- il y a 9 heures
La journaliste Alix Bouilhaguet avait proféré en plateau plusieurs fausses et graves informations sur le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani. Reprise par Manuel Bompard en direct, elle vient d’être désavouée, mollement, par la direction des deux médias publics. La CGT demande des excuses pour les auditeurs. Décryptage avec Clara Martinot et Caroline Constant, journalistes à l'Humanité.
0:00 Manuel Bompard sur Franceinfo
3:04 La réponse de FranceTV et France Inter
7:15 Les problèmes du 20h de France 2
16:34 Le manque de pluralisme
20:00 La relation de l'audiovisuel public avec l'extrême droite
29:15 Comment changer les choses ?
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00:00Comment l'extrême droite attaque l'audiovisuel public et comment ce dernier répond-il ?
00:05On va tenter de répondre à la question avec Caroline Constant, chef de la rubrique Média à l'Humanité.
00:10Bonjour Caroline.
00:11Bonjour Clara.
00:12On va revenir sur une séquence qui a fait parler ces derniers jours.
00:16Manuel Bompard était interrogé sur l'élection de Zoran Mamadani à la mairie de New York
00:20dans l'émission Questions politiques, diffusée sur France Info et France Inter.
00:25On va regarder tout de suite l'extrait.
00:30Il est ouvertement polystinien et il a repris en son temps un slogan,
00:35le slogan mondialiser l'intifada, en clair, faire la guerre aux juifs partout dans le monde.
00:40Et quand on lui demande de condamner le 7 octobre, et bien souvent il botte en touche,
00:44il répète que le problème c'est l'occupation d'Israël. Est-ce que ça, ça ne vous choque pas
00:48?
00:48Il y a trois fausses informations dans ce que vous venez de dire.
00:50D'abord le fait que ça voudrait dire faire la guerre aux juifs partout dans le monde.
00:54Comment vous traduisez ça ? Mondialiser l'intifada, je veux bien votre définition.
00:57Il a corrigé vos trois contre-informations avant de répondre à votre question.
01:00Deuxièmement, il n'a pas utilisé ce slogan.
01:03Ça c'est une deuxième contre-information.
01:05Si, si, il l'a utilisé, il l'a repris à son compte.
01:07Pas récemment, je vous l'accorde.
01:08Il ne l'a pas utilisé.
01:09On lui a posé la question de savoir si ça le choquait que des jeunes personnes l'utilisaient.
01:13Il a dit je ne suis pas là pour faire la police des mots.
01:15Et vous traduisez ça par le fait que lui a utilisé ce slogan.
01:17Il l'a repris à son compte il y a quelques temps.
01:21Pardon madame de vous le dire, mais je crois que vous êtes ici pour informer les gens et pas les
01:23désinformer.
01:24Et là, en l'occurrence, par votre question, vous les désinformez.
01:27Donc personnellement, je n'ai pas non plus utilisé ce slogan.
01:29Par contre, je salue l'engagement de Zoran Mamdani contre le génocide en cours à Gaza.
01:34Et je dis d'ailleurs que ça lui a valu à peu près les mêmes procès
01:38que ceux que subit la France Insoumise depuis des mois et des mois,
01:43de manière particulièrement infecte et particulièrement inacceptable.
01:47Donc, Zoran Mamdani, il a évidemment condamné le 7 octobre.
01:52Madame, s'il vous plaît, franchement, donnez des informations qui sont exactes.
01:55Parce que sinon, vraiment, après vous déformez les choses.
01:56Alors, une information exacte. Il lève des fonds pour l'UNRA.
01:59C'est une agence onusienne qui est accusée de collusion avec le Hamas.
02:01Madame, l'UNRA, vous parlez d'une agence de l'ONU.
02:05Il y a eu une enquête qui a été faite sur ce sujet, sur cette soi-disant collusion avec le
02:09Hamas.
02:09Quelles ont été les conclusions de cette enquête, madame ?
02:12C'est qu'il n'y avait aucune collusion avec le Hamas.
02:14Donc, s'il vous plaît, et c'était une enquête qui était une enquête indépendante et internationale.
02:19Mais, franchement, vous vous rendez compte de la question que vous êtes en train de me poser ?
02:21L'UNRA, c'est une agence humanitaire qui ouvre des écoles pour les enfants palestiniens.
02:25Et vous êtes en train de reprocher à Zoran Mamdani de financer l'UNRA.
02:28Vous savez que la France finance l'UNRA.
02:29Et vous savez que, heureusement que la France finance l'UNRA.
02:31Et qu'aujourd'hui, Donald Trump ne veut plus financer l'UNRA.
02:34Mais, franchement, je crois que vous êtes vraiment trompé dans votre question.
02:36Manuel Bompard.
02:37Donc, voilà pour l'extrait.
02:41Sur X, ensuite, France Télévisions et France Inter sont revenus sur les propos de leur journaliste Alix Bouillag et les
02:48corrigent.
02:49Les médias expliquent que Zoran Mamdani n'a jamais repris le slogan mondialisé l'intifada.
02:54Le 7 octobre, il a dénoncé des crimes de guerre horribles.
02:58Et l'UNRA est accusé de lien avec le Hamas par Israël et les Etats-Unis.
03:05Donc, Caroline, qu'est-ce que la réponse de France Télévisions et de France Inter dit de l'audiovisuel public
03:11?
03:12Ça dit surtout que l'audiovisuel public est emmerdé.
