- il y a 10 heures
Le projet de budget 2026 est examiné à partir de ce lundi 20 octobre à l’Assemblée nationale. La gauche entend augmenter les recettes de l’État en mettant à contribution les plus riches et les grandes entreprises. Décyptage de la situation et des débats sur le budget, avec Anthony Cortes, journaliste politique à l'Humanité, et RiboDansLaSauce, streameur.
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NewsTranscription
00:00Le budget, les discussions budgétaires ont commencé, donc là ça a commencé en commission, avant d'être en séance à
00:05l'Assemblée, ça commencera aujourd'hui, donc à partir d'aujourd'hui jeudi matin.
00:09Et donc du coup la question qu'on va se poser c'est, est-ce qu'on va finalement commencer
00:12par taxer un petit peu plus les riches ?
00:14Est-ce que le pari du parti socialiste de ne pas censurer pour aller on va dire gauchiser le budget
00:18fonctionne ?
00:19Étant donné qu'il y a déjà eu des discussions en commission sur le volet recettes, du coup pas sur
00:23le volet dépenses mais sur le volet recettes,
00:25donc de quelle manière on va taxer les français cette année ? Donc est-ce que le pari du PS
00:29s'avère plus ou moins gagnant, plus ou moins perdant ?
00:31C'est à ça qu'on va s'intéresser aujourd'hui. Spoiler, c'est très mal barré comme on disait.
00:37Donc on peut peut-être commencer en regardant cet extrait-là tout simplement.
00:40Il est le président de la commission des finances, et qui était du coup celui qui chapeautait les débats disons,
00:48et là c'est le moment où il exprime les conclusions du vote.
00:52Du vote. Sachant que le vote, la commission s'est terminée hier aux alentours de 2-3 heures du matin,
00:57et donc le projet de budget tel que défini et amendé en commission a été très largement rejeté en commission.
01:03Je vais mettre mon casque, mais ça Eric Coquerel l'expliquera probablement mieux que nous. Donc c'est parti.
01:10Le rapporteur général disait que le budget était peu crédible, et c'est parce que je pense que la copie
01:17de départ est peu crédible.
01:18Voilà. Bon, ça ne vous étonne pas. Je pense que la politique d'offre de la compétitivité n'est pas
01:24la politique qu'il faut au pays et qu'elle nous mène dans la passe.
01:26Donc je ne vais pas en refaire une DG là-dessus. Mais du coup, ce qui se passe, c'est
01:30que comme elle est nourrie de contradictions et que notre assemblée est ce qu'elle est,
01:33on arrive avec un texte qui est un texte patchwork dans lequel, à mon avis, personne ne va complètement se
01:39reconnaître,
01:39et beaucoup ne vont vraiment pas se reconnaître du tout au point de le rejeter. En tout cas, pour moi,
01:43ça sera mon cas.
01:45Oui. Alors là, on peut peut-être déjà attendre là-dessus. Là, il dit ça, il dit qu'aucun. Je
01:48ne sais pas si c'était juste avant le vote ou après,
01:50mais déjà, pendant la commission, effectivement, personne n'était content, sauf un groupe, donc le groupe EPR, Ensemble pour la
01:56République,
01:57le groupe macroniste, finalement, mais pas le socle commun ou quoi que ce soit. Uniquement le groupe macroniste.
02:01Les députés macronistes ont voté le budget et tous les autres l'ont rejeté. C'est bien ça ?
02:04Oui, c'est ça, c'est assez fou. C'est seulement les députés de Gabriel Attal, du groupe Ensemble pour
02:09la République, du parti Renaissance,
02:12donc en gros, les fidèles des fidèles d'Emmanuel Macron qui refusent de quitter le navire.
02:17Et pour le reste, oui, tu le disais, Horizon, même Modem, LR, on s'en doutait un tout petit peu
02:22plus,
02:22parce que ça fait quelques jours qu'ils disent, en gros, la copie initiale déjà est un budget socialiste.
02:27Bon, je ne sais pas où ils ont trouvé ça, mais voilà. Donc en fait, on voit un socle commun
02:32qui se désagrège largement.
02:34On en avait déjà un petit peu les prémices. C'est vrai qu'on en a un petit peu parlé
02:37la semaine dernière,
02:38mais c'est vrai qu'au moment de cette crise, ces dernières semaines, juste avant la nomination de Le Cornu,
02:44puis la démission de Le Cornu, encore une fois, il y avait des appels à la démission,
02:49il y avait des appels au changement de méthode, etc. Donc on voyait petit à petit, chaque bloc un petit
02:53peu prendre ses distances.
02:54Là, très clairement, sur un projet de budget qui, en plus, est l'assurance-vie de Sébastien Le Cornu, de
02:59tout le gouvernement.
03:00Et là, tu as le gouvernement qui se fait complètement lâcher par ses troupes.
03:06Et Mérick Ocrel le dit très bien, ce n'est pas pour rien, ce n'est pas que des manœuvres
03:09politiciennes.
03:09Il y a aussi ça, on en parlera certainement. Mais c'est surtout parce qu'en fait, ce budget mélange
03:15les choux et les carottes.
03:17Oui, voilà, c'est ça.
03:17Donc en fait, tu as LR qui va gueuler parce qu'on ne taxe pas assez les plus riches.
03:24Le modem, ils étaient un tout petit peu plus prêts à faire des pas vers une nouvelle forme d'ISF.
03:30Bon, évidemment, un petit peu mutante. Donc en fait, on n'est pas complètement touché au truc.
03:33C'est un tout petit peu les riches, pourquoi pas ?
03:34Voilà. Et LR ne voulait pas du tout. Donc en fait, rien que ça, déjà, ça a laissé présager que
03:38ça pouvait se passer comme ça.
03:41Et finalement, voilà, ça se passe comme ça.
03:44C'est une catastrophe pour le gouvernement. Mais en même temps, est-ce que ce n'était pas prévisible ?
03:49C'était absolument prévisible. C'est une catastrophe pour le gouvernement qui, bon, a priori, ne va pas pouvoir passer
03:53son budget 149.3.
03:55Ou alors, si c'est pas le 49.3, ils vont devoir le passer en force d'une autre manière,
03:58peut-être avec des ordonnances, etc.
04:00C'est aussi une catastrophe pour le PS qui disait, ben non, on va relancer le parlementarisme en discutant, on
04:04va pouvoir s'en sortir.
04:05Et là, à l'issue des discussions en commission sur le volet recettes, qui est un volet important, parce que
04:08c'est là qu'a été discutée la taxe Zucman, par exemple.
04:10On va en reparler juste après, qui a été rejetée, évidemment. En commission, les députés PS ont rejeté ce budget.
04:16C'est vrai que c'est difficile d'imaginer comment le gouvernement peut s'en sortir autrement qu'en passant
04:21en force.
04:21Alors que, tu le disais, Lecornu, pendant sa déclaration de politique générale, c'était la semaine dernière, c'est ça
04:27?
04:27Il disait, voilà, le retour au parlementarisme. Nous proposons, vous débattrez, vous voterez. Pourquoi pas ?
04:34Sauf que là, on voit la limite de cette espèce de faux parlementarisme mis en scène, où en fait, oui,
04:42on est dans une assemblée divisée.
04:45Si, en plus, autour de cette assemblée divisée, il n'y a pas vraiment de cap déterminé, forcément, on va
04:51aller vers des divisions qui vont s'empiler sur d'autres divisions, etc.
04:55Et donc, oui, le gouvernement va certainement se poser la question. Est-ce qu'on va devoir passer ?
05:00Alors, je n'imagine pas que Sébastien Lecornu revienne sur sa promesse de ne pas utiliser 49.3.
05:05Mais on peut se poser la question aussi de, est-ce que du côté du socle commun, ou plutôt du
05:08côté de PR, est-ce qu'on ne va pas demander peut-être à recourir au 49.3 ?
05:13Parce que, d'ailleurs, on parlera de Valls tout à l'heure, mais ce matin, Valls sur Info en parle,
05:17en disant...
05:17Oui, mais on peut défendre le 49.3. Il a dit, vous voyez, ce n'est pas pour rien qu
05:20'il existe, c'est justement pour éviter l'instabilité budgétaire.
05:22D'ailleurs, le 49.3 est illimité en cas de vote budgétaire. On peut utiliser autant de 49.3 qu
05:26'on veut.
05:27C'est ça.
05:27On peut en utiliser... Enfin, c'était Elisabeth Borne qu'on a utilisé plusieurs dizaines, je crois, déjà, en deux
05:32-trois budgets.
05:33Oui, oui. Et d'ailleurs, on parlait de Valls, mais il y a aussi aujourd'hui, dans l'opinion, un
05:37papier de Bernard Cazeneuve qui défend le 49.3 aussi.
05:40Donc on voit que ça commence à monter, quand même.
05:41Un peu la team stabilité centriste qu'il a. Du coup, il dit, bon, voilà, si on veut avoir une
05:45approche purement gestionnaire et de stabilité et dépolitisante de la politique,
05:49ce qui est la spécialité du PS et des centristes de manière générale, effectivement, 143, c'est un peu compliqué.
05:54On voit bien que pour certains, la volonté de démocratie, d'avoir un budget pour la France, de ne pas
05:58se mettre à dos les marchés, etc., etc.,
06:00est plus importante que les velléités démocratiques, tout simplement.
06:04Complètement, pour la sacroissance de la stabilité, comme tu le dis.
06:08Bon, je vous propose de regarder un petit peu la suite de ce que dit Eric Coquerel, parce qu'on
06:11l'a coupé au beau milieu, mais c'est intéressant.
06:13Je note qu'il y a eu quelques avancées, notamment, par exemple, les baisses de niches fiscales,
06:23la suppression des exonérations de niches fiscales les plus injustes qui touchaient les retraités,
06:27les indemnités, les gens malades de longue durée, etc.
06:31Donc ça, c'est quelques avancées.
06:33On a eu quelques taxes, mais beaucoup moins que l'an dernier, touchant, et vous savez que nous, c'est
06:39ce qu'on souhaite,
06:40les hauts patrimoines et les grandes entreprises.
06:42Malgré tout, monsieur le rapporteur général, je pense qu'y compris celles sur les multinationales, rien qu'à elles,
06:50il y a plus de 6,3 milliards, à mon avis, qui ont été gagnés en recettes en plus.
06:54Mais à côté de ça, la plupart ont été refusés.
06:57Et puis à côté de ça, beaucoup, et ça, je le constate aussi,
07:01tous les amendements en faveur de l'écologie, de la culture, etc.,
07:04ça a été quasiment un refus systématique, ce qui, évidemment, est un problème.
07:08Donc pour moi, on arrive avec un budget patchwork, dans lequel, pour ma part, je ne me reconnais pas,
07:13qui montre que, quelque part, je crois qu'on ne peut pas aménager le projet qui nous est posé,
07:19parce qu'il a sa cohérence, mais en même temps, il n'y a pas de majorité pour le voter.
07:22Donc on va arriver, à mon avis, à ce constat ce soir.
07:26Voilà ce que je voulais dire.
07:28Mais, encore une fois, merci aux administrateurs et une satisfaction du travail accompli.
07:33OK, donc c'était bien avant le vote, puisqu'il a dit qu'on va arriver à cette conclusion ce
07:36soir.
07:36Et effectivement, le vote a totalement appuyé les propos d'Éric Coquerel, président de la Commission des Finances,
07:41parce que ce n'est pas passé, ça n'a pas été voté.
