- il y a 10 heures
Carole Koman et Romain Maciak sont respectivement salariés chez Auchan et Michelin depuis de nombreuses années. Face aux licenciements qui frappent dans leurs entreprises, ils racontent leurs luttes dans "Ça ira !".
Avec Lumi, Cyprien Boganda, présenté par Mejdaline Mhiri et Théo Bourrieau.
00:00 Présentation des invités
04:17 Reportage mobilisation Auchan
18:25 La responsabilité de la famille Mulliez
22:33 Carte des emplois menacés
28:28 Témoignage d'employé.e.s d'une usine de chimie
38:18 Emploi : quelles solutions politiques ?
40:37 Michel Barnier et l'aide publique
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NewsTranscription
00:00Je vous le disais en commençant cette émission, on a fait le choix de revenir sur la vague terrible de
00:04licenciements
00:04partout en France, Valeo, Michelin, Vancorex, Carrefour, Arcelor, Hormontal, Auchan.
00:09Il y en a beaucoup, beaucoup trop évidemment. En tout, c'est près de 300 plans de licenciements
00:13dans plein de secteurs différents et entre 200 et 300 000 emplois menacés.
00:17On va discuter de tout ça avec nos invités. On accueille Carole Coman, caissière à Auchan, élu CGT.
00:23Bonjour Carole, asseyez-vous. Et Romain Bastiaque, technicien à Michelin, également élu CGT.
00:28Bonjour, installez-vous. Et avec tout ça, Cyprien Boganda, chef adjoint de la rubrique Capital Travail de l'Humanité.
00:34Un Cyprien qui remplace un autre Cyprien. Je pense qu'à la télé, nous n'avons jamais vu ça.
00:39Bonjour, attendez, bonjour Carole. Bonjour Romain, comment vous allez ?
00:42Ça va.
00:43Ouais, ça va. Content d'être là ?
00:45Oui, bien sûr.
00:46Ouais, vous avez fait bon voyage ?
00:47Parfait.
00:48Super. Alors peut-être, Cyprien, d'abord, est-ce que tu peux nous expliquer en quoi Michelin et Auchan sont
00:54un petit peu emblématiques
00:55de la situation qui se passe en ce moment ?
00:58Ouais, on s'est dit que c'était très important de vous avoir tous les deux sur le plateau avec
01:01nous.
01:01Parce qu'en fait, vos deux histoires, elles disent quelque chose du choc social qu'on est en train de
01:05vivre.
01:06Parler d'Auchan et de Michelin, c'est parler de toute une série de problématiques qui sont au cœur de
01:10l'actualité aujourd'hui.
01:11Il y a la casse sociale, bien sûr.
01:13Il y a le scandale des aides publiques accordées aux entreprises sans contrepartie.
01:16Et puis, il y a plus généralement la violence du choc entre le capital et le travail.
01:20Et puis, vos deux entreprises, en fait, appartiennent à deux des secteurs économiques qui sont les plus sinistrés.
01:25Plus exactement, qui détruisent le plus d'emplois.
01:27On verra au cours de l'émission si ce sont vraiment des secteurs sinistrés.
01:30Pour commencer, j'ai une première question très simple à vous deux.
01:33Est-ce que vous pourriez nous dire, l'un comme l'autre,
01:35comment vous avez appris que votre entreprise prépare un énorme plan de suppression d'emplois ?
01:39Je ne sais pas qui veut commencer.
01:41J'importe.
01:42Bon, allons-y gaiement.
01:44Comment on l'a appris en premier temps ?
01:47On l'a appris par médias, par voie médiatique.
01:52Donc, au début, on a pensé que c'était une rumeur,
01:54mais comme ça, ça s'est accentué au fil de l'eau.
01:57On a compris que c'était une réalité,
01:59que les informations avaient fuité.
02:02Je pense que c'était redescendu du national.
02:05Mais quand vous dites les médias,
02:08ça veut dire que la direction ne vous a pas prévenu ?
02:09Du tout.
02:10Du tout.
02:11On a appris comme tous les citoyens lambda,
02:16à la télé ou à la radio.
02:18Et quand vous avez demandé ce qu'il en était,
02:20qu'est-ce qu'on vous a répondu ?
02:21Vous avez eu des réponses tout de suite, des clarifications ?
02:24Non, pas du tout.
02:27Du tout.
02:28Et quand ça s'est accentué,
02:29ils étaient mis devant le fait accompli.
02:32Mais au niveau de notre direction,
02:33il n'y a pas eu plus de précision.
02:37pour nous dire réellement la situation qui se préparait.
02:43Ça dit quelque chose de la conception du dialogue social,
02:46du non-dialogue social.
02:48Et pour vous, Romain, est-ce que ça a été le cas aussi ?
02:50Nous, les bruits ont commencé à courir dès le jeudi,
02:53la semaine d'avant.
02:56Des camarades nous ont alertés
02:57parce que les bruits couraient sur Cholet
02:58et les bruits sont venus d'au-dessus,
03:00de la préfecture, sous-préfecture, des RG.
03:03Donc, c'est redescendu.
03:04Après, Michelin a toujours procédé comme ça.
03:05Ils informent déjà à l'extérieur
03:07pour mettre dans la tête de la population
03:10qu'il va y avoir quelque chose.
03:12Et donc, après, c'est descendu jusqu'aux élus de nos sites
03:15qui nous ont alertés.
03:16On a appelé la direction dès le jeudi.
03:17La direction nous a dit
03:18qu'on ne peut rien vous dire pour l'instant.
03:21Et par contre, après, il y a eu Fabien Roussel
03:23le dimanche sur France 3
03:25qui a annoncé en direct
03:27la fermeture de l'usine de Cholet et de Vannes.
03:29Donc, dès le lundi, retour au boulot,
03:32on a appelé la direction
03:33et la direction nous a dit que la fumée
03:34allait bientôt sortir.
03:34Elle est sortie dès le lendemain.
03:36Ça précipitait un peu.
03:37Les paroles de Fabien Roussel
03:38ont précipité un peu les annonces.
03:40Mais ça, ça devait se faire.
03:42Donc, les salariés,
03:43qu'ils la prennent le mardi
03:44ou qu'ils la prennent le jeudi,
03:45c'est pareil,
03:45mais il fallait faire les annonces
03:46et les salariés n'avaient marre
03:47d'attendre la sentence.
03:52Donc, aujourd'hui,
03:52ça fait 1254 salariés licenciés.
03:55Juste pour mesurer la dinguerie de la chose,
03:57c'est les RG qui vous l'ont appris
03:59avant la direction ?
04:00Oui, les RG,
04:01parce que les RG l'ont appris
04:02par la préfecture.
04:03Donc, après, ça a redescendu.
04:07Avant de continuer à discuter,
04:09on va regarder un petit reportage
04:10de Franck Cartelet.
04:11Ça permettra des images du terrain
04:13de là où vous avez milité.
04:15On regarde ça
04:16et puis on en discute après.
04:17Auchan, Michelin, Valeo,
04:19Emma France, Vancorex,
04:20mais aussi de nombreux secteurs
04:22comme la métallurgie,
04:23le commerce ou la chimie.
04:24La France est frappée
04:26par une vague de plans sociaux
04:27sans précédent.
04:28Et la CGT alerte.
04:29J'ai rencontré Michel Barnier
04:31avant son discours de politique générale.
04:33Donc, tout début octobre,
04:35je lui ai remis une liste
04:36de 180 plans de licenciement.
04:37Aujourd'hui, nous sommes à 300.
04:39Ça fait plus d'un nouveau plan
04:41de licenciement chaque jour.
04:42Il faut mettre fin
04:43à cette saignée industrielle.
04:45Michelin, tes salariés sont là !
04:47Ton pays est seul !
04:49On n'en veut pas !
04:50Au tout départ, Michelin,
04:51c'était une entreprise familiale
04:53et tout,
04:53mais c'est vers là,
04:54elles sont parties avec l'actionnariat.
04:55À partir du moment
04:56où ils sont rentrés
04:57dans ce monde capitaliste,
04:58les actionnaires,
04:59là, il n'y a plus de famille.
05:00Maintenant, on est juste à matricule.
05:01On pensait plus
05:02à une réduction du personnel,
05:04mais pas une fermeture complète.
05:06On dit qu'on a fait
05:07beaucoup d'efforts
05:07et ça fait mal.
05:09Pour la centrale syndicale,
05:10le prochain gouvernement
05:12devra impérativement
05:13changer de politique sociale.
05:15Ce qui nous intéresse,
05:16c'est le scénario.
05:17Si François Bayrou
05:18abroge la réforme des retraites,
05:20ça montrera qu'il a su
05:21renouveler son logiciel.
05:22Donc, c'est très positif.
05:24Et ça montre,
05:25ça sera encore une preuve
05:26de la plasticité du cerveau,
05:27quel que soit l'âge.
05:27C'est très important.
05:35L'entreprise, aujourd'hui,
05:36elle génère encore des profits.
05:37Elle a perçu,
05:38pendant la période 2013-2018,
05:40un demi milliard
05:41d'aides publiques d'État
05:42qui sont conditionnées,
05:43normalement,
05:44à préserver l'emploi,
05:45à la recherche technologique.
05:47Malheureusement,
05:47chez Océan,
05:48depuis 2009,
05:48on empile les PSE.
05:50À la queue de l'oeuf,
05:50qui plonge des milliers de familles
05:51dans le désarroi,
05:52avec Seul pour Horizon France Travail.
05:54Quand Auchan est obligé
05:55de verser plus d'un milliard
05:56de dividendes,
05:57c'est-à-dire le groupe
05:58se porte très bien,
05:59c'est un choix politique.
06:00Par contre, nous,
06:01on risque le chômage
06:02et après,
06:03on va nous mettre
06:03dans des casques,
06:04en quoi c'est les chômeurs
06:05qui ne créent pas
06:05de la richesse dans ce pays.
06:11C'est bien vous qu'on voyait,
06:12Carole,
06:12à la fin du reportage.
06:13Qu'est-ce que ça fait
06:14de revoir ces images de lutte
06:16avec vos collègues ?
06:18C'est une continuité
06:19puisqu'on y est encore.
06:20Et ce n'est pas derrière nous,
06:22c'est devant nous.
06:23Donc, pour l'instant,
06:24les camarades sont encore en place,
06:25ils continuent à travailler.
06:27On sait que le PSE,
06:28les conditions du PSE
06:29vont être annoncées
06:29début janvier.
06:31Donc,
06:32ils vont passer des fêtes
06:35franchement lunaires
06:36parce qu'ils ont décidé
06:37d'annoncer ça maintenant.
