
00:55:28mais c'est fondamental.
00:55:30C'est fondamental.
00:55:31Dans ce maquis-là,
00:55:32vous découvrez
00:55:34tout cet écosystème
00:55:36de cabinet conseil
00:55:37qui viennent
00:55:38se faire du beurre
00:55:39sur la détection
00:55:41de dispositifs publics.
00:55:42Même Patrick Martin
00:55:43et MEDEF
00:55:44en parlent.
00:55:45Bien sûr.
00:55:45Parce que plus on est petit,
00:55:47moins on a l'ingénierie,
00:55:48on sait,
00:55:49donc il y a des cabinets
00:55:49de conseil
00:55:50qui disent
00:55:50« Ah, salut,
00:55:51tu vas bien ? »
00:55:52Alors moi,
00:55:52je peux t'avoir
00:55:53un peu de crédit d'impôt.
00:55:55d'impôt recherche,
00:55:56par exemple.
00:55:57« Ah, mais tu as
00:55:57une petite boîte,
00:55:58je vais te trouver
00:55:59un truc,
00:55:598000 euros. »
00:56:00Le patron,
00:56:00il dit « Ah, ben ouais,
00:56:02pour une petite boîte,
00:56:038000 euros,
00:56:04bon,
00:56:05je te remplis les dossiers,
00:56:06tu me donnes tout
00:56:07et je te prends 30%.
00:56:08Donc je te prends
00:56:092500 balles.
00:56:11Oui,
00:56:11mais ça va t'en laisser
00:56:12quand même 5500.
00:56:13Bon,
00:56:13plutôt que zéro,
00:56:14voilà.
00:56:15Donc il y a des cabinets
00:56:16de conseil
00:56:16qui se créent comme ça,
00:56:17qui sont des charlatans,
00:56:18je le dis.
00:56:19Donc on invite
00:56:20justement
00:56:22avoir un guichet unique
00:56:23permet qu'on sorte
00:56:25et après,
00:56:26si la boîte a envie
00:56:27de se faire accompagner
00:56:28et que c'est un choix,
00:56:29problème,
00:56:29chacun peut le faire.
00:56:30Enfin,
00:56:31bien sûr,
00:56:31il y en a qui viennent
00:56:32s'agresser
00:56:32dans le dos de la tête.
00:56:32Les chasseurs de primes, quoi.
00:56:34Oui, c'est ça,
00:56:34bien sûr.
00:56:35Alors tu as nommé
00:56:38un de ces dispositifs
00:56:41qui est le crédit
00:56:41d'impôt recherche.
00:56:43Qu'est-ce que la commission
00:56:45retient de ce crédit
00:56:47d'impôt recherche
00:56:47qui est assez décrié
00:56:48dans le sens où
00:56:49on ne sait pas trop
00:56:50ce que ça finance
00:56:51et on ne sait surtout pas
00:56:53si c'est très productif,
00:56:55efficace ?
00:56:56Alors,
00:56:57nous,
00:56:57ce qu'on demande,
00:56:58c'est une meilleure
00:56:59suivie et évaluation
00:57:00de tous les dispositifs.
00:57:02Comme ça,
00:57:02on sait si c'est efficace
00:57:03ou non
00:57:03parce qu'aujourd'hui,
00:57:04en réalité,
00:57:05on n'en sait rien.
00:57:06Donc il faut évaluer.
00:57:07Le crédit d'impôt recherche,
00:57:08c'est 8 milliards d'euros.
00:57:09C'est une des premières
00:57:09dépenses fiscales du pays.
00:57:12Nous,
00:57:12on a vu quoi ?
00:57:13D'abord,
00:57:15on n'a pas besoin
00:57:15de faire de la recherche
00:57:16en interne.
00:57:18On peut
00:57:19la sous-traiter.
00:57:20Et on peut même
00:57:21la sous-traiter
00:57:21au sein de l'Union européenne
00:57:22parce que le droit européen
00:57:23fait que si vous sous-traitez,
00:57:25il faut l'ouvrir
00:57:26à l'ensemble
00:57:26de l'Union européenne
00:57:27jusqu'à 30%.
