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  • il y a 34 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00... sur BFM TV, mettre avec nous les temps directs avec vous comme tous les soirs.
00:04Réunion de crise ce soir autour d'Emmanuel Macron.
00:06Réunion qui est terminée, on va en parler dans un instant pour cette grande journée de mobilisation.
00:1066 et 450 000 personnes dans les rues, nouvel appel à manifester jeudi.
00:15Mais le gouvernement veut que les cours reprennent.
00:17Alors va-t-il réussir le gouvernement à faire repartir les lycéens en classe ?
00:21Ou va-t-on vers l'embrasement ?
00:23Débat tout à l'heure notamment entre Alexis Corbière et Laurent Jacobéli.
00:25Mais juste avant, notre invité est candidat à la primaire du PS et de Place Publique.
00:29Premier secrétaire du PS. Bonsoir Olivier Faure.
00:31Bonsoir Maxime Switek.
00:32Merci d'avoir la invitation ce soir pour vous interroger.
00:36Lisa Dev, bonsoir Lisa, Yves Tréard, Anne-Saura Dubois, Sophia Tizé, oui, reste avec nous.
00:39Merci Sophia qui a été longtemps Sophia, présidente de l'union syndicale lycéenne.
00:46Olivier Faure, qu'est-ce que vous ?
00:47Elle revendique parce qu'elle revendique son droit à l'avenir.
00:50J'avais deux de mes enfants qui étaient dans les manifestations.
00:53J'y étais moi-même. C'était joyeux.
00:55C'était vraiment magnifique.
00:57C'est en fait, ça me rappelait, alors maintenant je suis vieux, mais enfin ça me rappelait ces années où
01:02moi-même j'ai pris conscience de ce que nous étions.
01:04C'est cette entrée dans la démocratie.
01:06Se dire qu'effectivement à un moment quand on pèse, quand on compte, on obtient aussi.
01:11Il y a déjà eu des victoires obtenues la semaine dernière avec l'abandon des droits d'inscription pour les
01:15BTS et pour les prépas.
01:17J'espère que dans les prochaines heures, ils auront d'autres victoires.
01:20Et c'est vrai que quand on les écoute, et je le sais pour le vivre quotidiennement chez moi, en
01:25fait, la réforme Blanquer, c'est une...
01:49Ils ont beaucoup couronné leurs angoisses.
01:52Et évidemment, ça développe aussi de la phobie scolaire.
01:54J'entends que vous reprenez les revendications des lycéens ce soir.
01:57Il y en a une dizaine qui sont sur la table.
01:58Vous disiez que c'était joyeux cet après-midi.
01:59Ce n'était pas que joyeux.
02:00C'était là où j'étais, c'était joyeux.
02:02Il y avait des gens qui chantaient.
02:04J'ai vu les jours précédents...
02:04On a 488 interpellations rien qu'aujourd'hui.
02:07Oui, alors, pardon, mais enfin, j'ai l'impression quand même que le filet, ou des mailles serrées plutôt,
02:12parce qu'on a en quelques jours mis en garde à vue plus de lycéens qu'on a mis de
02:17gilets jaunes pendant toute la durée des gilets jaunes.
02:19Donc il y a une forme, disons les choses, de dissuasion, de volonté de dire aux jeunes, restez à la
02:25maison, ne bougez plus.
02:26Mais la vérité, c'est qu'on prend la plupart des jeunes qui sont là, sont en garde à vue,
02:33puis après on les relâche parce qu'il n'y a rien à retenir contre eux.
02:35Donc c'est quand même, en fait, de l'intimidation, plus que ça n'allait de la justice.
02:39Olivier Faure, ce soir, le gouvernement, Sébastien Lecornu, et on verra dans un instant,
02:43qu'un soir, du bois, ce qu'il s'est dit à l'Élysée,
02:45mais Sébastien Lecornu, tout à l'heure, disait aux lycéens,
02:47écoutez, on reprend les cours, à partir de demain, progressivement,
02:50et on organise un temps d'échange démocratique.
02:53Venez parler avec vos profs de vos revendications, etc.
02:55Les proviseurs sont très sceptiques, voire refusent.
02:58Qu'est-ce que vous dites ce soir ?
02:59C'est quand même une bonne idée ?
03:00Il faut qu'il y ait ce moment-là d'échange et de dialogue ?