03:15Si tu me pardonnes cette expression un peu triviale.
03:21Parce que, pour le coup, la journaliste est vraiment fautive.
03:24En fait, ce qu'elle a fait, c'est des erreurs factuelles.
03:27Donc, ça relève de sa responsabilité de journaliste, d'informations qu'elle n'a pas croisées, pas vérifiées,
03:33ou elle les a visiblement prises à la source de l'armée israélienne et pas à plus, en fait, sans
03:39regarder du tout ce qu'il y avait autour.
03:42Enfin, c'est quand même un problème.
03:43Tu parles du maire de New York.
03:45On a ce problème de biais depuis longtemps.
03:49D'ailleurs, avant même le 7 octobre, c'est-à-dire qu'on se fasse accuser d'antisémitisme quand on
03:54dit qu'on est pro-palestinien.
03:56C'est quelque chose qui est longtemps.
03:57Mais là, quand même, qu'on arrive à donner trois informations fausses dans la même question,
04:04on vient de revoir l'extrait, je le trouve gênant, en fait.
04:08Enfin, je rigole, mais je suis affreusement gênée pour cette consoeur.
04:15Ce n'est pas sérieux, en fait.
04:16Donc, leur réponse, elle est comme ils savent le faire, comme ils savent très bien démonter les fausses informations.
04:26Ils font ça.
04:27C'est un peu service minimum aussi, quoi.
04:29C'est un petit communiqué sur X.
04:36Ce n'est pas suffisant.
04:37Quand même, pour moi, il y a une faute professionnelle, en vérité.
04:41Tu ne peux pas accuser les gens comme ça, d'être des complices de terroristes de cette façon-là.
04:49Sans un moment donné, ça te retombe dessus.
04:52Enfin, ce n'est pas possible.
04:53On est journaliste avant tout, quoi.
04:57Donc, oui, je trouve que c'est service minimum.
05:01Pour moi, ils ont vraiment fait le service minimum.
05:03Ce que ça dit de l'audiovisuel public,
05:07je ne suis pas sûre que cette séquence en tant que telle dise grand-chose de l'audiovisuel public.
05:12C'est-à-dire que l'audiovisuel public est quand même reconnu pour le sérieux de ces journalistes, de ces
05:18enquêtes.
05:19Je rappelle qu'autant sur France Télévisions qu'à Radio France,
05:25il y a des services d'investigation qui sont extrêmement pointus,
05:29qui sortent de très grandes enquêtes.
05:32Enfin, je pense à cash, je pense à compléments d'enquêtes,
05:35mais je pense aussi aux journaux.
05:37Je pense aussi à cette magnifique séquence de reportages qu'a France Inter le dimanche matin, Interception.
05:50Voilà, j'étais en train de chercher son nom, mais j'avais ça au bout de la langue.
05:52Et voilà, le sérieux des équipes de Radio France et de France Télévisions n'est pas à démontrer.
06:06Pour moi, ça, c'est quelque chose qui est de l'ordre de la faute personnelle.
06:11Après, ce qu'on peut aussi regretter, c'est que ces biais idéologiques,
06:15on les retrouve malheureusement de plus en plus souvent dans des émissions comme celle-ci,
06:22comme questions politiques, qui n'est pas...
06:24Les gens qui interviewent ne sont pas...
06:26D'ailleurs, il y a eu un deuxième incident dans cette émission avec Alexandra Ben Saïd,
06:32quelques minutes après celui-ci.
06:35Moins grave, et sur des questions économiques, mais quand même grave, en vérité.
06:40La deuxième chose, c'est qu'on a à la fois ces biais et en même temps,
06:49dans beaucoup de magazines, on se retrouve avec des gens qui, effectivement,
06:54ont une lecture de la société qui est loin d'être neutre
06:59et qui va un peu dans le sens, malheureusement, d'une petite musique qu'on entend dans la société
07:07et qui est un petit peu puante, on peut dire les choses comme elles sont.
07:10Ça fait deux gros mots en une réponse, c'est quand même assez...
07:12Voilà, désolé.
07:14Pas de souci.
07:15Autre exemple, mi-octobre, la CGT de France Télévisions a alerté
07:19sur le navire amiral du 20h qui est en train de couler.
07:23Dans le communiqué, le syndicat dénonce notamment le manque de diversité,
07:26la récurrence de sujets sur des thématiques autour de faits divers,
07:30de la consommation et du people, ainsi que l'unicité des approches et de la pensée.
07:37Est-ce que l'audiovisuel public, en traitant ces sujets,
07:41rentre dans le jeu de l'extrême droite ?
07:43Alors, moi, je pense qu'il y a une volonté de faire de l'audience et du buzz, en fait.
07:50Ça, c'est indéniable.
07:54Je rappelle quand même qu'Anne-Sophie Lapix, elle a été éjectée du journal de France 2,
08:02a-t-on dit à l'époque, enfin la CGT en l'occurrence, elle le disait à l'époque,
08:06parce qu'il lui avait été reproché de poser des questions trop brutales à certains politiques.
08:14Bon, son journal se tenait, et en même temps, cette dérive des journaux télévisés,
08:19d'ailleurs sur France Télé, mais ailleurs aussi, n'est pas nouvelle.