00:57:28Donc nous,
00:57:29on propose
00:57:30de restreindre ce périmètre
00:57:31pour vraiment
00:57:32faire la recherche
00:57:33en interne
00:57:34et en France.
00:57:35La deuxième question,
00:57:36on s'aperçoit
00:57:36qu'il y a des secteurs
00:57:39qui jouent sur les mots.
00:57:41Donc on propose
00:57:41d'exclure
00:57:42un certain nombre
00:57:43de secteurs.
00:57:43Par exemple,
00:57:44lorsque j'ai été rencontrer
00:57:45les agents
00:57:46de la DGFIP,
00:57:47la DVNI,
00:57:48qui s'occupe
00:57:48des grandes entreprises,
00:57:49m'ont dit,
00:57:50voilà,
00:57:50il y a des grandes enseignes,
00:57:52bon,
00:57:52ils font du crédit
00:57:53d'impôt recherche
00:57:54sur l'expérience client,
00:57:56vous savez,
00:57:56le fait qu'ils tournent
00:57:57dans tous les rayons.
00:57:59Donc il y a des choses
00:57:59qu'on peut exclure
00:58:00du périmètre.
00:58:01Enfin,
00:58:02à l'inverse,
00:58:03on propose
00:58:04que ceux qui font
00:58:04de la recherche
00:58:05en France,
00:58:06s'ils industrialisent
00:58:08la question,
00:58:09on leur donne
00:58:09un bonus.
00:58:10Pourquoi ?
00:58:11Par exemple,
00:58:11ST Microélectronique,
00:58:12je reviens,
00:58:13font des puces,
00:58:14des microprocesseurs,
00:58:16des semi-conducteurs,
00:58:18pour être plus carré.
00:58:21Ils ont développé
00:58:22un nouveau semi-conducteur
00:58:23à Tours
00:58:24avec le crédit
00:58:25d'impôt recherche.
00:58:26Ils avaient décidé
00:58:26de l'industrialiser
00:58:27à côté de Tours.
00:58:28Puis finalement,
00:58:29ils décident,
00:58:30au bout de 8 ans,
00:58:30de l'industrialiser
00:58:31en Chine.
00:58:33Bon,
00:58:33nous,
00:58:34on propose
00:58:34de donner un bonus
00:58:36s'il reste,
00:58:37évidemment,
00:58:37en France,
00:58:37parce qu'il faut
00:58:38de la recherche
00:58:39et développement en France,
00:58:40mais aussi
00:58:40de l'industrialisation.
00:58:42Et toutes ces préconisations,
00:58:43là, je vois,
00:58:44il y a une question
00:58:45de charif tout court,
00:58:47il me semble.
00:58:48Est-ce que ça doit
00:58:50passer par une loi
00:58:52ou des dispositifs législatifs,
00:58:54tout ce que vous préconisez ?
00:58:55Alors,
00:58:55il y a des choses
00:58:56qui peuvent être mises
00:58:57directement par les entreprises.
00:58:58Par exemple,
00:58:59je reprends ça,
00:59:00le CSE,
00:59:01donner les chiffres.
00:59:02L'entreprise,
00:59:03si elle a envie de le faire,
00:59:04elle peut le faire.
00:59:04Elle n'est pas obligée
00:59:05d'attendre la loi.
00:59:07Alors,
00:59:08si on ne le passe pas
00:59:10par la loi,
00:59:10un certain nombre
00:59:11ne le feront pas.
00:59:11Donc,
00:59:12il y a des choses législatives.
00:59:14Donc,
00:59:14on demande au gouvernement
00:59:16de faire un projet de loi,
00:59:18mais s'ils ne le font pas,
00:59:19on déposera une proposition
00:59:20de loi transpartisane.
00:59:21Il y a des choses
00:59:22qui sont plutôt
00:59:23du domaine réglementaire.
00:59:24Donc là,
00:59:24le gouvernement peut prendre
00:59:27un décret
00:59:28et décider de le faire.
00:59:29Bon,
00:59:29il y a des choses
00:59:30qui sont soit
00:59:31du domaine réglementaire,
00:59:33soit du domaine législatif,
00:59:35soit des bonnes pratiques.
