- il y a 10 heures
Pour le lancement de notre hors-série Front commun contre l’extrême droite », une initiative inédite dans l’histoire de la presse en partenariat avec Nova, Blast, les Inrocks et StreetPress, Fabien Gay (Sénateur PCF, Directeur de l'Humanité), Matthieu Pigasse (Président du groupe Combat (Radio Nova, Les Inrockuptibles) et Pierre Siankowsky (directeur editorial du groupe Combat) discutent du rôle des médias dans la lutte contre l'extrême droite.
« Ça ira ! » spécial lutte contre l'extrême droite, en public depuis la maison des Métallos.
00:00 Introduction
01:26 Après le drame lié à la mort de Quentin, quel regard portez-vous sur la séquence politique ?
05:50 Comment avez-vous géré les menaces ?
09:00 Pourquoi cette alliance de 5 médias contre les idées d’extrême droite ?
17:38 Comment mener la bataille ?
21:00 L’ADN de Nova
22:55 Pourquoi ce rapprochement avec Matthieu Pigasse, millionaire de gauche ?
28:52 La bataille médiatique
36:30 Le basculement politique du patronat
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« Ça ira ! » spécial lutte contre l'extrême droite, en public depuis la maison des Métallos.
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17:38 Comment mener la bataille ?
21:00 L’ADN de Nova
22:55 Pourquoi ce rapprochement avec Matthieu Pigasse, millionaire de gauche ?
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NewsTranscription
00:01Pour commencer cette émission, nous allons commencer par recevoir des invités de marque,
00:07évidemment, puisqu'il s'agit de notre chef, Fabien Gay, directeur de l'Humanité,
00:11et Mathieu Pigasse, ainsi que Pierre Sienkowski, patron et directeur éditorial du groupe Combat,
00:18que je vous demande d'applaudir, tandis qu'ils vont monter sur scène.
00:29Donc Mathieu Pigasse va arriver en cours d'entretien.
00:33Merci beaucoup Pierre et Fabien d'être avec nous ce soir.
00:38Donc Fabien, vous êtes sénateur communiste de Seine-Saint-Denis depuis 2017 et directeur du journal L'Humanité depuis 2021.
00:44C'est toujours particulier d'interviewer son chef, mais quand on est en CDI, on a la sécurité de l
00:48'emploi.
00:48Et donc aucune crainte, évidemment, de prendre la parole et de le questionner sur quoi que ce soit.
00:54Et donc à vos côtés, Pierre Sienkowski, directeur éditorial du groupe Combat.
00:59Merci beaucoup messieurs.
01:01Fabien, je l'ai dit en introduction, le week-end dernier, un militant d'extrême droite a été tué à
01:05Lyon.
01:06Évidemment, on va commencer par l'actualité.
01:10Depuis lors, le combat politique s'enflamme autour de la violence politique.
01:15La droite et l'extrême droite ciblent particulièrement la gauche et l'extrême gauche.
01:18Qui, selon elle, tue.
01:20La France insoumise est particulièrement visée.
01:22Comment est-ce que vous, en tant qu'homme politique, vous observez cette séquence ?
01:26Bon, bonsoir à toutes et tous.
01:29Bon, tout d'abord, il faut condamner clairement.
01:32C'est un crime.
01:33Et il faut que justice soit faite, que la police puisse enquêter dans les meilleures conditions, puis que la justice
01:42fasse son travail.
01:43Et si elle révèle que ce sont des militants d'ultra-gauche ou de la gauche extrême qui sont mêlés
01:50de près ou de loin à cette affaire,
01:53il faut le condamner sans ambiguïté et sans embâche, premièrement.
01:59La deuxième, c'est que je crois qu'il n'y a pas de voie, d'issue pour la violence
02:07en politique.
02:08Ni comme méthode, ni comme stratégie, ni comme projet politique.
02:14D'ailleurs, à gauche, nous sommes nombreux et nombreux, justement, à dénoncer la violence des mots ou la guerre commerciale,
02:24ou la guerre menée, notamment par l'extrême droite, de Trump à Mélanie, en passant par Milley,
02:32et à en appeler à la force de la diplomatie.
02:35Et donc, ici en France, on ne peut pas avoir un autre discours qui consisterait à dire que la force
02:40serait acceptable,
02:41et non plus, pour moi, ce qu'est la démocratie, c'est-à-dire la dispute organisée à partir d
02:47'arguments et de faits.
02:50Enfin, je le redis, puisque nous allons consacrer ce moment et cette soirée à la lutte contre l'extrême droite,
02:57à la bataille idéologique, la bataille médiatique nécessaire pour faire reculer les idées d'extrême droite,
03:06d'abord dans les pensées, mais aussi dans les cœurs.
03:09Et donc, on n'est pas dans le même moment, mais en 1934, lorsque les idées d'extrême droite étaient
03:16très fortes,
03:18on n'a pas répondu à gauche par faire le coup de poing.
03:23On a répondu par faire front commun, front populaire, pour faire reculer ces idées d'extrême droite.
03:29Et c'est la même chose qu'il nous faut aujourd'hui, c'est-à-dire l'unité de notre
03:34camp,
03:34une contre-offensive idéologique, une bataille médiatique à la hauteur de la bataille que mène l'extrême droite,
03:41qui, elle, dans son ADN, a la violence, parce que son projet est la haine, la division.
03:48Et nous, nous devons opposer la solidarité, la justice sociale, fiscale, écologique.
03:55Et donc, notre humanité commune, je le dis, elle doit être sans embâche et sans double discours.
04:01Lorsqu'un homme meurt, il faut se mettre devant et, je le dis, le condamner d'où qu'il soit.
04:10Enfin, nous sommes dans un moment où ce crime odieux, je le redis, est évidemment récupéré par une grande partie
04:21de l'extrême droite,
04:22mais aussi une partie des droites coalisées, évidemment dans un jeu politicien pour écarter une force politique,
04:30mais à travers elle, la LFI, pour ne pas la nommer, mais à travers elle, discréditer toute la gauche et
04:37son combat,
04:38et faire rentrer en réalité le Rassemblement national dans ce qu'ils appellent l'arc républicain,
04:43en tout cas en faire une force républicaine, alors que son ADN est l'anti-république, l'anti-démocrate ici.
04:51Je veux dire, l'extrême droite, c'est de Boulanger à Pétain, etc.
04:55C'est une longue tradition en France, qui est contre la République démocratique, laïque et sociale,
05:00et en faire un des acteurs, qui a choisi d'ailleurs le capital pour 2027, pour arriver au pouvoir.
05:07Et donc, il ne faut pas tomber dans ce jeu de division, il ne faut pas tomber dans ce jeu
05:12politicien,
05:13mais il faut condamner sans emballe, et vous l'avez rappelé, et ce n'est pas minimisé du tout ce
05:18qui s'est passé,
05:19mais l'extrême droite, elle l'a tué, et très largement, y compris au cours de ces dernières années.
05:25On a beaucoup parlé de Clément Méric, mais on peut aussi parler de Martin Arambourou,
05:30qui était un jeune rugbyman, et tant d'autres.
