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  • il y a 10 heures
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:0019h, 21h, Europe 1 Soir, Clélie Mathias.
00:03Avec moi dans le studio d'Europe 1 Soir, Adrien Matou et Jean-Michel Salvatore.
00:07Alors, il n'y a plus un cordon sanitaire, il y a un cordon sanitaire en même temps.
00:12Ni RN, ni LFI. Je vous propose d'écouter Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement.
00:20Non, je ne rentre finalement pas à l'écouter. Je vais vous le dire tout de suite, on va gagner
00:24un petit peu de temps.
00:24Elle est estimée qu'il n'y avait ni LFI, ni RN. Adrien Matou.
00:31Écoutez, ce n'est pas la première fois que les macronistes nous font ce coup-là.
00:34Il y avait déjà l'arc républicain. Je crois qu'il faut arrêter avec cette obsession
00:40qui consiste à vouloir sortir du champ républicain à peu près la moitié du spectre politique.
00:47Puisque j'ai regardé quand même Mélenchon ou Le Pen en 2022, c'est 16 millions d'électeurs.
00:51Soit quasiment deux fois le nombre de personnes qui ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour.
00:57On peut critiquer très fortement, très violemment LFI ou le RN.
01:01C'est le droit le plus strict des macronistes.
01:02Mais arrêtons avec cette espèce de cordon sanitaire qui quand même est quelque part une insulte à la pensée.
01:08Alors, si Maude Bréjon a répondu, Jean-Michel Salvatore, c'est parce que sa collègue au gouvernement,
01:14la ministre en charge de l'égalité femmes-hommes, Aurore Berger,
01:17elle, avait demandé au RN de se désister dans les villes où LFI peut gagner.
01:23Et Maude Bréjon répondit, non, non, non, on ne demande rien du tout au RN, c'est ni RN ni
01:27LFI.
01:28Oui, moi je ne suis pas tout à fait d'accord avec Adrien.
01:31Moi je pense quand même qu'il y a un problème avec la France insoumise, quoi qu'on en dise.
01:36Quand on essaye de rembobiner un petit peu ces derniers jours, qu'est-ce qu'on a appris ?
01:40On a appris que la France insoumise était d'abord adepte de la violence politique.
01:44On a appris que la France insoumise était alliée à une milice.
01:49On a appris que, enfin on a appris, on a eu la confirmation de la pente antisémite de la France
01:55insoumise.
01:56On a appris aussi par la voix de Madame Panot que la France insoumise ne respecterait pas le résultat des
02:02élections présidentielles
02:03si le Front National ou le Rassemblement National l'emportait.
02:07Et puis on a encore appris aussi, par la voix cette fois de Jean-Luc Mélenchon,
02:12qu'il avait l'intention de combattre la liberté de la presse,
02:15qu'il avait l'intention soit de dissoudre des groupes comme le groupe Bolloré,
02:19ou alors de confisquer certains journaux.
02:22Il fait le tri entre les journalistes lorsqu'il organise des conférences de presse,
02:26et même le SNJ qui est une organisation de gauche des journalistes.
02:31Donc le syndicat national des journalistes.
02:32Ça s'en est ému.
02:33Donc franchement, là, ça nous dessine quand même, si vous voulez, un parti autoritaire, voire totalitaire.
02:40Donc moi j'ai beaucoup de mal à mettre un signe égal entre la France insoumise et le Rassemblement National.
02:46Et donc si...
02:47C'est ce qu'ils font quelque part.
02:49Je partage évidemment toutes ces réserves concernant LFI.
02:52Oui mais ça fait beaucoup quand même.
02:54Marianne les a dénoncés, je suis d'accord.
02:55La question c'est est-ce qu'il faut...
02:56On va y venir sur le dossier de Marianne, ne vous inquiétez pas.
02:57Est-ce qu'il faut diaboliser LFI au même niveau, etc.
03:00Dans ce que je pensais, simplement...
03:02Là, on ne diabolise pas.
03:03On fait la liste de tout ce qu'on a appris en 15 jours.
03:06Donc il n'y a pas de la diabolisation.
03:08Je suis d'accord avec ce constat.
03:09C'est un constat.
03:09Un constat avec lequel je suis d'accord.
03:11Ce que je pointais juste, c'était cette réaction du Bloc Central.
03:15C'est-à-dire, on va mettre des nouveaux cordons sanitaires un peu partout.
03:18Je pense que c'est une logique politique un petit peu stérile qui ne sert pas à grand-chose in
03:21fine.
03:22Mais les réserves sur LFI, je les partage évidemment.
03:24Et juste votre avis sur la proposition d'Europe RG, de demander au Rassemblement National, dans certaines villes, de se
03:29désister pour ne pas que LFI gagne.
03:32Non, quelque part, ce serait un tournant fondamental.
03:34Je ne pense pas qu'elle sera suivie, mais comme le montre Maude Bréjean.
03:38Mais ce serait un tournant assez monumental, puisque ça voudrait dire que, quelque part, le diable, ce n'est plus
03:45l'ERN, comme en 2024,
03:46où les macronistes avaient quand même fait perdre l'ERN en leur demandant occasionnellement de voter LFI.
