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  • il y a 3 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Et même tout de suite, c'est avec Sébastien Ligné et Vincent Roy pour commenter l'actualité.
00:10Alors tout à l'heure, les syndicats étudiants ont été reçus par M. Nunez.
00:17Et les syndicats étudiants sont ressortis de la place Beauvau en s'adressant aux journalistes.
00:25Petite parenthèse, au début ils n'ont pas voulu parler parce qu'il y avait un micro au CNews.
00:29Et puis finalement, ils ont fini par parler.
00:31Bref, M. Nathanael Combary est le président du conseil d'administration de Renouveau Lycéen.
00:39Écoutez bien ce qu'il dit.
00:41Il faut se pincer pour se demander si on est vraiment en train de rêver ou pas.
00:45On a vu que, par exemple, l'utilisation des grenades de désencerclement
00:50n'était peut-être pas la chose la plus adaptée vis-à-vis des lycéens.
00:53On va aussi évoquer avec lui l'usage des LBD, l'usage des gaz lacrymogènes
00:58qui, on le voit bien, ont malheureusement à certains moments directement mutilé des lycéens.
01:03Il y a un lycéen qui a perdu sa main, un qui a perdu la vue d'un oeil et
01:07un autre qui a perdu ses dents.
01:09On ne peut pas avoir aujourd'hui des hommes armés face à des lycéens
01:13qui sont, dans la majorité des cas, sans violence
01:16et qui sont là dans un optique pacifique pour porter des revendications.
01:19Donc vous avez ce jeune homme qui va à Place Beauvau
01:22avec l'élite de la police nationale autour du ministre
01:26et qui va leur expliquer ce qu'ils ont le droit ou pas d'utiliser comme armes.
01:30Leur métier, leur métier, complètement.
01:32Bon, déjà, j'ai envie de demander à tous ces gens, mais qui sont-ils ?
01:35Qui sont-ils ?
01:36C'est ce qu'a fait Robert Ménard.
01:37On a vu dans les premières images des Manifliciennes,
01:41mais tu te prends pour qui ?
01:42Mais tu es qui, toi ?
01:44C'est le style Robert Ménard, mais en fond, il a raison.
01:46C'est cette idée de quelle image ça renvoie aussi de l'État,
01:50de l'impuissance de l'État, de la faiblesse de l'État
01:52quand elle se résigne à recevoir des syndicats lycéens.
01:58Déjà, le principe de syndicats lycéens me paraît être complètement loufoque.
02:02Des syndicats lycéens reçus en majesté, qui ont des revendications claires,
02:06qui ont des consignes sécuritaires à donner aux ministres.
02:09Évidemment, on peut trouver ça complètement ridicule
02:12si on regarde du point de vue des lycéens.
02:15Mais moi, je pense à l'État.
02:16L'État qui se résigne à faire cela tellement il est faible.
02:20L'État se met à genoux devant des lycéens
02:22qui n'ont même pas le droit de vote,
02:23qui pour la plupart n'ont jamais travaillé de leur vie,
02:25qui ne payent pas d'impôts,
02:26et qui se permettent de donner des leçons
02:28et de faire plier le gouvernement sur des raisons sécuritaires.
02:31Mais enfin, on est où ?
02:31Non mais Sébastien, tu dis à juste titre, l'État est faible.
02:35C'est un constat qu'on peut tous faire.
02:38Alors, à rebours, on est même en droit de se poser la question,
02:42à partir de là, qu'est-ce que serait un État fort ?
02:45Un État fort...
02:46Mais il ne les reçoit pas.
02:47Non mais d'abord, d'accord, il ne les reçoit pas.
02:49Mais comment gère-t-il les émeutiers
02:51et les manifestations auxquelles nous avons assisté ?
02:54Ça veut dire que c'est un État qui assumerait précisément,
02:58et ça en revient à ce que je disais tout à l'heure,
03:00assumerait précisément de faire face aux émeutiers,
03:03d'aller au contact,
03:04je ne parle pas des manifestants pacifistes,
03:06je parle des émeutiers, des pillards,
03:09assumer d'aller au contact,
03:11et par conséquent,
03:14assumer tout ce qui peut se passer.
03:16Ça demande un courage politique
03:19qui, à mon avis, n'existe pas,
03:21à l'heure où nous parlons,
03:22et dans les conditions actuelles de température et de pression.
03:24Ça, Vincent, c'est sur la réponse...
03:26Ça, c'est sur la réponse sécuritaire,
03:27mais l'État fort, il doit être aussi fort
03:30diplomatiquement et politiquement,
03:31il doit être capable de dire,
03:32de siffler la fin de la récré pour faire l'analogie,
03:34et dire aux lycéens,
03:35maintenant, stop !
03:37Vous avez obtenu des concessions,
03:39on vous a donné la réforme de Parcoursup,
03:42très bien, on va discuter...
03:43Parce que Parcoursup, c'était quand même une gine à gaz.
03:46Et maintenant, stop !
03:46Et maintenant, on arrête de vous recevoir,
03:48et on arrête d'entretenir un dialogue
03:49avec des gens qui ne représentent personne.
03:52Ça suppose d'assumer, encore une fois,
03:54d'avoir cette posture,
03:56cette posture, cette stature,
03:58si vous voulez,
03:59ça suppose quand même un certain courage politique.
04:02Mais bien sûr !
04:03Parce qu'auquel cas,
04:04si on emprunte cette voie,
04:07on peut se dire,
04:08la rue va encore s'enflammer,
04:09encore d'un mandat.
04:10C'est pourquoi je dis qu'il y a des peurs.
04:12Il y a des peurs.
04:13Et un État faible, c'est un État qui a peur.
04:14Mais là, en recevant ces pseudo-syndicats lycéens,
04:18pardon, mais le gouvernement légitime
04:20un mouvement qui, selon moi,
04:21n'a pas beaucoup de légitimité démocratique.
04:23Est-ce qu'on sait si, concrètement,
04:25ce monsieur Nathanael représente réellement les lycéens ?
04:28Moi, je n'en suis pas sûr,
04:29parce que je connais aussi beaucoup de lycéens
04:31On ne sait pas comment les élections
04:32dans ces mouvements sont faites.
04:35Voilà.
04:36À main levée,
04:37avec cinq personnes dans une salle de télé.
04:39La majorité est silencieuse des lycéens,
04:41ils ont juste envie de bosser.
04:42Ils ont juste envie de pouvoir avoir cours tranquillement.
04:43En effet, ils peuvent avoir des réelles revendications
04:46sur le non-replacement de certains profs, etc.
04:48Ça, on ne remet pas du tout en cause.
04:49On est d'accord.
04:50Mais je ne suis pas certain que l'ensemble des lycéens
04:52se reconnaissent dans ces pseudo-syndicats
04:54qui vont donner des consignes de maintien de l'ordre
04:57aux ministres de l'Intérieur.
04:58Et puis, on n'est pas sûr.

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