03:03Moi, je pense surtout qu'il faut laisser l'Assemblée Générale se tenir.
03:06Dans les lycées ?
03:07Dans les lycées, ou si les lycées sont fermés.
03:10J'ai vu qu'Emmanuel Grégoire ouvrait à Paris ses mairies d'arrondissement.
03:15Je pense que, en tout cas, j'appelle les maires socialistes dans toute la France
03:18à permettre d'accueillir, de donner des lieux qui soient des lieux possibles
03:24pour que les assemblées générales se tiennent
03:25et que les lycéens puissent décider de leur propre avenir.
03:28Vous ne les ferez pas rentrer à la maison sur injonction.
03:30Ça n'existe pas. Ça n'est jamais arrivé à aucun moment, sur aucun mouvement.
03:35Donc, ce qu'il faut, c'est avoir un dialogue.
03:37Je regrette, j'ai rencontré Riyad Rani la semaine dernière,
03:40avant même qu'il ne rencontre le ministre,
03:43qui est le successeur de Sofia Tizaoui à l'USL.
03:48Que demandent les organisations syndicales lycéennes ?
03:52Elles demandent simplement à ce que le dialogue soit engagé,
03:55qu'il soit considéré pour ce qu'elles sont,
03:57et qu'il y ait des avancées possibles.
03:59Si ce soir, Parc-Rossup est abandonné,
04:02si la réforme Blanquer, on oublie, etc.,
04:03je pense qu'il y a beaucoup de gens qui diront
04:05« Ok, on a gagné quelque chose. »
04:07Si c'est pour leur dire « Écoutez, on va vous amuser. »
04:10« On attend les vacances de la Toussaint. »
04:12Comme ça, à la fin, vous serez tous rentrés au bercail
04:14et puis il ne se passera plus rien.
04:16Franchement, il ne faut pas les prendre pour des cons.
04:17Anne, que disent ce soir les entourages après cette réunion à l'Elysée
04:22avec Emmanuel Macron, le Premier ministre, etc. ?
04:24Voilà, donc 1h30 de réunion.
04:25Emmanuel Macron qui a convoqué le Premier ministre
04:27et notamment le ministre de l'Éducation nationale.
04:31Une poursuite du suivi comme l'a fait le chef de l'État ce week-end
04:34et la poursuite des engagements pris par le Premier ministre
04:36dans sa question au gouvernement cet après-midi.
04:39Voilà ce que dit l'entourage du Président de la République
04:41avec le retour de l'ordre,
04:43avec la proportionnalité dans l'usage de la force.
04:46La poursuite du dialogue sur les revendications
04:48qui précise l'entourage du Président de la République
04:50correspond en partie à ce que le Président de la République
04:52a lui-même déjà porté,
04:54la question notamment des rythmes scolaires.
04:56Oui, des rythmes scolaires.
04:57Effectivement, il a fait une convention mais qui n'a rien donné.
05:00On en parlait hier avec Isabel.
05:02L'absence bien sûr longue des professeurs,
05:04donc sujet extrêmement important.
05:06Et puis, je rajoute la lucidité
05:08sur l'instrumentalisation du mouvement
05:11faite par la France Institution.
05:11J'ai une même question pour Sofia Tizaoui
05:13et pour Olivier Faure ce soir.
05:15Que doit faire le Premier ministre ?
05:16Sofia ?
05:17C'est simple.
05:18Il doit appliquer ce qu'on demande.
05:20Franchement, s'il veut un jour
05:23que la France soit tranquille
05:25et qu'on rentre chez nous,
05:27c'est simple.
05:27Il faut juste à un moment donné
05:28écouter les revendications
05:30et appliquer ce qu'on demande.
05:31Et aujourd'hui, on voit bien que
05:33sur certains points,
05:33il n'est pas prêt à flancher.
05:35Ou en tout cas, pas encore maintenant.
05:36Si un travail qui est fait
05:37sur les absences longues des professeurs,
05:38le bâti scolaire,
05:40les rythmes scolaires,
05:41et revoir par conçu,
05:43parce que pour vous,
05:43c'est déjà un début suffisant ?
05:45C'est une refonte totale
05:47du système éducatif
05:48qu'il faut revoir, honnêtement.
