00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Surtout que s'il y a des M51 pas loin, c'est surtout sur les sous-marins,
00:08il y a quand même du matériel nucléaire, comme l'a très bien précisé Maëlle Hassani.
00:12Je viens d'avoir possession, grâce à Christelle Niasme, la maire de Villeneuve-Saint-Georges dans le 94,
00:20d'un tract que distribuent les lycéens, mais c'est surtout beaucoup les casseurs,
00:26sur les réseaux sociaux.
00:28Tout ça, c'est envoyé sur les réseaux, ça va plus vite que les petits papiers que nous connaissions,
00:34Jean-Michel et moi, à une époque.
00:37Blocus, lycée François-Arago, Villeneuve-Saint-Georges, cassez tout, arrachez tout, brûlez les belles poux.
00:43Mardi 22 septembre, rendez-vous à 7h30, pour nos conditions d'études, pour nos avenirs,
00:49on se fait entendre, nos droits, notre avenir, étudier dans de bonnes conditions.
00:57Ben alors, si on brûle tout, on va étudier dans de bonnes conditions, ça c'est sûr.
01:00Ceux qui ont écrit auraient peut-être dû être un peu plus assidus.
01:02Voilà.
01:04Avant de brûler le lycée, allez donc plutôt suivre des cours de grammaire et d'orthographe et de syntaxe.
01:12Écoutez alors, face à cette, comment dirais-je, cette propagande violente des casseurs,
01:20Écoutez ce que répond le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, sur cette manifestation de demain.
01:24Aujourd'hui, on constate quand même une nette décrue des perturbations.
01:28Vous vous souvenez qu'il y avait 1027 établissements perturbés jeudi dernier.
01:33Il y en avait à la même heure presque 800 vendredi.
01:37On est à 589 aujourd'hui, établissements qui ont eu des perturbations.
01:40Nous avons demain une journée de manifestation qui répond donc à un cadre légal.
01:44Je l'ai toujours dit, il faut s'inscrire dans la légalité, qui doit être par conséquent protégé et respecté.
01:49Et ce cadre légal, qui est celui de la manifestation, ce n'est pas celui du blocage.
01:53C'est-à-dire qu'on n'empêche pas ses camarades d'aller en cours.
01:55Les camarades n'ont pas besoin d'être intimidés lorsqu'ils vont au lycée.
01:57Mais en revanche, ceux qui souhaitent manifester pourront tout à fait le faire de main,
02:00dans un cadre organisé, pour porter des revendications, soit locales, soit nationales.
02:04Voilà, ça c'est la parole du gouvernement. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
02:07Je dis que c'est loin de notre réalité.
02:10C'est-à-dire que oui, dans l'idéal, les manifestants peuvent le faire dans de bonnes conditions.
02:15La réalité, c'est qu'on a des personnes, ce que j'appelle les émeutiers,
02:20qui viennent dans l'objectif de démolir, qui s'arment.
02:23Parce que ce n'est pas autre chose que d'acheter des mortiers.
02:25Qui croient une seule seconde qu'il y aura des manifestations dans le calme.
02:31La seule manifestation dans le calme qui a eu lieu aujourd'hui, c'était à Strasbourg.
02:35Parce qu'il y a une trentaine d'élèves qui se sont réunis pour montrer qu'ils veulent travailler au
02:43lycée.
02:43Et ils se sont mis devant justement un lycée pour montrer qu'eux voulaient bosser.
02:48Mais peut-être que le bon sens vient aussi de notre jeunesse.
02:51Sur quelle planète habite M. Geffray ?
02:53Il faudrait que nos jeunes aussi se désolidarisent de ces mouvements d'émeute, peut-être.
02:56À un moment donné, ça viendrait de là, le bon sens.
02:58Parce que la réalité, oui, c'est complètement déconnecté de tenir ce type de propos.
03:02Vous le savez aussi bien que moi, et vous attendez un enfant.
03:07Ce sont des enfants de 13 ans, 14 ans, 15 ans.
03:11Ils écoutent, ils sont encore très influençables.
