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  • il y a 5 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Bienvenue par 21 sur Europe 1, Clélie Mathias, on vous retrouve avec vos chroniqueurs du jour.
00:06Sébastien Lillier, Hélène Rouet et Michel Fayad.
00:0848 lycées bloqués ce matin selon le ministère de l'éducation nationale.
00:12Pardon, je ne vous ai pas dit bonjour.
00:13Bienvenue Clélie !
00:14Il faut dire qu'on papotait depuis quelques temps, quand même.
00:18Bref, les lycées donc toujours bloqués malgré les annonces du gouvernement.
00:21Écoutez, Louis Alliot, le vice-président du RN, maire de Perpignan,
00:24qui a dénoncé cette minorité qui bloque la reprise des cours dans le calme.
00:28Il était l'invité de Laurence Ferrari ce matin sur Europe 1.
00:30Je crois qu'hier d'ailleurs, il y a eu des affrontements devant un lycée,
00:33entre des parents d'élèves qui voulaient ouvrir le lycée, en quelque sorte pour leurs enfants,
00:37et ceux qui ne voulaient pas.
00:38Donc en plus, on crée de la division parce que ce gouvernement est faible.
00:42C'est une minorité qui bloque aujourd'hui le système éducatif.
00:46Il faut réouvrir les lycées, il y a des moyens pour ça,
00:49mais encore faut-il en prendre les mesures et le gouvernement ne le fait pas.
00:52Il est anormal que les lycées soient condamnés par cette minorité agissante
00:57d'extrême-gauche.
00:58D'ailleurs, tous les porte-parole que l'on voit à la télévision
01:01sont curieusement d'ailleurs de gauche ou d'extrême-gauche.
01:04Il n'y en a aucun de droite.
01:05Alors on a envie dans les reportages également de la rédaction d'Europe 1.
01:09Dans certains lycées bloqués, ce sont les parents qui prennent les choses en main,
01:12qui disent « c'est pas possible, ça suffit,
01:14il faut que nos enfants qui passent le bac pour certains aillent en cours ».
01:17Donc ils débloquent, ils s'organisent, c'est normal, Hélène Rouet.
01:20Alors non, ça n'est absolument pas normal.
01:22C'est vrai que c'est incompréhensible de la part notamment de nombreux lycées.
01:24On ne comprend pas trop pourquoi, parce que les nombreux lycées en fait disent
01:27à toutes les promos de lycées que les absences sont excusées, etc.
01:30Alors que les images qui nous parviennent encore de ce matin,
01:33c'est quand même une ultra minorité.
01:35C'est-à-dire que vous avez parfois dans des lycées
01:3710 élèves sur des promos de 300 personnes.
01:40C'est seulement 10 élèves qui mettent pour le coup
01:42trois fois leur nombre en poubelle,
01:43et donc du coup vous n'avez pas accès au lycée.
01:45Donc bien sûr que non, ça n'est pas normal.
01:47On comprend l'inquiétude des parents.
01:48Parce que sur justement quand même cette grande majorité des lycéens
01:51qui aimeraient pouvoir retourner en cours,
01:52il y a des vraies inquiétudes, il y a des reportages aussi.
01:55On commence à interroger justement ces lycéens
01:56qui s'inquiètent pour leurs études,
01:58qui s'inquiètent pour leur bac,
01:59qui s'inquiètent pour leur avenir.
02:00Ils étaient déjà assez inquiets et anxieux comme ça.
02:03Et là maintenant, il faut leur donner une nouvelle raison.
02:05Exactement.
02:05Mais je pense que le gouvernement est quand même en train de faire une erreur
02:09parce que le gouvernement depuis le début
02:11a toujours dit qu'il prenait ses blocus,
02:12ses revendications très au sérieux.
02:14Pourquoi pas ?
02:14Sauf que là, le gouvernement a donné une tribune
02:17à un mouvement qui en réalité n'est plus un mouvement lycéen,
02:19qui est un mouvement politique.
02:21Vous avez des personnes, et en réalité,
02:22maintenant on ne parle même plus des revendications.
02:24Quand vous leur posez la question,
02:26ils ne vous évoquent même plus Parcoursup,
02:27ils ne sont jamais contents,
02:28alors que le gouvernement a fait énormément de possessions.
02:30Ils ont tenu la peau de Parcoursup, surtout.
02:31Mais oui, mais ils ne sont toujours pas contents.
02:33Et ils sont toujours devant.
02:34C'est 48 c'est sur 3700 en France.
02:36Bien sûr.
02:36Mais c'est là où je dis,
02:38c'est un mouvement qui en réalité n'est plus un mouvement lycéen,
02:40c'est un mouvement politique,
02:40et selon moi l'État fait une erreur en leur donnant une tribune.
02:43Sébastien Ligné ?
02:44Ce qui est vraiment dramatique dans cette situation,
02:47c'est que le grand perdant de toute cette histoire,
02:48c'est l'école publique, malgré tout.
02:51Et c'est terrible, parce que ça devrait être un joyau.
02:54On devrait être fier en France d'avoir eu une école publique
02:57qui a formé l'excellence pendant des décennies.
