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  • il y a 1 jour
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Avec Péli Mathias sur Europe 1 et vos deux chroniqueurs du jour,
00:04Kéli, Georges Fenech et Sophie Audugé.
00:06Bonjour et bienvenue à tous les deux.
00:08Bonjour Péli.
00:09Évidemment, une large partie de cette émission et de ce débat
00:11va être consacrée au mouvement des lycéens et des étudiants.
00:15Écoutons Philippe Baptiste, ministre de l'enseignement supérieur.
00:18Il est revenu sur une des propositions des étudiantes
00:20qui est de supprimer la plateforme Parcoursup.
00:22Il était sur BFM TV ce matin.
00:24Je ne veux pas du tout non plus dans une posture de défense.
00:26Il faut aussi faire évoluer l'outil.
00:28Je suis complètement convaincu.
00:29Je pense qu'il y a des choses qu'on peut faire.
00:31Il y a des choses qu'on peut ouvrir.
00:33Il faudra en discuter avec les organisations représentatives,
00:36avec tout le monde.
00:36Moi, je suis vraiment très ouvert là-dessus.
00:39Mais quelque part, il ne faut pas non plus faire de démagogie.
00:41C'est juste ça que je veux dire.
00:42Il y a des choses qui fonctionnent bien.
00:44Il y a des choses qui fonctionnent moins bien.
00:45Donc moi, je suis vraiment prêt à faire des évolutions.
00:47Je ne suis pas du tout dans une posture de fermeture.
00:49Mais à côté de ça, je pense qu'il faut aussi une grande ouverture
00:51sur ces différents sujets.
00:52Sophie Audugé, vous qui connaissez bien les problématiques
00:55liées à la jeunesse et aux étudiants et aux lycéens,
00:58Est-ce que Parcoursup, c'est une des principales revendications ?
01:01Il y en a d'autres.
01:02Mais est-ce que Parcoursup, c'est le problème ou c'est le symptôme ?
01:04Oui, c'est un symptôme éventuellement.
01:07Parcoursup, c'est une plateforme qui permet de gérer
01:10un nombre absolument démesuré de bacheliers
01:13pour les faire rentrer dans l'enseignement supérieur.
01:16Le problème n'est pas la plateforme.
01:18Le problème, c'est qu'on a trop de jeunes
01:20qui sortent avec un bac où ils ne sont pas au niveau
01:23pour aller dans une multitude d'offres de formation.
01:26En fait, le nœud du problème, il est dans le mot démesuré.
01:30De toute façon, on a eu une massification du système scolaire.
01:33On a trop de bacheliers, il n'y a pas d'offres d'emploi derrière,
01:36il n'y a pas les formations qui vont avec.
01:37Et en plus, ces bacheliers, on leur a menti sur leur niveau
01:39depuis à peu près la primaire.
01:40Donc, si vous voulez, aujourd'hui, le vrai problème
01:43de l'école et de l'éducation nationale,
01:45c'est qu'on a détruit l'instruction publique,
01:48qu'on a des hordes de jeunes
01:50qui estiment qu'ils ont le droit au même titre,
01:53au même titre qu'un droit social,
01:55d'aller dans le supérieur sans avoir aucun devoir
01:57et notamment aucune exigence de niveau.
01:59Est-ce qu'on peut leur reprocher à eux ?
02:01Non.
02:02Je veux dire, c'est de la faute des dirigeants,
02:04bien sûr, qui ont tué le système public français.
02:08Mais la réalité, c'est que Parcoursup
02:10n'est pas le sujet.
02:11Et je dirais même plus loin.
02:13Parcoursup favorise grandement
02:15les élèves des milieux les moins favorisés
02:18et avec les résultats scolaires, les moins bons.
02:20Les vraies victimes de Parcoursup,
02:22c'est le ventre mou,
02:23c'est les enfants de la classe moyenne
02:25qui n'ont pas la chance d'aller
02:26dans les quelques lycées,
02:28établissements élitistes français
02:30et qui, eux, se retrouvent déclassés complètement
02:34pour accéder à des établissements supérieurs
02:36pour lesquels ils auraient, eux, le niveau.
02:38Ce sont, eux, les vraies victimes.
02:39– Georges Venet, vous êtes d'accord
02:40avec ce que vient de dire Sophie Odigé ?
02:42– Je suis d'accord et en même temps,
02:43oui, je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit
02:45par Sophie,
02:47mais moi, je suis alors complètement
02:48du côté des lycéens sur cette affaire.
02:50Je vous le dis très franchement.
02:51– C'est votre côté, jaune.
02:52– Je n'aurais pas...
