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  • il y a 10 heures
Une bataille sur la désinformation s’est ouverte entre l’Élysée et l’extrême droite. Le point de départ : une prise de parole d’Emmanuel Macron devant les lecteurs de la presse régionale à Arras le 19 novembre. Le président de la République a alors évoqué la mise en place d’un label pour les médias. Rapidement, l’extrême droite a réagi et s’est emballée, Pascal Praud parle de “tentation autoritaire” et de “Pravda”. De son côté, Jordan Bardella évoque lui un “ministère de la vérité”, en faisant référence au roman 1984 de George Orwell.

Pour comprendre la polémique, Clara Martinot, journaliste à l’Humanité, interroge Robin Andraca, journaliste à Arrêt sur images.

00:00 Introduction
1:39 Récit de la bataille entre l’Élysée et l’extrême droite
9:38 Concentration des médias : le regard d’Arrêt sur images
17:30 L'instrumentalisation par l'extrême droite

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Transcription
00:00Une bataille sur la désinformation s'est ouverte entre l'Elysée et l'extrême droite.
00:03Le point de départ, c'est une prise de parole d'Emmanuel Macron devant l'électeur de la presse régionale
00:08d'Arras le 19 novembre.
00:09Le président de la République a alors évoqué la mise en place d'un label pour les médias.
00:14Rapidement, l'extrême droite a réagi et s'est emballé.
00:17Pascal Praud parle de tentations autoritaires et de pravda.
00:20Jordan Bardella évoque lui un ministère de la vérité en faisant référence au roman 1984 de George Orwell.
00:27L'Elysée a répondu sur les réseaux sociaux avec une vidéo qu'on va regarder tout de suite.
00:33Emmanuel Macron envisage un label pour les médias.
00:37Il y aurait les bons médias et les moins bons.
00:40Comment ne pas voir dans cette initiative une tentation autoritaire d'un président mécontent du traitement médiatique
00:45et qui souhaite imposer un récit unique ?
00:48Je propose un nom pour ce nouveau service de communication, la Pravda.
00:53Jamais la menace totalitaire n'a été aussi présente, aussi probable depuis la peste brune et la peste rouge
01:01qu'avec la Macronie finissante.
01:03Ce n'est pas l'État qui doit vérifier.
01:05Si c'est l'État qui doit vérifier, là ça devient une dictature.
01:08Mais il faut que les journalistes garantissent à leurs lecteurs qu'eux ont vérifié avec une déontologie.
01:14Donc ils sont les garants entre eux.
01:15Je pense que c'est important qu'il y ait une labellisation faite par des professionnels qui puissent dire
01:20« ça c'est des gens qui sont sérieux, ça c'est pas des gens qui informent ».
01:23Bonjour Robin Andraka, merci d'être avec nous.
01:27Bonjour, merci de l'invitation.
01:30Tu es rédacteur en chef à Arrêt sur Images et tu as écrit sur le sujet.
01:34Est-ce que tu peux nous refaire le déroulé de ce bras de fer entre le chef de l'État
01:38et l'extrême droite ?
01:41En gros, il y a eu ces deux prises de parole, le 19 et le 28,
01:48dans deux régions françaises différentes, d'Emmanuel Macron,
01:52où il a à chaque fois évoqué de manière assez vague une volonté de sa part
01:59de labelliser l'information sur Internet.
02:03En gros, en distinguant les sites qui faisaient de l'information des sites qui faisaient plutôt du commerce ou de
02:11la pub.
02:12Et en fait, le truc, c'est qu'il n'a jamais vraiment ciblé personne dans cette prise de parole.
02:19À aucun moment dans cette deux prises de parole, il me semble qu'il est nommé CNews directement
02:24ou un autre média de l'empire médiatique de Bolloré.
02:30Mais ça a suffi pour que, comme souvent, différents médias,
02:37donc là en l'occurrence, c'était surtout CNews et le JDD sur son site Internet,
02:42qui ont dénoncé ces deux prises de parole,
02:46qui se sont senties visiblement directement visées par Emmanuel Macron.