07:44Donc effectivement, tout ce qu'il dit, c'est confirmé.
07:47Alors, lutte, je ne vais pas fermer la page.
07:49Ce que je te propose, avant de passer à la suite, c'est de regarder un petit peu plus en
07:52détail,
07:52du coup, ce qui a été voté pendant ce vote budgétaire,
07:54voir un peu si, effectivement, il y a des trucs de l'ordre de la taxation des grands patrimoines
07:59qui ont été faits ou quoi que ce soit, ou si vraiment rien du tout.
08:02Mais là, en tout cas, il parlait d'à peu près 6 milliards de recettes en plus,
08:05éventuellement axés plutôt sur les grandes fortunes et les hauts patrimoines.
08:07En vérité, quand on regarde la copie initiale du budget Lecornu, c'était à peu près ce qu'il voulait.
08:12Il voulait économiser à peu près 30 milliards, réduire le déficit de 30 milliards.
08:15Et sur les 30 milliards, c'était au trois quarts sur le volet dépenses publiques,
08:19réduction de dépenses et une augmentation un petit peu de la fiscalité
08:21sur ceux qui peuvent se le permettre, sur les très très riches.
08:24Et donc, en vérité, ça correspond plutôt à la copie de départ de Lecornu.
08:27Ça correspondait plutôt... C'est un budget qui est finalement assez macroniste,
08:30malgré ces mesures qui sont plutôt des mesurettes, en réalité, de pseudo-justice fiscale.
08:34Oui, complètement. C'est vrai que c'est des mesurettes parce que c'est des avancées,
08:37malgré tout, c'est des avancées, mais à la marge.
08:38Oui, voilà, c'est ça.
08:39C'est-à-dire que, par exemple, si on prend quelques exemples...
08:42On va les regarder, on a tous les exemples ici.
08:43LCP qui a fait un bon taf.
08:44Voilà, carrément. Donc, allez voir ce papier à chaque fois.
08:47Vous pouvez cliquer sur chaque petit amour.
08:49Je vous le mets dans le chat pour ceux que ça intéresse.
08:51Et par exemple, il y a des petites avancées.
08:53C'est-à-dire que, par exemple, le rétablissement de l'exit taxe,
08:58comme elle existait en 2019, donc en gros, l'exit taxe est une imposition
09:01sur les plus-values réalisées sur des actions, en gros,
09:06qui sont en cas de transfert du domicile fiscal.
09:08Enfin, un truc un peu technique, mais bon, voilà.
09:10C'est une façon d'imposer aussi les grandes entreprises et les grands sociaux.
09:16Sur la fortune financière.
09:17C'est ça, exactement, la fortune financière.
09:19Si on a un milliard d'actions et qu'on veut récupérer, je ne sais pas,
09:22100 millions d'euros un peu en cash en revendant ces actions,
09:24ce genre de choses, c'est dans ce cas de figure où il va y avoir l'exit taxe.
09:27Ah non, c'est plus la flat tax.
09:28Mais c'est un peu du même ordre. En tout cas, c'est les taxes sur les produits financiers.
09:31Et en fait, elle a été rétablie, du coup, comme elle était en 2019,
09:34alors que la gauche, elle, voulait la rétablir, mais aussi augmenter le taux.
09:38Donc là, on voit qu'en fait, finalement, oui, on revient à la raison.
09:41Mais est-ce que ça va vraiment amener...
09:43C'est incroyable. Est-ce que ça va vraiment révolutionner le budget ?
09:46Peut-être qu'elle existait avant 2019, donc c'était déjà Macron, quoi.
09:49Donc quand on regarde la brutalité avec laquelle a appliqué sa politique fiscale,
09:53pro-business, Macron, dès 2017,
09:55retour à avant 2019, où c'était déjà Macron,
09:58et c'était déjà une politique au service des ultra-riches.
10:00Moi, je me souviens que c'était...
10:02Comment il s'appelle ? Monique Pinson-Charlot,
10:04et Feu, son mari, je ne me souviens plus de son prénom,
10:05qui avait sorti un livre qui s'appelait...
10:07Mais c'était dès 2017, dès le tout début de Macron,
10:11où c'était Macron, président des ultra-riches.
10:13Donc là, l'idée, ça serait de retourner avant 2019,
10:16à l'époque où Macron était déjà le président des ultra-riches,
10:18et ça serait une avancée en faveur de la justice fiscale.
10:21Là, on voit bien, avec cette histoire d'excit de taxes,
10:22qu'effectivement, c'est de la mesurette,
10:23et c'est un léger retour en arrière.
10:25Alors ça peut aller dans la bonne direction.
10:26On était tellement enfoncés dans la mauvaise direction
10:28que tout ça n'est évidemment pas satisfaisant,
10:30y compris pour le très centriste PS.
10:31Oui, complètement.
10:32Et puis on peut même citer d'autres exemples,
10:34parce que par exemple, là, je vois le relèvement du taux de taxes sur les GAFAM.
10:37Mais ça, c'est intéressant,
10:38parce que le taux, il a été amené assez bas, disons, par les macronistes.
10:42Il était à 3%, 3% de taxation.
10:44Il est remonté à 15%.
10:45C'est un amendement macroniste, d'ailleurs.
10:46C'est intéressant.
10:47C'est un amendement macroniste.
10:48Mais là aussi, il y a une façon de revenir un petit peu sur ces erreurs,
10:52mais sans non plus être trop ambitieux.
10:53Oui.
10:54Mais c'est assez cohérent avec Sébastien Legornu,
10:56qui avoue, pendant sa déclaration de politique générale,
10:59à demi-mot, que les méthodes macronistes étaient antidémocratiques.
11:02Mais en même temps, on ne le reconnaît pas totalement.
11:04Et puis on continue d'avancer un petit peu.
11:07Et puis en même temps, c'est eux qui ont raison,
11:08donc démocratie ou pas.
11:09Au final, c'est leur copie qu'il faut appliquer.
11:11Sans ça, la France va mourir.
11:12C'est un peu l'idée macroniste.
11:14En parlant de ça, de tout ce qui est mesurette,
11:17je trouve qu'il y a cet extrait-là.
11:18Bon, ne faites pas attention à qui l'a posté.
11:20C'est un gros droitard, on s'en fiche.
11:22Dans tous les cas, c'est un extrait de LCP, à la base.
11:25Donc, sur une mesure qui a été votée.
11:26Et du coup, ça, c'est intéressant,
11:27parce que c'est une mesure qui a été votée à la fois par la gauche,
11:29donc la gauche de LFI au PS.
11:30Bon, après PS gauche, c'est à votre appréciation, j'ai envie de dire.
11:33Mais bon, voilà.
11:34On va dire, feu le NFP.
11:35Et ça a aussi été voté par le RN.
11:37Donc, on pourrait se dire,
11:38ah, le RN, voilà, quand il parle de justice fiscale, etc.
11:41Peut-être que ce n'est pas que du flanc,
11:42parce que là, ils ont voté une mesure de justice fiscale, entre guillemets.
11:45Mais quand on regarde vraiment la nature de la mesure,
11:48et qu'on gratte un peu derrière pour voir ce que ça peut signifier,
11:50on se rend compte aussi de l'arnaque
11:53de la soi-disant justice fiscale,
11:54quand ça vient du RN ou des macronistes, quoi.
11:57Donc, regardez ça, ça concerne les taxes sur les produits de luxe.
12:01Le 865, M. Lecoq.
12:04M. Bilingo.
12:06M. Bilingo.
12:07Nous proposons d'accès...
12:09Député LFI.
12:10... les produits du luxe à hauteur de 33%.
12:13Je rappelle juste le chiffre d'affaires.
12:16En 2025, c'est 150 milliards d'euros,
12:19le chiffre d'affaires pour l'industrie du luxe en France.
12:22Du coup, une taxe à 33% serait une bonne recette pour l'État.
12:30Merci.
12:32OK.
12:35Monsieur...
12:36Alors, ce ne sont pas les extraits les plus divertissants et passionnants à regarder,
12:39parce que c'est littéralement des débats en commission, quoi.
12:41Donc, on va quand même regarder jusqu'au bout,
12:42voir un petit peu qui vote et pour quelles raisons,
12:44puis après, analyser un peu ce que ça veut dire, quoi.
12:47Le rapporteur, excusez-moi.
12:49Tout d'un coup, j'ai un truc.
12:50Merci, M. le Président.
12:52Bon, outre le fait que le taux est assez élevé,
12:54vous dites, par exemple, les produits des arts de la table.
12:57Bon, je ne sais pas, très bien.
12:59Les parfums de luxe.
13:00Alors, je ne sais pas la différence entre un parfum de luxe et un parfum pas de luxe.
13:04Ben, non.
13:06Il y en a qui sont bons.
13:07Il y en a qui sont bons et l'autre, très bon.
13:09Ça doit être ça, le truc.
13:11Bon, donc, avis défavorable.
13:14C'est ça, sa justification ?
13:16On ne sait pas ce que ça veut dire que le luxe, exactement.
13:18On peut déjà estimer qu'un parfum de luxe,
13:19ça serait un parfum qui est vendu par un groupe de l'industrie du luxe.
13:21Je ne sais pas.
13:22Si c'est vendu par LVMH, on classe ça dans le luxe, quoi.
13:24Ben, complètement.
13:24Non, mais c'est assez risible.
13:25En fait, c'est Philippe Juvin, rapporteur du budget, député LR,
13:30qui est évidemment ultra opposé à la taxation des plus riches,
13:35des plus grandes fortunes et des plus grandes entreprises.
13:36Donc, voilà, il choisit l'humour comme rempart,
13:39mais évidemment, c'est un petit peu ridicule d'opposer ça.
13:42Ouais.
13:43Allez, on va regarder.
13:45Très lu.
13:46C'est ça, oui, bien sûr.
13:47Bon, ce qui est pour.
13:49OK.
13:55C'est toujours amusant de voir comment ça vote.
13:57Parce que même dans l'Assemblée, ils ont quand même un petit boîtier.
14:00Parfois, les votes, c'est vraiment enlève la main, comme à l'école, quoi.
14:03Et c'est comme ça qu'on écrit la loi.
14:05C'est comme ça qu'on est le législateur en France, encore en 2026,
14:07à l'époque de l'IA et des nouvelles technologies.
14:10Je trouve ça assez précise.
14:11C'est un peu désagé, mais sous le douleur.
14:11Ouais, c'est ça, exactement.
14:12Qui est pour, qui est contre.
14:13Alors après, c'est aussi sur des votes où on sait très bien que ça ne va pas passer,
14:16où on sait très bien que ça va passer,
14:17où ils comptent un peu à l'arrache, quoi.
14:20Donc là, c'est déjà peut-être un peu le signal qu'on sait très bien qui va voter, quoi.
14:30Qui est contre ?
14:33Il y a plus de main levée, là.
14:34Quoique, quoi que.
14:41Adopté.
14:43Non, c'est bien adopté.
14:44OK.
14:45Donc effectivement, ça a été adopté.
14:46Alors lui, c'est pas Emmanuel Macron.
14:47Il ressemble un petit peu, il a le même style,
14:48mais c'est un député quand même macroniste, ça se voit.
14:51Mais effectivement, ça a été adopté.
14:52Donc on va juste regarder ce qu'il a à dire.
