- il y a 3 heures
Très attendue, l’audition de Bernard Arnault par la commission sénatoriale sur l’utilisation des aides publiques a démarré par une passe d’armes musclée. L’homme le plus riche de France s’est retrouvé contrit que l’Humanité fasse sa Une du jour sur les 1 200 suppressions de postes dans les maisons de Champagne et de Cognac, propriétés de son groupe, et a profité de cette tribune solennelle pour s’en plaindre. Le point sur ces accusations avec Pierric Marissal de la rubrique Capital / Travail et Théo Bourrieau !
00:00 Arnault accuse l'Huma de mentir
3:30 Pourquoi Arnault conteste notre Une
9:49 Pourquoi cette Une
12:00 Les Echos au secours de milliardaires
15:50 Comment le luxe fait son argent
19:56 Arnault et l'évasion fiscal
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NewsTranscription
00:00Hier, Bernard Arnault a dit que l'humanité... Nous étions des menteurs, en tout cas que ça, une, était mensongère,
00:06puisqu'il était entendu au sein de la commission parlementaire sur les aides publiques accordées aux entreprises.
00:14Donc c'est une commission qui dure depuis déjà plusieurs mois. Ça a commencé quand même ?
00:17Moi, je crois en février, janvier-février. Mais il y a d'abord eu des économistes, des universitaires, etc.
00:22Puis après, les sénateurs ont auditionné des grands patrons.
00:26Donc l'idée, c'était de faire un peu le topo sur quelles aides publiques ils touchent et quels contrôles.
00:33Est-ce que c'est légitime ? Enfin, est-ce que c'est justifié économiquement ?
00:36Et est-ce qu'il n'y a pas un contrôle démocratique qu'on pourrait avoir dessus ?
00:39Parce qu'on rappelle que c'est quand même le premier poste de dépense de l'État.
00:42Oui, et puis le but, c'était aussi un peu de demander des comptes aux grandes entreprises,
00:48puisqu'il y a eu effectivement beaucoup d'aides qui ont été accordées, le CICE,
00:51enfin, tout un tas d'aides qui ont été accordées, sans en fait vraiment de contrôler...
00:55Il y a 2200 dispositifs.
00:56Voilà, 2200 dispositifs.
00:58Pour un total autour de 200 milliards par an.
01:01Mais en fait, même les gens concernés, genre Bercy, le contrôleur des finances publiques, etc.,
01:07ils n'arrivent pas à savoir précisément le montant de ces dépenses.
01:11Et du coup, on est entre 170 milliards et 225 milliards, peut-être, dans la fourchette qui fait consensus.
01:21Et donc, ça représente énormément d'argent.
01:24Premier poste de dépense de l'État.
01:25Voilà, et ces entreprises qui touchent beaucoup d'argent public, donc c'est aussi notre argent à nous,
01:32en profitent pour licencier, enfin, en profitent en tout cas, malgré les bénéfices que les entreprises peuvent avoir,
01:40elles licencient, enfin bref, elles font de l'optimisation fiscale, etc.
01:43Et donc, le but de cette commission, c'est de dire, OK, on vous a donné plein d'argent.
01:46Qu'est-ce que vous en faites ? Est-ce que c'est légitime ? Est-ce que c'est
01:49légal, ce que vous en faites ?
01:50Est-ce qu'on peut déjà savoir combien vous touchez ?
01:54C'est souvent la première question qui est posée.
01:56Et donc, c'est notamment Fabien Gaël, rapporteur, qui gère cette commission, qui est aussi le directeur du journal.
02:02Alors, on le dit toujours, mais là, ça nous intéresse particulièrement,
02:06puisque, donc, hier, Bernard Arnault a été auditionné en tant que PDG du groupe LVMH.
02:12Et quasiment au tout début de sa prise de parole, il dit quelque chose d'assez intéressant.
02:18On va l'écouter. Hop, je suis allé directement sur le Twitter de Fabien Gaël.
02:22Je ne me suis pas cassé la tête.
02:24C'est dommage parce que c'est un peu coupé...
02:26Enfin, ce que l'a fait, Fabien, c'est qu'il a un peu coupé le début de l'intervention,
02:31notamment les attaques un peu presque complotistes du truc.
02:35Mais ce n'est pas grave. Il y a le cœur de l'infoïe.
02:37J'ai été un peu choqué aujourd'hui de voir que le rapporteur de votre commission,
02:44ici présent, dans son journal, trouvé opportun, en première page,
02:47de dire que le secteur d'activité que je représente, le luxe, sabrait l'emploi.
02:55Alors que c'est précisément le contraire.
02:57Vous pouvez être en désaccord avec moi, monsieur Aramon, et je l'en ai...