06:38Donc, on voit un peu
06:40le système machiavélique
06:41qu'ils sont en train
06:42de mettre en place.
06:43Et puis,
06:44c'est chez nous.
06:45Là, pour le coup,
06:46il y a neuf personnes
06:47à Val-de-Fontenay,
06:48au champ,
06:48en tout cas,
06:49mon hypermarché.
06:50Et pour neuf personnes
06:52et dont une personne
06:53qui va être à la retraite
06:54dans deux ans.
06:57Comment ça se passe,
06:58la mobilisation ?
06:59On continue la mobilisation.
07:01On essaye de mettre
07:03des actions en place.
07:07Ce n'est pas simple.
07:09Ce n'est pas un individuel,
07:10c'est un collectif.
07:11Donc, il faut motiver aussi
07:13les salariés
07:14qui ne sont pas menacés
07:15directement,
07:17concrètement,
07:18par ce PSE.
07:19Mais on essaye
07:19de leur expliquer
07:20que la machine est lancée.
07:21Donc, il faudrait quand même
07:23qu'ils bougent un petit peu.
07:24Ça s'appelle de la solidarité
07:25puisque le problème d'autrui
07:27sera le vôtre demain.
07:29D'ailleurs, dans le chat,
07:30il y a quelqu'un qui dit
07:31qu'il faudrait peut-être
07:31arrêter avec l'expression
07:32plans sociaux
07:33parce qu'effectivement,
07:34ça n'a probablement
07:35que le nom.
07:36Qu'est-ce que vous en pensez ?
07:37Ah, bien sûr.
07:38On est là pour ça
07:39aujourd'hui, justement.
07:40Parce que ce n'est plus
07:41des plans sociaux,
07:42ce n'est pas une avancée,
07:43c'est de la régression,
07:45c'est toujours taper
07:46sur le salarié,
07:47toujours raboter
07:48dans le salarié,
07:49dans les petites mains
07:50parce que les actionnaires
07:51continuent à s'en mettre
07:52plein la fouille.
07:53Il faut bien qu'on se le dise.
07:54Donc, à un moment donné,
07:54il faut qu'ils arrêtent
07:55de prendre les gens
07:55pour des abrutis
07:57parce que si Mulier,
07:58aujourd'hui,
07:58il en est là,
08:00je ne l'attaque même pas
08:01directement le fondateur
08:03parce que jusqu'ici,
08:05entre guillemets,
08:06il nous avait comme respecté
08:07mais s'il nous avait
08:08vraiment respecté,
08:09on n'en serait pas là
08:10parce qu'il aurait dû
08:11préparer le terrain.
08:13On va discuter un peu
08:14plus tard de cette fameuse
08:17famille Mulier.
08:18Oui, de cette fameuse famille.
08:19Peut-être avant,
08:20tu avais une question
08:20sur les conditions de travail.
08:22Effectivement,
08:22on va rentrer dans le dur
08:23après des stratégies
08:24de vos groupes
08:24pour essayer de comprendre
08:25qu'est-ce qui les amène,
08:26comment ils justifient
08:27les suppressions d'emploi.
08:28Mais on avait des questions
08:30à vous poser
08:30sur les conditions de travail,
08:32tout simplement.
08:33Oui.
08:33puisque vous,
08:35vous gagnez 1200 euros
08:36par mois
08:38en tant que caissière.
08:39Est-ce que vous pourriez
08:40nous dire
08:40à quoi ressemble
08:41le quotidien
08:41d'une caissière
08:42chez Auchan
08:43d'autant qu'on dit
08:43hôtesse,
08:44relations clients,
08:44je crois que c'est
08:45la formule consacrée.
08:46La dernière.
08:47Oui, parce que ça a
08:48beaucoup changé.
08:49C'était caissière
08:51comme on a tous connu
08:53depuis la nuit des temps.
08:54Après,
08:55ils se sont dit
08:55on va enjoliver
08:57comme si c'était une honte
08:58mais pas du tout
08:58parce que bon,
08:59quand on disait caissière,
09:01il y avait les salaires
09:01qui suivaient quoi,
09:02pas les salaires
09:03il y avait un système
09:04qui était mis en place
09:05qui faisait
09:06qu'on y arrivait.
09:08On n'était pas
09:09en train de survivre,
09:10on vivait.
09:11Après,
09:11ils ont mis
09:11hôtesse de caisse
09:12histoire de faire joli
09:14et là,
09:15on commençait déjà
09:16à tomber dans du dur.
09:18Et maintenant,
09:18ils ont mis
09:19hôtesse relation client.
09:21qu'est-ce que ça gagne
09:23ce changement de nom ?
09:24C'est pour valoriser
09:26parce que vous savez bien
09:26l'humain aimait être valorisé
09:28mais si dans la tête
09:29il n'y a rien,
09:31vous voyez ce que je veux dire ?
09:32Laissez caissière
09:33et puis donnez-nous
09:33un peu d'argent.
09:35Parce qu'hôtesse de relation client,
09:37ça ne veut rien dire.
09:38Rien dire du tout.
09:39On savait déjà
09:40qu'on était dans la relation client,
09:41on ne les a pas attendus.
09:43En tout cas,
09:44moi j'ai choisi mon métier,
09:45il n'y a personne
09:45qui me force
09:47à faire quoi que ce soit.
09:48J'ai choisi mon métier,
09:49j'y suis depuis 28 ans.
09:51Donc franchement,
09:52leur appellation...
09:53Le nom a changé
09:54mais pas le salaire.
09:56Et vous avez perdu
09:57beaucoup d'avantages
09:58d'après ce que vous disiez.
09:59Ah oui, oui, oui.
09:59Qu'est-ce que vous avez perdu
10:00en primes ?
10:01Déjà les primes trimestrielles,
10:03il n'en existe plus.
10:05Ils vous donnent
10:06des 5 euros,
10:06des 86 euros,
10:07des 15 euros.
10:09L'actionnariat,
10:10il n'y en a plus.
10:11Ils ont même réussi
10:12à taper dans l'actionnariat.
10:13Il faut le faire.
10:14Donc ce qui avait
10:15été ce que vous aviez
10:17pu acquérir,
10:19une année,
10:20vous aviez quasiment
10:21perdu les trois quarts
10:23et nous expliquer
10:24que ce n'était pas acquis.
10:26C'est quelque chose
10:26que vous avez gagné
10:27mais concrètement,
10:28ce n'est pas ce que vous aviez mis.
10:29Quand on a vu trois chiffres,
10:30on ne veut plus en voir deux.
10:31Je veux dire que,
10:32vous voyez,
10:33à tel point
10:34qu'ils veulent essayer
10:34même de vous lobotomiser.
10:36Maintenant,
10:37s'il y avait de l'argent
10:37sur le compte,
10:39même si on ne fait pas de profit,
10:40on veut garder cet argent-là.
10:42Comment vous pouvez expliquer ?
10:43Excusez-moi.
10:45Non, non,
10:45comment vous pouvez expliquer
10:46que vous allez encore taper
10:47dans l'actionnariat ?
10:48Pour moi,
10:49c'est quelque chose
10:50qui devrait être acquis.
10:52J'allais demander juste,
10:53en plus du problème des salaires,
10:55est-ce que justement
10:55dans les conditions de travail,
10:56est-ce que, par exemple,
10:57il y a des maladies professionnelles ?
10:58Comment ça se passe, justement ?
11:01Il y a beaucoup de maladies professionnelles,
11:02d'athées,
11:04des accidents de travail,
11:07parce que les conditions
11:08sont compliquées.
11:10C'est quoi les maladies
11:11qui sont les plus...
11:12Moi, j'ai...
11:13Andini...
11:13C'est ça,
11:14c'est ce qu'on appelle
11:14les TMS, c'est ça ?
11:15Les problèmes musculosquelétiques.
11:16D'ailleurs,
11:16on a des tableaux bien spécifiques
11:18pour les hôtesses de caisse,
11:20pour les personnes en rayon,
11:21etc.
11:21En tout cas,
11:22pour ma part,
11:22ça s'appelle un tableau 57.
11:24Et dedans,
11:25vous avez toutes les maladies professionnelles
11:27qui peuvent être déclarées.
11:29Dès que ça apparaît dans le tableau,
11:31c'est tout de suite,
11:32automatiquement pris.
11:33Il faut faire la démarche,
11:34bien sûr.
11:34Ce n'est pas automatique.
11:36Il faut que la personne,
11:37le salarié qui est concerné
11:38fasse la démarche.
11:39Mais dans ce tableau-là,
11:41oui, tout est bien listé.
11:41Donc, ça veut dire
11:42qu'il y a des antécédents.
11:43Ils y ont travaillé.
11:44Et ce tableau-là
11:45nous simplifie quand même.
11:46Romain,
11:47c'est le cas aussi
11:47dans votre entreprise ?
11:49Bien sûr.
11:50Bien sûr.
11:51Aujourd'hui,
11:51les salaires ne sont pas très,
11:53très hauts non plus
11:53chez Michelin.
11:54M. Ménégaud a beau
11:55avoir fait des annonces
11:56dans la presse
11:57pour dire que chez Michelin,
11:59on avait un salaire décent.
12:01Florent Ménégaud,
12:02c'était le PDG de...
12:02C'est ça,
12:03c'est le PDG de chez Michelin.
12:04Aujourd'hui,
12:06est-ce qu'avec 1 600 euros par mois
12:07pour une famille de 4 personnes,
12:09même à Clermont-Ferrand,
12:10on arrive à vivre ?
12:11Ou est-ce qu'avec 2 400 euros à Paris
12:12pour 4 personnes,
12:13on arrive à vivre ?
12:14Pour lui, oui.
12:15Il faudra qu'il nous explique comment.
12:16Et c'est facile pour lui.
12:18Il touche 3,5 millions d'euros à l'année.
12:20Donc pour lui,
12:21les fins de mois ne sont pas difficiles.
12:22Aujourd'hui, nous,
12:23les salariés,
12:23au 15 du mois,
12:25ils sont dans le rouge.
12:26Et pourtant,
12:27on est dans une entreprise
12:28qui fait 10 milliards de bénéfices.
12:29On est dans le leader,
12:30chez le numéro 1 mondial du pneumatique.
12:32Aujourd'hui,
12:34Michelin est l'entreprise
12:35qui paye le moins bien
12:35de la branche du caoutchouc.
12:37C'est pas le même salaire décent.
12:38En plus,
12:38il ne concernait pas tout le monde,
12:39contrairement à ce qui avait été annoncé.
12:42À la base,
12:42ça avait été présenté
12:43justement comme quelque chose
12:43qui...
