00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre De Villeneuve.
00:0319h15 jusqu'à 20h, Europe 1 Soir avec Antonin André et Catherine Ney.
00:08Bonsoir à vous deux.
00:08Bonsoir Pierre.
00:09Avec notre invité aujourd'hui dans cette deuxième heure, James Chéron.
00:16Bonsoir, vous êtes vice-président UDI de la région Île-de-France.
00:19Vous êtes en charge des lycées et de la réussite éducative.
00:23Voilà, les intitulés sont toujours...
00:26Je ne suis pas sûr de vous féliciter.
00:27Voilà, en tout cas vous allez avoir du travail.
00:29Vous avez quelque chose contre la réussite des jeunes dans notre pays ?
00:32Non, je crois.
00:32On sera tous d'accord au moins sur l'objectif.
00:34L'objectif, oui.
00:35Le résultat, on regardera les classements PISA.
00:38Le ministre de l'éducation nationale, Edouard Geffray,
00:39recevra demain les organisations syndicales représentatives des personnels,
00:42les associations de parents d'élèves, les associations lycéennes,
00:45les élus du Conseil national de la vie lycéenne.
00:49Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:50Ça veut dire que vous aussi, à votre niveau, au niveau régional,
00:53vous allez devoir recevoir tout un tas de personnes pour les rassurer,
00:57pour mettre des pansements sur quelque chose qui,
01:01aujourd'hui, ne fonctionne plus vraiment.
01:03Alors, il ne faut pas mélanger ce qu'est l'éducation nationale
01:05et toute cette structuration que vous venez d'évoquer,
01:08des établissements, la pédagogie.
01:10Les résultats sont d'ailleurs la responsabilité de l'éducation nationale.
01:14Cette forme de démocratie lycéenne, avec des CVL,
01:17qu'on retrouve au niveau académique, interacadémique.
01:20Tout ça, c'est les conseils de la vie lycéenne.
01:22Le conseil de la vie lycéenne, c'est le résultat d'une des grandes manifestations des lycéens,
01:27c'était en 1990, qui avait chamboulé le pays.
01:31Et l'une des avancées, c'était cette organisation,
01:35au sein des établissements d'élection, en fait,
01:38pour avoir des délégués, des représentants au sein des conseils de la vie lycéenne.
01:41Jospin qui avait fait ça, non ?
01:43En 1990, j'étais moi-même à l'école.
01:48Il était ministre de l'éducation.
01:50En effet.
01:52Donc ça, c'est l'éducation nationale.
01:54Nous, en tant que collectivité, les communes pour les écoles,
01:57les départements pour les collèges, les régions pour les lycées,
01:59on a en charge le bâti, les équipements, tout le personnel non éducatif.
02:02Et on agit là-dessus.
02:04On agit d'ailleurs beaucoup.
02:05On agit beaucoup en responsabilité.
02:08Le bâti public n'est pas toujours en bon état.
02:10Regardons les hôpitaux, les paliers de justice, les prisons, les commissaires de police.
02:14Et le bâti public est dans le meilleur état.
02:16C'est plutôt celui qui est piloté par les collectivités, c'est les écoles.
02:20Mais là, vous allez agir sur quoi exactement, James Chiron ?
02:21Parce que la situation est même plus inflammable.
02:25Elle est enflammée.
02:26C'est-à-dire que là...
02:27Ça part d'où, exactement ?
02:30Vous avez un départ dans un établissement, dans le Val-de-Marne,
02:33sur un sujet qui concerne des enseignants.
02:35Et quels sujets ?
02:37Des sujets d'affectation, d'ordre de cours, d'emploi du temps.
02:40Des sujets qui concernent les enseignants.
02:41Gros des enseignants.
02:42Dans un établissement, comme ça arrive.
02:44Et puis c'est la vie.
02:45Dans le Val-de-Marne.
02:46Dans le Val-de-Marne.
02:47Dans cet établissement.
02:48Et dans quelle ville du Val-de-Marne ?
02:49À Créteil.
02:50Et dans le cadre, dans la prolongation, les enseignants, ça passe aux élèves.
02:57Et puis il y a une manifestation.
02:59Et puis il y a des élus politiques qui viennent sur ce terrain.
03:03Des élus LFI du territoire.