05:33Donc voilà, ça ne peut pas être notre méthode, ni notre projet,
05:36et nous, face à cela, face à ces méthodes-là, il faut répondre par l'unité de notre camp,
05:40et un projet politique qui redonne espoir, et je ne crois pas qu'on redonne espoir à la majorité de
05:44notre peuple,
05:45en lui projetant la violence au quotidien.
05:49Fabien, vous-même, en octobre 2023, vous avez été menacé par un réseau d'extrême droite
05:54qui appelait, je cite, à mettre une balle dans la nuque,
05:56après 280 personnalités, dont un certain nombre de journalistes,
06:02vous aviez tous été signataires d'un texte rappelant à l'occasion l'importance de l'information dans cette période.
06:12Quand on a été menacé comme ça, nommément, est-ce que, parce que là, vous disiez,
06:18il faut réussir à combattre, d'un point de vue politique, la violence,
06:23est-ce que là, on n'est quand même pas dans une période où les dix sont en train de
06:26céder,
06:26où on a très envie de céder à la violence, justement ?
06:30Non, et justement, face à cela, c'est notre unité, c'est du calme,
06:36il y a besoin de se ressaisir et de mener la contre-offensive idéologique.
06:42Moi, le problème que je vois, c'est que la violence qui s'exprime partout dans la société,
06:49et donc aussi en politique, parce que la politique, elle n'est pas découpée de ce qui se passe dans
06:55la société,
06:56elle va avec un affaiblissement total aussi du niveau du débat politique.
07:01Malheureusement, la désinformation, aujourd'hui, est l'apanage,
07:05les réseaux sociaux, poussés par des algorithmes puissants,
07:08portés beaucoup par l'extrême droite,
07:10qui relaient des campagnes extrêmement fortes de désinformation,
07:15pour cibler un tel ou un tel, c'est quasi maintenant, malheureusement, quotidien,
07:20et ça arrive à beaucoup de responsables politiques, syndicaux, associatifs, antiracistes, féministes, écologistes, et tant d'autres.
07:29Et donc, face à cela, il faut d'abord garder son calme,
07:32savoir aussi porter plainte, parce qu'il y a une justice en France.
07:36C'est ce que vous avez fait quand vous, vous avez été...
07:38Oui, je l'ai encore fait aujourd'hui, pour un autre cas,
07:42donc ça m'arrive, comme à beaucoup de responsables politiques, peu importe,
07:46donc il faut rester extrêmement sérieux,
07:48mais moi, j'appelle à ce que l'ensemble de la gauche ressaisisse,
07:53s'unisse avec un projet politique porteur d'espoir pour une très grande majorité,
08:00et pour ne pas tomber justement dans le panneau du piège de la division, de la haine, du racisme,
08:05et aujourd'hui, une grande partie du capital a choisi son camp.
08:10Ça sera l'alliance de l'extrême droite et du capital,
08:13comme ça s'est exprimé chez Trump, chez Mélanie.
08:16D'ailleurs, Trump a annoncé qu'il ne s'interdisait pas des ingérences électorales
08:21au moment d'élection, au niveau de l'Union européenne,
08:25pour pousser M. Farage en Grande-Bretagne,
08:29pour pousser un certain nombre d'extrême droite d'Allemagne à ailleurs,
08:33et y compris en France, pour pousser soit Bardella, Le Pen ou Zemmour.
08:38Pierre Sienkowski, je me tourne vers vous.
08:41Je le rappelle, vous êtes directeur éditorial du groupe Combat.
08:44On va parler justement de cette revue-là qui sort,
08:47qui est titrée justement « Faire front commun contre l'extrême droite ».
08:50C'est le titre et le but poursuivi par cette revue.
08:54Je le rappelle, elle regroupe l'Humanité, Radio Nova,
08:59mais aussi Blast, Street Press et les Inrocs.
09:03Pourquoi justement cette alliance-là, ce regroupement autour de cette revue,
09:07c'est une façon justement de mener le combat contre l'extrême droite
09:12et de prolonger aussi le combat politique peut-être ?
09:15Oui exactement, toutes les rédactions ont senti qu'il y avait une urgence
09:19dans ce combat justement culturel contre l'extrême droite,
09:23et pas que culturel d'ailleurs.
09:25Et il y a eu une certaine évidence à travailler ensemble en fait,
09:29à faire que cinq rédacs puissent pendant deux mois itérer,
09:35écrire, faire des sommets.
09:36Enfin, il y a eu quelque chose d'assez miraculeux, je dirais,
09:40parce que ce n'est pas simple de faire travailler cinq rédacs ensemble,
09:44mais il y a vraiment quelque chose de très vertueux
09:46qui s'est créé au fil des moments.
09:47Les sommets étaient assez évidents à produire,
09:50et c'était une expérience vraiment nouvelle pour nous tous,
09:54parce qu'on est tous habitués à travailler dans notre coin.
09:56C'est vraiment inédit, c'est assez rare.
09:57Oui, moi je n'ai pas d'exemple d'autant de médias,
10:02parce que je dis journaux, mais c'est des médias en fait,
10:04qui s'unissent pour faire ce genre de choses.
10:07Avec les orangues, on avait fait un numéro avec SoFoot,
10:09mais beaucoup plus léger à l'époque.
10:12Mais là voilà, c'est cinq médias engagés,
10:15qui travaillent ensemble, qui travaillent ensemble au quotidien,
10:18et c'est ça qui était très nouveau.
10:19C'était, alors avec des moyens de communication aujourd'hui
10:21qui sont beaucoup plus évidents,
10:23je crois qu'on a dû faire 6000 boucles Whatsapp
10:26et 450 000 mails,
10:28mais voilà, à voir, c'était quand même quelque chose d'assez impressionnant,
10:32et ça s'est super bien passé.
10:34Justement, alors comment ça a pu voir le jour,
10:36et qui a eu cette idée folle ?
10:38Comment c'est né ?
10:39Je ne sais même plus qui a eu cette idée folle,
10:41on s'est vu un jour...
10:43Alors la rumeur dit que c'est à la fête de l'UMA,
10:45tard dans la nuit,
10:46entre Mathieu Pigasse et Fabien Gué,
10:48mais je ne sais pas si mes sources sont correctes.
10:50Au stand de Cuba, paraît-il.
10:51La rumeur doit être vraie,
10:53et on s'est revus ensuite,
10:55effectivement, avec les équipes de l'UMA,
10:58Street Press et Blast,
11:02et donc Nova et les Arocs,
11:03et on a lancé ce truc comme une évidence,
11:06en fait, il y avait une espèce de fraternité
11:09et sororité entre tous les médias,
11:13et on a avancé de façon très spontanée
11:17sur le sommaire,
11:18avec une volonté de faire.
11:23Justement, qu'est-ce qui a guidé les choix éditoriaux,
11:26mais aussi les choix de format ?