12:44Il y aurait une différence
12:44entre les territoires,
12:45mais ça devait concerner
12:46tous les salariés.
12:47Et en fait,
12:48ce n'était pas le cas,
12:48c'est ça ?
12:48Aujourd'hui,
12:49les annonces étaient faites
12:50pour que même les salariés
12:51des pays étrangers
12:52puissent vivre dignement.
12:54Nous aussi,
12:55on souhaite que les salariés
12:56de Thaïlande,
12:58des pays asiatiques,
12:59de la Pologne,
12:59puissent vivre dignement
13:00de leur travail chez Michelin.
13:01Aujourd'hui,
13:02rien que les salariés français,
13:03ceux qui rentrent au bas de l'échelle,
13:05ne vivent pas dignement
13:06chez Michelin.
13:06Donc l'annonce,
13:09c'est bien beau de faire des annonces,
13:10mais derrière,
13:10c'est que de la com',
13:11c'est que des effets de com'.
13:12Et aujourd'hui,
13:12il y a beaucoup de salariés Michelin
13:13qui ne vivent pas dignement
13:15en travaillant chez Michelin.
13:16Mais en plus,
13:17corrigez-moi si je dis une bêtise,
13:18mais il parlait en fait
13:19de salaire décent
13:20pour dire rémunération décente.
13:21Donc en fait,
13:22c'était le salaire
13:23plus les primes.
13:24Ce n'était pas le salaire
13:25en tant que tel.
13:26C'est ça,
13:26l'arnaque ultime de ce truc.
13:27Lui, il dit que c'est du salaire.
13:28Nous, on dit que c'est
13:29de la rémunération.
13:30Oui, parce qu'aujourd'hui,
13:32les salariés,
13:33il y a beaucoup de salariés
13:34qui ne touchent pas
13:341 600 euros
13:35s'ils ne mettent pas
13:36les primes dedans.
13:37Donc lui,
13:38il parle de salaire.
13:39Nous, on est certain
13:39que c'est de la rémunération.
13:40Il ne nous a pas contredit.
13:42Donc on attend toujours
13:43que M. Ménégo
13:44prenne la parole
13:45pour nous contredire.
13:46Mais on n'y a toujours pas vu.
13:47En plus,
13:48Michelin,
13:48ce n'est pas n'importe
13:49quelle entreprise.
13:49C'est vraiment le temple
13:51de ce qu'on appelait
13:53le paternalisme patronal
13:54au 19e siècle.
13:55Et à l'époque,
13:56en fait,
13:56l'entreprise prenait en charge
13:58les salariés et leurs enfants.
13:59Il y avait des écoles Michelin,
14:00des restaurants Michelin,
14:01des immeubles Michelin,
14:02etc.
14:03Et aujourd'hui encore,
14:06énormément de communication
14:07pour vanter l'exemplarité
14:08de ces pratiques.
14:09Quel effet ça vous fait
14:10de travailler
14:10pour une entreprise humaniste ?
14:12À l'époque,
14:13Michelin avait compris
14:14le système en fait.
14:14Comme vous venez de le dire,
14:16il y avait des restos,
14:17il y avait des crèches,
14:18il y avait même
14:18une grande surface.
14:19Les gens faisaient
14:20les recours chez Michelin.
14:21En fait, Michelin,
14:22l'argent qu'il donnait
14:23à ses salariés,
14:23ça lui revenait dans les poches
14:24parce que tous les salariés
14:26vivaient que chez Michelin.
14:27En fait,
14:27ils faisaient leurs courses
14:28et tout chez Michelin.
14:29Donc en fait,
14:30il leur donnait
14:311500 francs,
14:31il récupérait peut-être
14:321200 francs
14:33à la fin du mois.
14:34Donc il avait tout compris.
14:35Aujourd'hui,
14:35ce côté-là,
14:36il n'existe plus.
14:37Aujourd'hui,
14:37il n'y a plus d'entreprise,
14:38il n'y a plus d'entreprise sociale.
14:39Je ne sais même pas
14:39si ça l'a été un jour.
14:40Mais aujourd'hui,
14:41c'est loin d'être
14:41une entreprise sociale.
14:42On ne peut rien que
14:43avec les maladies professionnelles,
14:44avec les accidents du travail.
14:46Aujourd'hui,
14:46quand on rentre chez Michelin,
14:47on nous donne un badge
14:48avec un numéro au-dessus.
14:50Quand ce numéro
14:50pour Michelin
14:51n'est plus rentable,
14:52on le met dehors.
14:54Allez-y, allez-y.
14:55Dans un autre reportage
14:56qu'a tourné Franck Cartelet,
14:58Carole,
14:58vous disiez qu'à Auchan aussi,
14:59avant,
14:59il y avait de la considération,
15:01de l'écoute,
15:01il y avait de l'humain.
15:02Il y avait une collègue à vous
15:03qui disait
15:04qu'il y avait de l'humain,
15:06on nous écoutait, etc.
15:07Et vous dites aussi,
15:08maintenant,
15:08il nous faut la misère.
15:09Est-ce que vous pouvez
15:10nous parler un peu
15:10de ce changement
15:11de relation
15:12entre la direction
15:13et la salariée ?
15:14C'est venu tout doucement.
15:16Ils ne sont pas arrivés
15:16avec leur gros sabot.
15:17C'est un système
15:18qui est mis en place.
15:22Comment vous expliquer ?
15:23C'est-à-dire que c'est
15:24assez déguisé.
15:26Vous voyez ?
15:27Un salarié
15:28qui va tomber malade,
15:29un salarié
15:30qui ne va pas
15:31accepter
15:31de travailler les fériés,
15:33on va lui faire
15:33un chantage.
15:36Vous voyez ?
15:37Il va demander
15:39un week-end,
15:39on ne va pas lui donner,
15:40alors qu'habituellement,
15:41on lui donnait
15:41quand il était conciliant,
15:43si on peut appeler
15:43ça la conciliance,
15:45parce que c'est volontaire,
15:47normalement.
15:47C'est du volontariat.
15:49Un salarié
15:50qui va s'arrêter
15:51parce qu'il est malade
15:52ou qu'il va vouloir
15:52rentrer,
15:53abandonner son poste
15:54parce qu'il ne peut
15:54vraiment pas.
15:55Celui-là n'aura pas été,
15:57n'aura pas servi
15:59au chef de secteur
16:00ou au manager.
16:02Donc,
16:03automatiquement,
16:03il va avoir tout de suite
16:04le changement,
16:06le changement d'attitude,
16:09la déconsidération.
16:11Au début,
16:12c'était...
16:12Parce qu'il s'est dit,
16:13il ne faut pas leur donner
16:13des sales...
16:14Parce que pour moi,
16:15j'appelle ça
16:15des sales habitudes.
16:16Le salarié,
16:17il pense
16:18qu'en étant conciliant
16:20et docile,
16:23le chef le sera aussi.
16:25Mais tant qu'il sert,
16:26tant qu'il va dans le sens
16:27du responsable,
16:29tout va bien.
16:29C'est après qu'on voit
16:30les vrais visages.
16:31Donc,
16:32on rencontre ce genre
16:33de problème.
16:34Avant,
16:35comme je disais
16:35avec des collègues,
16:36on en parlait,
16:37on nous appelait
16:38pour savoir comment on allait.
16:40Aujourd'hui,
16:40on nous appelle
16:40pour savoir
16:41quand on reprend.
16:43sur la question de la santé,
16:44il y a justement
16:45quelqu'un dans le chat,
16:46Alexandre,
16:47qui demande
16:48quelles sont les solutions
16:49pour les maladies professionnelles
16:51telles que la tendinite.
16:52La solution des patrons
16:53semble être
16:53l'automatisation des postes,
16:55entraînant ainsi
16:56la suppression d'emplois.
16:57Comment utiliser
16:57les progrès technologiques
16:58au bénéfice des caissières ?
17:02Comment utiliser...
17:02Bonne question.
17:04Mais est-ce que moi,
17:05j'ai la solution ?
17:06Je ne pense pas.
17:07Est-ce que par exemple,
17:08le développement
17:08des machines automatiques,
17:10est-ce que c'est une solution
17:10ou est-ce que...
17:12Ou est-ce qu'au contraire,
17:13ça participe
17:13à la supprimer des emplois ?
17:14Bien sûr,
17:15c'est flagrant.
17:17Bien sûr.
17:17Quand vous voyez
17:18que dans un site,
17:19il y a cinq caisses.
17:21Avant,
17:21on n'en avait qu'une,
17:22une caisse.
17:23Une personne,
17:24une caisse.
17:24Ça marchait par paire.
17:26Maintenant,
17:26il y a cinq caisses
17:28pour des fois,
17:29une hôtesse.
17:30Or,
17:30il existe,
17:31ça s'appelle
17:31un parcours d'encaissement.
17:33Quand ils ont mis
17:33des LSA,
17:34des libres services assistés,
17:37caisses libres services assistés,
17:39c'est ça l'appellation,
17:42tout est bien écrit,
17:43tout est bien acté.
17:45Mais entre ce qui est écrit
17:47et la réalité,
17:48il y a un monde.
17:49Donc,
17:49sur un LSA,
17:52sur un poste,
17:53s'il y a cinq caisses,
17:54il y a deux hôtesses.
17:55Au jour d'aujourd'hui,
17:56dans tout le LSA,
17:57quand il y a onze caisses,
17:58des fois,
17:59vous vous retrouvez
17:59avec une hôtesse
18:00ou deux hôtesses.
18:01Il doit y avoir
18:02un autre
18:03ou une hôtesse de caisse
18:05sur chaque extrémité.
18:07Ça n'existe pas,
18:08c'est utopique.
18:09Donc déjà,
18:10c'est faussé.
18:11Et vous avez vu en parallèle
18:12la fonte des effectifs
18:14dans vos magasins ?
18:15Ah oui, bien sûr.
18:15Les suppressions d'emploi,
18:16les vagues
18:17des suppressions d'emploi.
18:18Tout en sachant
18:18que moi,
18:18j'y suis depuis 28 ans
18:19et que j'ai fait ceci.
18:22Il y a le avant,
18:23il y a le après.
18:25On a commencé
18:26à parler des muliers.
18:27Je vous propose
18:28qu'on regarde
18:28un petit focus
18:29qu'on a réalisé
18:30en début de semaine
18:30pour que tout le monde
18:31comprenne bien
18:31qui c'est,
18:32ce qui pèse,
18:33le pouvoir qu'ils ont.
18:34On regarde ça
18:34et on en discute après.