05:49Avec le désastre
05:51qu'il y a eu
05:52ces 20 dernières années
05:53et même, je peux encore remonter,
05:54je pense.
05:55Là, c'est juste
05:56une casse immense.
05:57Qu'est-ce qu'il faut en plus
05:58de ce que je viens de vous citer ?
05:59Parcoursup,
06:00les rythmes,
06:00les professeurs,
06:01le bâti.
06:02Vous voulez que je vous redonne
06:02les 10 mesures ?
06:03Attendez, que je les retrouve,
06:04les 10 mesures,
06:04ou peut-être que Lisa les a.
06:05Je les cherche aussi,
06:07mais je vais les retrouver.
06:07Non, je vous laisse.
06:08Il y a 10 milliards pour l'école,
06:09ce n'est pas prévu ce soir.
06:11Ce qui est quand même curieux,
06:13c'est qu'on ne peut pas
06:14prendre des engagements
06:14pour l'avenir
06:16sans tenir compte
06:16de ce qui se fait au présent.
06:18Et le problème,
06:18c'est qu'il y a des professeurs
06:20qui vont être supprimés
06:21dès l'année prochaine
06:21dans le budget,
06:22mais il y a aussi 7 milliards
06:23qui vont être prélevés
06:24sur les collectivités locales.
06:25Les écoles,
06:26c'est les communes.
06:28Les départements
06:28s'occupent des collèges
06:30et les régions des lycées.
06:31Si vous enlevez
06:317 milliards
06:32aux collectivités locales,
06:33comment voulez-vous
06:34qu'elles répondent
06:35aux difficultés sur le bâti ?
06:36C'est impossible.
06:37Oui, mais alors,
06:38attendez, Olivier Faure,
06:38on va faire la liste.
06:39Lisa,
06:40la liste de ces 10 revendications
06:42qui sont posées ce soir
06:43sur la table des négociations,
06:45même si je ne suis pas sûr
06:46que cette table existe
06:47vraiment ce soir,
06:48par des syndicats lycéens
06:50et étudiants.
06:51Premier point,
06:52plan d'urgence
06:52pour rénover
06:53les établissements scolaires
06:54et universitaires.
06:55Deuxième point,
06:55embauche massive
06:56de personnel éducatif,
06:57de santé,
06:58d'accompagnement
06:59et d'orientation
06:59des infirmières,
07:00notamment du personnel
07:02repenser les rythmes scolaires
07:03et universitaires,
07:04mettre fin à la sélection
07:05via Parcoursup,
07:07refonte de la démocratie lycéenne
07:08pour permettre aux lycéens
07:10et lycéennes
07:10de participer aux décisions,
07:12revaloriser les bourses
07:13et rétablissement
07:13et revalorisation
07:14des APL pour toutes et tous,
07:16garantir réellement
07:17l'accès au repas
07:18à 1 euro
07:19pour tous les étudiants,
07:20abroger le plan
07:21Bienvenue en France
07:22qui instaure des frais
07:23d'inscription différenciés
07:24pour les étudiants étrangers,
07:25gel des loyers CRUS,
07:27pérennisation
07:28de l'encadrement des loyers
07:29et mettre fin
07:30à la répression
07:31et aux violences policières
07:32contre le mouvement lycéen
07:33et étudiants.
07:33Une représentante étudiante
07:34disait tout à l'heure...
07:36Pardon ?
07:36Qu'est-ce qu'il y a de fou ?
07:38Très bien,
07:38ça coûte 10 milliards.
07:40C'est un investissement,
07:41ce n'est pas un tout,
07:41c'est un investissement.
07:42Ce chiffre-là,
07:42ce n'est pas moi qui le donne,
07:43c'est une représentante étudiante
07:45qui dit 10 mesures,
07:4610 milliards,
07:47il faut les mettre sur la table.
07:47On a les moyens,
07:48Olivier Faure,
07:49ce soir,
07:49de mettre 10 milliards sur la table ?
07:50La réalité,
07:50c'est que les 10 milliards,
07:51ce n'est pas dans l'instant.
07:53C'est des 10 milliards
07:54qui s'étalent sur des années
07:55puisqu'en fait,
07:56vous n'allez pas
07:56rénover le bâti
07:57en une semaine.
07:58Donc,
07:59il faut planifier,
08:00il faut une loi de programmation,
08:01il faut permettre
08:02à tout le monde
08:03de comprendre
08:03qu'il va se passer quelque chose.