03:51Ce serait l'inverse.
03:53Jean-Michel Salvatore.
03:53Oui, moi je pense que la Macronie devrait arrêter avec lui en même temps.
03:58Vous l'avez dit que c'était un cordon sanitaire en même temps.
04:00Voilà, c'est ce qu'elle fait, Aurore Barger.
04:01Elle n'est pas dans le même temps.
04:02Non, mais je pense qu'il n'y a que des cas particuliers, mais commencer à dire, voilà, on va
04:08édicter une règle de Paris et du bureau, du porte-parole du gouvernement, moi je ne suis pas tout à
04:12fait d'accord.
04:14Alors, on continue de parler de la France insoumise.
04:16Est-ce que vous pensez que la France insoumise ne respecte pas les lois de la République ?
04:21Et à ce moment-là, est-ce qu'il faudrait couper les financements publics et même envisager un débat pour
04:26le dissoudre ?
04:27Non, ce n'est pas moi qui le dit, c'est Christian Estrosi qui était l'invité de Laurence Ferrari
04:30ce matin sur CNews et Europe 1.
04:32Écoutez-la.
04:33Considérez-vous que c'est être un mouvement démocratique quand on se comporte comme tel en matière d'antisémitisme, en
04:43matière de discrimination, en matière de soutien à des mouvements terroristes, en matière de soutien à des candidats qui sont
04:50à l'origine de la création de la jeune garde ?
04:53Donc, dissolution de la France insoumise.
04:55Aujourd'hui, ce débat doit être posé sur la table et avec la plus grande fermeté et chacun doit juger.
05:02En tout cas, moi, je le demande depuis un certain temps et je vois que rien n'avance et qu
05:07'on continue à banaliser les choses comme si de rien n'était.
05:11Je dis qu'ils doivent être privés de financement public impérativement.
05:15C'est très important ce que vous dites, privés de financement public.
05:18Ils doivent eux-mêmes répondre de leurs propos, de leurs actes devant les tribunaux.
05:22Et on a posé la question au constitutionnaliste Benjamin Moral qui a estimé qu'il n'était absolument pas possible
05:27de couper ni les financements de LFI, ni sa dissolution.
05:30Il était mon invité dans Europe 1 Info tout à l'heure.
05:33Le financement public des partis politiques, comment ça fonctionne ?
05:35Vous faites un résultat aux élections législatives et vous montez ce qu'on appelle une association de financement.
05:41Vos partis, vos députés plutôt, vos candidats s'affilient à cette association de financement.
05:47Et si vous faites plus de 1% dans plus de 50 circonscriptions, à ce moment-là, vous avez accès
05:53au financement public des partis politiques.
05:55Par ailleurs, c'est indexé sur votre nombre de parlementaires.
05:58LFI a rempli ces conditions et donc il n'y a aucune raison qui pourrait juridiquement être valable pour supprimer
06:07ce financement public d'un parti qui a respecté en l'espèce les règles qui sont celles du financement.
06:15De l'autre côté, l'interdiction de la France insoumise, ça renvoie à la loi qui porte sur la dissolution
06:23des ligues.
06:23Or là, on n'a pas un groupement qui agit de manière violente.
06:30Christian Estrosi, qui d'ailleurs brigue sa succession à Nice, n'est pas le seul à proposer cette dissolution de
06:38LFI.
06:38Philippe Devilliers, dans le JDD aussi, estime que la question de la dissolution de LFI se pose en raison des
06:45liens allégués avec des mouvances violentes.
06:47Jean-Michel Salvatore, qu'en pensez-vous ?
06:49Alors moi, je pense qu'évidemment, le débat ne fait que commencer et je pense qu'il va y avoir
06:54véritablement un débat dans l'opinion.
06:57Mais malheureusement, je pense que, bon, je ne suis pas sûr que ce soit très, très efficace.
07:02Ce qu'il faut voir aussi, c'est que ceux qui proposent cette idée-là ont des arrière-pensées politiques,
07:08notamment Christian Estrosi.
07:09Et Christian Estrosi, il a un bon bilan à Nice, mais il est talonné.
07:13Et il est même doublé par Éric Ciotti, qui lui aussi aimerait devenir maire de Nice.
07:20Dans le dernier sondage, Ciotti est à 41%, Estrosi est autour de 30%.
07:25Donc là, Estrosi joue plus à droite que moi, tu meurs.
07:28Et je pense que c'est l'une des explications à sa proposition,
07:30parce que même si elle est tentante, je pense qu'elle n'est pas réaliste.
07:34Adrien Matou.
07:35Écoutez, alors moi, je pense qu'elle n'est pas tentante du tout.
07:37Et je pense qu'au-delà de l'aspect juridique qu'a très bien expliqué Benjamin Morel,
07:42il y a un point politique, et même presque moral,
07:45qu'il faudrait que tout le monde comprenne bien,
07:47c'est qu'en France, la France est une démocratie,
07:50et dans une démocratie, on n'interdit pas tout ce qu'on n'aime pas.
07:53Ça, c'est quand même un principe central.