18:36Vous allez faire vos courses
18:37chez Auchan.
18:38Puis vous allez acheter
18:38quelques bricoles
18:39chez Leroy Merlin
18:40avant d'acheter
18:41du matériel sportif
18:42chez Decathlon.
18:43La famille Mulier
18:44détient toutes ses enseignes.
18:45Sans vous en rendre compte,
18:46vous venez de participer
18:47à l'enrichissement
18:48d'un groupe français colossal.
18:50Une fortune évaluée
18:51à 52 milliards d'euros
18:53entre 850 et 900
18:55descendants directs
18:56et évidemment
18:56une galaxie d'entreprises
18:58comprenant
18:59Auchan,
18:59Decathlon,
19:00Kiabi,
19:01Boulanger,
19:01Noroto
19:02ou encore Flunch.
19:03Les muliers sont gourmands.
19:05Ils ont ponctionné
19:05un milliard d'euros
19:06de dividendes
19:07à Decathlon fin novembre
19:08et plus tôt dans le mois,
19:09ils ont déclenché
19:10le pire plan social d'Auchan
19:12avec près de 2400 postes supprimés.
19:14Et comme si cela
19:15ne suffisait pas,
19:16de nombreux membres
19:16de la famille
19:17sont exilés fiscaux
19:18en Belgique
19:18et plusieurs dizaines
19:19de sociétés du groupe
19:20sont immatriculées
19:21au Luxembourg.
19:22Ils ont boule d'argent !
19:23Dividendes,
19:24paradis fiscaux,
19:25plans sociaux massifs,
19:26chez les muliers,
19:27faire de l'argent
19:27par tous les moyens,
19:29c'est une affaire de famille.
19:34Merci beaucoup à Aliénor
19:35et à Thomas
19:35qui ont réalisé ce focus.
19:37Carole,
19:38quand on sait
19:38que la famille mulier
19:39pèse 52 milliards d'euros,
19:40est-ce qu'on peut comprendre
19:41ces politiques massives
19:42de licenciements ?
19:43Du tout.
19:44Et comme c'est des gens
19:45qui veulent se gaver,
19:47donc on n'est pas
19:48au bout de nos peines.
19:49Ça va continuer
19:50puisqu'ils n'en ont jamais assez.
19:52Donc je ne sais même pas
19:53ce qu'ils vont faire
19:54de ces 52 milliards.
19:55Ils n'auront même pas assez
19:56d'une vie
19:57ou de dix vies
19:57pour les dépenser
19:58donc qu'ils continuent
19:59à se gaver
20:00et qu'ils gardent
20:00leur conscience pour eux
20:01parce que franchement
20:03c'est hallucinant quoi.
20:04Ça n'a ni queue ni tête.
20:06C'est suicidaire,
20:07je ne comprends pas.
20:08Et je ne comprends même pas
20:10que le gouvernement
20:10laisse faire
20:11parce qu'à un moment donné
20:12il faut qu'il puisse réguler.
20:14Le gouvernement est là pour ça.
20:16Donc franchement
20:16c'est écœurant.
20:19Supréant ?
20:20Oui, oui, non,
20:20mais juste pour poursuivre
20:21ce que vous dites,
20:22Auchan s'abrite derrière le fait
20:24qu'ils ont des résultats
20:25qui sont mauvais.
20:25C'est vrai que quand on regarde
20:26les résultats d'Auchan
20:27ça ne va pas très bien
20:28mais déjà ce qu'il faut dire
20:29c'est qu'en fait
20:30il y a une crise du modèle
20:31de l'hypermarché
20:32le truc qui est né en France
20:33dans les années 50-60
20:35donc à l'époque
20:36où vous alliez faire vos courses
20:37dans des magasins
20:37de 3000 mètres carrés
20:39vous alliez tout en fait.
20:40Vous alliez redécorer
20:41votre maison,
20:42acheter à manger,
20:43acheter des bijoux
20:44si vous le vouliez.
20:45Ce modèle-là
20:45il est en crise
20:46mais j'ai l'impression
20:47que ça fait 15 ans
20:47qu'on en parle
20:48donc on peut penser
20:49qu'Auchan avait largement
20:51le temps de se préparer
20:52et l'argent aussi de le faire
20:53et par ailleurs
20:54comme vous l'avez dit
20:57c'est pas seulement Auchan
20:57c'est qui habillent
20:58c'est le roi Merlin
20:59c'est Decathlon
21:00qui viennent d'ailleurs
21:01de distribuer
21:01un milliard d'euros
21:02de dividendes
21:03à la famille Mulier
21:04donc c'est un groupe
21:05qui va bien en réalité.
21:07Bien sûr
21:07une société qui va très très bien
21:09par un peu, par un bien.
21:10C'est le cas de Michelin aussi.
21:12Tout à fait.
21:12Michelin qui est pareil
21:14distribue des dividendes
21:15qui a des...
21:15je crois que c'est même record
21:17je me semble.
21:171,4 ou 1,5 milliards d'euros
21:21en 2024.
21:23Et je crois que ça s'est...
21:23ça s'est multiplié en fait
21:26depuis les dernières années
21:28etc.
21:29Et donc en fait
21:30il n'y a aucune raison
21:32finalement...
21:33Non, il n'y a aucune raison
21:35aujourd'hui
21:37les licenciements
21:38ce sont des licenciements boursiers
21:39il ne faut pas chercher plus loin
21:40aujourd'hui
21:40c'est pour satisfaire
21:41aux actionnaires
21:42les actionnaires en veulent
21:42de plus en plus
21:43Michelin leur a promis
21:4450% du bénéfice en action
21:47donc aujourd'hui
21:48ils n'en sont pas très très loin
21:49on fait 3,5 milliards de bénéfices
21:51on revient à 1,4 à 1,5 milliards
21:54de dividendes
21:55donc il ne manque pas beaucoup
21:56pour arriver au 50%
21:57Michelin leur a promis
21:59Ménégour en tête
22:00leur a promis 50%
22:02qu'ils allaient leur reverser
22:03en dividendes
22:03dans quelques...
22:04si ce n'est pas l'année prochaine
22:05ça sera l'année d'après
22:06mais ils vont y arriver
22:07mais tout ça au sacrifice
22:09déjà des 1,254 premiers salariés
22:11aujourd'hui ça ne va pas s'arrêter là
22:13aujourd'hui c'est le van et Cholet
22:14mais il y aura d'autres
22:15il y aura d'autres usines françaises
22:16qui seront concernées
22:17dans les années à venir
22:18Donc quand il y a de tels bénéfices
22:19effectivement on a du mal
22:20à comprendre comment c'est possible
22:21après de se justifier
22:23de fermer des sites
22:24etc.
22:25en parlant de compétitivité
22:26ou d'essayer de noyer
22:28un petit peu le poisson
22:29On va avancer un petit peu
22:31malheureusement le temps file
22:32le service infographique
22:34de l'humanité a réalisé
22:35avec la CGT
22:35une carte des emplois menacés
22:37ou supprimés en France
22:38alors c'est une carte
22:39extrêmement riche
22:40normalement vous allez la voir
22:41sur votre écran
22:42Cyprien
22:42ça va être ton boulot
22:44de nous expliquer
22:44ce qu'est sur cette carte
22:45et de nous faire passer le message
22:47parce que quand on l'aura
22:48derrière moi
22:49et à côté de moi
22:50partout elle est partout
22:52alors en plus
22:52elle n'est pas hyper grande
22:53j'espère que sur le chat
22:54vous la voyez bien
22:55mais de toute façon
22:55Cyprien explique-nous
22:56Oui alors je vous explique
22:58en fait c'est une carte
22:59bon terrifiante
23:00puisqu'il faut savoir
23:01que chaque tâche de couleur
23:02c'est un plan de suppression
23:03d'emploi en France
23:04donc il y a beaucoup de tâches
23:05la CGT
23:06elle a compté 300 PSE
23:08donc plan de suppression d'emploi
23:10on ne va pas utiliser le terme
23:11enfin la nouvelle langue libérale
23:12qui est plan de sauvegarde
23:14de l'emploi
23:14c'est bien des plans
23:15de suppression d'emploi
23:16qu'il s'agit
23:17donc 300 PSE
23:18depuis septembre 2023
23:20on peut faire une analyse
23:21spatiale et sectorielle
23:22de cette carte
23:23alors c'est pas très compliqué
23:24sur le plan spatial
23:25on voit que
23:26beaucoup de régions françaises
23:27sont concernées
23:28certaines quand même
23:29plus que d'autres
23:30c'est notamment le cas
23:31des Hauts-de-France
23:31du Grand Est
23:32de la vallée du Rhône
23:33et d'une partie du Grand Ouest
23:35c'est pas un hasard
23:36en fait c'est lié au fait
23:36que ce sont des régions
23:37qui sont traditionnellement
23:38très industrialisées
23:40même si pour la Bretagne
23:41c'est un peu plus récent
23:42on va dire
23:42et c'est donc des régions
23:44qui ont connu
23:44une case sociale massive
23:45au cours des 30-40 dernières années
23:47il y a eu des centaines
23:48de milliers d'emplois
23:48supprimés
23:50et malheureusement
23:51on voit que ça continue
23:52aujourd'hui
23:52pour ce qui est
23:53de l'analyse sectorielle
23:54je ne vais pas vous assommer
23:54de chiffres
23:55mais en gros
23:56d'après les remontées
23:57de la CGT
23:58la métallurgie
23:59c'est le secteur
24:00le plus concerné
24:01c'est 13 000 emplois directs
24:02qui sont supprimés
24:03ou menacés
24:04la grande distribution
24:05on parle de 10 000 emplois
24:06la chimie
24:07c'est plus de 7 000
24:08enfin voilà
24:08c'est une véritable purge
24:10à l'arrivée
24:12la CGT estime
24:13qu'il y a 200 000 emplois
24:14qui sont menacés
24:14ou supprimés
24:15pour construire ce chiffre
24:16en fait
24:17ils ont additionné
24:18à la fois
24:18les emplois
24:19qui sont directement
24:20menacés par les PSE
24:21ils ont rajouté à ça
24:24les emplois induits
24:25parce qu'il faut savoir
24:26que quand une
24:26et Romain le sait très bien
24:27quand une usine ferme
24:29en fait
24:29il y a des conséquences
24:30en cascade
24:30sur l'ensemble
24:31de ses sous-traitants
24:32et c'est ce qui explique
24:34d'ailleurs
24:34la désertification
24:35de certains territoires
24:36parce que quand vous avez
24:36une usine qui ferme
24:37les boulangers autour
24:38et les petits commerces
24:40en général
24:40il ne reste plus grand chose
24:42et pour expliquer
24:43les raisons de ce carnage
24:44en fait
24:44on invoque généralement
24:45des causes conjoncturelles
24:46donc pour l'industrie
24:47c'est la hausse des prix
24:48de l'énergie
24:49et la concurrence asiatique
24:50et pour la grande distribution
24:52ce serait le changement
24:53des habitudes de consommation
24:54il n'y a rien de tout cela
24:55qui est vraiment faux
24:56je pense qu'il faut rajouter
24:57en plus le fait
24:58qu'il y a un gros problème
24:58de demande en France
24:59et en Europe
25:00demande ça veut dire quoi
25:01ça veut dire tout simplement
25:02que les ménages
25:02ne consomment pas assez
25:03c'est normal
25:04ils n'ont pas assez d'argent
25:05pour le faire
25:06et les entreprises
25:06n'investissent pas suffisamment
25:08ça c'est lié notamment
25:09à la hausse des taux d'intérêt
25:11qui ont été pratiqués
25:11par les banques centrales
25:12depuis deux ans
25:13en gros
25:15et puis surtout
25:15il ne faut pas sous-estimer
25:16le rôle que jouent
25:18les multinationales
25:18dans cette casse sociale
25:19on a commencé à en parler
25:20mais il y a plein de grands groupes
25:21qui suppriment des emplois
25:22et qui pourtant
25:23font des bénéfices
25:24donc c'est vraiment
25:24pour des raisons purement financières
25:25il n'y a absolument rien
25:26d'économique derrière
25:27et Michelin justement
25:28est emblématique de cette réalité
25:30on a commencé à en parler
25:31peut-être qu'on peut poursuivre
25:32un peu Romain
25:33est-ce que vous comprenez
25:34pourquoi une boîte
25:35qui fait 2 milliards d'euros
25:36de bénéfices l'année dernière
25:37va supprimer des emplois
25:38on avoque la concurrence chinoise
25:40notamment
25:40Michelin nous dit
25:41oui d'accord
25:42on va bien
25:42mais la Chine envahit l'Europe
25:44de pneus pas chers
25:45qu'est-ce que vous pensez
25:46de cet argument ?