11:28Dans cette revue, on voit des reportages,
11:30des enquêtes,
11:31beaucoup d'enquêtes notamment qui montrent
11:33les faiblesses de l'extrême droite,
11:35et comment la combattre,
11:36des entretiens,
11:37comment ça a été fait, ces choix-là ?
11:40Il y avait l'idée de fournir,
11:43en fait, un corpus,
11:45de fournir des exemples,
11:47de montrer,
11:48c'est pour ça qu'il y a une grande variété
11:49de formats, vous l'avez dit,
11:52il y a des reportages,
11:53il y a des interviews,
11:54il fallait faire appel à des spécialistes,
11:56il fallait aller voir sur le terrain
11:57ce qui se passait,
11:58il fallait confronter les idées,
12:00il fallait produire, en fait,
12:03de la pensée,
12:04produire de l'information,
12:06pour que ce magazine,
12:08il soit, en fait, une ressource,
12:10et il a été vraiment construit comme ça,
12:12c'est-à-dire,
12:14c'est bien beau de ne pas être d'accord,
12:15mais il faut avoir des arguments
12:16pour ne pas être d'accord,
12:17donc l'idée, c'était de fournir
12:18un maximum d'arguments,
12:20et de construire ce magazine
12:22comme une boîte à outils,
12:23comme un rempart intelligent,
12:26qui permette, en gros,
12:27de donner des clés
12:28dans les discussions,
12:31dans les débats sur les réseaux sociaux,
12:34enfin, voilà,
12:34c'était l'idée de base
12:36d'en faire quelque chose
12:37de très utile, en fait.
12:39Alors, justement,
12:39un rempart intelligent,
12:40un outil de lutte,
12:42est-ce que c'est quelque chose
12:43qui pourrait réapparaître
12:44dans les temps à venir ?
12:45On a une présidentielle
12:46dans un peu plus d'un an, maintenant,
12:47est-ce que c'est quelque chose
12:48qui pourrait se poursuivre ?
12:52Il ne faut jamais dire jamais.
12:55Oui, enfin, l'expérience,
12:56pour moi, a été très profitable,
13:00donc je ne vois pas pourquoi
13:01on ne le referait pas.
13:02Enfin, le produit est super,
13:05on a bien bossé,
13:07les rédactions sont bien entendues,
13:08donc à partir de là,
13:10la porte n'est surtout pas fermée
13:12à l'avenir.
13:14Fabien, dans la période,
13:16on parle beaucoup
13:16de concentration des médias,
13:19qu'est-ce que ça a comme sens
13:21d'avoir des rédactions amies,
13:24finalement, de faire ce pas-là ?
13:25Vous parlez juste avant
13:26de l'union de la gauche,
13:27peut-être que c'est la même idée,
13:29finalement, qui guide cette envie
13:30de faire une union comme ça
13:32autour des rédactions ?
13:36Avec l'ensemble des équipes
13:38de l'humanité,
13:39depuis que je suis arrivé,
13:41bon, il y a la question
13:42de développer, évidemment,
13:43le journal, son activité en propre,
13:47son activité numérique,
13:49les vidéos,
13:50la deuxième saison de Saïra,
13:52puis moi,
13:55on ne s'engage pas à l'humanité
13:56simplement par hasard,
13:59on le fait parce que
14:01on est des militantes
14:02et des militants
14:03de journalisme,
14:05de la vérité,
14:07de la chercher
14:07et d'oser la dire,
14:10et puis, dans un temps politique
14:12qui est le nôtre,
14:13où les idées d'extrême droite
14:14sont maintenant banalisées
14:15au centre du jeu.
14:17Donc, on ne peut pas,
14:18à un moment donné,
14:20dire l'unité, l'unité
14:21et ne pas y travailler concrètement.
14:24Donc, c'est la rencontre
14:25avec Mathieu,
14:26depuis un an et demi.
14:27Je crois que c'est aussi
14:28des rencontres humaines
14:29qui font que
14:31il a le même souci.
14:34On ne se ressemble pas,
14:36on n'a pas le même parcours,
14:37mais à un moment donné,
14:38on ne s'unit pas
14:39avec son frère
14:40ou jumeau
14:42ou sa soeur jumelle.
14:43on s'unit avec d'autres
14:44pour rassembler largement
14:46et nous dépasser.
14:47Et donc,
14:48on a fait beaucoup de rencontres,
14:51on s'est vus
14:51à la fête de l'humanité,
14:53on a échangé publiquement,
14:54on va continuer à le faire,
14:56et après,
14:57on s'est revus
14:57avec l'ensemble des équipes
14:58et on a dit,
14:59banco, on le fait,
15:00on élargit,
15:01c'est un premier numéro.
15:02Moi, je pense
15:03que ça en appelle d'autres,
15:04avec beaucoup d'autres,
15:05qu'il faut faire rentrer.
15:06C'est la même chose
15:08que lorsque Emmanuel Macron
15:10a décidé de dissoudre
15:12l'Assemblée nationale
15:13avec le pari
15:14soit de conserver le pouvoir,
15:15ce qu'il a fait
15:16en étant minoritaire,
15:18soit de le confier
15:19à Jordan Bardella,
15:21le nouveau Front populaire aîné,
15:23et puis nous,
15:24on avait pris deux initiatives
15:25avec une soixantaine de médias,
15:27Place de la République,
15:28qu'on continue avec le village
15:30des médias indépendants,
15:31on fait aussi un partenariat
15:33avec Nova à la fête de l'humanité,
15:34dont moi j'appelle ce soir,
15:36parce qu'on élargisse
15:37ce mouvement
15:38et qu'on prenne
15:39d'autres types d'initiatives,
15:41on verra.
15:42Et puis,
15:43il y a un combat de fond
15:44qui ne va pas s'arrêter
15:45de toute façon,
15:46évidemment,
15:47à ce soir,
15:47à ce premier numéro,
15:48à d'autres petites initiatives.
15:50Je l'ai redis,
15:51je pense que la bataille idéologique,
15:55elle passe en partie
15:56par la bataille médiatique,
15:58et qu'aujourd'hui,
15:59une des grandes faiblesses
16:01de la gauche,
16:01c'est de ne pas avoir
16:02une chaîne d'information en continu,
16:04parce qu'il n'y a que
16:06des chaînes d'information
16:07de droite libérale
16:08ou d'extrême droite.
16:09Et donc,
16:10pour la gauche,
16:10le progrès social et l'écologique,
16:13nous avons une faiblesse là-dedans.
16:15Donc,
16:15il faudra s'unir,
16:17probablement avec beaucoup d'autres,
16:18peut-être,
16:19pour un jour la réaliser.
16:20Et donc,
16:21je pense qu'il faut faire vivre
16:24toujours ses paroles
16:25avec les actes.