00:59:37Bon,
00:59:37par exemple,
00:59:39créer un guichet unique
00:59:40pour les entreprises,
00:59:41ça,
00:59:42ce n'est pas le législatif,
00:59:43c'est le réglementaire.
00:59:45L'État doit dire,
00:59:46bon,
00:59:46maintenant,
00:59:46on arrête
00:59:47d'empiler ça,
00:59:48amorce un travail,
00:59:49peut-être sur 18 mois
00:59:50pour créer,
00:59:51évidemment.
00:59:52Mais tout est listé,
00:59:54toutes les recommandations,
00:59:55il y a notre recommandation,
00:59:57le temps,
00:59:58il y a des choses
00:59:59qui peuvent être faites
00:59:59de suite,
01:00:00d'autres jusqu'en 2030,
01:00:02est-ce que c'est du domaine
01:00:03réglementaire,
01:00:03législatif,
01:00:04tout est pointé
01:00:05et tout est documenté
01:00:06dans ce que nous proposons.
01:00:08Et petite dernière question,
01:00:10parce qu'on arrive
01:00:11au bout du bout.
01:00:12Je ne voudrais pas faire croire
01:00:14que ces 211 milliards
01:00:16donnent lieu
01:00:16à une fraude massive.
01:00:18Ce que dit le rapport,
01:00:20c'est que les contrôles,
01:00:21aussi bien de l'URSSAF
01:00:23que des agents
01:00:25des finances publiques,
01:00:27ils existent
01:00:28et ils sont efficaces.
01:00:29Ah oui,
01:00:29oui,
01:00:29mais personne n'a parlé
01:00:31de fraude.
01:00:33Il pourrait en exister
01:00:34comme partout.
01:00:35Bon,
01:00:36mais ce n'était pas
01:00:36le seul sujet.
01:00:37Et évidemment,
01:00:38le contrôle fiscal
01:00:40est extrêmement rigoureux
01:00:41en France.
01:00:42J'ai rencontré
01:00:43les agents
01:00:43qui font un travail
01:00:44extraordinaire,
01:00:45que je salue
01:00:45s'ils nous écoutent,
01:00:47même si je pense
01:00:48qu'il faudrait
01:00:48qu'ils soient plus
01:00:49pour faire mieux
01:00:49leur travail.
01:00:51Et voilà.
01:00:52Donc ça,
01:00:53ça existe.
01:00:54Ce qui dysfonctionne,
01:00:56c'est qu'il y a
01:00:57une opacité
01:00:58sur le montant
01:00:59et les volumes.
01:01:00Ce qui dysfonctionne,
01:01:01c'est qu'on ne conditionne pas
01:01:03à un objectif clair,
01:01:05qu'on donne de l'argent
01:01:06sans condition,
01:01:07donc on ne peut pas
01:01:07après les vérifier.
01:01:08C'est par exemple
01:01:09l'affaire du CICE.
01:01:10Les patrons,
01:01:11ils ont dit
01:01:11« Mais M. Guet,
01:01:12vous êtes mignon,
01:01:13mais nous,
01:01:13on nous a donné de l'argent,
01:01:14on ne nous a jamais demandé
01:01:15de créer de l'emploi. »
01:01:16Ça, c'était la communication
01:01:17politique,
01:01:18le badge.
01:01:19Mais bon,
01:01:19donc il est difficile
01:01:20de reprocher
01:01:21à des chefs d'entreprise
01:01:23de ne pas respecter
01:01:23des conditions
01:01:24qui n'existaient pas.
01:01:25Donc voilà,
01:01:26et mieux suivre
01:01:27et mieux évaluer.
01:01:27Mais le contrôle fiscal,
01:01:29évidemment,
01:01:30fonctionne en France
01:01:31et des entreprises
01:01:32qui fraudent,
01:01:33oui.
01:01:34Alors par contre,
01:01:35pour la première fois
01:01:36dans les recommandations,
01:01:37on propose
01:01:37qu'une entreprise
01:01:39définitivement condamnée,
01:01:40pour fraude fiscale,
01:01:41travail illégal,
01:01:42discrimination systémique
01:01:43ou en tête en l'environnement
01:01:44ou non-publication
01:01:45de leurs comptes,
01:01:47ne puissent pas concourir
01:01:48pendant deux ans
01:01:48aux aides publiques.