08:25Je veux dire, entre effectivement le règne du fait divers,
08:29les manifestations qui sont toujours vues sous l'angle du sécuritaire,
08:33avant d'être vues sur l'angle des revendications,
08:35ou sous l'angle des violences des manifestants,
08:39et jamais sous l'angle des violences policières, par exemple,
08:41quand même, qui ont rythmé les manifestations, c'est un même temps.
08:44C'est quand même un petit souci en soi,
08:51que la CGT dénonce là avec Léa Salamé,
08:55mais qui, encore une fois, c'est une dérive, en fait.
08:57Ça n'est pas arrivé avec Léa Salamé, disons qu'elle met ça très haut,
09:03et que, du coup, ça rend parfois ce journal un peu insupportable.
09:13La consommation, le people, le fait divers,
09:17l'unité des approches et de la pensée,
09:19moi, c'est l'astuce, surtout, que je vois le problème,
09:22d'ailleurs sur le journal de France 2,
09:25mais dans beaucoup d'émissions de débats aussi,
09:28parce que, théoriquement, le service public
09:33est quand même censé faire preuve de pluralisme.
09:37En matière d'économie, sur le pluralisme,
09:39bon, écoutez, comment dire...
09:43Non, il n'y en a pas du tout, en vérité.
09:46Ils se donnent bonne conscience en invitant Piketty,
09:51Zuckman ou Zemmour une fois de temps en temps,
09:53mais ce n'est pas non plus dans les journalistes économiques qui sont là.
10:02C'est pour donner, pour justifier, en fait, beaucoup
10:05ce qui est en train de se faire au niveau de l'État
10:09et de nos budgets.
10:11Donc, voilà, là, ce n'est quand même pas très, très formidable,
10:16voilà, pour parler français.
10:18Et comment on explique cette dérive de plus en plus de traitements,
10:23qu'on traite de plus en plus de faits divers, de people,
10:27et que les approches et la pensée restent...
10:30Encore une fois, moi, je pense que ce n'est pas...
10:34On en traite de plus en plus parce qu'on sait que c'est concernant, en fait.
10:37Donc, le fait divers est quelque chose de concernant.
10:40Moi, je ne prends pas...
10:41Enfin, on a fait un dossier dans l'Humanité Magazine,
10:44la rubrique Média de l'Huma, on a fait un dossier l'été dernier
10:49dans l'Humanité Magazine.
10:51Le fait divers, il est concernant parce que ça nous parle de nous, en fait.
10:57Et qu'on se retrouve en empathie, en fait,
11:00avec des gens qui ont été victimes de choses atroces
11:03ou dont les enfants ont été victimes de choses atroces.
11:07On peut se retrouver en empathie avec un féminicide,
11:10avec un enfant qui a été tué.
11:13Enfin, je pense à la petite Lola, dont il y a eu le procès
11:15il n'y a pas très longtemps, tout ça, etc.
11:16Et dont l'extrême droite avait fait beaucoup de...
11:19Voilà, donc moi, je n'ai pas de problème à ce qu'on commence
11:22un JT par un fait divers.
11:24La question, c'est quand on le fait tous les jours, c'est problématique.
11:32Après, on sait que ça concerne les gens.
11:34Donc, l'idée, c'est quand même, à un moment donné, de faire du buzz.
11:37Il y a une espèce de concurrence avec TF1 aussi.
11:39Il se tire la bourre quand même, en permanence, les deux jours d'eau télévisée.
11:45C'est clairement...
11:49Les questions de faits divers intéressent plus
11:53que les questions de politique internationale.
11:56C'est une réalité.
11:57Donc, je pense qu'en fait, il tire le...
12:00Mais en fait, en même temps, en suivant ce fil-là,
12:04et en suivant un fil aussi qui est idéologique,
12:06puisque c'est ce que tu disais,
12:08mais la façon dont ils suivent les manifestations,
12:13la façon dont ils suivent un certain nombre de sujets politiques,
12:18je pense que le problème est davantage là.
12:22Il y a aussi des choses qui sont complètement...
12:24Enfin, moi, je trouve un petit peu...
12:25Enfin, si je puis me permettre, mais à mon échelle,
12:29on a une petite pastille après le JT de France 2 maintenant
12:32pour parler climat, et je trouve ça très, très bien.
12:35Mais par contre, tous les JT de France 2
12:38finissent par des voyages à l'autre bout du monde,
12:40dans des endroits très instagrammables,
12:42au moment où on dit d'ailleurs que tout ça participe à un surtourisme.
12:47Moi, je ne comprends pas, en fait,
12:48comment on peut encore faire ce type de reportage en 2025.
12:51Par exemple, je me pose la question,
12:53à titre personnel, en vérité,
12:55est-ce que ce n'est pas complètement contre-productif ?
12:57Je comprends qu'on fasse un sujet magazine.
12:59Est-ce que la façon de le faire là,
13:02elle n'est pas, à un moment donné,
13:06complètement en contradiction
13:08avec ce qu'on peut dire sur le climat dans le journal
13:12ou après le journal, par exemple ?
13:14Donc voilà, je suis avec des émissions
13:16comme sur le Front, sur France 5,
13:18qui s'intéressent aux questions de changement climatique
13:21et de ce qui les provoque.
13:22Donc oui, ce JT est un désastre,
13:26on ne va pas se mentir.
13:28Donc la CGT a très bien mis le poids dessus.
13:32Et en même temps, est-ce que c'est juste le JT de Léa Salamé ?
13:35Là, ce qui est intéressant aussi,
13:37c'est qu'il n'y a pas que Léa Salamé dans ce JT.