02:53Mon côté, pardon ?
02:54– Jaune.
02:54– Ben, jaune, parce que je me souviens encore
02:57quand je passais mon bac,
02:58si on m'avait dit qu'avec le bac,
03:00je n'étais pas encore sûr
03:01de pouvoir m'inscrire à la fac de droit,
03:03parce que je voulais m'inscrire à la fac de droit,
03:05je l'aurais très très mal pris.
03:06Vous vous rendez compte ?
03:07C'est toute une carrière,
03:08c'est toute une vie.
03:09Donc moi, je suis alors entièrement du côté...
03:11Par contre, ce qu'il faut effectivement,
03:13c'est que voir en amont,
03:14on a laissé trop de jeunes
03:15qui n'avaient pas vocation intellectuellement
03:19à poursuivre des longues études
03:21et qu'il aurait fallu réorienter
03:23plutôt au niveau, par exemple,
03:25de la troisième,
03:25comme on faisait à l'époque d'ailleurs.
03:27– Oui, pour leur permettre
03:28d'avoir un travail après.
03:29– Voilà, tout le monde n'a pas vocation
03:31à devenir bachelier
03:32pour faire ensuite des études supérieures.
03:34Seulement, une fois qu'ils ont leur bac,
03:36on leur dit non,
03:37voilà, ils ne remplissent pas les critères,
03:39donc ça pose vraiment...
03:40Et vous avez vu que les lycéens
03:42réclament en contrepartie
03:43de la suppression de la plateforme
03:45250 000 places supplémentaires
03:47en faculté, en université.
03:49Parce qu'effectivement,
03:50il y a un goulot d'étranglement.
03:51Il y a trop de jeunes qui ont le bac,
03:53trop de jeunes qui veulent aller à l'université,
03:55et donc ça ne peut pas fonctionner.
03:56– Sophie Odigé,
03:57je me pose une petite question
03:58un peu annexe,
03:59mais là, on le voit avec cette colère
04:00des lycéens qui prend de l'ampleur.
04:03Il y a, ça revient un petit peu,
04:05là, on peut le lire dans la presse
04:06ou l'entendre,
04:07il y a la question de l'interdiction
04:08des téléphones portables
04:10qui a été annoncée
04:11par le président de la République
04:12cette année,
04:13enfin cet été,
04:14mis en place dans la plupart
04:15des établissements
04:17à partir de la rentrée.
04:18Est-ce que le fait d'avoir interdit
04:19les téléphones portables,
04:21est-ce que ça a pu jouer
04:22aussi dans cette colère ?
04:25– Alors, c'est vrai que c'est une question
04:27qui tourne actuellement,
04:28je ne sais pas,
04:29je pense que ce qui joue dans la colère,
04:31c'est évidemment les syndicats
04:32qui asticotent cette jeunesse
04:34et qui la mettent dans la rue,
04:35je veux dire qu'il faut être clair quand même.
04:39C'est une jeunesse,
04:40et c'est étonnant,
04:41parce que justement,
04:42Georges le dit très bien,
04:43même les adultes aujourd'hui
04:47expliquent,
04:47c'est ce que vient de faire,
04:48genre un droit,
04:48il n'y a pas de droit
04:49à l'enseignement supérieur.
04:50Enfin, il faut être sérieux quand même.
04:52L'enseignement supérieur,
04:52c'est une formation
04:54qui coûte énormément d'argent,
04:55qu'on va prendre en charge
04:57en perspective
04:59d'un avenir professionnel.
05:00Il n'y a pas de droit
05:01par rapport à ça.
05:01Il y a des devoirs,
05:02des devoirs d'avoir
05:03le niveau de suivre.
05:04Il faut savoir
05:05que tous les jeunes
05:06qui vont rentrer en supérieur,
05:0860% vont échouer
05:09en première année.
05:10C'est un panier percé financier.
05:12Il faut qu'on arrête
05:13ce marasme-là.
05:15– Donc cette histoire
05:15de téléphone portable,
05:16vous l'excluz ?
05:16– Oui, je veux dire
05:17que le problème est…
05:19– Pour répondre à ma question.
05:20Merci Sophie.
05:22On continue d'en parler
05:23évidemment sur Europe 1
05:24de cette colère
05:26dans les lycées.
05:27On verra aussi
05:28les répercussions politiques
05:29sur la campagne présidentielle
05:30et bien sûr
05:31la réponse du gouvernement.
05:3213h26, vous écoutez
05:33Clélie Mathias
05:34et c'est Chroniqueur
05:35sur Europe 1.
05:3613h, 14h,
05:37Europe 1 Info.

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