25:47aujourd'hui
25:48une grande partie
25:48des pneus Michelin
25:49ne sont plus fabriqués en France
25:50aujourd'hui le haut de gamme
25:51en voiture
25:52est resté en France
25:52dans l'usine des Gravenches
25:54à Clermont
25:55ou dans l'usine de Rouen
25:56notamment
25:56toutes les dimensions
25:58en dessous du 19
25:59voire même du 20 pouces
26:00c'est fabriqué à l'étranger
26:01alors 19, 20 pouces
26:02pour ceux qui
26:03moi j'ai pas de voiture par exemple
26:04mais c'est la taille des pneus
26:0519 pouces
26:06c'est des gros pneus
26:07c'est les BM quoi
26:07BM, Audi, Mercedes
26:09et puis après
26:09on monte jusqu'à Ferrari
26:10Porsche et voilà
26:11mais aujourd'hui
26:12tous les autres
26:13les CS, 17, 15 pouces
26:15c'est fabriqué à l'étranger
26:16donc que Michelin
26:17nous dise que
26:18que les concurrents
26:19c'est pas rapport aux concurrents
26:21aujourd'hui ces pneus
26:21ils les fabriquent aussi
26:22à l'étranger
26:22donc non non
26:23aujourd'hui c'est vraiment
26:24un choix stratégique
26:25un choix boursier
26:26et Michelin veut faire
26:27de plus en plus de bénéfices
26:28et les 3,5 milliards
26:30de bénéfices
26:31aujourd'hui
26:31elles sont là
26:31ils sont là
26:32donc chaque année
26:33il fait de plus en plus
26:34de bénéfices
26:35mais par contre
26:35derrière
26:36il licencie
26:37donc moi je rejoins
26:38quand même
26:38mes camarades d'Auchamp
26:39le gouvernement
26:40devra un jour
26:41prendre des décisions
26:41que les entreprises
26:43qui créent
26:45des bénéfices
26:46record d'année en année
26:47n'aient pas le droit
26:48de licencier
26:49et surtout
26:49quand elles touchent
26:49les aides publiques
26:50aujourd'hui
26:50Michelin a quand même
26:51touché 100 millions
26:51d'aides publiques
26:52cette année
26:53100 millions d'aides publiques
26:54l'année dernière
26:54ça fait des années
26:55que ça dure
26:55mais à côté de ça
26:56ils ferment
26:57on a déjà vécu
26:58à la Roche-sur-Yon
27:01et ces machines-là
27:02sont parties dans les pays
27:02de l'Est
27:03donc aujourd'hui
27:04ça va faire la même chose
27:05avec Cholet
27:05les machines vont partir
27:06en Pologne
27:06mais par contre
27:07elles ont été achetées
27:08avec l'argent français
27:09sur le rôle juste
27:10de l'État
27:11il y a quelqu'un
27:11Anna dans le chat
27:13qui demande
27:14si François Hollande
27:15n'a pas favorisé
27:16les PSE
27:17je sais pas ce que
27:17vous en pensez
27:19Cyprien
27:20alors c'est
27:22il y a déjà
27:22beaucoup de choses
27:23à se faire pardonner
27:24on peut-être pas
27:25lui imputer ça en plus
27:26en tout cas
27:27alors c'est pas
27:28complètement faux
27:28c'est à dire
27:28qu'il y a eu
27:29une flexibilisation
27:30quand on parle
27:31c'est une stabilisation
27:31du marché du travail
27:32c'est une casse
27:32du marché du travail
27:34déjà à l'époque de François Hollande
27:35c'est sûr
27:36et par ailleurs
27:37on va en parler
27:37il y a beaucoup d'argent public
27:38qui a été mis sur la table
27:39avec à l'arrivée
27:40très très peu
27:41de création d'emplois
27:41ça c'est sûr
27:42on y en a un après
27:43vas-y
27:43c'était pour rebondir
27:45vu qu'il en parlait juste avant
27:46c'est vrai que
27:47à moins qu'on en parle
27:51c'est vrai que par exemple
27:52il y a plusieurs personnes
27:53qui disent
27:53mais en fait
27:54ça devrait être logique
27:54que quand une entreprise
27:55reçoit des aides publiques
27:56de l'État
27:57moi j'aime bien sûr
27:57qu'il y ait du contrôle
27:58enfin tout ce genre de choses
27:59plutôt de faire semblant
28:00de s'offusquer après
28:01de quand même un petit peu
28:02voir ce qui se passe
28:03et éventuellement
28:04d'interdire en fait
28:04les licenciements
28:05dans ces cas-là
28:05ou alors même
28:06de rembourser l'aide
28:08enfin voilà
28:08il y a des propositions
28:09comme ça
28:09et c'est vrai que
28:10on doit se demander
28:12pourquoi ce ne serait pas
28:12mis en place
28:13on parlera un peu après
28:14des moratoires
28:15sur le licenciement
28:16que propose la CGT
28:17on reviendra après
28:17effectivement
28:18t'as cassé la trame
28:19Louie
28:20comme on en parlait
28:21ouais oui
28:22on en parlait
28:22mais avant
28:23comme Cyprien parlait
28:24il y a plein de secteurs
28:25qui sont concernés
28:26notamment tu parlais
28:27de la chimie
28:27on a encore Franck
28:29décidément
28:29il est sur tous les combats
28:30qui allait à trop libre oeil
28:32rencontrer les salariés
28:34de Welchem
28:35donc c'est une usine
28:36de chimie
28:37qui fabrique notamment
28:37un composant
28:38pour faire des antibiotiques
28:39l'amoxicilline
28:40donc c'est un truc
28:41un petit peu important quoi
28:43donc on écoute
28:44le témoignage de Grégory Dubot
28:45délégué syndical CGT
28:47puis on en discute après
28:48Franche Chimie
28:48le syndicat des patrons
28:49de la chimie
28:50annonce 15 000 suppressions
28:51de postes
28:52dans l'année
28:53ou dans les deux années à venir
28:54pour l'industrie chimique
28:55donc c'est une catastrophe
28:55donc Welchem aujourd'hui
28:57à son actif
28:57à Trolley-Breuil
28:58c'est déjà
28:59sans suppression d'emplois
29:01sur 10 ans
29:02et après le plan social
29:03ça sera 239 en tout
29:04c'est catastrophique
29:05pour le bassin
29:05de cuisées de trolley
29:06c'est des petits villages
29:07quand il n'y aura plus personne
29:08qui bossera
29:08ils ne pourront plus vivre non plus
29:10voilà merci beaucoup
29:12à la régie
29:12et à Franck
29:13d'avoir fait ce petit magnéto
29:15on voit
29:15on voit le syndicaliste
29:16ici qui nous parle
29:17un peu de l'impact
29:18sur le territoire
29:19est-ce que
29:20vous aussi
29:21c'est quelque chose
29:21que vous remarquez
29:22ces plans de licenciement
29:24depuis plusieurs années
29:25est-ce que ça impacte
29:25aussi fortement le territoire
29:26j'imagine que oui Carole
29:27oui bien sûr
29:28oui oui oui
29:29ça impacte le territoire
29:30je veux dire
29:31c'est un calcul
29:33rapide
29:34tout en sachant
29:35que nous
29:35on n'est pas fini
29:36parce que
29:36ça va encore plus
29:37impacter le territoire
29:38tout en sachant
29:39qu'on a un magasin
29:40qui fait 13 500 m²
29:43et il prévoit
29:44de le descendre
29:45à 8 000 m²
29:47donc ça
29:47vous voulez dire
29:47qu'il va y avoir
29:48encore des suppressions
29:49d'emplois
29:49dans les
29:50ils nous disent non
29:50c'est ça
29:52mais oui
29:53si on réduit
29:54le magasin de superficie
29:55il y a des chances
29:55qu'à l'arrivée
29:56il faut réduire
29:57il faut taper dans le salarié
29:58encore une fois
30:00tailler dans le salarié
30:01moi j'avais juste
30:02une question à poser
30:03à Romain
30:04le PDG de Michelin
30:05qui est un homme sensible
30:07a déclaré
30:07je ne laisserai personne
30:08au bord du chemin
30:09alors c'est une phrase
30:09qu'on entend systématiquement
30:10à chaque fois
30:11qu'il y a un plan
30:11de suppression de poste
30:12à écouter les patrons
30:13on a l'impression
30:14qu'il n'y a jamais de chômeurs
30:14en fait
30:15il y a des plans
30:15de suppression de poste
30:16mais tout se passe très bien
30:17les gens retrouvent du travail
30:18après
30:18qu'est-ce que vous pensez
30:19de ce discours-là ?