02:51Donc, Pascal Praud et Philippe Devilliers se sont attaqués directement au président
02:57et à ces deux prises de parole en dénonçant, tour à tour,
03:02avec la mesure qu'on leur connaît des dérives liberticides à venir,
03:08et un nouveau ministère de la vérité,
03:10en reprenant à nouveau l'expression du roman de Orwell.
03:16Et donc, l'Elysée a fini par répondre de manière assez curieuse aussi sur les réseaux sociaux,
03:22avec une vidéo un peu inhabituelle.
03:25Je veux dire, quand on voit le reste des vidéos beaucoup plus institutionnelles que publie l'Elysée,
03:32là, il y a un truc, on sent qu'ils ont essayé de faire un coup de com'.
03:35La vidéo est hyper montée, il y a de la musique, il y a un côté hyper dramatisation.
03:42On voit donc Pascal Praud et Philippe Devilliers.
03:45Ensuite, les fameuses interventions de Macron.
03:51Et donc, une vidéo qui veut dire, en gros,
03:55les médias bollorés nous font dire ce qu'on n'a jamais dit,
03:58et en voulant dénoncer la désinformation, ils désinforment eux-mêmes.
04:03Et en fait, c'est un peu misérable comme réponse,
04:12parce que ça permet, par ailleurs, à CNews de faire ce qu'ils font à peu près le mieux,
04:16à savoir se victimiser derrière et être le centre de l'attention.
04:22Et par ailleurs, les ministres de Macron, depuis des années,
04:26s'expriment dans le JDD, depuis qu'il a été repris par Bolloré,
04:29depuis que Bolloré a placé Geoffroy Lejeune,
04:33ex-rédacteur en chef de Valeurs Actuelles à la tête du JDD.
04:37Et là, il y a des relations aussi entre Pascal Praud et Emmanuel Macron.
04:42Enfin, Pascal Praud était au courant de la dissolution avant même
04:46le premier ministre de l'époque, Gabriel Attal.
04:54Donc, l'ensemble de l'épisode n'est pas très glorieux,
04:58que ce soit d'un côté ou de l'autre.
04:59À droite, il y a aussi les Républicains qui ont lancé une pétition
05:05qui a recueilli plus de 38 000 signatures
05:08en disant oui à la liberté, non à la libéralisation.
05:11L'UDR, avec Éric Ciotti, a également lancé une pétition
05:17qui, ce label lui rappellerait les dérives des régimes autoritaires.
05:22Pourquoi cette fois, l'Élysée a eu besoin de répondre
05:25à la droite et à l'extrême droite ?
05:29Alors, moi, je ne suis pas l'Élysée.
05:34Et je suis absolument incapable de savoir pourquoi ils ont fait ça.
05:41Mais en tout cas, il y a un truc de contre-temps
05:46qui est un peu curieux.
05:50Par ailleurs, je veux dire, dans ces prises de parole,
05:57loin de moi, l'idée de défendre Emmanuel Macron,
05:59parce qu'on y viendra ensuite certainement,
06:01mais je veux dire, il n'a pas fait grand-chose politiquement,
06:05par exemple, pour empêcher Vincent Bolloré,
06:08depuis des années, d'assembler minutieusement
06:11son empire médiatique qui lui permet aujourd'hui
06:13de posséder plusieurs maisons d'édition, d'États de médias
06:16et de constituer un porte-voix redoutable
06:20pour pousser à minima l'union des droits,
06:23voire même l'élection d'un Premier ministre
06:25ou d'un président d'extrême droite.
06:28Mais je ne sais pas, d'autant que, comme je le disais,
06:34Macron n'a jamais dit que c'est l'État qui allait labelliser,
06:41enfin, il ne l'a jamais dit directement,
06:43que c'est l'État qui allait labelliser Internet.
