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  • il y a 7 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:03Europe 1 Info se poursuit sur Europe 1 avec vous Clélie Mathias et vos chroniqueurs Thomas Bonnet et Yvan Riouffol.
00:08Le ministre de l'éducation nationale est en ce moment dans un lycée des Yvelines.
00:12Il craint un embrasement national. On continue de parler de ce mouvement des lycéens.
00:17Et je voudrais vous faire écouter la réaction de Ségolène Royal qui est candidate à la primaire socialiste.
00:21Elle a réagi, elle était sur France Inter ce matin.
00:23Regardez ce qui se passe aujourd'hui avec les lycéens. C'était parfaitement prévisible, contrairement à ce que j'entends.
00:28Puisque les lycéens ont bougé il y a deux ans, il y a trois ans.
00:31On a eu huit ministres de l'éducation en dix ans qui ont tous fait des réformes allant dans tous
00:35les sens.
00:36Donc ce système éducatif a été secoué.
00:38Et on a affaire à une génération dépossédée, à une génération anxieuse qui a envie de travailler.
00:45C'est vraiment rien d'avoir envie de travailler.
00:47C'est juste un mot. Moi j'aime la jeunesse de notre pays.
00:50Il faut aimer les jeunes. C'est notre avenir au lieu de les frapper.
00:53Voilà, il faut aimer... Pourquoi vous rigolez Thomas Bonnet ?
00:57Il faut aimer les jeunes au lieu de les frapper.
00:58Je trouve le raisonnement, si on peut appeler ça un raisonnement de Ségolène Royal, un peu simpliste.
01:03Il faut aimer les jeunes plutôt que les frapper.
01:04Enfin pardon, on n'a pas besoin de ce genre de poncifs.
01:07Après ils ont envie de travailler.
01:08Bon, ça saute pas aux yeux tout de suite.
01:11Quand on voit les manifestations et surtout les violences.
01:14Après là où je pourrais être d'accord avec Ségolène Royal,
01:17mais ça me paraît une évidence, c'est qu'il faut miser bien sûr sur notre jeunesse.
01:20Mais quelle jeunesse ?
01:21Et que va-t-on pouvoir faire de cette génération qui aujourd'hui nous donne l'impression...
01:25Alors pas à toutes ces générations, ils vont à rappeler au Stade de France.
01:28Il y a aussi un élan, il y a aussi une jeunesse qui existe dans ce pays
01:30et qui a envie de faire de grandes choses.
01:32Vous en avez d'autres qui sont en train de se sacrifier eux-mêmes
01:35par leur comportement, par leurs mauvais résultats à l'école.
01:39Ils sont en train de se mettre une balle dans le pied pour leur avenir à eux.
01:42Et c'est ça le drame, c'est pour eux d'abord.
01:44Mais quand on les entend, ils disent, mais voilà, il faut qu'on en passe par là
01:47et qu'on aille dans ces violences-là si on veut se faire entendre.
01:51Je pense que c'est ridicule et inexact.
01:54On peut tout à fait se faire entendre sans verser dans la violence.
01:58Après, à leur décharge, je crois que le ministre de l'Éducation nationale
02:02a un peu tardé avant d'écouter cette colère
02:05et que peut-être, peut-être, on aurait pu éviter ce débordement.
02:08On va parler de la réponse du gouvernement,
02:09mais je voulais l'avis d'Yvan Riouffol sur cette déclaration de Ségolène Royal ce matin.
02:13C'est toujours désarmé devant l'angélisme des belles-âmes dont Mme Royal en fait naturellement partie.
02:19J'ai entendu également les socialistes hier soir nous dire que c'était des enfants.
02:23Ces casseurs sont des enfants.
02:25Or, si on avait à juger tous les incompétents, singulièrement les incompétents en Éducation nationale,
02:30c'est bien effectivement la gauche, le Parti Socialiste,
02:33qui devrait avoir à répondre de ces actes.
02:36Parce que c'est effectivement, et Ségolène Royal d'ailleurs également,
02:38elle a été ministre de l'Éducation nationale.
02:40Or, c'est bien la gauche qui a imposé le collège unique,
02:43qui a imposé le bac pour tous,
02:45qui a imposé un égalitarisme,
02:46qui maintenant fait en sorte qu'il y a au moins trois ou quatre écoles
02:50qui sont parfaitement inégalitaires.
02:52Et donc, c'est bien cette gauche-là qui se plaint des effets dont elle chérissait les causes.
02:56Donc, c'est à eux, effectivement, de rendre des comptes,
02:59et je les trouve, bien entendu, inaudibles,
03:01quand ils déplorent ce que nous étions quelques-uns à décrire depuis maintenant des années et des années,
03:06à savoir qu'on ne peut pas demander à une éducation nationale
03:09de transmettre une culture commune
03:11quand il n'y a plus de culture commune
03:12à cause d'une immigration de peuplement.
03:14Parce que c'est aussi ça, le vrai problème,
03:16qu'une immigration de peuplement qui ne s'intègre plus
03:18et qui a été applaudie par cette même gauche.
03:20Donc, c'est une gauche incendiaire,
03:21comme sont incendiaires également, naturellement,
03:24les petits voyous.
03:25Mais l'Éducation nationale,
03:27dont un essayiste avait dit que c'était la fabrique du crétin,
03:31c'est maintenant une éducation nationale
03:32qui devient pour partie la fabrique du casseur nihiliste.
03:36Et ceci, j'en tiens pour responsable,
03:39toute cette gauche progressiste
03:41qui, encore une fois, se regarde le nombril
03:43et ne voit pas les désastres qu'elle produit
03:44avec ses îles fausses.
