00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:03Un tour dans le studio Lagardère pour Europe 1 Soir avec Eric Tegner et Jules Torres pour commenter l'actualité.
00:11Et effectivement, alors dans les livres chocs, il y a ce livre de Françoise Degoua,
00:18« Vous êtes trop dur avec moi », révélation sur les messages cryptés entre l'ancienne journaliste de France Inter
00:24et Emmanuel Macron.
00:26Écoutez ce que disait Olivier de Lagarde ce matin sur ce livre sur Europe 1 dans sa revue de presse.
00:34« Ces conversations dessinent effectivement le porteur d'un président isolé, souvent bravache, à la limite du déni, crie-t
00:40-il.
00:40Pas l'ombre d'un mea culpa n'affleure chez lui-même quand l'ancienne journaliste lui fait remarquer que
00:45la dissolution est un ratage total.
00:47On le sent tout de même déstabilisé par les critiques.
00:50« Vous êtes trop dur avec moi », se plaint-il.
00:52« Vous devriez dire que ce sont tous des salopards »,
00:55dit-il à propos de ceux qui alimentent les articles à charge.
00:59« Ces échanges rendent aussi compte d'un président calcafard, pour ne pas dire un peu dépressif.
01:03Je m'ennuie », écrit-il en plein sommet européen.
01:06Plus tard, il évoque aussi la fin de son mandat.
01:09« Le blues ? Non », écrit-il.
01:11« Mais oui, on y laisse sa livre de chair et d'âme.
01:14Et oui, disons, c'est une époque dont c'est tout de même une petite mort. »
01:18Qu'est-ce que ça dit, ce livre, en fait, Jules Therès ?
01:22Est-ce que déjà, nous avons des conversations privées avec des hommes et des femmes politiques ?
01:32Est-ce que tu l'as en fait un livre ?
01:35Je trouve ça scandaleux.
01:36– C'est spécial ?
01:37– Moi, je trouve ça scandaleux.
01:38– Eric Tegner.
01:39– Je veux dire, moi, j'ai du mal à commenter cette affaire
01:42parce que je trouve ça d'une indignité, mais totale.
01:44C'est-à-dire qu'en fait, on a quelqu'un qui, pendant trois ans,
01:48envoie des SMS, essaie de créer une relation de confiance avec Emmanuel Macron.
01:52Emmanuel Macron se confie un peu, lui dit des choses,
01:55et à la fin, sans son assentiment, elle écrit un livre, tout ça, pour prendre quelques euros.
02:00– Moi, je veux dire, vraiment, je trouve ça, mais c'est le symbole du…
02:03– Oui, mais peu importe.
02:04Dans ce cas, elle reverse les droits d'auteur à l'État,
02:06parce qu'elle a bien profité de l'État, du coup.
02:08Mais pardon, c'est-à-dire qu'on a des leçons de morale en permanence,
02:11de la part de gens qui se disent de gauche,
02:12qui nous donnent des leçons de déontologie, etc.,
02:15et qui sont en train de tout casser.
02:17Si demain, dès qu'on fait des SMS à quelqu'un, ça finit dans un bouquin,
02:20mais pardon, quoi.
02:22Franchement, c'est-à-dire que le président Macron,
02:24s'il a envie d'envoyer des SMS à des gens,
02:26déjà qu'on lui reproche en permanence d'être enfermé,
02:28mais moi, je vais vous dire, moi, je le comprends.
02:30Je le comprends.
02:31– Vous comprenez qui ?
02:31– Moi, je comprends qu'il est dissous, Emmanuel Macron,
02:33parce qu'il avait tellement des députés détestables autour de lui
02:36qu'il leur a dit « bon débarras, vous vous plaignez, bon débarras ».
02:39Et donc, après, on lui reproche de ne pas parler.
02:42Mais si, dès qu'il parle à quelqu'un, ça finit dans la presse.
02:44Mais vous voyez, il ne faut pas s'étonner que demain…
02:46– C'est ce que vous dites, parce que là, de là à 10…
02:47– Pardon, on est hors sujet.
02:50– Non, mais je parle humainement.
02:50– Ben oui, mais vous savez, on sait très bien
02:52qu'un président de la République, c'est humain.
02:54Oui, mais ce que je veux dire, c'est qu'en fait,
02:55on est en train d'avoir des gens…
02:56– On ne peut pas justifier une dissolution
02:57parce qu'on est énervé par des députés ou des ministres autour de lui.