13:41Ce qui est intéressant, c'est que la CGT, par exemple,
13:43donc avec des gens qui font aussi ce journal,
13:46elle proteste contre ça.
13:47Comme hier, les salariés de France Inter,
13:54on aura sans doute l'occasion d'en reparler,
13:56ont envoyé une lettre à Adèle Van Riet,
13:58la directrice de France Inter,
14:00et à Sibylle Veil, la PDGR de Radio France,
14:05pour leur faire part de leur insatisfaction
14:08sur la façon dont tourne l'antenne de France Inter.
14:14Je veux dire, il y a ce qu'on voit, en fait, à l'antenne,
14:18le petit buzz que fait cette séquence pathétique
14:22avec Manuel Bompard.
14:24Moi, je vais juste dire ça, j'ai vraiment...
14:26Voilà, c'est juste une séquence pathétique.
14:29Et puis, il y a le travail de fond
14:31que font ces journalistes au quotidien.
14:34Et encore une fois, l'audiovisuel public,
14:36c'est un peu notre...
14:37Moi, je ne suis pas comme Emmanuel Macron,
14:41je ne dis pas que l'audiovisuel public,
14:43c'est la honte de la République,
14:44bien au contraire.
14:45Moi, je dis que c'est son honneur
14:46et que dans la plupart des émissions
14:50ou des sujets qu'ils font,
14:52les journalistes sont des journalistes très sérieux,
14:54qui démontent les fake news
14:55et qui font leur travail de journaliste.
14:57Après, qu'il y ait des biais idéologiques sur les JT,
15:02oui, oui, oui, ça, on le voit,
15:04ce n'est pas nouveau.
15:06C'est quelle idéologie ?
15:08Là, c'est très macroniste, quand même.
15:12Je veux dire, Nathalie Saint-Cricq,
15:14je ne vais pas...
15:15Enfin, voilà, quand j'entends ses analyses
15:18ou quand je vois la façon dont elle défend quasiment
15:22le programme de Macron
15:26depuis le début de son œuvre
15:29comme président de la République,
15:32j'ai assez peu de doute.
15:33Enfin, voilà, quoi.
15:34En tout cas, à l'antenne,
15:36ça apparaît quand même parfois
15:38comme quelque chose
15:42qui défend la politique en place.
15:46La façon dont l'Arcom nomme les...
15:51Enfin, la façon dont l'Arcom est nommée aujourd'hui,
15:53donc la direction de l'Arcom est nommée aujourd'hui,
15:56directement par le pouvoir en place,
15:58fait que, évidemment,
16:00derrière les responsables des chaînes
16:03et des stations,
16:06leur nomination est effectivement aussi très politique
16:08et va dans le sens du pouvoir en place.
16:10Tu vois, en fait, c'est aussi le problème.
16:12Et donc, évidemment,
16:12on se retrouve avec des gens
16:14qui sont un peu aux ordres.
16:16Enfin, moi, c'est un peu comme ça
16:17que je le vois.
16:19Ça ne m'empêche pas...
16:21Ça ne m'empêche pas d'écouter un journal
16:26sur France 2.
16:27Mais il y a quand même des fois
16:28où c'est très sensible,
16:29et notamment quand on passe
16:30au sujet politique et sociaux.
16:33Donc, voilà.
16:34Et concernant cette pluralité,
16:37le pluralisme à l'intérieur des rédactions,
16:41est-ce qu'il y a aussi une volonté
16:44de l'audiovisuel public
16:45de rentrer dans le jeu
16:47de, par exemple, CNews, Europe 1 ?
16:51Non, moi, je ne crois pas du tout, en fait.
16:53Je pense que c'est...
16:58Je pense qu'en fait,
16:59quand une séquence comme celle
17:00qu'on a vue, là, en fait, est sortie,
17:02oui, effectivement,
17:03ça ressemble à une espèce de coup de buzz
17:06comme CNews
17:09ou Europe 1, en fait, quoi.
17:11Voilà, des gens qui racontent
17:13n'importe quoi,
17:15et des toutologues
17:16qui savent tout sur tout,
17:18et visiblement qui ne savent pas
17:19des choses essentielles
17:21sur quelques sujets
17:23dans l'actualité.
17:25Mais pour moi,
17:28le travail de fond,
17:30ne serait-ce que parce que
17:32CNews et Europe 1,
17:34majoritairement, ce qu'ils font,
17:35c'est un travail de plateau
17:36avec des toutologues, en fait,
17:37avec des gens,
17:38des éditorialistes
17:39qui savent tout sur tout.
17:41Le travail de fond
17:42que réalise l'audiovisuel public,
17:44c'est un travail de terrain,
17:46c'est un travail de reportage
17:47qui est remis en cause aussi
17:48parce que ce qu'on n'a pas dit
17:49depuis tout à l'heure,
17:50c'est que
17:52un des ennemis
17:55de l'audiovisuel aujourd'hui,
17:58c'est aussi le pouvoir en place.
18:00C'est-à-dire qu'à la fois,
18:02eux, ils sont vachement obéissants,
18:04en fait, ils remplissent les cases
18:05qu'on leur demande de remplir,
18:09ils défendent le bout de gras
18:11de Macron,
18:13mais en face,
18:14les budgets de l'audiovisuel public
18:16sont en constante baisse
18:17depuis 2017 et même avant.
