00:00Merci d'être avec nous, vous êtes directeur général et cofondateur de White Lab Genomics.
00:05Alors White Lab Genomics, qu'en soit des bioactifs qui sont destinés à des médicaments génomiques.
00:11Qu'est-ce qu'un bioactif ? En quoi ça aide à créer des médicaments génomiques ?
00:16Et qu'est-ce qu'un médicament génomique ?
00:18Très bien, je vais vous expliquer. Merci, ravi d'être là et de pouvoir partager ce matin.
00:24Un bioactif, c'est un actif biologique. Dans notre cas, c'est un véhicule de transport
00:28qui va transporter une charge d'ADN ou d'ARN ou les ciseaux génétiques au sein de cellules pour traiter
00:35une maladie.
00:37La base pour traiter une maladie à sa source, c'est d'aller donc à la source de la maladie,
00:41dans les cellules qui sont concernées et qui ne fonctionnent pas correctement,
00:45comme des cellules cancéreuses ou des cellules qui ont un dysfonctionnement génétique.
00:49Et donc on va venir remplacer certains éléments moléculaires au sein de la cellule.
00:54Le grand challenge de l'industrie, c'est comment on amène ces éléments au sein de la cellule.
01:00C'est comme un véhicule de transport qui peut malheureusement aller à la mauvaise adresse.
01:05Comment alors ?
01:06Alors chez White Lab, on a fait d'abord l'adresse des portes d'entrée dans les cellules,
01:11pour différents types de cellules grâce à notre intelligence artificielle.
01:15Donc on est capable d'identifier la bonne adresse et ensuite on est capable de mettre un GPS sur le
01:23véhicule de transport
01:23qui va ensuite aller à l'adresse indiquée et non pas aller chez le voisin et livrer son colis au
01:31mauvais endroit.
01:32Oui, on comprend bien l'image effectivement.
01:33Alors ce véhicule de transport, en fait c'est un virus, c'est ça si je ne dis pas de
01:36bêtises ?
01:36Exactement, alors il y a deux grandes familles de véhicules de transport, il y a des virus recombinés, revisités.
01:45Un peu comme il y a eu le vaccin.
01:46Voilà exactement, il y a des particules synthétiques, beaucoup ont été utilisées notamment pendant le Covid,
01:51des particules lipidiques qui sont composées de lipides.
01:56Et ces deux types de virus sont utilisés pour transporter de l'ADN, de l'ARN ou d'autres composants
02:00moléculaires pour les transporter.
02:01Et les médicaments génomiques, ils s'attaquent à quelle maladie ?
02:04Alors c'est très large parce qu'on parle de différents types d'organes, ça va du cancer, donc en
02:12oncologie.
02:13Tout type de cancer ?
02:14Tout type de cancer, il y a les thérapies cellulaires qui s'appellent CAR-T,
02:18qui sont utilisées dans de grands nombres de cancers, notamment en hématologie.
02:22On a également beaucoup de maladies neurodégénératives,
02:27et je vous expliquerai, dans notre cas, on est capable d'envoyer ce véhicule de transport passer la barrière,
02:33on appelle hémato-encéphalique, c'est la barrière qui sépare le cerveau du corps humain.
02:36Là vous parlez par exemple d'Alzheimer ou de Parkinson ?
02:40Exactement, pour aller traiter des maladies neurodégénératives, des maladies comme Parkinson, Alzheimer...
02:44Parce que c'est très compliqué de passer cette barrière du cerveau,
02:46ça qui filtre finalement tout ce qui n'est pas censé arriver jusqu'à notre cerveau.
02:51Donc comment vous faites pour passer, et ensuite quel va être l'effet concret du médicament
02:55pour des personnes qui souffriraient par exemple de Parkinson ou Alzheimer ?
02:58Exact, donc vous avez raison, c'est très difficile de passer.
03:00Dans une grande partie finalement des situations, on doit ouvrir la boîte crânienne
03:04pour aller injecter directement le médicament dans les cellules, dans l'organe concerné.
03:09Donc bien sûr on veut éviter ça, toute l'industrie souhaite éviter ça.
03:13Donc nous ce qu'on a proposé, c'est un véhicule où on injecte dans le corps directement.
03:17Il va trouver son chemin avec deux adresses.
03:20La première, c'est la porte pour ouvrir la barrière hémato-encéphalique, première adresse.