16:26Donc,
16:27on a dit,
16:28on veut l'unité,
16:28dans notre champ d'action,
16:30l'unité médiatique,
16:32on développe notre journal,
16:34on a besoin de continuer
16:35à le développer,
16:35à le renforcer,
16:36mais on veut aussi unir
16:38bien au-delà de nous,
16:40et donc avec,
16:41y compris,
16:42Nova,
16:42Les Inrogues,
16:43Blast,
16:43Street Press,
16:44et il y en a beaucoup d'autres
16:45qui doivent venir autour de la table,
16:46parce que,
16:48si l'extrême droite arrive au pouvoir,
16:50une des premières questions,
16:52c'est que,
16:52évidemment,
16:53elle va attaquer des libertés individuelles
16:54et publiques,
16:55et d'intérêts généraux.
16:57Elle va faire la chasse aux migrants,
16:59la chasse aux syndicalistes,
17:01la chasse aux droits des femmes,
17:02mais elle s'attaquera aussi
17:04à la question du droit de la presse,
17:06dans un moment de concentration
17:07extrêmement forte,
17:08comme vous l'avez dit,
17:10maintenant,
17:10c'est 5,
17:116 milliardaires
17:11qui détiennent le pouvoir,
17:14non pas en interdisant
17:15tel ou tel canard,
17:16mais en réduisant,
17:17par exemple,
17:18considérablement les aides à la presse,
17:19et en étouffant
17:21toutes les voies indépendantes
17:23des pouvoirs de l'argent,
17:24dont l'humanité
17:25et tant d'autres.
17:26Donc,
17:26c'est maintenant
17:27qu'il nous faut,
17:27évidemment,
17:29mener cette contre-offensive.
17:32Justement,
17:32j'allais vous demander,
17:33un petit peu en rebond,
17:35comment,
17:35quel rôle,
17:36plutôt,
17:36peut jouer la presse,
17:38mais aussi les médias
17:38dans cette bataille culturelle,
17:40d'autant qu'on est face
17:41à un monstre médiatique,
17:42un oeuvre médiatique,
17:43le groupe Bolloré,
17:44notamment,
17:45mais pas seulement,
17:45il y a un certain nombre
17:46de groupes plutôt réactionnaires,
17:48comment est-ce que,
17:49justement,
17:50on mène la bataille,
17:50alors qu'il y a quand même
17:51une disproportion
17:51en termes de moyens,
17:53malgré tout.
17:55Après,
17:55on mène la bataille
17:56en termes d'impact.
17:59Il faut produire dans l'impact,
18:01il faut donner
18:02des bonnes informations,
18:03il faut des choses
18:04qui touchent juste,
18:05il faut taper là
18:07où il faut taper.
18:09Et c'est vrai que,
18:12nous,
18:12quand on a commencé
18:13à réfléchir à ce numéro,
18:15c'était ça,
18:15c'était voir comment
18:16on s'organise.
18:17Et comme le dit Fabien,
18:18l'idée,
18:18c'était de poser
18:19une première pierre,
18:20c'était s'organiser,
18:21c'était voir
18:22ce qu'on peut construire
18:23ensemble à cinq
18:26et ce qu'on peut ensuite
18:27construire ensemble
18:28à plusieurs.
18:28C'est-à-dire que,
18:29moi,
18:29ce qui m'a frappé,
18:29c'est le nombre de textos
18:30que j'ai reçus de confrères
18:31quand on a commencé
18:32à publier cette première vidéo
18:34sur nos réseaux.
18:35Il y a beaucoup de gens
18:36qui me disaient,
18:36mais pourquoi vous ne nous avez pas appelés ?
18:37Donc, ça,
18:38c'est super encourageant
18:39d'avoir des messages
18:41des confrères
18:41qui disent,
18:42tiens,
18:42j'aurais bien aimé
18:43être avec vous
18:44sur ce front.
18:46Et comme le dit Fabien,
18:49en fait,
18:49il faut se démaintenant,
18:52se s'unir
18:52pour produire
18:53effectivement
18:53de l'information ensemble
18:54et voir comment
18:56on en produit ensemble
18:57dans le futur.
18:57C'est-à-dire qu'on a utilisé
18:59des méthodes
19:00qui sont à notre portée
19:02et que tout le monde
19:03peut utiliser,
19:04c'est sur les réseaux sociaux,
19:04le cross-post.
19:06Quand on cross-post une vidéo à 5,
19:07on est plus puissant
19:08que quand on la publie tout seul.
19:09Donc, il faut utiliser
19:11les moyens
19:12qui sont à notre portée.
19:13Il faut produire
19:15de l'information intelligente.
19:17Il faut travailler.
19:20Moi, c'est ce que je retiens
19:21de ce numéro.
19:24Déjà, je voudrais rendre hommage
19:25aux équipes de Luma
19:26qui ont accueilli
19:27toute la production
19:28de ce magazine.
19:30Je crois qu'elles sont épuisées
19:31sans vouloir.
19:33Je crois que là...
19:34Et on a eu un super accueil
19:36et c'était vraiment...
19:37Enfin, il y a vraiment eu
19:38quelque chose de...
19:39Une camaraderie.
19:41Et on a super bien bossé,
19:43en fait.
19:43C'était...
19:45Dans une carrière de journaliste,
19:47on ne vit pas beaucoup
19:47de moments comme ça,
19:48en fait,
19:48où on se met tous ensemble,
19:49on décide de faire
19:51un magazine à plusieurs.
19:55Ça va vite, en plus.
19:58Il faut tomber des pages,
20:00il faut produire les articles,
20:01il faut trouver la bonne photo.
20:02On a fait appel à énormément
20:03de dessinateurs,
20:05parce que là aussi,
20:06c'est le monde des dessinateurs
20:07un monde très engagé
20:08et qui nous a accompagnés
20:09sur ce numéro.
20:11Donc, merci à eux aussi.
20:13Mais voilà,
20:14c'est s'unir,
20:16c'est savoir s'écouter.
20:18Parce que c'est vrai
20:19que ce n'est pas toujours
20:19une des grandes qualités
20:21de la gauche en général.
20:22Les gens ne s'écoutent pas beaucoup,
20:23les gens parlent beaucoup,
20:24mais ne s'écoutent pas beaucoup.
20:25Donc, on s'est beaucoup écoutés.
20:26On a essayé beaucoup
20:27de trouver des zones de compromis.
20:31On n'était pas tous d'accord
20:32sur tout,
20:32mais en fait,
20:33à force de s'écouter,
20:34à force de se connaître
20:36un peu mieux aussi
20:37dans l'exercice,
20:39on ne se connaissait pas
20:39tous très bien
20:40quand on a fait ce projet.
20:43En fait,
20:44on a appris à se découvrir,
20:44on a appris à avancer
20:46de façon groupée.
20:49Et moi,
20:49c'est ça que je retiens,
20:50c'est s'unir,
20:51avancer ensemble
20:52et se fixer des objectifs
20:54qu'on essaie d'atteindre.
20:56Pierre,
20:57Nova a été rachetée
20:58en 2015
21:00par Mathieu Pigas,
21:01mais on a la sensation,
21:02alors évidemment,
21:03quand on est extérieur
21:04à la rédaction,
21:05on pense surtout
21:06à l'équipe de Guillaume Meurisse
21:08qui débarque
21:09et on a l'impression
21:09qu'à ce moment-là,
21:10il y a un vrai tournant.