18:20La redevance a été supprimée
18:21et c'était quand même
18:22quelque chose
18:23qui permettait
18:24de façon indépendante
18:28et pérenne
18:29d'assurer le financement
18:30de l'audiovisuel public.
18:33Et aujourd'hui,
18:35entre la volonté
18:36de faire une holding
18:38de Rachida Dati,
18:41dont on sait qu'en plus,
18:42ça va coûter des millions,
18:44des dizaines de millions d'euros,
18:45parce qu'il va falloir remettre,
18:48il va falloir unifier,
18:49magnifier, en fait,
18:50tous les statuts de tout le monde
18:52et on sait que ça va coûter
18:54des dizaines de millions d'euros.
18:55Entre les coupes claires
18:58qui sont faites
18:59dans les budgets
19:01de l'audiovisuel public,
19:02le reportage et l'investigation,
19:04ça fait partie des choses
19:05qui vont trinquer, évidemment.
19:07Or, la différence essentielle pour moi,
19:10c'est que justement,
19:11ce travail d'investigation
19:13est le terrain.
19:14Par exemple,
19:14tu me parlais du JT de France 2.
19:17Moi, encore une fois,
19:17ce n'est pas ma cam,
19:18mais je ne vais pas aller dire le contraire,
19:20mais tous les soirs,
19:21ils font une enquête
19:22sur un sujet,
19:22quand même,
19:23dans le JT de France 2.
19:25Tous les soirs, en fait.
19:26Ça, tu ne verras pas ça
19:27sur CNews, tu vois.
19:28C'est aussi ce qui fait
19:29la différence, pour moi,
19:30entre l'audiovisuel public
19:32et CNews.
19:33Que Léa Salamé,
19:34elle aime faire le buzz,
19:36c'est une chose,
19:37et on l'a entendu
19:39à France Inter,
19:40on la voit dans quelle époque
19:41sur France 2.
19:44elle incarne le JT,
19:47mais elle n'est pas le JT
19:48à elle toute seule.
19:49Il y a aussi derrière
19:50des journalistes
19:51qui sont engagés
19:51pour un service public
19:53et pour un service public
19:54de qualité
19:54et qui se battent
19:55à l'intérieur de leur entreprise
19:56pour pouvoir continuer
19:58à travailler
19:59dans des conditions dignes.
20:00Quelle est la relation
20:01de l'audiovisuel public
20:03avec l'extrême droite ?
20:05Je pense que l'audiovisuel public
20:09se passerait bien
20:10de beaucoup de relations
20:11avec l'extrême droite,
20:13ne serait-ce que parce que
20:13l'extrême droite
20:14veut la mort de l'audiovisuel public
20:15et qu'elle ne s'en cache pas,
20:17qu'elle le dit depuis des années,
20:19que c'est dit à l'Assemblée,
20:20mais que c'est dit
20:21dans les journaux
20:23d'extrême droite,
20:23qu'il ne se passe pas
20:25une semaine
20:26sans que CNews,
20:28Europe 1,
20:29le JDD,
20:31jettent la lalie
20:32sur une personnalité
20:34de l'audiovisuel public.
20:37Alors, un coup,
20:38ça va être Guillaume Meurice,
20:40il leur a servi vraiment
20:41de tête de Turc
20:41pendant longtemps.
20:42Un coup, ça va être
20:43Thomas Legrand,
20:43comme ça l'a été à la rentrée.
20:45Un coup, ça va être
20:46Vincent Bellet,
20:49le directeur
20:51des programmes
20:52de Radio France.
20:53Un coup, ça va être
20:54Delphine Ernotte,
20:56la PDGR de France Télé.
20:57Mais en tout cas,
20:57ils sont tout le temps
20:58en train de demander
20:59la tête de quelqu'un.
21:01Et avec ça,
21:03ils ne se contentent pas
21:04de ça, en fait.
21:07Par exemple,
21:08je crois que c'était
21:09en 2022,
21:11pendant trois mois,
21:12il y a eu des raids
21:13d'une violence terrible
21:14contre Radio France,
21:16avec des milliers
21:18de tweets
21:18qui étaient balancés
21:21sur un sujet
21:22x, y, z
21:24et qui les mettaient
21:27dans des situations
21:29complètement schizophréniques.
21:31Parce que du coup,
21:32comment tu réponds à ça ?
21:33Comment tu réponds
21:34quand tu as
21:35cette espèce
21:35de harcèlement en ligne
21:36continu, en vérité ?
21:38C'est très compliqué.
21:39Et puis,
21:40il y a le fait
21:41que les médias
21:41Bolloré, en fait,
21:43sont donc très organisés.
21:45Et donc,
21:46quand Pascal Praud,
21:47au hasard,
21:49balance quelque chose,
21:50c'est repris
21:50par Europe 1,
21:52c'est repris
21:52par Frontière,
21:53c'est repris
21:54par l'incorrect,
21:54c'est repris
21:55par tous ces gens-là
21:56qui créent un climat
21:58et une cristallisation
21:59auprès de choses
21:59qui, franchement,
22:00des fois,
22:01sont montées
22:01toutes pièces comme l'affaire
22:02Thomas Legrand,
22:03Patrick Cohen
22:03au mois de septembre
22:05ou comme l'affaire
22:07avec Guillaume Meurice.
22:08C'est eux
22:09qui ont eu la peau
22:09de Guillaume Meurice,
22:10au final,
22:11sur le service public
22:12et donc,
22:13de la bande à Charline
22:14et donc,
22:14de l'humour politique
22:15sur France Inter.