30:20aujourd'hui déjà
30:21on sait comment c'est compliqué
30:22de trouver du boulot
30:22de travailler en France
30:24aujourd'hui
30:24les 1254 salariés Michelin
30:26aujourd'hui
30:27ils ne vont pas tous
30:27retrouver du boulot
30:28déjà en interne
30:29on parle
30:30Michelin il a annoncé
30:31ça serait entre 10 et 15%
30:32qu'il voudrait être
30:33reclasse en interne
30:34derrière
30:3510 ou 15% de l'ensemble
30:36des 1254
30:37mais aujourd'hui
30:38on a
30:39hier aujourd'hui
30:39on était en
30:40pour la première réunion
30:42du plan antisocial
30:43donc du PSE
30:44et donc du coup
30:45derrière
30:46ils ont dit
30:46si on arrive à 3 ou 4%
30:47ça sera déjà bien
30:48donc 3 ou 4%
30:49de 1200 personnes
30:50ça fait pas grand chose
30:51ça fait quoi
30:52ça fait 30, 40 personnes
30:5350 personnes
30:53c'est reclassement
30:54juste pour expliquer
30:55c'est en gros
30:56c'est ça
30:57c'est en interne
30:57c'est-à-dire
30:57il a l'obligation
30:59de retrouver du travail
31:00en interne
31:00en tout cas d'en proposer
31:01ça veut dire
31:02qu'il resterait 96%
31:03à reclasser
31:04donc allez
31:051200 personnes
31:06aujourd'hui
31:07on a du mal
31:08à trouver du boulot
31:09je veux dire
31:10le emploi
31:11n'a jamais eu
31:11autant de chômeurs
31:12aujourd'hui
31:13on veut nous faire croire
31:14que 1200 salariés Michelin
31:15ils vont retrouver du boulot
31:16comme ça
31:16non ils iront au chômage
31:17et puis malheureusement
31:18pour eux
31:19une fois que le PSE
31:19sera signé
31:20une fois que la période
31:22sera finie
31:23donc nous on parle
31:24d'une période
31:25qui va s'étendre
31:25jusqu'à juillet 2026
31:26pour que les deux usines
31:27soient fermées
31:27mais après cette période-là
31:29les salariés
31:29Michelin
31:30ne les connaîtra même plus
31:31comme ça s'est passé
31:32à la Roche-sur-Yon
31:32comme ça s'est passé
31:33sur tous les autres plans
31:34c'est un métier
31:35qui demande des compétences
31:35spécifiques
31:36qui demande quelque chose
31:38j'imagine que c'est
31:38vraiment pas facile
31:39de trouver du travail
31:40derrière dans le même domaine
31:41bah non
31:41aujourd'hui ça va peut-être
31:43être plus facile
31:44pour les gens des bureaux
31:44quand on est cadre
31:45ou quand on est ingénieur
31:46c'est plus facile
31:47d'aller peut-être
31:48dans d'autres usines
31:48mais qu'aujourd'hui
31:49quand on est à un métier
31:50spécifique chez Michelin
31:51parce qu'il y a quand même
31:52des métiers spécifiques
31:53aujourd'hui il va falloir
31:54se reformer
31:54et cette formation
31:55va durer quand même
31:56des années
31:56et pour avoir aucune certitude
31:59de trouver du boulot à côté
32:00donc ça va être compliqué
32:01vous pouvez nous rappeler
32:02votre métier
32:03vous ce que vous faites
32:04moi je suis technicien
32:05audiovisuel
32:06mais là je suis détaché
32:06à 100%
32:07en tant que DSC
32:08de la CGT Michelin
32:09et donc technicien audiovisuel
32:10ça veut dire quoi
32:11qu'est-ce que vous faites
32:11à Michelin précisément
32:12moi j'aidais
32:13je faisais les bons de commande
32:15pour faire installer
32:15les télés
32:16les vidéoprojecteurs
32:17et tout
32:17d'accord
32:18très bien
32:19DSC c'est délégué
32:20syndical central
32:22merci Cyprien
32:23on va retourner
32:24très vite
32:25à Trois-Breuil
32:26parce qu'on a
32:27une petite phrase
32:28d'une autre salariée
32:29Nathalie
32:30qui est assistante commerciale
32:30depuis 30 ans
32:31à Wellcome
32:31on regarde ça
32:32puis on vous fait réagir après
32:34la seule chose
32:35qui pourra fonctionner
32:36c'est l'industrie du luxe
32:38les artisans
32:39qui ont un savoir-faire
32:40exceptionnel
32:41parce que ça
32:41on pourra pas
32:41l'enlever
32:42le savoir-faire des gens
32:44et puis bah quoi
32:45après
32:47on va dire
32:48la restauration
32:49les coiffeurs
32:51et les gros que morts
32:52voilà
32:55on sourit
32:56mais finalement
32:56c'est pas très marrant
32:57elle parle aussi
32:58effectivement
32:58de l'industrie du luxe
32:59que vous disiez tout à l'heure
33:00avec les pneus
33:00pour les grosses voitures
33:02est-ce que par exemple
33:03Carole
33:03vous avez aussi
33:04cette vision un peu pessimiste
33:05de dire
33:06plus tard il restera
33:07le luxe
33:07la restauration
33:08et les croque-morts
33:09c'est un peu pessimiste
33:10de dire ça
33:11oui c'est beaucoup
33:12même pessimiste
33:13mais c'est vrai
33:14que dans l'image
33:15excusez-moi
33:17dans l'image
33:18ça veut dire
33:21allez-y
33:21j'ai bugré un coup
33:22si vous voulez
33:24Romain
33:24est-ce que vous avez
33:25ce même
33:25ce même ressenti
33:27est-ce que vous êtes
33:27autant pessimiste
33:28bien sûr
33:29aujourd'hui
33:30il n'y a rien
33:30qui nous fait
33:33être optimistes
33:34aujourd'hui
33:34quand on voit
33:34le nombre de plans
33:35de licenciements
33:36qui sont prévus
33:37rien que cette année
33:38et l'année prochaine
33:39voilà
33:40Sophie Binet
33:40l'a très bien dit
33:41et je pense
33:43que c'est pas fini
33:43mais même le luxe
33:44aujourd'hui
33:44quelle entreprise
33:45du luxe fabrique
33:46100% en France
33:47à part Hermès
33:48aujourd'hui
33:49Louis Vuitton
33:49c'est le luxe
33:50combien de sacs à main
33:51est fabriqué en France
33:52combien de sacs à main
33:53sont fabriqués à l'étranger
33:54aujourd'hui
33:54oui Hermès
33:55produit soi-disant
33:56100% en France
33:58mais pour combien d'années
34:00pour combien d'années
34:00quand ils auront besoin
34:01de faire de plus en plus
34:02de bénéfices
34:02pour reverser de plus en plus
34:03aux actionnaires
34:04aujourd'hui
34:04c'est que soi-disant
34:05que la famille Hermès
34:06qui est actionnaire
34:06mais un jour ou l'autre
34:06il y aura peut-être
34:07d'autres actionnaires
34:08qui vont rentrer au capital
34:09et bien à ce moment-là
34:10ils seront aussi obligés
34:11d'aller produire à l'extérieur
34:12et pour faire de plus en plus
34:13de bénéfices
34:14et c'est exactement
34:15ce que fait Louis Vuitton
34:15c'est exactement
34:16ce que fait Michelin
34:17c'est exactement
34:17ce que font les grandes marques
34:18pour faire de plus en plus
34:20de bénéfices
34:21Carole est-ce que vous avez
34:22repris votre souffle ?
34:23Est-ce que vous êtes d'accord ?
34:23J'ai un chat dans la gorge
34:24désolée
34:25je suis un peu malade
34:25c'est dans l'air du temps
34:29il restera que des croque-morts
34:29et des pharmaciens
34:31comment ?
34:31il restera que des croque-morts
34:32et des pharmaciens
34:33j'espère
34:33parce que franchement
34:34on en a encore besoin
34:37non je disais
34:37oui oui
34:38c'est vrai qu'il y a des pessimistes
34:39parce qu'on s'est dans l'air du temps
34:40et je pense que
34:41dans chaque famille
34:42il y a une situation
34:44il y a des situations
34:45comme les nôtres
34:48qui sont vécues
34:49et c'est compliqué
34:51déjà on voit même nos enfants
34:52qui sont obligés
34:53d'aller travailler
34:54parce que les parents
34:55ont des salaires tellement bas
34:58qu'ils ne peuvent même pas
34:59pallier à leur donner de l'argent
35:01pour faire des études
35:02donc ils sont obligés
35:03de travailler les week-ends
35:05même pour leur hobby
35:06ils ne travaillent même plus
35:08pour leur hobby
35:08ils travaillent plus
35:09pour payer les études
35:10etc
35:10et c'est une tendance
35:11qu'on voit aujourd'hui
35:12qu'on ne voyait pas
35:13il y a encore 15 ans
35:15donc je pense que
35:16oui on a le droit
35:18d'être pessimiste
35:18on ne va pas lui en vouloir
35:20comment cette situation
35:21elle impacte vos vies
35:22ou celle de vos collègues ?
35:24c'est compliqué
35:25c'est
35:28on voit quand même
35:29qu'il y a des dépressions
35:30qui sont là
35:33on voit quand même
35:33le mal
35:34le mal humain
35:35on voit
35:37on voit la détresse
35:38pour certains
35:39j'ai un collègue
35:40qui nous a dit
35:41que quand ils étaient en visio
35:42avec d'autres salariés
35:44il y a un salarié
35:46qui était intervenu
35:47en disant
35:47qu'il avait fait
35:48deux tentatives de suicide
35:49et tout de suite derrière
35:51on lui a dit
35:52c'est pas le moment d'en parler
35:53on en parlera en huis clos
35:54parce que
35:55on ne veut pas
35:56que ce soit
35:58divulgué
35:59il faut que ce soit isolé
36:01parce que c'est vrai
36:02qu'on n'en parle pas beaucoup
36:03mais il y a beaucoup de misère humaine
36:04comme si c'était un problème individuel
36:06exactement
36:06or que
36:07en vérité
36:08c'est pas généralisé
36:10il ne faut pas exagérer
36:11vous voyez
36:11mais c'est pas en train
36:13de se banaliser
36:14mais c'est des choses
36:14qu'on entend régulièrement
36:16qu'on n'entendait pas encore
36:19il y a
36:19je vous dis
36:2015 ans
36:21vous aussi Romain
36:22c'est des choses que vous entendez
36:23de plus en plus régulièrement ?