21:11Est-ce que vous pouvez nous dire,
21:13parce qu'on suppose
21:13que le tournant,
21:14il a eu lieu avant,
21:15dans les têtes,
21:16le moment où vous vous dites
21:18en interne à Nova,
21:19OK, là,
21:20il faut qu'on accélère
21:21sur une forme
21:24de prise de position
21:25plus claire à gauche.
21:26Peut-être que vous
21:27ne le définissez pas
21:28comme ça, d'ailleurs.
21:29Non, mais disons
21:30que Nova a toujours été
21:32une radio progressiste
21:33depuis sa création
21:34par Jean-François Bizeau.
21:35C'est une radio
21:36qui,
21:38c'était la sonne mondiale,
21:40c'était l'idée
21:40de parler
21:41d'une musique universelle,
21:44d'accueillir
21:45des styles musicaux différents,
21:49de faire venir
21:50des artistes
21:51de tous les pays,
21:52de s'écouter aussi,
21:53de discuter.
21:55Il y a beaucoup
21:55de gens
21:56qui sont passés
21:57par Radio Nova.
21:58Il y a Jamel Debouze,
21:59il y a Eric Iramzi,
22:01Omar Sy,
22:02donc c'est une radio
22:02qui a été super.
22:03Les gens ne connaissent plus
22:04maintenant.
22:06Si, quand même.
22:08Mais, enfin,
22:09plein d'autres.
22:10Et disons que
22:11c'est vrai que
22:13il y avait un ADN
22:14chez Radio Nova
22:15qui ne demandait
22:16qu'à être rallumé.
22:18Je ne sais pas
22:18si on rallume un ADN,
22:19mais en tout cas,
22:20il a été rallumé
22:21par Guillaume,
22:23Emmerich,
22:25et Pierre-Emmanuel
22:26et Juliette.
22:27Et c'est vrai que
22:28je pense aussi
22:30que c'est l'émission
22:31qui arrive en bon moment
22:32et qui parle
22:33des sujets
22:34qui intéressent,
22:35je ne vais pas dire
22:36les gens de gauche
22:36parce que ça intéresse
22:37tout le monde,
22:38mais c'est des sujets
22:40qui, ouais,
22:41c'est comment
22:43on réagit,
22:44comment on lutte
22:45contre le pouvoir réactionnaire.
22:48c'est au cœur
22:48de ce qui intéresse
22:49pas mal de gens.
22:50Petite question
22:51pour Fabien,
22:52pour toi Fabien,
22:53tu es communiste,
22:54ce n'est pas un secret,
22:55tu es sénateur communiste.
22:57Les communistes,
22:58historiquement,
22:58ils sont plutôt
22:59en faveur de médias
23:00détachés
23:01des intérêts privés
23:02parce que,
23:03pour éviter justement
23:04que l'information
23:04soit orientée
23:05en faveur des intérêts
23:06des classes dominantes,
23:08là,
23:08tu es main dans la main
23:09avec un millionnaire,
23:10Mathieu Pigasse,
23:11comment ça se fait
23:12justement
23:13que les communistes
23:17soient main dans la main,
23:18avec un millionnaire,
23:19c'est OK
23:19quand un millionnaire
23:20est de gauche
23:20de faire alliance.
23:22Alors,
23:22millionnaire ou multimillionnaire,
23:24on lui demandera
23:24quand il arrivera.
23:26On va lui demander
23:27les têtes de son compte
23:28en banque
23:29dans quelques secondes.
23:30Ah,
23:31il repart,
23:31du coup.
23:33Il repart,
23:34Mathieu Pigasse,
23:34ne fuyait pas.
23:35Je suis en train
23:36de répondre
23:36à une question sur toi.
23:38Ça m'intéresse.
23:39On va lui faire bonjour.
23:40Je vais faire quelque chose
23:40de très inélégant.
23:42Je vais m'éclipser.
23:42Mais je vais...
23:44Puisqu'on a trop peu de sièges,
23:47vous pouvez évidemment
23:48applaudir Pierre.
23:51Bonsoir, Mathieu.
23:54Bonsoir.
23:55Bonsoir à tous.
23:57Désolé du retard,
23:58Mathieu Pigasse,
23:59président du groupe Combat.
24:01On était en train
24:01de demander
24:02combien vous aviez
24:02sur votre compte,
24:03Mathieu.
24:04Donc vous arrivez au bon moment.
24:05Ce sera la question suivante,
24:06mais là,
24:06c'est une question...
24:07Donc on me demandait,
24:08Mathieu,
24:08avant que tu arrives,
24:10comment un communiste
24:11pouvait s'allier
24:12avec un millionnaire.
24:14Voilà.
24:15Donc j'ai dit,
24:15d'abord...
24:16Et moi,
24:16je t'ai écouté,
24:17j'ai entendu
24:18que tu disais
24:19très justement
24:20que...
24:20Je vais te citer,
24:22en fait.
24:22On ne s'unit pas
24:23avec son frère
24:24ou avec des gens
24:26très proches
24:27ou similaires.
24:27on cherche la complémentarité.
24:30Et la complémentarité,
24:32c'est la force
24:32et la puissance,
24:33tout simplement.
24:34J'ai aussi...
24:35Je t'écoutais
24:35et je suis à nouveau
24:36confié du retard,
24:38mais moi,
24:39je dirais que cette aventure
24:40de combat,
24:42c'est d'abord
24:43une aventure humaine,
24:43en effet.
24:44La rencontre qui a été
24:45la nôtre,
24:45si tu m'autorises,
24:47j'ai trouvé magnifique
24:49les échanges qu'on a eus.
24:50On n'a pas le même parcours,
24:52tu l'as dit,
24:52mais on a les mêmes valeurs,
24:53je pense,
24:55et les mêmes principes.
24:55C'est la rencontre des rédactions
24:58autour de ce projet commun,
25:00combat.
25:01Et puis,
25:01moi,
25:01je voudrais juste revenir
25:02sur un point,
25:02parce que...
25:03Vas-y, vas-y,
25:04je répondrai à la question après.
25:06Oui,
25:06j'attends,
25:07je n'ai pas oublié.
25:08Je vais essayer de tenir
25:09le plus longtemps possible
25:10en monologue.
25:11Mais non,
25:12je voudrais dire
25:12la chose suivante.
25:13Moi,
25:13je suis très fier
25:15et très heureux
25:17de ce projet collectif
25:19qui a été porté
25:20par l'ensemble
25:21des rédactions,
25:22effectivement,
25:23pendant des mois,
25:24et dont la genèse,
25:25je crois,
25:26a été une discussion
25:27que nous avons eue
25:28ensemble à la fête
25:29de l'humanité.
25:30Au fond,
25:31l'origine de ce projet,
25:33c'est un double constat.
25:35Le premier constat,
25:36c'est la bataille culturelle
25:38qui est en cours.
25:38On en a beaucoup parlé,
25:39on ne va pas là être trop long,
25:42mais c'est évidemment
25:44la lutte
25:46pour imposer,
25:47via les médias,
25:49ces idées,
25:50ces valeurs,
25:52ces thèmes,
25:52ces mots,
25:53ces expressions.