03:01– Non, mais je ne suis pas en train de le justifier.
03:03– D'accord, mais que ça soit bien clair.
03:04– Je suis en train de le comprendre.
03:06– Mais ce n'est pas un terme de psy non plus.
03:07– Non, mais moi, je pense qu'en fait,
03:09on a de plus en plus des hommes politiques qui sont tout seuls
03:12parce qu'ils sont entourés.
03:13– Ça a toujours été comme ça.
03:14– Ils sont entourés, oui, mais de pire en pire
03:16parce qu'en raison des réseaux sociaux…
03:17– Mais non, parce que vous êtes encore jeune.
03:18– Ben franchement, un bouquin où il y a les SMS de quelqu'un
03:20pour faire le livre, où tout le monde en fait la promotion
03:22comme si c'était normal, c'est étonnant quand même
03:25que le directeur de frontière fasse des leçons là-dessus.
03:26– Mais François-Olivier Gisbert a écrit des livres
03:29sur les hommes politiques, Catherine Ney avait écrit des livres aussi.
03:32– Oui, mais il le savait.
03:33– Oui, il le savait.
03:34– Ils le savent quand ils écrivent à Catherine Ney
03:35et Catherine Ney, elle a du style.
03:37– D'ailleurs, on va inviter ici même à Europe 1 Soir
03:40Françoise Degoy et on lui demandera quel a été le procès du livre.
03:44Est-ce qu'elle a prévenu le président de la République ?
03:47De toute façon, moi je peux faire l'avocat du diable
03:50et dans ce cas-là, je veux dire, mais dans ce cas,
03:53vous ne vous confiez pas.
03:54Enfin, je veux dire, vous êtes président de la République française.
03:58Vous êtes dans le top 10 des pays du monde.
04:00Est-ce que même si…
04:02Vous savez comment ça commence ?
04:04C'est-à-dire qu'elle envoie un message à propos de Brigitte.
04:08En tout cas, elle signe un article, je ne sais plus.
04:11Et puis derrière, Emmanuel Macron lui envoie un message
04:13en disant merci pour les mots pour Brigitte.
04:14Ça commence comme ça.
04:16Mais de là à se confier par SMS, c'est des écrits.
04:20– Non, mais c'est le livre qui donne l'impression qu'il s'est confié.
04:22La vérité, c'est qu'Emmanuel Macron, il envoie des SMS à tout le monde en fait.
04:25Et on en fait dire quelque chose parce qu'on le met dans un livre.
04:28– Est-ce que Jacques Chirac, est-ce que Valéry Giscard d'Estaing,
04:30est-ce que François Mitterrand envoyait des SMS à tout le monde
04:32ou des câbles ou des lettres ou des je ne sais quoi ?
04:35Non mais, vous m'avez compris,
04:37c'est à un moment donné, vous réfléchissez.
04:40Jules Torres, je parle de...
04:44Vous êtes président de la République, vous réfléchissez deux fois
04:47à dire qu'est-ce que je vais dire aux journalistes.
04:48– Mais aux journalistes, il a moins parlé aux journalistes que François Hollande.
04:52– Vous avez bien des informations dans l'insulté.
04:54D'ailleurs, le numéro de cette semaine, il est croustillant.
04:58– La discussion est passionnante parce que ça montre
05:00à quel point on n'a pas compris Emmanuel Macron, en réalité.
05:03Et qu'il y a quand même une part de mystère chez cet homme.
05:05Moi, je ne fais pas de leçon de déontologie à Mme Degoy.
05:08Je constate qu'elle, elle en fait aux personnes de la presse qu'elle n'aime pas.
05:12Je mets de côté, et honnêtement, ce n'est vraiment pas le sujet qui m'intéresse.
05:15Juste, ça dit beaucoup de la conception personnelle du pouvoir d'Emmanuel Macron.
05:18C'est-à-dire que je pense que c'est important que le président de la République ait des capteurs.
05:21C'est important que le président de la République parle à des gens.
05:24Et c'est vrai que le président de la République, moi j'en connais, je connais une dizaine de personnes,
05:28et je vous donnerai leur prénom, vous serez étonnés,
05:31qui discutent de temps en temps avec le président de la République,
05:33qui envoient des textos au président de la République.
05:35Oui, le président de la République, il envoie des messages.