08:05Là,
08:05dans ce qui est proposé,
08:06il n'y a rien
08:07qui me paraît dingue.
08:08Et vous dites
08:08ces 10 milliards,
08:09mais vous connaissez la phrase,
08:12essayez l'ignorance.
08:14Qu'est-ce que vous voulez,
08:15en fait ?
08:16Est-ce qu'on considère
08:17que ces jeunes
08:18sont notre avenir,
08:19que c'est eux
08:20qui nous permettront
08:20de rester dans la compétition mondiale
08:22parmi les premières nations,
08:24ou est-ce qu'on considère
08:25que ce n'est pas grave
08:26et que le gâchis humain
08:27n'a aucune importance ?
08:28Moi,
08:28le gaspillage humain,
08:29c'est ce qui m'insupporte le plus.
08:30Qu'est-ce que vous proposez
08:32comme méthodologie ?
08:3310 milliards,
08:34je pense que c'est du doigt mouillé
08:35parce qu'il y a des mesures
08:36là-dedans
08:36qui, à mon avis,
08:37coûtent plus cher,
08:38c'est de l'investissement
08:38à très long terme,
08:39ce qui concerne le Crous,
08:41tout ça,
08:42et qui ne sont peut-être pas justement.
08:43Alors là,
08:44c'est ça qui est intéressant,
08:45c'est qu'il y a des mesures
08:46qui paraissent urgentes
08:47et d'autres
08:56c'est une politique de rupture.
08:59Comment voulez-vous
08:59qu'on négocie
09:00avec un gouvernement
09:00qui nous méprise ?
09:01Et quand on vous balance
09:02des miettes de pain,
09:03vous les acceptez ?
09:04Quelques milliers de postes
09:04pour ce qu'on subit à l'année ?
09:06Non, pardon,
09:06mais vos parents
09:07doivent être contents
09:07de ne pas avoir eu
09:08les franchises médicales augmentées.
09:10Ils doivent être contents
09:11que, malheureusement pour nous,
09:12il y avait une droite
09:13qui s'est reconsolidée
09:15puisqu'il y avait
09:16le bloc central plus l'LR,
09:17ça fait plus que le NFP.
09:18Et si on y rajoute
09:19l'extrême droite,
09:20ça fait beaucoup plus
09:21que le NFP.
09:21Donc nous ne pouvons pas,
09:22par nos votes,
09:23imposer quelque chose
09:24et donc la seule chose
09:25qu'on peut faire,
09:26c'est à un moment,
09:26utiliser l'arme de la censure
09:27en disant,
09:28écoutez,
09:28si vous ne négociez pas avec nous,
09:30on censure ce que nous avons fait,
09:32ce qui a permis
09:32des avancées insuffisantes,
09:34je le concède volontiers,
09:35mais ce qui a permis
09:36d'arracher une partie
09:37de tout ce que nous avons obtenu.
09:39Un répit,
09:39j'en conviens,
09:40c'était une trêve en réalité,
09:42ça n'était pas un changement,
09:44ça n'était pas une rupture.
09:46Mais maintenant,
09:47il y a une élection présidentielle
09:49et donc j'espère
09:51que dans l'élection présidentielle...
09:52Et le budget,
09:52et vous allez reprendre...
09:55Mais sur le budget,
09:56je pense qu'effectivement,
09:56il faut reprendre
09:57ces revendications.
09:58Elles sont justes.
09:59Est-ce que vous pourriez dire
09:59aujourd'hui au gouvernement,
10:00si vous ne reprenez pas
10:01ces revendications,
10:02c'est la censure
10:02dans le prochain budget ?
10:03Bien sûr.
10:05C'est une condition de censure ?
10:06Mais bien sûr.
10:08J'essaye d'être responsable aussi,
10:10c'est-à-dire que je sais bien
10:11qu'on ne va pas faire
10:13du bâti immédiat partout.
10:15Mais il y a des lycées,
10:16quand le plafond s'effondre,
10:17on ne peut pas attendre
10:18l'année prochaine.
10:19Il faut quand même
10:19qu'on le fasse dès maintenant.