25:54Et c'est la lutte
25:55qui est bien évidemment
25:55menée par l'extrême droite,
25:58en réalité.
26:01L'objectif,
26:01c'est très simple,
26:02c'est gagner la bataille
26:04des idées ou des imaginaires
26:06pour gagner la bataille électorale.
26:08Et le constat qu'on faisait,
26:09c'est d'abord
26:10la grande efficacité,
26:13il faut le constater,
26:15de l'extrême droite
26:15dans ce récit,
26:16on le voit encore aujourd'hui
26:17ou dans les derniers jours.
26:20et une très grande coordination
26:23et articulation
26:25entre les médias
26:25d'extrême droite.
26:26Et face à cela,
26:27c'est le deuxième constat,
26:29face à cette espèce de...
26:31Enfin, c'est pas cette espèce,
26:32cette bataille culturelle
26:33engagée par l'extrême droite
26:34et, au fond,
26:35une grande unité
26:36des médias d'extrême droite,
26:37il y avait,
26:39et j'espère jusqu'à là
26:41et jusqu'à combat,
26:42une forme de...
26:46des unions,
26:47manque d'union,
26:48manque d'unité,
26:49manque de coordination,
26:50en tout cas,
26:51des médias de gauche
26:52et des médias indépendants
26:54de gauche.
26:55J'avais cité Lénine,
26:57je m'étais autorisé
26:58à la fête de l'humanité.
27:00Oui, carrément.
27:01On en est là.
27:02Non, moi, je cite souvent Lénine.
27:03Et en disant qu'au fond,
27:05la maladie infantile
27:06de la gauche,
27:07c'était sa division
27:09et ses divisions
27:09et qu'il fallait savoir
27:10les surmonter.
27:11La première façon
27:12de les surmonter,
27:13c'est celle-ci,
27:13c'est l'union
27:14de ces rédactions
27:15et ce projet commun
27:16contre l'extrême droite.
27:18Je t'ai entendu dire,
27:19Fabien,
27:19et moi,
27:20je ne peux qu'appuyer ça,
27:22j'espère que ce n'est
27:23que le début
27:24d'une coopération
27:25de ce type
27:25sur le fond
27:26et sur la forme.
27:27Sur le fond,
27:28ce numéro est un numéro
27:29hors série exceptionnel.
27:31J'espère,
27:32alors je suis désolé
27:32pour les rédactions épuisées,
27:34et je le sais,
27:35mais j'espère
27:37qu'il y en aura d'autres
27:37des numéros de ce type
27:38et qu'on saura
27:40développer
27:43ce journal
27:45ensemble.
27:45Le deuxième point
27:46que je veux faire,
27:47c'est que sur la forme,
27:48j'espère que
27:49d'autres rédactions,
27:51d'autres journaux,
27:53d'autres médias
27:53nous rejoindront.
27:54J'entendais Pierre
27:56tout à l'heure dire,
27:57que je vois là-bas
27:58et que je remercie encore,
27:59et je félicite
28:01du travail qui a été fait,
28:02mais dire que,
28:03effectivement,
28:04lorsque ce projet
28:05a été rendu public,
28:05un certain nombre
28:06de rédactions,
28:07d'autres journaux
28:08nous ont contactés,
28:09moi je ne peux dire
28:10qu'une chose,
28:11c'est que je les invite
28:12tous, je pense comme toi,
28:13à nous rejoindre.
28:14J'ai été très long
28:15pour dire que c'est un projet
28:17dont je suis fier,
28:18dont nous sommes fiers
28:19ensemble,
28:20qui j'espère n'est que
28:21le début d'une aventure
28:22commune,
28:23et qui pour moi
28:24a un sens profond.
28:26Juste un petit peu
28:27en timing
28:27pour que vous sachiez
28:28messieurs
28:28qu'il nous reste
28:29à peu près 7 minutes.
28:30Non, non, non, non,
28:30on a encore le temps
28:31pour rejeter des questions,
28:32mais pour l'arrêter efficace.
28:32Quand on est sur Twitch,
28:33on a le temps.
28:36Non, mais pourquoi ?
28:37Moi, je l'ai dit à Mathieu,
28:38je lui ai dit
28:38si on fait des choses ensemble,
28:41on prendra des critiques.
28:42Toi, parce que
28:43tu fais quelque chose
28:44avec un communiste.
28:45C'est ça qui est incroyable,
28:46c'est que pour l'instant
28:47je n'en ai pas pris.
28:48Bon, mais tant mieux.
28:48Et moi, pour ma part,
28:50puisque je fais un truc
28:51avec un multimillionnaire.
28:52Mais moi, je crois
28:53que le moment politique
28:56nous invite,
28:57nous pousse
28:58à nous rassembler
29:00avec des gens
29:01avec qui on partage
29:02les mêmes valeurs
29:03et le même combat.
29:05On a beaucoup discuté
29:06depuis un an et demi,
29:07je ne trahis pas
29:08de façon personnelle
29:09puis publique.
29:11On partage beaucoup de choses
29:12sur les questions de valeur
29:14et surtout d'éviter
29:16le scénario
29:16qu'on nous vend tous les jours
29:17dans beaucoup de chaînes
29:18d'information
29:19et pas que sur Bolloré,
29:21de l'arrivée inéluctable
29:23de l'extrême droite au pouvoir.
29:25Nous considérons
29:26que nous pouvons
29:29déjouer ce scénario
29:30si nous menons
29:31la contre-offensive idéologique,
29:33la bataille médiatique,
29:34parce que pour moi,
29:35il n'y a pas
29:36de victoire politique
29:37sans bataille idéologique
29:39avant.
29:39Et la bataille médiatique
29:40en fait.
29:41Donc à partir de là,
29:42moi, depuis maintenant
29:43quasi 5 ans
29:44que je suis directeur
29:45de l'Humanité,
29:46j'ai fait le même constat
29:47que Mathieu,
29:48j'étais assez abasourdi
29:50que chaque média
29:51de gauche,
29:53sans parler d'indépendant
29:54des puissances de l'argent,
29:55mais chacun était
29:56dans son couloir
29:57et personne ne voulait
29:58se parler
29:58et qu'on se regardait
29:59en chien de faïence.
30:01Et un certain nombre
30:02de fois,
30:02j'ai dit,
30:02vous savez que si
30:03l'extrême droite
30:03arrive au pouvoir,
30:04elle s'attaquera d'abord
30:05à l'humanité,
30:06peu importe,
30:07par lequel elle commencera,
30:08mais elle fera
30:09tous les chiquets politiques
30:11qu'elle considère
30:12son ennemi.
30:13Et donc,
30:14face à cela,
30:15nous avons besoin
30:16de nous rassembler,
30:17et moi je suis,
30:18je le dis,
30:19aussi très fier
30:20et très heureux
30:21d'être avec Mathieu
30:22ce soir,
30:23avec Blas et Street Press,
30:24et j'espère que
30:26beaucoup d'autres
30:26aussi vont nous rejoindre,
30:28puisque nous aussi,
30:28nous avons reçu
30:29beaucoup de confrères
30:31et de consoeurs
30:32qui nous ont dit
30:33mais pourquoi
30:33on ne vous avait pas appelé,
30:34on veut bien faire partie.