14:53Puis après, on parle de ce que ça signifie un petit peu
14:55et du manque d'ambition qu'il y a derrière, en fait, cette taxe.
14:58Moi, c'est ça dont je voulais parler.
14:59On va venir sur ce qui s'est passé il y a quelques minutes,
15:01l'amendement 865-LECOC.
15:04Donc qui est l'augmentation très importante du taux TVA
15:08sur ce qu'ils appellent les produits de luxe,
15:11suite à un vote conjoint de la gauche et du Rassemblement national.
15:14Je trouve que cette commission sombre dans la démagogie la plus complète.
15:20Ah bon ?
15:23Alors bon, sa phrase a été un petit peu coupée en cours de route,
15:25mais oui, dans la démagogie la plus complète,
15:26parce que j'imagine que pour lui, tout ça, c'est de la mesure symbolique.
15:29On veut toujours s'en prendre aux riches,
15:30parce que ces abrutis de gauchistes,
15:32ils ne savent rien faire à part dire taxer les riches.
15:34Et ils sont jaloux.
15:34C'est probablement ça la logique qu'il y a derrière.
15:36Mais je pense qu'aussi, il parle de démagogie,
15:38et peut-être un peu plus sa raison pour le coup,
15:39parce qu'il parle du Rassemblement national.
15:41Évidemment, lui, il voit un vote conjoint par la gauche et le Rassemblement national.
15:44Sa première logique de Macronie, c'est de dire,
15:46ah ben voilà, les extrêmes se rejoignent,
15:47regardez, l'opposition, c'est rien que des démagogues et des populistes.
15:50Mais est-ce que ce n'est pas un petit peu vrai
15:52quand on parle du RN qui vote cette taxe-là
15:54sans voter la taxe de l'Utman, par exemple ?
15:56Oui, complètement.
15:56C'est vrai que si on dit ça avec sa phrase,
15:59si on se dit qu'elle est uniquement adressée à l'amendement, du coup, le coq,
16:04alors on se dit, attendez, c'est le même argument que Juvin,
16:07du coup, d'une certaine façon, en disant, ce qu'ils appellent les produits de luxe,
16:10bon, on sait très bien ce que c'est les produits de luxe,
16:11on sait très bien qui les produit, on sait très bien qui les achète, etc.
16:13Donc, on sait très bien qui on vise.
16:15Mais s'ils visent le RN, enfin, en tout cas,
16:17cette espèce d'alliage particulier, là, entre la gauche et le RN,
16:20oui, clairement, il n'a pas tort,
16:22parce que le RN s'achète à peu de frais
16:26une sorte de mesure de justice fiscale et de justice sociale.
16:31Et ce qui est un petit peu ridicule,
16:32parce que là, bon, ben là, ils votent ça,
16:34ça ne va pas leur coûter grand-chose, quelque part,
16:36en termes de crédit politique,
16:37ça ne va pas non plus complètement vexer leur électorat,
16:39en tout cas, le nouvel électorat qu'ils essaient de se faire
16:41du côté des pauvres riches.
16:42Oui, de la droite bourgeoise, conservatrice,
16:45d'habitude, vote LR, quoi.
16:46Exactement.
16:47Alors que, dans le même temps,
16:48elle s'est opposée à la taxe Zuckmann,
16:50qui, là, pour le coup, vise davantage de personnes,
16:53enfin, là, pour le coup, on est sur un millier de ménages,
16:57je crois, si je ne me trompe pas.
16:58C'est 1800 ménages, la taxe Zuckmann.
17:001800, oui, c'est ça.
17:00Et même chose sur le rétablissement de l'ISF,
17:03qui a été proposé aussi par la gauche,
17:05et là, le RN était aux abonnés absents, évidemment,
17:08parce que ça touche beaucoup plus de personnes.
17:10Parce que ça ferait chier les investisseurs, etc.
17:12Exactement, les fameux investisseurs.
17:14Donc, voilà, là, on voit une sorte d'hypocrisie du RN
17:18qui est montrée par le député macroniste,
17:21même si on voit que le député macroniste
17:22est quand même plus révolté par l'amendement,
17:24je crois, par la nature.
17:25Oui, voilà, c'est ça.
17:26Il est révolté pour des raisons différentes de la gauche.
17:28Parce qu'il faut rappeler que la Macronie n'a aucune difficulté,
17:31parfois, à s'allier avec le RN, notamment.
17:33Là, on l'a vu dans l'élection des vice-présidents
17:35et vice-présidentes de l'Assemblée nationale.
17:37Oui, le RN est revenu au bureau.
17:38Voilà, c'est ça.
17:38Ce n'était pas le cas de 2024 à 2025.
17:42Oui, c'est ça.
17:43Qu'est-ce que je voulais dire ?
17:44Alors, oui, moi, ça me vexe.
17:45Enfin, ça me choque un petit peu.
17:47Et je trouve que c'est de la démagogie de la part du RN
17:48pour une raison qui est bien différente de celle des macronistes.
17:50C'est qu'en fait, quand on regarde bien,
17:52là, c'est vraiment une taxe sur la consommation,
17:54une augmentation de la TVA.
17:55Donc, c'est sur la consommation des produits de luxe
17:56qui est visée, effectivement,
17:57sur ceux qui peuvent se permettre d'acheter des produits de luxe.
17:59Donc, on peut se dire, ah ben, c'est bien,
18:01au sens où ça va déjà un peu dans le bon sens,
18:02mais c'est vraiment petit bras de faire une taxe comme ça.
18:04Et c'est un peu l'anti-taxe Zuckman, pour moi, ce truc-là.
18:06Parce que la taxe Zuckman, justement,
18:07c'est la particularité de cette taxe,
18:09et c'est ce qui fait que les droits tarifs
18:11pètent un câble totalement là-dessus,
18:12c'est que c'est indexé sur le patrimoine
18:14et pas sur les revenus.
18:14Et quand on voit que les inégalités en France
18:16et dans le monde, mais en France en particulier,
18:18sont de plus en plus des inégalités de patrimoine,
18:20qui est vraiment des inégalités quasiment maintenant de naissance,
18:23quand ça commence à ressembler à une société d'héritier
18:25comme si on était au XIXe siècle,
18:26ça, c'est parce que c'est des inégalités de patrimoine.
18:28Et ce patrimoine est transmis en contenant l'héritage, etc.
18:30Donc, la taxe de Zuckman tente de s'attaquer à ce problème,
18:33ou en tout cas de prendre cet angle-là,
18:34de s'attaquer aux inégalités,
18:36en prenant l'angle des patrimoines,
18:37ce qui est assez ambitieux
18:38et ce qui est, moi, je trouve vraiment super,
18:40couvre des débats intéressants, par ailleurs.
18:41Après, il y aurait une autre manière d'attaquer les inégalités
18:43qui serait sur le revenu,
18:44ce qui est déjà moins ambitieux,
18:45parce que quand on regarde les milliardaires,
18:47ceux qui possèdent tout en ce bas monde,
18:49en vérité, ce n'est pas des revenus qu'ils ont.
18:50C'est du capital, c'est du patrimoine.
18:52Donc, c'est déjà un peu petit bras
18:53de vouloir taxer les revenus des plus riches
18:54par rapport à vouloir taxer en s'indexant sur le patrimoine.
18:57Mais alors, taxer sur la consommation,
18:58on augmente la TVA des produits de luxe,
19:00c'est encore un niveau en dessous de taxer les revenus.
19:02Pour une raison très simple,
19:03c'est que quand on prend les milliardaires,
19:04les ultra-riches,
19:05les fameux 1800 ménages les plus riches de France,
19:07la consommation qu'ils ont dans leur activité économique,
19:10c'est rien, c'est quasiment insignifiant.
19:11Ils possèdent tellement que tout ce qu'ils veulent consommer,
19:13même s'ils achètent des milliers,
19:14des dizaines de milliers d'euros de produits de luxe tous les mois,
19:16ça sera que dalle par rapport à ce qu'ils possèdent.
19:18Donc, au final, c'est vraiment une taxe qui rapporterait...
19:20Une taxe qui s'inscrit dans un truc de justice fiscale,
19:23parce que ça s'attaque au luxe et aux ultra-riches,
19:25mais je veux dire, c'est ce qu'il y a de moins ambitieux
19:27qu'on puisse faire.
19:28C'est moins ambitieux que taxer les revenus,
19:29et c'est surtout encore moins ambitieux
19:31qu'une taxe Zucmane, taxer le patrimoine.
19:34Et c'est pour ça que le RN peut se permettre de voter ça,
19:37parce qu'au final, c'est une manière de dire
19:38qu'on taxe les riches sans vraiment les taxer.
19:40C'est ça que je voulais dire.
19:41Et ça fait partie de cette politique d'affichage.
19:45Le RN essaie de se montrer de plus en plus respectable
19:47du côté des milieux d'affaires,
19:48du côté de la grande bourgeoisie,
19:50des plus fortunés, de ce qu'ils appellent aussi par ailleurs
19:53les capitaines d'industrie.
19:55On a vu par exemple Jordan Bardella,
19:56c'était à l'époque du congrès ou des journées d'été,
20:00du MEDEF, où justement, il a amené ce discours-là.
20:04Et là, on voyait très clairement ce que tu pointes là.
20:07C'est ce refus absolu de s'attaquer à ces dossiers essentiels.
20:12Et la preuve, c'est qu'il a été largement accueilli favorablement.
20:15C'est qu'il a eu plus d'ablottissements, évidemment,
20:17que les représentants de la gauche.
20:19Parce qu'ils ont bien identifié que le RN n'était pas
20:23des ennemis de classe, disons, de la grande bourgeoisie
20:26et des grands patrons.
20:27Tout à fait. Sachant qu'en plus, cette taxe sur les produits de luxe,
20:30il y a déjà énormément de produits de luxe qui sont plus ou moins
20:31pas soumis à la TVA, parce qu'il y a des manières de contourner ça.
20:34Et d'ailleurs, ce qui est intéressant, c'est que typiquement,
20:35acheter un yacht ou un jet privé,
20:37ça, c'est de la consommation d'ultra-riches.
20:39On se dit, ça représente quand même une grosse manne financière.
20:42Et bien, de manière générale,
20:43par des processus d'optimisation fiscaux,
20:45si tu vas acheter un jet privé,
20:47tu vas à des salons pour acheter un jet privé.
20:49Le premier truc que tu vois en rentrant,
20:50c'est des petits stands avec écrit VEET Free,
20:53comment contenter la TVA, comment ne pas payer sa TVA sur ses produits
20:55en y matriculant ça au bon endroit.
20:57Pareil pour les yachts.
20:58Et ce qui est amusant de voir,
20:58c'est que le RN, à côté de ça,
21:00donc ils ont voté cette augmentation de la TVA sur les produits de luxe,
21:03ils ont voté contre une taxation sur les jets privés et les yachts.
21:06Ce qui montre bien toute leur hypocrisie,
21:07à quel point c'est un simulacre de justice fiscale
21:09quand ils parlent de tout ça.
21:10Le RN, et que vraiment, c'est une opposition de façade à la Macronie.
21:13En réalité, comme tu le disais,
21:14et c'était très éloquent le passage de Bardella au MEDEF,
21:17ils jouent pour la même équipe.
21:18Ils n'ont pas le même maillot, mais ils ont la même passion.