10:20Quand on a simplement
10:21le verrou des toilettes,
10:22parce que ça a été une question
10:23qui a été posée
10:23dans tous les bayous
10:24que j'ai rencontrés,
10:26franchement,
10:27le verrou,
10:27ça doit coûter 5 euros.
10:28Donc, est-ce qu'on peut
10:29les reposer ?
10:30Oui, je pense que c'est possible.
10:31Est-ce que c'est imaginable
10:32de dire qu'on va commencer
10:35à végétaliser
10:36toute une partie
10:37des cours d'école ?
10:39Est-ce qu'on va imaginer
10:40de mettre simplement
10:41des auvents
10:42ou des...
10:45Je ne sais pas
10:45comment on appelle ça.
10:46Enfin, des...
10:48Des...
10:48Des rideaux.
10:49Des protections
10:50contre la chaleur.
10:51Enfin, ce n'est pas possible
10:52qu'il y ait des classes
10:53que j'ai pendant la canicule
10:54qui étaient avec
10:55les cours de survie
10:56ou avec les dérains
10:57de dessins d'enfants.
10:57On entend les professeurs.
10:58Ça coûte cher, ça,
10:58les professeurs.
10:59Oui.
11:00Un professeur
11:01par...
11:02Devant chaque classe,
11:03c'est ça l'expression,
11:04je crois.
11:04Mais moi, je suis pour
11:05qu'il y ait 19 élèves
11:07par classe.
11:07Comment on fait ça ?
11:08On sait que
11:09dans les prochaines années,
11:10dans les 10 prochaines années,
11:11il y a 1,7 million
11:12d'élèves de moins.
11:14Donc, avec 1,7 million
11:15d'élèves de moins
11:16et quand on ne perd pas
11:17d'enseignants,
11:18logiquement,
11:18on peut arriver à ce
11:20Vous ne l'aurez pas demain, ça.
11:21Ça coûte cher, ça.
11:21Mais bien sûr qu'on ne l'arrivera pas.
11:23On n'y arrivera pas en deux jours.
11:24Mais il y a des choses...
11:25Typiquement...
11:25Il y a des perspectives
11:26qu'il faut donner.
11:27Ils ne sont pas complètement demeurés.
11:28Ils savent compter.
11:29Ils savent bien aussi que même...
11:30Enfin, ils ont raison de dire
11:32qu'il n'y a pas d'infirmière scolaire,
11:33qu'il n'y a pas de psychologue scolaire.
11:35Il y a un psy scolaire
11:36pour 1,6 million d'élèves.
11:38Comment voulez-vous
11:38qu'il fasse son boulot ?
11:39Donc, ils ont raison de revendiquer.
11:41Mais ils savent bien
11:42que le temps de former les psys,
11:44qu'ils arrivent, etc.,
11:45ce n'est pas demain matin.
11:45Mais c'est là aussi leur générosité.
11:47C'est qu'ils ne travaillent pas
11:48que pour eux-mêmes.
11:49Ils travaillent aussi
11:49pour les petits frères,
11:50les petites sœurs qui vont arriver.
11:51Mais donc, vous dites ce soir
11:51à Sébastien Lecornu,
11:53recevez les organisations étudiantes
11:54et syndicales ?
11:54C'est à lui de débloquer la situation ?
11:56Mais bien sûr.
11:57Ou c'est au ministre de l'Éducation ?
11:58Non, je pense que maintenant,
12:00il faut aller...
12:00Le problème du ministre de l'Éducation,
12:01ça a été dit,
12:02il y en a eu huit ou neuf
12:03depuis huit.
12:05Bon, personne ne les connaît.
12:07Donc, en fait,
12:08celui qui a un poids politique
12:09et qui est le patron aujourd'hui,
12:12c'est Sébastien Lecornu.
12:13Donc, c'est à lui de les recevoir
12:14et c'est à lui de faire passer
12:15aussi les messages
12:16dans sa propre majorité.
12:17Parce qu'il faut aussi
12:18qu'il n'y a pas seulement
12:19Sébastien Lecornu,
12:20il y a aussi Bruno Rutaillot,
12:22Gabriel Attal,
12:24Édouard Philippe,
12:24qui sont en fait tous
12:25en campagne présidentielle,
12:26qui ont même tout,
12:27ils seraient bien inspirés.
12:28Mais pourquoi ?
12:29Parce qu'un président,
12:31ce n'est pas quelqu'un
12:31qui surplombe.