30:35On peut avoir une idée
30:35du nombre de rédactions
30:36qui vous ont...
30:37On peut avoir une idée
30:38du nombre de rédactions.
30:39Non, parce que après,
30:40je ne veux pas dire
30:41des noms ce soir
30:42pour les mettre
30:43en porte-à-faux,
30:43mais je pense que
30:44nous avons besoin
30:45de regarder
30:47assez rapidement,
30:48nous verrons
30:48les conditions,
30:49mais avant la fête
30:50de l'humanité,
30:51d'essayer de réunir
30:52beaucoup plus de gens
30:53et de pouvoir regarder
30:55est-ce que nous sortons
30:56un autre numéro
30:57en fin d'année,
30:57en début d'année prochaine,
30:59dans la bataille
31:00qui s'annonce
31:00de l'élection présidentielle
31:02et législative,
31:03peu importe,
31:03et je le redis,
31:04je pense que nous avons besoin
31:05de prendre d'autres types
31:06d'initiatives
31:07comme nous prendrons
31:08à la fête de l'humanité.
31:09On a maintenant
31:09un partenariat,
31:10je peux le dire,
31:12solide avec Nova,
31:13on va continuer
31:14à le renforcer,
31:14les équipes,
31:15on vient d'évoquer
31:17Guillaume Meurice
31:18et toute la bande
31:19sera très certainement
31:20présent aussi à l'agora
31:22et on a envie
31:22de produire d'autres choses
31:24et il nous faut
31:25continuer à élargir
31:27et à prendre
31:27des initiatives d'ampleur
31:29pour éviter cela.
31:30Et je pense que
31:31chacun dans son couloir,
31:32en tout cas,
31:32en ce qui nous concerne,
31:33en tant que médias,
31:34nous avons aussi
31:35une responsabilité,
31:36nous ne pouvons
31:37nous laver les mains
31:38de ce qui est en train
31:39d'arriver
31:39et si on appelle
31:40à l'unité du camp politique,
31:42on commence aussi
31:43par l'unité du camp médiatique.
31:44Je peux rajouter,
31:45je suis désolusé,
31:47mais je voudrais rajouter
31:48deux choses,
31:49mais simplement
31:50pour souligner
31:51ce que tu as dit
31:51avec lequel
31:54je suis évidemment d'accord.
31:55La première chose fondamentale,
31:57c'est que
31:57ma conviction profonde,
32:00c'est ta conviction profonde,
32:01c'est que rien n'est joué
32:02pour 2027
32:04et que non,
32:05il est faux de dire
32:06que l'extrême droite
32:07a gagné
32:08ou que le Rassemblement
32:09national va gagner.
32:12ma conviction
32:13à nouveau
32:14très profonde,
32:14c'est que le Rassemblement
32:15national,
32:15il peut être battu
32:17à une condition,
32:18c'est d'être combattu.
32:20Je l'ai déjà dit,
32:21mais je pense
32:22que la façon
32:22de le combattre,
32:23c'est de le démasquer.
32:24C'est d'ailleurs
32:25l'objet de ce journal,
32:27c'est d'expliquer,
32:28d'analyser,
32:28de montrer,
32:30mais pour le démasquer,
32:31il faut arriver
32:32à souligner
32:33et à montrer
32:33qu'il n'est pas
32:34ce qu'il prétend être.
32:36C'est vrai
32:36sur les sujets économiques,
32:38on ne va pas en parler là,
32:39ou sociaux,
32:42quand ils sont au pouvoir
32:44les partis de la droite radicale,
32:45ils font exactement
32:46l'opposé
32:46de ce qu'ils ont dit
32:47avant,
32:48avec des résultats
32:50systématiquement catastrophiques
32:50d'un point de vue économique,
32:52mais surtout,
32:53ce sont des partis,
32:54et c'est un parti
32:55de la Rassemblement national
32:55dont l'existence même
32:57est contraire
32:57aux valeurs de la République.
32:58Donc moi,
32:59je pense qu'il y a
33:00un combat en effet,
33:01d'où le titre
33:01d'ailleurs de ce journal,
33:02qui est à mener.
33:03La condition pour le mener,
33:04c'est mon deuxième point,
33:05c'est l'union.
33:07Je voudrais juste dire une chose,
33:08et d'ailleurs,
33:09tu viens de le dire Fabien,
33:10et on l'avait dit
33:10à la fête de l'humanité.
33:12L'union,
33:12c'est évidemment
33:13la coordination
33:14et l'articulation
33:15des médias de gauche
33:17pour porter ce combat ensemble,
33:19et ce n'est que le début,
33:20mais c'est aussi,
33:21et je parle au responsable politique
33:22que tu es,
33:23l'union des forces politiques
33:25de la gauche,
33:26qui pour moi
33:26est absolument indispensable.
33:28On ne va pas tomber ici
33:30dans la politique politicienne,
33:32si tu m'autorises
33:33cette expression,
33:33mais je veux juste dire
33:35que ce qui,
33:37au fond,
33:38ce qui nous sépare
33:38les uns les autres,
33:39et je ne parle pas
33:39de nous deux,
33:41est infime
33:41par rapport à ce que nous devons
33:43défendre ensemble,
33:44en fait.
33:44Et donc,
33:45il est absolument fondamental
33:46qu'on arrive tous
33:47à se regrouper
33:49et à se réunir,
33:50en tenue de la menace
33:51qui vient,
33:53autour d'une plateforme commune,
33:55d'une vision commune,
33:56de valeur commune,
33:57puisque nous avons
33:57les mêmes valeurs,
33:58pour combattre
33:59le Rassemblement national.
34:00Donc cette union
34:01des forces de la gauche,
34:03moi,
34:03je la souhaite
34:05ardemment
34:05et de toutes mes forces.
34:07Juste pour compléter,
34:08parce que je partage
34:09beaucoup de choses
34:10avec toi,
34:11sauf...
34:11Non,
34:12pas du tout.
34:14Sauf le compte en bas.
34:14Maintenant,
34:15on commence à se connaître,
34:16donc s'il y avait un sauf,
34:17je te le dirais direct.
34:18Non,
34:18mais moi,
34:19je pense qu'il est important
34:19de démasquer l'extrême droite,
34:22parce que je pense
34:22que,
34:23je le redis ici,
34:24je pense qu'une grande partie
34:25du capital
34:26a basculé
34:27et a choisi
34:28ses candidats
34:29pour 2027,
34:31et donc ils vont mettre
34:31les moyens
34:32pour verrouiller
34:33le système démocratique
34:35en appuyant
34:36l'extrême droite
34:37comme ils l'ont fait
34:38avec Trump,
34:38Millet,
34:39Mélonie,
34:39etc.,
34:40pour sauvegarder
34:41leur intérêt,
34:43refuser,
34:43par exemple,
34:44la taxe Zuckman,
34:45refuser l'augmentation
34:46du SMIC,
34:48refuser de mettre
34:49à jour
34:50les 211 milliards
34:51d'aides publiques
34:52aux entreprises,
34:54bref,
34:55continuer
34:55cette cure d'austérité
34:57et ces politiques
34:58au service
34:59des ultra-riches,
35:00mais je pense
35:00qu'il faut aussi
35:01et ne pas oublier
35:02un domaine,
35:03et je sais que tu
35:04partages cela avec moi,
35:06c'est la question raciste
35:07du projet.