21:20C'est ça, parce qu'on débattait de l'union des droites ou pas,
21:23là, clairement, en tout cas, il y a une formation de bloc bourgeois,
21:27de la grande bourgeoisie même, de plus en plus,
21:29parce qu'en fait, ils passent des étapes
21:31qu'on n'attendait pas voir passer aussi rapidement.
21:34Et là, oui, clairement, il y a une espèce de coordination d'intérêt,
21:38disons, au service des plus riches.
21:41Ce qui explique bien des accords tacites et électoraux.
21:43On le disait tout à l'heure, sur les grands postes de l'Assemblée.
21:45C'est aussi qu'ils partagent les mêmes points de vue
21:48et les mêmes orientations.
21:49Oui.
21:50Alors, ce que je te propose, c'est de passer un peu la suite
21:52en restant sur ce sujet.
21:53Donc, on ne va pas forcément faire la liste de tout ce qui a été voté.
21:55De toute façon, là, vous pourrez aller voir par vous-même.
21:58Mais c'est quand même des trucs...
21:59On est un peu de l'ordre de la mesurette.
22:01La suppression de la taxe sur les produits de vapotage,
22:03est-ce que c'est vraiment ce qu'il y a de plus ambitieux
22:05pour tenter de réduire le déficit de la France
22:07ou de sauver nos services publics ?
22:08Ce n'est pas trop ça que ça va faire.
22:10Donc, ça reste des points de détail.
22:11En tout cas, ce qui est intéressant, c'est aussi de voir à la fin.
22:13En revanche, ça, c'est un peu toutes les mesures
22:15qui pourraient être en faveur de la justice fiscale,
22:17qui représentent quand même très peu,
22:19qui ont été votées.
22:19Mais en revanche, la taxe Zuckmann,
22:21que la gauche voulait ajouter par voie d'amendement,
22:22n'a pas été adoptée.
22:24Donc, c'était vraiment la taxe qui, là, pour le coup,
22:26mettait un peu d'accord toute la gauche
22:27et qui, là, pour le coup, est un vrai pas dans le bon sens
22:28par rapport à ce que j'ai expliqué tout à l'heure.
22:30On s'attaque plus aux inégalités de patrimoine.
22:32En tout cas, on prend l'angle du patrimoine
22:33pour faire une fiscalité redistributive,
22:35ce qui est assez inédit, en réalité.
22:37Et ça, c'est la seule taxe qui aurait été vraiment
22:39une avancée pas que symbolique pour la gauche.
22:42Là, le PS aurait pu s'enorgueillir en disant
22:46« Ah, c'est grâce à nous, regardez, la taxe Zuckmann,
22:48ça fait deux mois qu'on en parle sur tous les plateaux télé,
22:50c'est grâce à nous qu'on va aller chercher 15 milliards
22:52dans les poches des plus riches. »
22:53Là, pour le coup, ça aurait été un pari réussi pour le PS
22:56si la taxe Zuckmann avait été votée.
22:57Mais sans aucune surprise, effectivement,
22:58elle n'a pas été votée.
22:59Non, clairement.
23:00Et là, je retiens quand même une petite mesurette.
23:03Bon, évidemment, celle sur les produits de votre potage,
23:05elle est un peu ridicule.
23:06Enfin, j'imagine peut-être que c'est Elisabeth Borne
23:08qui est derrière.
23:09Elle commence souvent à votre potage.
23:10Non, mais plus sérieusement, sur la défiscalisation partielle
23:16des pensions alimentaires, ça reste une mesurette.
23:19Mais elle est quand même intéressante pour les classes populaires
23:22et notamment pour les parents solos,
23:24qui ont plus souvent, évidemment, des mamans solos,
23:26parce que ça vise en particulier ceux qui reçoivent, disons,
23:30la pension alimentaire.
23:32Et en gros, la pension alimentaire reçue ne sera plus soumise
23:35à un impôt sur le revenu.
23:36Donc ça reste, malgré tout, intéressant, là, de ce côté-là.
23:39Je ne dis pas que c'est une révolution,
23:40mais en tout cas, voilà, c'est à noter.
23:41Et d'ailleurs, c'est un amendement,
23:43on remporte souvent hommage au socialisme,
23:44mais c'est un amendement de Philippe Brant.
23:45Donc, la gauche, évidemment, l'a porté d'une seule voix.
23:50Je ne sais pas ce qu'a fait le RN de ce côté-là.
23:51Mais voilà, évidemment que ça ne révolutionne rien,
23:55ça n'éclaircit pas le tableau.
23:57On ne va pas du tout vers un budget de justice fiscale
24:00et de justice sociale.
24:01Mais voilà, un peu de respiration pour les classes populaires
24:03et pour les parents célibataires, malgré tout.
24:05Mais ça se fait toujours au prix d'une défiscalisation.
24:08Donc là, c'est pour dire, il ne faut pas que la fiscalité
24:11désavantage les plus pauvres, les plus précaires,
24:12ce qui est une réalité, mais ça passe quand même
24:15par une défiscalisation.
24:16Donc, dans tous les cas, c'est un peu l'État,
24:19c'est un peu le contribuable aussi qui va payer pour ça,
24:21alors qu'on pourrait typiquement faire payer
24:22les grandes fortunes et le patronat,
24:23y compris pour ce genre de choses.
24:27Défiscalisation partielle des pensions alimentaires,
24:28c'est bien, mais si ça ne s'accompagne pas
24:30de vraies mesures fiscales pour aller chercher l'argent
24:33là où il est, dans tous les cas, tout ça reste une impasse.
24:36De l'ordre du symbolique, de la mesure de témoignage.
24:39Exactement.
24:39Et c'est malheureux, parce que surtout qu'en plus,
24:41la Macronie, en tout cas, l'ensemble du Parlement,
24:44de l'Assemblée, avec qu'un mot à la bouche
24:47était responsabilité, responsabilité, responsabilité
24:49et aussi travail constructif.
24:51Là, en fait, on se retrouve avec une copie assez tiède,
24:55assez fade, qui peut apporter quelques petites améliorations
24:58à certaines classes de la population,
25:00mais vraiment, vraiment, vraiment à la marge.
25:02Pour le reste, c'est décevant.
25:03Et surtout, ce qui marque, c'est le refus d'attaquer
25:05aux plus riches, encore une fois.
25:06Oui, ça sera la conclusion.
25:08Alors, juste pour continuer à parler du budget,
25:09je propose de regarder Zemmour, le bon Zemmour.
25:13Voilà, il y a deux Zemmour.
25:15Chacun entre nous a deux Zemmour qui s'affrontent.
25:16Non, c'est pas ça, je mélange tout.
25:17En tout cas, on va regarder Michael Zemmour,
25:19et pas Eric, du coup.
25:20Donc, Michael Zemmour, vous vous en souvenez,
25:21probablement, au moment de la réforme des retraites,
25:22en 2023.
25:23C'était vraiment le monsieur retraite.
25:25Il a fait un boulot de zinzin,
25:26en allant sur tous les plateaux télé,
25:27expliquer avec énormément de pédagogie
25:29pourquoi, en fait, la réforme des retraites,
25:31on pourrait faire autrement.
25:32Et donc là, il est là,
25:34toujours un petit peu au poste,
25:35pour dire pourquoi le budget, il est lu.
25:37Mais c'est un budget très dur.
25:38Je vous propose de regarder ça.
25:40Ça permettra, donc là,
25:41on va s'éloigner peut-être un peu
25:42des simples conclusions de la commission
25:44sur le volet recettes,
25:45et dézoomer un petit peu,
25:46et voir un petit peu les réactions
25:47des différents politiques.
25:48On a du François Ruffin sur BFM,
25:50encore un peu d'Éric Coquerel,
25:51on a Olivier Faure, le PS sur RTL.
25:53On a plein de petits extraits.
25:54Donc là, c'est plus les positions des politiques
25:57par rapport à toutes ces discussions budgétaires.
25:58On s'éloigne un tout petit peu de la commission
26:01à proprement parler.
26:02Donc c'est parti.
26:03Mais c'est un budget très dur socialement.
26:05Il y a un certain nombre de mesures
26:06qui ont été montrées.
26:08Je pense par exemple au gel des minima sociaux
26:10et au gel des prestations sociales.
26:12En France, on a un taux de pauvreté
26:13qui est assez élevé chez les enfants.
26:15Il est de plus de 20%.
26:16C'est-à-dire qu'il y a un enfant sur cinq
26:17qui vit au-dessus du seuil de pauvreté.
26:19Et on sait que mécaniquement,
26:21le gel à la fois des allocations familiales
26:23et du RSA ou de l'AH
26:26ont augmenté ce taux de pauvreté en général
26:28et chez les enfants.
26:29Donc il y a des éléments sociaux extrêmement durs.
26:33Les mesures qui sont sur l'assurance maladie,
26:36et je pense en particulier aux franchises médicales,
26:38c'est aussi une baisse de pouvoir d'achat
26:40très directe sur les malades.
26:41C'est de l'ordre de 2 milliards d'euros.
26:42Et donc c'est aussi une mesure importante.
26:45Et puis dans les éléments durs,
26:46alors ce n'était pas dans la présentation,
26:48mais finalement c'est peut-être
26:49ce qu'il y a de plus inquiétant pour le long terme.
26:52Il y a l'austérité dans les services publics.
26:54On a par exemple du côté de l'école
26:58des difficultés de recrutement.
26:59On a une école publique qui est vraiment en crise.
27:02Je crois qu'il avait été calculé
27:03que les enfants au long de leur scolarité
27:05dans certains départements
27:06perdent une année pour cause d'absence d'enseignants.
27:09On n'arrive pas à recruter des enseignants.
27:11Et là, dans le cadre du budget,
27:12on reste avec des rémunérations des enseignants
27:14qui sont gelées.
27:16On n'a pas de recrutement sur ce commentaire.
27:18Non, ça s'est arrêté au beau milieu.
27:20Donc oui, ce qui est bien avec cet extrait
27:22avec le travail de personnes comme Mickaël Zemmour,
27:24on en regardera un autre extrait de quelqu'un d'autre après,
27:26c'est de rappeler un petit peu aussi
27:27c'est quoi les conséquences directes
27:31de ce genre de budget.
27:31Donc là, quand il parle de politique d'austérité,
27:33il parle peut-être plus du volet de dépenses
27:35qui n'a pas encore été analysé en commission,
27:36de la réduction des dépenses publiques
27:37et les effets de l'État que ça va avoir
27:39sur la vie des Français,
27:42sur la vie des Français les plus fragiles en tout cas.
27:43Et donc là, en prenant l'exemple de l'éducation nationale.
27:46C'est intéressant parce que le travail que fait Mickaël Zemmour,
27:48tu le disais, il est admirable.
27:50Si on devait donner des décorations
27:52de personnes qui vont au front sur les chaînes d'information,
27:55alors qu'évidemment, la ligne, elle est ultra libérale,
27:58pour rester modéré.
28:00Très, très, très pro-business.
28:01Mais voilà, là, il y va et il renverse un petit peu le débat.
28:04C'est-à-dire qu'en fait, souvent, quand on parle du budget,
28:07donc quand on parle des recettes ou des dépenses,
28:09on se dit, mais attention, quel impact ça va avoir
28:11sur les finances publiques ?
28:12Quel regard vont porter les marchés, etc.
28:16Attention à être responsable.
28:17Là, il ramène un petit peu ça sur terre.
28:19C'est-à-dire qu'en fait, il montre qu'en fait,
28:21attention, il va y avoir des...