36:24bien sûr
36:24ces situations
36:25c'est quand même des drames
36:25psychologiques
36:26aujourd'hui
36:27des salariés qui ont passé
36:2820, 30 ans
36:2935 ans
36:29dans la même usine
36:31c'est compliqué de se dire
36:31que dans 6 mois
36:32dans un an
36:33on ne va plus travailler
36:34ils ont quand même donné leur vie
36:36pour une entreprise
36:39pour une entreprise
36:40ont participé aux bénéfices
36:41que cette entreprise a fait
36:42et on peut arriver à des drames
36:43bien sûr
36:44il y a des entreprises
36:45dans lesquelles
36:46après l'annonce de fermeture
36:47il y a eu des suicides
36:49donc nous on n'espère pas
36:50en arriver jusque là
36:51mais rien ne nous dit
36:53qu'il n'y a pas un salarié Michelin
36:55qui en arrive là
36:56aujourd'hui
36:56ça peut créer des divorces
36:57ça peut créer plein de choses
36:59mais à côté de ça
37:01nous les patrons qui font ça
37:02ils ne sont pas humains
37:03aujourd'hui
37:03c'est inhumain
37:04d'annoncer des fermetures
37:06quand on fait des milliards de bénéfices
37:07et voilà
37:08aujourd'hui
37:08il y a des salariés
37:09qui vont
37:10que leur vie
37:11vont être gâchée
37:11à cause de patrons
37:12qui veulent de plus en plus d'argent
37:14il y a quelque chose
37:15qui est prévu en interne
37:15d'ailleurs
37:16pour suivre tout ça
37:17ou pas du tout
37:17en gros
37:18une fois qu'on annonce
37:19le PSE
37:21est-ce que
37:21je sais qu'il y a des boîtes
37:22qui font des numéros verts
37:23quand les salariés
37:25chez Michelin
37:26il y a des psychologues
37:27il y a des numéros verts
37:28mais aujourd'hui
37:29c'est compliqué
37:30pour un salarié
37:31d'aller parler à une personne
37:32qu'on ne connait pas
37:32de dire oui ça ne va pas
37:34ils en parlent entre eux
37:36les salariés en parlent entre eux
37:37et puis
37:37des fois ils vont voir les élus
37:38mais même pour les élus
37:39c'est compliqué
37:40d'accueillir un salarié
37:41qui est en pleine détresse
37:43parce que ce n'est pas facile à vivre
37:44les élus sont aussi
37:45ils vont perdre aussi leur emploi
37:46et en plus
37:46il faut qu'ils accumulent tout
37:48et puis il faut qu'ils accumulent
37:50la détresse des salariés
37:51qui vont perdre leur boulot
37:52alors qu'ils sont dans la même situation
37:53donc aujourd'hui
37:54il y a des salariés
37:55qui sont en grande détresse
37:56et nous on a des élus
37:57qui sont au bord de l'épuisement
38:00parce que ça fait un mois et demi
38:01qu'ils ont la tête dedans
38:03ils n'arrivent pas à dormir
38:04c'est compliqué
38:04donc
38:06voilà la situation
38:07c'est catastrophique
38:09peut-être dernière question
38:10de l'oumi au Cyprien
38:11sinon on continue
38:12on va parler un peu justement
38:13on parlait d'aide publique
38:14du CICE
38:14des bilans etc
38:16on continue
38:16allez on continue
38:18Cyprien justement
38:19tu avais une question là-dessus
38:20ouais j'avais une question
38:21à Carole
38:21mais en fait
38:21elle s'adresse aussi
38:22évidemment à Romain
38:24on parle beaucoup d'aide publique
38:25ces temps-ci
38:26on sait que Auchan
38:26a officiellement touché
38:28500 millions d'euros de CICE
38:30alors CICE
38:30c'est crédit d'impôt
38:31compétitivité emploi
38:32c'est un truc qui a été mis en place
38:34sous le mandat de François Hollande
38:35dont on a parlé tout à l'heure
38:36dont le but
38:37visait comme son nom l'indique
38:38à créer des emplois
38:40à l'arrivée
38:41on sait surtout
38:42que ça a coûté
38:42beaucoup d'argent
38:43pour très peu d'emplois créés
38:44la direction d'Auchan
38:45elle a été interrogée là-dessus
38:46et ce qu'elle répond
38:47c'est
38:47cet argent a servi à
38:49je cite
38:49augmenter le pouvoir d'achat
38:50des salariés
38:51à travers la prime de progrès
38:53et la participation
38:54Carole
38:55est-ce que vous pouvez confirmer
38:56que cet argent
38:57a atterri dans votre poche
38:58oui je peux confirmer
38:59que cet argent
38:59n'a pas atterri dans notre poche
39:01là je veux bien
39:02vous le confirmer
39:03vous en êtes sûre
39:03je suis certaine
39:04jusqu'à aujourd'hui
39:05je ne suis pas encore amnésique
39:07j'attends
39:07on n'a pas vu la couleur
39:09de cet argent
39:10déjà quand on voit
39:11aujourd'hui
39:12qu'on est en train de parler
39:12d'un PSE
39:13vous voyez déjà
39:14que ça n'a pas été réinséré
39:15dans l'entreprise
39:16donc
39:16on me dit dans l'oreillette
39:17que c'est peut-être
39:18dans la poche de Romain
39:20je ne serai pas là
39:20je ne serai pas là ce soir
39:21voilà on est d'accord Romain
39:22sinon dis-le nous
39:23déjà à ce niveau-là
39:25ça sera réglé
39:25parce que oui
39:26on a des primes
39:27de 5 euros
39:28la plus grosse
39:29qu'on a eu dernièrement
39:30c'est je crois
39:3086 euros
39:31vous voyez
39:3386 euros de prime
39:34de prime
39:36trimestrielle
39:37ouais
39:37c'est
39:38de prime trimestrielle
39:40on n'a pas eu
39:41de prime
39:42qui a voisiné
39:44les 200 euros
39:45ça n'existe plus
39:45chez Auchan
39:46vous voyez donc
39:48je pense que
39:49l'actionnaire
39:50a dû se le garder
39:50dans la poche
39:51il a oublié
39:51de les sortir
39:52et nous donner
39:52les bifetons
39:53parce que bon
39:54c'est pas possible
39:55non non
39:56ils n'ont rien
39:57réinséré
39:57dans l'entreprise
39:58rien du tout
39:59et est-ce que vous avez
40:00parce que c'est une question
40:00qui s'est posée aussi
40:01au moment de l'attribution
40:02du CSE
40:03officiellement
40:03François Hollande disait
40:04vous inquiétez pas
40:05tout ça sera transparent
40:06et les élus du personnel
40:07donc les gens comme vous
40:08pourront demander des comptes
40:09aux directions
40:10qui seront obligées
40:10de dire un peu
40:11où va l'argent
40:12est-ce que vous avez
40:12demandé des comptes
40:13à la direction
40:14à l'époque où l'argent
40:14a été distribué
40:15c'était entre 2013
40:16et 2019
40:17oui oui
40:18ils ont dit
40:18qu'ils avaient réinséré
40:20dans l'entreprise
40:21mais sans donner
40:23de preuves particulières
40:23sans donner de preuves
40:24dans l'écologie
40:26c'était pas fait pour ça
40:28déjà
40:29c'est fait pour les salaires
40:30c'est fait pour
40:31les emplois
40:32création d'emplois
40:33etc
40:34et pas dans l'écologie
40:35donc non
40:36pour moi
40:38sur l'aide publique
40:38on voulait vous montrer
40:39une petite vidéo
40:40encore une fois
40:41une des dernières
40:42personnalités politiques
40:43responsables
40:44de cette situation
40:44c'est Michel Dabarnier
40:45alors il est plus trop là
40:46mais il était encore là
40:47il n'y a pas très très longtemps
40:48on va regarder ce qu'il répond
40:50donc c'est André Chassaigne
40:50qui lui demande
40:51s'il est fier de cette politique
40:52qui distribue des milliers
40:53d'aides aux entreprises
40:54sans jamais protéger
40:55les salariés
40:56nous devons créer
40:57ou recréer
40:57de l'emploi industriel
40:58comme maintenir l'emploi agricole
41:00dans notre pays
41:01et ça vaut
41:02pour les crédits
41:03que nous mobilisons
41:04dans le budget
41:05dans le cadre
41:06de la France 2030
41:09dans le cadre
41:09des soutiens
41:10que nous apporterons
41:11à telle ou telle entreprise
41:12je veux d'ailleurs
41:12monsieur Chassaigne
41:13vous dire
41:13comme à d'autres députés
41:14que j'ai le souci
41:15de savoir
41:15ce qu'on a fait
41:16dans ces groupes
41:17de l'argent public
41:17qu'on leur a donné
41:20je veux le savoir
41:25et donc nous allons
41:27poser des questions
41:28et nous verrons
41:29si cet argent
41:30a été bien
41:31ou mal
41:31utilisé
41:32pour en tirer
41:34la leçon
41:35impressionnant
41:36Romain Carole
41:37secouer la tête
41:38sourire soufflé
41:38est-ce que vous pouvez
41:39nous expliquer
41:40je veux savoir
41:41mais si tu voulais savoir
41:42tu l'aurais su
41:44on se réveille pas un matin
41:45je veux savoir
41:45on vous donnait de l'argent
41:46on va poser des questions
41:47ah oui
41:48on va pas lui donner sa réponse
41:49qu'il aille chercher sa réponse
41:50ou il doit aller la chercher
41:51parce qu'il pose la question
41:52il a la réponse
41:54mais c'est même pire que ça
41:55c'est à dire
41:56il pose la question
41:57il a eu la réponse
41:58donc la direction
41:59d'Auchan et de Michelin
42:00a communiqué dans la foulée
42:01en donnant les chiffres
42:03mais derrière
42:04Michel Barnier
42:04il a refait un entretien
42:05au cours duquel
42:06il a rassuré les directions
42:07de l'entreprise
42:07en disant
42:07vous inquiétez pas
42:09jamais je ne demanderai
42:09le remboursement
42:10de cet argent là
42:11donc c'est quand même
42:12beaucoup de communication
42:13on peut poser des questions
42:14même si il demandait
42:15le remboursement
42:16il ne rembourserait jamais
42:16bien sûr
42:17aujourd'hui c'est les patrons
42:18qui dirigent la France
42:19Michel Barnier
42:20c'est un pion
42:20aujourd'hui on l'a bien vu
42:21il a duré 3 mois
42:23il est parti
42:23le prochain il dure combien de temps
42:25on ne sait pas
42:25mais aujourd'hui
42:25c'est les grands patrons
42:26c'est le CAC 40
42:27qui dirige le pays
42:28aujourd'hui
42:28tout le monde
42:29il faut en être conscient de ça
42:35la politique française
42:37donc il peut demander
42:38ce qu'il veut
42:38le prochain
42:39il peut demander
42:40ce qu'il veut aussi
42:40il n'y aura pas de réponse
42:41nous on sait que
42:42ce n'est pas venu
42:43dans notre poche
42:43on sait à quoi ça a servi
42:45ça a servi à payer
42:46des machines en France
42:48pour emmener à l'étranger
42:49soi-disant
42:50ça devait aussi servir
42:51à développer la recherche
42:52et tout
42:53on attend toujours
42:53chez Michelin
42:54on attend toujours
42:54la recherche
42:55aller à Clermont
42:56mais pour toucher plus
42:57ils ont fait revenir
42:58les chercheurs
42:58qui étaient à l'étranger
42:59ils les ont soi-disant
43:00basés à Clermont
43:01mais on ne sait pas
43:01si aujourd'hui
43:02ils travaillent réellement à Clermont
43:03ou si c'est encore basé
43:04dans les pays étrangers
43:05mais qu'ils dépendent
43:06d'un service clermontois
43:07effectivement dire
43:08on crée des emplois
43:09du coup dans la recherche
43:10mais par contre
43:11du coup on en supprime
43:1210 fois plus de l'autre côté
43:13c'est ça
43:14effectivement c'est un argument
43:15qui est souvent utilisé
43:16mais qui...