03:00On va peut-être s'arrêter sur le matériel.
03:03Je fais une petite pause que je vois.
03:05Son en double, zut.
03:06C'est le son de nos micros ou c'est le son de la vidéo qui était en double ?
03:11Si c'est juste la vidéo, c'est moins grave.
03:14Si c'est notre...
03:15Ah bon, ça va encore.
03:17Celui de la vidéo.
03:17Bon, écoutez, on va essayer de ne pas trop en passer, du coup.
03:22On vous le disait en début de stream, il y a eu beaucoup de problèmes de son.
03:24Donc c'est peut-être un petit résidu du problème de son.
03:29Est-ce que c'était quand même compréhensible, déjà, ce que vous avez entendu ?
03:32Globalement, Bernard Arnault dit, j'ai lu le journal et j'ai vu que la une du journal que vous
03:39dirigez,
03:40donc l'Humanité, disait que le domaine que je représente, le luxe, sabrait l'emploi.
03:45Oui, il a vu que la une. Je ne pense pas qu'il ait lu les papiers.
03:50Mais du coup, ce qui l'embête là-dedans, c'est le mot emploi.
03:56Parce qu'en fait, après, il a fini par reconnaître que, oui, il y avait bien 1200 postes supprimés.
04:02Mais dans sa tête, le fait qu'on dise sabrait l'emploi, c'est un type de une.
04:07Ça a impliqué qu'il allait faire des licenciements secs, ce qu'il conteste.
04:15Il dit qu'en gros, ce ne sera que des départs volontaires ou des départs à la retraite non remplacés.
04:21Ça reste quand même, on passe quand même de 9400 à 8200 salariés.
04:27Donc c'est dans les branches Cognac et Champagne de LVMH.
04:30Donc M, Mouette et H.
04:32J'ai découvert ça en disant ton papier hier ou avant-hier, que donc LV, globalement, les gens savent à
04:38quoi ça corresponde.
04:39Mais le M et le H, les gens ne savent pas trop.
04:41Donc Mouette, c'est une marque de champagne.
04:43Oui, Mouette et Chandon.
04:44Voilà. Et Ennessy, c'est ça, une marque de cognac.
04:47Oui, qui commence par un H.
04:48Voilà, c'est ça. Je ne sais pas si vous...
04:50C'est le numéro 1, c'est la plus grosse maison de cognac.
04:52C'est 50% des ventes de cognac dans le monde.
04:55Et donc voilà, c'est cette une-là dont il parlait.
04:57Là, les gens le voient à l'écran.
04:58Donc Champagne, Cognac, le luxe, sabre l'emploi.
05:00Et en chapeau en dessous, LVMH a annoncé la suppression de 1 200 postes dans sa branche.
05:04Des vins spiritueux, les syndicats dénoncent un modèle économique tourné vers l'export et des prix de vente exorbitants.
05:09Je vous montre aussi les articles que tu as écrits.
05:12Donc il y en avait deux.
05:13Ça, c'est le gros décryptage où tu expliques justement tout ça.
05:15Oui, c'est très avec les...
05:18Du côté des travailleurs, du coup, de Mouette et d'Enessy.
05:23Et le deuxième papier qui est plus sur...
05:26Parce qu'en fait, ce plan de licenciement, il ne vient pas de nulle part.
05:34On ne va pas plaindre LVMH qui font beaucoup d'argent.
05:36Et même cette branche-là fait beaucoup d'argent, notamment parce qu'ils ont augmenté de plus de 50%
05:41les prix depuis 2019.
05:43Donc c'est pour ça que les bouteilles sont hors de prix.
05:45Mais du coup, ils ont plein d'argent.
05:47Mais les caves sont pleines.
05:49C'est-à-dire que par rapport aux stocks qu'ils avaient prévus de produire, ils n'arrivent pas à
05:54écouler tout le stock.
05:55Ils s'en sortent très bien parce qu'ils augmentent beaucoup plus vite les prix que ne baissent les ventes.
06:01Mais du coup, il y a quand même un problème de modèle économique.
06:04Et c'est du coup l'objet du deuxième papier.
06:08Donc le fait que ce soit...
06:10Qu'en gros, quasiment 100% du marché du cognac, que ce soit la Chine et les États-Unis,
06:16donc quand il y a des problèmes de droit de douane comme aujourd'hui, ça panique.
06:21Légitimement.
06:24Mais aussi, le fait...
06:25Ce qui est plus questionnable aussi, c'est le fait que tout un secteur soit aux mains de quelques grandes
06:31maisons.
06:32Elle est si seule, c'est 50% du commerce.