03:14Des suiveurs.
03:15Ce sont des suiveurs, malheureusement.
03:16La plupart.
03:17Parce qu'on leur parle.
03:18Et Louis Boyard, qui est le député de votre circonscription,
03:22il est assez fort en persuasion.
03:27Il est assez fort, c'est un bon orateur.
03:28Il a du charisme chez les enfants de 13 ou 14 ans.
03:30C'est ça, mais il a, je pense qu'il peut être...
03:33Vous riez, mais je pense qu'il peut arriver avec un mégaphone,
03:37de la même façon qu'Emeric Caron l'a fait l'autre jour devant un lycée du 9e arrondissement.
03:42Tous ces gens-là ont une force de persuasion.
03:45Et les 13, 14 ans, qui sont d'une certaine manière des jeunes idéalistes,
03:50disent « Ah ouais, il a raison, on y va, bien sûr ! »
03:52Souvenez-vous de Louis Boyard, qui avait lancé en 2023 le fameux Blocus Challenge
03:56et qui revendiquait à l'époque dans les universités,
03:59c'était dans les universités où il voulait faire des blocus,
04:01il revendiquait de créer des paniques générales.
04:04Et en réalité, c'est extrêmement facile aujourd'hui.
04:06Je crois que c'est la phrase de François Hollande qui disait ça.
04:09Il se méfiait beaucoup des mouvements lycéens, des blocus lycéens.
04:11J'ai Jean-Michel qui me l'a rappelé la semaine dernière.
04:15Les mouvements lycéens, c'est comme un tube de dentifrice.
04:17Une fois que le dentifrice est sorti, c'est très compliqué de le remettre à l'intérieur.
04:21En réalité, c'est exactement ce qui est en train de se passer.
04:24Et la France Insoumise est en train de surfer là-dessus
04:26parce qu'ils savent très bien que, de toute manière,
04:28il y a un certain nombre de casseurs,
04:30il y a un certain nombre de leaders,
04:32et notamment les leaders des mouvements de syndicats de lycéens
04:35qui ne représentent ni rien ni personne.
04:37Ils ne représentent même pas 5% des lycéens.
04:39Moi, j'ai été au lycée, je crois, j'étais le dernier dans ce studio à être au lycée.
04:44Je n'ai même pas souvenir qu'il y avait des syndicats dans les lycées,
04:47en tout cas dans un lycée privé.
04:49Donc, à un moment donné,
04:51évidemment qu'ils sont en train de surfer là-dessus,
04:52mais il y a un certain nombre de suiveurs.
04:53Normalement, syndicats, c'est quand tu travailles.
04:55Ben oui, bien sûr.
04:56Moi, syndicats lycéens, je trouve même que c'est complètement antinomique.
05:00Mais en réalité, il doit y avoir syndicats des enfants.
05:03Syndicats des collèges.
05:04Voilà, je vais avoir bientôt des enfants syndiqués.
05:08Jean-Michel.
05:08Moi, j'avais une question pour Mme Agnès.
05:10Je voudrais savoir un petit peu comment vous voyez la suite des événements.
05:13Parce que là, quand on écoute le ministre,
05:14on voit bien qu'il est totalement impuissant.
05:17Ils ne savent plus quoi faire.
05:19Et c'est vrai qu'ils manipulent un peu les chiffres,
05:20parce que c'est vrai qu'il y a peut-être eu moins d'incidents aujourd'hui,
05:24mais notamment parce qu'il y a beaucoup de lycées qui ont été fermés.
05:26Surtout que ce sera demain, le vrai jour des chaos.
05:28Et le jour J, c'est demain.
05:29Comment vous voyez les choses ?
05:30Quand vous voyez tous ces lycéens qui peuvent avoir éventuellement des revendications légitimes,
05:36quand vous voyez aussi à quel point les casers sont remontés,
05:39comment vous voyez la suite du mouvement ?
05:41Est-ce que vous avez le sentiment qu'on est parti pour quelque chose de long et de grave ?
05:45Je crois qu'il y a deux facteurs qu'il faut prendre en compte.