03:05Et puis cette grogne, elle va de lycée en lycée.
03:08C'est comme ça en quelques jours que...
03:10Et TikTok joue un rôle, par exemple ?
03:11Mais évidemment que les réseaux sociaux jouent un rôle.
03:13Les réseaux sociaux jouent un rôle parce que les jeunes sont accros aux réseaux sociaux.
03:16Et puis parce qu'on a des élus politiques qui vont jouer aussi.
03:20On a quasiment un blocus challenge qui s'est mis en place.
03:24Donc comme on a les petits copains du lycée d'à côté ou du département d'à côté,
03:27on veut aussi soi-même avoir ces images.
03:31Et comme vous avez des élus LFI qui tournent d'un établissement à l'autre,
03:34parfois une tournée très organisée.
03:36Chaque heure, on va dans un établissement, devant un établissement différent.
03:40Pardonnez-moi, ils ont le droit ?
03:41Ils peuvent comme ça pénétrer dans une...
03:43C'est devant les établissements.
03:44Non, ce n'est pas dans les établissements, c'est devant les établissements.
03:47D'ailleurs, toutes les manifestations que l'on voit aujourd'hui sont devant les établissements.
03:52Il y a des incidents, et je souhaiterais qu'on ne mélange pas tout,
03:55que des lycéens qui, au fond, sont des femmes et des hommes,
03:59comme tout le monde, et des revendications.
04:01Pourquoi pas ? On les partage ou pas ?
04:02C'est justifié ou pas ?
04:03On pourra venir sur le fond, si vous le souhaitez,
04:05ces revendications.
04:07Pourquoi pas ?
04:08Par contre, les violences...
04:10Mais là, pardonnez-moi, il n'y a pas de revendications.
04:13Si vous les avez comprises, vous les donnerez.
04:16Mais ce n'est pas moi, c'est la cellule interministérielle gouvernementale
04:20qui a dit que, d'après les renseignements territoriaux,
04:23c'était une instrumentalisation de ces députés et les filles,
04:26et qu'il n'y a plus lieu d'être ou de parler de quelques revendications que ce soit.
04:31Là, il y a un mouvement qui est un mouvement politique.
04:34C'est un mouvement qui est inédit, en tout cas impalpable.
04:41Il n'y a pas de faits générateurs particuliers.
04:43Ce n'est pas parce que dans un établissement à Créteil,
04:46il y a un sujet avec des enseignants qu'on peut justifier qu'à Nantes ou à Lille,
04:50il y ait des manifestations.
04:52Donc, il n'y a pas de faits générateurs particuliers.
04:54Il n'y a pas un nouveau texte, une nouvelle loi, je ne sais.
04:56Il n'y a pas de faits générateurs.
04:58Deuxièmement, il n'y a pas d'organisation.
05:01Vous n'avez pas les syndicats, par exemple, des enseignants,
05:05qui sont à la manette où vous êtes l'hôtel.
05:07Qu'est-ce que vous essayez de me dire ?
05:08Parce que je n'arrive pas trop à vous suivre, en fait.
05:10J'essaye de dire que ce n'est pas habituel.
05:13D'accord.
05:13Ce n'est pas habituel dans...
05:14Et qu'il n'y a pas de leader lycéen.
05:16Il n'y a pas de leader, mais ça veut dire qu'il n'y a pas de sujet non
05:18plus qui est transversal.
05:20Donc, il est difficile de négocier et qu'il est difficile d'en sortir.
05:23Quand vous n'avez pas des interlocuteurs et des sujets en particulier à traiter,
05:27il est difficile d'en sortir.
05:28C'est ça qui, aujourd'hui, je pense, préoccupe le gouvernement.
05:31La question qui se pose, c'est est-ce qu'on est face à un mouvement,
05:33un début de mouvement insurrectionnel.
05:35C'est-à-dire qu'il n'y a pas vraiment d'autres revendications
05:38que de mettre le bazar, que de brûler, que de casser,
05:42avec l'ajout, effectivement, des du LFI dont on pourra parler de la stratégie
05:47et des individus extérieurs.
05:49Parce que moi, je vois sur les images un certain nombre d'individus
05:52qui ne sont visiblement pas des lycéens,
05:54qui sont tous noir-vêtus, qui sont casqués,
05:56qui sont rompus à ce genre d'événements.