01:01:49Ça par contre,
01:01:50c'est fondamental.
01:01:51Si tu es attrapé
01:01:52et que tu es condamné,
01:01:54pendant deux ans,
01:01:55tu ne peux pas avoir
01:01:56d'aide publique.
01:01:58Et puis,
01:01:59je finis par les deux
01:02:01recommandations
01:02:02qui me tiennent à cœur
01:02:02sur la responsabilisation.
01:02:04Il y a,
01:02:05pour la première fois,
01:02:06on a arrivé à se mettre
01:02:06d'accord avec la droite
01:02:08sur,
01:02:08en cas de délocalisation
01:02:10partielle ou totale.
01:02:12Ça me concerne,
01:02:13puisque la boîte
01:02:14MaFrance,
01:02:14que tu as suivi,
01:02:15d'ailleurs,
01:02:16dans le 93,
01:02:17a été délocalisé en Turquie,
01:02:19que l'entreprise
01:02:21rembourse
01:02:21toutes les aides publiques
01:02:22sur les deux dernières années.
01:02:24Je pense que ça,
01:02:25c'est un point
01:02:27essentiel
01:02:27dans la bataille idéologique.
01:02:28que ça fait des années
01:02:29et des années
01:02:29que les syndicats,
01:02:30la gauche,
01:02:31le Colombique,
01:02:32donc pour la première fois.
01:02:33Et enfin,
01:02:33une proposition
01:02:35qui est apparue,
01:02:35d'ailleurs,
01:02:36je tiens à saluer,
01:02:36c'est Daniel Fargeau,
01:02:38sénateur centriste,
01:02:39parce que j'avais le débat
01:02:40sur les dividendes.
01:02:40Il dit,
01:02:41mais pourquoi on ne déduirait pas
01:02:43le montant des aides publiques
01:02:44du montant distribuable
01:02:45de dividendes
01:02:46aux actionnaires ?
01:02:47Donc j'ai repris ça,
01:02:49je le renvoie.
01:02:51Il y a un milliard d'euros
01:02:53de montant distribuable
01:02:54à l'âge des actionnaires.
01:02:55L'entreprise a touché
01:02:56200 millions d'aides publiques
01:02:58hors exonération de cotisation.
01:03:00C'est un peu le compromis
01:03:01qu'on a trouvé.
01:03:02Eh bien,
01:03:03vous faites un milliard
01:03:04moins de 200 millions
01:03:05et vous ne pouvez plus
01:03:06que distribuer
01:03:08les 800 millions.
01:03:09Avec l'idée,
01:03:10l'argent public
01:03:11ne peut pas servir
01:03:12les actionnaires.
01:03:13Elle doit servir
01:03:14les salaires,
01:03:14l'emploi,
01:03:15l'investissement.
01:03:16La transition.
01:03:17C'est super, ça.
01:03:19Dans le combat idéologique,
01:03:21j'ai pris.
01:03:22Bon, super.
01:03:23Et on s'est tous mis
01:03:24d'accord sur cette idée.
01:03:25D'ailleurs,
01:03:26le président Hedman
01:03:26a redit hier cette phrase
01:03:28« L'argent public
01:03:29ne doit pas servir
01:03:29les actionnaires
01:03:30en France Info. »
01:03:31Comme moi,
01:03:32je trouve ça bien
01:03:33qu'on arrive à se mettre
01:03:33d'accord sur cette question-là.
01:03:35Ouais, ouais.
01:03:35Tu t'attendais
01:03:36à ce résultat ?
01:03:37En vrai ?
01:03:39Ouais.
01:03:42Je ne savais pas
01:03:43où on allait aller.
01:03:44Je me suis lancé
01:03:45dans le truc,
01:03:45je me suis dit
01:03:46on va voir.
01:03:49Franchement,
01:03:49le verre est à 95% rempli.
01:03:51Ouais,
01:03:52je le dis,
01:03:52dans la batte,
01:03:53je redis,
01:03:54parce qu'il y a des copains,
01:03:56franchement,
01:03:57tous les camarades
01:03:58sont satisfaits,
01:03:59je vois que toute la gauche
01:04:00le reprend,
01:04:00le parti,
01:04:01tous les syndicats,
01:04:02tant mieux.