06:34Donc tous les viticulteurs sont complètement dépendants de ces donneurs d'ordre.
06:40Ils sont assez maltraités.
06:41Ils sont sous-payés.
06:42Et quand ces donneurs d'ordre ne reprennent plus de raisin, on leur propose juste d'arracher des vignes.
06:49Donc c'est un peu tout ça que je raconte dans une seconde papier.
06:52On vous invite évidemment à aller lire ces deux papiers.
06:55Donc le premier qui parle plus spécifiquement du KLVMH et le deuxième plus globalement du domaine viticole.
07:05Donc c'est sorti dans le journal il y a deux jours.
07:07On est le combien ? On est le 22, c'est ça ?
07:09Oui.
07:09Oui, c'était le 20.
07:11Donc voilà, on vous invite évidemment à aller lire ces papiers.
07:15Et donc pour en revenir à ce qui s'est passé en commission hier, j'ai changé un truc, j
07:19'ai bidouillé un petit truc.
07:20On va voir, vous nous dites le chat si le son est toujours dégueulasse ou si c'est mieux.
07:24On continue ?
07:25Non, parce qu'après Fabien, il va parler du fait que lui, il est attaqué par les échos.
07:30Ah oui.
07:30Donc on y ira après.
07:31Ok, très bien.
07:34Du coup, juste pour finir, c'est quand même le fils même de Bernard Arnault, Alexandre Arnault, qui a annoncé
07:40cette baisse des effectifs.
07:42Moi, j'avoue, en suivant la commission d'enquête, j'ai été étonné qu'il conteste ça.
07:47Oui, c'est même pas une information qui était connue de personne, une information cachée.
07:51Enfin, je veux dire, c'est un truc...
07:52C'est une vidéo qui a été envoyée à tous les salariés de Moet-Nessi la veille du 1er mai,
07:59ce qui a été mal apprécié aussi.
08:01Tu m'étonnes.
08:02Et où, en gros, c'était censé être une vidéo où les dirigeants, la direction évoque les stratégies pour l
08:09'avenir de Moet-Nessi.
08:10Et là-dedans, à la 13e minute, annonce de baisse des effectifs.
08:15Donc ça a été mal pris, mais c'était pas du tout...
08:17J'étais étonné qu'il conteste ça comme ça.
08:20Et puis, oui, il dit que la une est mensongère.
08:24En plus, il laisse entendre aussi qu'il y a un espèce de... qu'on aurait essayé de faire un
08:29peu un coup.
08:30C'est-à-dire d'avoir préparé cette une pour le jour de l'audition.
08:36Alors que, en fait, c'est pas les mêmes thèmes.
08:38Les aides publiques aux entreprises et puis le fait que...
08:41Enfin, c'est pas directement le même thème qu'il licencie dans ces branches-là.
08:47Et en plus, c'est lui-même qui a décalé...
08:50Parce qu'en fait, il devait être auditionné la semaine dernière, Bernard Arnault.
08:54Donc c'est lui-même qui a décalé son audition là.
08:57Et moi, j'avoue, quand j'ai fait mes papiers, j'étais beaucoup plus sur le calendrier des syndicats.
09:01Parce que les syndicats de LVMH se sont retrouvés lundi, c'est lundi et mardi, donc il y a deux
09:06ou trois jours.
09:07On est jeudi, ouais.
09:10Pour discuter notamment de ces questions-là.
09:13Et du coup, moi, quand j'ai pu avoir les syndicats, la CGT LVMH, c'était...
09:17Ouais, ils commençaient aussi à préparer cette rencontre.
09:21Et du coup, à envisager peut-être un mouvement social.
09:25Enfin, voilà.
09:26En tout cas, que demander aux directions, quelle garantie, etc.
09:29Oui, puis de toute façon, tu le disais, cette vidéo, elle a été diffusée aux salariés la veille du 1er
09:33mai.
09:34Donc je veux dire, c'est pas un truc hyper, hyper récent non plus, quoi.
09:38Ouais, il y a fait eu le temps que je rentre de vacances et que...
09:40Non, mais c'était pas une critique pour toi.
09:42C'était pour dire que ça collait pas à la...
09:45Comment dire ? À la date de la présentation.
09:48Il y a un truc, c'est que...
09:50On s'est dit, quand nous, on a programmé le sujet, on s'est dit,
09:52« Ah ben, si on le présente pour ce jour-là, au moins, on sera sûr d'avoir la une
09:57du journal. »
09:57Parce que c'est un peu nos petits trucs, le matin, en conférence de rédaction,
10:00c'est « Qu'est-ce qui peut... Qu'est-ce qui va faire la une, etc. ? »
10:03Donc on s'est dit, « Ah, ça va être un argumentaire en plus pour avoir la une du journal.