43:17aujourd'hui
43:17je vais prendre Clermont
43:19parce que c'est ce que je connais le plus
43:21entre 9 et 10 000 salariés
43:22on a 6 500 cadres
43:251500 à 2000 collaborateurs
43:26et entre 1000 et 1500 agents
43:28donc aujourd'hui
43:29on voit que la politique
43:30Michelin France
43:30c'est plus de fabriquer des pneus
43:33il nous reste environ 5 minutes
43:34je ne vous presse pas
43:35mais juste
43:35il y a quand même un élément
43:36sur lequel je voulais qu'on revienne
43:37on a commencé à parler tout à l'heure
43:39des possibles solutions
43:40pour un petit peu
43:42stopper cette situation
43:43notamment le moratoire
43:44sur les licenciements
43:45donc c'est une des propositions
43:46de la CGT
43:46en gros c'est de faire en sorte
43:47que l'inspection du travail
43:48bloque les licenciements
43:49si l'entreprise gagne des dividendes
43:51et aussi qu'elle rembourse
43:52en fait tout simplement
43:53les aides publiques
43:54qu'on lui a accordées
43:54est-ce que Carole
43:55Romain
43:56c'est une des solutions
43:57pour stopper cette situation ?
43:59Carole ?
44:00Moi la solution
44:01pour stopper cette situation
44:03c'est qu'on ne fasse pas de PSE
44:06voilà il y a des solutions
44:07avant de dégainer un PSE
44:09il y a des solutions
44:10à trouver bien en amont
44:11en amont
44:12c'est pas
44:12les gens ont besoin de manger
44:14ont besoin de vivre
44:16d'avoir un salaire
44:17vous voyez ce que je veux dire
44:18ça va créer quoi ?
44:20des frustrations
44:20on va finir
44:22on va finir comment ?
44:24on va finir comment ?
44:25la pauvreté humaine
44:26la misère humaine
44:28les gens ont besoin de travailler
44:29un travail aussi
44:30le travailler
44:31c'est la santé
44:32ça devrait être la santé
44:33parce qu'au jour d'aujourd'hui
44:34travailler
44:35non c'est des accidents de travail
44:39parce qu'on ne respecte pas
44:41les conditions de travail
44:42et on ne veut pas ingérer
44:44on ne veut pas
44:45comment dire
44:48injecter de l'argent
44:50c'est ne pas respecter
44:52comment dire
44:56le salarié
44:57c'est pas le payer
44:58comme il devrait être payé
44:59c'est pas l'augmenter
45:00c'est quoi ?
45:01il n'y a rien qui va
45:03je ne suis pas pessimiste
45:04mais quand on regarde
45:05il n'y a rien qui va
45:06c'est-à-dire que
45:07tout s'est dégradé
45:09et il ne faudrait rien dire
45:10qu'on continue à licencier
45:12que le salarié continue
45:13à s'en mettre plein les poches
45:14et puis tout va bien
45:15dans le meilleur des mondes
45:16l'actionnaire vous voulez dire
45:18parce que le salarié
45:18pardon oui l'actionnaire
45:19excusez-moi
45:20parce que je parlais
45:21voilà l'actionnaire oui
45:23il y a plusieurs personnes
45:24dans le chat
45:24qui parlent de la coopération
45:27du coopératisme
45:28qui pourrait être une
45:29quand je dis la coopération
45:31de fonctionner avec des coopératives
45:33dans les entreprises
45:34je pense notamment à 1336
45:36qui a travaillé en coopérative
45:39donc pour racheter
45:41sa propre entreprise
45:42et qui est aujourd'hui
45:43un très très monté
45:45est-ce que ça fait partie
45:46des solutions peut-être
45:47nous les solutions
45:48on les a proposées
45:49aujourd'hui
45:49on les a proposées hier
45:51en rayon de PSE
45:52on a proposé des alternatives
45:54aujourd'hui Michelin ferme
45:55mais aujourd'hui
45:56nous on a des alternatives
45:56viables à proposer
45:58et comme on a toujours dit
46:00aujourd'hui on fabrique
46:00des pneus sur le site de Jolet
46:01mais on peut fabriquer autre chose
46:02l'essentiel c'est que les salariés
46:03gardent leur emploi
46:061336 et s'ils font du thé
46:07ben voilà
46:08ils ont réussi à sauver
46:08quelques emplois
46:09pas tous
46:09mais ils ont quand même réussi
46:10à sauver leurs emplois
46:12la marque marche très bien
46:13d'ailleurs ils sont aussi
46:15la CGT
46:16et à côté d'eux
46:17donc à chaque mois
46:19à chaque congrès que je vois
46:19ils sont là pour exposer
46:21donc voilà
46:21oui les coopératives
46:22ça peut sauver des emplois
46:24mais voilà
46:25aujourd'hui
46:26pour revenir au moratoire
46:27oui il faut qu'il ait lieu
46:28mais au fond
46:29moi j'ai aussi des contacts
46:30avec des personnes politiques
46:31qui m'ont dit que
46:31plusieurs parties de gauche
46:32avaient
46:34été en mesure
46:35de proposer une loi
46:36pour arrêter
46:37les licenciements
46:37quand les entreprises
46:38font des milliards de bénéfices
46:39ou font des bénéfices
46:40il y a besoin de faire des milliards
46:41pour ne pas licencier
46:42donc aujourd'hui
46:43il faut que le gouvernement
46:44aille au bout de cette proposition
46:46et qu'il fasse voter cette loi
46:47et qu'elle soit votée
46:48par les députés
46:49aujourd'hui
46:50quel député
46:50peut laisser fermer
46:52des entreprises
46:52qui font des bénéfices
46:55juste pour aller
46:56dans le sens de ce que vous dites
46:57il y a deux parties politiques
46:58le parti communiste français
46:59et la France Insoumise
47:00qui ont déposé le même jour
47:01deux propositions de loi
47:02c'est ça
47:02justement pour interdire
47:03les licenciements boursiers
47:04donc en gros
47:05les licenciements des entreprises
47:06qui font des bénéfices
47:08il reste encore à les faire
47:09voter
47:09ce qui est très compliqué
47:10très compliqué
47:11je suis désolé
47:12on a une dernière question
47:12à vous poser
47:13on reçoit Marine Tondelier
47:15juste après vous
47:16donc c'est la secrétaire nationale
47:17des Verts
47:18on parlait justement
47:19des partis politiques
47:20et de la responsabilité
47:21dans cette situation
47:22est-ce que vous auriez
47:23une question à lui poser
47:24même si c'est peut-être pas
47:25une personne que vous connaissez
47:26très bien
47:26est-ce que vous auriez
47:27une question à lui poser
47:28à Marine Tondelier
47:28quel vote la...
47:30est-ce que vous la connaissez
47:31déjà Marine Tondelier ?
47:32je l'ai vue à la télé
47:33mais quel vote
47:35ce que le parti communiste
47:36la France Insoumise
47:37va mettre en place
47:37pour empêcher les licenciements boursiers
47:39et qu'elle
47:40et qu'elle fasse le nécessaire
47:42pour qu'il y ait
47:42plusieurs
47:43de plus en plus de députés
47:44qui la votent
47:44et que cette loi passe
47:45parce que c'est pas possible
47:46d'avoir des licenciements
47:47en France
47:47quand les patrons
47:48et les actionnaires
47:49ça mettraient les poches
47:49et vous Carole ?
47:51moi j'ai envie de dire
47:5249-3
47:53voilà comme ça
47:54au moins c'est réglé
47:55quand ils dégainent
47:56le 49-3
47:56pour tout et n'importe quoi
47:58à un moment donné
47:59il faut obliger
48:00les entreprises
48:01à ne pas licencier
48:02c'est pas possible
48:03c'est à dire que là
48:04on s'est lunaire
48:05c'est à dire que
48:07on est en 2024
48:09on est dans une régression
48:10c'est un 49-3 social
48:12c'est à dire que
48:13les salariés
48:13devraient avoir le droit
48:14d'appliquer un 49-3
48:15dans l'entreprise
48:15bah là pour le coup
48:16le 49-3 serait bienvenu
48:20intéressant
48:20intéressant
48:21merci beaucoup
48:22j'ai bien pris mes notes
48:23on transmettra vos questions
48:24j'espère qu'elle pourra y répondre
48:26merci beaucoup
48:27à tous les deux
48:27d'être venus
48:28merci à vous
48:29c'était vraiment hyper
48:30c'était vraiment bien
48:31qu'on puisse vous avoir
48:32et que vous puissiez
48:33j'ai vu beaucoup de messages
48:34de soutien dans le chat
48:34ah c'est gentil
48:36il y a beaucoup de gens
48:37qui sont avec vous
48:37donc voilà
48:38on vous souhaite
48:38beaucoup beaucoup de soutien
48:40merci beaucoup à tous les deux
48:41il est 20h
48:43allez-y
48:44vous pouvez sortir du plateau
48:45merci encore
48:45merci encore de votre venue
48:46merci et bon courage