12:32Un président,
12:33c'est quelqu'un
12:34qui a un minimum d'empathie
12:35pour sa population,
12:36qui aime les gens,
12:38qui est simplement
12:38en train de...
12:39qui doit prendre conscience
12:40que cette génération
12:41qui s'est levée,
12:43c'est pour elle qu'on prend.
12:44Ça ne sert à rien
12:44d'être dans la vie politique.
12:46Et qu'on a évidemment
12:47des devoirs vis-à-vis d'eux
12:48et qu'on leur doit quelque chose.
12:50Donc, oui,
12:51les recevoir, bien sûr.
12:52Beaucoup plus parler
12:52des retraits de la jeunesse,
12:53vous en convenez.
12:54Bien sûr.
12:55C'est pour eux
12:55qu'on va se lever le matin.
12:56Moi, je ne suis pas pour dire
12:57qu'on a abandonné
12:58ce que disent les lycéens,
12:59qui disent qu'on n'est clairement
13:01pas la priorité.
13:02Dans le discours politique
13:03de ces derniers mois,
13:04on n'a pas senti vraiment
13:05que la jeunesse,
13:06c'était la priorité.
13:07Parce que vous n'avez pas
13:08le droit d'hôte.
13:08Est-ce que vous dites,
13:08Sophia Tizawi ?
13:09Bien sûr qu'on est moins
13:10pris en considération
13:10parce que je pense que demain,
13:11si on était,
13:13pardon de dire ça comme ça,
13:14mais de la chair à canon électorale,
13:16on s'en serait beaucoup plus
13:17rué sur nous.
13:18Et retraité,
13:18c'est la partie,
13:19effectivement,
13:20du corps électorale
13:20qui vote le plus.
13:20Exactement.
13:21Mais la réalité, Sophia,
13:22c'est que même les jeunes
13:24qui peuvent voter
13:25votent beaucoup moins
13:26que les autres.
13:27Mais c'est vrai que,
13:29effectivement,
13:30les gens qui se mobilisent
13:31sont mieux entendus
13:32que ceux qui ne se mobilisent pas.
13:33D'où l'intérêt
13:34de cette mobilisation.
13:37Mais moi,
13:37je ne veux pas non plus
13:38qu'on oppose ma mère
13:40à mes enfants.
13:41En fait,
13:42on est un pays,
13:43en fait,
13:43on est l'une des sept
13:44plus grandes puissances
13:45économiques du monde.
13:46Vous comprenez quand vous voyez
13:47des pancartes
13:48dans les manifestations
13:48de jeunes qui disent
13:50que ça dépasse
13:52le cadre scolaire.
13:52c'est qu'on ne pourra pas
13:53financer ma retraite,
13:54je n'ai pas d'avenir,
13:55je n'aurai pas de travail.
13:56Vous les avez lus,
13:57ces pancartes.
13:57Vous avez peur
13:58d'un conflit générationnel ?
14:01Je n'ai pas peur
14:04d'un conflit générationnel,
14:05mais il y a
14:07une vraie difficulté.
14:08Parce que les jeunes,
14:09par exemple,
14:09aujourd'hui,
14:10ils entendent des lycéens,
14:11ils entendent que le budget
14:12de l'éducation nationale,
14:13qui a augmenté,
14:14mais il a augmenté
14:15en grande partie
14:16ou en partie au moins
14:17pour payer les retraites
14:19des enseignants.
14:19Ça doit les réunir.
14:21Mais là,
14:21il y a une étude,
14:22je vous renvoie
14:22à un livre
14:23qui vient de sortir
14:23de la Nord-de-Latte
14:24qui s'appelle
14:25« Riches ensemble ».
14:26Et vous verrez l'étude
14:27qu'elle a faite,
14:27qui est très complète
14:28et qui permet de comprendre
14:29qu'en réalité,
14:31on mélange tout.
14:31Quand on prend l'argent
14:33qui est consacré
14:34par individus
14:35et non pas en masse,
14:36parce que,
14:37évidemment,
14:37la France est plus grande
14:38que la Belgique.
14:39Donc,
14:39si vous dites que la France
14:40consomme plus que la Belgique,
14:41c'est une évidence.
