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  • il y a 6 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Vous écoutez Coline Mathias sur Europe 1 et ses deux chroniqueurs, Jean-Michel Salvatore et Jules Therès.
00:06Allez, on parle de la réponse du gouvernement face à cette crise lycéenne.
00:09Écoutez Edouard Geffrey, le ministre de l'éducation nationale,
00:11qui a échangé avec une professeure concernant la plateforme mise en place pour les étudiants.
00:15C'était ce matin à Reims.
00:17Je voyais ce matin sur la plateforme, vous savez qu'on est ouverte.
00:20Il y a 51 000 contributions déjà.
00:22Donc en 48 heures, on est à 51 000 contributions.
00:25L'envoi a été fait mardi matin.
00:27Et donc, ils ont envie de dire des choses, je vais dire, loin des bruits de mortier,
00:33des choses très argumentées, très construites, d'avoir des réponses.
00:35Donc c'est là-dessus qu'on va travailler.
00:36C'est vrai que sans ça, ils ne s'étaient pas forcément exprimés sur les sujets.
00:39Et puis là, comme ils ont la parole, on entend des choses qu'on n'aurait pas forcément eu l
00:44'idée d'exprimer.
00:45Donc c'est une bonne chose.
00:46Une plateforme sur laquelle les lycéens, les étudiants, peuvent mettre ce qui ne va pas, écrire, le dire aussi.
00:52Et puis il y a ces temps de démocratie interne.
00:55Et voici la réaction de Bruno Bobkiewicz, qui représente le syndicat national du personnel des directions de l'éducation nationale.
01:02C'est une mascarade.
01:02On n'a pas attendu Sébastien Lecornu pour faire vivre la démocratie lycéenne.
01:07Jean-Michel Salvatore.
01:09Bah oui, c'est la démocratie lycéenne.
01:12C'est le grand débat qui revient.
01:14La ficelle est vraiment un peu grosse.
01:17Et on utilise exactement la même ficelle que pour les gilets jaunes.
01:20Vous vous souvenez, pour les gilets jaunes, on avait utilisé l'idée des cahiers de doléance.
01:24Et donc, il y a énormément de gens qui ont écrit des choses sur des cahiers, qui ont disparu.
01:29On ne sait pas ce qu'il y avait dans ces cahiers.
01:31Personne n'en a fait la synthèse et a publié ce qu'il y a.
01:35Il y avait certainement des bonnes choses à en tirer, d'ailleurs.
01:38Mais c'est de la com'.
01:39En fait, si vous voulez, c'est pour gagner du temps.
01:41C'est pour gagner du temps en disant, on va vous écouter.
01:45Le diagnostic partagé, il n'y a rien de plus important.
01:47Mais il faut faire les choses dans l'ordre.
01:50Donc, on va essayer de vous écouter.
01:51Puis ensuite, on agira.
01:52Non.
01:52En fait, l'idée, c'est qu'il n'y a pas un sou, comme on le disait tout à
01:55l'heure.
01:56Il n'y a pas un sou à dépenser.
01:57Donc, on essaye de faire un peu d'agitation pour donner l'impression qu'on s'en occupe.
02:04Mais au bout du bout, il ne se passera rien.
02:06Et les séances de démocratie interne scolaire, en fait, c'est pour renvoyer la balle aux proviseurs
02:15en leur disant, bon, débrouillez-vous, débrouillez-vous, mais nous, on ne sait plus faire.
02:18En fait, on est face à un pouvoir qui est complètement aux abois,
02:21qui n'a plus d'argent, qui n'a pas de majorité,
02:23qui n'a plus de temps non plus, puisqu'il ne reste plus que six mois.
02:26Et donc, ils font comme ils peuvent, et ils peuvent peu.
02:29Les proviseurs ne sont pas forcément contents de ce temps de démocratie interne.
02:33Non, mais parce que c'est un verbiage technocratique.
02:37Que la démocratie lycéenne, moi j'aimerais bien qu'on me définisse ce que c'est.
02:41Que ce temps de réflexion, encore une fois, je ne suis pas sûr que ce soit demandé.
02:45Même s'il y a beaucoup de choses à dire sur les revendications, je ne suis pas tout à fait
02:48sûr
02:48que ce soit quelque chose qui est majoritaire dans les revendications des lycéens.
02:52Mais on a un gouvernement qui, en effet, soit ne répond pas,
02:55soit répond par une question technocratique,
02:57avec en effet des vieilles ficelles qui ont déjà été utilisées.
02:59Je vous rappelle que celui qui avait fait le grand débat national,
03:01c'était nul autre que Sébastien Lecornu pour le compte d'Emmanuel Macron.