35:09Il ne faut pas avoir peur
35:10de le dire
35:11et il faut le combattre.
35:12Nous n'arriverons pas
35:13à regagner
35:13le cœur et les esprits
35:15si nous laissons
35:16à penser
35:17que cette dimension,
35:18elle n'est pas centrale
35:19dans le projet
35:21de l'extrême droite.
35:24Malheureusement,
35:25la haine
35:25et la division
35:26des étrangers,
35:28des chômeurs
35:28et des chômeuses,
35:29bref,
35:29des privés d'employés,
35:30elle est fondamentale.
35:33Et nous avons
35:34trop reculé
35:35sur cette question
35:36et d'ailleurs,
35:37nous en reparlons,
35:38c'est-à-dire
35:38nous arrivons
35:39à démasquer
35:40ce qu'on appelle
35:41socialement
35:42et économiquement
35:42leurs projets,
35:43il faut le faire.
35:44Il y a les questions
35:45avec la carte
35:45aussi des villes
35:47qu'ils veulent prendre,
35:48un reportage
35:49sur comment ils gèrent
35:50les villes,
35:50tout ça est vrai,
35:51y compris avec
35:52les affaires,
35:53l'affairisme
35:54autour de ça,
35:55mais il y a aussi
35:56cette dimension
35:56évidemment
35:58de solidarité
35:59anti-raciste
36:00qui nous font mettre
36:01et porter très fortement,
36:03sinon on n'arrivera pas
36:04à faire reculer
36:04l'ensemble
36:05de ces idées.
36:07Je peux compléter encore ?
36:08On n'a pas du tout
36:09le temps.
36:09Quelques secondes.
36:10Alors, quelques secondes.
36:11On commence tous les deux.
36:12Mais oui,
36:12je ne sais pas
36:13si vous étiez
36:13à la fête de l'humain,
36:14mais il nous avait fait
36:15le coup de tic et tac
36:16et on les arrêtait plus
36:17pendant une heure et demie
36:18sous le chapiteau.
36:21Alors, en quelques secondes.
36:23Vraiment, Mathieu.
36:24Non, mais je voulais juste
36:25te dire deux choses.
36:26D'abord, sur les milieux
36:27économiques, c'est tout à fait
36:28vrai.
36:28Une très grande partie
36:29du patronat a basculé,
36:30en effet,
36:32soit d'ailleurs
36:33par conviction,
36:34soit par calcul,
36:36soit par cynisme,
36:37soit par opportunisme.
36:38Et au fond,
36:38peu importe,
36:39ce qui compte
36:40négativement,
36:41oui,
36:41j'ai aucun doute
36:42qu'on partage,
36:43c'est le fait
36:44qu'ils aient basculé
36:45avec toutes les conséquences
36:46de cette bascule.
36:46Moi, ça me rappelle
36:49évidemment le livre
36:49L'Ordre du jour
36:50et ce qui s'est passé
36:51en Allemagne
36:52dans les années 30
36:53où au fond,
36:53c'est quand le patronat
36:54a basculé
36:55qu'il a tout emporté
36:55avec lui.
36:56Et un des moyens
36:57de tout emporter avec lui,
36:59c'est évidemment les médias.
37:00Et je crois que tu l'as dit
37:01tout à l'heure,
37:02je t'écoutais,
37:03il suffit de regarder
37:03le contrôle des médias
37:04en France,
37:04je parle des médias privés
37:05pour comprendre d'ailleurs
37:06la mainmise
37:07d'un certain nombre
37:08ou des milieux d'affaires,
37:09disons,
37:10et d'un certain nombre
37:10de milliardaires réactionnaires
37:11ou conservateurs
37:12sur les médias français.
37:13Ce qui m'inquiète d'ailleurs,
37:15il va falloir m'arrêter
37:16un moment,
37:16mais c'est l'offensive en cours
37:18sur l'audiovisuel public.
37:20C'est-à-dire que non seulement
37:20de contrôler,
37:22content, heureux
37:23de contrôler les médias,
37:24une grande partie
37:25des médias privés,
37:26ce qui est en train de faire
37:27la droite radicale,
37:28l'extrême droite,
37:29c'est d'essayer d'assommer
37:31et de mettre sous contrôle,
37:32de faire taire
37:33l'audiovisuel public.
37:33C'est l'objet
37:35de cette commission
37:36contre l'audiovisuel public.
37:38Je continue en disant...
37:40Non, Mathieu,
37:40l'avoue, français !
37:41Un mot pour dire...
37:42Non, mais un mot
37:43pour se retrouver là-dessus aussi
37:44parce que je pense
37:44que c'est fondamental.
37:45La question économique
37:46et sociale,
37:47elle est fondamentale.
37:48Mais tu as tout à fait
37:49raison de dire,
37:50et je voudrais insister,
37:51mais je vais dire
37:52la même chose différemment,
37:53c'est tic et tac.
37:54Donc je vais être le tac de tic.
37:56Mais moi,
37:56ce qui me frappe
37:57avec le Rassemblement National,
37:58c'est,
37:58je l'ai déjà dit,
37:59mais c'est le parti
38:00des boucs émissaires.
38:01Il y a toujours un responsable,
38:03il y a toujours un coupable.
38:04Le coupable,
38:04c'est toujours l'autre.
38:05Et l'autre,
38:06il ne faut pas se tromper,
38:07c'est toujours
38:07le plus vulnérable
38:08et le plus faible.
38:09C'est,
38:10je l'ai dit,
38:11l'immigré,
38:11l'étranger,
38:12le musulman,
38:13l'homosexuel,
38:14le précaire,
38:15etc.
38:16Mathieu,
38:16je suis vraiment désolée
38:17de vous couper.
38:18Il faut couper.
38:18Vraiment,
38:19il faut conclure.
38:19Je suis désolée.
38:21Allez.
38:22En tout cas,
38:22merci.
38:22Je suis désolée,
38:23Mathieu.
38:23Merci.
38:23Je suis vraiment désolée.
38:25Mais c'est parce que derrière,
38:27on va continuer évidemment
38:28sur cette idée-là.
38:32Vous allez le voir notamment
38:33avec nos prochains invités.
38:34Mais merci beaucoup
38:34parce que j'avais eu le plaisir
38:36de vous entendre
38:37à la fête de l'Humanité
38:38et ça fait beaucoup de bien
38:39d'entendre ce que vous portez.
38:42et ça fait beaucoup