10:08»
10:09Par exemple, contre Darmanin ou...
10:11Voilà, parce que...
10:12C'est intéressant aussi.
10:13Je sais que des fois, les gens aiment bien aussi avoir les coulisses un peu de comment un journal se
10:16construit.
10:17Et donc, en fait, quasiment tous les jours, il y a plusieurs sujets qui pourraient faire la une du journal.
10:23Et donc, chaque rubrique essaie de calculer et de mettre des arguments de côté pour dire,
10:27« Ben non, là, franchement, cette une, il faut qu'elle soit pour nous parce que c'est... »
10:30Voilà, et là, comme nous, on arrive un peu en retard par rapport à l'annonce des suppressions d'emploi.
10:37Bon, on était dans le tempo syndical, mais du coup, c'était un argumentaire de plus pour pouvoir avoir la
10:43une.
10:43Voilà, la une. Et donc, le premier plan de l'Humanité, pour celles et ceux qui n'ont pas l
10:47'habitude de lire le journal Papier de l'Humanité,
10:49le premier plan, c'est le premier dossier. C'est le dossier qui ouvre le journal, où il y a
10:53entre 3, 4, 5, jusqu'à 6 pages.
10:58Donc là, voilà, il y a 3 pages.
11:00Voilà.
11:01Et du coup, on peut reprendre la vidéo, parce que là, c'est sur le moment où...
11:04Parce que c'est assez rigolo, quand Bernard Arnault accuse Fabien Gay, en gros, d'avoir missionné ça.
11:11Deux jours avant, ben voilà.
11:14Il y a eu un article sur les suppressions d'emploi.
11:16Très bien, alors, dites-moi le chat si le son est mieux. J'ai changé un truc sur OBS, j
11:19'espère que c'est mieux.
11:20Dans la filière Mouet-NC, qui concerne votre...
11:24C'est la liberté d'expression, la liberté journalistique auquel on croit, vous comme moi, nous sommes attachés.
11:30Et je ne tiens pas le stylo de l'ensemble de mes journalistes, comme vous ne tenez pas le stylo,
11:35je crois, des journalistes...
11:38Et d'ailleurs, j'ai lu le...
11:40Parce que là, c'était son coup à Fabien, je ne l'avais pas vu non plus.
11:44Et c'était rigolo, parce que du coup, il dit, ben ouais, moi, je ne tiens pas, effectivement.
11:49Il n'y a pas du tout... Je ne sais pas s'il était au courant, d'ailleurs, qu'on
11:52publiait ça.
11:52— Je ne suis pas sûr. Enfin... — Après, il était à la question au courant.
11:57On ne sait rien. Il reçoit peut-être les mails de programmation. On lui demandera.
12:00Mais du coup, le lundi dernier, c'est les Échos qui ont fait une double page
12:06contre cette commission d'enquête sénatoriale, enfin contre les commissions d'enquête en général,
12:11mais particulièrement contre celle-là, en faisant passer un peu les sénateurs...
12:18Enfin... Cette commission la spécifique comme un tribunal révolutionnaire
12:23en les traitant d'inquisiteurs, de démagogues... C'est juste après.
12:26— Ah, c'est juste après. Ah oui. Ah oui, effectivement, c'est une belle double.
12:33— Je passe. Voilà la double...
12:36— Le piège des commissions d'enquête parlementaires. Donc avec un édito, un tribunal impopulaire,
12:42assez cinglant. On n'est certes pas revenu au tribunal révolutionnaire de Revestière,
12:48qui ne coupe pas trop de têtes, mais nous sommes sur une mauvaise pente de démagogie politique.
12:54Juste parce qu'on demande des comptes à des patrons, quoi.
12:56— Oui. En plus, Fabien Guest, c'est le rapporteur, mais il n'est pas tout seul à diriger cette
13:01commission.
13:02— Le président, il est républicain.
13:03— Voilà. Donc on ne peut pas l'accuser de tribunal révolutionnaire, je pense.
13:09Enfin, je veux dire, c'est... Pour le coup, en écoutant... Enfin, toi, tu les as beaucoup plus suivis.
13:13Mais en les écoutant, il n'y a pas vraiment d'esprit revanchard, vindicatif.
13:17Voilà, c'est juste qu'on essaie de comprendre où va l'argent, qu'est-ce qu'ils en font,
13:20combien ils ont touché, etc., quoi.
13:21Et que pas seulement Fabien Guest et globalement la gauche, pas eux seulement essaient de demander compte, quoi.
13:27Globalement, les gens veulent savoir, quoi.
13:29— Tout à fait.
13:29— C'est écrit petit pour les... Alors on va pas lire la double page de l'édito.
