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Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Et pour m'accompagner jusqu'à 19h, Vincent Roy et Eric Tegner.
00:07Bonsoir à vous deux.
00:08Bonsoir Pierre de Villeneuve.
00:09Bonsoir.
00:09Olivier Vial est notre invité, directeur du serreur et d'acteur de la Lettre des Radicalités.
00:13Bonsoir Olivier.
00:14Bonsoir.
00:14Merci d'être là.
00:15Sébastien Lecornu réunit donc lundi, les syndicats et le patronat à Matignon.
00:20Conférence sociale pour apporter des réponses aux questions de pouvoir d'achat et de salaire.
00:24C'est comme ça qu'on éteint le feu ?
00:25En tout cas, c'est comme ça qu'il espère effectivement calmer un peu les choses.
00:29Ça risque d'être peut-être même contre-productif puisqu'on voit bien qu'aujourd'hui les syndicats ont l
00:34'impression,
00:35c'est ce qu'a dit Sophie Binet, la question c'est pas si on a gagné mais combien on
00:38va gagner.
00:39Donc il y a une volonté de mettre la pression.
00:42Après le Premier ministre il a une bonne technique, c'est-à-dire qu'aujourd'hui les gens manifestent contre
00:48le gouvernement
00:48et contre la politique du gouvernement et finalement il va remettre tout le monde autour de la table
00:52et il va demander aux entreprises et aux patrons de payer ce que demandent les Français au gouvernement.
00:57Donc c'est un moyen en tout cas d'essayer de faire semblant d'avoir compris qu'il se passait
01:02quelque chose.
01:02Je ne suis pas sûr que ça éteigne parce qu'en fait on voit bien quand même que derrière
01:05il y a une mobilisation beaucoup plus politique que réellement sociale,
01:09même s'il y a une grande partie des gens qui sont là pour des raisons sociales,
01:12tous les leaders, et d'ailleurs c'est une des choses qui est reprochée en ce moment à Sophie Binet
01:16de la CGT,
01:18c'est d'avoir une lecture beaucoup plus politique que sociale des choses
01:22et même en interne ça commence un petit peu à créer des tensions.
01:24Ce n'est pas la première secrétaire générale de la CGT qui pense politique.
01:28Sophie Binet vous en parlait, voici ce qu'elle disait tout à l'heure.
01:31Je le dis au gouvernement et au patronat, plus vous attendez, plus la facture s'élève.
01:36Les revendications sont claires.
01:39Un, il faut augmenter tous les salaires.
01:41Il faut augmenter le SMIC de 10%.
01:44Il faut augmenter le point d'indice des fonctionnaires.
01:47Il faut augmenter les pensions des retraités.
01:50Deux, il faut des mesures contre la vie chère.
01:54Trois, il faut des moyens pour nos services publics,
01:57pour répondre aux revendications des jeunes.
01:59Nos enfants doivent pouvoir étudier dans de bonnes conditions.
02:03La question qui est posée aujourd'hui, c'est pas est-ce qu'on va gagner ?
02:06La question qui est posée aujourd'hui, c'est combien va-t-on gagner ?
02:10C'est la surenchère et la menace en fait, Vincent Roy.
02:12Oui, alors la question qui se pose quand même, c'est que si la CGT demande une augmentation du SMIC,
02:20une augmentation des pensions et une augmentation ici, une augmentation là,
02:24dans les conditions actuelles de température et de pression,
02:26comment vont réagir les marchés financiers ?
02:29Oui.
02:31Justement, effectivement, je pense que c'est une des choses.
02:33Alors, il y a ceux qui pensent simplement que c'est pour augmenter le salaire,
02:38mais il y a aussi effectivement des gens dont c'est la stratégie.
02:41Ils savent que si demain, les marchés durcissent leur position vis-à-vis de la France,
02:47ça créera des tensions économiques et sociales encore plus fortes,
02:49dont certains n'hésiteront pas par opportunisme à se saisir.
02:53Donc, cette surenchère, effectivement, elle est à la fois un moyen de continuer à faire monter la mobilisation,
02:59mais c'est aussi un piège que tend une partie de la gauche, en tout cas celle qui est la
03:03plus stratège,
03:05à l'État et au gouvernement.