28:23Normalement, il devrait y avoir des bénéficiaires,
28:25disons, de l'investissement de l'État
28:26dans les services publics, dans la sécurité sociale, etc.
28:29Là, avec toutes ces coupes, forcément, on va les empêcher.
28:34Et là, de parler du taux de pauvreté des enfants,
28:38c'est particulièrement évocateur.
28:39Il pourrait même parler aussi de taux de mortalité infantile.
28:42Parce que quand on ampute les hôpitaux
28:45et donc tous les services publics de la santé,
28:47là aussi, qui va en payer le prix ?
28:49C'est les plus fragiles.
28:50Et au bout de la chaîne, des plus fragiles, évidemment,
28:52on trouve les enfants.
28:55Les enfants pauvres.
28:56Les enfants pauvres, voilà, exactement.
28:57Et quand il parle de franchise médicale,
29:00là aussi, je trouve ça hyper pertinent
29:01qu'il amène ça comme, comment dire,
29:04en le chiffrant comme une perte de pouvoir d'achat aussi
29:05du côté du public cible.
29:08On parle souvent de, attention,
29:10c'est un temps de manque à gagner pour les caisses de l'État.
29:11Là, il explique, attention, là,
29:12c'est 2 milliards d'euros de perte de pouvoir d'achat
29:15pour ceux qui sont censés en bénéficier,
29:16donc le plus souvent des personnes qui ne sont pas aisées.
29:20Donc, en fait, il arrive à retourner le débat.
29:22Alors, évidemment, c'est un témoignage courageux
29:25et presque solitaire.
29:26Malheureusement, ce n'est pas une parole
29:27qui portait l'argent dans les médias.
29:29Mais il a le chic de le faire.
29:33Et moi, je trouve ça plutôt courageux.
29:35C'est comme ça, je crois,
29:36qu'il faut mener la bataille culturelle sur cette question.
29:38Bah oui, là-dessus, ça me paraît assez clair.
29:40Relier ça aux conséquences directes pour les Français
29:42et essayer d'avoir arrêté d'avoir une vision
29:43purement gestionnaire et comptable
29:45de toutes ces politiques publiques,
29:46surtout dans un pays comme la France
29:47où, historiquement, les services publics,
29:48l'État, de manière générale,
29:50est très présent économiquement.
29:51Donc, derrière, c'est dans un pays de tradition,
29:53on va dire, social-démocrate au sens propre,
29:56au sens noble,
29:56pas au sens, ah, les sales s'osdèmes ont trahi,
29:58au sens où il y a des petits bouts de socialisme,
30:01de socialisation en France.
30:03C'est ce qu'on appelle souvent l'État-providence, etc.
30:05Et là où, dans des pays de tradition,
30:07d'histoire plus libérale,
30:08avoir une vision très, on va dire, comptable
30:11des politiques budgétaires,
30:12bon, il y a déjà des conséquences des assos derrière.
30:15Dans un pays, État-providence, on va dire,
30:17entre guillemets, comme la France,
30:18quand on veut faire des économies,
30:20ou quand on refuse de taxer les plus riches,
30:22et quand on veut réduire le déficit à tout prix,
30:24eh bien, les conséquences pour les Français
30:26les plus précaires sont encore plus grosses,
30:28parce que c'est un pays qui a beaucoup de services publics,
30:30et les populations les plus pauvres,
30:31les plus précaires, ont besoin de ces services publics.
30:33C'est ça, et puis, ce qui est fou,
30:35c'est que, comment dire,
30:36cette politique ultra-libérale
30:38qui se poursuit depuis le début des années 2000,
30:41enfin, on pourrait même aller un peu plus loin,
30:42mais en tout cas, on va commencer aux années Chirac-Sarkozy,
30:47évidemment, à détricoter peu à peu les services publics,
30:50détricoter l'État-providence,
30:51et ce qui permettait un petit peu à la population,
30:54aux populations les plus précaires,
30:55de ne pas décrocher,
30:56c'était notamment l'apport des associations.
30:58Alors, évidemment, les associations
30:59ne peuvent pas se substituer totalement aux services publics,
31:01évidemment, loin de là,
31:01mais ça restait quand même une sorte de filet de sécurité.
31:04Et là encore,
31:05et ça va faire la transition avec la séquence d'après,
31:07mais là aussi, dans ce budget,
31:09les victimes, les grandes victimes,
31:11ce sont aussi les associations
31:13qui sont auprès de ces populations fragiles,
31:16de ces populations précaires.
31:17Tout à fait, tout à fait.
31:18D'ailleurs, je crois que les associations,
31:19pour beaucoup,
31:20dépendent des budgets des collectivités territoriales.
31:22Ça, on n'en parle pas forcément tout le temps
31:23des collectivités territoriales,
31:25mais à chaque fois,
31:25quand il y a des coûts budgétaires,
31:26donc budget de l'État,
31:27les collectivités territoriales,
31:28donc tout ce qui est communes, départements, régions, etc.,
31:31ce sont ceux qui prennent le plus cher, généralement.
31:32Et ça, c'est quelque chose qui a commencé déjà
31:33au tout début de Macron,
31:35même déjà un peu avant,
31:36mais je veux dire, ça fait des années et des années.
31:37Moi, je me souviens avoir lu des choses
31:38il y a plusieurs années déjà,
31:39où les collectivités territoriales disaient
31:40qu'on ne peut plus économiser un centime.
31:42C'est mort.
31:43Et on continue à leur demander
31:44d'économiser et économiser.
31:45Et donc, le milieu associatif
31:46et aussi le milieu culturel,
31:47parfois, souffrent énormément
31:49de ces réductions de dépenses publiques.
31:50Et d'ailleurs, ça,
31:51on peut le rapprocher aussi
31:52de ce fameux cambriolage au Louvre
31:53qui est eu cette semaine.
31:55Effectivement,
31:55s'il n'y avait pas des réductions
31:56de dépenses publiques
31:56pour des raisons d'austérité,
31:58comme on décrit tout à l'heure,
31:59peut-être que les bijoux de la couronne
32:00n'auraient pas été volés
32:01parce que le secteur culturel
32:03aurait plus d'argent.
32:03Donc, les musées auraient plus de budget.
32:05Donc, les musées auraient plus de budget
32:08pour leur sécurité.
32:08Et ce qu'il faut dire,
32:09c'est hyper pertinent
32:11de parler des collectivités
32:11parce que c'est vrai que le lien,
32:13on ne le montre pas souvent,
32:14mais c'est vrai que là,
32:16il est pertinent.
32:17D'autant que dans le budget actuel,
32:19celui qui est discuté du coup en commission
32:20et dont on parle depuis tout à l'heure,
32:21demande le double d'économies
32:23aux collectivités
32:23par rapport à l'année dernière.
32:24Le double ?
32:25Oui, c'est-à-dire qu'il y a plus de 4 milliards.
32:27Et encore, en sachant que cette estimation,
32:30elle est souvent à la baisse,
32:31elle est souvent sous-estimée.
32:33Et il y a justement plusieurs présidentes
32:37de collectivités
32:37qui ont chiffré plutôt à 8 milliards
32:39les demandes d'économies aux collectivités.
32:42Ah oui, c'est beaucoup.
32:43Pour les collectivités,
32:43sachant que c'est un budget
32:44qui est bien inférieur à celui de l'État
32:45et encore plus à celui de la sécurité sociale,
32:488 milliards déjà, par exemple,
32:49quand on parle de réduire le déficit,
32:508 milliards,
32:50ça commence déjà à être une somme conséquente.
32:52Mais 8 milliards pour les collectivités territoriales
32:54qui ont un budget au total
32:54de 300, 200, 300 milliards,
32:56quelque chose comme ça ?
32:57C'est vraiment beaucoup.
32:58C'est vraiment, vraiment beaucoup.
32:59Ok.
33:00Je te propose du coup
33:00de regarder l'extrait suivant
33:03sur justement le milieu associatif
33:05et comment le milieu associatif
33:06va prendre très très cher
33:07dans ce budget.
33:08Et qu'est-ce que vous répondez à...
33:10Ah, attendez, pardon.
33:11...ceux qui accusent le pouvoir
33:12de manquer de considération
33:14pour les assos ?
33:15Qu'ils ont raison.
33:16Je ne vois pas ce que je peux dire d'autre.
33:19Moi, je rappelle toujours
33:19le rôle essentiel des associations
33:21dans les villes et dans les quartiers
33:23ou qu'elles soient
33:24parce que ça a été dit,
33:25elles couvrent un champ d'action
33:26qui est extrêmement important.
33:27On parle de l'alimentation,
33:29on va parler du sport,
33:29on va parler de la santé,
33:30on va parler d'énormément de choses.
33:32Par exemple, l'accompagnement
33:32des femmes victimes de violences.
33:34Quand les fonds vont baisser
33:35pour ces associations
33:35et ces structures,
33:36qui va pouvoir les accompagner,
33:38les aider,
33:38y compris dans leur démarche administrative ?
33:40On voit bien aussi que ça peut même aller
33:42jusqu'à des dangers pour la vie
33:44des personnes qui ont besoin
33:46de ces structures associatives.
33:47Moi, je vais vous donner deux exemples.
33:49À Nanterre, il y a deux associations
33:50que je connais bien.
33:51C'est le Secours populaire
33:53et une autre association
33:54qui s'appelle Authenticité.
33:55Ces deux associations
33:56jouent un rôle fondamental.
33:57Que ce soit dans l'accompagnement,
33:59par exemple, scolaire pour les élèves,
34:01dans l'accompagnement administratif.
34:02Le Secours populaire,
34:03c'est tout ce qui est alimentaire.
34:05Eh bien, ils ont de plus en plus
34:06de personnes qui s'inscrivent
34:08et les files d'attente,
34:09elles ne font que grossir,
34:10sauf que les moyens, eux,
34:11ils ne font que baisser.
34:13Et quand on dit
34:14« Mais pourquoi est-ce qu'il y a moins de moyens ? »
34:15C'est parce que c'est exactement ça.
34:16C'est-à-dire que l'enveloppe,
34:17elle, elle rétrécit,
34:19alors que le nombre de besoins
34:20et d'associations
34:21qui vont taper à la porte
34:22pour aller obtenir des subventions
34:23sont de plus en plus importants.
34:25Donc ça ne peut pas fonctionner en réalité.
34:28Prendre l'exemple du Secours populaire,
34:30je trouve que c'est un très très bon exemple
34:31parce qu'on va voir
34:32n'importe quel électeur macroniste,
34:33on leur dit
34:34« Macron est en train de définancer
34:35le Secours populaire. »
34:36Normalement, il y a un truc qui se passe.
34:40Normalement, on est censé se dire
34:41« Ah bah oui, attendez,
34:42un gouvernement qui,
34:43de par leurs politiques budgétaires successives,
34:45sont en train de définancer
34:46le Secours populaire
34:47et l'aide au plus précaire. »
34:50C'est indéfendable, normalement.
34:51C'est censé être indéfendable.
34:52Et pourtant,
34:53il fallait retrouver un extrait
34:54de LCP sur Twitter
34:56à 27 likes
34:57pour voir des gens
34:58qui parlent de ça concrètement.
34:59On ne parle jamais
35:00de ces conséquences-là
35:01et surtout dans le milieu associatif
35:03des conséquences
35:04de ces politiques budgétaires.
35:05Complètement, parce que là,
35:05on va constater un effet domino
35:07avec des conséquences terribles.