13:33— Ouais, non.
13:34— Parce que voilà... De l'édito, de l'écho, des échos, pardon.
13:37Mais c'est, j'imagine, retrouvable sur leur site internet.
13:40— Ouais.
13:41Et puis, vous...
13:42Et du coup, voilà, si Fabien Guest rétorquait ça, c'est parce que les échos, c'est une propriété de
13:49Bernard Arnault, on rappelle.
13:51C'était là, le truc important dans l'histoire.
13:55Du coup, voilà, après, on peut quand même passer un peu au contenu de l'audition.
13:59Il y a eu deux, trois trucs quand même assez intéressants.
14:01— Alors l'audition... Enfin, tout le monde peut aller la regarder.
14:04Je sais qu'il y a des rediffs sur YouTube.
14:05Il y a aussi des rediffs sur le site du Sénat.
14:07Ou même, c'est assez bien fait, parce que c'est timecodé avec les prises de parole de tout le
14:13monde,
14:13les questions et les réponses de tout le monde.
14:14Donc si vous voulez directement aller à... Je sais pas.
14:17Vous savez que là, il y a eu des questions intéressantes.
14:18Vous pouvez y aller, quoi.
14:21J'avais noté les timecodes.
14:22— Ouais, mais après, si la vidéo...
14:24— Ouais. En fait, si la vidéo, c'est vraiment très désagréable, on va pas la mettre.
14:28On va vous raconter ce qu'ils disent.
14:29Si c'est pas très agréable, mais on comprend quand même, on va vous passer quelques extraits.
14:36J'avais noté 40-48.
14:40Voilà.
14:42C'était sur...
14:43— Sur la TVA.
14:44— Sur la TVA.
14:45— 40... J'ai dit quoi ? 40-48.
14:48— M. Pinault du groupe Éric, sur notamment la DETAX.
14:52J'en reviens, je vais pas réexpliquer le système de la DETAX.
14:56Ma rencontre avec les douaniers permet à des touristes extra-européens...
15:03— Est-ce que c'est mieux, là ? Est-ce que vous entendez toujours ?
15:05— Pour acheter des produits qui ont équivalent à plus de 100 euros, plutôt des produits de luxe...
15:12— J'ai trouvé le bouton sur lequel appuie.
15:14Et qui, une fois arrivés à l'aéroport ou qui quittent le territoire national par train...
15:18Parce qu'il existe aussi...
15:19Est-ce qu'ils sont en contact avec des douaniers de Suisse ou qui sont à la frontière suisse ou
15:24la frontière...
15:25— Le volume faibleur, je monte.
15:27— C'est-à-dire qu'on leur rembourse la TVA, donc à peu près l'équivalent de 20%
15:31du montant global de tel ou tel achat.
15:36— Du coup, l'idée, c'est un truc dont on a découvert l'ampleur récemment, avec d'abord l
15:45'audition de Pinault, puis là.
15:49C'est que 20 à 25% du business en France des groupes de luxe se fait avec cette méthode
15:57de haider des taxes.
15:58C'est-à-dire que des personnes non résidantes de l'UE viennent sur les Champs-Elysées, payent des milliers
16:07d'euros...
16:08Bah ouais, des sacs du Vuitton, du parfum, du vin, plein de choses.
16:13Tous les produits souvent supérieurs à 100 euros.
16:15— Ouais. — Et après, vont se faire rembourser à l'aéroport la TVA.
16:24Et on pensait que c'était un truc un peu...
16:27Enfin c'est le principe des... Comment dire ? Du justifier à l'aéroport, comme exemple.
16:32On pensait que c'était un peu un épiphénomène.
16:35Mais voilà, c'est 20 à 25% du chiffre d'affaires français.
16:39Donc 25% sur ce que dit LVMH, ce que dit la direction elle-même.
16:44Donc sur un chiffre d'affaires de 7 milliards.
16:47Donc ça commence à faire beaucoup.
16:48— Ça fait beaucoup d'argent.
16:49— Et ce qui est quand même assez fou, c'est que...
16:51Donc eux, ils ne considèrent pas ça comme une aide.
16:54— Donc peut-être pour réexpliquer pour...
16:56Parce que moi, j'avoue qu'au départ, je ne comprenais pas très bien.
16:59Vous êtes un Américain, vous allez sur les Champs, vous achetez un sac à 10 000 euros.
17:03Et bien en partant, vous pouvez passer à l'aéroport.
17:06— Et vous faire rembourser 2 000 euros.
17:08— Et vous faire rembourser 2 000 euros.
17:10Et en fait, ce que Fabien Gué aussi dit plus tard, c'est qu'en fait, il y a aussi
17:14des fraudes.