03:46Thomas Bonnet.
03:46C'est vrai que c'est assez paradoxal
03:47que ce soit la gauche qui soit aujourd'hui à la manœuvre
03:50pour protester contre les résultats d'une politique
03:52dont elle est responsable.
03:54D'une part, bien sûr, sur le refus de l'autorité,
03:56sur la déconstruction de l'ordre au sens large,
03:59et aussi, et à mon avis c'est primordial
04:02dans la façon avec laquelle on doit analyser
04:04ce qui est en train de se passer,
04:06l'absence de volonté de vouloir faire un récit commun,
04:08un roman national,
04:09de l'assimiler tout le monde derrière la même histoire,
04:12les mêmes souvenirs, les mêmes héros.
04:14Tout ça a été déconstruit, détricoté,
04:16et on en paye aujourd'hui la facture.
04:18Donc, ils ont beau jeu de vouloir faire, en effet,
04:20les belles âmes aujourd'hui,
04:21de dire qu'on doit bien traiter la jeunesse.
04:23C'est précisément la gauche,
04:25en tout cas les idées de gauche,
04:26qui ont façonné la jeunesse telle qu'elle existe aujourd'hui,
04:30et qui ont généré autant de difficultés,
04:33autant de problèmes.
04:35Et malheureusement, là aussi, on les voit chaque jour.
04:37On incrimine aussi beaucoup les réseaux sociaux.
04:38Je me faisais une réflexion.
04:39Vous parliez de récits communs.
04:41Mais quand on n'a pas les mêmes récits sur les réseaux sociaux,
04:43et il y avait un édito dans Le Parisien qui en parlait,
04:45et puis j'ai eu moi-même une expérience
04:47et une discussion ce week-end à ce sujet-là,
04:50quand sur nos réseaux sociaux,
04:51on voit par exemple des violences
04:52qui sont faites contre des proviseurs,
04:54contre des professeurs,
04:55ou même parfois contre d'autres élèves.
04:57Et quand, de l'autre côté,
04:58les élèves voient eux des violences dites policières,
05:01forcément, il n'y a pas le même récit non plus.
05:03Et donc pas de dialogue possible.
05:05Bien sûr, c'est vraiment primordial.
05:08C'est primordial ce que vous venez de dire,
05:09c'est-à-dire qu'il y a des bulles de réalité différentes.
05:11Chacun vit un peu dans sa bulle,
05:12avec ses idées,
05:13se conforte dans ses pensées,
05:14sans se confronter à l'altérité,
05:17sans se confronter à un discours différent.
05:19Donc certains sont enfermés,
05:21persuadés,
05:22vraiment persuadés,
05:23qu'on est dans un état policier,
05:25et qu'il y a chaque jour des mutilations devant les lycées.
05:28Ça, c'est ce qu'ils pensent,
05:29parce qu'ils voient des images.
05:30Parce qu'ils voient des images.
05:30Qui sont parfois d'ailleurs des vraies ou des fausses images,
05:32peu importe.
05:33Et donc, ils n'ont pas de prise avec une réalité.
05:35Et on pourrait imaginer qu'à l'inverse,
05:37certains vivent dans la réalité d'un chaos permanent devant les lycées,
05:39là où la situation est peut-être un peu plus nuancée.
05:42C'est un vrai sujet,
05:43c'est un sujet sur cette question,
05:44mais ce sera un sujet sur toutes les thématiques de l'actualité.
05:49sur les faits.
05:50Bon ben là, on n'arrive même pas à l'être.
05:51Non, on n'arrive pas à l'être,
05:53et on ne le sera pas,
05:53parce que ce n'est pas simplement les réseaux sociaux qu'il faut accabler,
05:56c'est qu'il y a une véritable fracture civilisationnelle.
05:59J'entendais ce matin Rotaillot,
06:00sur votre antenne, je crois me souvenir,
06:02dire que cette jeunesse n'est pas la jeunesse française.
06:04Si, cette jeunesse est une jeunesse française,
06:07et ce sont des jeunes français,
06:08simplement, il y a deux France,
06:09il y a deux jeunesses,
06:10il y a deux France,
06:11il y a deux civilisations,
06:12il y a deux cultures,
06:12et c'est des cultures qui ne se parlent plus.
06:14C'est des cultures qui s'affrontent,
06:15et c'est en cela que,
06:17même si les réseaux sociaux font paraître cette dissonance,
06:21la dissonance est beaucoup plus profonde,
06:23beaucoup plus grave,
06:23et elle ne pourra pas se réduire simplement par des mots.
06:27Je pense qu'il y a,
06:28nous arrivons vers une ou deux générations perdues,
06:30je ne vois pas d'autres mots que ceci,
06:33pour essayer,
06:34afin de tenter de réparer ensuite,
06:35effectivement,
06:36une cohésion nationale qui a été mise à mal,
06:38par des aveuglements,
06:39et des idées folles,
06:40laissant croire que l'on pouvait faire venir indifféremment
06:45des peuples avec des cultures si différentes,
06:48notamment,
06:48ce qui est une des causes de cette fracture sociale,
06:51identitaire et culturelle.
06:52Yvan Réffold,
06:53Thomas Bonnet dans le débat d'Europe 1 Info,
06:55continue de parler des lycées,
06:56de ce mouvement en contestation de la jeunesse,
06:59quelle réponse du gouvernement,
07:00et je dis ça alors qu'Edouard Geffray est justement
07:02dans un lycée des Yvelines,
07:04pour faire quelques annonces et des déclarations à ce sujet.
07:06A tout de suite.
07:07Il est 13h39 sur Europe 1.
07:0913h-14h
07:11Europe 1 Info
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