22:16En vérité,
22:17c'est eux.
22:17C'est eux,
22:18parce qu'à chaque fois,
22:19c'est,
22:19on ne peut pas dire
22:20les choses comme ça,
22:21on ne peut pas faire
22:21comme ça,
22:22ces gens sont la honte.
22:23mais en vérité,
22:25à quel moment
22:26on obéit
22:26à des gens
22:27qui veulent votre mort,
22:28en fait ?
22:29Voilà,
22:29moi,
22:30je n'ai jamais compris
22:31comment Guillaume Meurice
22:33avait pu être suspendu
22:35d'antenne,
22:36comment on a pu arrêter
22:37une émission
22:37comme l'émission
22:38de Charline.
22:39Je n'arrive pas
22:40à comprendre non plus
22:41comment,
22:42d'ailleurs,
22:42c'est ce que dénoncent
22:46les salariés
22:47de France Inter
22:48dans la lettre
22:49qu'ils ont écrite
22:50à Sybille Vell
22:51et à Edel Van Riet,
22:52comment ils ont pu
22:53ne pas soutenir
22:56Thomas Legrand
22:56alors qu'en fait,
22:57c'était une vidéo
22:58qui était truquée
23:00et tronquée,
23:00c'est-à-dire le truc
23:01qui a été monté,
23:02remonté dans tous les sens.
23:03Enfin,
23:03c'est hallucinant.
23:04En fait,
23:05on le suspend
23:05d'antenne,
23:06mais pour qui,
23:07pourquoi ?
23:07Pour donner des gages
23:08à qui,
23:08en fait ?
23:09Plutôt que de le soutenir.
23:11Et là,
23:12d'ailleurs,
23:12il demande que,
23:14comme il a porté plainte,
23:15les salariés
23:16de France Inter
23:18qui ont fait cette lettre
23:18hier,
23:19demandent qu'au moins
23:20juridiquement,
23:21ils soient soutenus
23:21par la direction
23:23de Radio France,
23:24ce qui me paraît
23:25quand même à la base.
23:27Et donc,
23:28oui,
23:28tu as un truc
23:29très organisé,
23:31systématique,
23:32contre le service public
23:34et à côté de ça,
23:36c'est pas...
23:39Enfin,
23:41tu as sur les plateaux
23:42de l'audiovisuel public
23:43un intervalle régulier
23:45des gens qui viennent.
23:47Alors,
23:48il s'avère que,
23:49évidemment,
23:49ça peut être
23:50des invités politiques.
23:51il s'avère aussi
23:52des fois que c'est
23:52des journalistes
23:53et là,
23:53c'est là où là,
23:54moi,
23:54je comprends moins,
23:55par exemple,
23:56comment tu peux te retrouver
23:57avec quelqu'un du GDD
23:58dont on sait
23:59que ça appartient
23:59à Bolloré
24:00ou de titres similaires
24:03comme frontières
24:04ou n'importe quoi,
24:06qui viennent poser
24:07des questions.
24:09C'est-à-dire qu'en vérité,
24:10le pluralisme,
24:11il est visiblement
24:13hélaxtique
24:13sur l'extrême droite,
24:15mais pas du tout
24:16sur la gauche,
24:17quoi.
24:17Tu vois,
24:17en fait,
24:19les journalistes,
24:20même de Libé,
24:21on n'a pas tant que ça
24:22dans les trucs,
24:23beaucoup moins qu'à une époque,
24:24en tout cas,
24:24et les journalistes de Luma aussi,
24:26pourquoi pas,
24:27tu vois,
24:27les journalistes de Blast,
24:28en fait,
24:28je pense qu'ils auraient
24:28des tas de choses à dire
24:29et qui contribueraient
24:31à un rééquilibrage,
24:32en fait,
24:32politique
24:32dans leurs interrogations,
24:35en tout cas,
24:36sur les antennes.
24:39Bref,
24:39en tout cas,
24:42l'extrême droite,
24:43l'extrême droite
24:44n'est pas,
24:47elle attaque
24:48l'audiovisuel public
24:49et parfois,
24:50moi,
24:50j'ai le sentiment
24:51que l'audiovisuel public
24:52ne sait pas comment
24:53contre-attaquer
24:54sur l'extrême droite
24:55et que donc,
24:56du coup,
24:56on fait des choses
24:57très maladroites
24:58comme de décapiter
25:00les têtes
25:00que l'audiovisuel,
25:02que l'extrême droite
25:03a demandé
25:03parce que,
25:04ben voilà,
25:04on croit régler le problème
25:05alors qu'en fait,
25:06non,
25:06on leur donne un gage
25:07et la fois suivante,
25:08ils vont demander plus,
25:10en fait,
25:10quoi,
25:10jusqu'à avoir votre peau,
25:11les cocos,
25:12quoi,
25:12en fait,
25:12vraiment,
25:13enfin,
25:13il faut en avoir conscience
25:14à un moment donné,
25:15quoi,
25:17que l'extrême droite
25:18est pour le coup
25:19très organisée
25:20et qu'en face,
25:20moi,
25:20j'ai le sentiment
25:25que l'audiovisuel public
25:26qui est puissant en France,
25:28c'est vraiment
25:29la force médiatique
25:32la plus puissante,
25:32en fait,
25:33contrairement,
25:34j'ai le sentiment
25:35que des fois,
25:36elle s'appuie sur cette force
25:37en pensant
25:37qu'elle est,
25:38entre guillemets,
25:40intouchable,
25:40puisque forte
25:41de ses auditeurs
25:41et de ses spectateurs
25:44et moi,
25:45je regarde ça,
25:48je vois comment
25:48les choses,
25:49elles tournent,
25:50je vois comment
25:50les attaques,
25:51elles sont systématiques
25:52et je vois comment,
25:54à un moment donné,
25:55Delphine Arnotte
25:55et Sibyl Veil,
25:56elles sont obligées
25:57de redire,
25:58non, mais attendez,
25:59c'est notre bien commun,
26:00tout ça, etc.