35:09D'ailleurs, je vais faire
35:10de l'auto-promo pour l'UMA,
35:12mais c'est aussi la une du jour.
35:14La une du jour
35:15sur l'association
35:15« 90 000 emplois en péril »
35:17et où, justement,
35:18c'est Eugénie
35:22du service Société de l'Humanité
35:23qui explique en gros
35:24comment Sébastien Lecornu
35:27entend amputer
35:27de 1 milliard d'euros
35:28le tissu associatif
35:30avec des conséquences
35:31très concrètes.
35:32Je les ai notées un petit peu
35:33parce que c'est pas mal de chiffres,
35:35mais en gros,
35:35c'est 40 % des associations
35:37vont devoir réduire
35:38leurs effectifs.
35:409 % mettent en place,
35:42enfin, entendent mettre en place
35:42du coup, par conséquent,
35:44des plans de licenciement.
35:46Et parmi ces associations,
35:48du coup,
35:49qui vont être amputées
35:50de ces moyens d'action,
35:51de ces moyens d'agir,
35:52on note 90 %
35:53des établissements d'accueil
35:54d'enfants handicapés.
35:55Donc, on voit
35:57directement les conséquences
35:58et les victimes
35:58du coup,
35:59de ces coupes.
36:0050 % des structures
36:01d'aide à domicile,
36:0240 % des crèches,
36:03et j'en passe,
36:04il y a toute une liste.
36:06Donc, en fait,
36:06on est...
36:06Ça concerne beaucoup
36:07les enfants,
36:07ces histoires, au final.
36:08On voit que le milieu associatif,
36:09c'est pas mal aussi
36:10lié à la protection de l'enfance
36:11et à l'aide à l'enfance,
36:12finalement.
36:13Oui, exactement.
36:13Alors que le secteur
36:15traverse une crise
36:17effroyable,
36:18les alertes se répètent
36:19de jour en jour,
36:21vraiment,
36:21à tous les niveaux,
36:22que ce soit l'aide sociale
36:23à l'enfance,
36:24que ce soit la crèche,
36:26la petite enfance,
36:27etc.,
36:27même la périnatalité.
36:28On pourrait faire une liste,
36:30on pourrait faire
36:30tout un twitch là-dessus.
36:32Et là, on voit très clairement,
36:34en fait,
36:35vers, comment dire,
36:37les victimes
36:38qui sont très clairement
36:40les victimes
36:40de ce plan austéritaire.
36:41Parce que tout à l'heure,
36:41on parlait un petit peu
36:43en colère, disons,
36:44en voyant cette copie-là
36:46qui montre qu'en fait,
36:47on a peur de s'attaquer
36:48aux plus riches.
36:48Mais par contre,
36:48on n'a pas beaucoup plus peur,
36:50on a beaucoup moins peur,
36:51pardon,
36:51de s'attaquer au bas de l'échelle
36:53et notamment au secteur associatif.
36:55Parce que moi,
36:56j'étais à un reportage,
36:56là, hier avant-hier,
36:58à Grenoble,
36:58au quartier de la Ville Neuve,
36:59qui est un quartier populaire.
37:00Et quand on se rend sur place,
37:02les services publics,
37:03ils ne sont pratiquement plus là.
37:05Et ceux qui tiennent,
37:06ceux qui font encore
37:06du lien social,
37:07ceux qui amènent
37:08de l'aide alimentaire,
37:09ceux qui amènent
37:10des cours particuliers aussi,
37:11parce que l'école,
37:13malheureusement,
37:13est défaillante
37:13ou démissionnaire parfois,
37:15ce n'est pas contre
37:15le personnel éducatif,
37:17bien au contraire,
37:18mais c'est simplement
37:18que les moyens
37:18ne sont pas mis.
37:20Ce sont les associations
37:21qui pallient ces difficultés-là.
37:23Sauf que les associations
37:24ont de moins en moins
37:25de moyens.
37:25Et hier,
37:25je parlais notamment
37:26avec un responsable associatif
37:27qui s'était lancé
37:28il y a 20 ans,
37:29qui avait lancé son association
37:30il y a 20 ans.
37:30Donc, une association
37:32à but social.
37:33Il me disait,
37:34à l'époque,
37:34on arrivait à soulever
37:35en subvention,
37:36en aide diverse,
37:37500 000 euros
37:38et on pouvait avoir
37:38un salarié.
37:39Maintenant,
37:40si je devais lancer aujourd'hui,
37:41j'ai fait le calcul,
37:43je ne peux avoir
37:44que 8 000 euros.
37:45Et donc, évidemment,
37:46que je ne peux pas...
37:46De 500 à 8 000 euros ?
37:49Par plus de...
37:50Il faudrait se rendre
37:52dans des calculs.
37:53Je disais par 80, quoi.
37:55Mais voilà,
37:55la saignée,
37:56c'est en 20 ans.
37:58Mais par contre,
37:59le cornu qui va enlever
38:00un milliard sur une année,
38:01c'est terrible.
38:02C'est terrible.
38:03Ça va tuer plein d'assos
38:04qui font un vrai travail.
38:06En plus,
38:06dans le milieu associatif,
38:07c'est vraiment le genre de milieu
38:07où chaque euro compte.
38:09Parfois,
38:10quand on est dans les multinationales,
38:11ils ne sont pas
38:11à 2 000, 3 000 balles près,
38:12ne serait-ce que
38:13dans les salaires de leur cadre.
38:14Au final,
38:14tous ces 1 000,
38:152 000, 3 000 euros,
38:16ce n'est pas grand-chose
38:19même si parfois,
38:19ils ont des budgets.
38:20Tu parlais de 500 000 euros.
38:22Parmi ces 500 000 euros,
38:23chaque centime
38:23sera utilisé
38:24pour faire des choses
38:24très concrètes
38:25qui vont améliorer
38:25la vie des gens.
38:26Donc, je veux dire,
38:27couper dans les dépenses publiques
38:28pour le milieu associatif,
38:30c'est là où les conséquences
38:31sont les plus néfastes probablement
38:32parce que c'est là où
38:33chaque euro
38:33est le mieux utilisé probablement.
38:35Complètement.
38:36Et ce que tu dis,
38:37c'est fait pour les gens
38:38mais aussi avec les gens.
38:39Ça permet aussi
38:40de faire du lien social,
38:42de se réunir,
38:42de réfléchir les projets
38:44un à un,
38:45de travailler autant
38:46sur l'éducation populaire
38:47que sur l'aide sociale
38:49d'urgence,
38:50disons,
38:50sur l'aide éducative,
38:51etc.
38:52Bref, c'est un substitut
38:54essentiel
38:55à l'action
38:56des services publics.
38:58Longtemps,
38:58l'État marchait
38:59un petit peu sur deux pieds.
39:00Évidemment,
39:00le premier pied,
39:01c'était les services publics.
39:02Tu parlais d'État-providence.
39:03Il y avait un fort tissu associatif
39:05qui nous démarquait
39:06par rapport
39:06à nos voisins européens.
39:07Ça faisait de nous
39:09un pays conscient
39:10et mobilisé
39:11pour essayer
39:11de réduire absolument
39:12les inégalités sociales.
39:13Tant bien que mal.
39:14En tout cas,
39:15les citoyens étaient engagés
39:16pour cela.
39:16Et là,
39:17en fait,
39:17on enlève
39:17tous les moyens
39:18d'action dans ce sens.
39:19C'est clairement
39:20un projet politique
39:21affiché et assumé
39:22de la Macronie.
39:23Oui.
39:24Et d'ailleurs,
39:24c'est marrant,
39:24c'est pas marrant,
39:25c'est triste.
39:27Mais il y a certains sujets,
39:29quand j'en parle en live,
39:30je vois qu'il y a toujours
39:3012 témoignages sur le chat
39:32de gens qui sont
39:32directement concernés par ça.
39:34Ça me l'avait fait
39:34il n'y a pas longtemps,
39:35on parlait d'immigration
39:37de manière générale
39:37et on parlait des CRA,
39:38des centres de rétention
39:39administratif.
39:40Et j'étais étonné
39:41de voir le nombre
39:41de témoignages
39:42dans le chat
39:42de personnes
39:43qui pouvaient être
39:43directement concernées
39:45par un internement
39:45en CRA
39:46ou alors vraiment
39:46des proches
39:47de la famille,
39:48des conjoints,
39:48etc.
39:49Ce sont des choses
39:49qui sont très concrètes.
39:50Donc même sur un échantillon
39:51de quelques centaines
39:51de personnes,
39:52surtout des gauchistes,
39:53mais peu importe,
39:54on voit qu'il y a vraiment
39:54des témoignages.
39:55Et quand on parle
39:55du milieu associatif,
39:56des baisses de subventions
39:58par rapport aux collectivités
39:59territoriales,
40:00moi, à chaque fois
40:00que je parle de ça,
40:01j'ai toujours plusieurs
40:01témoignages dans le chat
40:02qui disent,
40:03bah oui,
40:03moi, je travaille
40:04dans le milieu associatif
40:11c'est insupportable.
40:13L'ASE aussi,
40:14ma meuf voit
40:15son placement familial
40:15et c'est devenu l'enfer.
40:16Bah oui, ça,
40:17le sujet de l'aide sociale
40:18à l'enfance.
40:18Pareil, ça,
40:19c'est le genre de truc
40:19où on devrait...
40:21C'est inhumain
40:22de faire des coups budgétaires
40:23dans quelque chose
40:24comme l'aide sociale
40:24à l'enfance.
40:25C'est faire des économies
40:26de bout de chandelle
40:26sur le destin des orphelins,
40:27on pourrait le dire comme ça.
40:28C'est horrible,
40:29on est où ?
40:29Au 19e siècle,
40:30c'est dans une autre
40:31truc de Charles Dickens.
40:32Et pourtant,
40:32c'est le résultat concret
40:34de la politique budgétaire
40:4120 000 euros
40:42de la région à voler.
40:42Et là, c'est un peu
40:43ce que tu disais tout à l'heure
40:43sur le côté...
40:44En fait,
40:45les collectivités aussi,
40:47soit sont obligées ou pas,
40:48ça, c'est à elles
40:49de faire leur choix,
40:50mais de répercuter aussi
40:51l'austérité sur les financements
40:52et souvent,
40:53c'est le social et la culture.
40:54C'est les deux secteurs
40:56souvent sacrifiés
40:57en temps austéritaire.
40:58Et là,
40:58la baisse de 10%
40:59des subventions
41:00pour une association,
41:01n'importe quelle entreprise
41:02du CAC 40
41:02aurait 10% de baisse
41:03de son chiffre d'affaires,
41:04ça serait une affaire d'État.
41:05Macron viendrait directement
41:06voler à sa rescousse
41:07et leur dire
41:07« On va vous faire
41:08un petit crédit d'impôt
41:10pour vous sauver la mise ».
41:11Là, c'est tout le contraire.
41:13C'est vraiment tout le contraire.
41:14Quand on parle
41:14du milieu associatif,
41:15c'est vraiment...
41:15C'est atroce.
41:16C'est atroce.
41:16C'est là qu'on voit
41:17la violence de classe,
41:19j'ai envie de dire,
41:20de la politique macroniste.
41:21Oui, complètement.
41:22Alors, ça fait longtemps
41:23qu'on est sur le sujet du budget.