01:04:03Et d'ailleurs,
01:04:03ce chiffre ne m'appartient plus.
01:04:05Ce rapport appartient
01:04:06à tous ceux
01:04:06qui s'en saisissent.
01:04:08si on m'avait dit
01:04:09il y a six mois
01:04:10qu'on allait commencer
01:04:10qu'on allait finir
01:04:11par remboursement
01:04:13en cas de délocalisation,
01:04:15l'argent public
01:04:15ne peut pas servir
01:04:16les actionnaires,
01:04:18transparence,
01:04:18etc.,
01:04:19etc.,
01:04:19je me disais,
01:04:20attendez,
01:04:20on va voir,
01:04:22vu le panel
01:04:24de la commission,
01:04:25non,
01:04:25je suis hyper satisfait.
01:04:27Franchement,
01:04:28d'abord,
01:04:28ça a été un immense boulot.
01:04:30Moi,
01:04:30j'y ai consacré
01:04:31vraiment six mois.
01:04:33C'est vrai qu'on n'a pas
01:04:33beaucoup vu au journal.
01:04:34Ouais,
01:04:35à temps plein.
01:04:35Non,
01:04:35mais je le dis ici,
01:04:36d'ailleurs.
01:04:37Ici,
01:04:37je suis bénévole.
01:04:38On dit,
01:04:39parce que certains pensent
01:04:40que je collecte,
01:04:41je suis bénévole,
01:04:41mais je suis assez présent,
01:04:43voilà,
01:04:44je fais les deux.
01:04:45Et c'est vrai
01:04:45que j'ai été peu présent
01:04:46parce que ça m'a
01:04:48omnibulé
01:04:48pendant six mois,
01:04:49mais c'était super.
01:04:50J'ai adoré faire ça
01:04:52et maintenant,
01:04:52je vais le faire vivre.
01:04:54c'est une nouvelle période
01:04:56qui s'ouvre.
01:04:57Non,
01:04:57si on m'avait dit
01:04:58qu'on allait chuter,
01:04:59arriver sur ça,
01:05:00j'aurais mis 100 balles.
01:05:01J'aurais dit,
01:05:02ouais,
01:05:02je veux bien
01:05:03qu'on arrive sur ça.
01:05:04Donc,
01:05:05non,
01:05:05super.
01:05:06Mais il y a eu du boulot,
01:05:07du boulot,
01:05:08persuasion aussi.
01:05:09Puis les auditions,
01:05:10pour montrer,
01:05:11toutes celles qu'on vient de citer,
01:05:13il y a des choses
01:05:13qui ont secoué.
01:05:15On n'a pas parlé
01:05:16sur les Outre-mer
01:05:17parce que,
01:05:18tu vois,
01:05:18mais les deux auditions
01:05:20des patrons des Outre-mer,
01:05:21elles ont pas mal secoué aussi
01:05:22parce que,
01:05:23là,
01:05:23il y a tous les débats
01:05:24sur la transparence des marges,
01:05:25etc.,
01:05:26etc.
01:05:26Je salue nos compatriotes
01:05:28ultramarins
01:05:28s'il y en a qui nous écoutent.
01:05:30Et celles-là aussi,
01:05:31elles ont fait beaucoup jacter.
01:05:32C'est un combat
01:05:33qu'on doit continuer à mener.
01:05:34Il y a quelqu'un qui demande
01:05:35est-ce que c'est la première fois
01:05:36que vous vous sentez
01:05:37aussi utile
01:05:38en tant que sénateur ?
01:05:39Ah !
01:05:41C'est une grosse question,
01:05:44son utilité.
01:05:45Il y a des fois
01:05:46où il y a des matins,
01:05:49ça ne m'arrive pas souvent,
01:05:50mais on baisse un peu les bras.
01:05:51On passe des jours
01:05:52et des jours entiers,
01:05:53la loi du plan,
01:05:55le truc,
01:05:55le budget,
01:05:56on se fait battre.