26:02Quand Éric Ciotti demande
26:03une commission parlementaire
26:04pour voir si déontologiquement,
26:09Radio France fait,
26:11l'audiovisuel public
26:12fait correctement son travail,
26:14pourquoi pas,
26:15enfin,
26:15sauf que c'est demandé
26:15par Éric Ciotti,
26:16donc on sait bien
26:17comment ça va tourner
26:19et moi,
26:22j'entends que,
26:23comme nous l'avait dit
26:25Vincent Mellet
26:25quand on était allé
26:26le voir au moment
26:27où on a fait cette enquête
26:28dans la chaîne
26:29il y a 15 jours,
26:32qu'ils y vont
26:36avec l'assurance
26:40mais aussi la conviction
26:42que ce qu'ils font
26:42est fort et bien
26:44et correspond au cahier
26:45des charges,
26:46mais en face,
26:47ils ont des gens
26:47qui ne veulent pas
26:48discuter de ça en face.
26:49C'est ça le truc,
26:50c'est qu'en face,
26:51eux, le cahier des charges
26:52de l'audiovisuel public,
26:54ils aimeraient l'éclater
26:55en mille morceaux.
26:56Donc, c'est là où,
26:57en fait,
26:57on est sur deux choses
26:59différentes et c'est,
27:00pour moi,
27:00là, il y a un hiatus,
27:02en fait,
27:02dans la réponse
27:03que l'audiovisuel public,
27:04elle apporte
27:06à l'extrême droite.
27:07Il y a aussi un truc,
27:08c'est qu'il y a des choses,
27:10moi, par exemple,
27:10un truc qui m'avait hyper choquée
27:12l'année dernière
27:13au moment où,
27:16donc,
27:16il y a eu les législatives.
27:18Donc,
27:19l'humanité,
27:20Mediapart,
27:21ont fait un front commun
27:22contre l'extrême droite.
27:24Donc,
27:24tu te rappelles
27:25de ces soirées
27:26Place de la République.
27:27Et puis,
27:28il y avait un appel aussi
27:28à combattre l'extrême droite,
27:30en fait.
27:30Et il y a la SDJ
27:32de France 3,
27:32qui est une toute petite SDJ,
27:33une société des journalistes
27:35qui a signé cet appel.
27:37Et trois de ses membres,
27:39en fait,
27:39de ses dirigeants
27:40ont été interdits d'antenne
27:41tout le temps
27:42de la durée des législatives
27:44pour avoir signé
27:45une tribune
27:46disant
27:46attention à l'extrême droite.
27:48Moi,
27:48je suis désolée,
27:49mais il faut faire
27:50un petit peu d'histoire,
27:51quoi.
27:52Enfin,
27:52je veux dire,
27:53à ce niveau-là,
27:54penser que
27:56l'extrême droite
27:57est neutre dans ce pays
27:58et qu'elle est
27:58comme n'importe quelle partie,
28:00c'est où se voilait la face,
28:03ce qui est déjà grave,
28:05ou un manque de culture.
28:07Et c'est encore plus grave.
28:08Il faut travailler
28:08les garçons,
28:09les filles,
28:09en fait,
28:09vraiment.
28:10Enfin,
28:10voilà,
28:10il faut voir
28:11de qui ces gens
28:12sont les héritiers.
28:13En vérité,
28:14on n'a pas tellement
28:15envie d'essayer ça.
28:16Il y a des pays
28:16comme la Belgique,
28:19enfin,
28:19il y a un pays,
28:19la Belgique,
28:20où l'extrême droite
28:21n'intervient pas en direct
28:23comme on le fait en France.
28:24Ça permet aussi
28:25de limiter les dégâts
28:26sur les saloperies
28:27qui peuvent être sorties
28:28au micro,
28:28en vérité.
28:29Et je pense que c'est
28:31quelque chose
28:31de très important.
28:33Donc voilà,
28:33les attaques,
28:34elles sont multiples.
28:37Et encore une fois,
28:39avec cet exemple,
28:40moi,
28:40je pense que
28:43j'ai le sentiment
28:44que la réponse
28:46de l'audiovisuel public
28:47est une réponse
28:48qui se fait
28:48dans l'affolement
28:49et pas une réponse
28:50qui se fait
28:52en étant
28:55un peu plus assurée
28:56de sa mission
28:58en se disant
28:59voilà,
28:59a priori,
29:02l'audiovisuel public
29:03c'est l'affaire
29:05de tout.
29:05Ce n'est pas seulement
29:06des auditeurs
29:06de CNews,
29:07des téléspectateurs
29:08de CNews
29:09et des auditeurs
29:09d'Europe 1.
29:10Donc voilà,
29:11qui ne sont pas
29:12sur France Inter,
29:12ils sont sur Europe 1.