05:59Et donc, est-ce qu'on n'est pas, ce qui est assez angoissant d'ailleurs,
06:02en face d'un mouvement un peu insurrectionnel
06:05dans lequel il y a des jeunes.
06:06Et donc, il est beaucoup plus difficile et périlleux, évidemment,
06:09de les contenir.
06:11Premièrement, il y a certainement des lycéens qui sont de bonne foi.
06:16Deuxièmement, dans ces mouvements ou manifestations,
06:20il y a, au fond, peu de lycéens par rapport au volume global
06:24que représentent les lycéens dans notre pays.
06:26Et surtout, il y a beaucoup de jeunes qui ne sont pas des lycéens
06:29ou qui ne sont pas devant leur propre lycée.
06:32Troisièmement, évidemment, il y a une forme de récupération politique,
06:38récupération et agitation.
06:40Il y a des récupérations et de l'agitation.
06:44Il y a, chez LFI, une stratégie qui est clairement en place.
06:49Les jeunes sont considérés par LFI comme étant un potentiel électoral.
06:53Nous sommes à quelques mois d'une élection importante.
06:56Il y en a qui ne votent pas.
06:57C'est surtout un potentiel de désordre de la société.
07:00Oui.
07:01Là, on est sur des lycéens.
07:02Ils ont 15, 16, 17 ans. Ils ne votent pas encore.
07:05À 15 ans, on ne vote pas.
07:06Quand on a 17 ans aujourd'hui, on en aura peut-être 18 demain.
07:09Il mise sur l'avenir.
07:11Il mise sur l'avenir parce qu'il y a des élections présidentielles dans six mois.
07:16Qui dit lycéen dit élèves qui sont scolarisés dans un lycée.
07:20Vous avez beaucoup de post-bac.
07:21Et par capillarité, vous avez le monde des étudiants qui peut se sentir concerné.
07:24En tout cas, je pense qu'il y a une stratégie d'un parti politique
07:28qui pense que la jeunesse peut être un socle électoral,
07:32que la jeunesse habituellement ne se déplace pas beaucoup pour aller voter.
07:36et donc, il y a aujourd'hui une stratégie pour essayer d'engager les jeunes dans un mouvement,
07:41de les faire s'engager d'un point de vue citoyen,
07:45de la plus mauvaise des façons, je pense, ici,
07:47pour essayer de capitaliser
07:48et que le corps des lycéens d'aujourd'hui,
07:51que le corps des étudiants d'aujourd'hui,
07:52devienne un corps électoral dans six mois.
07:54Mais James Sheeran, ça, on le sait depuis combien de temps
07:56qu'il y a cette manœuvre d'LFI devant les lycées,
07:59dans les lycées de l'Île-de-France ?
08:02Le sujet n'existe que depuis quelques jours, devant les lycées.
08:05Donc vous, on n'était pas au courant de comment est-ce que tout cela a été organisé ?
08:09Il ne vous aura pas échappé que je ne suis pas un cadre du parti LFI ?
08:12Non, non, mais vous êtes un élu de la région Île-de-France, en charge des lycées.
08:17LFI est en opposition à la fois dans ma commune de Montreux, en Seine-et-Marne,
08:20et à la région Île-de-France.
08:22Il faut bien connaître son adversaire.
08:23Tout à fait, mais je n'ai pas d'information de l'intérieur,
08:25je ne vois que ce qu'ils font à l'extérieur.
08:28Et ce que je constate, c'est qu'il y a aujourd'hui une organisation
08:30avec des élus LFI qui vont d'établissement en établissement
08:35attiser des jeunes qui peut-être sont là au départ de façon légitime
08:40ou en tout cas de bonne foi.
08:42mais qui sont, me semble-t-il, manipulés.
08:45Puisqu'il y a une manipulation, qu'est-ce que vous comptez faire, vous, à votre niveau ?
08:48La région Île-de-France, elle est responsable,
08:51comme chacune des régions d'ailleurs,
08:53du bâti, des équipements et d'un certain nombre de personnels.
08:55Donc vous vous lavez les mains ?
08:56Vous vous dites, moi, ce n'est pas mon problème ?
08:58Et là, est-ce que déjà il y a des dégradations ?