03:24Et deuxième adresse, c'est la porte pour aller dans la cellule concernée,
03:27que ce soit pour traiter des maladies Parkinson, Alzheimer ou d'autres maladies neurodégénératives.
03:31Et ça, ça existe déjà ? C'est déjà en service ?
03:36Notre véhicule de transport, notre vecteur, on l'appelle,
03:39est en phase de validation in vivo sur les modèles animaux.
03:42Donc ce n'est pas encore chez l'homme.
03:44C'est pour quand ?
03:45Alors après, c'est avec nos partenaires pharmaceutiques ou avec nos programmes de développement,
03:49mais on est dans des horizons qui sont encore de quelques années, sans donner de date plus près.
03:53Parce que vous disiez, on pourrait traiter comme ça les maladies comme Alzheimer ou Parkinson,
03:58ou c'est juste sur les symptômes que ça pourrait agir ?
04:00Non, c'est vraiment sur le traitement de la maladie directement,
04:04puisqu'on vient régénérer, si vous voulez, des cellules qui sont en dysfonctionnement.
04:09Ça existe dans d'autres types de thérapies où on vient, par exemple,
04:12régénérer des fonctions musculaires, comme le médicament de Novartis pour l'amiotrophie spinale,
04:19où vous avez dû voir au Téléthon des enfants qui, finalement, sont traités par cette molécule,
04:24qui s'appelle Zolgensma, qui permet de régénérer des fonctions neuromusculaires
04:29et faire en sorte que ces enfants marchent et vivent.
04:32Vous dites ça de manière très simple, mais là, ce que vous venez de nous dire,
04:35c'est qu'on pourrait, grâce à cette technologie, potentiellement,
04:38je mets des guillemets, etc.,
04:39mais soigner des maladies aujourd'hui qui sont incurables.
04:42Alors exactement, la médecine génomique, c'est une nouvelle frontière de la médecine.
04:47C'est la médecine qui va venir traiter les maladies à leur source et guérir.
04:51Pas juste traiter les symptômes.
04:53C'est le cas lorsqu'on fait des traitements avec des molécules chimiques, par exemple, souvent.
04:58Et donc, ils détruisent des cellules, mais qui ne vont pas forcément traiter les symptômes.
05:02Là, on vient traiter et réparer pour que la cellule fasse son rôle,
05:05c'est-à-dire produise les protéines correctement pour faire le tissu qui soit fonctionnel.
05:10Vous venez de lever 26 millions de dollars.
05:12Dans le contexte actuel, est-ce que vous avez eu du mal à les lever ?
05:15Et qu'est-ce que vous allez en faire ?
05:18Alors, bien sûr, c'est une période qui est un peu difficile.
05:22Elle est difficile pour tout le monde.
05:24Donc, on est très heureux aujourd'hui d'avoir atteint cet objectif-là.
05:28On est une société tech-bio, c'est-à-dire qu'on est à la croisée de l'IA et
05:32de la biologie.
05:33Donc, on a peut-être un petit peu plus de facilité,
05:35puisqu'on est dans cette forte progression technologique qu'on voit aujourd'hui.
05:40Nous, ça va nous permettre deux grandes choses.
05:42La première, c'est de continuer nos programmes de validation.
05:45On en parlait, vous me disiez quand est-ce que ça va arriver chez l'homme.
05:48Alors, nous, on va le faire valider dans les modèles animaux avant.
05:51Donc, c'est continuer à progresser dans le système nerveux central,
05:55sur l'œil, sur d'autres indications en oncologie, d'une part,
05:58et étendre notre activité commerciale aux États-Unis,
06:02où on a déjà une présence, mais également, on regarde en Asie.
06:07J'ai été en Inde lors de la délégation présidentielle, en début d'année,
06:11et puis là, je suis rentré de Corée il y a quelques semaines.
06:13Merci, David Elburgo, d'avoir été avec nous ce matin,
06:16directeur général, cofondateur de White Lab Genomics.
06:18Vous nous parliez du cerveau, et on sait qu'hier,
06:21le prix Nobel de médecine, justement, édition 2026,
06:23a été décerné à l'américain Karl Desroth,
06:27et aux Allemands Peter Eggman et George Nagel,
06:29pour leurs travaux, justement, visant à percer les mystères du cerveau.
06:33– Sous-titrage ST' 501
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