05:37Alors, moi je veux bien qu'on traite avec mépris,
05:39en disant, mais qu'est-ce qu'il a à faire ça avec Françoise Degoy ?
05:42Ben, pardonnez-moi, c'est quelqu'un qui a été conseillère de Ségolène Royal,
05:46c'est une journaliste, c'est important d'avoir des capteurs,
05:48de voir que le président n'écoute pas que le secrétaire général de l'Elysée,
05:51n'écoute pas que son directeur de cabinet, n'écoute pas que Brigitte Macron.
05:55Enfin, au contraire, ça montre, selon moi,
05:59ça contredit le récit sur la déconnexion d'Emmanuel Macron.
06:02Et je pense, il ne faut pas prendre Emmanuel Macron pour un débile,
06:05qu'Emmanuel Macron, il le fait à dessein.
06:08Il en avait conscience.
06:08Il sait exactement ce qu'il fait.
06:11Dans ce cas, il ne faut pas avoir d'indignation du côté de l'Elysée.
06:14Je suis en train de lire l'Infiltré,
06:15et je tombe sur l'article, justement, concernant Emmanuel Macron,
06:19qui cherche des bureaux dans Paris, dans le centre,
06:22où Mme Macron voudrait que les appartements soient situés au-dessus.
06:27Et c'est peut-être pas ce qui va arriver.
06:29Et c'est peut-être pas ce qui va arriver.
06:31Tout à fait.
06:32Non, mais c'est très intéressant, parce qu'on a vu,
06:34en lisant le projet de loi de finances de l'année 2027,
06:38qu'il était prévu, il y a une ligne sur le budget qui est alloué
06:42aux futurs locaux qui accueillent presque 2 millions et demi d'euros.
06:45Un petit peu plus de 2 millions, 2,3 millions d'euros,
06:47ça peut aller jusqu'à 2,7 millions d'euros.
06:49C'est quelque chose qui est prévu.
06:50Je ne sais pas si les Français le savent par la loi.
06:52Écoutez bien, chers auditeurs d'Europe 1,
06:54vous allez devoir payer pour Emmanuel Macron
06:562 millions et demi d'euros pour son futur appartement.
06:59Et bureau.
07:00Et bureau.
07:01Et pendant les trois premières années,
07:03il y a sept collaborateurs qui sont mis à la disposition
07:05du président de la République, des agents de sécurité.
07:07Et après, on a 3 600 milliards d'euros.
07:10Tout ça est prévu dans la loi.
07:12On peut considérer que c'est choquant dans le sens
07:13où on demande aux Français de se serrer fortement la ceinture
07:16et Emmanuel Macron va avoir le droit.
07:17Mais on va les ponctionner de 0,8% sur le contrat d'habitation
07:21pour payer les émeutes des casseurs.
07:23Et après, on apprend dans votre journal
07:24qu'on va payer 2,3 millions pour les bureaux
07:27d'un ancien président qui n'est plus président.
07:29C'est seulement pour les bureaux.
07:31Ça prend aussi en compte les frais de déplacement
07:33qui sont liés aux anciennes fonctions.
07:34Ça prend tout un tas de choses.
07:35La papeterie, le secrétariat,
07:38la papeterie, exactement.
07:40Le big siglet républicain français sera donc payé par les Français.
07:44Nicolas Sarkozy, je vous rassure,
07:46ses bureaux aux rues de Miroménil,
07:47c'est aussi payé par les Français.
07:49Les bureaux aux rues de Rivoli de François Hollande,
07:50c'est aussi payé par les Français.
07:51Donc, je veux dire,
07:52ce n'est pas nouveau sous Emmanuel Macron.
07:54Mais c'est vrai que ça peut amener
07:56à des sujets de discussion et des débats
07:58pour peut-être changer ce qui est aujourd'hui la norme.
08:00Avec une nuance avec Nicolas Sarkozy,
08:02c'est qu'Emmanuel Macron,
08:03s'il s'appliquait la loi casseur-payeur,
08:05eh bien, il donnerait tout son argent
08:06pour rembourser ce qu'il a dépensé.
08:0818h55, c'était le mot de la fin.
08:09Merci Eric Tegner,
08:10merci Jules Therès.
08:11Dans 4 minutes,
08:12le journal de Maël Hassani
08:14et nous recevrons le général Delors
08:16à 19h15.
08:17A tout de suite.