07:55Donc on autorise l'antisémitisme ?
07:56Mais non, on n'autorise pas l'antisémitisme.
07:57Justement, l'antisémitisme est interdit par les lois.
08:00La violence politique, on l'autorise aussi ?
08:02Mais tout ça, Jean-Michel, est interdit par la loi.
08:04Donc, quand un mouvement ou un individu se rend coupable
08:07de transgression sur le plan de l'antisémitisme ou de la violence,
08:10il est puni par la loi.
08:11Oui, c'est un cas de droit.
08:12Il faut dire les choses.
08:14L'interdiction de LFI,
08:16et je n'ai aucune sympathie pour LFI,
08:18on va en parler dans quelques instants pour le montrer,
08:21l'interdiction de LFI serait une dérive liberticide absolue,
08:24on sortirait de la démocratie.
08:25On ne va pas commencer à interdire des partis politiques
08:28qui, même s'ils sont à bien des égards critiquables,
08:32jouent le jeu démocratique.
08:33LFI se présente aux élections,
08:35présente un programme,
08:37se faire élire ou non.
08:38Moi, je pense que leur ligne politique fait
08:39qu'ils n'ont absolument aucune chance
08:41de gouverner ce pays dans les années à venir.
08:44On n'a pas commencé à prononcer des interdictions
08:46sur les partis politiques qui ne nous plaisent pas.
08:48Jean-Michel Sabaton, vous voulez répondre ?
08:49Non, on n'est pas d'accord, mais voilà.
08:51C'est la démocratie, cher Adrien.
08:54Je n'interdis pas à ceux avec le quoi je ne suis pas d'accord.
08:56Adrien, voilà, c'est un parfait exemple.
08:58Adrien Matou, vous publiez un dossier dans Marianne
09:01consacré justement à LFI et surtout à Raphaël Arnaud,
09:04dont on a beaucoup parlé ces derniers jours.
09:07Narco-islamiste et jeune garde à Avignon
09:09plongé dans la base arrière de Raphaël Arnaud.
09:11Alors expliquez-nous un peu ce que vous avez découvert.
09:14Oui, c'est notre journaliste Edouard Roux qui a enquêté en fait sur Avignon,
09:18qui est donc l'endroit où Raphaël Arnaud a été parachuté député en 2024.
09:22Il n'est pas d'ici.
09:24Et en fait, ce qu'on a montré, c'est qu'il y a une campagne municipale en cours à
09:27Avignon
09:27dans laquelle Raphaël Arnaud a désigné sa protégée,
09:30qui s'appelle Mathilde Louvain, pour mener la liste LFI.
09:33Et que, et ça vous confirme donc que je n'ai aucune complaisance à l'endroit de LFI,
09:38il y a des liens assez troublants avec plusieurs groupes.
09:41Vous avez notamment des narcotrafiquants qui s'affichent dans l'entourage de LFI.
09:49Il y a notamment, lors d'un reportage du Média Frontière,
09:51l'un d'entre eux qui a plaqué son portable pour empêcher Frontière de filmer.
09:54Et dessus, il y avait une publicité pour un point de deal d'Avignon.
09:58Il y a plusieurs membres d'une association que la préfecture et des sources de renseignements
10:02nous ont décrit comme communautaires d'obédience frériste,
10:05qui sont présents sur la liste de LFI.
10:07Et il y a évidemment les membres de la Jeune Garde,
10:10dont certains sont impliqués dans la mort de Quentin de Ranck,
10:13qui sont extrêmement présents à Avignon.
10:16Donc, cocktail explosif qui confirme que LFI est dans une course à la radicalité
10:21qui va, in fine, je pense, la marginaliser.
10:24Jean-Michel Salvatore.
10:25Vous avez interrogé des électeurs de Raphaël Ernaud,
10:28parce que c'est quand même assez intéressant de prendre un peu leur pouls
10:31et d'avoir une idée de leur état d'esprit après l'affaire Quentin.
10:35Alors, pas dans cet article, parce que l'objet, c'était plus enquêter sur les équipes de Raphaël Ernaud.
10:40Les électeurs, alors déjà, les électeurs ne sont pas si nombreux,
10:42parce que les sondages, il y a un sondage qui a été fait récemment à Avignon
10:47qui met quand même la liste LFI à 15%, donc ce n'est quand même pas très élevé.
10:51Après, moi, je pense que dans beaucoup de villes,
10:53LFI va avoir un socle de gens très déterminés, très convaincus, très radicaux,
10:57qui pensent que le monde entier est contre eux
10:58et qui ont un peu un réflexe de forteresse assiégée.
11:02Mais la question, c'est est-ce qu'ils peuvent étendre leur socle ?
11:04Là, je pense que ça va être compliqué avec une telle radicalité.
11:07À lire dans Marianne qui titre aujourd'hui,
11:09enfin aujourd'hui, cette semaine en tout cas.
11:11Demain, demain, voilà, c'est ça, je cherchais, on est mercredi.
11:14Sur François Ruffin, la grande interview.
11:16Merci Adrien Matou, merci Jean-Michel Salvatore.
11:18Merci.
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