41:24Moi, je te propose
41:25de bientôt terminer
41:26et voir un petit peu,
41:27du coup,
41:28revenir un petit peu au PS
41:29parce qu'on le rappelle,
41:30mais tout le monde
41:30est très bien en courant de ça.
41:32Ces discussions budgétaires existent
41:34et ces discussions budgétaires
41:35ne mènent nulle part
41:36parce que l'EPS l'a permis
41:38en présentant ça
41:39comme une éventuelle victoire à venir.
41:40Donc là, je te propose
41:41de regarder un petit extrait
41:42d'Olivier Fort sur RTL.
41:43Ça devait être hier,
41:44si je ne dis pas de bêtises.
41:45Donc, voir un petit peu
41:46quelle est la position
41:46du parti socialiste
41:47par rapport à ça.
41:48Est-ce qu'ils sont contents
41:48de comment c'est en train
41:51de se passer ou pas ?
41:54Et après, on finira
41:54avec un extrait de Macron.
41:55Vous avez peut-être déjà vu
41:56le chat où Macron avoue
41:58même pas des mimo.
41:59Il avoue totalement
42:00à quel point cette histoire
42:01de suspension
42:01de la réforme des retraites
42:02pour acheter le PS.
42:03C'est une douille monumentale.
42:04Macron fait du Macron.
42:05Macron fait du Macron
42:06et le PS fait du PS finalement.
42:09On va regarder ça.
42:10C'est pour la première fois
42:11depuis 1958.
42:13Vous avez un Parlement libre.
42:14Donc là, c'est Olivier Fort
42:15au téléphone.
42:16Habituellement,
42:17le Parlement délibère.
42:19Mais enfin, tout le monde sait
42:20qu'à la fin,
42:20le gouvernement corrige
42:21la copie avec le 49.3.
42:23Et au fond,
42:24tout le monde est assez libre
42:25de faire n'importe quoi.
42:26Malheureusement.
42:27Là, cette fois-ci,
42:28chaque vote va compter.
42:29Et donc, nous allons regarder
42:30et nous prendrons à témoin
42:32l'opinion publique
42:33sur chaque vote
42:34en vous rendant compte
42:36des horreurs
42:36qui traînent encore
42:37dans ce PLFSS.
42:39Donc, vous avez là
42:40en fait la possibilité
42:42soit de faire en sorte
42:43que ce soit ceux
42:44qui ont de l'argent.
42:45Je prends un exemple concret
42:46au-delà de la taxe Zuckman.
42:47Vous avez l'an passé
42:48les entreprises du CAC 40
42:50qui étaient taxées
42:51à hauteur de 8 milliards d'euros.
42:52Dans le projet de budget actuel,
42:53c'est 4 milliards.
42:54Les macronistes
42:55vont même ramener tout ça
42:56à zéro.
42:57Et vous avez là
42:57la possibilité
42:58si vous revenez
42:59à 8 milliards
43:01et non pas 4 milliards,
43:02vous pouvez effacer
43:03l'ardoise
43:03pour les retraités
43:05dont on gèle les pensions,
43:06les pensionnés
43:07qui ont leurs prestations
43:09et qui sont gelées,
43:10l'abattement de 10%
43:12qui va être supprimé
43:13pour les retraités.
43:14Vous avez toute une série
43:15de mesures
43:16qui sont en réalité
43:17des mesures très coûteuses
43:19et qu'on comprenait bien
43:19parce que le débat
43:20va durer 70 jours.
43:22Ce sont des cas
43:23de censure pour vous ou pas ?
43:24Oui ou non ?
43:25Voilà, Thomas Soto
43:26veut en venir au fait.
43:27C'est très bien
43:28ce que tu racontes,
43:28Olivier Faure.
43:29Sachant qu'Olivier Faure
43:30il est là à dire
43:30on va bien voir
43:31ce qu'on va voir.
43:32On va voir que le RN
43:33au final,
43:33il ne veut pas la justice sociale.
43:35On va voir que les macronistes
43:36sont de droite.
43:37On le sait déjà.
43:37On le sait déjà
43:38depuis suffisamment longtemps.
43:39Pas besoin de rouvrir
43:40une énième séquence
43:41de discussions budgétaires
43:42qui ne mènent nulle part
43:43pour se rendre à l'évidence
43:44où à peu près
43:44l'intégralité des Français
43:45s'en rendent compte.
43:46C'est ce refrain habituel
43:47du chaque vote va compter
43:49donc vous avez bien compris
43:50on va s'engager
43:50on va mener nos amendements
43:53on va mener les sujets
43:53et puis après chacun
43:54prendra ses responsabilités.
43:55C'est déjà le cas
43:55sous Barnier par exemple.
43:56C'est déjà le cas
43:56sous Michel Barnier
43:57il y a un an.
43:58Mais clairement
43:58il y a une volonté
43:59de montrer un récit
44:00de regarder
44:00nous sommes la gauche
44:01à la fois responsable
44:02et la gauche de l'action
44:03nous allons emmener des sujets
44:04bon on sait très bien
44:04qu'ils vont être refusés
44:05mais quand même
44:06on fait semblant d'y croire
44:06et donc à la fin
44:08chacun sera comptable
44:09de 100 millions.
44:09T'as très bien fait le PS
44:10quand t'as dit
44:10nous sommes la gauche
44:11de l'action
44:11et la gauche du machin bidou
44:12j'ai cru entendre Olivier Faure
44:14j'ai commencé à intégrer
44:14dans le logiciel socialiste.
44:15Très très fort.
44:17Donc oui
44:17la vraie question qui se pose
44:18c'est bon bah le PS
44:19puisque votre histoire
44:20ça a l'air d'être quand même
44:20assez foireux
44:21il faut le dire
44:22censure ou pas censure quoi
44:23voilà donc Thomas Soto
44:24en bon journaliste
44:25pose des questions
44:26que les Français veulent savoir
44:27est-ce que le PS va censurer
44:28est-ce qu'on va vers
44:28des législatives anticipées
44:29Olivier Faure
44:30qu'est-ce que t'attends
44:31là c'est bon
44:31dans la merde de perdre du temps
44:32ou pas
44:33oui ou non
44:33est-ce qu'à la fin
44:34si ça figure dans le budget
44:35vous appuierez sur le bouton ?
44:38Ah bah effectivement
44:39c'est pas moi
44:40non non
44:40oui ou non
44:41Olivier Faure
44:41réponds maintenant
44:42il y a un seul qui décide
44:43je suis le président
44:45le patron d'un groupe
44:47d'un parti
44:49il y a un groupe parlementaire aussi
44:51donc nous déciderons ensemble
44:52mais c'est une évidence
44:54que si la copie
44:55n'était pas corrigée
44:56tout simplement
44:57pour protéger les Français
44:59de ce qui est en train
45:00de se produire
45:01c'est-à-dire le choix
45:03des milliardaires
45:04contre les gens ordinaires
45:05et bien nous serions amenés
45:07effectivement
45:07à avoir un jugement
45:09extrêmement sévère
45:10sur la copie finale
45:12C'est une longue phrase
45:14pour dire oui
45:14on va censurer
45:15si jamais le budget est nul
45:16avec 28 synonymes de parti
45:18pour gagner du temps
45:20mais oui c'est ça
45:22en fait il avoue
45:24évidemment à demi-mot
45:25un petit peu plus qu'à demi-mot
45:27un tiers de mots
45:29que ce budget-là
45:30est néfaste
45:31qu'il va faire
45:31un compte principal victime
45:32des classes populaires
45:34qu'il refuse
45:34de s'attaquer
45:35aux classes les plus riches
45:37mais malgré tout
45:38il ne tranche pas
45:39il ne dit pas clairement
45:40on va censurer
45:40mais si ça continue comme ça
45:42pour protéger
45:44les Français
45:45peut-être que nous prendrons
45:46nos responsabilités
45:48en fait on voit très bien
45:49le récit qu'il essaie d'imposer
45:50je reviens un petit peu
45:51sur ce que je disais tout à l'heure
45:52mais c'est un petit peu ça
45:52c'est en gros
45:53nous avons fait le pari
45:54c'est ce que disait
45:56Boris Vallaud
45:56le pari de la responsabilité
45:58du parlementarisme
45:59etc.
46:00dû à la discussion
46:00nous sommes constructifs
46:01etc.