17:15C'est-à-dire des gens qui payent leur billet à aller-retour à 1 000 balles.
17:20Ils achètent 40 sacs.
17:22Et en fait, sur des sacs à 1 000, 10 000, des fois même beaucoup plus,
17:26en fait, c'est extrêmement rentable.
17:28— Oui.
17:28Il y a une espèce d'arnaque aussi avec des sites maintenant qui sont spécialisés pour faire ça.
17:33— Et en fait, comment dire...
17:36Cette détaxe, vu que c'est de l'argent que ne touche pas l'État,
17:40on pourrait considérer que c'est un peu l'État qui fait un cadeau,
17:44puisque c'est de l'argent qu'on devrait à l'État.
17:46Mais non, LVMH considère que ce n'est pas une aide aux entreprises.
17:49— Non, que c'est quelque chose qui aide le pays pour être plus attractif.
17:55Mais en fait, ce qui m'avait choqué sur le coup, c'est que...
17:58Ben oui, le remboursement, oui, c'est de l'argent public.
18:01— En tout cas, c'est de l'argent qui rentre pas dans les caisses de l'État, quoi.
18:04— Ben si, parce que c'est même de la TVA qui a été perçue et qu'on rembourse.
18:08Et par exemple, ça m'a tout de suite fait penser, par exemple,
18:12par exemple, aux féministes, quand elles disent
18:14« On demande une TVA à 0% sur des premières nécessités
18:18ou des protections hygiéniques, par exemple. »
18:20On leur dit « Ah non, c'est pas possible, c'est trop cher. »
18:23Mais par contre, pour les sacs Louis Vuitton, un peu, quoi.
18:26— Et puis même sur tout un tas de produits
18:28qu'on considère indispensables à la vie,
18:30on pourrait imaginer que sur la nourriture,
18:34des produits hygiènes, en fait, on enlève la TVA,
18:37puisque la TVA, on le rappelle, c'est l'impôt le plus injuste,
18:39puisque tout le monde le paye de la même manière.
18:42Et bien là, il est tellement injuste que c'est les gens
18:44qui peuvent s'acheter des sacs à 10 000 balles,
18:45et bien ils payent un peu moins, quoi.
18:48Donc voilà, tout ça pour dire que franchement,
18:50on apprend vraiment beaucoup de choses dans cette commission.
18:54— Donc là, rien que savoir que c'était...
18:57Ça représentait du coup un peu plus de 2 milliards d'euros
18:59juste pour LVMH, bon, bah, c'était intéressant.
19:02— Ouais, si on ajoute toutes les entreprises du luxe en France,
19:06jusqu'à quel montant ça peut aller ?
19:08À mon avis, c'est impressionnant.
19:09— Tout à fait, tout à fait.
19:10— On n'a jamais essayé les sacs Vuitton en hygiène monstrelle.
19:12C'est vrai.
19:13C'est vrai.
19:16Il y avait un...
19:17Non, tu voulais continuer sur la TVA ?
19:18— Non, non, non, non, bah...
19:20Ouais, juste une petite transition là-dessus.
19:22Mais ce qui était intéressant aussi, là,
19:23c'est qu'on a appris que LVMH avait été cité
19:28par la Cour des comptes comme un exemple,
19:31un cas exceptionnel des déductions d'impôts
19:34sur le mécénat,
19:36parce qu'ils ont touché plusieurs centaines de millions d'euros
19:40pour la construction de la fondation Louis Vuitton.
19:43En gros, c'est quasiment l'État qui en a payé la moitié.
19:46— Donc la fondation Louis Vuitton, c'est le musée qu'il y a dans Paris ?
19:48— C'est ça, ouais.
19:49C'est ça, ou, bah, du coup, qui s'appelle Louis Vuitton,
19:52et qui, du coup, est un autre outil de défiscalisation
19:54via les œuvres d'art pour Bernard Aron.
19:56— Ah !
19:57— Transition !
19:58— Transition, incroyable !
20:00— Parce que, du coup...
20:01— Transition, évasion fiscale !
20:02— Ouais, c'est ça.
20:03Louis Vuitton aussi posait des questions sur l'évasion fiscale,
20:06parce que, bah, en gros, c'est une longue histoire,
20:10l'évasion fiscale et Bernard Arnault,
20:13parce que quand Mitterrand était élu en 80,
20:15déjà, il s'est émigré fiscalement aux États-Unis.
20:18Après, c'était en Belgique pour préparer notamment sa succession.
20:21Donc il est résident fiscal belge.
20:23Et puis après, il a été aussi épinglé, donc, chez les LuxLeaks et les Paradise Papers.