01:05:57Bon,
01:05:58je vous avoue,
01:05:58de 9h du matin
01:05:59à 2h du lendemain.
01:06:03Moi,
01:06:04je me sens utile
01:06:05auprès des gens
01:06:05quand je porte leur combat,
01:06:07quand je suis auprès
01:06:09d'une boîte en lutte,
01:06:10quand j'aide à arriver
01:06:12une famille
01:06:12à trouver un logement.
01:06:14Je m'occupe beaucoup
01:06:15de gens privés de papiers,
01:06:16de sans-papiers,
01:06:18quand la préfecture,
01:06:19après X semaines de combat,
01:06:21arrive à délivrer.
01:06:22Bon,
01:06:22bref,
01:06:23je me sens utile,
01:06:24mais bon,
01:06:25là,
01:06:25c'est vrai que c'est
01:06:26une des premières fois
01:06:27où du coup,
01:06:28non,
01:06:29mais moi,
01:06:29je me suis éclaté.
01:06:31Je vais même vous dire
01:06:32un truc.
01:06:33Moi,
01:06:33je suis parent ouvrier.
01:06:36Toute ma famille
01:06:36est ouvrier.
01:06:38Mes beaux-frères,
01:06:40mes cousins
01:06:40sont encore ouvriers.
01:06:41Il y avait un peu
01:06:42un effet catharsis
01:06:43à prendre des gants
01:06:44de patrons
01:06:45et à leur demander
01:06:47entre,
01:06:47j'aime pas le mot,
01:06:48mais il y en a
01:06:49qui ont utilisé ça,
01:06:50demander des comptes.
01:06:51Bon,
01:06:51c'est le pot de terre
01:06:53contre le pot de fer,
01:06:54quoi.
01:06:54Il y avait un peu ça,
01:06:55quoi.
01:06:55Il y avait un peu
01:06:57question de revanche sociale
01:06:58pour beaucoup de gens.
01:06:59à travers le boulot
01:07:00qu'on faisait.
01:07:01Donc,
01:07:02c'est vrai que,
01:07:03ouais,
01:07:03ouais,
01:07:04c'est parmi,
01:07:06en huit ans,
01:07:08d'être parlementaire,
01:07:10un des meilleurs moments.
01:07:11Un des meilleurs moments.
01:07:14Et à côté de luttes victorieuses,
01:07:16etc.
01:07:16Mais,
01:07:16ouais,
01:07:17ouais,
01:07:18c'est super.
01:07:20Et tu penses que ça va créer
01:07:21une nouvelle dynamique
01:07:21au sein du Sénat ?
01:07:22Là,
01:07:23tout à l'heure,
01:07:23tu parlais peut-être
01:07:23de victoire idéologique.
01:07:24Est-ce que tu penses
01:07:25qu'il y a d'autres sujets
01:07:26qui vont venir sur la table
01:07:27maintenant ?
01:07:28Que les entendres
01:07:29seront peut-être plus simples ?
01:07:30Ben,
01:07:31au moins,
01:07:31sur les recommandations,
01:07:32moi,
01:07:33je vais tenir à ce que,
01:07:34je redis,
01:07:35voter à l'unanimité.
01:07:37Donc,
01:07:37par exemple,
01:07:38dans un an,
01:07:38je viendrai faire
01:07:39le bilan des 26.
01:07:41Est-ce qu'il y en a
01:07:42qui ont avancé,
01:07:42pas avancé,
01:07:43en cours,
01:07:44et essayer,
01:07:45au fur et à mesure,
01:07:46de suivre l'avancée ?
01:07:48Moi,
01:07:49j'y tiens
01:07:49comme ma prunelle de mes yeux.
01:07:51Elles ne sont plus
01:07:51pas seulement les miennes
01:07:53ou de la gauche.
01:07:55Elles sont 19.
01:07:57Donc,
01:07:58par exemple,
01:07:59il va y avoir
01:07:59tout un débat budgétaire.
01:08:02J'espère qu'on va signer
01:08:03des amendements en commun.
01:08:04Puis après,
01:08:05il y a des débats
01:08:05sur les exonérations
01:08:06de cotisations patronales.
01:08:08On n'a pas réussi
01:08:09à se mettre d'accord.

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