03:07Et effectivement, ça, c'est quelque chose qu'il va falloir surveiller,
03:09parce qu'il peut se passer, effectivement, et certains l'ont en tête,
03:13ce qui s'est passé en Grèce il y a quelques années,
03:16où, effectivement, on a eu, à ce moment-là, des mouvements populaires extrêmement violents,
03:21parce que, justement, il y avait des mesures qui étaient imposées par l'extérieur d'austérité,
03:25parce que, pour l'instant, on est très loin de politiques d'austérité,
03:28mais si demain, à force de faire monter la surenchère, on arrive à ces politiques-là,
03:33effectivement, il y a un risque que ça soit encore plus dur dans la rue demain.
03:36Et certains, je pense, malheureusement, attendent ça comme quelque chose
03:40qui serait une formidable opportunité politique.
03:42– Éric Taigle, on peut s'attendre, en effet,
03:44on peut craindre un effondrement financier avant la prochaine élection présidentielle.
03:48Est-ce que vous pensez que, pour le coup, l'extrême-gauche en tirerait profit ?
03:52Est-ce que ça serait plus Marine Le Pen ?
03:54Parce que, pour le coup, les analyses divergent beaucoup.
03:55C'est-à-dire qu'on pourrait penser, d'un premier abord,
03:58que Marine Le Pen pourrait s'en sortir,
03:59parce qu'elle parle beaucoup aux classes ouvrières, aux classes populaires,
04:03mais certains pensent également que Jean-Luc Mélenchon,
04:05dans cette logique de chaos, avec ses propositions radicales,
04:07pourrait en tirer profit. Qu'est-ce que vous en pensez ?
04:09– Je pense que Jean-Luc Mélenchon serait celui qui en tirerait le profit,
04:13et il serait gagné dans les deux cas.
04:15Parce qu'en fait, soit, effectivement, il est en capacité de faire monter la pression
04:20et de faire tomber le système,
04:22puisque, aujourd'hui, son objectif, ce n'est pas simplement
04:24de prendre le pouvoir par l'élection.
04:26C'est d'abord, et ils le disent de plus en plus dans ces milieux-là,
04:28c'est de faire tomber le capitalisme.
04:30Donc, ils pensent, et vous avez entendu Sandrine Rousseau,
04:32il y a quelques jours, disant qu'elle pensait
04:35qu'on était vraiment à l'aube du grand soir.
04:37Ça faisait longtemps qu'ils n'en avaient pas rêvé,
04:39aujourd'hui, ils se mettent à rêver.
04:40Et si c'est Marine Le Pen qui gagne,
04:42et qu'elle gagne dans des conditions économiques extrêmement difficiles,
04:47elle aura, effectivement, les mains liées.
04:49Et à ce moment-là, elle pourra décevoir une partie de son électorat,
04:53parce qu'elle ne pourra pas faire exactement ce qu'elle veut faire.
04:55Et ça, effectivement, Jean-Luc Mélenchon sait qu'à ce moment-là,
04:58il pourra récupérer une partie de l'électorat
05:01qui est allée populaire, qui est aujourd'hui proche de Marine Le Pen,
05:04et il espère pouvoir le récupérer une fois qu'elle l'aura déçue,
05:06parce que, justement, il y aura des conditions qui s'imposeront à elle de l'extérieur.
05:10C'est très juste ce que vous dites, il y a cette crainte-là,
05:12mais en tout cas, sur la première partie,
05:14et sur Jean-Luc Mélenchon, qui, par exemple, propose un SMIC à 1 700 euros,
05:17voilà ce qu'elle répond, Marine Le Pen, tout à l'heure.
05:20Nos entreprises sont dans une situation trop fragile
05:25pour leur imposer, en quelque sorte, de manière autoritaire,
05:28une augmentation du SMIC de 10%.
05:29Ou alors, on rentre dans l'URSS.
05:32Je ne suis pas absolument convaincu de l'efficacité de l'URSS.
05:36Vous voyez ?
05:37Donc, on ne peut pas obliger des entreprises à augmenter leur salaire.
05:41On peut leur expliquer qu'il est absolument nécessaire de le faire,
05:45qu'il y a un moment où il faut axer et inciter, effectivement,
05:50à la participation, à l'intéressement,
05:53et qu'il est important pour eux qu'ils prennent attention à leurs salariés.
05:59Donc, on peut mettre en place des mesures incitatives,
06:01mais on ne peut pas faire ça de manière coercitive,
06:04parce que sinon, on change de régime.
06:06Voilà, on change de régime,
06:07et en attendant, effectivement,
06:10on entre dans une autre sphère, là, pour le coup.