20:30Ce que, du coup, question que pose Fabien ?
20:32— J'étais compétent, simplement.
20:33— D'accord. Donc je repose la question.
20:35Puisque la Cour des Comptes pointe l'utilisation, vous venez d'y répondre.
20:39Et la question des schémas d'optimisation, donc j'ai cité, là, des articles du Monde,
20:45de d'autres confrères et les OpenLux.
20:47Est-ce que ces chiffres ou pas sont avérés ?
20:51Ou vous pouvez les contredire en disant que c'est faux.
20:54Et partagez-vous ou pas l'interrogation de la Cour des Comptes.
20:58Est-ce que l'on peut bénéficier d'aides publiques
21:02lorsque l'on organise ou pas des schémas d'optimisation, voire d'évasion fiscale ?
21:10— Il est très prudent. J'aime beaucoup, Fabien.
21:13Et si on organise ou pas, on sait pas trop.
21:15— Tu peux passer la réponse ?
21:17— Vas-y, vas-y, vas-y.
21:19— Ah oui.
21:21Ah oui, donc là, c'est toute l'équipe de direction de LVMH.
21:23Il n'est pas tout seul.
21:25Je sais plus leur titre exactement, mais...
21:27— Ah, moi non plus.
21:28— Mais voilà.
21:29— Tu peux mettre plus ça ou pas ?
21:30Ou c'est au max ?
21:31— En fait, c'est au max sur la console.
21:34— Là, peut-être sur le...
21:36— Sur l'ordi, je peux monter au max.
21:38Il faudra juste penser peut-être à descendre après,
21:40sinon ça va nous exploser l'oreille.
21:41— LV totalement contre ce qui a été dit
21:46et reproduit dans un certain nombre de journaux.
21:48Et je ne mets pas du tout en cause le vôtre cette fois-ci.
21:50Mais ça a été le bobon.
21:53Bon. Non.
21:56Mais si vous voulez...
21:57— Mais justement, vous en avez le droit,
21:58parce que je viens de citer...
22:00— Oui, je vais vous donner mon point de vue.
22:01— Notre groupe est présent dans de nombreux pays.
22:04Alors faut-il, pour ne pas être accusé
22:07de faire de l'optimisation fiscale,
22:09fermer nos boutiques au Panama ?
22:12Faut-il...
22:13— C'est un peu de la gueule du monde, quand même.
22:14— Ouais, ouais, ouais.
22:15— On continue, ou voilà ?
22:16— Comme tu veux.
22:17Mais en fait, c'est le gros truc.
22:18On est le gros du truc où on dit, en gros,
22:20« Ah bah oui, on a des boutiques aux îles Caïmans,
22:22on a des boutiques en Suisse... »
22:23— Au Luxembourg.
22:24Et c'est toujours, en fait, de travailler.
22:26— Ouais, mais en fait, il répond pas sur les Paradise Papers.
22:29Parce que, par exemple, ce qui est sorti sur les Paradise Papers,
22:33par exemple, c'est qu'il a aussi, via une société,
22:37une holding dans le New Jersey,
22:41une énorme propriété de 4 300 m² dans Londres.
22:45Donc rien que le terrain, ça vaut plusieurs dizaines de millions d'euros.
22:49Il a aussi un yacht de 101 m²
22:55qui est tenu via une société maltaise
22:57qui bat pavillon du paillement.
22:58Enfin, c'est du Caïman, pardon.
23:00C'est plutôt ce truc-là que pointent les Panamas.
23:02— Oui, oui.
23:03Oui, c'est la boutique au Panama.
23:05Bon, c'est pas tellement ce qui nous intéresse, quoi.
23:08— Mais bruit de nid.
23:10— Arnaud, c'est ce terrain,
23:11sauf qu'il est pas assez bête pour écrire son projet politique.
23:16— Bah, il est pas assez bête.
23:18Après, on l'a quand même aussi vu récemment
23:20être très proche de Donald Trump
23:21au moment de son élection, etc.
23:22— Tout à fait.
23:23Il y était encore il y a deux semaines.
23:24— Ouais, voilà.
23:26Donc globalement, oui, la grande bourgeoisie
23:28poursuit un projet politique,
23:29des fois plus ou moins caché.
23:31Mais oui, c'est vrai qu'en ce moment,
23:32à l'humidité, on est assez...
23:34Comment dire ?
23:34On est souvent au cœur de l'actu
23:35entre la IR, entre ce terrain,
23:37il y a pas très longtemps,
23:38qui parlait de nous aussi.
23:54— Ouais.
23:54— Du coup, il s'est mis à attaquer le monde derrière
23:56en disant...