06:46Il a plutôt défendu l'idée que ça pourrait être des journalistes
06:49qui le feraient, ce qui est une très mauvaise idée aussi.
06:54Mais ce dont l'accusent les médias Bollorés,
06:57c'est de vouloir s'en prendre à la fameuse liberté d'expression,
07:03sachant qu'il ne faut pas non plus tout confondre.
07:06Je ne pense pas que Macron veuille s'en prendre à la liberté d'expression,
07:09mais plutôt qu'il veut permettre au public
07:15de repérer plus facilement des sites
07:24dont la volonté d'information n'est pas au premier plan,
07:29dont l'intérêt du public n'est pas au premier plan.
07:33Ça, je pense que c'est sa volonté.
07:37Mais je veux dire, à mon avis, ça ne passe pas par...
07:42Je pense qu'il s'y prend très mal.
07:44Il y a d'autres façons d'éduquer le public
07:49à reconnaître un contenu journalistique.
07:54Ça passe par l'éducation aux médias.
07:56Je n'ai pas l'impression que les gouvernements,
07:58les ministres de l'éducation successifs d'Emmanuel Macron,
08:02aient dépensé énormément d'énergie là-dedans.
08:07Et avoir une information de meilleure qualité,
08:09c'est aussi peut-être lutter contre la concentration des médias
08:14dans les mains d'un seul homme, en fait.
08:16Et là aussi, politiquement, Emmanuel Macron,
08:19il a très très peu fait pour lutter contre ça.
08:23Il a organisé des états généraux...
08:27De l'information.
08:28De l'information, pardon.
08:29Avec quelles conséquences ?
08:31Avec quels objectifs et quelles conséquences ?
08:35Alors, les objectifs étaient assez vagues.
08:39Et la seule...
08:40Enfin, voilà, ce qui est factuellement indiscutable aujourd'hui,
08:45c'est que Vincent Bolloré,
08:49il possède une chaîne de télé,
08:51il possède un hebdomadaire,
08:54il possède les magasins relais qui sont implantés dans chaque gare
08:59et qui mettent en avant de plus en plus de titres d'extrême droite.
09:03Il possède plusieurs maisons d'édition.
09:05En fait, ça aboutit à un truc absolument catastrophique
09:08pour la façon dont se sont informés les Français,
09:12c'est qu'aujourd'hui, on a par exemple,
09:14Jordan Bardella,
09:16qui publie un livre aux édits...
09:18Enfin, qui publie un livre, je suis gentil,
09:20plusieurs livres depuis un an aux éditions Fayard
09:24qui sont possédés par Vincent Bolloré
09:26et qui ensuite est interviewé de façon extrêmement complaisante
09:30dans des médias qui sont aussi possédés par Vincent Bolloré.
09:34Et ça change tout en termes de bataille culturelle, en fait.
09:37Et ça, justement, quelle est la position d'arrêt sur image sur ce point ?
09:45Ben, nous, on est...
09:47Enfin, la position d'arrêt sur image,
09:50elle est assez simple.
09:52On a toujours cru que les journalistes travaillaient mieux
09:56quand ils travaillaient le plus librement possible,
09:58à savoir avec le moins d'actionnaires possible,
10:03avec le moins de pubs possible.
10:05Et en fait, le modèle économique qu'on a, nous,
10:10et qui repose principalement, en fait, sur nos abonnements,
10:14qui est le même modèle économique que celui de Mediapart, par exemple,
10:17est, à notre avis, le plus vertueux,
10:18parce qu'en fait, on dépend uniquement de nos lecteurs.
10:23Ça veut dire que les seules personnes
10:26véritablement en position de faire pression sur notre travail,
10:30c'est les gens qui nous lisent.
10:32Et ce qui, à mon avis, permet aux journalistes
10:35de travailler dans les meilleures conditions possibles.
10:37On n'a pas d'actionnaire qui, d'un coup,
10:39va nous demander de ne pas dire du mal
10:44de telle ou telle entreprise.