03:05Donc voilà, la boucle est bouclée.
03:07Mais encore une fois, ça dit tout de ce pouvoir qui est incapable d'abord d'empathie,
03:12qui est incapable d'une réponse extrêmement claire,
03:15et qui, oui, navigue comme ça, à vue.
03:17On vous annonce sur la question du gasoil que ce sera en novembre,
03:21là ce sera fin octobre.
03:22En fait, on a un gouvernement qui ne sait plus répondre à l'urgence.
03:25C'est parfois très bien de ne pas répondre à l'urgence.
03:27Mais là, on est encore une fois dans une séquence qui est extrêmement compliquée,
03:32une séquence où il y a des polycrises, il y a des crises sociales,
03:35il y a des crises économiques, il y a des crises budgétaires,
03:37il y a une crise politique dont on n'arrive pas à sortir
03:39depuis cette dissolution catastrophique de 2024.
03:42Mais la question, c'est qu'on peut arriver à quelque chose qui soit dramatique.
03:46Quand vous parlez, notamment avec des personnes qui sont à l'étranger,
03:51du regard que les étrangers portent sur la France,
03:54mais c'est absolument catastrophique.
03:56En ce moment, il y a des grandes négociations entre la Chine et l'Union Européenne,
03:59entre la Chine et les États-Unis,
04:00sur la question de l'intelligence artificielle,
04:02avec le sujet des centaines et des centaines de milliards,
04:05parce qu'en fait, c'est le sujet majeur du XXIe siècle,
04:08et on est complètement en train de perdre ce combat et qu'on est à la ramasse.
04:12Et nous, on est en train de discuter,
04:13de savoir si on peut, oui ou non, ne pas se faire bloquer le pays
04:17par des gamins de 16 à 17 ans.
04:19Moi, il y a un sujet que je trouve assez étonnant,
04:21c'est parler de démocratie lycéenne.
04:23Pourquoi faudrait-il que ce soit la démocratie dans un lycée ?
04:27On peut évidemment écouter les élèves, ça, bien sûr.
04:30Oui, c'est ce qu'on entend par leur donner la parole,
04:32savoir ce qui va, ce qui ne va pas, ce qui...
04:33Dans un lycée, il y a des profs qui savent,
04:36et puis il y a des élèves qui sont là pour apprendre.
04:39À force, si vous voulez, de relativiser et de finalement dire que,
04:42bon, prof, prof et élève, c'est à peu près la même chose,
04:46on met tout le monde sur un pied d'égalité,
04:48on finit par renier complètement toute idée d'effort,
04:52toute idée d'excellence, etc.
04:54Quand on voit, par exemple, qu'on a supprimé les estrades dans les lycées,
04:58c'est parce qu'on veut dire que finalement, tout le monde est à égalité.
05:01Mais non, je suis désolé.
05:03Mais dans une école qui marche, vous avez des profs qui enseignent,
05:06et vous avez des élèves qui essayent de comprendre,
05:10et qui recherchent l'excellence, qui recherchent l'effort.
05:13C'est ça, une école qui marche.
05:14C'est ça, une école qui marche.
05:16Donc, parler de démocratie, je trouve ça assez curieux,
05:19et je trouve que c'est déjà donner le point à l'extrême gauche,
05:23d'une certaine façon, qui vous explique que Parcoursup,
05:26c'est horrible parce que ça veut dire la sélection.
05:27Mais oui, bien sûr qu'il y a de la sélection.
05:29Bien sûr que tout le monde ne sera pas président de la République.
05:32Oui, mais encore une fois, il y a une interview qui m'a beaucoup marqué,
05:36c'est celle de Philippe Devilliers dans le journal du dimanche.
05:38Je trouve qu'il posait un diagnostic qui était extrêmement clair,
05:40plus que juste sur la seule question des jeunes et du mal-être des jeunes.
05:44En réalité, ça se couple à une crise de l'autorité,
05:47à une crise de la famille, à une crise de la civilisation,
05:50à plein d'autres choses qui ne sont pas seulement la question des lycéens,
05:54mais qui est une question de génération en réalité.
05:56Cette génération, elle est complètement sacrifiée.
05:58Cette génération, elle n'est même plus réellement française.
06:00D'ailleurs, je n'ai pas vu un seul drapeau français, moi, dans ces manifestations.
06:03Je constate qu'il y avait des drapeaux algériens, marocains, palestiniens.
06:06Donc encore une fois, le sujet, c'est de refaire des Français
06:08et de refaire une société qui est complètement civilisée.

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