29:15Et du coup,
29:16comment l'audiovisuel public,
29:18tu en as un peu parlé
29:19des solutions,
29:20mais pourrait arriver
29:21à plus d'équilibre
29:22dans le traitement médiatique
29:23de la politique
29:24et du social
29:25en France ?
29:27Déjà,
29:27en élargissant
29:28la palette
29:29de leurs editorialistes,
29:30enfin,
29:31clairement,
29:31je veux dire,
29:32quand la gauche,
29:32elle commence à Glucksmann,
29:34forcément,
29:35ça laisse beaucoup,
29:35beaucoup de gens.
29:36Ça laisse quand même
29:37tout un port.
29:37Quand tu penses
29:38que LFI est terroriste,
29:41je veux dire,
29:41tu te prives quand même
29:46d'un énorme morceau
29:49de l'arc républicain.
29:50Tu vois,
29:51c'est impossible
29:51de fonctionner comme ça
29:53en 2025.
29:55Donc déjà,
29:55ça veut dire
29:56à un moment donné,
29:58rééquilibrer
29:58les éditorialistes
29:59et rééquilibrer aussi
30:05les règles de l'Arcom.
30:07En fait,
30:08moi, je pense
30:08qu'elles sont
30:09tout le monde,
30:10je pense qu'il n'y a pas
30:11grand monde
30:12qui pense qu'elles sont
30:13très utiles
30:14dans l'État
30:15où elles sont,
30:15même à l'extrême droite
30:16d'ailleurs,
30:17mais bon,
30:17pour d'autres raisons
30:18qu'à mon avis
30:19que les miennes,
30:19mais elles sont délétères
30:22aujourd'hui.
30:22D'abord,
30:23elles s'appuient
30:24sur les élections.
30:25Tu ne sais jamais trop
30:25sur quelles élections
30:26elles s'appuient,
30:27mais ça rend
30:29dans l'État
30:30où la politique
30:33aujourd'hui en France,
30:34en fait,
30:34ça donne le sentiment
30:35quand même
30:36qu'il y a toujours
30:36deux gros partis
30:37et derrière
30:38des satellites,
30:39en fait,
30:39et donc ces satellites-là
30:40n'ont pas le droit
30:41à la parole.
30:41Excuse-moi,
30:42la démocratie,
30:42ce n'est pas
30:43j'ai raison
30:44et toi,
30:44ferme ta gueule,
30:44en fait.
30:45Ça ne peut pas être ça,
30:46en fait.
30:46Ça ne peut pas être...
30:47Je ne dis pas
30:47qu'il faut que tout le monde
30:48soit au même niveau,
30:50mais dans l'absolu,
30:51quand même,
30:51on ne peut pas donner
30:53quittus
30:55à la Macronie
30:56d'un côté
30:57et au RN de l'autre,
30:58quoi.
30:59Et dire que le reste
31:01de l'arc
31:03des forces politiques,
31:04en fait,
31:04elles vont s'exprimer
31:05à la marge de ça.
31:06C'est impossible.
31:07Et en fait,
31:08il s'appuie aussi,
31:09c'est ce que mon collègue
31:10Grégory Marin appelle
31:13la politique au doigt mouillé,
31:15en fait,
31:15mais c'est sur les sondages,
31:16en fait.
31:17Et les sondages,
31:18c'est pareil,
31:19selon que ce soit
31:20France Télé,
31:23le JDD ou l'UMA
31:24qui le commande,
31:25le sondage,
31:26il n'aura sans doute
31:27ni les mêmes questions,
31:31ni le même échantillonnage
31:33et ni d'ailleurs
31:35la même boîte
31:36qui le fait.
31:38Donc,
31:39les réponses
31:39vont être variables.
31:41Donc,
31:41à quel moment
31:41tu décides que...
31:43Voilà,
31:44alors ça,
31:44ça vaut pour les périodes
31:45électorales
31:46et hors élection.
31:47Moi,
31:47ce que je vois,
31:48c'est que des forces politiques
31:50qui ne sont pas des forces
31:51électorales fortes,
31:52par exemple,
31:52je pense à LO,
31:54au NPA,
31:54en fait,
31:54ont été littéralement
31:56laminées des antennes
31:57par ça.
31:59On voit bien
31:59que ces forces-là
32:00sont toujours
32:00sur le terrain
32:01des luttes.
32:02On les croise
32:03quand on va
32:03un peu en manifestation.
32:05Mais par contre,
32:06elles ne sont plus
32:07dans le débat public
32:08ou quasiment plus.
32:09C'est valable
32:11pour les communistes,
32:13c'est valable
32:14dans une moindre mesure
32:15aussi pour les filles
32:16qui,
32:16quand elles passent
32:17justement
32:17à ce soupçon
32:19de vouloir
32:22couper la tête
32:23à tout le monde.
32:24Pour moi,
32:25le rééquilibre,
32:26il serait quand même
32:26un petit peu
32:28peut-être
32:29de faire de la politique
32:30un peu,
32:30mais voilà,
32:31au sens noble
32:31du terme,
32:32en ayant
32:36des règles
32:36un petit peu
32:37différentes
32:37qui rétablissent
32:39de l'équilibre.
32:40Eh bien,
32:41on verra
32:41si ça se met en place
32:44prochainement.
32:45Merci beaucoup,
32:46Caroline.
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32:54Merci
32:54et à bientôt.
32:56Bientôt.
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