10:46On n'a pas d'actionnaire non plus
10:47qui, d'un coup, va vouloir vraiment
10:51qu'on suive une ligne politique précise.
10:54Donc, voilà, notre position, elle est qu'évidemment,
10:59la concentration des médias dans les mains
11:02de quelques milliardaires, en l'occurrence d'un,
11:05Vincent Bolloré, est évidemment une catastrophe
11:08pour le débat public français,
11:10et qu'on l'observe assez nettement depuis quelques années.
11:14Et la position d'arrêt sur image sur ce label ?
11:18Mais, en fait, je pense que lutter politiquement
11:23contre la concentration des médias
11:25dans les mains d'un seul homme,
11:26lutter politiquement pour que les étudiants,
11:30assez tôt dans leur parcours,
11:31dès le collège et le lycée,
11:33aient des vraies formations d'éducation aux médias
11:36qui leur permettent justement
11:37de mieux naviguer sur Internet,
11:40de mieux repérer des sites qui n'informent pas,
11:43mais qui font soit de la désinformation,
11:45soit de la propagande,
11:47soit tout simplement du business,
11:50soit les trois en même temps, ça existe.
11:53En 2017, Le Monde a lancé le service
11:57de fact-checking du monde, les décodeurs.
11:59Ils avaient lancé une initiative qui s'appelle
12:01le Décodex, qui vivait précisément
12:04à labelliser les sites d'information français
12:09avec des codes couleurs.
12:14Et donc, c'était en gros vert pour les sites fiables,
12:17rouge pour les sites non fiables.
12:20Et en fait, l'expérience est intéressante
12:23dans le sens où ça s'est terminé à peu près
12:25en catastrophe industrielle,
12:26dans le sens où le monde a rapidement mis de côté
12:29cet outil qui aujourd'hui n'existe plus.
12:31Mais surtout, en fait, on a pu se rendre compte
12:34à quel point ce n'était pas une bonne idée.
12:37En fait, c'est impossible.
12:38C'est impossible de déterminer selon un code couleur
12:42la fiabilité de tel ou tel site.
12:44Et par ailleurs, je pense que ce n'est pas souhaitable
12:46que des journalistes labellissent le travail
12:49d'autres journalistes.
12:51Ça pose énormément de questions.
12:54Pour moi, les vrais enjeux, c'est par exemple
12:58parce que ça arrive par exemple à tous les sites
13:00de se tromper.
13:02Je veux dire, le monde a réçu l'image.
13:05Enfin, on publie des choses qui sont fausses,
13:09mais la plupart du temps, je l'espère de bonne foi.
13:13Ensuite, on reconnaît nos erreurs et puis on corrige.
13:17Donc, du coup, labelliser indéfiniment comme ça un site
13:20en disant, je pense que ce n'est ni possible ni souhaitable
13:29et qu'il y a d'autres outils pour permettre aux gens
13:33de mieux se repérer, ce qui est un véritable enjeu démocratique.
13:36Ça, il n'y a aucun doute là-dessus.
13:38Mais ça passe, à mon avis, par davantage d'éducation média
13:40pour les jeunes, mais aussi pour les moins jeunes.
13:44Enfin, je veux dire, c'est valable pour les 10-20 ans
13:48comme les plus de 50 ans.
13:50Enfin, c'est valable pour tout le monde, en fait.
13:53Le député de la France insoumise, Manuel Bompard,
13:56a réagi à la proposition d'Emmanuel Macron
13:58sur le plateau de BFM.
13:59On regarde un extrait.
14:01Moi, qu'on fasse en sorte que les règles de déontologie
14:04soient respectées dans les médias,
14:05ça me paraît être une chose très importante.
14:08Qu'on considère qu'un média auquel on aurait donné un label
14:12serait en quelque sorte soustrait désormais
14:15à tout problème lié à la déontologie.