03:00Et aujourd'hui c'est de moins en moins le cas.
03:01Et moi je comprends totalement des parents,
03:03et d'ailleurs on le voit dans les chiffres,
03:04vous avez des parents qui même de classe moyenne,
03:07voire de classe populaire,
03:08font des efforts importants sur des à-côtés de la vie,
03:11pour pouvoir offrir à leurs enfants une éducation dans le privé.
03:15L'idée un petit peu caricaturale de l'école privée c'est pour les riches,
03:19l'école publique c'est pour les pauvres,
03:20c'est terminé ça.
03:21Aujourd'hui malheureusement,
03:22vous avez des familles dans la classe moyenne salaire médian
03:26qui se privent tous les mois
03:28parce qu'ils veulent absolument envoyer leurs enfants dans le privé,
03:30parce qu'ils ne veulent pas que leurs enfants aient à subir des blocages,
03:34aient à subir des classes trop chargées,
03:36aient à subir la tyrannie d'une minorité de lycéens, etc.
03:39Et moi ça me désole parce que,
03:41moi à titre personnel j'ai fait toute mon éducation dans l'école publique
03:44et je pense que c'est un ascenseur social extraordinaire,
03:48mais j'ai peur que ce soit en train de disparaître.
03:51Et d'ailleurs regardez les chiffres sur l'école à la maison,
03:53c'est pareil,
03:53vous avez des parents aujourd'hui
03:54qui préfèrent envoyer leurs enfants et faire l'école à la maison
03:57avec tout ce que ça implique d'un point de vue social
04:00sur la perte de relations des enfants
04:02plutôt que d'envoyer leurs enfants à l'école,
04:04c'est dramatique.
04:05Monsieur Fayyad, quelle lecture vous avez ?
04:07Oui enfin presque tout a déjà été dit,
04:09mais...
04:09C'est vrai que vous vous intervenez en troisième.
04:12On ne se rattrape pas, premier.
04:14Ok, mais oui je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit,
04:17que ce soit d'Hélène ou que ce soit de Sébastien
04:20et je pense que ce qui est vraiment malheureux,
04:22c'est que les jeunes ne comprennent pas,
04:24enfin les jeunes qui manifestent encore,
04:26et qui bloquent en tout cas encore,
04:28ne comprennent pas que la vie c'est aussi,
04:31c'est bas sur le mérite, sur le succès,
04:33et pas de manière égale.
04:34Oui, et donc la sélection,
04:36pas uniquement chacun est égal
04:38et chacun va arriver,
04:39comme vous le disiez tout à l'heure,
04:41à 100% de réussite au bac.
04:43Tout ça, ça ne rime à rien,
04:45ça a conduit à la destruction de notre système,
04:49de faire croire aux jeunes
04:50que vous allez tous avoir aujourd'hui le bac,
04:54demain votre licence,
04:55ensuite votre master,
04:56vous aurez tous un emploi.
04:57Non, la société elle n'est pas faite
04:59pour avoir autant de jeunes
05:01qui ont le bac, la licence, le master,
05:04la société elle est faite de différents métiers,
05:06il n'y a pas de sous-métiers,
05:07on a besoin de différents métiers
05:10pour développer la France,
05:13travailler, faire que la France
05:14soit en ordre de marche,
05:16et donc je pense qu'il faut vraiment
05:18réformer notre système éducatif.
05:20Alain Rouet ?
05:21Oui, ce qu'on voit c'est aussi les conséquences,
05:22vous avez tout à fait raison d'insister là-dessus,
05:24sur les conséquences du pédagogisme,
05:25à expliquer à tous ces jeunes justement
05:27qu'il fallait absolument avoir un diplôme,
05:28qu'il fallait faire bac plus 5,
05:30à expliquer que de toute façon
05:31ils étaient tous absolument formidables,
05:32vous avez aujourd'hui une gauche
05:34qui continue de s'émerveiller
05:35et de trouver ces jeunes absolument très créatifs,
05:37parce qu'ils font des petits dessins
05:38sur des cartons
05:38et qu'il faut des fautes d'orthographe.
05:40Donc c'est quand même un véritable problème,
05:41vous avez raison d'insister là-dessus,
05:45là on est en train de payer malheureusement
05:47aussi les conséquences d'un pédagogisme
05:49qu'on a induit dans l'école
05:50depuis 40-50 ans
05:51et qu'on a toujours été incapables d'enlever.
05:54Hélène Rouet, Michel Fayad, Sébastien Ligné
05:56dans le débat d'Europe 1 Info.
05:57Pendant ce temps,
05:58l'économie française est en très mauvaise situation.
06:01Défaillance d'entreprise,
06:01pouvoir d'achat en baisse,
06:02morale des patrons en berne,
06:04le BHV,
06:05JIFI en redressement judiciaire.
06:07Cela a des conséquences sur notre quotidien,
06:09on en parle juste après le journal permanent
06:10d'une heure et demie sur Europe 1.
06:1113h-14h, c'est Europe 1 Info
06:13et c'est avec Lélie Mathias sur Europe 1.
06:1413h-14h, Europe 1 Info.

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