14:42En revanche,
14:42si vous prenez
14:42par élève en élémentaire,
14:46collégien,
14:47lycéen,
14:48étudiant,
14:49vous vous rendez compte
14:49d'une chose,
14:50c'est que pour l'école élémentaire
14:53et pour le collège,
14:54c'est moins 35 % par élève.
14:56Quand vous prenez
14:57l'enseignement supérieur,
14:57c'est aussi moins 35 %.
14:58C'est plus 1 000 euros
15:00pour les lycéens
15:01pour une raison simple,
15:02c'est que ce sont
15:02les profs agrégés
15:03qui sont dans les lycées
15:05et que donc,
15:06ils, entre guillemets,
15:07coûtent plus cher.
15:08Et donc,
15:09c'est la raison pour laquelle
15:09il y a plus d'argent
15:10mis sur les lycées.
15:11Mais tout ça
15:12est très artificiel.
15:13Et donc,
15:13on a besoin
15:14de mettre de l'argent.
15:15Et puis,
15:15c'est vrai qu'il faut aussi
15:16que,
15:17moi,
15:17je pense que
15:17dans les revendications
15:18qui sont posées,
15:18elles sont justes.
15:19Mais il y a aussi
15:20une angoisse majeure.
15:21C'est une génération
15:22à qui on demande tout.
15:23Ils ont souffert
15:24de la crise sanitaire.
15:26On leur dit maintenant
15:27qu'il y a le dérèglement climatique
15:28et que c'est eux
15:29qui vont avoir à le subir.
15:30On leur dit,
15:31il y a l'IA qui arrive
15:32et vos boulots,
15:33on ne sait pas comment on va faire.
15:34Vous n'aurez pas de retraite.
15:35Vous n'aurez pas de retraite.
15:37Et même,
15:37je vois,
15:38parce que chaque année
15:38comme parlementaire,
15:39je suis dans ma permanence
15:40et chaque année,
15:41je vois des jeunes qui arrivent.
15:42Alors,
15:42c'est ceux qui sont recalés
15:43sur Parcoursup.
15:44J'ai vu des jeunes quand même,
15:46une jeune femme
15:46l'autre jour
15:47qui est venue me voir.
15:48Elle est en fait
15:49avec une maman
15:51qui est seule,
15:53qui est en fait
15:54avec des revenus
15:54très modestes.
15:55On lui dit
15:55d'aller étudier à trois.
15:58Mais comment voulez-vous
15:58qu'elle fasse ça ?
15:59Elle ne peut pas se payer
15:59le logement,
16:00elle ne peut pas se payer
16:00le transport.
16:01Olivier Faure,
16:02ça n'a aucun sens.
16:03Une question sur une proposition
16:04que vous faites aussi.
16:05Oui,
16:05mais c'est une génération
16:06qui est inquiète
16:07et qu'il faut entendre.
16:08On entend cet inquiétude.
16:10Une question encore
16:11sur une proposition
16:11que fait le Parti Socialiste
16:12qui concerne les violences.
16:13Vous dites qu'il faut interdire
16:14les armes mutilantes
16:15lors des manifestations
16:17en présence de mineurs.
16:18Donc interdiction
16:19des grenades de désencerclement,
16:20interdiction des LBD.
16:21Je voulais juste
16:22qu'on regarde les images
16:22de cet après-midi.
16:23C'est des images
16:24qui ont été prises
16:25du côté de Lyon,
16:26du côté de Nantes,
16:27du côté de Paris,
16:28si on peut les voir,
16:29ces images.
16:30J'allais dire du...
16:31Comment dire ?
16:32Du chaos
16:33qui a pu régner
16:34à certains moments
16:35dans ces manifestations.
16:36Et on se met
16:36à la place des policiers
16:37sur qui on tire
16:38aux mortiers par exemple.
16:39Ce sont les images
16:40que l'on voit là à Lyon.
16:42Il y avait évidemment
16:43des lycéens,
16:44il y avait évidemment
16:44des étudiants,
16:45il y avait évidemment
16:45des mineurs
16:46dans ces manifestations,
16:47mais il y avait aussi
16:47des casseurs.
16:49Qu'est-ce que vous expliquez
16:50aux policiers ?
16:51Face à ces casseurs,
16:52vous allez devoir renoncer
16:54si nous arrivons au pouvoir
16:55aux lanceurs de balles
16:56de défense,
16:57aux grenades de désencerclement
16:58par exemple.