05:48Il y a forcément la France insoumise qui met le feu aux poudres en permanence.
05:53Et il va falloir trouver le chemin parce qu'on est à la veille des élections présidentielles.
05:58Et ce n'est pas tout à fait anodin qu'ils s'amusent à attiser autant les braises.
06:02Je crois qu'il y a une volonté...
06:03On est sur une tentative de démonstration de force de la France insoumise
06:07pour dire qu'on est capable, nous, de lever la jeunesse,
06:11puisqu'ils s'en sentent presque propriétaires quand on les écoute.
06:15Donc il y a cette volonté de faire une démonstration de force à la veille des élections.
06:20Moi, je compte beaucoup sur le travail que nous faisons, nous, à l'échelle locale.
06:26Parce que, vous le disiez à juste titre,
06:30Louis Boyard, lui, il a une force de persuasion.
06:32Nous, en face, c'est ce qu'on lui oppose.
06:35C'est notre capacité aussi à parler à notre jeunesse.
06:38C'est pour ça que j'y étais vendredi.
06:39Et c'est le rôle du maire.
06:40Vous êtes à portée de baf.
06:42Exactement.
06:42À portée de mortier aussi.
06:44Et à portée de mortier, hélas.
06:46Et on y était.
06:46Et on y était vendredi.
06:48Et au milieu de la foule, parfois du lacrymogène et des mouvements de foule.
06:52Et on y est.
06:53C'est pas bon, ça, pour le bébé.
06:54Oui, je vous ai garanti que le poivre et les épices, c'est pas très agréable pour le bébé.
06:58Mais du coup, on y est parce que c'est une mesure de responsabilité.
07:03Quand on est élu local, on n'a pas le choix, en réalité, que de continuer à parler à notre
07:08jeunesse.
07:08Et on va avoir peut-être, ce qui va peut-être nous permettre de calmer les choses et de séparer,
07:14encore une fois, émeutier de mouvements lycéens,
07:16c'est qu'on arrive aussi à la période des vacances scolaires qui, peut-être, vont être un peu tant
07:21salutaires.
07:22C'est le 15 octobre.
07:23Il va falloir tenir.
07:24On va résister jusque-là, on va faire preuve de résistance.
07:27Moi, ça m'intéresse de savoir, qu'est-ce que vous disent les jeunes que vous avez vus ?
07:30Moi, j'ai lu, hier, dans le journal du dimanche, Philippe Devillais, qu'il avait une très bonne formule.
07:34Il faisait la comparaison, vous savez, avec ce week-end, enfin, cette semaine qu'on vient de vivre et le
07:37week-end d'avant, avec la visite du pape.
07:39Et il disait, en effet, on voit une génération de jeunes qui brûlent des cierges et une génération de jeunes
07:46qui brûlent des écoles.
07:48Qu'est-ce qu'on oppose, justement, comme récit ?
07:50Donc, Philippe Devillais, il a la réponse, c'est la civilisation, c'est la résurrection du nom de son livre
07:55qu'il publiera prochainement.
07:56Qu'est-ce qu'on oppose à des jeunes qui considèrent comme normal de s'en prendre à des policiers
08:00et de brûler des écoles ?
08:02Ce qu'on oppose comme langage, je crois que c'est, il y a un sentiment, quand on avait la
08:06visite du pape, on est sur une population qui a le sentiment, on est sur une communauté de foi.
08:11Mais elle se comporte très bien, il n'y a pas de sujet.
08:13Oui, mais parce qu'on partage la même chose, la même vision du monde et un sentiment d'appartenance à
08:19un groupe.
08:21Je pense que pour ceux pour qui ça prend, parce qu'encore une fois, je dis aussi émeutier, je pense
08:25que parmi nos émeutiers, il y a ce plaisir de...
08:27On le voit, je veux dire, on va sur Paris, à chaque fois, on est content, on n'est pas
08:31content, on va saccager Paris, on casse, on casse, on casse.