06:13Ah ben, oui, c'est-à-dire qu'à partir du moment où les choses,
06:17comme elle le dit, les choses sont imposées,
06:19voilà, on n'a plus du tout, si j'ose dire, le même caractère.
06:24Donc, tout ça...
06:27Alors, peut-être quand même une remarque à propos de ce que disait Olivier Vial.
06:30Moi, je ne pense pas que Mélenchon pense aujourd'hui qu'il peut gagner par les urnes.
06:35Je pense que, d'une certaine manière, d'ailleurs,
06:37le grand vainqueur, déjà, de l'élection présidentielle, c'est lui.
06:41Il a compris que la gauche, c'était lui,
06:44et je note, exactement comme vous, parce que nous en parlions avant,
06:48qu'aujourd'hui, à la manifestation, il y a des députés communistes qui défilent avec lui.
06:52Donc, la position aussi des communistes n'est plus aussi claire.
06:57Elle s'est même totalement clarifiée,
06:58puisqu'il y a eu un communiqué de l'ensemble des parlementaires,
07:01des députés partis communistes,
07:03qui, avant même que leur leader, Fabien Roussel,
07:09décide d'arrêter sa campagne,
07:10ils viennent d'annoncer qu'ils soutenaient LFI et pas leur candidat.
07:13Donc, effectivement, on voit que la stratégie,
07:16et ça, pour le coup, c'était sa stratégie depuis un petit moment,
07:18c'est de montrer que, derrière cette puissance-là,
07:22il était le seul à pouvoir l'incarner,
07:25et il est en capacité, parce qu'il fait deux choses.
07:28Un, il montre sa force,
07:29et deux, il est en train de dramatiser les enjeux,
07:32en essayant de montrer qu'il y a un risque fasciste, etc.
07:35Et donc, face à ça, forcément,
07:37le reste de la gauche est en train d'oublier
07:39tout ce qu'ils avaient dit avant,
07:41notamment sur l'antisionisme, l'antisémitisme de LFI,
07:44et se ramène petit à petit dans les filets de Jean-Luc Mélenchon.
07:48Donc, la stratégie, elle est extrêmement claire depuis très longtemps,
07:51elle se base sur, c'est sa force,
07:54sur à la fois une ligne très claire,
07:57et surtout, une capacité de mobilisation
08:01qu'aucun autre parti n'a.
08:03Puisque, aujourd'hui, Mélenchon est le seul à être en capacité
08:05d'avoir un leadership sur le terrain
08:08et sur les réseaux sociaux.
08:10Et en fait, en ayant cette tenaille-là,
08:12il est en train de prendre en tenaille
08:13d'abord la gauche,
08:14mais peut-être que demain,
08:15ça pourra s'élargir, et c'est ce qu'il souhaite.
08:18Aux précédentes élections, Jean-Luc Mélenchon était assez sous-estimé
08:21dans les sondages.
08:22Aujourd'hui, il est déjà à 18%,
08:24dans quasiment tous les scénarios, je crois, des sondages,
08:26il est qualifié au second tour.
08:28On est habitué également à se dire
08:29que Jean-Luc Mélenchon se recentre
08:31quelques mois, quelques semaines avant le premier tour.
08:32Est-ce que vous pensez que véritablement,
08:34c'est ce qu'il va faire ?
08:35Ou est-ce qu'en fait, il va aller jusqu'au bout de sa logique ?
08:37En fait, aujourd'hui,
08:39ce n'est pas sûr qu'il ait besoin de se recentrer
08:41pour rentrer au second tour.
08:42Parce qu'en fait, le moteur de son élection,
08:45elle se base sur deux électorats.
08:49Il veut mobiliser les abstentionnistes,
08:52notamment les jeunes et les gens des quartiers.
08:54Ces deux électorats-là sont normalement très abstentionnistes.
08:57Pour arriver à les mobiliser,
08:59il faut électriser le débat
09:01et il faut dramatiser les enjeux.
09:03C'est ce qu'il est en train de faire.
09:04Et pour faire ça,
09:05il ne faut pas qu'ils deviennent trop mous
09:07parce qu'il a besoin, effectivement,
09:09de les mobiliser.
09:10Et c'est ce qu'il fait très très bien.
09:11Et c'est ce qu'il a fait encore aujourd'hui
09:13dans la manifestation.
09:13On l'a vu sur différentes images.
09:1618h26, on marque une pause dans cette Europe 1.
09:18Soir, on revient dans un instant.
09:19A tout de suite.

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