09:00Mais monsieur, pas du tout.
09:01Aujourd'hui, nous avons déjà, sans qu'il soit possible d'avoir un montant calculé
09:06de façon définitive, plus d'un million d'euros de dégâts
09:10sur les seuls lycées de la région Île-de-France.
09:11Ça, c'est très bien, c'est sur les dégâts.
09:13Mais ce n'est pas très bien, c'est de l'argent qu'il faut sortir des caisses de la
09:15région Île-de-France,
09:16alors qu'elles auraient dû être consacrées à d'autres choses.
09:20J'ai 9000 agents, j'ai 9000 agents.
09:23Qui traînent devant les lycées et qui ensorcellent d'une certaine manière les lycéens,
09:27vous auriez pu prévenir cela, et vous n'y aurez pas eu un million de dégâts comme vous l'avez
09:30dit.
09:30Mais nous ne pouvons pas prévenir quelque chose qui n'est pas encore arrivé.
09:33Nous avons par contre créé, contre la vie, c'est-à-dire avec un vote toujours défavorable,
09:38ils nous ont même traîné devant le tribunal pour cela.
09:40Nous avons créé des brigades régionales de sécurité,
09:42nous avons des agents de la région dont le métier est la médiation,
09:46la prévention, si besoin l'intervention,
09:48en matière de sécurité dans les établissements.
09:51LFI, les groupes de gauche à la région,
09:54nous ont attaqué devant le tribunal,
09:56considérant que ce n'était pas notre mission.
09:57Vous voyez que nous avons des désaccords politiques profonds.
10:00Valérie Pécresse considère que
10:02l'établissement scolaire doit être un sanctuaire de sécurité,
10:06au sein duquel les élèves, les enseignants, les personnels
10:09doivent pouvoir venir étudier et travailler dans des conditions normales de sécurité
10:12et se concentrer sur le fond de la transmission.
10:14C'est ça la pédagogie.
10:15Et nous avons des oppositions de gauche
10:17qui nous ont emmenés devant le tribunal,
10:19considérant que les brigades régionales de sécurité
10:22étaient en dehors de nos compétences
10:24et que ça ne devait pas exister.
10:25Ils votent systématiquement contre les budgets de la région
10:29qui permettent de sécuriser les établissements,
10:30mais qui permettent aussi de construire et de rénover les établissements.
10:34Parce qu'au fond, ce qu'il faut,
10:35c'est offrir aux jeunes et aux personnels
10:38des conditions dignes de travail.
10:38On ne peut pas empêcher un député LFI
10:40de venir devant un lycée et d'arranguer les foules.
10:42On ne peut pas.
10:44L'ordre public
10:46est de la responsabilité de la puissance publique.
10:49Dans une commune, le maire est responsable de l'ordre public.
10:52Ce qui est choquant, c'est de voir le maire de Saint-Denis,
10:55qui, bien qu'étant LFI,
10:57est responsable de l'ordre public
10:58sur le territoire de la commune de Saint-Denis,
11:01venir devant un lycée,
11:03devant un lycée public de Saint-Denis,
11:05haranguer les jeunes,
11:07danser autour des poubelles en flammes,
11:08leur dire que les violences peuvent être légitimes,
11:11et se faire porter en triomphe,
11:14et les encourager à poursuivre leur mouvement.
11:16Devant un lycée dont il sait pertinemment
11:18que la région vient de lancer un chantier
11:20qui est démarré,
11:20qui est physiquement visible,
11:22de 45 millions d'euros.
11:24Comment un élu de la République
11:26peut venir dire que les conditions
11:29ne sont pas bonnes,
11:30et que le lycée est abandonné,
11:31et encourager les jeunes, au fond,
11:32à dégrader,
11:33alors qu'il y a 45 millions d'euros
11:35d'argent public
11:36qui est en cours de dépense
11:38pour refaire ce lycée-là particulièrement.
11:40Une pause, 19h26,
11:42et on se retrouve dans un instant
11:43avec James Chéron,
11:44vice-président UDI de la région Île-de-France,
11:46en charge des lycées et de la réussite éducative,
11:48et avec Maxime Repère,
11:49qui va nous rejoindre au téléphone,
11:50vice-président du Syndicat national
11:52des lycées et des collèges.
11:53A tout de suite.