08:35Il y a cette chose, il y a déjà le fait que c'est tous les débats de fond sur
08:39comment on sanctionne, parce que, je le disais tout à l'heure, quand on a 15 ans, qu'on tire
08:42au mortier et qu'on a un stage de citoyenneté, pardon, mais il y a un problème.
08:46C'est disproportionné dans la réponse qu'on y oppose.
08:50Et les parents ?
08:53Vous avez parlé aux parents ?
08:54On parle, mais les parents viennent avec nous, pour ceux qui peuvent, parce que la plupart travaillent, mais on avait
09:00des parents sur les mouvements.
09:01Et les parents des émeutiers, les parents des lycéens qui protestent aux côtés des casseurs ?
09:05Eh bien, ceux-là, ce sont les plus... Alors déjà, il faut les identifier, les émeutiers, parce que comme on
09:08ne les voit pas, parce que comme ils sont émeutiers, ils ont aussi l'attirail qui va avec, ils cachent
09:11le visage.
09:11Ils sont parfois beaucoup plus âgés, les émeutiers.
09:13Et ils sont beaucoup plus âgés, ils viennent de l'extérieur, ils ne sont parfois pas dans le lycée, donc
09:17il faut retrouver les parents.
09:18Non, mais il y a, j'imagine, par exemple, sur 10 personnes, il y a 3 ou 4 émeutiers, et
09:23puis il y a les lycéens qui sont là, qui sont des suivistes.
09:25Mais les parents de ces lycéens-là, est-ce qu'on les identifie à Villeneuve-Saint-Georges, grâce aux caméras
09:30de surveillance, grâce aux équipes municipales, grâce aux équipes de police municipales ?
09:35On peut les identifier, on les identifie, mais la difficulté derrière, c'est quelle réponse sera faite ? Parce que
09:39moi, maire, je n'ai pas le moyen de...
09:41Mais ne serait-ce que, pour votre simple gouverne, j'allais dire, de maire, vous dites que, effectivement, la réponse
09:48pénale aujourd'hui, est-ce qu'on peut encore en attendre une ?
09:50Mais de savoir ce que pensent les parents. Moi, je serais maire, juste par curiosité, de savoir, mais que pensent
09:58les parents de ce jeune homme-là,
10:01qui est là, qui est normalement en classe de seconde, de première, et qui devrait étudier ?
10:06Eh bien non, il est là, il est avec des casseurs, et en fait, il trouve ça marrant.
10:11Les parents, je les avais, moi, j'avais des parents, vendredi, sur le terrain, et la plupart des parents...
10:18En fait, je pense que pour beaucoup, surtout chez nous, n'ont peut-être pas mesuré le risque,
10:23le risque, parce qu'on fait tout ce qu'on peut pour tenir les lignes, et éviter qu'on arrive
10:28dans un embrasement général.
10:33Mais effectivement, il y a le travail d'appeler les parents, et qu'ils soient présents, peut-être, pour nous
10:37accompagner plus.
10:38La difficulté, c'est qu'ils travaillent, et que j'aurais du mal à les avoir avec moi sur le
10:42terrain.
10:42Mais pour le reste, il y a un certain abandon, et nouvellement, une responsabilisation des parents.
10:47Vous allez revenir, Christelle Niasme, sauf si on fera la mission à la maternité, je pense.
10:54Merci beaucoup, d'ailleurs, d'avoir fait le déplacement, alors que vous êtes à 15 jours, on a dit le
10:59terme.
10:5915 jours, je pense que c'est imminent, en réalité.
11:01Bon, mais en tout cas, ou par visio, en tout cas, mais j'aimerais bien avoir la réponse à la
11:06question que je vous ai posée.
11:07Dans un instant, on parle d'autre chose.
11:09Bientôt, le 7 octobre, les commémorations de ce qui s'est passé le 7 octobre 2023.
11:15Franck Méloul, mon confrère et patron d'I24 News, signe la bascule, les coulisses du Nouveau Moyen-Orient.
11:23C'est aux éditions de l'Observatoire.
11:25A tout de suite.
11:25Sous-titrage Société Radio-Canada