14:17Je ne comprends pas pourquoi on labelliserait un média
14:19et ce média, il deviendrait sans aucun problème.
14:20C'est ce média qui le demande et c'est un cabinet d'expertise
14:22en fonction de plusieurs critères qui l'accordent.
14:24Moi, si vous permettez, je préfère une autre mesure.
14:26Laquelle ?
14:26qui est de mettre en place ce qu'on appelle
14:28un conseil de déontologie dans les médias
14:30qui permet à n'importe quel citoyen,
14:33quand il est témoin d'une pratique médiatique
14:37qui ne correspond pas à la déontologie médiatique,
14:39de pouvoir saisir ce conseil.
14:40Un conseil avec des professionnels de l'information,
14:44avec des journalistes qui seraient dans ce conseil.
14:46Un conseil avec, pourquoi pas, des représentants
14:49des syndicats de journalistes et de la profession.
14:51On pourrait même considérer que dans ce conseil,
14:53il pourrait y avoir des représentants des citoyens,
14:56mais qu'on laisse le gouvernement en dehors de ça.
14:58Alors, qu'est-ce qu'on en pense de la proposition
15:00de Manuel Bompard ?
15:01Oui.
15:02C'est qu'en fait, ça existe déjà, ça.
15:04Il s'appelle le CDJM, c'est un conseil de déontologie
15:07de journalistique et de médiation,
15:09où il y a comme exactement ce qu'il appelle de ses voeux,
15:14des journalistes, des anciens journalistes,
15:18des représentants syndicaux,
15:20et qui se prononcent, il me semble,
15:23qui en fait peuvent être saisis.
15:25par les citoyens,
15:29et qui se prononcent chaque mois,
15:31qui rendent des avis
15:33sur des séquences sur lesquelles ils ont été saisis.
15:36Et voilà, ils n'ont pas de pouvoir de sanction,
15:40mais ils peuvent rendre des avis,
15:42en disant que là, selon eux ou selon elles,
15:46c'est contraire à la déontologie journalistique.
15:50Donc voilà, ce conseil, il existe déjà
15:52depuis 2-3 ans, je crois,
15:55si je ne dis pas de bêtises.
15:57Je peux en regarder.
16:01Depuis 2019.
16:02Et est-ce que c'est un conseil qui a du poids ?
16:06Non, parce qu'il n'a aucun réel pouvoir de sanction,
16:13par exemple,
16:14ou d'avertissement,
16:15enfin,
16:18non, non, il n'a pas de poids.
16:22Mais dans tous les cas,
16:23ce serait, enfin,
16:24c'est compliqué,
16:25parce que là, on parle de,
16:26je ne sais pas,
16:27alors là, je m'aventure sur un chemin
16:28où j'ai peu de certitudes,
16:30mais on n'a pas de,
16:31c'est des entreprises privées dont on parle,
16:34qui embauchent des journalistes,
16:36enfin,
16:36une instance externe
16:38qui serait susceptible
16:39de sanctionner des journalistes
16:40appartenant à une entreprise privée.
16:42Je ne suis pas sûr
16:43que d'un point de vue du droit du travail,
16:45ça soit très, très compatible.
16:48Mais en fait,
16:50il est lu,
16:53les avis qui sont rendus
16:54sont lus,
16:55partagés par les journalistes,
16:56notamment.
16:59Même des médias traditionnels
17:01comme BFM, par exemple ?
17:06Partagés par des journalistes
17:07de médias traditionnels ?
17:08Oui.
17:11Non, enfin,
17:12mais par contre,
17:13ils sont saisis, par exemple,
17:17de séquences diffusées sur BFM.
17:19Je me rappelle d'une séquence
17:20entre Apolline de Malherbe
17:22et Juan Branco
17:24où ils avaient rendu, pareil,
17:25un avis défavorable
17:26suite à une interview
17:27jugée partiale
17:28de l'animatrice.