23:58Parce que Fabien Gué défend le monde
24:00en disant « C'est vrai,
24:01c'est pas un journal néo-communiste
24:03ou néo-marxiste. »
24:04Et il dit « Non, c'est pire,
24:06c'est un journal LF-iste. »
24:08Après, il dit « De toute façon,
24:10la seule chose qui a de bien dans le monde,
24:12c'est les mots croisés. »
24:13— C'est les mots croisés, oui.
24:15— Ne plus avoir de filiales...
24:17— Je sais pas si c'est là.
24:17— Je sais pas si c'est là aussi un peu après.
24:20— À chaque fois, nous avons des...
24:22— Attends, je peux avancer un peu,
24:23sauf que je m'en ai pas...
24:25— Interroger le plus patriote.
24:27Notre chiffre d'affaires en France économique...
24:29— Non, là, il répond sur le fond.
24:30— ...de journaux orientés
24:33contre l'économie libérale, entre guillemets,
24:37capitaliste, si vous voulez,
24:39et qui essaye de trouver des raisons.
24:42Alors qu'on a été victime,
24:46enfin, je dis victime,
24:48des augmentations d'impôts
24:50sur les bénéfices déclarés en France.
24:52— C'est après encore, non ?
24:53— Oui, je suis fait...
24:54— De 40%.
24:55— On aurait dû le noter.
24:56— Si on augmentait les impôts mondiaux,
25:00plusieurs qui gagnent quasiment 1 000 euros.
25:05De 40% d'augmentation du bénéfice.
25:07Et se faire accuser d'optimisation fiscal...
25:11— Ouais, bon, vous pourrez aller voir...
25:15Mais il y a pas mal...
25:16C'est vrai qu'il y a pas mal d'extraits un peu rigolos.
25:18— Ouais, parce qu'il y a des trucs comme ça.
25:19— Et non, puis franchement, on apprend vraiment pas mal de choses.
25:21Et je trouve ça plutôt presque agréable,
25:24enfin, un peu divertissant, écoutez, je trouve.
25:26Alors bon, moi, je prends pas de notes,
25:27je travaille pas dessus, tu vois.
25:28Mais d'écouter des représentants de l'État
25:31poser des questions aux grandes entreprises,
25:34tu te dis « Bon, bah, c'est cool de temps en temps
25:36d'avoir un peu des comptes. »
25:38Et on apprend vraiment des trucs.
25:39Il y a vraiment des trucs qui sortent.
25:40— Ouais, l'audition de Samas à H&M
25:41a été passionnante pour ça aussi.
25:43Sur la niche fiscale qui ne concerne que.
25:47Mais du coup, pour finir là-dessus,
25:49ce qui m'a fait marrer aussi,
25:50c'est que du coup, dans son attaque au monde,
25:52c'est que la fille de Bernard Arnault
25:54est mariée avec Xavier Niel,
25:56donc un des gros actionnaires du monde.
25:59Elle a même attaqué le journal de son gendre.
26:01— Ouais, et donc Bernard Arnault,
26:02qui possède en partie les échos
26:04et le Parisien.
26:04— Tout ça, c'est une grande et belle famille.
26:07D'ailleurs, ça me fait une transition toute trouvée,
26:09puisque nous, nous n'appartenons à personne.
26:11— Ouais, c'est vrai.
26:12— On n'a pas tous ces milliards.
26:14Et nous, on ne fait pas d'optimisation fiscale.
26:16On n'achète pas et on ne revend pas
26:18des sacs Louis Vuitton.
26:19Donc si ce que vous voyez vous plaît,
26:21si vous avez envie qu'on continue
26:22de faire ce genre de contenu,
26:24n'hésitez pas à nous soutenir.
26:25Vous pouvez vous abonner à l'Humanité,
26:27notamment pour aller lire les articles de Pierrick,
26:29mais pas que.
26:30Tous les reportages, analyses, décryptages.
26:32Il y a beaucoup, beaucoup de choses tous les jours
26:34sur plein de sujets très différents.
26:36Vous pouvez aussi faire des dons plus ponctuellement.
26:39Voilà.
26:39Vous pouvez aussi nous suivre sur nos différents réseaux sociaux.
26:42Twitch, YouTube, on est encore sur Twitter,
26:45Insta, TikTok, Blue Sky, Facebook, LinkedIn.
26:50Voilà, on est un peu partout.
26:52Et mastodont.
26:53Et mastodont, c'est vrai.
26:55On est même sur Trade.
26:56Enfin bref, on est partout.
26:58Donc si vous pouvez nous donner un peu d'argent, c'est super.
27:00Sinon, vous pouvez aussi nous suivre sur les réseaux.
27:02Voilà.
27:03.