46:02ils savaient très bien
46:03je crois
46:05en tout cas je pense
46:05qu'ils ont prévu
46:06le point final
46:06et donc après ils vont
46:07finalement essayer
46:08de se donner le beau rôle
46:08en disant
46:09bon maintenant
46:09vous voyez bien
46:10qu'on est responsable
46:11mais on est aussi radicaux
46:12on est aussi capables
46:12de dire maintenant ça suffit
46:13sauf qu'on aura perdu
46:15un certain nombre
46:15de semaines
46:16que ça va être
46:18un peu plus difficile
46:18pour boucler un budget
46:19du coup
46:20enfin voilà
46:21après on va peut-être
46:22pas se projeter tout de suite
46:23trop loin
46:24mais en tout cas
46:24on voit cette espèce
46:25de jeu
46:26de mise en scène
46:27disons
46:28qui est un peu épuisante
46:29parce qu'en fait
46:31il aurait très bien pu dire ça
46:32il y a une semaine
46:33on savait très bien
46:34qu'il y a un an
46:35en réalité
46:35c'est exactement la même logique
46:36rien n'a changé
46:37donc après
46:38est-ce qu'ils vont censurer
46:38ou pas censurer
46:39moi je pense que
46:39vraiment ça sera un tel suicide
46:40politique que de ne pas censurer
46:41à la fin
46:42ou alors vraiment
46:43ils ont déjà choisi un peu
46:44leur camp
46:45ils se disent
46:45non non
46:45notre avenir se fera
46:46avec les déçus du macronisme
46:47notre avenir se fera peut-être
46:48avec Agnès Pannier-Rulaché
46:50avec Elisabeth Borne
46:51de la même manière
46:52que Sacha Ollian
46:52c'est un macroniste
46:53a rejoint en place publique
46:53il n'y a pas longtemps
46:54peut-être qu'ils sont
46:55effectivement en train
46:55de préparer leur avenir
46:56post-Macron
46:57dans un espace politique
46:58qui correspond à l'aile gauche
47:00entre guillemets
47:00de la macronie
47:01auquel cas ils pourraient
47:02ne pas censurer
47:03mais quand même
47:03ça me paraît étrange
47:04qu'ils finissent par
47:04à ne pas censurer
47:05en tout cas si c'est ça
47:05moi je l'estime
47:06qu'à gauche
47:07peut-être pas
47:08chez les centristes
47:09ça on en reparlera
47:10quand on parle
47:10à Manuel Valls tout à l'heure
47:11mais j'ai l'impression
47:11que s'ils ne censurent pas
47:13leur avenir à gauche
47:13c'est fini
47:14c'est vraiment fini tôt
47:16moi je m'arrangerais plus tôt
47:17mais c'est toute la question
47:18c'est vrai
47:19est-ce qu'ils se projettent
47:19enfin à quel échéance
47:20ils se projettent en fait
47:21est-ce que c'est tout de suite
47:22sur le budget
47:23est-ce qu'ils imaginent
47:24peut-être potentiel
47:25législatif anticipé
47:26ou est-ce qu'ils se projettent
47:27même en 2027
47:28avec une élection présidentielle
47:29et là dans ce cas-là
47:30est-ce qu'ils imaginent
47:32un centre gauche
47:33centre droit
47:34complètement éclaté
47:35avec
47:35bon on en parlait
47:36la semaine dernière
47:36mais avec la possibilité
47:37d'émerger
47:38comme une force sociale démocrate
47:40et donc peut-être
47:41qu'ils construisent
47:41un petit peu
47:42une sorte de storytelling
47:42pour arriver à ce moment-là
47:43comme regardez
47:44en fait nous sommes
47:45l'alternance
47:46nous sommes l'alternance
47:46responsable
47:48avec une part de social
47:50bon après ça
47:51c'est à chacun de dire
47:52une taxe à 33%
47:54sur les produits de luxe
47:54c'est bien
47:55ça veut dire qu'ils sont de gauche
47:57ce que vous appelez
47:58produits de luxe
47:58oui
47:59bon ça dépend du parfum
48:00mais le pire dans tout ça
48:02là où c'est le plus
48:02léton de la farce
48:04on se répète un petit peu
48:04dans cette histoire
48:05c'est déjà ce qu'on disait
48:05un peu la semaine dernière
48:06mais bon
48:07c'est un peu l'événement politique
48:08du moment en réalité
48:09oui juste avant de passer ça
48:10c'est aussi un truc
48:11que je voulais rajouter
48:12c'est que
48:13j'en parlais un petit peu
48:13tout à l'heure
48:14là où c'était éminemment politique
48:15ce qui se passait
48:16avec la démission de le cornu
48:17la crise de régime
48:18peut-être une éventuelle dissolution
48:19ça commence à parler
48:20de démission du président
48:22de la république
48:22de passer à une sixième république
48:24éventuellement
48:24là on était dans l'ordre
48:25vraiment du politique
48:26il se passait des choses
48:27il y avait des vraies propositions
48:28politiques sur la table
48:29et moi là où j'en veux
48:30le plus au PS quasiment
48:31c'est de nous avoir
48:32enlevé la possibilité
48:33de ce moment éminemment politique
48:34pour au final
48:35en faire un énième moment
48:36très technique
48:37de discussion budgétaire
48:38qui ne fait rien avancer
48:39et moi j'aime bien
48:40que les choses bougent
48:41un petit peu
48:41c'est l'aspect
48:43un petit peu militant
48:43et là je trouve
48:44qu'ils nous ont un peu
48:45volé ce moment
48:46qui aurait pu être
48:46éminemment politique
48:47et un moment où les choses avancent
48:49pour le meilleur
48:50ou pour le pire
48:52ne jamais avancer
48:53parce qu'on se dit
48:53l'extrême droite
48:54ou point on est
48:54soit on décide d'y aller
48:55et voilà
48:59avec un petit peu d'ambition
48:59donc la technique du PS
49:01au final c'est très dépolitisant
49:02moi c'est vraiment un truc
49:03qui m'énerve
49:04qui me fatigue
49:04qui m'a déçu pas du PS
49:06mais qui m'a déçu de la situation
49:07donc voilà
49:08je voulais rajouter ça
49:08mais dans tous les cas
49:09c'est les dindons de la farce
49:10parce que regardez
49:11ce qu'Emmanuel Macron
49:12a dit hier
49:13je crois c'était lors
49:14d'un déplacement en Slovénie
49:17bon c'est en dit loin
49:19je pense que la réforme
49:21qui avait été votée
49:23était une réforme
49:23qui parle de la réforme
49:24de la retraite
49:26nécessaire pour le pays
49:28présentée d'ailleurs aux français
49:29dans la campagne présidentielle
49:30de 2022
49:31puisque je m'étais engagé
49:32sur une réforme
49:32allant à 65 ans
49:36elle n'a pas été votée
49:37par tous les partis
49:38d'opposition
49:39je le rappelle
49:40en 2023
49:42mais a fait l'objet
49:43d'un engagement
49:43de la responsabilité
49:44du gouvernement
49:45ça c'est une façon de dire
49:46Elisabeth Borne a fait
49:47un 49-3
49:48et a failli se faire censurer
49:49à 5 voix près
49:49mais il le dit poliment
49:50ce que j'adore
49:51on n'a pas été voté
49:51par tous les partis
49:52bah oui
49:52tu n'auras pas permis de voter
49:53il n'y a pas eu de vote
49:54c'est passé en 49-3
49:55et il y a eu jusqu'à 3,5 millions
49:57de personnes dans la rue
49:58selon la CGT
49:58j'ai regardé les chiffres
49:59il n'y a pas longtemps
50:00totalement ignoré quoi
50:01là dessus par exemple
50:02un Dominique de Villepin
50:03en 2005 au moment du CPE
50:04lui il a dit
50:05bon on ne va pas passer cette loi
50:06vu le nombre de personnes
50:06qu'il y a dans la rue
50:07donc voilà
50:08là il donne sa version
50:09de manière très empoulée
50:10et présidentielle
50:11en réalisant
50:11c'était un scandale démocratique
50:12ce passage en forme
50:13sur la réforme des retraites
50:14il est bon de le rappeler
50:16mais bon
50:16c'est pas ça le plus scandaleux
50:17dans la déclaration
50:18vous allez voir
50:18et était ainsi passé
50:21le Premier ministre
50:22a fait un choix
50:23pour apaiser le débat actuel
50:26qui a consisté à proposer
50:29le décalage d'une échéance
50:31je le dis ici
50:32parce que ça n'est ni
50:33l'abrogation
50:34ni la suspension
50:34c'est le décalage d'une échéance
50:36qui est la prochaine échéance
50:38celle des 63 ans
50:38au 1er janvier 2027
50:41qu'il a décalé
50:41au 1er janvier 2028
50:43avec un financement
50:44par des économies
50:46ok
50:47donc enfin
50:48Macron il est assez fort pour ça
50:49j'ai pas envie de lui enlever
50:50pour foutre la merde
50:51finalement quoi
50:52donc là il a
50:52tous les efforts du PS
50:53à dire non non
50:54c'est bien une abrogation
50:55c'est pas une abrogation
50:56c'est bien une suspension
50:56ce n'est pas un simple décalage
50:57ça concerne 3 millions de français
51:00etc etc
51:01Macron il arrive
51:01dans le plus grand décalme
51:02alors qu'il n'est même pas en France
51:03il est à l'autre bout du
51:03enfin à l'autre bout de l'Europe
51:04il arrive et il dit
51:05ah non non c'est pas une suspension
51:06c'est un décalage dans le temps
51:07et là dessus
51:08il reprend finalement
51:08les arguments de la gauche
51:09la vraie gauche
51:10on va l'appeler comme ça
51:11qui ne font que répéter au PS
51:12vous n'avez pas eu une suspension
51:13vous avez eu un décalage
51:15de l'application
51:15un décalage dans le temps
51:16de l'application de cette réforme
51:17et Macron il arrive
51:18il dit oui oui je confirme
51:19les gauchistes ont raison
51:20le PS a trahi quoi
51:20super Manu Max
51:22ok d'accord
51:23mais c'est ça
51:24on voit à quel point
51:25il a dû avaler des couleuvres
51:26en fait
51:27en autorisant le grand nu
51:28à dire suspension
51:30alors que lui pensait décalage
51:31et encore même décalage
51:32je pense qu'il n'était pas
51:33il était complètement hostile
51:34ça rappelle un petit peu
51:35la boucle Télégramme
51:36qui avait fuité
51:37avec tous les chronistes
51:37qui disaient
51:38il ne faut pas toucher
51:38à notre héritage
51:39c'est en gros
51:40c'est notre bijou ultime
51:42parce que c'est notre seule
51:43réforme structurelle
51:43depuis 2022
51:46et là voilà
51:47Macron fait du Macron
51:47parce qu'en fait
51:48il place son égo avant tout
51:49on est dans une situation
51:50de crise
51:52de démocratie
51:53de crise de régime
51:54de crise parlementaire
51:55avec une situation
51:56de blocage inédite
51:57son Premier ministre
51:59et se fait un pas
52:00bon il est discutable
52:02mais en tout cas
52:02il fait un pas
52:02pour essayer de sortir
52:03un petit peu du blocage
52:04avec des micro résultats
52:05en tout cas temporaires
52:07et là lui il arrive
52:08et il saccage tout
52:09justement par égo
52:10parce qu'en fait
52:10il refuse de sacrifier
52:12sa réforme des retraites
52:13c'est quand même hallucinant
52:14moi je serais très curieux
52:15de voir le visage
52:17de Sébastien Legorni
52:18au moment où il a vu
52:18cette déclaration là
52:19et d'Olivier Fort
52:20et d'Olivier Fort
52:22parce que c'est vrai
52:23que si on avait des socialistes
52:24encore plus offensifs
52:25il pourrait dire
52:25après cette déclaration là
52:26il pourrait dire
52:27on pose une motion de censure
52:28on s'est fait berner
52:29mais encore une fois
52:30ça montre que les socialistes
52:31ou normalement
52:32votre jeu d'équilibriste
52:33ils fonctionnent pas
52:33et juste vous nous saoulez
52:35à nous faire perdre du temps
52:38je pense que ça pourrait
52:39être la conclusion
52:40de cette séquence
52:40sur le budget
52:40parce que là
52:41je pense qu'on a fait
52:42un peu le tour
52:42on a parlé du coup
52:43de ce qui s'est passé
52:44en commission
52:44sur le budget
52:45vraiment recette
52:45après on a plus parlé
52:47du volet dépenses
52:48même si au final
52:49les discussions
52:49ne sont pas encore arrivées
52:50dans tous les cas
52:51on n'aura pas de live
52:51parce que le prochain live
52:52c'est le 8 novembre
52:53si je ne dis pas de bêtises
52:54donc on a pris un peu
52:54de l'avance
52:55mais selon toute vraisemblance
52:56ce qu'on est en train de voir
52:57ce qu'on a vu là
52:58dans la commission
52:59sur le volet recette
53:01c'est à dire
53:02personne ne veut voter la loi
53:03parce que c'est un budget
53:04pas assez de gauche
53:05pour la gauche
53:05pas assez de droite
53:05pour la droite
53:06il y a de bonnes chances
53:07pour que ça fasse pareil
53:07pour le volet dépenses
53:08du PLF
53:09et que ça fasse pareil
53:10pour la sécurité sociale
53:11pour le PLFSS
53:12donc là toutes les dynamiques
53:13et les trucs qu'on est en train
53:14d'expliquer
53:14il n'y a aucune raison
53:15que ça change dans les semaines
53:15à venir
53:16donc on a peut-être pris
53:16un peu d'avance
53:18après tu vois
53:19tu disais que notre prochain
53:20Twitch
53:21le prochain live
53:21c'est le 8 novembre
53:22le vote solennel
53:23c'est le 4 novembre
53:24donc on en arrivera
53:244 jours après
53:25peut-être qu'on verra
53:26on en reparlera
53:27on ne va pas parler
53:28de précisément
53:28ce qui s'est passé
53:29en commission
53:29pour chaque volet de la loi
53:30ce sera intéressant
53:31de tirer des conclusions
53:32et on verra
53:33où on sera le pays
53:34d'ici là
53:35c'est une éternité
53:36surtout en ce moment
53:37tout peut se passer
53:38et on verra
53:39si nos analyses étaient bonnes
53:40aussi
53:40on s'est totalement foiré
53:42ça se trouve au final
53:42le budget va passer
53:43il va y avoir
53:44des choses incroyables
53:45mais je pense pas
53:47je pense pas