17:30Est-ce que l'extrême droite
17:31n'a vraiment pas compris
17:33qu'Emmanuel Macron
17:36entendait que ce label
17:37soit mis en place
17:38par des professionnels
17:41et non par l'État ?
17:42Ou est-ce qu'ils ont repris,
17:45enfin, ils ont instrumentalisé
17:46les propos d'Emmanuel Macron
17:48pour attaquer la régulation
17:50de l'information ?
17:55Là non plus,
17:56je ne suis pas dans la tête
17:58de...
17:58Mais je les sais,
17:59effectivement,
18:00capable
18:00de suffisamment
18:02de mauvaise foi
18:04pour éventuellement
18:05entendre
18:06ce qu'ils avaient envie
18:06d'entendre
18:07et mettre en place
18:08ce qu'ils ont envie
18:09de mettre en place,
18:10à savoir
18:14mener le plus de monde possible,
18:16à avoir la conversation
18:17qu'ils souhaitent avoir
18:18sur les questions
18:19de liberté d'expression,
18:21sur les questions...
18:22Voilà.
18:25Ou...
18:28Voilà.
18:29C'est...
18:29Pour le coup,
18:30ça, ils y arrivent bien
18:31et encore une fois,
18:32ils y sont bien arrivés.
18:32Ils ont même réussi
18:33à capter l'attention
18:34de l'Élysée
18:35qui leur a...
18:37Qui...
18:37Voilà.
18:38Mais c'est vrai que
18:38même de ce point de vue-là,
18:40ce n'est pas tout à fait
18:41satisfaisant du tout
18:41parce que...
18:44Présenter Macron
18:44aujourd'hui
18:45en...
18:47En...
18:47En...
18:48En première ligne
18:49des opposants
18:50de...
18:50Des médias Bolloré,
18:52personne n'y croit trop.
18:53C'est juste un peu désespérant
18:55de voir que c'est un sujet
18:57en fait important
18:58dans le débat public
18:59mais qui, une fois de plus,
19:00en fait,
19:01quel que soit le bout
19:02par lequel on le prend
19:03est un peu navrant, quoi,
19:05sur le fond.
19:06Ça veut dire que ce soit
19:07l'instrumentalisation
19:08par les médias Bolloré
19:09de quelque chose
19:11qui leur permet encore une fois
19:13de se victimiser,
19:14de crier à la censure
19:15alors qu'en fait,
19:16il n'a jamais été question.
19:17La preuve,
19:17ils devraient plutôt se réjouir
19:19du fait qu'ils aient encore...
19:21que ces news puissent émettre
19:24alors que, honnêtement,
19:28les standards de journalisme
19:29sur cette chaîne
19:30sont de plus en plus discutables.
19:33Et en fait,
19:33ils arrivent à installer
19:34une autre conversation
19:36qui...
19:36Voilà,
19:37et de l'autre côté,
19:38on a l'Élysée
19:38qui d'un coup
19:39se découvre
19:41opposant de Bolloré
19:42alors que...
19:44que voilà,
19:45le Bolloré,
19:46il a pu aussi
19:49assembler minutieusement
19:50pendant des années
19:51son empire médiatique
19:53parce qu'il le pouvait,
19:55parce que l'État
19:56le permettait,
19:57parce que c'est légal.
19:59Et donc,
20:00voilà,
20:00c'est navrant
20:01parce qu'en fait,
20:01on met de côté
20:02des vrais sujets
20:03qui sont justement
20:06la mainmise
20:07des milliardaires
20:07sur la presse,
20:09l'éducation aux médias,
20:12qu'est-ce que
20:12la liberté d'expression,
20:14qu'est-ce que le journalisme...
20:16Et en fait,
20:17on se retrouve
20:19à parler
20:22un peu selon les termes
20:23de l'extrême droite
20:24et ça,
20:24c'est toujours...
20:26en plus d'être désagréable,
20:29pas souvent très intéressant
20:30sur le fond.
20:32Merci beaucoup.

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