16:59Mais moi,
17:00je n'en veux pas aux policiers.
17:01J'en veux à ceux
17:01qui leur donnent des ordres.
17:03Les policiers,
17:03ils font ce qu'on leur demande
17:04de faire.
17:04Mais ça, très bien.
17:06Sur leur armement,
17:07qu'est-ce que vous dites ?
17:07La désescalade.
17:09En fait,
17:10pourquoi est-ce que
17:10nous sommes les seuls
17:11en Europe à utiliser
17:12ces armes de guerre
17:13qui sont classifiées
17:14comme armes de guerre ?
17:15Tout simplement
17:16parce qu'on est les seuls
17:16à avoir une doctrine
17:18de maintien de l'ordre
17:19qui correspond à une volonté
17:21en réalité
17:22de face à face.
17:23Moi, je ne veux pas
17:24du face à face
17:25avec les lycéens.
17:27Je préfère
17:27qu'il y ait une poubelle
17:28qui brûle
17:29plutôt qu'un enfant
17:30qui parte avec une main en moins.
17:31Je ne veux pas
17:32être le papa
17:33à qui on appelle
17:34le soir
17:35et on dit
17:35écoutez,
17:36votre fils,
17:36il est à l'hôpital,
17:38il a un œil en moins.
17:39Ça, ce n'est pas possible.
17:40Donc, je pense que
17:40quand on a affaire
17:41à des enfants,
17:42c'est des enfants.
17:43Parfois, il y a des enfants
17:44qui font des conneries.
17:45C'est vrai.
17:45Et moi, je n'apprécie pas
17:47beaucoup qu'on brûle
17:47des poubelles
17:48ou qu'on jette des cailloux
17:49sur les policiers.
17:49Ça n'est pas admissible.
17:51Bruno Pommard,
17:51ancien policier
17:52qui était avec nous,
17:53il nous disait
17:54qu'est-ce qu'on fait ?
17:54On y va en short ?
17:56Personne ne me demande
17:56d'aller en short.
17:57Mais comment font
17:58les autres polices européennes ?
17:59Vous croyez
18:00qu'elles y vont en short ?
18:01Elles y vont
18:02avec d'autres moyens ?
18:03Et surtout,
18:04elles sont dans la désescalade.
18:06La désescalade,
18:06ça veut dire quoi ?
18:07Ça veut dire que vous
18:07ne cherchez pas
18:08l'affrontement,
18:09mais vous cherchez au contraire
18:10à faire en sorte
18:11que le dialogue soit possible,
18:12qu'il reste possible.
18:13Je vais donner une image.
18:15Ce n'est pas la bonne.
18:15Mais enfin,
18:16c'est juste pour me faire comprendre.
18:17La place des policiers,
18:19elle n'est pas face aux lycéens.
18:21Elle est juste devant
18:22pour encadrer
18:23leurs manifestations
18:24et pour qu'ils puissent
18:25défiler librement.
18:26Le droit de manifester,
18:27c'est un droit constitutionnel.
18:29C'est un droit.
18:29Ils apprennent la démocratie
18:31pour la première fois
18:32de leur vie certainement.
18:33Ils sont là à manifester.
18:34C'est formidable.
18:35Mais le problème,
18:35ce n'est pas que la désescalade
18:36face aux lycéens.
18:37J'entends ce que vous dites.
18:38Le problème,
18:39ce sont notamment les casseurs.
18:39Mais les casseurs,
18:40si vous êtes...
18:41Les casseurs,
18:41ils cherchent quoi ?
18:42Ils cherchent à jouer
18:43au chat et à la souris
18:44avec qui ?
18:45Si les policiers reculent,
18:47ils n'ont plus personne
18:48avec qui se battre.
18:49Ils ne vont pas se battre
18:49contre les lycéens.
18:52Je reprends un exemple
18:53que vous connaissez bien,
18:54Sainte-Soline.
18:54Vous avez là des trous
18:56au milieu de champs,
18:57au milieu de nulle part.
18:59Et là,
18:59vous avez des policiers
19:00en masse qui arrivent
19:01avec des LBD,
19:02avec des scooters,
19:04etc.
19:04Évidemment,
19:05les casseurs,
19:05ils sont trop contents.
19:06Ils sont trop contents.
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